Heeeeeeeeeeeeeey !
Vous allez bien ? Oui, enfin un nouveau chapitre ! Je prendrais pas mal de temps pour en écrire un à chaque fois, désolée… (Vu le nombre de personnages, je suis très loin d'avoir terminé…). Je remercie sincèrement pour vos commentaires et tous ceux qui me suivent !
Bref ! J'arrête de blablater : je vous souhaite une excellente lecture !
Amelayy : Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je suis contente que tu trouves mon histoire intrigante ^^ - le chapitre 4 ne va pas tarder à sortir ! (environ une semaine)
« Entre la vérité et le mensonge »
Chapitre 3
Empire de Jen – Clair de Lune
Tsukki scruta avec attention le verre qu'on lui venait de lui proposer. Ce dernier avait comme d'habitude, accepté « avec le sourire » comme lui avait demandé son frère. Une façon d'obtenir les faveurs des autres invités. Il suivait pour ainsi dire, se ordres même si au fond de lui, le jeune homme s'en moquait totalement.
Le jeune homme continua de contempler la salle Akira Kunimi, qu'il avait croisé il y a maintenant quelques minutes, se tenait calmement à ses côtés. Les deux jeunes hommes s'entendaient plutôt bien : doté tous les deux d'un humour sarcastique en complément d'un sang-froid hors du commun – ils passaient leur temps à discuter, tout en lançant de temps à autres, des réflexions un peu noire. La seule chose qui les différenciait était leur statut social (Bon, leurs caractères étaient dans un sens, aussi différent – mais leurs caractères posés les réunissaient). Akira, âgé du même âge que Tsukki, occupait le poste de « soldat ». Il occupait un poste supérieur à Kyoutani, qui conservait encore le poste « d'élève ». Normalement, le jeune homme n'avait point accès à la réception, mais étant constamment major de sa promotion, il bénéficiait de ce privilège. Privilège qui lui avait permis de rencontrer Tsukki, l'année précédente.
Le regard de ce dernier se porta de nouveau sur son verre. Le liquide rouge (du vin), berçait en fonction de ses mouvements. L'invité, un politicien, lui en avait proposé – ce qu'il accepta. Sauf que le jeune homme avait oublié de préciser : il avait horreur de ça. Ou plutôt n'avait-il, pas encore goûté. Il contempla alors avec appréhension la boisson qu'il tenait entre ses mains.
« Il n'y a pas de poison, ne vous en faites pas »
« Mais je ne m'inquiète pas » rétorqua Tsukki « Je regarde juste de quel vin il s'agit »
Il finit sa phrase par un de ses habituels sourires narquois, que Kunimi reconnut. Ce dernier grimaça aussitôt, regrettant presque ses paroles. Son rictus se forma peu à peu en sourire – approuvant l'humour grinçant qu'avait le prince du Royaume de Fa. Le jeune homme observait la foule d'un air détaché. Plus que quelques jours et il pouvait rentrer chez lui. Puis un souvenir lui rappela une chose – une chose importante, qu'avec les évènements, il avait presqu'oublié de faire. Evidemment ce n'était pas dans la nature du prince d'oublier ce genre de chose. Rapidement, le jeune homme se fraya un chemin parmi les invités, à la recherche d'un visage qu'il connaissait. Un visage qu'il connaissait depuis longtemps, et dont il fut obligé de graver dans sa mémoire. Ce n'était pas une mince affaire. La salle de réception était bien remplie maintenant, et croiser quelqu'un qu'il connaissait, était devenu difficile. Cependant, le jeune homme ne renonça pas. De toute façon, il y était obligé – son frère allait sans doute faire une crise si il avait oublié. Aussi chercha-t-il de nouveau, quand son regard aperçut enfin la personne qu'il souhaitait voir.
Sa fiancée, Yachi Hitoka.
La jeune fille, qui se situait plusieurs mètres plus loin, ne le vit pas. Son regard avait l'air d'être occupé par autre chose. Elle était en fait en pleine conversation avec le lieutenant Yahaba – et s'était depuis un moment éloignée d'Hinata et Kageyama. Tsukki traversa rapidement la salle avant d'arriver devant eux. Yachi, qui aperçut son fiancé au loin, lui adressa un sourire. Le jeune homme s'avança vers eux – martelant lentement le sol d'un pas assuré – comme s'il prenait son temps pour arriver. La façon de marcher de Tsukki rappela fortement Yachi, les minutes écoulées qu'elle avait eues avec Oikawa. Le fait de marcher avec de la « prestance » se voyait tout de suite.
