La rentrée était enfin arrivée. Je m'étais préparée mentalement pour ce jour, a tel point que je n'avais pas réussi à dormir de la nuit. Aussi, c'est avec les yeux cernés que je rejoignis ma famille dans la cuisine.

Papa est installé à la table de la cuisine, une tasse de café à la main tandis que Ava mange son muesli tout en en expliquant à quel point elle à hâte d'attaquer les cours pour rencontrer de nouvelles personnes. Dans notre ancien lycée, Ava, tout comme Jérémy au encore Cole, faisait partie des personnes dites « populaires » contrairement à moi. D'ailleurs, beaucoup de personnes se demandaient si nous étions vraiment de la même famille ce à quoi elle répondait toujours : « il s'agit même du meilleur élément de notre famille ».

Ava m'avait toujours mis sur un piédestal et ce depuis toujours. Nous n'avions qu'un an de différence, mais elle avait toujours joué son rôle de grande sœur à fond et encore plus lorsque, âgée de six ans, je me fis percuter par une voiture sous ses yeux. J'avais été dans le comas, mais par miracle, seulement m'a jambe gauche avait été cassée, le reste de mon corps et de mes organes n'avaient rien eut. A partir de là, chaque membre de ma famille étaient devenus sûr protecteur à mon égard. C'était d'ailleurs, selon moi, la raison pour laquelle j'aimais être dans ma bulle, loin de tout. Mais Ava l'était devenue davantage et me protégeait de tout.

- Où sont Cole et Jérémy ?

- Malades, me répond Ava tout en sortant de table. Ils ont au moins quarante de fièvre, autant l'un que l'autre. J'espère qu'ils ne nous ont pas contaminé. Elle me regarde et fronce les sourcils. Mets du fond de teint, on dirait que tu as pris deux coups de poings dans chaque œil.

- Merci de me le rappeler...

Je soupire et attrape un bol dans le placard. Je le remplis de mueslis et rajoute du lait avant de sortir de la cuisine.

- Tu ne prends pas le petit déjeuner avec ton vieux père ?

- Tu as entendu ta fille, je dois cacher mes coquards.

Il rit tandis que je remonte les escaliers en mangeant le contenu de mon bol. Trente minutes plus tard, Ava et moi sommes prêtes pour aller au lycée. J'ai attaché mes cheveux en queue de cheval, appliqué le fond de teint comme Ava me l'a suggéré ainsi qu'une fine couche de crayon et de mascara. Bien sûr à côté de ma soeur, je fais pâle figure.

Ava est belle naturellement, grande, la taille fine, le teint mâte dû à nos gènes indiens, des lèvres charnues, une longue chevelure noire qui lui descend jusqu'au creux des reins et de magnifiques yeux bleus hérités de notre grand-mère maternelle. Même sans la fine couche de maquillage qu'elle prend minutieusement le temps d'appliquer chaque jour, elle est belle.

Je ne vais pas dire que je suis moche, mais à côté d'elle je suis plus que banale. Je suis la seule sur les quatre enfants à ne pas avoir hérité de la grande taille de mon père. Les trois ainés mesurent plus d'un mètre soixante-dix et moi je me suis arrêtée à un mètre soixante-cinq. J'ai le teint mâte mais plus clair que celui de Ava, les yeux verts, hérités du père de ma mère, une bouche normale ni trop charnue, ni trop fine, des cheveux châtains foncés, presque noirs, et des mensurations plus que normales. Rien de bien extraordinaire et parfois j'aimerai avoir les mêmes caractéristiques physiques que ma sœur.

Je sors de la maison après avoir salué mon père et me dirige vers la petite voiture de Ava, une jolie coccinelle bleue nuit que mes parents lui ont offert le jour de l'obtention de son permis. Mon père m'a proposé de m'offrir une voiture à la suite de l'obtention de mon permis mais j'ai refusé. Ça ne me servirait à rien et je le sais.

- En route pour la rentrée !

Ava sautille sur son siège tandis que je rigole de la voir si enthousiaste. J'attache ma ceinture et elle démarre tout en chantant la chanson qui passe à la radio.

