Bonsoir, aujourd'hui c'était mon anniversaire et du coup ce n'est que maintenant que je poste. Eh oui. Seulement, je n'ai pas eu le temps de corriger le chapitre 12, du coup je pense le poster demain dans la soirée. Sinon en espérant que celui-ci vous plaise ! (Entre nous, j'ai galéré à corriger mes traductions x))


Chapitre 11

Je courus aussi longtemps que pouvaient me porter mes jambes. Mes poumons étaient en feu et me suppliaient de reprendre mon souffle. Seulement, je ne pouvais pas. Je pris le temps de réfléchir à ce qui venait de se passer. Je ne voulais plus y penser. Je ne voulais plus me souvenir. Tout cela ne faisait que m'embrouiller davantage.

À présent, je me souvenais parfaitement de monsieur Maurice et de sa famille. Je me souvenais de Belle et de combien je l'avais admirée. Comment les avais-je quittés ? Pourquoi les avais-je quittés ? Pourquoi avais-je du fuir ce monde dans lequel j'avais grandi pour un monde aussi misérable ?

Mes pieds se sont subitement pris dans une racine et je m'écrasai au sol. Je ne pris même pas la peine de me relever. Je tirai sur ma capuche, me recroquevillai en boule et attendis, posée là.

« Pourquoi est-ce que tu me fais subir tout ça ? » me suis-je lamentée. Je me fichais bien qu'il écoute ou non. J'avais juste besoin de me plaindre. « Sale enfoiré ! »

Tout à coup, je sentis qu'on me tirais par les pieds et qu'on me plaquai contre un arbre. Je clignai plusieurs fois des yeux, hébétée. Devant moi, un homme d'âge moyen était en train de m'emprisonner la gorge. Heureusement, j'arrivais toujours à respirer et à parler.

« Oh, doux Jésus ! » ai-je soufflé, exaspérée. « Pas un autre ! »

« Vous... vous n'êtes pas un garçon, » s'exclama-t-il confus.

« Vous en êtes sûr ? » J'ai baissé les yeux et hochai la tête avec satisfaction. « Je crois bien que vous ayez raison, je suis une fille. »

« Dans ce cas, que faites-vous ici ? » Même si sa voix paraissait calme, le ton qu'il avait adopté était ferme. Ses cheveux avaient la couleur du bronze et descendaient jusqu'à son menton pointu. Il ne portait que du noir et, pour faire simple, ce type était terrifiant.

J'ai haussé les épaules. « Oh, vous savez. Parfois, vous éprouvez juste l'envie de vous évader, loin de tout et puis l'instant d'après, vous atterrissez sur une île dirigée par des adolescents. »

Il me plaqua de nouveau contre l'arbre ce qui m'arracha un cri de terreur.

« D'accord, d'accord, je vois que vous n'êtes pas d'humeur à plaisanter, » me suis-je exclamée, les yeux grands ouverts. « Laissez-moi deviner, vous êtes ici pour Henry. »

« Où est-il ? » siffla-t-il. « Dites-le-moi ! »

« J'en sais rien ! » vociférai-je. « Maintenant, laissez-moi tranquille ! » Je le repoussai brusquement en arrière tandis que je sentais la fureur monter en moi. Puis sans crier gare, il s'envola percuter un des arbres voisins. Je grimaçai lorsque je le vis retomber au sol en position assise.

« Je suis tellement, tellement désolé ! » me suis-je écriée, horrifiée. « J'avais complètement oublié. »

« Vous aviez oublié que vous pratiquiez la magie ? » demanda-t-il septique tout en se relevant. « Et maintenant, vous vous excusez pour l'avoir utilisé ? »

« Je ne savais même pas que j'avais des pouvoirs jusqu'à récemment, » ai-je déclaré piteusement. « Mais bon, écoutez, j'ai eu comme qui dirait une très mauvaise journée. » Je m'arrêtais un instant. Il s'agissait là d'un bel euphémisme. Tellement que je dus faire un effort pour ne pas éclater de rire.

