Bonsoir à toute, je viens juste de voir que ça faisait quand même un mois que je n'avais pas posté. C'était la période des examens, donc je n'ai pas pu trop poster, même si j'en mourrais d'envie croyez-moi ! Et j'ai bien lu toutes vos reviews, d'ailleurs je vais m'empresser d'y répondre !

Lorelei : Oui j'aime beaucoup Felix dans cette fic et le fait qu'il joue les nounous m'a fait rire.

Drusilla : Oh crois moi, Peter n'a pas fini de te surprendre.

Emaly : Je devais poster dimanche mais c'est en lisant ta review que j'ai finalement postée aujourd'hui. En tout cas merci pour tes reviews, elles m'ont faite beaucoup rire x)

Frankly: Merci beaucoup, ce que tu me dis me touche sincèrement. Quand je traduis je fais en sorte que ça se voit moins en utilisant des expressions plus adaptées à notre langage. C'est peut-être pour ça que tu n'as pas remarqué qu'il s'agissait d'une traduction.

Allison : Et bien voilà la suite x)

JeanneFun : Merci ! Au début j'avais un peu peur de traduire cette fic, je me disais que ce serait trop dur mais finalement vous semblez apprécier ma traduction, ce qui me fait très plaisir :D Encore merci pour toutes vos reviews !


