Merci aux anonymes qui m'ont laissé des reviews, ça fait toujours autant plaisir.
Et oui je suis d'accord avec toi Lorelei, je trouve aussi qu'il n'y a pas assez de fanfic sur Peter Pan, c'est aussi pour ça que j'ai traduis celle-ci.
Merci aussi à Captainbell et à Drusilla :)
Chapitre 4
Quand j'étais petite, je me demandais ce qui se serait passé si j'avais eu la possibilité d'aller à Neverland. Je m'imaginais qu'il arriverait toutes sortes d'aventures fabuleuses et fantastiques. J'aurais joué avec les Garçons Perdus, fait de mauvaises blagues au Capitaine Crochet, et Peter Pan serait devenu mon meilleur ami.
Mais maintenant, laissez-moi vous dire que je devais être une sacrée rêveuse quand j'étais petite, parce que je suis en train de vivre un épouvantable CAUCHEMAR !
Tout dans cette forêt était sinistre et terrifiant. Des murmures et des gémissements s'élevaient de tous les côtés. Que cela provienne d'un animal ou d'un Garçon Perdu, il était hors de question que je reste dans les parages pour le découvrir.
Je continuais de courir toujours plus vite. Il fallait absolument que je me dégote une bonne planque, une planque où jamais il ne pourrait me débusquer.
Mais maintenant que j'y pensais, quand est-ce que le jeu était censé prendre fin ? Et pourquoi n'avions-nous pas instauré une limite de temps ? Vous voyez, c'est dans des moments comme celui-ci que je comprenais pourquoi je n'avais jamais vraiment eu d'amis. C'était affligeant de voir à quel point j'étais nulle pour établir les règles d'un jeu.
Je maugréai et m'arrêtai un instant de courir pour reprendre mon souffle. Ce qu'il me fallait, c'était une tactique qui me permettrait de gagner ce jeu. J'inspectai soigneusement les environs mais rien ne semblait différent d'il y a dix minutes. Il ne me restait plus que vingt minutes pour trouver un endroit où Pan n'irait jamais me trouver.
Je me suis remise à courir, scrutant désespérément les alentours. Puis, tout à coup en décidant de traverser un amas de plantes, je percutai de plein fouet un Garçon Perdu. Je me rattrapais à temps et reconnu le type à la cicatrice et à la voix traînante. Il était dur comme un roc, je ne suis même pas sûr qu'il ait sourcillé quand je lui ai foncé dessus.
« Super, pendant que je te tiens, est-ce que par hasard, tu connaîtrais de bons endroits à la fois sombres et inconnus de tous, par ici ? » lui ai-je demandé plein d'espoir.
Il afficha un petit sourire en coin. « Es-tu en train de me demander de t'aider à tricher ? Peter ne serait sûrement pas d'accord. »
« Non, » ai-je répondu précipitamment. La dernière chose dont j'avais bien besoin, c'était d'un cafteur. « Pas du tout... qui-que-tu-sois. »
« Mon nom est Felix, et si j'étais toi, je ne gaspillerais pas mon énergie à courir partout. Il te trouvera ou que tu ailles de toute manière. »
« Nous verrons cela, Felix, » ai-je murmuré. Espèce de sale-stupide-lèche-botte-inutile de Garçon Perdu.
Exaspérée, je levai les yeux au ciel et discernai, à ma grande surprise, une falaise au loin. Peut-être y avait-il une cachette au sommet.
« Merci pour rien, » ai-je grommelé en l'écartant pour pouvoir passer. Je courus en direction de celle-ci et découvris qu'en vérité, il ne s'agissait pas d'une falaise comme je l'avais pensé au premier abord, mais d'une crique près d'un lagon encerclé de plusieurs rochers.
Je venais enfin de trouver la cachette idéale. J'ai accéléré le pas jusqu'à me ruer au bord du lagon.
C'était splendide. On distinguait parfaitement le reflet de la lune sur l'eau. Elle scintillait encore plus qu'à l'ordinaire.
« Voilà longtemps que je n'avais pas vu de jeunes humaines par ici, » s'exclama une voix douce et mélodieuse.
Je me suis baissée un peu plus et mon regard rencontra celui d'une femme qui émergeait lentement de l'eau.
Puis subitement, mes yeux se sont écarquillés. « Euh, salut. »
Sa queue claqua un petit coup dans l'eau, ce qui me fit sursauter. Elle rigola et nagea jusqu'à moi. Elle était vraiment magnifique avec ses cheveux noirs et ses yeux brillants.
