Comme promis le chapitre 8 !

Emaly : Eh ben ! Vous avez toutes étés surprises que Peter ait tué deux personnes x) bah oui ! C'est un killer, faut pas l'oublier. Et oui, on peut aussi y voir un côté protecteur, c'est sûr qu'Amy doit se sentir coupable maintenant, même si elle ne les portait pas dans son cœur. Bah attend, des herbes magiques à Neverland, c'est très probable ! Imagine Peter qui fume ** trop classe.

Frankly : T'as aimé la baffe que s'est prise Peter ? xD Tu risques d'être servie à ce niveau, Amy compte le frapper très souvent ~ Sinon merci pour ta review, j'espère que ce chapitre te plaira même si Peter n'y est pas tellement présent.

Lorelei : Oui The Kiss x) Merci encore !

Drusilla : C'est sûr qu'Amy fera un peu plus attention à ses mots la prochaine fois.

JeanneFun : xD Tu m'as fait rire « regarder le paysage » à ça non ça ne risque pas ! On ne tombe pas dans la précipitation quand l'histoire est bien ficelée. Arrête, tu me flattes :D je ne suis pas si forte que ça en anglais ~ Je suis obligée de jongler entre la traduction et mon dictionnaire de synonymes pour éviter les répétitions x)

Allison : Ah-ha ! Va savoir ~

Ps : Dans ce chapitre je parle de Neverland en utilisant le pronom personnel « elle » puisque c'est une île.


Chapitre 8

Une fois encore il n'y avait aucun Garçon Perdu autour du campement. Ils me faisaient vraiment trop confiance, ce n'était pas possible autrement.

Je ne me suis pas attardée plus longtemps pour attendre qu'ils reviennent. J'ai vite fait de quitter le camp rapidement.

Je marchais depuis quelques minutes déjà lorsque je tombai sur la Fée Clochette. Je pus lire une forme de soulagement dans ses yeux lorsqu'elle m'aperçut.

« Quelque chose de bizarre est en train de se produire, » déclara-t-elle inquiète. « Tous les Garçons Perdus se sont enfuis. C'est la première fois que je les vois aussi excités. As-tu une idée de ce qui se passe ? »

« Aucune, » répondis-je nerveusement. « Il refuse de me le dire. »

Elle soupira et se massa les tempes. « Cela n'a pas d'importance de toute façon. Je refuse d'être impliquée dans quoi que ce soit. »

« Quoi ? » me suis-je exclamée. « Tu ne comptes pas m'aider à comprendre ce qui leur arrive ? »

« Je ne peux pas, » répondit-elle sèchement. « Je ne cherche pas à voir mon ombre arrachée, Amy. »

Je tentai une approche différente. « Clocheeeette ! » ai-je déploré. « Où est passé ton sens de l'aventure ? »

Elle laissa échapper un rire amer. « Il a disparu en même temps que mes ailes. »

« Donc, tu n'es plus vraiment une fée, » ai-je murmuré. « Que s'est-il passé ? »

« Peu importe, » déclara-t-elle fermement. « À présent tu devrais retourner dans ton camp. Et tu ferais mieux de rester en dehors de tout ça. C'est pour ton bien. »

J'ai plissé les yeux. « Alors, premièrement, il ne s'agit pas de mon camp, je suis toujours prisonnière, même si Peter ne le voit pas de cet avis. Deuxièmement, je vais découvrir ce qui se passe, avec ou sans ton aide. Et si c'est aussi grave que nous le pensons, alors j'essayerais de les stopper. Ce n'est pas comme si j'avais quelque chose à perdre. »

Elle ferma fébrilement les paupières. Au début, j'ai pensé que c'était parce que je l'avais mise en colère mais, lorsqu'elle les rouvrit ils reflétaient toute sa pitié. Je n'avais pas besoin qu'elle s'apitoie sur mon sort, j'avais seulement besoin de son aide.

« Même si c'est vrai, » commença-t-elle doucement, « il te faudrait plusieurs jours au moins pour les rattraper. »

« Comment est-ce possible ? » ai-je interrogé. « J'ai croisé Felix il n'y a pas si longtemps de ça. » Je fis une pause et ai ajouté à contrecœur. « Et je viens tout juste de quitter Peter. »

« Nous sommes ici chez eux. Neverland est leur maison, » me rappela-t-elle sombrement. « Et Peter ne veut avoir aucun problème en la traversant. Du moins, pas tout de suite. »

Je levai les mains en l'air en signe d'exaspération. « Qu'est-ce que tu me recommandes ? »

Ses pupilles s'agitèrent nerveusement. « Eh bien... il me reste un peu de poussière de fée. J'ai fait des réserves et je peux t'en donner un peu. »

Je restai bouche bée. « Tu veux dire que je pourrais voler ? Par moi-même ?! »

« Oui, » répondit-elle prudemment, l'air de regretter sa proposition. « Du moment que tu évites de te blesser ou que tu ne te fasses repérer, tu devrais les rattraper d'ici une quinzaine de minutes. »

« D'accord, » me suis-je écriée précipitamment. « Et bien sûr je ne leur dirais pas que tu me l'as donnée. Je leur raconterais que je t'ai agressé et que je te l'ai volé contre ton gré. »

« Et tu penses qu'ils te croiront ? » questionna-t-elle en réprimant un sourire.