- Aller ma Zél ! Détends toi, dis-toi que ce n'est qu'une rentrée comme une autre.

- Facile à dire pour toi, tu connais déjà des gens là-bas.

- Mais toi aussi ! Tu as oublié Kim ?

- Je pense qu'elle me dira bonjour, mais rien de plus, elle à ses amis tu sais.

- Arrête de partir pessimiste ! Tu vas te faire des amis, tu vas adorer ce lycée et tu rencontreras même l'homme de ta vie !

J'explose de rire face à ce dernier commentaire. Il n'y a que Ava pour sortir des âneries pareilles.

Dix minutes plus tard, elle se gare sur le parking du lycée. L'établissement tout en bois n'est pas grand, deux étages, un terrain de sport situé sur la droite de l'entrée avec son gymnase juste à côté et un self que l'on peut apercevoir un peu plus loin sur la gauche. Je prends une grande respiration et souris à Ava puis, nous sortons toutes les deux de la voiture et les regards se tournent vers nous.

- Ava !

- Jessica !

Une jeune fille arrive en souriant vers ma soeur. Elle fait ma taille, son teint est couleur caramel et ses yeux d'un noir impressionnant tandis que ses cheveux ébène sont regroupés en un chignon en bataille.

- Jess, je ne sais pas si tu te souviens de ma soeur Zélie.

- Si si, la fille aux romans !

- C'est ça. J'acquiesce en souriant maladroitement.

Elle me rend mon sourire puis glisse son bras gauche sous celui de ma soeur et son bras droit sous le miens. Je la regarde perplexe et supplie ma soeur du regard de me venir en aide. Ava n'a pas le temps d'agir qu'une jolie brune apparaît devant moi : Kim.

- Zélie ! Je t'attendais ! Le proviseur m'a chargé de te faire découvrir le lycée.

- Génial ! Bon et bien à plus !

Je regarde Ava et Jessica, leur souris et par soulagée avec Kim.

- Je ne sais pas si le proviseur t'a réellement chargé de me faire visiter le lycée mais en tout cas merci. Jessica à l'air gentille mais...

- Ne t'inquiète pas, pas besoin de te justifier, j'ai vu la détresse dans ton regard lorsqu'elle t'à attrapé le bras.

Elle me fait un clin d'œil et je lui souris en remerciements.

- Tes amis doivent t'attendre non, je regarde autour de nous à la recherche de personnes pouvant l'attendre.

- Non, tu sais, je ne suis pas vraiment sociable, comme toi.

- Pardon ?! Mais pourtant au feu de camp...

- J'ai été sociable parce que je te connaissais, même si cela faisait longtemps que l'on ne s'était pas vues. Les seules personnes avec qui je traîne sont Jared et ses amis.

- Je vois, et où sont-ils ?

Elle hausse les épaules tout en me répondant :

- Probablement dans le lycée.

- Ils doivent t'attendre, tu peux y aller tu sais.

- Je préfère rester avec toi si ça ne te dérange pas. J'aime bien avoir de la compagnie féminine depuis le feu de camp. Autre que celle de ma mère, ou de Emily je veux dire.

- Ça me va parfaitement.

Je lui fais un sourire timide et la suis dans le lycée. Kim m'explique de quel côté sont les différentes salles lorsqu'un sifflement retentit derrière nous. Un garçon de notre âge arrive vers nous et reluque Kim sans vergogne.

- Dis moi Corhoma, tu te bonifies d'année en année ! Il me jette un regard et son sourire devient encore plus salace. Et ta nouvelle copine n'est pas mal non plus, ça vous dirait pas un petit quelque chose, à trois...

- Dylan, fou nous la paix ! Dégage !

Mais le dénommait Dylan n'a pas le temps de répondre qu'un énorme coup de poing l'envoie au sol.

- Jared ! Non !

Kim essaye de retenir son petit ami, mais rien n'y fait. Lorsque Dylan se relève Jared lui fonce à nouveau dedans. D'autres garçons arrivent à leur tour, si bien que j'essaye de m'éloigner tout en tirant Kim avec moi. Je pense être enfin suffisamment éloignée lorsqu'une masse s'écrase sur moi, faisant craquer mon genou gauche.

