Chapitre 15


Le pauvre Henry avait l'air si confus et tellement accablé. Je ne pouvais pas le blâmer, les garçons étaient si sauvages et si effrayants. Je détestais le voir au centre de tout cela. Tout ce que je souhaitais, c'était l'envelopper dans une couverture et le rendre à sa famille.

En parlant de ça, que leur était-ils arrivés ? Je n'avais plus entendu parler eux. En ce qui concernait Rumpelstiltskin, cela m'était complètement égal. D'abord, Belle et maintenant, il semblait vouloir tuer Henry ? Le plus mauvais des hommes le resterait quoiqu'il arrive.

Par contre pour Neal, j'avais de quoi m'inquiéter. Il n'aurait jamais remis volontairement Henry à ses ennemis, ce qui signifiait que soit il était blessé, soit il était mort.

Je sautai sur mes pieds. « Peter, j'ai besoin de te parler. »

« Maintenant ? » Demanda-t-il d'un ton moqueur, sans faire le moindre mouvement pour se lever.

Je lui fis mon sourire le plus charmeur. « Au fait Henry, tu ne devineras jamais- »

Peter se leva d'un bond, m'attrapa par le bras et m'entraîna à travers le camp avant que Henry n'ait pu faire le moindre geste.

Une fois qu'il jugea que nous étions suffisamment loin, tous ses airs amicaux qu'il utilisait sur Henry disparurent.

« Quoi ? » Siffla-t-il sans desserrer sa poigne de mon coude.

« Comment tu as fait pour le reprendre ? » Demandai-je en grimaçant, tandis qu'il enfonçait ses ongles dans ma chair.

Il me relâcha et me fit un sourire qui dévoila légèrement ses dents. « Pensais-tu réellement que ton idée de cacher les armes en plus de ta tentative de séduction suffirait pour qu'ils s'échappent ? » Il glissa son doigt le long de mon bras pour me narguer. « Bien que je dois admettre que c'était courageux de ta part. »

« C'était pour la bonne cause, » répondis-je furieuse, les dents serrées et les joues roses.

Il haussa un sourcil et me toisa d'un air moqueur avec curiosité. « Vraiment ? »

« Oui, vraiment ! » Je fis demi-tour. Il hocha la tête, considérant tout cela pendant un instant.

Soudain, il m'encercla tel un requin. Mon cerveau m'intima de m'enfuir au plus vite, mais je ne fis aucun geste. Au lieu de cela, j'arborai un air nonchalant sur mon visage tout en évitant soigneusement son regard.

Finalement, il s'arrêta juste derrière moi. Ses bras encerclèrent furtivement ma taille et je sentis ses lèvres bouger près de mon oreille.

« Et bien, je suis vraiment très impressionné de ta dévotion pour la cause, » articula-t-il d'une voix traînante.

Son souffle chaud sur mon visage me procura un frisson dans tout le corps.

« Où est Neal ? » Chuchotai-je, en m'efforçant de contrôler les battements de mon cœur. « Qu'est-ce que tu lui as fait ? »

« Lui et son père sont en sécurité. Du moins, pour le moment. »

Je fis un pas en arrière et détournai la tête afin de rencontrer ses yeux. « Ne prends pas cet air arrogant. Tu n'as pas encore gagné. »

« Mais, c'est pourtant ce qui va se passer, » répliqua-t-il sournoisement. « Après tout, je gagne toujours. »

Avec un dernier regard suggestif, il me dépassa puis sorti délicatement sa flûte de son fourreau.

Il rejoignit Henry et discuta un moment avec lui. Avec le brouhaha que faisaient les Garçons Perdus, je ne réussis malheureusement pas à entendre leurs échanges. Je m'approchai lentement d'eux pour mieux les épier. C'est alors que je vis à quel point le visage de Henry était confus, du moins jusqu'à ce qu'un voile de tristesse le recouvre complètement.

En même temps que Peter lui parlait, je vis le combat intérieur que semblait mener Henry.

Quoi qu'il lui racontât, il semblait y croire dur comme fer.

Jusqu'à ce que Peter se redresse.

« J'aimerais jouer une chanson, » annonça-t-il. « Une chanson pour notre invité d'honneur, Henry. » Il lui administra une tape sur l'épaule avant de rapprocher la flûte de ses lèvres.

Tout à coup, une lente mélodie à la fois sublime et terrifiante s'éleva dans les airs. Contre mon grès, ces quelques notes réussir à me déstabiliser. Tout autour de moi disparu. J'eus le sentiment d'être soudainement incapable de détacher mes yeux de sa silhouette.

