Heeeeeeeeeeey !

Vous allez bien ? Ouiiii, je poste enfin un nouveau petit chapitre ! Autant vous dire que j'écris ces mots avant d'entamer mon chapitre… donc je ne sais absolument pas combien de temps il va durer. J'ai à peu les idées nécessaires pour le récit mais bon… j'espère que ce chapitre vous plaira ! Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture !


« Entre la vérité et le mensonge »

Chapitre 2

Quelque part dans une grande ville…

L'ombre s'approcha.

Le pied à terre, elle s'arrêta, hors d'haleine, et scruta avec insistance la ruelle embrumée que les rayons de lune évitaient. C'était l'endroit idéal pour se cacher. Elle était à bout de souffle. La raison de cet arrêt était une côte ensanglantée – maculant au passage de petites gouttes rouges les autres rues qu'elle traversait. La fuite ne pouvait plus durer. Il fallait faire quelque chose. Cela faisait maintenant plusieurs jours que l'ombre fuyait les gardes royaux. De loin, elle entendait les pas énergiques des soldats à sa recherche.

Sous la clarté de la lune d'argent, la ville qu'elle connaissait si bien devenait un véritable labyrinthe. Sous ce ciel, le jeune homme ne pouvait plus courir. Il marchait en titubant, les bras un peu écartés pour garder son équilibre dans cette avenue, dont l'obscurité le rendait aveugle. Le sang qui provenait de sa jambe maculait peu à peu le sol qui l'entourait. Il finit par s'allonger, exténué par sa course. Peut-être, aurait-il la chance de vivre ? se disait-il. Peut-être, aurait-il la chance d'être gracié ? C'est ce qu'il espérait. C'est ce qu'il se passerait s'il avait la chance de rencontrer cette personne. Un rêve inouï, utopique, certes, mais peut-être réalisable. De toute façon il n'avait plus le choix. Personne ne se souciait de lui. Personne ne l'entendait. Il pouvait se contenter de mourir là, en se vidant de son sang. Quelque part dans cette ville sombrée dans ce silence de mort, il pouvait entendre des activités humaines au loin. Un aboiement sur un balcon, une voix criarde, des rires d'enfants…

Il ferma les yeux, attendant paisiblement l'heure de sa mort. Il ferma les yeux en se demandant quand les gardes allaient le trouver. Qu'allaient-ils faire ? Le poignarder ? L'exécuter ? Il savait que son crime n'était pas si grave. Mais ce jour-là, il eut le malheur de crier. Il eut le malheur d'être là, au mauvais endroit, au mauvais moment pour être poursuivi ainsi. Il attendit la venue d'un garde, son hurlement.

Contre toute attente, une toute autre chose se produisit. Un bruit sourd retentit. Les yeux chargés de fatigue, il entreprit d'ouvrir un œil. Une jeune femme s'était rapprochée de lui. Lentement, marchant en oblique comme si elle sortait de nulle part. Il ne voyait pas son visage mais il sentait qu'elle le regardait. Doucement, cette dernière le saisit par le bras, et le passa autour de son épaule. Elle avança sa main vers lui et tira un peu plus sur la capuche du jeune fugitif. Alors qu'il abandonnait sa propre vie, cette femme, venait de la lui sauver.


Quelque part d'autre dans le monde…

Le soleil lui écorchait les yeux. Les oiseaux volaient haut dans le ciel. Une silhouette solitaire se formait sur l'extrémité de la colline. Le souffle du vent berçait ses cheveux blonds, qui scintillaient sous la lueur du jour.

Le regard pointé vers l'horizon, il attendait. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis le début de cette attente. Le soleil s'était levé depuis longtemps. Il jeta un coup d'œil sur sa montre avant de retourner chez lui. A son retour, il aperçut une forme distincte devant la porte de son domicile. Un sourire se dessina sur ses lèvres. C'était un visage familier, qu'il connaissait bien. Les deux individus se saluèrent et entrèrent rapidement dans sa maison. La porte claquée, leur conversation débuta :

« Tu as l'intention de faire ça tous les jours ? »

« Pas vraiment. Mais on a toute la vie devant nous tu sais. Ça me fait juste passer le temps... » répondit le jeune homme en dégageant ses bras de son épaisse cape.

« C'est vrai »

Il se tut. Il prit ce temps de silence avant de reprendre :

« Et … Tu as l'intention d'y revenir un jour ? »

La voix de jeune homme devint soudainement hésitante - il lui adressa un regard interrogateur.