- AÏE !

Mon hurlement de douleur les fait se stopper tandis qu'une voix grave s'élève dans le couloir.

- CAMERON, CALL, BLACK, ATEARA, LOWCKER DANS MON BUREAU IMMÉDIATEMENT !

Le regard du proviseur se pose alors sur moi tandis qu'il continue d'avancer. Une fois à mon niveau, il regarde ma jambe et grimace.

- Je pense qu'il est préférable de vous conduire jusqu'à l'infirmerie. Il se retourne vers les quatre garçons en fronçant les sourcils. Monsieur Call, vous allez conduire Mademoiselle Carter à l'infirmerie et vous nous rejoindrez dans mon bureau. Quant à vous Mademoiselle, il fixe alors son regard sur Kim, vous allez vous joindre à nous pour m'expliquer ce qu'il s'est réellement passé pour qu'une bagarre de la sorte éclate en ce premier jour de rentrée.

Kim hoche la tête pendant que les personnes assemblées autour de nous se dispersent. Le proviseur et les quatre élèves s'éloignent tandis que je sens des bras d'une chaleur déconcertante me soulever. Tellement gênée de me faire transporter ainsi dans l'établissement, je n'ose pas regarder qui est ce dénommé « Monsieur Call » même si je crois qu'il faisait parti des personnes présentes au feu de camp.

- Excuse-moi.

- Pardon ?

- Excuse-moi pour ta jambe, c'est moi qui ai poussé Jared pour qu'il lâche Dylan. Je ne pensais pas qu'il allait te tomber dessus alors, excuse-moi.

- Il faut réfléchir parfois, et puis qu'elle idée de tous vous battre. Les hommes et leurs hormones bestiales, c'est du grand n'importe quoi !

Il rit à ma remarque mais je n'ose toujours pas lever les yeux vers lui.

- Ah ça, je ne te le fais dire... mais je tiens à préciser que si Dylan n'avait pas dit ces choses là, Jared ne se serait pas jeté sur lui.

- Je t'accorde le fait qu'il n'avait pas à parler ainsi, mais nous avons des bouches pour nous défendre. Pas besoin qu'un garçon se prenne pour un chevalier servant même s'il s'agit de sa copine. Les femmes sont fortes !

- Je ne dis pas le contraire, les femmes sont fortes. Mais tu m'as l'air d'être un peu trop réservée pour pouvoir répondre à quelqu'un.

- Pardon ?! Je sers les poings en entendant son commentaire. Tu ne me connais en aucun cas et tu ne sais pas de quoi je suis capable.

- Je t'ai aperçu au feu de camp, tu n'étais pas très à l'aise et tu n'es restée qu'avec Kim.

- Et ?

La colère commence à monter petit à petit. De quel droit ce total inconnu se permet-il de me juger.

- Et donc je te pense incapable d'avoir de la répartie envers qui que ce soit.

Je le sens hausser les épaules comme si sa réponse était évidente. J'aperçois alors le panneau de l'infirmerie et saute de ses bras, me faisant davantage mal au genou.

- Qu'est-ce que tu fais ?!

Il me rattrape alors par le bras et me tourne vers lui. Je croise alors ses yeux d'un marron profond et intense et perds pied pendant un bref instant avant de me souvenir de l'opinion que ce garçon à de moi.

- Je n'ai nullement envie qu'un garçon qui a une telle opinion de moi, sans me connaître, reste à mes côtés. Alors je te remercie de m'avoir conduit jusqu'à l'infirmerie, tu peux aller dans le bureau du proviseur maintenant.

Boitant jusqu'à la porte, je n'attends pas sa réponse et pénètre dans l'infirmerie.

Je m'installe sur l'une des chaises de la salle d'attente tandis que j'attends que l'infirmière vienne me chercher. Mon genou me fait mal et je sens à travers mon jean qu'il a gonflé. Mon premier jour au lycée de la réserve restera dans ma mémoire, c'est certain.

