Bonjour à tous !

Et voici l'avant-dernier chapitre de cette fiction.

J'espère qu'il vous plaira !


— Re-bonjour, Directeur Douglas. C'est encore le Capitaine Wood … Non, je ne vous appelle pas pour ça. Pas vraiment. Vous allez recevoir un mandat de demande de libération concernant Clarke Griffin de la part du Juge qui s'occupe de son dossier d'ici quelques instants … Je sais bien, mais vous avez une estimation du délai ? … Demain en début d'après-midi. D'accord, c'est noté. Prévenez-moi dès que vous saurez l'heure exacte, je viendrais chercher Mme Griffin en personne … Bonne fin de journée à vous aussi.

Lexa raccrocha le combiné avec un air extatique. Le sourire qui était apparu suite aux nouvelles apportées par son Lieutenant Chef et cousin quelques minutes plus tôt n'avait toujours pas quitté son visage. Elle lui fallut quelques minutes pour réaliser, puis la brune prit le temps de prévenir les parents de la jeune femme qui la remercièrent, tellement qu'elle eu du mal à couper la conversation. Leur travail avait payé et elle était sur le point de faire libérer quelqu'un enfermé à tort.

Et pas n'importe qui. Secouant la tête, elle ne put s'empêcher encore une fois de pester contre Charles Pike et ses hommes. Ils s'étaient contentés d'observer ce qui était devant eux en surface, sans prendre la peine de creuser celle-ci ne serait-ce que d'un seul centimètre. La brune quitta son bureau, passant devant son assistante qui la défigura quand elle vit le sourire toujours présent, avant de s'arrêter près du bureau de Lincoln.

— Alors, ça avance ?

— Arrête d'être aussi impatiente, Capitaine… J'en ai pour dix minutes au maximum.

Elle resta à son bureau, s'asseyant sur celui-ci en attendant qu'il ait fini. Comme il l'avait prévu, il ne lui fallut même pas cinq minutes avant d'écrire la dernière phrase, prenant même le temps de modifier quelques détails. Quand ce fut fait, il tourna l'écran pour que la brune puisse lire.

— Tu ne l'as pas bâclé au moins ? Haussa-t-elle un sourcil avec un fin sourire, avant de se mettre à lire.

— Lexa, t'es sérieuse là ? Demanda-t-il excédé.

— C'était de l'humour Linc', tu sais très bien que j'ai confiance en toi, déclara-t-elle en levant un bref moment les yeux des lignes noires pour lui adresser un regard.

— Excuse-moi que nous n'en ayons pas vraiment l'habitude. Eh les gars ! Vous avez entendu, le Capitaine Wood vient d'essayer de faire de l'humour.

Sous les regards étonnés de ses Lieutenants qui ne savaient pas vraiment s'ils devaient rires ou plutôt se cacher, elle lui mit un coup de l'épaule sans lâcher le moniteur des yeux jusqu'à la fin de sa lecture.

— En voyant ça, je ne sais pas si je dois être contente de votre travail ou être encore plus désespérée par le district de Pike. Tout ça… Le box de la mère de Collins et les enregistrements le montrant amener les tableaux, les mises en ventes internet reliés à son adresse IP… C'est un travail d'amateur. Je ne sais même pas si on peut qualifier ça de coup monté. Si c'est nous qui avions eu le dossier dans les mains, Clarke Griffin n'aurait pas passé une seule seconde en cellule.

— Et nous n'avons même pas encore monté le dossier concernant son implication dans le trafic de drogue. Avec tout ça, je ne pense pas qu'il sorte de prison de sitôt.

— Tu diras à Kofgeda et Asheda de l'interroger sur ça quand il sera en cellule demain matin.

— Alors tu vas vraiment aller le chercher ce soir ? Tu as besoin d'un coup de main ? Lui demanda le jeune homme.