« Je vais essayer de deviner toute seule, vous êtes une sirène, c'est ça ? » ai-je demandé en déglutissant avec difficulté. « Est-ce que par hasard, je me trouve dans le Lagon des Sirènes ? »
Elle sourit. « Je n'avais encore jamais entendu quelqu'un l'appeler comme ça, mais je suppose que c'est le cas. »
« Est-ce qu'il en existe d'autres ? » ai-je questionné, curieuse.
Elle acquiesça. « Oh que oui. Tout autour de Neverland, ainsi que dans d'autres dimensions. »
« Êtes-vous en train de me dire qu'il existe plusieurs mondes ? » ai-je déclaré, incrédule. « Une île dirigée par un adolescent dictateur, ce n'était pas suffisant ?! »
La sirène rejeta sa tête en arrière et rigola de plus bel. « Je suppose que tu n'es pas ici par choix ? »
« Non, » ai-je marmonné en fronçant des sourcils. « Je suis actuellement en train d'essayer de me cacher afin qu'il ne me retrouve pas. Si je gagne le jeu, je pourrai rentrer chez moi. »
« Eh bien, permets-moi de te dire que pour l'instant, ce n'est pas gagné, » s'exclama-t-elle d'un ton neutre.
« Je sais, » admis-je en soupirant. « Je ne sais pas où je pourrais trouver une bonne cachette. »
« Tu n'as qu'à venir dans l'eau, » suggéra-t-elle, en affichant un air radieux. « Il ne croira jamais qu'une sirène t'as aidé à te cacher. »
Je ricanai à mon tour et croisai les bras. « Merci, mais je ne suis pas d'humeur à me noyer aujourd'hui. »
« Je ne vais pas te noyer, » insista-t-elle. « Et je te conseille de ne faire confiance à personne d'autre ici. »
J'ai arqué un sourcil. « Et pourquoi devrais-je te faire confiance à toi ? »
« Parce que je t'aime bien, » a-t-elle simplement répondu. « Tu es loin d'être aussi ennuyeuse que cette autre fille qu'il a ramenée. De plus, je serais vraiment contente de le voir s'énerver pour une fois. C'est tout le temps lui qui gagne. »
Je suis restée à ma place et lui ai lancé un autre regard rempli d'incrédulité.
« Mon nom est Harmonie, » m'annonça-t-elle, comme si son nom suffirait à gagner ma confiance. « Et toi, quel est le tien ? »
« Amy, » ai-je répondu en la toisant avec méfiance.
« Eh bien Amy, il va falloir te décider, car je suis certaine qu'il te trouvera n'importe où, où tu iras. »
Elle marquait un point. J'hésitai.
« C'est maintenant ou jamais, » m'a-t-elle dit d'une voix chantante. Elle avait raison. Mes trente minutes étaient probablement déjà écoulées. Il pouvait débarquer à tous moment, m'attraper et le jeu serait fini pour moi.
« Très bien, » ai-je finalement accepté. Je me glissais lentement dans l'eau. Elle était agréablement chaude. Au moins, je ne mourais pas d'hypothermie. Plus j'avançai et plus ça devenait profond. Heureusement que mes chaussures étaient là pour me protéger d'éventuels objets pointus.
Une fois arrivée jusqu'à Harmonie, elle m'agrippa le bras et commença à tirer dessus.
« Je ne suis pas en train d'essayer de te noyer, au contraire, » m'a-t-elle dit. « Il y a un grand rocher pas très loin, tu pourras te cacher derrière. »
« Parfait, » ai-je déclaré, tout en la jaugeant avec méfiance.
« Harmonie, que fais-tu avec cette humaine ? » Nous nous sommes toutes les deux immobilisées et avons lentement regardé à droite pour voir l'homme sirène qui venait de parler. Au moment où il a plongé son regard dans le mien, je me suis sentie fondre de l'intérieur. Il ressemblait à un Dieu avec ses cheveux sombres, sa peau bronzée et ses traits fins.
« Je suis en train de l'aider, » répliqua Harmonie après avoir hésité un moment.
