Claire : Merci beaucoup :D Oui, oui on peut dire que Peter a une très grande confiance en lui !Peut-être trop même !Mais il faut qu'il fasse attention à lui, on ne sait jamais, tout ça pourrait changer.
Chapitre 10
Je me sentis plus hébétée que jamais. La seule chose à laquelle je pensais, c'était qu'il devait sûrement mentir. Ça devait être un nouveau jeu pour lui. Emma, Crochet, Mary Margaret et David restèrent plantés là et affichaient une expression aussi étonnée que moi.
« Non, » lâcha fermement Regina, ce qui fit écho à mes propres pensées. « Il n'y a aucun moyen pour que ce que tu dises soit vrai. Je pense que je l'aurais su si ma propre mère avait eu un autre enfant quand j'avais dix-sept ans. Et en plus, elle ne vient même pas du même monde que nous ! »
« Elle a raison, » ai-je acquiescé. « Nous ne pouvons pas être sœurs. »
« Quel est ton nom de famille, Amy ? » me demanda Peter avec nonchalance.
J'étais sur le point de lui rappeler que je l'avais laissé tomber depuis bien longtemps, mais il me coupa dans mon élan.
« Avant que tu ne l'abandonnes. »
« Mills, » répondis-je avec lassitude. Prononcer mon nom me fit un drôle d'effet. Ça faisait si longtemps que je ne l'avais pas dit à voix haute.
« Et alors ? » cassa Regina. « Qui me dit que ce n'est pas toi qui l'as poussé à répondre ça. »
« Je ne travaille pas pour lui ! » ai-je insisté une fois de plus en me remettant sur pied. « Et puis de toute façon, ça arrive que deux personnes aient le même nom de famille. »
« Et les mêmes parents, » déclara Peter avec un sourire narquois. « Regina, ce serait bien si tu pouvais remettre son cœur à sa place. Tu sembles à deux doigts de le laisser tomber. »
Elle fronça les sourcils, mais se tourna vers moi et tout doucement remis mon cœur dans ma poitrine. Ça faisait mal, mais pas autant que la première fois.
« Merci, frangine, » rétorquai-je sarcastique. Je me sentais beaucoup mieux maintenant que mon cœur était à sa place, un peu comme si j'étais de nouveau la même.
« Okay, Pan, » coupa Emma avant que Regina ne pense à répliquer. « Dis-nous ce que tu sais. »
« S'il te plaît, » ai-je ajouté désespérée, sachant très bien qu'on obtiendra rien de sa part. « S'il te plaît, Peter. J'ai besoin de savoir. »
Il me toisa un moment l'air pensif avant d'obtempérer. « Comme tu voudras. Amy, tu ne te souviens de rien avant tes dix ans, pas vrai ? »
Je hochai la tête réticente.
« C'est parce que Cora a bloquée tes souvenirs. »
« Pourquoi a-t-elle fait ça ? » demandai-je furieuse. Oubliez ce que j'ai dit, il me fallait des réponses.
Il haussa les sourcils et je fis un geste de la main qui indiquait que je voulais qu'il continue.
« C'était il y a longtemps dans la Forêt Enchantée, » commença-t-il. Mon premier réflexe fut de rire jusqu'à ce que je ressente une sorte de déclic dans mon cerveau. C'était comme si j'avais déjà entendu ce nom auparavant.
« Je jouais de la flûte comme à mon habitude pour attirer quelques Garçon Perdus. Tout se passer bien, alors vous n'imaginez pas ma surprise quand une petite fille de cinq ans s'est présentée à moi. »
Je le dévisageai stupéfaite. « Tu me connais depuis que j'ai cinq ans ?! »
Il se contenta de m'ignorer. « Je t'ai ramené chez toi et j'ai découvert qu'il ne s'agissait pas de ta vraie famille. Ta véritable maman t'avait abandonné et n'était jamais revenue. » Il regarda dans ma direction. « Tu étais consciente qu'elle t'avait laissé mais tu étais certaine qu'un jour elle reviendrait. »
J'ai soupiré. « Tel que je me connais, c'est bien quelque chose que j'aurais pu dire. Et donc, qu'est-ce qui s'est passé ? »
« J'étais assez curieux. Je suis donc allé voir ta grande sœur qui était, à cette époque, la femme la plus détestée du royaume. Et ta mère avait disparu depuis bien longtemps. »
« Je n'étais pas la femme la plus détes- »
« Où était ma mère ? » l'interrompis-je. « Pourquoi n'est-elle pas revenue me chercher ? »
Un sourire diabolique traversa le visage de Peter tandis qu'il reporta son regard sur Regina. « Tu veux lui dire ? »
Je tournai vivement la tête dans sa direction et quel ne fut pas mon étonnement lorsque je la vis qui affichait un air coupable.
« À cette époque, j'avais fait ce qu'il m'avait semblait le plus juste, » rétorqua-t-elle, sèchement, en prenant soin d'éviter mon regard.