— Oui, au bar. C'est le seul endroit où je suis pratiquement sûre de le trouver. Tu peux venir si tu veux. Je passe te chercher chez toi quand ce sera l'heure. Ça te permettra de te vanter devant Octavia pour avoir aidé à l'arrestation de celui qui a fait mettre en prison sa meilleure amie. Maintenant, imprime ce rapport que je le valide. J'ai prévenu le Juge qu'il allait arriver.

Il hocha la tête avec un sourire, avant qu'elle ne commence à s'éloigner mais ne se retourne finalement vers son cousin.

— Merci, Lincoln, lui dit-elle le plus sincèrement possible en le regardant droit dans les yeux.

Quelques minutes plus tard, Ava lui apporta le dossier qu'elle signa avant de se dépêcher de le transmettre au bureau du juge. L'assistant de ce dernier en profita pour la prévenir que la prison avait bien reçu la demande de libération.

Le reste de l'après-midi se déroula dans le calme, entre les différents dossiers en cours. Lexa s'assura en contactant la voiture de patrouille devant le domicile des Griffin que tout se passait bien. Et c'était le cas, il n'y avait eu absolument aucun signe de leur suspect pour le moment dans les alentours.

Quand elle décida de quitter le bureau, il était presque l'heure du repas et Lincoln était encore présent.

— Linc', ça te dis qu'on aille apporter quelque chose à Anya et rester manger avec elle ? En ce moment je sais que c'est un peu tendu à l'entreprise et qu'elle ne prend pas le temps de se nourrir convenablement.

— Avec plaisir ! Laisse-moi juste le temps de finir ça et on peut y aller.

Quelques instant plus tard ils furent dans l'ascenseur et descendirent dans le garage. Lexa se dirigea vers sa voiture mais le rasé l'arrêta.

— Si on va à l'Arkadia directement après, il vaut mieux prendre la mienne. J'adore ta voiture, mais…

Hochant la tête, la brune le suivi dans son SUV. Ils s'arrêtèrent à leur traiteur chinois avant de mettre le cap vers la tour de Grounder Corp. Passant les check-points de sécurité sans aucun problème, puis ils montèrent jusqu'au bureau de la PDG.

— Bonjour Lexa ! Lincoln. Anya ne m'avait pas prévenu de votre venue.

— Salut Gaïa, elle ne le savait pas, c'est pour ça. Elle est dans son bureau ? Tu veux manger avec nous ?

La brune montra les sacs dans leurs mains à l'assistante de sa cousine. C'était la fille d'Indra Wormana et c'était la Wood elle-même qui avait proposé à la fille de son mentor de travailler pour Grounder Corp. Les deux jeunes femmes s'étaient toujours bien entendues depuis qu'elles se connaissaient, même si la Capitaine avait dû lui faire comprendre ne pas être intéressée par plus qu'une amitié avec elle.

— Elle est dans son bureau. Et non merci, j'allais justement y aller. Peut-être une autre fois. Ne laissez pas la PDG rester trop longtemps, je profite que vous soyez là.

Avec un dernier sourire, les deux cousins entrèrent dans le bureau. Anya releva la tête vers eux et Lexa pu voir ses narines se dilater et ses yeux se mettre à briller quand elle senti les effluves dégagés par les sachets.

— Mes sauveurs !

Elle referma rapidement le dossier qu'elle avait sous les yeux avant de venir les rejoindre sur le canapé. La plus jeune était déjà en train de déposer tous les plats sur la table basse. Lincoln éclata de rire quand il vit la dirigeante de la société se jeter sur la nourriture.

— Que me vaux cette visite, ô combien exquise ?

— Nous devons partir en intervention un peu plus tard, donc on a pensé que ça te ferais plaisir qu'on t'apporte à manger, répondit Lincoln.

Récoltant un sourire de la part de leur cousine, ils se mirent à manger tout en discutant des choses et d'autres.

— Ah au fait, Anya, ne le prends pas mal mais j'ai rencontré Octavia. La petite-amie de Lincoln.