J'entends alors des pas arriver vers la porte d'entrée et « Monsieur Call » débarque de manière brusque dans la petite salle d'attente. De voir désormais la totalité de son visage me rappelle le soir du feu de camp. Il était assis de l'autre côté du feu et faisait parti des personnes que Kim avait cité. Je ne m'étais donc pas trompée en pensant qu'il devait y être, cependant son prénom ne me revient pas.

- Excuse moi ! Vraiment je n'aurais pas dû te parler comme ça !

Il me fixe avec un regard triste mais cela ne me fait aucun effet. Il s'est permis de me juger sans me connaître, chose que je n'accepte pas.

- Je me moque de tes excuses, tu te permets de juger les gens sans les connaître, chose que je n'apprécie pas. Alors maintenant fiche moi la paix et va rejoindre le proviseur qui doit t'attendre.

Une femme arrive alors. Sue Clearwater nous regarde chacun notre tour avant de regarder ma jambe tendue et la bosse énorme présente au niveau du genou.

- Oh ma pauvre mais comment ça t'est arrivé ? Viens je vais t'examiner.

Quand je commence à me lever, je sens les mains de « Monsieur Call » se poser dans mon dos.

- Je m'en occupe Embry !

- Mais...

- Pas de mais et de ce que j'ai compris le proviseur t'attend alors, dépêche toi d'y aller !

Il la regarde en fronçant les sourcils avant de poser à nouveau ses yeux sur moi. Hochant la tête, il soupire et sors de l'infirmerie.

Sue m'aide à m'installer dans son bureau puis à retirer mon pantalon afin de voir l'étendue des dégâts causés par cette bagarre.

- Hum... je vais devoir plier ta jambe pour voir s'il faut t'envoyer ou non à l'hôpital...

Je me mords la lèvre jusqu'au sang lorsqu'elle commence à la plier. Des larmes perlent au bord de mes yeux mais je les retiens tant bien que mal.

- Il est préférable que tu ailles passer une radio à l'hôpital. Je sais que ton père travaille à Port-Angeles, tu veux que je téléphone à tes grands-parents ?

- Oui... il n'y a qu'eux qui puissent m'y conduire.

Elle part chercher le téléphone et me demande leur numéro. Au bout de deux sonneries, mon grand-père décroche. Sa voix est tellement forte que je l'entends à travers l'appareil. Il informe qu'il part immédiatement et Sue raccroche en souriant.

- Je vais te donner un calmant pour la douleur et toi tu vas m'expliquer comment c'est arrivé.

Tandis qu'elle rempli un verre d'eau, je lui raconte le déroulement de la bagarre dans ses moindres détails. Quinze minutes après, l'on toque à la porte et mon grand-père rentre dans la pièce.

- Ah ma petite Zél, la reine des casses-coups.

- Crois le ou non mais pour une fois je n'ai pas été maladroite.

Il sourit, remercie Sue et m'aide à me lever. Une fois sur le parking, ma grand-mère sort de la voiture et se précipite vers nous. Je n'ai pas le temps de m'installer qu'elle me demande comment cela a pu arriver. Je passe le trajet à leur expliquer et une fois aux urgences, tous deux m'aident à avancer.

L'attente est interminable, je suis examinée au bout de deux heures. Une belle entorse mais j'ai échappé à la rupture des ligaments. Une fois l'attelle et les béquilles en mains, le docteur m'autorise enfin à partir.

- Il vaut mieux que tu te reposes à la maison, ta soeur te récupèrera à la sortie des cours.

J'acquiesce en souriant et m'installe dans la voiture.

Après avoir passé la journée couchée dans le canapé, Ava arrive à dix-sept heures. Ma grand-mère n'a pas le temps de l'embrasser qu'elle se jette sur moi.

- Ca va ? Kim est venue me dire ce qui était arrivé quand elle a vu que je te cherchais. Non mais je te jure, quels gros abrutis sérieux !

- Ne t'inquiète pas Ava, ça va. J'ai juste une entorse. Et puis, au moins tout le monde saura qui je suis comme ça.

Elle rit et dépose un baiser sur ma joue avant de se tourner vers ma grand-mère.

- On va y aller. J'ai prévenu papa.