Je pris une profonde inspiration avant de continuer. « Je suis désolée, mais je ne peux pas vous aider. Vous pouvez toujours essayer de menacer de me tuer en échange de Henry, mais laissez-moi vous dire que ça aura malheureusement l'effet inverse. Vous rencontrerez probablement d'autres parents perdus qui vous dissuaderont d'essayer. »

Il arqua un sourcil avant de s'esclaffer. « Quoi ? » Bien, au moins je n'étais pas la seule à penser que ce plan avait été stupide.

« Ces idiots sont également à la recherche de Henry, » expliquai-je. « La tarée à essayer de me tuer, mais Peter est arrivé à ce moment et, enfin bref, pour résumé, il s'avère que nous sommes sœurs. »

« Regina ? » questionna-t-il perplexe.

« Je suis contente que vous ayez tout de suite compris de qui je voulais parler, » ai-je plaisanté. Je me demandais si d'autres personnes auraient la même réaction si je continuais à l'appeler ainsi.

« Comment est-ce possible ? » demanda-t-il, sincèrement confus. Après tout, je ne pouvais pas lui en vouloir.

J'ai soupiré. « Aucune idée. »

« Je vois, » ajouta-t-il en m'observant attentivement. « Donc Regina, qui est en fait votre sœur, était sur le point de vous tuer quand Pan est apparu et l'a arrêté ? »

Je reconsidérai ce qu'il venait de dire avant de secouer la tête. « Non. Il a juste balancé comme quoi nous avions les mêmes parents et elle s'est arrêtée. » Je frémis rien qu'en repensant à la douleur que j'avais dû subir.

« Donc il l'a quand même empêché, dans un sens, » rétorqua-il doucement. « Voilà qui est intéressant. »

Je le toisai avec méfiance. « Oui, je suppose. »

Il garda le silence pendant quelques instants, ce qui ne fit qu'accroître mon inquiétude. Il valait mieux pour moi qu'il ne reconsidère pas l'idée de me vendre en échange de Henry. Ce n'était pas parce qu'à ce moment Peter n'avait pas voulu me voir morte, qu'il m'échangera, pour autant, contre une autre personne qu'il souhaite désespérément garder près de lui, pour des raisons encore inconnues.

« Quel est votre nom, ma chère ? » me demanda-t-il finalement.

« Amy, » répondis-je en croisant les bras. « Et le vôtre ? »

« Appelez-moi simplement Gold, » rétorqua-t-il.

Je hochai la tête. « Eh bien, Gold, c'était un plaisir de vous rencontrez mais puisque je ne vous serai d'aucune aide, je pense que je vais partir. Il me reste encore de nombreux territoires dangereux dans lesquels je ne me suis pas encore perdue. »

« Dans ce cas, je vous souhaite bonne chance, Amy, » me lança-t-il en reculant. « Vous en aurez besoin. »

Je fronçai les sourcils. « Je suppose que vous aussi ? »

Il disparut entre les arbres et je restai un moment le regard dans le vide.

« Bizarre, » ai-je marmonné. Je me demandai si lui aussi était un personnage de conte. Je secouai la tête. Il fallait vraiment que j'apprenne à arrêter de comparer tous ceux que je croise à des personnages de conte. Et puis maintenant que j'y pensais, moi aussi, j'avais grandi dans ce monde. Je supposai donc que je faisais en quelque sorte partie de ces personnages. Tous cela sera beaucoup plus simple à admettre une fois que j'aurais recouvré la totalité de mes souvenirs.

J'ôtai mon sweat à capuche et le jetai au sol. Il faisait peut-être froid, mais je n'éprouvais pas l'envie d'être une nouvelle fois comparée à un Garçon Perdu, enfin ça, c'était si je tombai encore sur d'autres adultes que je ne connaissais pas.

Après cela, je décidai d'emprunter le chemin inverse de celui que venait de prendre Gold. Il se découla seulement quelques minutes lorsque je distinguai au loin, un visage familier.

« Felix ! » ai-je pleuré de soulagement.

Il s'arrêta net et se retourna dans ma direction, les sourcils relevés.