Son regard trouva le mien sans qu'il ne s'arrête pour autant de jouer, une étincelle malicieuse dans les yeux. J'aperçus vaguement Henry se lever pour rejoindre les Garçons Perdus dans leur danse, cependant, mes yeux ne purent quitter les lèvres de Peter qui se déplaçait de plus en plus vite sur l'instrument. Je me mis soudain à espérer qu'un jour viendrait où il me toucherait moi aussi d'une manière aussi sensuelle. Je devenais complètement barge. Il fallait absolument que je me ressaisisse et que je me débarrasse de ce sentiment qui redoublait au fond de moi.

Qu'était-il en train de me faire ? Je m'affaissai sur le sol et couvris mes oreilles tout en fermant hermétiquement mes yeux. Ce qui ne me fut d'aucunes utilité puisque je distinguais toujours la musique. Je sentis son regard brûlant posé sur moi ce qui me rendit folle de désir.

Hors de question que je capitule. Mais impossible non plus de me battre contre lui.

« Tu peux entendre la musique maintenant, Henry ? » L'ai-je entendu demander à travers le bruit et le tintement des instruments.

« Oui ! »

Utilisant sa diversion à mon avantage, je me remis sur pied et pris la fuite dans une direction au hasard en faisant bien attention à ne pas trébucher en route. Peter ne sembla pas le remarquer, à moins qu'il ne s'en fiche éperdument.

J'avais juste besoin de m'exiler un moment pour faire le ménage dans ma tête. S'il gagnait, je ne pourrais plus me battre contre lui et je ne pourrais plus aider Henry à rentrer chez lui.

C'est alors que je tombai sur deux immenses boîtes suspendues dans les airs à l'aide d'une corde.

Je jetai un rapide coup d'œil derrière moi pour vérifier que je ne sois suivie par quiconque. Satisfaite, je m'approchai plus près pour procéder à l'inspection de ces boîtes. À mon grand désarroi, j'aperçus des barreaux qui formaient une sorte de petite ouverture. Cela m'avait tout l'air d'être des cages.

« Bonjour ! » Ai-je mi-chuchoté, mi-crié. « Il y a quelqu'un ? »

« Amy ? » J'entrevis Neal presser son visage contre les barreaux de la petite ouverture. « Amy ! Oh, merci mon Dieu. »

« Neal ! » Criai-je. « Qui est-ce qui t'as fait cela ? »

Il ria amèrement. « De qui penses-tu qu'il s'agit ? Il est mauvais, Amy. Et il le sera toujours. Tu ne peux pas le changer. »

« C'est vrai, » répondis-je, tremblante. J'essayai de ne pas lui montrer à quel point ses mots m'avaient touchée. « Comment vais-je te faire descendre ? »

Il passa son index à travers les barreaux et pointa quelque chose du doigt. « Cette corde est retenue à la branche qui est là. »

Je courus jusqu'à la dite branche et essayai rapidement de défaire un des nœuds qui y était rattaché. Jusqu'à ce que je me brûle les doigts en voulant le desserrer.

Les minutes s'écoulèrent avant que je ne pousse un cri de frustration. « Je suis désolée, Neal, j'essaye ! Mais je pense qu'un des garçons était un Dieu des nœuds marins dans une autre vie ! »

« Détends-toi. » Conseilla-t-il afin d'essayer de me calmer. « Voilà, ralentis. Tu peux le faire, Amy. »

Après un long et dur labeur, je parvins finalement à un résultat satisfaisant. « Je pense que j'y suis presque. »

Il soupira de soulagement. « Génial. Je savais que tu pouvais le faire. »

J'eus seulement le temps de défaire un des derniers nœuds de la corde gauche avant que je n'entende Neal s'écrier. « Amy, derrière toi ! »

Je poussai un cri et sans réfléchir, réussis à esquiver un énorme bâton qui m'aurait assommé aussitôt.

« Éloigne-toi de là, fillette ! » gronda un Garçon Perdu.

Je voulus le frapper mais d'un mouvement rapide, sa main attrapa mon poignet et le tordit derrière mon dos avant que je n'eus le temps de riposter. Je hurlai de douleur jusqu'à ce qu'il me relâche, me poussant à terre. D'emblée, je roulai sur le dos et le vis me surplomber de toute sa hauteur tout en faisant tournoyer le bâton qu'il avait dans les mains, prêt à me battre à mort.

« Amy, ne t'inquiète pas pour moi, d'accord ? » s'écria Neal. « Sauve-toi ! »

« Je ne te laisserais pas ici ! » persistai-je en essayant d'assener un coup de pied à mon adversaire.