Chapitre 6

Je n'avais pas menti quand j'avais affirmé à Pan être exténuée, mais ce n'est pas pour autant que je me suis endormie. Mon but était plutôt de lui faire croire. Recroquevillée sur son canapé, dans sa petite cabane, j'ai fermé les yeux et j'ai adopté une respiration beaucoup plus lente. Il fallait que je sois convaincante pour qu'il ne se doute de rien. Je l'entendis qui rejoignait son hamac.
Une bonne vingtaine de minutes plus tard, je m'autorisai à regarder par-dessus mon épaule pour voir ce qu'il fabriquait. Il avait l'air d'être plongé dans un profond sommeil. Prudente, je me redressais et glissai un pied sur le sol en bois. Tandis que j'avançais sur la pointe des pieds, ma respiration se faisait lente et régulière. Je sentais ma concentration s'échapper à chacun de mes pas.
Il ressemblait à un ange quand il dormait, beau et innocent. Ses mains étaient croisées derrière sa nuque et une de ses jambes se balançait dans le vide. Je le dévisageai beaucoup plus longuement que je n'aurais dû, inhalant chaque partie de son être. Je fus saisie d'une folle envie de grimper sur le hamac et de me blottir contre lui.
Je me giflais mentalement. Ce n'était absolument pas du tout ce à quoi je pensais. Je secouai furieusement la tête espérant ainsi faire le vide intégral dans mon esprit. Il était loin d'être un ange. Il était mon ravisseur, nom de Dieu. Je devais à tout prix me concentrer sur ma mission. Il fallait que je dérobe la flûte pour ensuite la détruire.
Je baissai les yeux jusqu'à sa ceinture où j'aperçus l'instrument. Je retins ma respiration et tendis lentement la main pour essayer de l'attraper.
Puis, soudainement, elle disparut et réapparut quelques secondes plus tard dans la paume de ma main.
Je restai bouche-bée devant la flûte qui trônait à présent au creux de ma paume. Qu'est-ce qui... venait de se passer ? Je déglutis difficilement en essayant de reprendre mes esprits et de ne surtout pas céder à la panique. Était-ce une fois de plus le coup du « si tu y crois, ça se réalisera » ?
« Incroyable, n'est-ce pas ? »
Je sursautai et plongeai mon regard dans celui de Pan. Il n'avait pas bougé d'un pouce, mais ses yeux étaient grands ouverts. À ma grande surprise, il n'avait pas du tout l'air en colère. Juste intéressé par la manière dont sa flûte venait d'atterrir tout droit dans ma main.
« Comment j'ai fait ça ? » lui ai-je demandé, les yeux écarquillés. « Je ne l'ai même pas touché. »
Ses yeux s'illuminèrent lorsqu'il les posa sur moi. « T'est-il déjà arrivée des choses étranges que tu n'arrivais pas à expliquer ? »
Je haussai un sourcil, luttant contre l'envie de rire.
« Je parle en dehors du fait que tu sois ici, Amy, » précisa-t-il sèchement. « Tu vois ce que je veux dire. »
J'étais à deux doigts de lui répondre que non, mais je pris tout de même le temps de réfléchir à la question. « Eh bien... je me souviens de cette fois où Paul me criait dessus. » Je n'avais pas besoin de lui expliquer qui était Paul, il devait probablement déjà le savoir grâce à son ombre.
« Et que s'est-il passé ? » me pressa-t-il en s'asseyant correctement et en balançant ses jambes d'un côté du hamac. Il tapota la place de libre qui restait à côté de lui et sans vraiment prendre conscience de ce que je faisais, je m'y installai. Bien entendu, je soulignais à peine le fait que nous étions carrément collés l'un à l'autre. Je contemplai la flûte entre mes doigts et essayai de me souvenir de ce qui s'était passé cette fameuse nuit.
« C'était il y a quelques mois de ça. Il avait bu et il n'arrêtait pas de crier après moi sans aucune raison valable. Il disait que j'étais pathétique et inutile. Du coup, j'ai voulu aller m'enfermer dans ma chambre, mais il m'a attrapé le bras et m'a collé contre le mur. Il a continué de me hurler des insanités à la figure. Et quand j'ai voulu le repousser, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais il a soudainement percuté le mur d'en face. En me rapprochant, j'ai vu qu'il avait perdu connaissance alors je l'ai traîné jusqu'au canapé en m'assurant qu'il n'avait rien de cassé. Ensuite, je suis allée dans ma chambre et j'ai essayé de tout oublier. Il avait tellement bu qu'il ne se souvenait de rien le lendemain matin. Alors, j'ai fait comme si je ne savais pas d'où lui venait sa bosse. »