Je me redresse et attrape mes béquilles tandis que Ava s'occupe de mon sac de cours. J'embrasse ma grand-mère puis mon grand-père et suis ma soeur jusqu'à sa voiture. Une fois à la maison, elle m'interdit de faire quoique ce soit, si bien que je m'installe dans le canapé sans rien dire et attrape un livre posé sur la petite table basse.

- Je vais voir comment vont Cole et Jérémy.

- Pas de soucis.

Elle monte à l'étage pendant que moi je commence à me plonger dans le roman de Arthur Conan Doyle.

Jérémy et Cole sont toujours fiévreux, me dit Ava tout en descendant les escaliers. Je pense que papa devrait appeler le médecin en rentrant, ce n'est pas normal. Elle me regarde un instant puis pars vers la cuisine. Je vais préparer à manger, qu'est-ce qui te ferait plaisir ?

- Ce que tu veux, ne te sens pas obligée de me bichonner tout ça parce que je me suis fait une entorse.

- Et bien si, justement ! Je vais faire des macaronis au fromage !

A chaque fois que je me suis blessais, Ava a adopté ce comportement de mère protectrice et ce même avant que maman ne nous quitte. Mon cœur se serre à la pensée de ma mère si bien que je décide de me replonger dans mon roman.

Vers dix-neuf heures papa arrive enfin. Il dépose ses clés sur le meuble de l'entrée, et vient directement me voir en me demandant comment cela était arrivé. Aussi, pour la troisième fois aujourd'hui, j'explique la stupide bagarre qui s'est déroulée ce matin. Mon père me laisse parler mes ne cesse de froncer les sourcils. A la fin de mon explication, il se contente de souffler de mécontentement avant de m'embrasser sur le front. Ava sort alors de la cuisine et l'informe que les garçons ont toujours de la fièvre et qu'un médecin devrait venir les voir. Il hoche la tête et par téléphoner tandis que moi je me lève afin de rejoindre ma soeur.

La douce et délicieuse odeur de fromage envahit mes narines et me donne l'eau à la bouche. Une odeur plus sucrée vient alors se mélanger et je vois un magnifique gâteau au chocolat reposer sur le plan de travail.

- Et bien ! Je devrais me faire mal plus souvent !

Je ris tandis qu'Ava lève les yeux au ciel. Mon ventre émet alors un bruit horrible signe de mon appétit grandissant.

- Sue Clearwater et Billy vont passer pour voir les garçons.Nous informe mon père.

- Propose leur de rester manger avec nous, j'en ai fait pour un régiment.

Il sourit et acquiesce tandis que je commence à sortir les couverts pour mettre la table.

- Tttt, je t'ai dit de ne rien faire !

- Je peux quand même sortir des couverts d'un tiroir Ava. Je lève les yeux au ciel pendant qu'elle me le prend des mains. Je ne suis pas en sucre tu sais.

- Oui oui, si tu le dis.

N'en faisant qu'à sa tête, je n'insiste pas et la regarde installer la table.

Une vingtaine de minutes plus tard, l'on toque à la porte. Papa laisse entre Billy accompagné de Sue et de Jacob. Ce dernier baisse alors la tête en voyant mon attèle et mes béquilles.

- Alors ma petite Zélie comment te sens-tu ?

- Très bien, ce n'est rien qu'une entorse.

- Heureusement, il se tourne vers son fils les sourcils froncés, je peux te dire que ce grand bêta s'en veut énormément.

- Il a de quoi ! Je n'ai pas le temps de répondre que Ava s'avance vers eux. Vous avez été une belle bande d'abrutis à agir comme ça.

- Ava, c'est oublié !

Je fixe ma soeur en fronçant les sourcils et entends Jacob murmurer un désolé. Sue propose alors à mon père d'allait voir nos frères. Tous trois obtempèrent d'un hochement de tête et Jacob soulève le fauteuil de son père et monte à l'étage suivi de mon père et de Sue.

- Jacob est vachement fort dis donc.

- Sans doute les protes, t'as vu comme il est musclé pour un mec de son âge.