« Qu'est-ce que vous avez fait ? » demandai-je d'une voix aiguë. « Vous l'avez tuée ?! »
« Non, » répondit-elle brusquement. « Je l'ai envoyé dans un autre monde le jour de mon mariage. »
« Vous avez banni votre propre mère ? » J'en eus le souffle coupé. « C'est si-si »
« Méchant ? » supposa David.
« Exactement, » répliquai-je, les yeux plissés.
« Elle n'était pas celle que tu as connue, » siffla-t-elle avant de se tourner vers Peter. « Et j'aimerais bien savoir pourquoi je n'ai pas remarqué plus tôt qu'elle était enceinte ! »
Peter haussa les épaules. « Elle a sûrement utilisé la magie pour le cacher. Elle ne voulait pas que tu le saches. Si tu l'avais découvert, tu serais devenue une grande sœur « aimante » et non la puissante souveraine qu'elle voulait que tu sois. »
Je me suis massé les tempes. « Tu oublies une chose importante. Rappelle-toi que j'ai vu ma mère quand j'avais tout juste dix ans. Lorsqu'elle m'a laissé avec Paul. » J'ai arqué un sourcil. « Sur la Terre, comme tu le sais. »
« Je ne peux pas t'en dire davantage, » répondit-il en affichant un rictus. « Tu dois t'en souvenir toute seule. » Sur ce, il se détourna et commença à s'éloigner.
« Amy, non ! » tonitrua Mary Margaret avant que je ne le plaque au sol.
Je ne sais pas combien de temps nous avons lutté tous les deux comme ça. Tout ce que je peux vous dire, c'est que je me suis salement battue, ou du moins, j'ai essayé. J'avais tenté de le frapper et même de le griffer, mais il avait facilement réussi à me bloquer. De là où j'étais, j'entendais les autres débattre pour savoir s'il fallait intervenir ou non.
Finalement, Peter me repoussa au sol et se plaça au-dessus de moi.
« Pourquoi est-ce que tu ne veux pas me le dire ? » ai-je supplié en reprenant mon souffle. « Qu'est-ce que je t'ai fait ? »
Il se pencha vers moi et commença à caresser lentement ma joue. Je fermai les yeux. Pendant un court instant, j'avais imaginé que peut-être, il se souciait réellement de moi.
Je finis par ouvrir les yeux et vis qu'il affichait l'air le plus grave que je n'avais jamais vu.
« Les souvenirs vont refaire surface, Amy, » m'a-t-il doucement répondu. « Je te le promets. »
Puis, d'un coup, il se volatilisa.
J'étais tellement en état de choc pendant les secondes qui suivirent que je n'arrivais plus à bouger. Puis lentement, je me suis relevée et j'ai regardé derrière moi.
« Le spectacle est fini, » ai-je annoncé. Je n'avais jamais vu autant de personne afficher le même air gêné.
« Il ment, » affirma Regina en secouant la tête. « Ce n'est pas possible autrement. Tu as grandi en dehors de Storybrooke ce qui veut dire que tu as échappé à la malédiction. »
« Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez, » ai-je dis prudemment. « Mais je sais qu'il ne ment pas. »
« Tu n'en sais rien, Amy, » répliqua doucement Mary Margaret.
« Tu t'es laissé prendre par son mensonge, chérie, » déclara doucereusement Crochet.
« Il ne ment pas, » ai-je insisté. « Je sais qu'il ne ment pas. »
Regina leva les yeux au ciel et croisa les bras. « Et comment peux-tu en être certaine ? Je t'en prie, éclaire-nous. »
« Parce que... » Je réfléchis un moment à ce que je pouvais répondre en me disant que je pouvais tout aussi bien inventer une explication. « Je pense que je lui fais confiance. »
Je n'eus pas le temps d'entendre leurs protestations comme quoi j'avais perdu la tête car mon esprit m'emporta ailleurs.
Je me suis faufilée à l'extérieur en gloussant et en dansant. Monsieur Maurice sera très en colère lorsqu'il apprendra que j'ai quitté la maison au milieu de la nuit, mais la musique était tellement belle qu'il fallait absolument que je trouve qui en était l'auteur. Ça devait sûrement être un ange. La mélodie provenait de la forêt qui se trouvait à proximité de la maison.
Il me fallut un certain temps mais je finis par apercevoir de la lumière au loin. Tandis que mes yeux s'éclairèrent. Il devait y avoir une fête ou un feu de camp ! Je relevai ma robe de nuit et courus jusqu'à la source de lumière. Arrivée sur les lieux, je vis tout un tas de garçons danser autour d'un feu comme des animaux ! Je grimaçai. Je ne voulais pas danser comme ça ! Ils étaient beaucoup trop sauvages et trop effrayants. J'ai regardé autour de la clairière et ai aperçu un adolescent qui jouait d'un instrument.
Radieuse, je courus jusqu'à lui et ai tiré sur son t-shirt.
Il s'arrêta aussitôt de jouer. « Qu'est-ce que- ? » Il baissa la tête vers moi et ses yeux s'écarquillèrent.