« C'est une bien jolie créature que voilà, » ronronna-t-il en nageant plus près de nous. « Dites-moi, que faites-vous dans un endroit aussi triste que celui-ci ? »
Je ne pus même pas lui répondre tellement son regard me fascinait. « Je, euh, je... »
Il me prit doucement la main. « Je peux t'emmener dans un lieu sûr si tu veux, un lieu où il ne te trouvera jamais. »
« Ne t'y avise pas, » siffla Harmonie. Pourquoi était-elle si en colère ? Il n'allait quand même pas me faire du mal...
Je lui souris d'un air rêveur lorsqu'il replongea ses beaux yeux dans les miens. « Laisse-moi t'y conduire, » m'a-t-il dit. Puis soudain, ses yeux virèrent au rouge sang me faisant sortir de ma torpeur.
Je n'eus même pas le temps de laisser échapper un cri que déjà il m'entraînait sous l'eau. Je pus sentir Harmonie essayer de me tirer vers le haut, mais elle était beaucoup trop faible face à sa solide poigne. Finalement, elle renonça et s'en alla.
Je lui donnai un coup de pied mais se fut à peine s'il fut décontenancé par mon geste. Au lieu de ça, je le sentis raffermir sa poigne. J'essayai de nager jusqu'à l'air libre, en vain. J'ouvris les yeux mais fut confrontée à l'obscurité tandis que le sel me brûlé la vue. Bien qu'à ce moment cela m'importait peu.
Le monde disparu autour de moi. Donner des coups de pied devenait de plus en plus difficile, jusqu'à ce que j'arrête de me débattre. C'était fini, je me sentais partir.
Oh quel monde, quel monde.
La vie s'insuffla une nouvelle fois dans mon corps alors qu'on m'administrait une grande tape dans le dos qui me fit recracher toute l'eau de mes poumons.
« Aller, évacue-moi tout ça. »
Je n'arrivais pas à parler. Tout ce que je pouvais faire c'était expulser l'eau de mer sur le sol rocailleux.
Je rejetai ma tête en avant et me mis à quatre pattes tout en m'étouffant de plus en plus à cause de l'eau. On m'infligea une nouvelle tape dans le dos et tout de suite je me sentis un peu mieux.
« C'est tout l'océan que tu as avalé ou seulement le lagon ? » ai-je entendu Pan me demander ironiquement.
Évidemment, je ne pouvais pas l'ignorer encore longtemps. Je continuais de recracher l'eau comme une stupide fontaine.
Une fois que se fut passé, je pris une grande bouffée d'air et m'assis sur les genoux.
« Jamais plus je ne regarderais la Petite Sirène, » ai-je murmuré, essayant de reprendre un souffle régulier. Je levai les yeux et vis Pan assis pas loin, l'air très amusé par la situation.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? » lui ai-je demandé après avoir repris une respiration normale.
« Eh bien, quand ton nouvel ami a essayé de te noyer, Harmonie est venue me trouver et comme je n'étais pas très loin, je suis arrivé à temps, je l'ai tué et j'ai passé les dernières minutes à essayer de te ranimer. »
Je l'ai fixé, dubitative. « Tu-tu l'as tué ? »
« Évidemment, » m'a-t-il répondu comme si j'avais été bête de poser la question. « Il a essayé de tuer une personne sous ma protection. Je n'allais tout de même pas le laisser s'en sortir sans en avoir subi les conséquences. »
« Tu es malade ! » Je n'ai pus m'empêcher de crier.
« T'aurais voulu qu'il continue de vivre après ce qu'il avait fait ? » demanda-t-il en se levant soudainement. « Et pourquoi es-tu si en colère ? Je viens juste de te sauver la vie. »
« Je ne suis pas en colère à propos de ça, » ai-je dit en me levant à mon tour. Wow, je venais de me relever trop rapidement après mon expérience de mort imminente. Je fus surprise lorsqu'il me saisit le coude pour m'aider à me stabiliser.
« Dans ce cas pourquoi es-tu si énervé ? » demanda-t-il en roulant des yeux. « Je t'en prie, éclaire-moi. »
Je fis de mon mieux pour ignorer à quel point sa poigne devenait de plus en plus ferme, finalement je lui ai dit, « Ce n'est pas à toi de punir les gens pour leurs crimes. Ça ne fera que noircir ton âme. »
Il me toisa d'un air septique pendant un moment avant d'exploser de rire.
« Qu'est-ce qu'il y a de si drôle ?! » J'en profitai pour extirper mon bras. C'était ma seule occasion et tant pis si je ne tenais plus sur mes jambes.