J'ai haussé des épaules. « Évidemment qu'ils me croiront. Ils goberaient n'importe quoi. »

« Très bien, » approuva Clochette. « Es-tu prête ? »

J'ai acquiescé tout excitée. « Comme jamais je ne l'ai été. »

Elle farfouilla dans l'une de ses poches cachées derrière sa ceinture et en sortie un petit flacon qu'elle me tendit.

« Ne la gaspille pas, » dit-elle en guise d'avertissement avant de reculer d'un pas.

« Ne t'inquiète pas, » ai-je répondu reconnaissante. « Et encore merci. »

Elle me fit un signe de la tête avant de s'enfoncer dans la forêt. Je suppose qu'elle ne voulait en aucun cas être témoin de l'odieux crime que je m'apprêtais à commettre.

Espérons juste que voler ne sera pas si compliquée quand c'était moi qui en avais le contrôle. Je me souvins de la sensation de froid que j'avais éprouvés dans les bras de Peter. Je me souvins aussi très bien de la façon dont il m'avait tenue...

Je secouai fiévreusement la tête afin de me remettre les idées en place. Puis les yeux clos, je me suis concentrée sur la forme d'un sweat à capuche noir jusqu'à ce que ce dernier se matérialise sur moi. Espérons que des vêtements sombres suffiraient à ce que je passe inaperçue.

Ensuite, je saupoudrai un peu de poudre de fée sur moi et me mis à flotter dans les airs. À présent que ma foi était immuable, il me suffisait juste de croire suffisamment au pouvoir de la poussière de fée pour que celle-ci fonctionne.

Voler s'avéra plus dur qu'il n'y paraissait, car jusqu'ici je n'avais réussi à faire que des embardés et du surplace. Et ça pendant à peu près cinq minutes. J'avais perdu le compte de feuilles qui s'étaient pris dans mes cheveux et le nombre de contusions que je m'étais fait à mesure que je m'écrasais dans les arbres.

Finalement, je pris quelques minutes pour me calmer. Je pouvais le faire. Il fallait juste que je prenne mon temps pour me donner une chance d'apprendre.

Lentement mais sûrement, je me suis remise à flotter, cette fois au-dessus des arbres pour les éviter au mieux. Jusqu'à ce que j'apprenne à voler droit devant moi. J'y étais enfin parvenue ! Je volais par moi-même ! Jamais je ne m'étais sentie si libre.

Je souriais en prenant un peu plus de vitesse. Le vent fouetté dans mes cheveux tandis que je riais joyeusement. C'était tellement excitant ! Neverland était beaucoup plus impressionnante vu d'en haut. Elle n'avait rien à voir avec le piège mortel qu'elle était.

« Alors, on s'amuse ? »

« Carrément, » répondis-je rêveuse.

Une minute, QUOI ?

Je tournai vivement la tête à gauche pour voir Peter qui flottait paresseusement sur le dos à côté de moi. Ses sourcils étaient relevés dans une mine contrariée. Oh oh.

Prise au dépourvu, je poussai un cri et commençai à m'agiter dans tous les sens. Faute de concentration je perdis l'équilibre et avant de m'en rendre compte, je fonçais tout droit vers le sol.

Heureusement pour moi un tas de branches ralentit ma chute jusqu'à ce que j'atterrisse sur un pauvre gosse.

« Je suis vraiment désolée ! » ai-je haleté. Je sentais déjà les ecchymose se former.

Je me suis précipitée vers le petit garçon et lui ai demandé. « Est-ce que ça va ? »

« Je pense que oui, » répondit-il, tandis que je l'aidais à se remettre sur pied. Il avait l'air d'aller bien, même si un peu étourdi. Il devait avoir onze ou douze ans avec ses cheveux bruns foncés.

« Vous êtes une fée ? » me demanda-t-il avec curiosité.