« Salut, je suis Améthyste Mills, » ai-je déclaré avec un sourire timide. « Quel est ton nom ? »
Il cligna plusieurs fois des yeux, semblant petit à petit réaliser ce qui se passait. « Peter. »
« Je trouve ta musique très jolie, Peter, » lui ai-je dis enthousiaste.
« Tu peux l'entendre ? » demanda-t-il incrédule.
« Évidemment que je peux, » ai-je répondu en posant mes mains sur mes hanches. « Je suis intelligente, tu sais. »
Il laissa échapper un petit rire. « Je n'en doute pas. » Il s'accroupit afin d'être au même niveau que moi. « Quel âge as-tu, au juste ? »
« Cinq ans, » répondis-je assez fière.
« Où se trouve ta famille, Améthyste ? » questionna-t-il avec curiosité.
« Je n'en ai pas, » rétorquai-je solennellement. « Ma maman m'a laissé avec monsieur Maurice et sa famille quand je n'étais qu'un petit bébé. Elle ne voulait pas de moi. »
Il arqua les sourcils, surpris. « Et comment est-ce que tu sais ça ? »
« Je les ai entendus le dire, » ai-je affirmé en essayant de m'emparer de sa flûte. Voyant ce que j'étais en train de faire, il la déposa entre mes mains et je pus l'examiner plus attentivement. Elle était très jolie.
« Est-ce que tu es heureuse là-bas ? » a-t-il interrogé.
« J'aurais aimé rester avec ma maman, » répliquai-je tristement. « Mais j'aime bien ma nouvelle famille. Surtout Belle. Je fais comme si c'était ma grande sœur. J'aurais aimé avoir une vraie sœur. Et toi, tu as des frères et sœurs ? »
« J'ai beaucoup de frères, » répliqua-t-il. Il fit un geste en direction des garçons fous qui dansaient toujours, même en l'absence de musique.
Mes yeux s'écarquillèrent. « Ce sont tous tes frères ?! Ouah ! Où est-ce que vous habitez ? Dans un château ? »
« Nous vivons sur une île lointaine qui porte le nom de Neverland, » me confia-t-il.
« Ça a l'air amusant ! » m'exclamai-je toute excitée. « Je peux venir moi aussi ? »
« Je n'autorise que les garçons, » m'expliqua-t-il.
J'affichai tout à coup un air dépité. « Oh. » Je n'avais jamais été aussi déçue de toute ma vie.
« Je ferais mieux de te ramener chez toi, Amy, » lâcha-t-il en se relevant avant de me porter dans ses bras.
« Je m'appelle Améthyste, » ai-je corrigé, toute confuse.
« Je préfère Amy, » déclara-t-il en me jetant en l'air avant de me rattraper. Je criai de joie. Je n'avais jamais rencontré quelqu'un d'aussi amusant.
« D'accord, tu peux m'appeler Amy, » ai-je autorisé en riant. Toujours dans ses bras, il emprunta le même chemin qui m'avait permis d'arriver jusqu'ici.
« Laisse-moi te dire quelque chose, Amy, » dit-il en remettant une de mes mèches de cheveux à sa place. « Un jour, quand tu seras plus grande, je reviendrais te voir et je t'emmènerais à Neverland. »
J'en restai bouche bée. « Vraiment ? » demandai-je fasciné.
« Je te le promets, » affirma-t-il. « Peu importe où tu seras, je te retrouverais. »
J'enroulai mes bras autour de son cou jusqu'à l'étouffer et il me serra à son tour. Puis, il me ramena jusqu'à la maison.
Mon retour à la réalité me fit pousser un long et bruyant soupir.
« Tout va bien, Amy ? » s'inquiéta Emma. Je levai les yeux et les vis tous les cinq, debout face à moi.
« Qu'est-ce qui vient de se passer ? » demandai-je d'une voix rauque en examinant les alentours.
« Tu t'es évanouie, » m'informa David en tendant une main dans ma direction. Je l'attrapai et me remis sur pied.
« Sérieux ? » Puis j'eus de nouveau un déclic. Je venais d'avoir un flash-back de ma rencontre avec Peter Pan.
« Oh mon Dieu, » murmurai-je. C'était donc vrai, il ne m'avait pas menti.
« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Regina, impatiente.
Ma grande sœur qui se trouvait être en réalité la Méchante Reine faisait partie d'un conte de fées. J'avais grandi dans un endroit tout droit sorti d'un livre d'histoire, du moins jusqu'à ce que j'atterrisse mystérieusement sur la Terre.
Je secouai vivement la tête tout en reculant de quelques pas. « S'il vous plaît, j'aimerais juste que vous restiez loin de moi. J'ai besoin de temps pour- je dois juste- » Je n'attendis pas plus longtemps. Je me suis retournée et me suis enfuie le plus loin possible de la clairière.
Le pire dans tout ça, c'était que d'autres souvenirs allaient refaire surface, des souvenirs auxquels Peter ne tenait en rien à me dévoiler. Ce qui signifiait aussi qu'on s'était forcement revue après cette fameuse nuit.
La question était, quand et comment ?