« Je ne sais pas. » répondit-il « Je ne pense pas que ce soit le moment. Même si cela fait longtemps que je n'y suis pas retourné… ».

L'ambiance s'alourdit. Le jeune homme savait qu'il disait vrai. Après tout, son existence à lui et son camarade demeurait une légende. Enfin presque. Derrière lui, sur un petit meuble de bois, reposait une enveloppe. Elle était flétrie par d'épaisses rayures noires, et tellement imbibée d'eau qu'il était impossible de lire ce qu'il y était inscrit. Pourtant, le jeune homme savait parfaitement de quoi il s'agissait. Cela attira d'ailleurs le regard de son invité, qui fixait depuis un moment cette dernière.

« Tu veux la lire ? »

« C'est quoi ? » s'exclama l'invité.

« Une invitation. »

« Ah… pour le Clair de Lune ? »

« Oui. Le 30 avril. »

Son invité fronça les sourcils. Comment une telle invitation ait pu atterrir ici ? Un nouveau silence. Une mouche profita de la fenêtre ouverte pour s'introduire. Elle virevolta, puis se colla au mur sans le moindre bruit. Le regard guettant, le jeune homme saisit un livre sous la main, et le balance vers elle. L'insecte esquive puis s'enfuit. Le jeune homme soupire. Son invité, qui le regardait, esquissa un sourire discret.

« Comment c'est arrivé ? On a pourtant entrepris de renforcer la barrière. »

« Je ne sais pas. Il se trouve qu'elle ait réussi à passer le champ de force. Ce n'est qu'un bout de papier après tout…. Dans tous les cas, ils connaissent notre existence…Du moins quelques-uns. »

Il souffla, s'abandonnant sur un siège tandis que son interlocuteur lui répondit d'un regard complètement interloqué.


Empire de Jen, Capitale Wu

Le palais de Wu – un palais impérial rappelant fortement la Cité interdite de notre monde, était une gigantesque construction composée en divers bâtiments. Etendue sur plusieurs hectares, le Palais de Wu comprenait, disait-on, plus de huit mille pièces – une légende urbaine, qui s'était propagée à travers la capitale.

De son poste d'observation, le lieutenant Yahaba Shigeru attendait de recevoir les ordres. Agé de tout juste de 19 ans, le jeune homme avait récemment reçu cette promotion, complètement inespérée à ses yeux. C'était une aubaine, déjà parce qu'il était relativement jeune mais aussi parce qu'il faisait également parti de l'Empire de Jen – principalement connu pour ses prouesses militaires (et même pour sa formation militaire en général). Avec un tel poste, il avait donc la possibilité de monter davantage d'échelons tout en restant au palais. Plus encore, n'ayant pas de travail, il bénéficiait également d'un salaire et d'un gîte.

Ainsi, une question lui occupait l'esprit. Comment ? Ou plutôt, pourquoi ?

Le Conseiller Hanamaki lui avait adressé ses félicitations tout lui disant de faire attention à lui. En effet, les promotions telles que la sienne était d'une rareté extrême, voir quasiment inexistante. Aussi, avait-il demandé des explications au Commandant Matsukawa, qui refusa net de lui donner quelconque information ; sa promotion demeurait donc un mystère.

Toujours immobile, le dos contre le mur, le jeune soldat attendait. Hanamaki lui avait en effet demandé d'attendre, puisque le roi en personne allait lui donner une requête. Cette dernière devait être sans doute la raison de sa promotion.

Les minutes s'écoulèrent. D'un côté, Yahaba commençait à s'impatienter. De l'autre, il ne voulait pas se presser – sans doute avait-il peur de connaitre sa mission. A peine eut-il adressé des regards discrets autour de lui, qu'une voix s'éleva.

« Merci de nous avoir attendu »

Le lieutenant leva la tête. Cette voix, il ne la connaissait que trop bien. Ce n'était pas celle de son roi. C'était celle de ses supérieurs : le Conseiller Hanamaki et le Commandant Matsukawa. Hanamaki, bien que conseiller, occupait une place importante au sein de l'armée : celui-ci ayant également été commandant. Seulement, Oikawa demanda à ce dernier de devenir l'un de ses conseillers – une demande qu'il accepta, à condition de garder une position influente auprès de l'armée. Matsukawa bénéficia également de la même proposition, mais contrairement à son camarade, refusa aussitôt, prétextant en riant qu'il ne pouvait assurer un poste aussi « intellectuel ». Aussi, il proposa à Hanamaki de l'aider sur certaines missions – ce dernier accepta aussitôt. Hanamaki demanda en contrepartie la même chose. Les deux jeunes gens devinrent ainsi, un véritable duo – inséparable - de vrais partenaires constamment en train de s'entraider.