— Quoi ? Et pourquoi pas moi ?

A la réaction légèrement disproportionnée de sa cousine la plus âgée, le jeune homme profita de s'enfoncer dans le confortable canapé et décida de ne pas répondre lui-même.

— Pas sa faute, je l'ai rencontré pour une affaire, prit-elle sa défense avec un sourire en coin.

— Quoi ? Lincoln, ce n'est pas une criminelle au moins ? Rassure-moi.

— Non, dit-il avec calme pour défendre sa petite-amie. C'est Lexa qui en pince pour une criminelle !

— Ce n'est pas une criminelle ! Elle a été accusée à tort !

— En tout cas, ce que je remarque, Capitaine Wood, c'est que tu ne nie absolument pas qu'elle te plaise.

Prise à son propre jeu, la brune pinça ses lèvres, décidant de se faire oublier pour le moment et le plus longtemps possible. Mais malheureusement, ça ne dura pas un très long moment. Suite à plusieurs demandes assez lourdes d'Anya qui insista fortement, elle fut obligée de lui raconter toute l'histoire depuis le début. Et la PDG ne manqua pas d'éclater de rire et se moqua gentiment d'elle.

Ils continuèrent de discuter en finissant leur repas et l'heure pour les deux officiers de partir pour Brooklyn arriva. Le trajet se passa assez rapidement et cette fois, ils se stationnèrent non loin du bar avant de sortir de la voiture.

— Va te positionner devant la sortie d'urgence au cas où, lui demanda la jeune femme en lui faisant signe vers une ruelle.

Le bodybuildeur hocha la tête puis elle vérifia que son arme, insigne, ainsi que les menottes n'étaient pas visible sous son blouson en cuir. Une fois certaine de ne pas attirer l'attention de cette manière, elle prit la direction de l'Arkadia et se rendit au bar avec assurance sans perdre une seconde quand elle vit le brun. Ce dernier lui sourit quand elle fut face à lui, toujours de la même manière enjôleuse. Mais cette fois, il ne s'en sortirait pas avec simplement un sourire en retour.

— Hey, la mystérieuse inconnue ! J'ai été super déçu de ne pas te revoir hier soir. Qu'est-ce que je te sers ? Un whisky sec ?

— Non, pas ce soir. Plutôt, tes mains sur la table ? Lui proposa-t-elle avec un sourire qu'elle essaya de garder assez neutre.

Avant qu'il n'ait pu comprendre, elle pointa son arme directement sur lui.

— Finn Collins, tu es en état d'arrestation pour le cambriolage de la galerie de Clarke Griffin.

Il blêmit à ses mots et resta stoïque un dixième de seconde. Elle pensa qu'il allait faire ce qu'elle lui avait demandé. Mais avec un geste vif, il lança un verre rempli de ce qui semblait être de la Vodka sur la Capitaine, en profitant pour prendre la fuite.

— Et merde… Pesta celle-ci en passa sa manche pour nettoyer le maximum de son visage, essayant de ne pas tenir compte de la douleur lancinante qui lui vrilla les globes oculaires.

Ne perdant pas plus de temps, la jeune femme se mit à le courser à travers le bar arme au poing. Il lui balança une chaise dessus qu'elle esquiva in extremis, puis sauta par-dessus une table qu'il venait de balancer au sol pour la ralentir. Lexa aurait pu lui tirer dans la jambe pour l'arrêter, mais le risque de dommage collatéral était bien trop important pour qu'elle se risque à le faire.

Elle continua de le suivre jusqu'à ce qu'il ouvre avec force la porte de la sortie de secours. Elle accéléra la cadence un peu plus la cadence, le sol à l'extérieur étant dépourvu d'obstacle. La brune voyait Lincoln arriver en sens inverse, mais son action n'eut aucune utilité. Un vacarme assourdissant prit place et résonna dans la ruelle et le suspect était au sol, plaqué par Lexa. Cette dernière était déjà en train de le menotter fermement et sans délicatesse. LA brune avait jeté avec précision une barre de métal trouvée contre le mur pour le faire trébucher.

