Bonjour à tous, on est dimanche ce qui signifie nouveau chapitre !
Je tiens à remercier toutes celles qui m'ont laissé des reviews, ça fait vraiment plaisir et ça donne la volonté de continuer à traduire les chapitres.
Sinon pour toutes celles qui se demandent, il y aura en tout 36 chapitres mais l'auteure a fait une suite avec 27 chapitres en cours.
Voilà, encore merci et je vous dis à toutes ENJOY !
Chapitre 5
La raison pour laquelle j'ai décidé de m'enfuir, c'était pour échapper à l'homme qui m'avait dirigé depuis l'instant où j'avais atteint l'âge de mes dix ans. Du moins ça c'était jusqu'à hier. Au lieu de ça, c'est un autre dictateur qui m'est tombé dessus. Un dictateur qui me rendait folle à un tel point que même Paul n'y était pas parvenu durant toutes ces années.
Et peu importait la manière dont je dévisageai Pan en ce moment, cela semblait toujours autant l'amuser.
On venait de survoler une petite clairière dans les bois à l'endroit où les Garçons Perdus avaient commencé un gigantesque feu de joie. Ils n'avaient pas du tout été surpris de me voir arriver. Apparemment leur chef obtenait toujours ce qu'il voulait. Sale enfant pourri gâté.
Tous les garçons s'étaient rassemblés autour du feu, chacun dévorant sauvagement la même viande bizarre et discutaient les uns avec les autres. On aurait dit qu'ils ne se souciaient absolument pas de ce qui se passait dans le monde, ils se contentaient de rire entre eux ou de glander pour la plupart.
De mon côté, j'étais assise contre un arbre en train de mourir de froid, loin des garçons et par la même occasion loin du feu. De temps en temps je lançais des regards furieux en direction de Pan, qui lui était assis à l'opposer, près du feu.
Bien vite, je me rendis compte que les regards intimidants ne fonctionné pas avec lui, je laissai donc tomber et pris un air renfrogné en fixant le feu cette fois. Il fallait que je trouve un moyen de partir d'ici. Je n'étais pas perdue. J'avais été sur le point de reconstruire ma vie. Je n'appartenais pas à la bande des Garçons Perdus.
Puis tout à coup, une mélodie gracieuse et envoûtante s'éleva dans les airs, emplissant furtivement mes oreilles. Je tournai la tête en direction de Peter qui jouait de la flûte. Il me toisa à son tour d'un air innocent, mais je pouvais lire la malice jaillir de ses pupilles, tandis que ses lèvres luttaient contre l'envie de sourire. J'ai croisé les bras et ait sèchement détourné la tête en direction du feu, les yeux levés au ciel.
Les garçons poussèrent des rugissements et des cris de joie avant de se lancer dans une danse autour du feu comme des sauvages. Pour une raison bizarre, j'éprouvais moi aussi l'irrépressible envie de les rejoindre. La musique était tellement jolie. Mais qu'est-ce que je racontais ? C'était la musique du diable qui était joué par Peter le Joueur de Flûte. Je me mordis la lèvre pour ne pas rire. Ce gars était réellement le Joueur de Flûte. Cela expliquait peut-être pourquoi je désirais tant me joindre à eux. Il était en train de nous contrôler avec cette chose.
Eh bien, je ne me laisserais pas prendre au piège. Même si l'envie devenait de plus en plus forte. La flûte était sûrement la cause de la fidélité de ces garçons. Il fallait absolument que je sache comment cette chose attirait les garçons. Si seulement je pouvais m'en débarrasser...
Je fermai les yeux. Pan arqua un sourcil mais, continua de jouer de la flûte. Je fixai le feu à présent, essayant d'ignorer le vacarme que faisaient les garçons en agissant comme des animaux.
La musique s'arrêta subitement, ce qui n'empêcha pas les garçons à continuer de danser et de faire du bruit.
Je repris mes esprits à temps pour voir Pan se laisser tomber à côté de moi.
« Qu'est-ce que tu veux? » lui ai-je demandé en grinçant des dents.
« En fait, je me disais que tu aurais peut-être faim, » répondit-il en tirant une petite pochette de sa ceinture d'où il sortait une pêche des plus appétissante.
J'essayais d'ignorer les grondements que faisait mon estomac. « Qu'est-ce qui ne va pas avec cette pêche ? »
Il sourit. « Rien, je te le promet. »
« Mais oui, bien sûr, » ai-je répliqué en roulant des yeux. Tout ce que j'avais mangé ces dernières vingt-quatre heures avaient été un muffin, mais comment savoir si la pêche n'avait pas été empoisonnée ou quelque chose dans ce genre-là ?