Je lève les yeux au ciel en entendant sa réponse tandis qu'elle repart vers la table. Comme si Billy Black laisserait son fils prendre des protéines ou tout autre anabolisant.

Dix minutes passent quand tous les quatre redescendent.

- Il vaut mieux que tes fils ne dorment pas chez toi tant qu'ils ne sont pas guéris. Je vais téléphoner à Sam pour qu'il puisse venir les chercher, ça serait embêtant que tes filles tombent malades également.

Mon père hoche la tête sans rien dire, un air de contrariété sur le visage tandis que Billy s'éloigne pour téléphoner.

- Ce n'est pas un peu extrême comme décision ?

- Mieux vaut prévenir que guérir Zélie, se contente de me répondre mon père.

Sam Uley arrive sans tarder. Les garçons sont descendus et l'attendent dans le salon. Lorsque l'on toque à la porte, ils se lèvent, nous saluent de loin et partent avec un air perdu sur le visage. Je les regarde partir en m'attardant sur chacun d'eux. Ont-ils pris du muscle ou bien je délire totalement ?

- Bon et bien passons à table !

La voix de Ava me sort de ma réflexion. Tout le monde exécute l'ordre et nous nous installons sans rien dire. Au bout de quelques minutes, Sue casse le silence pesant et le repas se déroule dans une ambiance agréable. Nos trois invités finissent pas nous quitter vers les vingt-deux heures. Fatiguée par la douleur qui commence à revenir, je salue mon père et ma soeur et monte me coucher.

Lorsque j'arrive au lycée le lendemain matin, tous les regardent sont à nouveaux dirigés vers moi.

- Génial...

Je marronne en voyant toutes ces paires de yeux sur moi pendant que Ava porte mon sac sans rien dire. Je suis alors heureuse de voir Kim venir vers moi.

- Je suis tellement désolée Zélie, tellement mais tellement...

- Kim ! Ce n'est pas de faute ! Je rigole en la voyant si décomposée. Ce n'est pas toi qui t'es battue, ni toi qui a envoyé une armoire à glace sur moi. Les seuls responsables sont les garçons. D'ailleurs qu'est-ce qu'a dit le proviseur ?

- Ils sont tous collés, sauf Dylan qui a été exclu pendant deux jours. Je peux te dire que sa mère ne l'a pas raté quand elle est venue le chercher.

- Bien fait pour lui !

Je me tourne vers Ava afin de récupérer mon sac.

- Donne le moi, je vais y arriver.

- Non non non !

- Je vais le porter pour elle.

Kim se place entre ma soeur et moi.

- Kim...

- Zélie, ce n'est non négociable.

Ava sourit et lui donne mon sac tandis que je soupir en levant les yeux au ciel.

- On se voit à midi !

Je hoche la tête en direction de ma soeur et suis Kim vers l'entrée du lycée. Elle me raconte la journée d'hier quand soudain un garçon se poste face à moi.

- Zélie écoute...

Je le regarde et fronce les yeux.

- Embry, je t'ai hier de me foutre la paix et c'est valable pour aujourd'hui ainsi que pour les prochains jours, mois et années qui suivront.

- Mais attends...

- Non ! Alors tu vois que je sais répondre aux gens ! Maintenant, laisse-moi.

Et sans aucun regard supplémentaire je continue d'avancer vers mon casier.

- Je sais qu'il a un peu merdé avec toi hier.

Je me retourne vers Kim étonnée qu'elle soit au courant.

- Il l'a dit à Jared qui me l'a dit ensuite.

- Ah.

C'est la seule réponse qui sort de ma bouche.

- Tu sais, il s'en veut énormément de s'être comporté comme ça avec toi.

- Peut-être, mais il fallait y penser avant de dire des choses sans me connaître.

Kim ne dit rien et hoche simplement la tête. Nous nous rendons à notre premier cours de la journée sans rien dire de plus.

La matinée se déroule rapidement, les deux heures d'histoire sont passées à vive allure tandis que le cours de science a été perturbé par une explosion imprévue au sein de l'une des éprouvettes. L'un des élèves, dont j'ai oublié le nom, s'est amusé à mettre une double dose de produit ce qui lui avait valu une jolie heure de colle.