— Je suis le Capitaine Lexa Wood, et comme je te l'ai déjà dit, tu es en état d'arrestation pour le cambriolage de la galerie de Clarke Griffin.

— C'n'est pas moi ! Hurla-t-il en se débattant toujours au sol.

La brune se remit sur ses pieds avant de le prendre par le bras et de le relever violemment à son tour.

— Ne te fatigue pas, Collins. Tu as le droit de garder le silence. Si tu renonce à ce droit…

Tout en finissant de lui déclarer ses droits, elle le poussa sans ménagement jusqu'à la voiture, le Lieutenant Chef ouvrant la voie avec un sourire en coin. Sans plus de douceur que précédemment, elle le jeta à l'arrière de la voiture. Puis entra à son tour dans celle-ci, le deuxième officier bloquant les portes. La brune lança un regard amusé à ce dernier qui le lui rendit quand il vint se mettre devant le volant.

— Très utile, Lincoln, merci. Tu penseras aussi à ajouter « agression sur un officier supérieur de Police » au rapport.

— Tu te débrouille très bien seule, qu'est-ce que tu veux ! Je n'ai même pas eu le temps d'intervenir que tu avais déjà tout fait.

Ils prirent la direction du poste et quand ils y arrivèrent, Lexa jeta tout de suite leur prisonnier en cellule de détention. Ce dernier hurla comme un goret qu'il n'y était pour et qu'il était innocent, ne récoltant qu'un regard noir et froid de la part du Capitaine.

Lincoln s'était occupé de prévenir l'équipe de nuit de la nouvelle présence de l'homme dans les locaux, elle pourrait donc partir tout de suite. C'est d'ailleurs ce qu'il fit lui-même après être venu la saluer. Quant à Lexa, elle en profita pour faire un tour dans le poste et discuter avec l'équipe de nuit avec qui elle n'avait pas autant l'occasion d'échanger qu'avec l'équipe de jour. Avant de rentrer chez elle, Lexa décida de rendre une dernière visite à son nouveau prisonnier qui semblait s'être un peu calmé à en juger par l'arrêt de ses cris incessants.

— Nous savons que c'est toi le coupable, Collins. Pas besoin de le nier et de faire comme si ce n'était pas le cas. Tu as toute la nuit pour réfléchir à une meilleure défense que celle-ci. Mais dis-toi que tu n'auras aucun droit à une libération provisoire. J'y veillerais moi-même personnellement.

Il n'avait rien osé répondre face à son regard noir. Le toisant quelques instants supplémentaires pour lui faire comprendre qu'elle était sérieuse, elle finit par prendre la direction de l'ascenseur.

Le lendemain matin quand elle arriva assez tôt au poste comme à son habitude, elle vérifia de loin qu'il était toujours en cellule avant de pénétrer son bureau. Traitant quelques dossiers, la brune attendit l'arrivée dans les locaux de Lincoln et Echo qu'elle avait décidé de mettre en duo pour l'interrogatoire.

Lexa préférait éviter de le mener elle-même, de peur de perdre son sang-froid. Elle avait déjà bien trop laissé parler ses sentiments dans cette affaire. Bien plus qu'elle n'aurait pu le penser, qu'elle aurait dû et bien plus qu'elle ne l'avait jamais fait depuis quelques années. Et elle savait que Lincoln et Echo s'en sortiraient très bien sans elle.

Quand la Capitaine les vit arriver, elle se leva pour aller les prévenir de sa décision. Lincoln et elle prirent quelques minutes pour faire un résumé rapide mais complet de l'affaire à Asheda, le jeune homme les quittant avant la fin pour déplacer le prisonnier dans la salle d'interrogatoire.

— Je ne veux pas qu'il s'en sorte, Echo. C'est bien compris ? Faites en sorte qu'il passe le plus de temps possible en prison.