On amena Yahaba un peu plus loin. Les trois individus sortirent du palais en direction d'un autre bâtiment, situé dans une annexe à plusieurs kilomètres d'ici. Pour cela, ils prirent une voiture (avec un chauffeur), et traversèrent les diverses jardins que contenait le palais. Yahaba demeurait de plus en plus surpris. Où l'emmenait-on ? Il posa la question à ses supérieurs, qui ne répondirent pas. Le lieutenant n'insista pas, mais était… de plus en plus intrigué. Un doute commença à immerger dans sa tête, le jeune homme était pris en quelque sorte d'une certaine peur. Peur de se retrouver avec une mission impossible à réaliser. Cela confirma ses doutes quand le véhicule s'approcha de leur destination : La Prison de Wu.

Le visage de Shigeru se figea.

La Prison de Wu était bien connue du grand public, réputée pour être l'une des prisons les plus sécurisées du monde – retenant les criminels les plus dangereux dans les cellules souterraines.

La voiture s'arrêta. Le jeune Yahaba fut pris d'une peur. Puis il souvint de ses premiers jours à l'armée : non, il avait travaillé si dur pour en arriver là ! Il était hors de question de reculer. Le directeur de la Prison de Wu, un homme âgé d'une soixantaine d'années, les accueillit. Hanamaki et Matsukawa répondirent d'un sourire. Yahaba les imita.

« C'est donc toi, le petit nouveau » fit le vieux.

Yahaba cligna des yeux. Le directeur ne dégageait-il pas quelque chose de trop aimable par rapport à son poste ?

Après quelques instants, ils entrèrent. Immédiatement, les voix des prisonniers s'élevèrent. Yahaba observa d'un œil effrayé les couloirs qui menaient aux cellules souterraines. Il marchait, d'un pas hésitant, le cœur battant. Le groupe s'approcha de plus en plus vers ces couloirs – le directeur en premier. Il s'approcha encore et encore et … passa devant. Le lieutenant poussa un long soupir de soulagement et de satisfaction. Le directeur, qui avait vu sa réaction, étouffa un petit rire.

« On ne va aller là, ne vous en faites pas - en revanche Conseiller Hanamaki et Commandant Matsukawa, j'aimerais vous dire quelque chose après …»

Matsukawa et Hanamaki s'échangèrent un regard : « Oui » répondirent-il. Sûrement une nouvelle conversation en privé. « C'est à propos de lui, n'est-ce pas ? » fit le Conseiller. Le directeur lui répondit d'un hochement de tête « Pour l'instant, contentons-nous de lui attribuer ce gamin » (il regarda à ce moment-là Yahaba) « avant de revenir sur lui… » poursuivit-il avant de tourner de nouveau le dos.

« Vous aviez renforcé la sécurité j'espère ? » fit soudainement Matsukawa.

« Bien entendu » répondit le directeur en lui adressant un sourire amical.

Il eut un silence. Yahaba observa attentivement ses supérieurs. Il essayait de comprendre de quoi ils parlaient. Lui ? De qui parlait-il ? Attribuer un gamin ? Pourquoi renforcer la sécurité de l'établissement ? Mais il n'eut pas le temps de réfléchir.

Aussi, le groupe monta quelques escaliers, qui visiblement, menaient à une cellule annexe.

« Ce gamin est depuis longtemps ici, mais je ne pense pas que ce soit un mauvais garçon »

« Justement, c'est pourquoi nous sommes venus – de la part du roi en personne. »

« Il est donc vraiment intéressé ? »

« Pas vraiment, ou plutôt un peu. Disons que nous avions plus entendu parler de ses prouesses physiques. »

« Prouesses physiques ? » répéta Yahaba.

Le jeune homme, qui se tenait derrière eux, s'arrêta, complètement interloqué. Son supérieur exprima un petit soupir.

« Bon écoutes, on ne voulait pas te le cacher – mais Oikawa a voulu garder ça secret jusqu'au dernier moment » commença Hanamaki.