Je lui ai offert un regard amusé. « Pense-tu vraiment que si j'avais été une fée je me serais écrasée sur toi de cette manière ? »

Il se mit à rire. « Je suppose que non. »

Ses vêtements semblaient normaux, comme ceux qu'il y avait dans mon monde. J'eus le pressentiment qu'il n'était pas un Garçon Perdu, du moins, pas encore.

« Alors, qui es-tu ? » ai-je questionné. « Tu es bien trop gentil pour être un Garçon Perdu. »

« Je m'appelle Henry, » déclara-t-il. « Deux personnes m'ont enlevé et emmené ici après avoir fait un marché avec Pan. Mais j'ai réussi à m'enfuir. »

J'ai soupiré. « Dans ce cas, tu n'es pas le seul, Henry. Je m'appelle Amy. Récemment, il, enfin plutôt son ombre m'a kidnappée et emmené ici. »

Il me regarda avec bienveillance. « Écoute, Amy, tout va bien se passer. Ma famille va venir me chercher et ils nous sauveront tous les deux. »

Cette confiance incroyable qu'il dégageait faillit me briser le cœur. Pauvre enfant. Si Pan le voulait, c'était sûrement parce qu'il se sentait perdu. Ce qui en général signifiait que la personne n'avait plus aucune famille, ou que cette dernière était vraiment horrible. Et même s'il avait une bonne famille, c'était impossible pour quiconque d'entrer à Neverland. Comment pouvais-je lui dire qu'il ne les reverrait plus jamais sans l'accord de Pan ce qui à mon avis était aussi peu probable que si les Garçons Perdus obtenaient un jour le rôle principal dans la comédie musicale « Annie ».

J'ai posé mes mains sur ses épaules et me suis accroupie pour être au même niveau que lui.

« Écoute, Henry, » ai-je doucement commencé. « Je ne pense pas qu- »

Soudain, on entendit des voix appartenant aux Garçons Perdus se répercuter au loin. Super.

Je me suis empressée d'agripper le bras de Henry. « Il faut qu'on s'en aille, dépêche-toi ! »

Nous avons couru aussi vite que possible afin de nous sortir de là. Heureusement, nous étions loin à présent même si je savais à quel point ces garçons pouvaient être rapide. Non mais sérieusement, ils n'ont pas des choses plus intéressantes à faire que de courir et hurler après nous comme des bêtes sauvages ? Mettez-vous plutôt à la lecture ou à des choses beaucoup plus constructives ! Je me demande ce que Felix aurait fait si je le lui avais suggéré. Probablement aurais-je fini avec la même cicatrice que lui.

« Regarde, cachons-nous là-dedans ! » Henry saisi mon bras et me tira derrière une énorme plante.

On laissa passer quelques minutes accroupis derrière celle-ci. À mon grand soulagement, les Garçons Perdus nous passèrent devant sans n'avoir rien remarqué.

Je clignai plusieurs fois des yeux, impressionnée que cela ait été aussi facile. « Ils sont peut-être terrifiants mais ils sont aussi très stupides par rapport aux ados de la nouvelle génération. »

Henry m'accorda un faible sourire tout en reprenant son souffle. « Tu as déjà rencontré Pan ? »

« ...Euh, on peut dire ça, » répondis-je maladroite. Je fus soudain saisie d'une irrépressible envie d'éclater de rire face sa question, même s'il n'y n'avait rien de drôle. « En fait, c'est assez personnel. » Cette fois par contre, je ne pus me retenir. Je partis donc dans un fou rire incontrôlable.

« Est-ce que ça va ? » me demanda Henry, les yeux écarquillés de stupeur.

Je secouai la tête, incapable de répondre à sa question tellement je riais fort. Du moins jusqu'à ce que mes bras s'enroulent autour de mes genoux et que j'enfouisse ma tête dedans. Et avant que je m'en rende compte, mes larmes se mêlèrent à mon rire.

Je me détestais de pleurer juste maintenant. Après tout, Henry n'était qu'un petit garçon qu'on avait arraché à sa famille. Et me voilà qui faisais une dépression nerveuse à propos de mes sentiments conflictuels pour une personne que j'étais censé haïr. J'étais loin d'être stupide. Évidemment, je savais qu'il était cruel et tout. C'était un kidnappeur et un meurtrier. Mais voilà, il y avait cette chose qui m'empêchait de le haïr vraiment. Peu importe combien de fois j'avais essayé, je n'y étais pas parvenue.

À ma grande surprise, Henry me tapota doucement le dos. Ça faisait à peine dix minutes que je le connaissais et je sentais déjà qu'il possédait quelque chose de spéciale en lui. C'était peut-être l'espoir qui faisait qu'il ne se laissait pas abattre par toutes ces conneries. J'ignorai ce que Peter lui voulait, mais ce qui était sûr, c'était que jamais je ne le laisserais lui faire de mal.