Je relevai la tête et plongeai mon regard dans celui de Pan. « Comment est-ce que j'ai réussi à faire ça ? » lui ai-je chuchoté.
« Te souviens-tu de ta mère ? » me demanda-t-il. « Avant qu'elle ne t'abandonne. »
« Je... » je fronçai les sourcils. « Pas vraiment. Je me souviens à peu près de son nom et de quoi elle avait l'air, mais sinon je ne me souviens pas tellement avoir grandi avec elle. Elle m'a aimée, enfin, je crois. Mais c'est vrai qu'elle était souvent froide et distante avec moi. Et quand elle m'a abandonné à Paul et qu'elle n'est pas revenue, ça ne m'a pas vraiment surprise. J'ai juste été blessé qu'elle m'ait laissé avec une personne aussi cruelle. »
« Oublie-les, Amy, » m'a-t-il dit avec douceur. « Tu vaux beaucoup mieux qu'eux. »
« J'aimerais pouvoir y croire, » ai-je lâché, une pointe d'amertume dans la voix.
« Oh, mais tu peux, » déclara-t-il avec un petit rire. « Pourquoi est-ce que tu n'arriverais pas à y croire ? »
« Parce que ça signifierait que je te fais confiance et ça, je ne peux pas. »
Il plissa les yeux. « C'est marrant que tu dises ça, alors que tu étais discrètement en train de rôder autour de moi. À propos, je souhaiterais que tu me rendes ma flûte. »
Il tendit impatiemment une main vers moi, le regard furieux. Je fis la moue et lui remis son objet à contrecœur. Pas de panique ça faisait partie de mon plan.
« Tu dormais vraiment tout ce temps ? » lui ai-je demandé d'un ton maussade.
« Pour être honnête, oui. Jusqu'à ce que je me sente observé depuis déjà cinq bonnes minutes. »
Mes joues s'empourprèrent. « Je n'étais pas en train de t'observer, je complotais. »
Il se redressa et afficha un petit sourire suffisant. « Tu ne sais pas mentir, Amy. »
« Mais je ne mens pas ! » ai-je insisté. « Si c'était le cas, ça voudrait dire que je commence à bien t'aimer, ce qui est totalement faux. »
Soudain, tout se passa très vite, il me tira d'un coup sec hors du hamac et me coinça contre le mur d'en face.
Puis, c'est avec douceur qu'il remit une de mes mèches de cheveux en place. « En plus de me mentir, c'est à toi-même que tu mens. »
Je l'ai regardé attentivement, les yeux écarquillés de stupeur.
Il rapprocha son visage un peu plus près du mien. Des images de Brandon inondèrent une fois de plus mon esprit. Je me revis prise au piège, à la façon dont il m'avait jeté sur le lit du motel. Je revis ses yeux devenir de plus en plus bestiaux au fur et à mesure qu'il parcourait mon corps de ses mains.
« Peter, arrête ! » Je le repoussai aussi violemment que je le pus et comme Paul, il fut projeté à l'autre bout de la pièce. Mais à la différence de Paul, Peter pouvait voler. Il réussit tant bien que mal à se stabiliser dans les airs.
« Qu'est-ce qui te prend ? » demanda-t-il furieusement tandis que je me laissais choir sur le sol.
« Je suis désolée, » murmurai-je en m'entourant de mes bras, essayant tant bien que mal de calmer les tremblements.
Pendant un instant, il me lança un regard rempli de haine, il avait l'air prêt à s'énerver contre moi. Puis ses yeux s'agrandirent tout à coup. « C'est à cause de ce que ce gars t'a fait. Tu pensais que j'allais- » articula-t-il rageusement en se détournant de moi. Je le regardai avec méfiance jusqu'à ce qu'il prit sa tête entre les mains, prêt à s'arracher les cheveux.
« Reste ici, » ordonna-t-il finalement en prenant un ton dangereusement calme. « Il y a certaines choses qu'il faut absolument que je fasse. Felix t'apportera de quoi manger plus tard. »
Il s'avança vers la porte d'entrée.
« Tu comptes me laisser ici toute seule ? » demandai-je, la voix légèrement brisée.
Il s'arrêta net et tourna la tête vers moi. « Si je te laisse ici, c'est pour ta propre sécurité. Neverland peut être dangereux à ces heures-ci. »
J'ai hoché la tête.
Nos regards se croisèrent. « Et au fait, je voulais simplement t'embrasser. »
Sur ce, il se dirigea vers la porte, me laissant méditer seule. Après tout, Peter Pan aussi pouvait devenir honnête.