Celui-ci avait demandé à se faire accompagner d'un avocat, ils durent donc attendre quelques minutes supplémentaires avant de pouvoir commencer à lui poser les questions. La brune prit place debout de l'autre côté de la vitre sans teint et les observa faire.

— Finn Collins, vous êtes accusé d'avoir commis, ou du moins commandité, un cambriolage dans la galerie d'art de votre ex-compagne, Clarke Griffin, commença Echo.

— Et si c'était un coup monté ? La coupa l'avocat pour essayer de défendre son nouveau client.

— Maître, malgré tout le respect que je vous dois, laissez-moi finir, le reprit sèchement la jeune femme. Donc, je disais. M. Collins, vous êtes également accusé d'avoir mis en cause Mlle Griffin en falsifiant des preuves contre elle. C'est donc en effet un coup monté, mais de votre part contre votre ex-compagne.

— Je n'y suis pour rien ! S'exclama-t-il.

— Pourquoi avoir pris la fuite lors de votre arrestation, dans ce cas-là ? Et avoir également agressé le Capitaine Wood pour fuir. Vous avez quelque chose d'autre à vous reprocher en plus de ça?

Il balbutia, ne sachant quoi répondre et son avocat essaya de réfuter l'accusation. Alors Lincoln étala toutes les preuves en leur possession qui le confirmaient indéniablement comme étant le seul coupable. Elle vit l'avocat commis d'office blêmir au fur et à mesure de l'échange, mais ce ne fut rien comparé au moment où Echo mit le trafic de drogue sur le tapis.

Le professionnel essaya de défendre son client du mieux qu'il le pu, mais ce n'était clairement pas glorieux. Finn s'enfonçait de lui-même à chaque fois un peu plus. Lexa suivit pendant encore un moment l'échange qui n'en était plus vraiment un avec un petit air satisfait, avant que son assistante ne vienne ouvrir la porte et ne lui fasse signe de la rejoindre à l'extérieure.

— Capitaine, le Directeur Douglas de la prison GMDC de Rikers vient d'appeler. Il a dit que Clarke Griffin serait libérée à 13 heures. Il m'a semblé important de venir vous en informer tout de suite, d'autant plus qu'il a précisé que vous vouliez aller la chercher là-bas en personne.

— C'est le cas. Merci beaucoup d'être venue me le dire directement, Ava.

Son assistante retourna à son poste et la brune vérifia l'heure rapidement avant d'entrer de nouveau dans l'annexe de la salle d'interrogatoire. Il était 11 heures 30, elle avait encore un peu de temps pour s'assurer qu'il pourrisse en prison avant de partir vers la prison.

Mais quand elle entra de nouveau, elle ne s'attendait pas à une telle effervescence de l'autre côté de la paroi. L'avocat semblait être complètement démuni, secouant sa tête entre ses mains. Ses agents semblaient être encore plus sur les nerfs qu'avant si c'était possible. Quant à Finn Collins, il était en train de crier quelque chose qu'elle avait cru mal comprendre, avant qu'il ne le répète une nouvelle fois.

— Je ne voulais pas tuer cette pute ! C'est pas moi, c'est la came qui m'as fait agir comme ça ! Je vous le promets ! C'est pas moi...

— Oh le con… Ne pu s'empêcher de lâcher Lexa, avant de serrer la mâchoire.

Avait-il toujours été comme ça ? Ou l'était-il devenu avec le temps ? Elle ne pouvait pas croire qu'une femme qui semblait être aussi parfaite que Clarke Griffin ait passé des années avec cet individu. Que la petite Madi pouvait avoir ses gênes. Si elle ne l'avait pas encore fait, ce qui était probablement déjà le cas, Lexa jura à tous ceux qui pouvaient l'entendre qu'elle ne le laisserait jamais plus s'approcher de la famille Griffin.