J'ai finalement fini par me calmer. En levant la tête, j'ai croisé le regard de Henry d'où se mêlait à la fois la tristesse et la compréhension. C'était beaucoup trop à supporter pour un garçon de son âge.

« Je suis désolée, » ai-je lâché en secouant la tête, il fallait à tout prix que je me ressaisisse. « Je n'aurais pas dû me laisser aller comme ça. Ça ne fait seulement que quelques jours que je suis bloquée ici et voilà que Peter réussit déjà à semer le trouble dans mon esprit. »

« Ne t'inquiète pas pour ça, » m'a-t-il rassuré. « Écoute, ma famille va venir nous chercher et nous pourrons nous enfuir d'ici. Il faudra juste que nous restions cachés pendant ce temps. »

Je soupirai lourdement. « Henry, je déteste vraiment devoir te dire ça, mais je ne pense pas qu'il existe un moyen pour qu'ils nous rejoignent ici. Personne ne peut aller et venir sans la permission de Peter. »

Il me sourit l'air confiant. « Tu ne connais pas ma famille. »

Je me mordis la langue. Il devait absolument savoir la vérité.

« Bon, écoute, » me suis-je exclamée comme si je venais tout juste d'avoir un plan, alors qu'en réalité, j'improvisais au fur et à mesure. « Je vais aller faire un tour et nous chercher une bonne cachette. Si les Garçons Perdus ou Peter reviennent, c'est certain qu'ils nous trouverons en moins d'une seconde. »

Je suis restée attentive au moindre son mais n'entendis rien. « Attend ici, » lui ai-je ordonné.

« Fais attention, » a-t-il presque supplié.

« Je serais prudente, » lui ai-je promis avant de sortir de derrière la plante. Je venais tout juste de faire trois mètres quand je vis quelqu'un bondir de derrière un arbre et m'attraper violemment en plaquant une main contre ma bouche.

« Si jamais tu cries ou que tu essayes de te débattre je t'assomme, compris ? » Je reconnus aussitôt la voix de Dodger, l'un des rares Garçons Perdus dont je connaissais le nom.

Si je me faisais assommer, Henry n'aura plus personne pour le protéger. Je n'avais pas d'autre choix que d'accepter. C'est donc malgré moi que je hochai la tête.

Dogder m'entraîna jusque derrière un arbre en faisant expressément attention à ne pas relâcher son emprise sur moi. Puis nous avons attendu, tapissé dans l'ombre. D'ici, je pouvais entendre Henry discuter avec quelqu'un, mais impossible pour moi de savoir qui.

C'est à ce moment que je l'entendis. Je ne savais pas comment j'avais fait pour la reconnaître. Elle sonnait... différemment. Il semblait beaucoup trop innocent, trop sincère. Dire que je ne l'avais même pas vu arriver.

Tout à coup, je fus frappée par la réalité et mes yeux s'écarquillèrent, abasourdis. Peter avait été là tout ce temps. Ce qui signifiait qu'il m'avait vu comploter pour protéger Henry. Et surtout qu'il avait assisté à ma crise d'hystérie.

Et merde.

Je ne compris ses intentions qu'au moment où ils émergèrent tous les deux de derrière le buisson et que j'aperçus Peter qui portait les mêmes vêtements que ceux d'un Garçon Perdu.

Le pauvre Henry ignorait totalement qu'il marchait en ce moment même aux côtés de celui qui avait ordonné que l'on me met hors d'état de nuire.

C'est ainsi que je les regardai s'éloigner, impuissante jusqu'à ce qu'ils disparaissent de mon champ de vision.

« T'auras plus de chance la prochaine fois, » déclara Dodger goguenard près de mon oreille. Je me suis effondrée et ait fait mine de renifler.

Comme je m'y étais attendu, ce dernier imagina que j'avais cédé. Il retira sa main de ma bouche et desserra légèrement son étreinte. Je sautai sur l'occasion et lui administrai aussi fort que je le pus, un coup dans la poitrine. Il se plia de douleur avant que je ne lui foute un autre coup dans l'entrejambe. Il me relâcha immédiatement et tomba au sol en gémissant comme un bébé.

« On dirait que la chance a tourné, » ai-je susurré satisfaite avant de prendre la fuite.

Il ne me fallut pas très longtemps pour comprendre que j'avais réagi trop tard. À présent, j'avais complètement perdu leur trace et je n'avais aucune idée de l'endroit où je me trouvais.

À présent c'était Neverland contre moi.

Enfin, ça c'était ce que je croyais.


À mercredi prochain !