Il haussa des épaules. « Très bien. Puisque tu n'en veux pas, je ne vais pas là gâcher. » Il porta le fruit jusqu'à sa bouche.
« Donne-moi ça, » ai-je grommelé en la lui arrachant des mains. Je pris une petite bouchée du fruit et ait presque gémi de satisfaction tellement c'était bon. Elle était douce et juteuse. Je me forçais quand même à manger lentement.
« La musique t'a plu ? » demanda-t-il.
« C'était joli, » ai-je dit après un moment d'hésitation. Je n'étais pas dupe, son acte de « gentillesse » caché quelque chose, mais je me devais de jouer le jeu.
Je m'éloignai un peu. Il était assis trop près de moi pour que je me sente à mon aise.
« Quelque chose ne va pas ? » questionna-t-il amusé.
« Je te les dis, je n'aime pas être touché, » ai-je répliqué après avoir avalé une grosse bouchée.
« Pourquoi ? » interrogea-t-il en se rapprochant de moi. Je me raidis, mais ne bougeai pas d'un millimètre. Il voulait juste me mettre hors de moi. Je débattis intérieurement en me demandant s'il fallait lui mentir et lui dire que ça ne venait que de lui. Oui mais d'un autre côté je me dis qu'il ne gobera jamais ce mensonge.
Je me préparais donc à lui dire la vérité. « Disons que j'ai du mal à faire confiance aux gens de ton espèce. En l'occurrence, aux hommes. »
« De toute évidence, » ajouta-t-il avec désinvolture. « Surtout après ce qui s'est passé la nuit dernière et aujourd'hui avec l'homme-poisson. »
Je grinçai des dents mais pris sur moi. « Eh bien, tu vois ce qui se passe dés que je baisse ma garde ? » J'avais pourtant essayé d'oublier ce qui s'était passé avec Brandon. Je ne pouvais pas m'empêcher d'espérer que l'ombre de Pan l'ai défiguré à jamais.
Pan posa une main sur mon genou. Mais je continuai de prendre sur moi. Même si je trouvais ça bizarre qu'il essaye de me réconforter. « Tu n'es tout simplement pas à même de faire confiance aux bonnes personnes. Mais saches que tu peux nous faire confiance. »
Je riai amèrement et jetai le noyau de ma pêche dans le feu. « C'est bizarre mais pour certaines raisons j'en doute fortement. Après tout, tu es un tricheur. »
« Je n'ai pas triché, » a-t-il répondu en croisant les bras, ôtant heureusement pour moi sa main de ma cuisse. « Je t'ai trouvé sans avoir eu recours à la magie, aux Garçons Perdus ou à mon ombre. »
J'ai secoué la tête dépitée. « Quoi qu'il en soit, Pan. Tu as fichu en l'air tous mes rêves d'enfant. »
Il grimaça. « En parlant de ça, j'ai entendu dire qu'il y avait une autre version de moi dans ton monde. Est-ce que tu l'aimes ? »
J'ai hoché la tête. « C'était mon histoire préférée étant gosse. J'ai toujours eu envie d'aller à Neverland. Mais au lieu de ça je suis coincé ici avec toi. Le Peter Pan désagréable qui en plus n'est même pas roux. »
Il se pencha vers moi et son souffle chaud me caressa la joue. « Je pense que tu arriveras à aimer le véritable Peter Pan. »
J'ai regardé derrière lui. Les Garçons Perdus dansaient toujours autour du feu en criant, mais c'était comme s'ils étaient à des millions de kilomètres de nous.
Dieu, qu'il était beau. Je ne pouvais pas le nier. Être si près de lui déclenchait chez moi des battements de cœurs incontrôlables. Est-ce qu'il pouvait l'entendre ? Je me souvins qu'il ne fallait pas que j'oublie de respirer. Il était si prêt que je pouvais sentir son souffle chaud sur mon visage.