« La requête qu'il t'a demandé, c'est celle-ci. » poursuivit Matsukawa avant d'exprimer un petit soupir.

Le groupe s'arrêta, devant une cellule. Il n'y avait pas de fenêtres donc on ne pouvait rien voir de l'extérieur. Yahaba adressa un regard interrogateur à ses supérieurs.

« Je… je dois entrer ? » répéta le jeune homme, complètement perdu.

Ses deux interlocuteurs lui répondirent d'un hochement de tête. Le lieutenant poussa une longue inspiration. Il poussa la porte.

Une horrible odeur crasseuse le frappa au visage. Choqué, Yahaba recula de quelques pas.

La scène était surréaliste.

Au milieu de cellule, se tenait un adolescent, couvert de blessures.

On venait de libérer ses bras, ensanglantés par ses cicatrices. Assis, le dos contre le mur, le jeune homme gisait presque sur le sol. La mine grave, il n'avait pas encore levé la tête. Elle demeurait abaissée, comme s'il refusait de croiser le regard du lieutenant.

Un silence d'hésitation puis Hanamaki reprit :

« Nous souhaitons faire de ce gars – « Mad Dog-chan », un soldat de la garde royale. Et c'est toi, qui est chargé de le former Yahaba-san. »

Yahaba écarquilla les yeux, silencieux. Avait-il bien entendu ? Les sentiments du jeune homme se mélangèrent : il restait à la fois fasciné, heureux et complètement effrayé par la situation. Fasciné parce que c'était sans doute la première fois que le jeune homme rencontrait un tel être – heureux parce qu'on lui avait confié une mission dont il était responsable et effrayé parce que le prisonnier en dégageait l'aura. Les membres du lieutenant tremblaient d'impatience. En fait, il mourrait d'envie d'en savoir plus.

Qui était ce jeune homme ? Ou plutôt, qui était ce jeune garçon ? A première vue, il devait être moins âgé que lui. Pas beaucoup peut-être, il ressemblait à un de ces jeunes délinquants qu'il pouvait facilement croiser dans les rues. Ce type de jeune – oui, le jeune homme dégageait peut-être une aura effrayante mais cette dernière avait en quelque sorte, quelque chose d'inoffensif. Le garçon n'émanait en aucun cas une aura meurtrière. Yahaba se mit à réfléchir. L'atmosphère que dégageait le prisonnier correspondait exactement au surnom que leur avaient attribué ses supérieurs : celle d'un animal sauvage – encore en laisse.

Le lieutenant s'approcha, toujours hésitant. On lui avait demandé à lui, de s'occuper de ça ?

Les paroles d'Hanamaki assombrirent son visage. Le jeune homme n'avait pas trop aimé la manière de parler de son supérieur – même s'il savait que c'était sur le ton de la plaisanterie. Peu habitué à entendre de tels propos, cela le dérangeait un peu qu'on traite un humain de chien. Même s'il n'était pas traité comme tel.

Deux jours s'écoulèrent.

La nouvelle s'était répandue comme une trainée de poudre. On racontait que Yahaba Shigeru, le nouveau lieutenant récemment promu s'était entiché un certain chien du nom de Kyoutani Kentarou. Un ancien prisonnier au visage grave. Iwaizumi, qui observait les deux jeunes hommes de loin, soupira. Oikawa avait de ces idées… dans un sens, cela ne le surprenait pas. Le général connaissait parfaitement les arrière-pensées derrière cette requête incroyable : le talent du lieutenant Yahaba – était déjà arrivé aux oreilles d'Oikawa. En effet, à peine un an s'était-il écoulé que le jeune soldat, au début débutant, se démarquait des autres élèves arrivant de temps en temps major, tout en gardant un niveau relativement moyen. En fait, Yahaba Shigeru se distinguait pour sa récente ascension au classement général. Iwaizumi savait qu'Oikawa le testait. C'était un de ses habituels hobbies. Cependant il ne broncha pas. Au contraire, cela l'intriguait presque. Même si son frère avait la réputation d'être parfois arrogant et manipulateur, il savait que ce geste était une sorte de forme de respect. En effet, si Yahaba parvenait à remplir cette requête, le jeune homme serait reconnu en tant que lieutenant. Imposer une telle tâche à un débutant, démontrait ce que ressentait le roi : Oikawa ne le considérait pas comme un soldat, mais bel et bien comme un lieutenant à part entière…