Je le rattrapai aussitôt avant de saisir son bras. « Est-ce que tu pourrais, s'il te plaît me ramener au camp ? »

« Je pensais que tu ne voulais plus rester là-bas, » lâcha-t-il amèrement en arrachant son bras de mon étreinte. « Dois-je te rappeler que c'est toi qui t'es enfuie ? »

« Je le sais bien, mais, tout est différent à présent ! » ai-je supplié.

Il arqua un sourcil. « Tu acceptes de devenir une Fille Perdue ? »

Je ne pus m'empêcher de glousser. « Bien sûr que non, j'ai froid et je suis fatiguée, voilà tout. »

Il me fixa un moment.

J'ai administré un petit coup sur son épaule. « Allons, nous sommes amis, pas vrai ? Sinon, nous pourrions le devenir. Tu sembles avoir une très grande personnalité et je parie que nous nous entendrons très bien. »

Il cligna plusieurs fois des yeux. « Je te ramène si tu ne dis plus un mot. »

« Marché conclu, » acceptai-je à la hâte. « Au fait, t'ai-je déjà dis que de tous, c'était toi mon préféré ? »

Il posa un doigt sur ses lèvres et je me tus immédiatement. Il se remit à marcher et je le suivis de près.

J'avais tellement de questions à lui poser. Je me demandai s'il avait parlé avec Peter juste avant qu'on se croise. Et si oui, combien de temps étaient-ils restés ensemble ? Je fis tout de même l'effort de ne pas l'ouvrir. Après tout, un accord était un accord.

Cela faisait à peine cinq minutes que nous marchions quand j'aperçus le camp pas très loin. Bien sûr.

« Vous vous moquez de moi ?! » me suis-je écriée en effrayant par la même occasion un petit garçon qui tomba de la souche d'arbre sur lequel il était assis. « J'aurais pu revenir toute seule ! »

Je fixai Felix. « Je retire ce que j'ai dit, en fait tu crains. »

J'avançai d'une démarche plus sûre et plus rapide jusqu'à ce que je me stoppai net dans mon élan. Non loin de là, Henry était assis face au feu.

Mes yeux s'éclairèrent instantanément. Voilà enfin l'occasion de l'informer que sa famille était en ce moment sur l'île. Il pourra ainsi s'échapper d'ici. Je commençai à m'approcher de Henry quand je sentis qu'on me tirait en arrière.

« N'y pense même pas, » me chuchota Peter à l'oreille en guise d'avertissement, tandis qu'il m'emmener avec lui. Il ne s'arrêta que lorsque nous fûmes assez loin de tout témoin. Même si à mon avis, aucun d'eux ne m'aurait prêté main forte.

« Qu'est-ce que tu prévois de lui faire ? » demandai-je lorsqu'il daigna enfin me faire face.

« Rien qui ne te regarde, » rétorqua-t-il doucement.

« De toute façon, rien ne me regarde jamais, » ai-je sifflé en le repoussant. « J'en ai assez de cette situation ! N'as-tu donc jamais envisagé de me confier quoique soit ? Ou bien tu préfères attendre que ma sœur m'arrache le cœur ? » J'ai levé les mains en signe de protestation. « LITTÉRALEMENT ! »

Il mit ses bras autour de ma taille et m'attira contre lui. « Même après tout ce qui t'es arrivée, tu arrives toujours à me tenir tête. » Il soupira. Je n'aurais su dire s'il s'agissait d'un soupir plutôt satisfait ou contrarié.

Ses bras m'emprisonnèrent jusqu'à ce qu'il me tienne si fermement qu'il me fut impossible de bouger. Je n'avais nulle part ou mettre mes mains sauf en plein milieu de son torse.

« Lâche-moi, s'il te plaît, » ai-je chuchoté en fermant les yeux. « Tu me mets mal à l'aise. »

Je sentis ses lèvres effleurer ma joue. « Je pense au contraire que je te rends nerveuse. »

Je laissai échapper un rire étouffé. « Ah, parce qu'il y a une différence ? »

« Une très, très grosse, » déclara-t-il en mordillant mon oreille avec ses dents, je soupirai à contrecœur.