« Toi, » a-t-il réussi à articuler. « Tu n'essayerais pas de m'apprendre les bonnes mœurs par hasard ? »
« Ça y ressemble pourtant, » ai-je répondu avec lassitude, avant de me masser les tempes.
Il continua de rire, ce qui me mis mal à l'aise au plus au point. Je frappai plusieurs fois son bras jusqu'à ce qu'il arrête de rire. « Okay, d'accord, c'était très drôle. Ha, ha, est-ce qu'on peut reprendre le jeu maintenant ? »
« De quoi est-ce que tu parles ? » demanda-t-il perplexe. Je sentais mon corps se refroidir. Il avait cette lueur espiègle dans le regard. Ça ne sentait pas bon.
« Tu sais, » ai-je repris les mains tremblantes. « Cache-cache. Est-ce qu'on peut reprendre ? »
« Bien sûr que non, » s'exclama-t-il en riant sombrement. « J'ai gagné. »
J'ai cligné plusieurs fois des yeux. « Pardon ? »
« Je t'ai trouvé, » a-t-il simplement déclaré. « Ce qui veut dire que j'ai gagné. »
« Mais j'ai failli me noyer ! » ai-je persiflé. « J'exige une revanche ! »
« Quand est-ce qu'on a précisé qu'il pourrait y avoir une revanche si tu te mettais en danger ? » demanda-t-il, le regard amusé.
Je sentais ma gorge se nouer. Il ne pouvait pas dire une chose pareille. C'était sûrement une blague de mauvais goût. Je ne savais même plus quoi répondre. Je le dévisageai, m'interdisant de pleurer.
« Peut-être que tu devrais faire plus attention quand tu imposes les règles d'un jeu, » suggéra Pan malicieusement.
J'ai essayé de le gifler, mais il attrapa mon poignet en plein vol.
« À partir de maintenant, il n'y aura plus de ça, » déclara-t-il calmement, attrapant ma seconde main lorsque je voulus recommencer. « Désormais, ta place sera ici. Je ne t'oblige pas à m'aimer, mais au moins à me respecter. »
Je vais me gêner tiens. J'étais tellement en colère. Je le dévisageai comme si sa tête venait de prendre feu et que j'en été la seule responsable.
« Oh, aller, » m'a-t-il dit en roulant des yeux quand mes larmes firent leur apparition. « Tu vas adorer vivre ici. »
Sans me soucier qu'il tenait toujours mes poignets entre ses mains, j'essuyai rageusement mes larmes. Pleurer, c'était paraître faible. Je ne devais pas pleurer, surtout pas devant lui.
« Je ne me plairai jamais ici, » ai-je dit en dégageant mes bras de son emprise. « Rentre-toi ça dans le crâne. »
« C'est ce qu'on verra, Améthyste, » déclara-t-il, sa voix devenant dangereusement basse. « Je pense qu'il est temps pour toi de rencontrer les Garçons Perdus. »
Avant que je n'aie pu ouvrir la bouche pour protester, il passa ses bras autour de moi et s'envola dans les airs.
Je poussai un cri perçant et m'accrochai à lui aussi fermement que possible. De là, j'aperçus le Lagon des Sirènes rétrécirent à vue d'œil et disparaître au moment où on survolait la forêt. Neverland était une jungle. Pire encore, elle était sa jungle.
C'est ce moment qu'il choisit pour faire une figure aérienne qui me fit hurler une fois de plus.
« Arrête ça ! » me suis-je écriée, enfouissant ma tête dans son cou. Voler était une expérience beaucoup plus rafraîchissante que ce qu'ils racontaient dans les films Disney. Surtout après avoir nagé avec des sirènes.
Je commençai à trembler de façon incontrôlable. « Dépêche-toi, j'ai froid. Et si je meurs d'hypothermie, je te jure que mon fantôme reviendra te hanter jusqu'à la fin de ta vie. »
Il rigola. « Oh, ne t'inquiète pas pour ça. Il y aura un grand feu de joie quand nous arriverons, juste pour toi. »
« Je suis une sorte de sacrifice vierge ? Non parce que vu la façon dont mes jours se sont déroulés ici, ça ne me surprendrait pas. »
Pan éclata de rire de plus bel. « Bien sûr que non. Il s'agit juste d'une célébration en l'honneur de notre nouvelle Fille Perdue. »
Tout simplement, génial.
Voila en espérant que ça vous a plu. Je posterais certainement la suite dimanche.