Lincoln et Echo sortirent de la salle d'interrogatoire quelques minutes plus tard, accompagnés de l'avocat dépité qui alla attendre un peu plus loin que les aveux soient rédigés pour pouvoir les signer. Echo s'y attela tout de suite après avoir reçu les félicitations de son Capitaine.

— Alors, tu as tout regardé ? Lui demanda son cousin tandis qu'ils se rendaient dans le bureau de la responsable du district.

— Presque, mais j'ai dû sortir quelques minutes à un moment donné. Quand je suis revenu, il venait d'admettre avoir commis un homicide sur une prostituée, sous l'usage de drogue. Comment est-ce qu'il en est arrivé à dire ça ? Que je sache, on ne le savait pas.

— C'était le cas, on était aussi surpris que toi. Asheda l'avait un peu bousculé, comme elle le fait d'habitude, et je crois qu'il s'est mis à complètement flipper à ce moment-là. Il a tout balancé comme ça. Donc là il est clair qu'il ne sortira jamais de cellule. Et on a donc résolu par hasard une affaire qui était en cours depuis quelques semaines. Echo va faire parvenir l'info au district de Brooklyn qui avait le cas en charge.

Le regard de remerciement qu'elle lança à son cousin ne put pas mentir. Aucuns mots n'auraient pu suffire pour lui exprimer sa gratitude.

— Je sais que c'était une affaire encore plus importante pour toi que d'habitude, Lexa.

Elle lui fit un grand sourire avant de regarder sa montre. 12 heures 40, elle ne devait pas tarder à se mettre en route. La brune récupéra rapidement ses affaires et ils sortirent de la pièce, Lincoln retournant à son bureau.

— Ava, commandez des pizzas pour tout le monde. C'est moi qui régale aujourd'hui.

— Vous avez entendu la Capitaine, bouffe gratuite ! S'écria Jasper Jordan avant que son assistante ne puisse avoir le temps de lui répondre.

La brune partagea un regard amusé avec cette dernière, avant de se diriger vers l'ascenseur en leur faisant un sourire.

— Profitez bien !

Elle ne mit pas beaucoup de temps à se rendre sur l'île de Rikers et arriva quelques minutes avant 13 heures. Elle s'adossa à sa voiture, hésitant à sortir une cigarette du paquet qu'elle avait à la main, avant de faire marche arrière en le jetant sur la banquette. Elle avait perdu cette sale manie, ce n'était pas parce que les derniers jours n'avaient pas été communs et qu'elle avait été tendue qu'elle devait rechuter aussi bêtement .

Mais elle n'eut pas le temps d'y réfléchir plus longtemps parce que les grilles s'ouvrirent accompagnées du bruit habituel mais strident de l'alarme en informant. Laissant passer la blonde qu'elle était venue chercher et derrière qui les grilles se refermèrent rapidement. Quand cette dernière vit Lexa, un immense sourire se dessina sur son visage et elle se dépêcha de venir vers la brune. Sans qu'elle ne s'y attende, la jeune femme la prit dans ses bras.

Et le frisson qui remonta le long de sa colonne vertébrale, lui étant provoqué par le contact fut encore plus important si c'était possible que quand seulement leurs mains s'étaient touchées. La brune ne put s'empêcher d'humer légèrement l'odeur de la blonde qui relâcha son étreinte après un temps qui lui parut durer infiniment et être bien trop court en même temps. Mais elle retrouva à la place les yeux bleus si particuliers.

— Capitaine Wood… Lexa… Merci beaucoup. Je ne sais pas comment vous remercier.

— Vous n'avez pas à le faire, Clarke. Je vous assure. Est-ce que ça va ? On vous a laissé tranquille ?

L'ancienne Navy observa chacun de ses traits, pour s'assurer que rien de nouveau n'avait fait son apparition. Et ça ne semblait pas être le cas. L'ecchymose sur sa mâchoire avait presque disparu, tandis que sa lèvre semblait maintenant cicatrisée. Seule la blessure sur son arcade était encore bien visible, mais les points de sutures étaient assez beaux et la cicatrice ne laisserait probablement pas de trace sur son visage.