L'uniforme impeccablement boutonné, le lieutenant Shigeru Yahaba, avançait. Derrière lui, se tenait son « disciple ». Tous deux avançaient à vitesse saccadée dans le réfectoire réservé aux soldats, attendant sagement leur tour, un plateau entre les mains. Yahaba sentait les regards pointés sur lui. Le jeune homme essaya de les ignorer, en gardant son calme. Kyoutani en fit de même, mais avec une certaine impolitesse demeurait dans son regard. En effet, le garçon ignorait tout le monde. Les remarques ne tardèrent pas à fuser. Contre toute attente, Yahaba répliqua – demandant un respect réciproque à Kyoutani.

« Tant qu'on ne te fait pas la remarque, si on te respecte, fais-le au moins en retour » avait-il dit.

Kyoutani lui donnait du fil à retordre. Le jeune homme était en effet très dissipé, contrairement au lieutenant. Quasiment tout le contraire en fait. Shigeru devait constamment le poursuivre, constamment lui apprendre, comme un grand père, hurlant sur son petit-fils. Car Kyoutani n'avait en effet, eut aucune éducation de la part de sa famille. Cela avait d'ailleurs choqué Shigeru – ce dernier sortant tout juste du cocon familial. Un cocon familial adorable, dont il donnait régulièrement de ses nouvelles. Ainsi, lorsqu'il apprit que son disciple avait été abandonné par son père, le lieutenant ne put s'empêcher de ressentir de la compassion. Seulement, ce sentiment occupa courtement son esprit : Kyoutani était trop dissipé. Le jeune homme passait son temps à sécher ses entrainements, préférant s'entrainer seul qu'en groupe. Cela exaspéra rapidement son maitre, qui mit les choses au clair.

« Ecoutes, je peux comprendre que tu n'y sois pas habitué, mais fais un effort ! Les combats ne se font jamais seuls. »

Mais Shigeru avait beau lui répéter, son disciple n'écoutait pas.

Quelques jours s'écoulèrent. A présent, le jeune homme, à présent lieutenant, faisait partie des personnes ayant le droit d'assister au Clair de Lune. Kyoutani qui demeurait son élève, était contraint de rester au dortoir. Le lieutenant secoua la tête, essayant d'oublier sa mission. Après le discours du roi, le jeune homme se faufila à travers la foule – recherchant au passage, des visages qu'ils connaissaient. Le jeune homme n'était pas très habitué à ce genre d'ambiance. Cependant, il parvenait à garder son calme.

La fête battait son plein.

De plus en plus de gens se rassemblaient autour du banquet. Les voix joyeuses des invités s'entendaient à travers les tintements des verres.

Le jeune homme se fraya un chemin parmi les visiteurs. Il avança, avança puis percuta soudainement quelqu'un.

« Oh excusez-moi »

Ses yeux croisèrent les pupilles noisette d'une jeune demoiselle – resplendissante aux cheveux blonds. Yahaba avala sa salive. Il s'agissait de Yachi Hitoka – la princesse du pays voisin, l'Empire de Ja. Reconnaissant aussitôt la jeune fille, il s'excusa de plus belle.

« Ce n'est rien » répondit-elle en souriant avant de détourner le dos.

Yahaba, qui remarqua la mine hébétée de la jeune femme, leva les yeux. Que regardait-elle ? Puis il comprit. Plus loin, il aperçut le roi. Oikawa Tooru. A ses côtés, son supérieur, le Général de la garde royale, Iwaizumi Hajime. Devant eux, un jeune homme. Celui-ci devait probablement avoir son âge, et même, avait l'air d'être un peu plus jeune. A première vue (et surtout en regardant ses vêtements, bien différents des siens), il devait provenir du pays voisin. Il s'agissait sans doute d'un des accompagnateurs de Yachi Hitoka. Le jeune homme tendit l'oreille, essayant de comprendre la situation.

« Tiens donc, où est donc passé ton impolitesse ? »

Ces paroles marquèrent son esprit. Yachi, qui avait observé la scène de loin, se mit auprès d'Hinata. Celui-ci restait immobile, toujours stupéfait par ce qu'il venait d'entendre. Depuis quand appelait-on son coéquipier par son prénom ?