Je me remis sur pied. « Peut-être que ça pourrait arriver. Si tu n'étais pas un salaud manipulateur. »
Il se leva à son tour, souriant malicieusement. « Tu as tellement l'esprit d'une Fille Perdue. J'aime ça. »
Je le regardai longuement. « Tu réalises que je viens tout juste de t'insulter ? »
« J'ai vu ça, » répliqua-t-il avec un sourire narquois. « Évidemment, tu n'es pas la première à le faire. En général, c'est surtout les nouveaux arrivants qui le font. »
« Je n'en doute pas, » ai-je dit en hochant la tête. « Il faut dire que t'es un peu con aussi. »
Il ria. « Ce que je veux dire c'est que malgré que tu aies été blessée et battue, tu as encore de l'espoir. » Il tendit la main et frôla ma joue. « Tu as un tel tempérament de feu pour une fille si froide, Améthyste. »
D'un geste, j'ai écarté sa main. « À vrai dire, je n'ai pas vraiment eu le temps de sécher correctement après avoir fait mumuse avec les sirènes, cela expliquerait pourquoi je sois si froide. »
Il jeta un rapide coup d'œil à mes vêtements humides. « Pourtant, tu aurais pu te changer quand tu le souhaitais. »
Je l'ai regardé les yeux écarquillés. « Je te demande pardon ? »
Il éclata de rire devant ma mine horrifiée. « Détends-toi. Ce que je veux dire c'est que tu peux faire ce que tu veux à Neverland, du moment que t'y crois. »
Je baissai les yeux sur mes habits. « Donc ce que tu me dis c'est qu'ici je peux imaginer n'importe quel vêtement et il apparaîtra aussitôt ? »
« Seulement, n'importe qui ne peut pas le faire, » ajouta-t-il.
« Défi accepté, » ai-je répondu en lui tournant le dos. J'ai regardé mes vêtements une minute, puis j'ai pincé les lèvres et me suis concentré. Si je pouvais réellement porter ce que je voulais, il fallait que ce soit quelque chose d'assez confortable. Une fois que ma tenue se matérialisa dans ma tête, j'ai fermée les yeux et me suis concentré aussi fort que je le pouvais.
Mes yeux se sont rouvert et je restai bouche-bée. Mon sweat qui me démangeait il y a encore quelques minutes et mon jean qui était devenu lourd à cause de l'eau, ont tous les deux étés remplacés par un débardeur violet foncé, un pantalon moulant sombre assorti à une ceinture tout aussi sombre et des bottes à lacets. Je passai mes doigts entre mes longs cheveux ébène et à ma grande surprise ils n'étaient plus touffu et humide mais, au contraire de nouveau sec et parfaitement ondulé.
Je ne pus m'empêcher d'afficher un air ravi. « Je l'ai fait ! »
Il souriait à son tour. « Je n'ai pas douté de toi une seconde. »
Mon sourire s'affaiblit. À première vue, il semblait gentil et sincère. Mais quand on regardait de plus près, son sourire était tout ce qu'il y avait de plus sinistre, je venais de lui donner ce qu'il voulait. Je regardai derrière moi et vis que les Garçons Perdus dansaient toujours. La façon dont ils riaient et criaient les faisaient ressembler à des bêtes sauvages. Le pire c'est qu'ils n'avaient rien de sauvage. Pan les avaient tous sous son contrôle. Et pendant quelques instants il m'avait eu moi aussi sous son contrôle.
Je pris une profonde inspiration avant de me lancer. « Pourquoi ne veux-tu pas me dire ce qui me retient ici ? Et s'il te plaît ne me répond pas quelque chose comme « tu as l'esprit d'une Fille Perdue ». Il y a autre chose, n'est-ce pas ? »
« Désolé, » dit-il en enroulant une de mes mèches entre ses doigts. « Mais j'aime les surprises. »
Je voulus hurler et le traiter de monstre, le gifler et courir très loin. Mais je n'en fis rien. Mes yeux aperçurent sa flûte coincée entre sa ceinture. Il me fallait à tout prix cette flûte et le seul moyen d'y parvenir était de lui faire baisser sa garde. Comment allais-je m'y prendre. Mais tout d'abord procédons par le plus important.
J'ai soupiré. « Écoute, il se fait tard et ça a été une longue journée, ou une longue nuit, bref l'heure qu'il fait maintenant. Et j'aimerais aller dormir, est-ce que c'est possible ? »
Il acquiesça. « Bien sûr. Reste ici, je reviens. » Il s'éloigna et je le vis interpeller Felix. Curieuse, je les ai regardés échanger quelques mots avant que Pan ne revienne.
« Allons-y, » déclara-t-il gaiement. « Felix va prendre soin de toi un petit moment. J'ai aussi besoin de sommeil. »
« En gros tu veux t'assurer que je n'essaye pas de fuir, » ai-je murmuré sombrement.
Il afficha un petit sourire. « Je pense que tu devrais le savoir mieux que quiconque à présent. »
Bien sûr que oui. J'étais devenue beaucoup plus intelligente maintenant. Et puis, je cherchais juste à dérober son instrument de musique préférée.
La suite mercredi, je pense que certaines vont apprécier le chapitre suivant.