— Non, lui répondit la blonde avec un sourire en coin. Étonnamment, je crois que j'ai eu la cellule la plus luxueuse de la prison après votre passage.

Le seul retour qu'elle eut fut le sourire énigmatique de la Capitaine, qui alla lui ouvrir la porte du côté passager en faisant signe à la blonde de prendre place. Fermant la porte une fois la jeune femme à l'intérieur, elle retourna devant le volant avant de faire vrombir le moteur et prendre la direction de la sortie de l'île.

— J'ai prévenu vos parents que je vous emmène chez eux.

— Est-ce que… Finn…

— Vous n'avez plus aucuns soucis à vous faire le concernant, Clarke. D'ici quelques heures tout au plus il sera en prison. Et actuellement il est sous les yeux de mes hommes. Vous n'avez absolument plus rien à craindre de lui. Que ce soit vous ou Madi.

La blonde ne répondit pas, ne sachant pas comment la remercier, alors elle se contenta d'un regard profond accompagné d'un sourire. Et elle ne le savait pas, mais Lexa n'aurait à ce moment pas pu en demander plus.

Assez vite, elles arrivèrent devant la maison des Griffin, Lexa se garant comme la dernière fois derrière la voiture de patrouille toujours présente. Elle indiqua à ses hommes qu'ils pouvaient repartir au poste, ce qu'ils firent dès l'ordre donné.

A peine eurent-elles le temps de se rendre devant la porte, que celle-ci s'ouvrit sans qu'elles n'aient annoncées leur présence sur la matriarche qui vint directement prendre sa fille contre elle.

— Chérie ! Est-ce que ça va ? Laisse-moi te regarder.

— Abby, laisse-les entrer. Que je puisse aussi prendre ma fille dans mes bras.

La Capitaine s'occupa de refermer la porte derrière elle, souriant face aux retrouvailles entre la blonde et ses parents qui semblaient plus qu'heureux de la voir. Mais son sourire s'agrandit et se fit plus doux quand Madi qui était jusqu'à présent dans le salon vit sa mère arriver et qu'elle se jeta dans ses bras avec un grand sourire.

— Je suis là, ma chérie, la rassura Clarke avec des yeux que la brune pouvait voir briller d'où elle était.

Les deux Griffin les plus âgés regardèrent également la scène avec des yeux brillants, avant de se rapprocher de Lexa.

— Capitaine Wood…Commença Jake incertain, après un regard échangé avec sa femme, Merci du fond de cœur pour tout ce que vous avez fait. Pour nous avoir ramené notre fille.

— J'ai été heureuse de le faire, Mme et M. Griffin, répondit-elle avec un sourire.

Retournant la tête vers la mère et sa fille, la Wood se baissa in extremis pour attraper Madi qui venait vers elle avec un grand sourire et à toute vitesse. La jeune fille vint dans ses bras, sous le regard plus que surpris de sa mère.

— Merci de m'avoir ramené ma Maman, Lexa !

— Pas de problème, ma puce, lui retourna-t-elle son sourire. Je te l'avais promis et il ne faut jamais briser ses promesses. C'est une des choses les plus importantes.

Le regard bleu s'accrocha une nouvelle fois au sien alors qu'elle tenait toujours la petite brune dans ses bras et elle put y lire encore plus de reconnaissance qu'auparavant, ainsi qu'un panel d'émotions qu'elle ne fut capable de décrypter sur le moment. La blonde lui fit un sourire éclatant, qu'elle lui rendit sans hésiter une seule seconde.

— Retourne voir ta Maman, chuchota-t-elle à l'oreille de la petite fille. Tu lui as beaucoup manqué.