Il se redressa. Un sentiment d'impuissance s'emparait de lui. Il ouvrit la bouche mais rien ne sortit. Après tout le jeune homme ne connaissait rien de son partenaire. Cela l'attristait un peu. En même temps, ils se connaissaient depuis peu de temps : 8 mois à peine, voir un peu plus. Hinata se souvenait parfaitement de sa rencontre. Le cœur battant, le jeune homme s'avança, hésitant à saisir la main de son camarade. Mais il se ravisa après avoir jeté un coup d'œil sur la princesse qu'il devait surveiller. Les deux mains serrées contre la poitrine, la jeune femme paraissait beaucoup plus inquiète que lui.

Elle regardait, la scène, au loin, sans intervenir. Yachi reconnut le ton ironique de son hôte, mais elle se tut, par peur de représailles. Que pouvait-elle faire ? De toute façon, Kageyama n'avait pas l'air de s'en soucier. En fait, le jeune homme avait même l'air de totalement maitriser la situation.

« Je l'ai oublié » répondit le jeune homme.

Kageyama avait le visage dur et fermé. Il serrait les mâchoires et le rouge commençait à lui monter aux joues. Après quoi, le jeune homme prit une longue inspiration – IL cherchait à faire taire sa colère. Il détourna furtivement l'œil vers Yachi et reconnut l'inquiétude inscrite sur son visage. Il poussa alors une nouvelle inspiration avant de reprendre :

« Je vois que vous vous portez bien. »

« Evidemment »

Un nouveau silence embarrassant s'installa. Yachi, qui supportait déjà peu cette ambiance, s'excusa une nouvelle fois, prétextant aller saluer le reste des invités – tout en demandant à ses deux chevaliers de l'accompagner. Iwaizumi, attendit que la jeune fille s'éloigne, pour entamer une nouvelle conversation avec Oikawa :

« Je m'attendais à tout, sauf à le croiser ici »

« Moi aussi, figures-toi. Ça pour une surprise, c'en est une bonne » claironna le roi.

« Je pensais qu'elle ne t'intéressait pas. »

« Avant aujourd'hui oui. N'est-ce pas magnifique ? Tous ces regards plongés sur elle. ».

Iwaizumi jeta un coup d'œil circulaire. Le trio ne passait en effet, pas du tout inaperçu. Yachi, qui était jusque-là presqu'invisible à toute les fêtes précédentes, rayonnait. Yahaba, qui les avait écoutés, contemplait la scène, éberlué. Oikawa ? Intéressé par la jeune femme ? … est-ce que à tout hasard… ? Le Général, qui l'avait vu arrivé, tapota rapidement son épaule.

« Oikawa s'intéresse à elle par intérêt » dit-il d'un ton assuré. « Je te rappelle que la gamine est déjà fiancée. »

Le mot « fiancé » lui fit reprendre ses esprits. Le lieutenant était en quelque sorte…. Déconcerté. Il ne s'attendait pas à rencontrer une jeune fille, si petite, si frêle, devenir l'intérêt du roi. Un sentiment de jalousie et de curiosité s'entremêlait. Le jeune homme ressentait, à la fois, une puissante envie de connaitre davantage la jeune femme – mais également de savoir pourquoi, le roi Oikawa, s'intéressait à elle.

La princesse sentit un regard se poser sur elle. Aussitôt, la jeune femme détourna son dos, en jetant des regards circulaires autour d'elle. Kageyama, qui avait observé sa réaction, lui demanda si tout allait bien. La jeune fille répondit, le malaise qu'elle ressentait. Ce fut au tour du soldat de regarder autour de lui – et son sixième sens ne le trompait jamais.

« Je pense que vous aviez juste attiré la curiosité de certaines personnes » fit-il en rassurant la jeune femme.

« On attire un peu l'attention ici » poursuivit Hinata d'un sourire « Pourquoi ne pas aller vous nourrir au banquet ? Oh je sais ! Monsieur ! Monsieur ! »

Un serveur, un homme longiligne d'un mètre quatre-vingt-dix s'arrêta, le bras chargé d'un plateau. Celui-ci était garni de toutes sortes de verres (principalement des verres de champagnes).

« Mademoiselle ne boit pas d'alcool, aviez-vous des jus de fruits ? »

« Bien entendu. Que souhaitez-vous ? »

Il parlait d'un ton pointu, comme si ses mots étaient décortiqués. Il était vêtu d'une longue tunique bleu-vert, les couleurs qui définissaient son pays. Yachi, les yeux à peine relevés, demanda timidement un jus de mangue.