« Vas t'en ! Trouve Emma et les autres. Tout se passera bien, je te le promets ! »

Le Garçon Perdu souleva le bâton. « Celui-là c'est pour Pan. »

C'est alors que je ressentis comme un cliquetis au fond de moi. Du même genre que lorsque Regina m'avait arraché le cœur.

À l'instant où il fut à deux doigts d'abattre son bâton, je roulai sur le côté et réussis à l'esquiver. Je me remis aussi vite sur pied et lui envoyai un coup-de-poing dans la figure aussi sauvagement que je le pus, quitte à me blesser moi-même. La seconde d'après, le garçon porta la main à son visage et à ma grande satisfaction, il hurla de douleur.

« Tu diras à Pan qu'il n'est qu'un monstre et que j'espère qu'un jour, il tombera raide mort à mes pieds. »

Et sur ce, je m'enfuis à toute jambe, serrant très fort le bâton contre moi.


P.O.V Omniscient

Un horrible sourire peint sur le visage, Peter observa Henry danser et rire avec les autres garçons. Son plan fonctionnait à merveille. À un détail près, Amy n'était toujours pas revenue. Quoiqu'elle faisait en ce moment, il lui était impossible de lutter contre la puissance de sa flûte, ni contre ses propres désires. À moins qu'elle eût été distraite par autre chose.

« Pan ! » appela Felix derrière lui.

Il détourna le regard du petit garçon pour le poser sur Felix qui arrivait vers lui en tirant l'oreille d'un garçon prénommé Rufio.

On distingué parfaitement le contour de son œil enfler et noircir. Son expression ressemblait à celui d'un petit chiot qu'on aurait battu.

Felix jeta ce dernier aux pieds de son chef. « Je t'en prie. Raconte-lui. »

Les yeux de Peter se rétrécirent jusqu'à former deux fentes. « Me raconter quoi ? »

« L-la fille, » bredouilla Rufio. « Elle a trouvé Baelfire. »

La mâchoire de Peter se contracta. L'avait-elle aidé à s'enfuir ? « Où est-il allé ? C'est lui qui t'a fait ça à l'œil ? »

Felix s'esclaffa tandis que Rufio vira au rouge cramoisi tout en examinant le sol d'un air embarrassé.

« Baelfire est toujours dans sa cage, » déclara Felix en changeant son gourdin d'épaule. « Entre-temps, j'ai trouvé ce lâche gisant sur le sol et gémissant comme un bébé. Ça, c'est l'œuvre d'Amy. Voilà ce qu'elle lui a fait quand il a essayé de la tuer, n'est-ce pas Rufio ? »

« Je n'allais pas la tuer ! » Se défendit ce dernier. « Et pourquoi est-ce si important, de toute façon ?! Ce n'est qu'une traîtresse ! »

À sa remarque, les narines de Peter s'évasèrent. « Et où est-elle à présent ? »

« Elle s'est enfuie, » bougonna Rufio. « Je ne sais pas où. »

« Rien d'autre à ajouter ? » grogna-t-il.

« Elle a dit que tu étais un monstre et qu'elle espère qu'un de ces jours, tu tomberais raide mort à ses pieds, » murmura le garçon.

Peter se mura dans un dangereux silence. Felix baissa les yeux, sentant une fureur terrible exsuder de son chef. Si seulement elle savait...

« Tu vas me tuer ? » Demanda lamentablement Rufio.

Un sourire sinistre se dessina sur les lèvres de Peter. « Bien sûr que non. Mais je ne vais pas te laisser t'en sortir sans en payer les conséquences. »

L'angoisse se fit sentir chez le Garçon Perdu tandis que Peter l'agrippa par la peau du cou, le traîna à sa suite.

« Eh bien vas-y, » déclara Peter d'un ton jovial. « Raconte-leur à tous comment t'est venu cet horrible œil au beurre noir et ce que tu as fait pour le mériter. »

À Neverland, une des choses pires que la mort est de perdre la loyauté et le respect des autres Garçons Perdus.


« Emma, » appela doucement Mary Margaret. « Quand penses-tu qu'ils reviendront ? »

« Aucune idée, » rétorqua cette dernière prudemment. « Cela fait déjà un bon moment qu'ils sont partis. »

Regina ignora royalement leur échange à propos de David et Crochet, trop préoccupé par ce que devaient endurer Henry ainsi que cette autre fille, qui l'inquiétait également. Elle sortit de ses élucubrations au moment même où elle perçut un bruit autre que le caquetage insupportable de Blanche Neige et Emma. Il lui sembla entendre vaguement un froissement se rapprocher.