Les petits bras la libérèrent, mais Madi ne retourna pas auprès de sa mère avant d'avoir déposé un bisou sur la joue de la brune. D'accord, ça non plus l'ancienne Navy ne s'y était pas attendu. Elle regarda la mère et la fille encore un petit moment, décidant de les laisser en famille.

— Mme et M. Griffin, je vais devoir y aller, prévint-elle les propriétaires de la maison en continuant de regarder la blonde et Madi.

— Vous ne voulez pas que nous vous offrions au moins un café avant de partir ? Ou quelque chose d'autre ? Lui demanda Abby. C'est la moindre des choses que nous puissions faire pour vous remercier.

— Non merci, ne vous inquiétez pas, Mme Griffin. Je vous laisse vous retrouver, c'est le plus important.

Ils la remercièrent encore, et elle leur fit un sourire avant de quitter la maison d'architecte.

— Lexa !

Cette dernière se retourna vers la porte qui venait de se ré-ouvrir derrière elle, seulement après quelques secondes où elle avait été fermé. Voyant la blonde qu'elle venait de faire libérer venir vers elle, avant que celle-ci ne vienne la reprendre dans ses bras. Et le frisson refit encore une fois son apparition, sans qu'elle ne puisse rien y faire.

— Je ne sais pas comment vous remercier comme il se soit, dit-elle à seulement quelques centimètres de son oreille.

La jeune femme mit doucement fin à l'étreinte en se reculant, créant comme un manque pour Lexa. Cette dernière ne put s'empêcher de baisser son regard dangereusement sur les lèvres parfaites de la peintre. Même si ce fut très bref, quand le vert de ses yeux se replongea dans l'océan, il lui sembla que la jeune femme face à elle avait remarqué ce qu'elle venait de faire.

— Ce n'est pas la peine, Clarke, vraiment, répondit-elle doucement, après avoir dégluti difficilement. Vous voir réunit avec votre famille, avec Madi, me suffit amplement.

Elles se regardèrent encore quelques instants, aucunes de deux ne sachant réellement quoi faire ou dire.

— Je dois y aller, déclara finalement la brune à contre cœur, en mettant un terme au silence.

— Vous êtes Capitaine, j'imagine que vous devez avoir beaucoup de travail qui vous attend, lui répondit la jeune femme de la même manière.

— Au revoir, Clarke. A bientôt.

— A bientôt, Lexa…

Lexa avança en direction de sa voiture. Une fois de l'autre côté de la route, elle ouvrit sa portière et tourna une dernière fois la tête vers la jeune artiste qui n'avait pas bougé. Elle lui fit un sourire que l'ancienne Commandante lui rendit avant de prendre place et de mettre en marche le moteur.

Bon Dieu, elle était complètement foutue. Rien ne servait de vouloir penser le contraire, la blonde lui plaisait. Énormément. Elle lui faisait ressentir des choses qu'elle avait enfouie profondément en elle depuis des années. Foutue. Mais elle ne pouvait pas se laisser aller.

La Wood décida de se rendre à la salle d'entrainement, elle devait essayer de se changer les idées. Penser à autre chose, sinon elle allait finir par devenir complètement folle. Si elle ne l'était pas déjà devenue. Une fois arrivée à la salle, elle décida tout de même d'appeler Lincoln pour savoir si tout allait bien.

— On vient de nous débarrasser de Collins, lui annonça-t-il. En partance directe pour l'île de Rikers. Et sinon tous vas bien au poste, enfin rien qui ne puisse pas être géré sans ta présence.

— Parfait, parce que je ne compte pas revenir au poste pour cet après-midi.

Comment ça ? Ça ne s'est pas bien passé à la prison ? Tu n'as pas pu faire libérer Clarke Griffin ?

— Si. Je viens de la ramener chez ses parents.

Elle laissa un silence passer, son correspondant la connaissant assez pour savoir qu'elle allait reprendre.

— Et tu avais raison.

— Oh, fut la seule réponse qu'elle reçue.

Foutue. Elle était complètement foutue.