Aussitôt, le personnage saisit un verre (tout en cristal), et y incorpora le liquide demandé. Il abaissa ensuite son plateau à la taille de la jeune femme, le sourire toujours accroché aux lèvres. L'interlocutrice le remercia, d'un rictus réciproque. Elle demanda ensuite à ses deux gardes du corps s'ils souhaitaient quelque chose. Ces deux-là refusèrent immédiatement – ils n'avaient pas ce privilège. Yachi demanda donc au serveur s'ils pouvaient en bénéficier. Ce dernier lui répondit affirmativement. Sous l'insistance de la jeune femme, les deux coéquipiers acceptèrent.

Quelques instants passèrent. Le duo se mit soudainement à l'écart, dans un coin moins exposés aux invités. Ils demandèrent à Yachi de les laisser seuls – excusant une conversation personnelle – requête qu'elle accepta aussitôt. Dans un silence, Kageyama sentit le regard appuyé de son camarade.

« Alors tu me racontes ? »

« Quoi ? »

« Quoi, quoi ? Ne fais pas l'ignorant, c'est Oikawa ton ancien patron, non ? »

Il marqua un temps de silence. Les pupilles du garçon brillèrent soudainement d'une teinte orangée sous la clarté de la lune. Un bruissement de vent se fit entendre.

« Ouais. » lâcha Kageyama, il ne vaudrait mieux pas lui raconter ça...

Le regard nerveux, ses yeux évitèrent machinalement de croiser ceux d'Hinata. Ce dernier n'avait en effet, pas détaché son partenaire des yeux. Il attendait patiemment une réponse. Et cette technique fonctionnait. Au bout de quelques minutes, Kageyama fut tellement gêné qu'il finit par céder.

Ainsi, le jeune homme lui raconta.

Avant qu'il ne devienne un habitant de l'Empire de Ja, Kageyama était avant tout, né dans le pays voisin l'Empire de Jen. Il fit toute sa scolarité dans son village natal jusqu'à ses dix ans où, étant major de sa promotion – lui permit d'être scolarisé à la capitale. Ainsi, il entra dans l'un des meilleurs collèges du pays, principalement consacré aux « arts » martiaux et de combat.

Kageyama était doué, doué en tout même – mais la matière où il excellait vraiment était principalement le tire-à-l'arc. En effet, le jeune homme avait la particularité d'atteindre ses cibles avec une précision extraordinaire – allant même à l'encontre de l'être humain. Enfin, cela était surtout dû à son âge – le jeune homme brillait tellement dans ce sport, qu'il égalisait, voir battait de loin ses congénères professionnels. Ainsi, le jeune garçon, à l'époque à peine âgé de 14 ans, faisait partie des meilleurs du pays. Sa réputation traversa rapidement les régions et on commença alors à lui lancer, de nombreux défis. Avec point d'honneur, Kageyama les accepta tous, sans exception. Et il n'en perdit aucun. Cependant, sa notoriété fit soudainement tâche au sein de son collège – on écarta peu à peu le jeune homme, des rumeurs comme quoi, celui-ci se sentirait supérieur aux autres.

Aussi, fut-il un jour convoqué par le roi en personne, qui à cette époque, était encore le père d'Oikawa. On lui confia alors cette tâche, celle de veiller sur la sécurité du prince, Oikawa Tooru. Une tâche qu'il accepta aussitôt car elle lui permettait d'avoir un poste en tant que soldat de de la garde royale – un poste qu'accessible qu'aux élites dites « physiques » - c'est-à-dire en excellant dans un sport particulier. Le jeune homme était alors âgé de 15 ans. Au début enthousiasme, le garçon ne tarda pas à découvrir la véritable personnalité du prince. Excédé, il quitta son poste deux ans plus tard – même s'il affectionnait ses anciens coéquipiers.

D'autres souvenirs immergeaient dans l'esprit de Kageyama – à commencer par les leçons que lui enseignaient Iwaizumi – avec qui il s'entendait parfaitement à cette époque – et toujours aujourd'hui. L'ambiance étant juste devenue tendue – et dû à la distance qui séparait les deux jeunes hommes, ils arrêtèrent brutalement de se parler. Après quoi, Kageyama grandit, et décida de prendre la décision ultime de devenir chasseur de primes – un travail relativement bien payé – mais qui lui demandait de réguliers déplacements. La sécurité étant hautement assurée dans son pays natal, le jeune homme eut l'idée d'habiter l'Empire de Ja – qui bénéficiait également d'une grande sécurité – mais le commerce étant plus important, il savait que c'était le pays idéal des voleurs. Ainsi poursuivit-il son travail dans ce nouveau territoire.