- Vu qu'il y a du soleil, tu es partante pour manger dehors ?

- Avec plaisir ! Je souris à Kim et la suis vers l'extérieur. Je vais envoyer un message à Ava au cas où elle me chercherait.

- Pas de soucis ! Je vais aller prendre à manger, tu aimes tout ?

- Je peux m'en charger tu sais.

- Mais bien-sûr.

Elle rigole en levant les yeux tout en se dirigeant vers l'intérieur du self. Je suis rejoins cinq minutes après par Jessica et Ava en grande discussion sur l'un des garçons de leur classe.

- Je peux savoir moi aussi ?

Elles s'installent face à moi en souriant.

- Gabe Goldman a déjà craqué pour ta soeur !

- Qui est Gabe Goldman ? J'arque un sourcil afin d'accentuer mon interrogation.

- L'un des plus beaux mecs du lycée ! S'exclame Jessica. Il en fait craquer plus d'une, et j'en ferais encore partie cette année si je n'avais pas rencontré mon petit Alex à la fin de l'année dernière. Elle me montre un jeune homme aux épaules carrées qui se dirige vers nous en souriant. Mais là n'est pas le sujet. Gabe fait parti des terminales les plus populaires, il est le plus séduisant, et notre chère Ava, ici présente, lui à taper dans l'œil !

- Je vois, et que va faire notre chère Ava ?

- Le faire mariner bien sûr ! S'exclament-elles en chœur.

- N'importe quoi...

C'est dans ces situations là que je réalise, que ma soeur et moi n'avons pas la même mentalité sur certains points.

Le copain de Jessica arrive vers nous et me demande s'il peut s'asseoir. Lui donnant mon accord, je regarde où en est Kim lorsque je la vois arriver avec un plateau rempli à ras bord.

- Tu as pris à manger pour un régiment dis-moi !

- J'ai hésité sur ce qui pourrait te faire plaisir alors je me suis dit qu'un peu de tout conviendrait. Au pire, ça ne sera pas perdu avec les garçons.

- Les garçons ?

- Oui... Heu... Jared vient manger avec nous ainsi que Jacob, Quil et... Embry.

Je fronce les sourcils en entendant le nom de ce dernier, chose qu'elle remarque tout comme ma soeur.

- Quelque chose ne va pas avec ce Embry ?

- Rien d'important. Je fais un geste de la main pour appuyer mes mots et regarde Kim. Ça ne me dérange pas qu'ils mangent avec nous, ne t'inquiète pas.

Elle me sourit timidement, s'installe à côté de moi et commence à m'expliquer l'ensemble des plats présents sur le plateau.

- Mesdames et Monsieur bien le bonjour !

Je regarde Jared qui est au bout de la table. Il s'avance vers nous et embrasse Kim sur le front avant de me faire un signe de la main.

- Bah alors Kim, t'avais une faim de loup ?! S'exclame Quil a la vue de notre plateau.

Les trois autres garçons rigolent à sa remarque tandis que Kim esquisse un sourire amusé.

- Très drôle Quil. Je tiens juste à préciser que mon plateau est aussi chargé, car notre chère Zélie ici présente ne peut se servir seule à cause de la bagarre d'hier qui lui a valu une entorse du genou.

- Oh... Il me regarde avec un air gêné sur le visage pendant que les trois autres arrêtent de rire. Vraiment désolé Zélie...

- Ce n'est pas grave Quil. Il me sourit timidement. Bon si on mangeait ?!

Kim approuve d'un hochement de tête avec un immense sourire, pendant que Jessica et Ava commencent à attaquer leurs salades. Les garçons s'installent à leur tour, Jared aux côtés de Kim, et les trois autres en bout de table.

J'attrape le sandwich en triangle présent sur le plateau et regarde son contenu. Souriant, je lève les yeux et croise alors le regard de Embry. Il me regarde les yeux brillants, rempli de tristesse. Mon cœur se serre à cette vision, si bien que je décide de détourner le regard immédiatement et de reporter mon attention sur le sandwich au poulet.