« Taisez-vous une seconde, » exigea-t-elle en tendant l'oreille. « Vous entendez ? »

Les trois femmes se turent en distinguant un nouveau craquement.

« Quelqu'un approche, » répliqua Emma en dégainant son épée.

Au même instant, Amy fit irruption dans la clairière en serrant toujours fermement son bâton. Lorsqu'elle les aperçut cependant, elle le laissa tomber par terre.

« Tu es en vie, » s'exclama Mary Margaret, soulagée.

« Qu'est-ce qui t'es arrivée ? » interrogea curieusement Emma.

Elle les ignora et se dirigea tout droit vers Regina.

« Je me souviens de beaucoup de choses maintenant, » déclara-t-elle, la respiration haletante. Elle avait couru pendant un bon moment. « J'étais seulement le fardeau que Cora avait dû gérer toutes ces années à Wonderland. »

« Tu étais donc à Wonderland avec elle ? » Demanda Regina, incrédule. En effet, cela expliquait pourquoi elle n'avait pas vieilli au cours de la malédiction.

La jeune fille hocha la tête. « J'ai vécu chez une famille jusqu'à ce que j'atteigne mes dix ans. Puis je me suis enfuie avec l'aide de la Fée Bleue et d'un haricot magique. C'est là que j'ai trouvé notre mère. Ensuite, je suis restée coincé avec elle jusqu'à il y a environ sept ans. Je ne sais pas encore comment, mais elle a réussi à se débarrasser de moi. »

Regina la toisa avec méfiance, attendant de voir à quel moment sa colère prendrait le dessus. Cela aurait été ce qu'elle-même aurait fait après tout.

« Je sais que je ne devrais pas supporter le fait que tu aies été la seule qu'elle désirait au fond, » continua Amy, la voix brisée. « Mais je n'y arrive pas. Donc, s'il te plaît, durant les minutes qui vont suivre, pouvons-nous prétendre que nous sommes une famille normale et qu'il s'agit d'un chagrin normal ? » Elle couvrit son visage à deux mains et laissa aller son premier sanglot.

Regina fixa Mary Margaret et Emma d'un air désespérée, n'ayant pas la moindre idée de comment agir.

« Votre sœur à besoin de vous, Regina, » chuchota Blanche avec douceur, indiquant la jeune fille d'un hochement de tête.

Tout d'abord hésitante, Regina entoura ses bras autour du corps frêle d'Amy qui s'effondra aussitôt dans ceux-ci. Un hoquet déchirant se mêla à ses pleurs.

Les instincts maternels de la femme prirent alors le dessus et elle sut comment calmer les tremblements de cette jeune fille au cœur brisée. Tout le long, elle ne cessa de repenser à son aventure avec Daniel et à quel point cela l'avait aussi brisée. Et à présent, c'était Amy qui était aux prises avec le même démon intérieur et qui faisait face à la même douleur. Cora n'avait pas été là pour Regina lorsque cette dernière avait eu besoin d'elle et maintenant, elle était tout ce qui restait à Amy.

Quelque chose s'agita à l'intérieur de la femme. Une chose qui ressemblait à... de l'espoir.

« Shh, ça va aller, » murmura-t-elle avec douceur, caressant les cheveux de sa petite sœur.

« Ça fait si mal ! » sanglota Amy, d'épaisses larmes chaudes coulant sur son visage tandis qu'elle s'accrochait à Regina.

« Je sais, » chuchota-t-elle, retenant ses propres larmes. « Je sais. »

Emma et Mary Margaret s'éloignèrent de quelques pas, leur donnant ainsi un peu d'espace privé.

« Que penses-tu qu'il lui a fait ? » questionna doucement Mary Margaret.

« Je pense qu'elle a fini par accepter ce qu'il lui a réellement fait, » soupira Emma.

À quelques mètres de là, Peter vit à quel point Amy était effondrée. Il serra ses poings avec hargne. C'était pour elle qu'il l'avait fait. Il lutta contre l'envie de la tirer de là et de la ramener au camp. Jamais, elle ne survivra sans lui. C'était son travail et cela le resterait toujours. Elle s'était sentie perdue à Wonderland sans lui ainsi que sur la Terre lorsque Cora avait effacé sa mémoire.

Amy avait besoin de lui, c'était indéniable.

Et cela, elle s'en rendrait compte bien assez tôt.

Il lui ferait comprendre s'il le faut. Mais pour l'instant, il avait besoin d'avoir une petite discussion avec son vieil ami, Killian Jones.


To be continued ...

J'ai posté ce chapitre assez rapidement cette fois-ci. En espérant qu'il vous a plu.

N'hésitez pas à me laissez vos impressions.