A la fin du récit, Hinata prit un long soupir de soulagement. Le jeune homme se sentit apaisé d'avoir eu cette conversatio, il avait l'impression qu'une partie du mur était tombée. Seulement l'histoire que lui avait racontée son coéquipier, prit soudainement une toute autre tournure dans son esprit. Son visage afficha soudainement une mine plus sombre. Kageyama, qui l'avait remarqué, lui demanda la raison.

Hinata lui expliqua alors. Contrairement à lui, il ne pouvait se souvenir de quoique ce soit. Un voile de tristesse passa sur son visage. Hinata jalousait ce qu'avait vécu Kageyama. Parler commençait à lui faire mal. De petits picotements lui montaient aux yeux. Il sentit sa gorge se nouer. Non ! Non ! Il ne devait pas pleurer. De toute façon, cela ne servirait à rien. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était inquiéter davantage son camarade. Il ravala sa salive, et se dessina sur ses lèvres, un sourire crispé.

Kageyama, qui avait deviné ce que ressentait le jeune homme, commençait à regretter le fait d'avoir raconté son passé. Cela le rassura un peu de se dire qu'il n'avait qu'en réalité, parlé que d'une partie de sa vie. Le jeune homme essaya alors de rassurer son camarade. « Si tu veux me raconter quelque chose, je t'écouterai aussi » lâcha-t-il. Ce n'était pas à son habitude de faire ce genre de chose. Mais le garçon n'avait jamais eu une conversation aussi sérieuse avec son coéquipier. Depuis 8 mois, c'était un enchainement de disputes et de duels de rivalité. A peine eut-il dit ces mots que l'état d'Hinata s'aggrava soudainement. Surpris, Kageyama saisit l'épaule de son camarade.

« Ça va ? »

Hinata ne voyait plus très clair. Le jeune homme commença à suffoquer. Sa respiration devint difficile. Des voix de plus en plus bruyantes résonnèrent à travers ses oreilles. Il plaqua brutalement ses mains sur celles-ci. Elles continuèrent. C'était des voix désagréables, comme des échos à répétition – impossible à arrêter. Il ne put même pas voir la mine inquiétée de son partenaire. Celui-ci hurlait de plus en plus belle. « Oï, Hinata ! Tu m'entends ? » répétait-il. Kageyama le soutenait dans ses bras – il voyait clairement que son coéquipier faisait un malaise. En fait, cela lui rappela que ce n'était pas la première fois.

Puis il se souvint. Chaque fois qu'Hinata essayait de souvenir de son passé, le jeune homme était pris d'une migraine terrifiante.

Les nerfs d'Hinata hurlaient de douleur. Un frisson parcourut son dos. Voyant de plus en plus flou, il eut l'impression d'être saisi d'un haut-le-cœur – le jeune homme se pencha en avant, certain de vomir. Les voix occupaient maintenant la totalité de son esprit. Comme un bourdonnement insupportable – des voix masculines, féminines, criardes, d'enfants – le jeune homme plaqua ses mains sur ses oreilles de plus belle rien à faire - « ARRETEZ » hurla-t-il soudainement. Il arracha un cri de douleur. C'était le dernier mot qu'il pouvait proférer. Sa gorge était maintenant tellement nouée que sa voix était à peine audible.

Son corps se plia instinctivement en deux, comme s'il essayait de bloquer les sons avec sa posture. Ses mains serrèrent soudainement celles de Kageyama avant de les relâcher. Il n'entendit pas, Kageyama hurler. Juste une forme fantomatique et des lèvres se mouvoir. Il ressentait cependant l'inquiétude qu'éprouvait ce dernier. Ses yeux furent soudainement chargés d'une fatigue extrême. Peu à peu, ils se fermèrent, faisant place à une obscurité totale. Il tomba sur le côté, aussitôt rattrapé par les bras de son coéquipier.

A suivre…


Du coup je me suis arrêtée ici – j'avais encore plein de choses à raconter mais bon xD … disons que j'avais envie de laisser une part de suspense ? Bref, j'espère que ce chapitre vous a plu, n'hésitez pas à faire part de vos avis ! On se revoit dans le prochain chapitre !