« Éclaire-moi, » ai-je défié, en retournant sa propre phrase contre lui.

« La différence c'est que, » commença Peter, en parlant si bas que je du faire un effort pour entendre ce qu'il disait. « Mal à l'aise conviendrez d'autant plus pour quelque chose que tu ne souhaites pas. Tu es nerveuse parce que tu aimes ça. »

Je voulus protester mais à quoi bon ? Il savait déjà. Il savait visiblement tout de moi.

« J'ai peur de toi, » admis-je d'une voix un peu trop tremblante.

Me forçant à ouvrir les yeux, je vis qu'il affichait une fois de plus son sourire tordu.

« Dans ce cas, laisse-moi t'aider, » répondit-il doucement. « Ce sera comme un jeu. »

« Tu n'as pas intérêt à tricher, » ai-je murmuré.

Il se mit à rire d'une manière qui me fit froid dans le dos.

Je ne devais pas réagir de cette façon avec lui. Il faisait en sorte que je ne puisse plus contrôler les sentiments que j'avais étroitement gardés sous clé tout ce temps. Je ne pouvais pas seulement me contenter de l'aimer, je le voulais.

Il me regarda avec intérêt, un sourire flottait sur ses lèvres. Il attendait que je fasse le premier pas, mais je ne pouvais pas. Ça voudra dire qu'il aura gagné le « jeu ». Et il pensera que je n'en aurais pas été capable. On ne fera que tourner autour du pot, pas vrai ?

D'abord hésitante, j'approchai mon visage du sien. Il cligna des yeux lorsque je pressai mes lèvres contre les siennes. Ma respiration devint lourde et j'étais indéniablement terrifiée. Je fermai les yeux et l'embrassai.

Ce fut encore plus incroyable que la première fois. Cette fois-ci, il n'y avait aucune colère. Simplement, du désir. Chaques fibre de mon être désiraient son corps tout entier, pressé contre le mien.

Je laissai traîner le baiser en n'en déposant que de petits sur ses lèvres. Seulement voilà, j'en voulais beaucoup plus. Petit à petit, j'approfondis le baiser jusqu'à devenir de plus en plus rapide. Ma langue glissa le long de ses lèvres. Je l'entendis gémir et, sans rompre le contact, il est venu me chercher. J'ai fini par mettre mes bras autour de son cou et mes jambes sont venues s'enrouler autour de sa taille. Il me porta jusqu'à l'arbre voisin et me bloqua contre ce dernier.

Ses mains se mirent à parcourir mon corps et je me figeai subitement.

« Je ne te ferais aucun mal, Amy » murmura-t-il, la respiration aussi saccadée que la mienne.

Je secouai vivement la tête. « Je ne peux pas. Je suis désolée, mais, j'ai encore besoin de temps. J-Je voudrais me souvenir de tous, avant. »

Il soupira profondément avant de me faire redescendre. Il s'éloigna, mais j'eus le temps de lui attraper le bras.

« Attends, » ai-je imploré. « Je suis fatiguée, mais je ne souhaite pas rester seule. » Je fis une pause, ne sachant comment formuler ma phrase.

Je n'en ai pas eu besoin, car il m'attrapa la main et m'emmena jusqu'à sa cabane dans l'arbre. Bien que je détestai l'admettre, j'avais l'impression de rentrer chez moi une fois le seuil franchi. Tandis que je délaçai mes bottes, je le vit qui se coucha sur son hamac, le regard fixé sur le plafond. Je décidai de le rejoindre avant de me blottir contre lui et d'abandonner ma tête sur son torse. Il passa ses bras autour de moi et caressa doucement mes cheveux.

« J'ai toujours peur de toi, » murmurai-je en tombant de sommeil. Je me sentais si bien à présent que je m'endormis aussitôt.

« C'est mieux comme ça. »

Et ce fut une fois de plus que j'affrontai de nouveaux éléments de mon passé.


To be continued ;)