Après qu'il ait refermé la porte, je suis restée là, sans bouger. Sérieusement. Je lui avais obéi pendant environ une dizaine de minutes. Bon, je vais être honnête, ce n'était pas vraiment ce qu'on pouvait appeler de l'obéissance, je suis juste restée là à attendre qu'il réapparaisse. Mais à présent que j'étais sûre et certaine qu'il ne reviendrait pas, je me suis levée et suis sortie de la chambre pour faire face à personne. Aucun Garçons Perdus censé garder l'entrée ne s'y trouvait. Peut-être était-ce parce qu'il savait que j'essayerais de m'enfuir. L'idée qu'il le sache avant même que je n'ose faire quoi que ce soit m'exacerbait.
Prudemment, je sortis du refuge et pris la direction de la forêt. Je n'entendis ni vis aucun Garçons Perdus. S'ils avaient été dans les parages, ils m'auraient arrêté, non ?
Wow, quand est-ce que j'étais devenue une criminelle ?
Toujours est-il que je continuai à pied, en faisant expressément attention à bien garder les yeux grands ouverts en cas de danger. Après que Peter soit parti, j'avais recouvré mes esprits. Je m'étais demandée comment j'avais été capable de le repousser avec une telle force, juste à l'aide de mes deux mains. Pourquoi n'y étais-je pas parvenue avec Brandon ? Pourtant, Dieu seul sait que j'avais essayé de le repousser, peut-être était-ce à cause de la drogue. Si seulement je l'avais su plus tôt. Je me demandais si j'étais capable de faire plus. Savoir que j'étais en possession d'un pouvoir me faisait me sentir beaucoup moins vulnérable d'un coup.
J'entendis le bruit d'une brindille que l'on casse plus loin. Je poussai un cri et m'enfuis aussi vite que possible. Hors de question que je me fasse bouffer par une bête ou réprimander par Felix.
Je venais à peine de courir trois mètres quand je heurtai quelqu'un tellement fort que nous tombâmes tous les deux.
« J'étais seulement en train d'explorer ! Je suis innocente, je le jure ! » ai-je plaidé en essayant tant bien que mal de me remettre sur pied. Mon regard trouva la personne au sol et tout à coup mes yeux s'écarquillèrent.
« Toi, tu n'es sûrement pas un Garçon Perdu, » ai-je dis en tendant une main pour aider la jeune femme à se relever.
« Quelle perspicacité, » répondit-elle d'un ton amer. Elle me prit quand même la main et d'un geste, je tirai vers le haut. Ses cheveux étaient relevés en un chignon et elle portait des vêtements verts foncés. Elle me dévisagea tout en se dépoussiérant.
« Attend... » ai-je dit doucement. « Tu ne serais pas la Fée Clochette ? »
« Si, » répondit-elle avec circonspection. « Qui es-tu ? »
« Je m'appelle Amy, » ai-je répliqué en essayant de garder mon calme. La Fée Clochette avait toujours été mon personnage préférée. Mais à présent, elle n'avait plus du tout l'allure d'une fée. Ses ailes avaient disparu et elle ne brillait pas vraiment. De plus, elle faisait la même taille que moi.
Durant un moment, nous nous dévisageâmes l'une l'autre avec prudence, avant de comprendre qu'aucune de nous deux n'était une menace pour l'autre.
« Normalement, Pan n'autorise pas les filles ici, » a-t-elle dit en prenant une posture plus détendue. « Qu'as-tu de si spéciale, exactement ? »
J'ai haussé les épaules. « Ne me pose pas la question. Ce connard refuse de me le dire. »
Elle m'accorda un petit sourire. « Tu essayais de t'enfuir ? »
J'ai secoué la tête. « Pas du tout et puis, de toute manière, ce ne serait pas une très bonne idée. J'avais juste besoin de prendre un peu l'air. » J'ai regardé autour de nous, guettant le moindre signe de Peter ou des Garçons Perdus.
« Ils sont tous partis, » me rassura-t-elle. « Tu n'as rien à craindre pour le moment. Quant à Pan, je ne sais pas où est-ce qu'il est allé. »
J'ai roulé des yeux. « Il est probablement en train de jouer les tyrans autre part. »
Elle arqua les sourcils, surprise. « Tu n'as pas peur de lui ? »
« En réalité, je suis terrifiée, » ai-je admis, las. « Disons que c'est compliqué. Écoute, j'ai vraiment envie de rester plus longtemps avec toi, crois-moi, tu es la première fille avec qui je discute depuis longtemps. Mais je ferais mieux d'y retourner. S'il apprend que je suis partie, il m'écorchera vive. »
Elle me toisa curieusement. « En temps normal, il adore voir ses nouveaux Garçons Perdus, ou dans ton cas Fille Perdue, s'attirer des ennuis. »
« Il a besoin de moi, » ai-je répondu calmement. « Bien que je ne sache toujours pas pourquoi. »
Elle grimaça. « Je suis désolée de ce qui t'arrive. » Dit-elle en s'éloignant. « Le camp n'est pas très loin d'ici. Tu es capable d'y retourner seule ? »
J'acquiesçai et commençai à m'éloigner aussi. « Oui, merci. On se reverra une autre fois. »
« Je l'espère bien, Amy, » a-t-elle répondu tristement. « Sois prudente. »
Je lui fis un petit sourire triste avant de me retourner pour reprendre le chemin en direction du camp.
À présent, il fallait que je fasse attention à ne pas me faire attraper en rejoignant la cabane dans l'arbre de Peter. Je sentais que quelque chose allait bientôt se produire à Neverland.


La suite mercredi, cette fois promis.