Seulement, à peine était-il devant eux que des voix s'élevèrent de nouveau. On porta alors toute l'attention en direction du vacarme. Oikawa en premier. Situé un peu plus loin, le roi devina instantanément de quoi il s'agissait. Iwaizumi, qui se tenait à ses côtés, leva les yeux au ciel avant de pousser un soupir d'exaspération. Oikawa lui esquissa un sourire avant marcher en direction des voix. En effet, il y avait de quoi.
La reine, Kiyoko Shimizu – venait tout juste de faire son entrée.
Comme d'habitude, elle brillait. La jeune femme était merveilleusement bien habillée. Elle avait un sourire magnifique, du genre qui réchauffait autant l'esprit que le cœur. Oikawa se sentit soudainement abandonné. Un sentiment qu'il détestait par-dessus tout commença à envahir son esprit. Un sentiment d'infériorité. Sous ses yeux, le jeune homme se sentit écrasé par l'aura de la jeune femme.
Cette dernière avait opté pour l'une de ses tenues officielles – la plus prestigieuse. Une longue cape de soie presque translucide, de couleur violette – satinée – qui reflétait parfaitement avec la lumière des lustres de la salle. Ses cheveux qui étaient attachés, formaient un chignon tombant sur le côté. Une longue robe, laissant voir une partie de son corps, son nombril – tout épousant élégamment ses formes, la mettant ainsi parfaitement en valeur. Pour résumer, la jeune femme était tout simplement parfaite.
Même sa sœur, qui l'avait aperçu, et qui la connaissait si bien (parce qu'elle était habituée à ses tenues officielles et royales) en demeurait bouche bée. Ses lèvres tirèrent un sourire nerveux. On allait sans doute aborder sa sœur avant de porter un regard sur elle. Elle pressentait bientôt, le regard de regrets, que lui adresseraient les invités, après avoir été émerveillés par Kiyoko.
Cette dernière s'approcha davantage, redressant instinctivement sa cape. Lorsqu'elle fut devant son hôte, elle inclina légèrement la tête, d'un air entendu.
« Bonsoir, je suis sincèrement désolée pour ce retard » fit-elle en relevant les yeux « Nous avions eu quelques petits empêchements »
Il eut un court silence. Oikawa, qui n'avait pas détaché ses yeux de la femme, reprit ses esprits après que celle-ci eut pris la parole.
« Bienvenue, Reine Kiyoko, c'est un plaisir de vous ici » répondit le roi en esquissant un sourire.
« Merci de nous avoir invité »
« Non voyons, c'est une tradition. Je vous inviterai toujours ma chère. »
Ces mots-dit, un frisson parcourut l'échine d'Iwaizumi. Le Général réprima une insulte. Voir Oikawa ainsi le dégoûtait presque.
Yachi serra les poings. Yahaba, qui se tenait à côté d'elle, observait la scène avec attention. Tsukki posa soudainement sa main sur l'épaule de la demoiselle.
« Ça fait longtemps »
Les mâchoires du jeune homme se resserrèrent et il déglutit : C'est tout ce qu'il pouvait dire ? Même pas de bonsoir ! Quel … imbécile, pensa-t-il. Devant un soldat en plus ! Yachi lui répondit d'un regard interloqué. Sentant la gêne de son fiancé, un sourire s'étira rapidement sur son visage. Elle devait, rattraper l'erreur qu'il venait de faire – évidemment que les nobles ne se parlaient pas de cette manière.
« Prince Tsukishima, cela faisait longtemps en effet »
La jeune femme présenta aussitôt le jeune homme à Yahaba.
« Oh oui, c'est vrai. Yahaba-san, je vous présente mon fiancé, le prince Tsukishima Kei. Tsukishima, Yahaba. »
« Enchanté ! Je… je … je suis le lieutenant Yahaba Shigeru »
Le lieutenant se redressa puis s'inclina. Le jeune homme était en quelque sorte surpris par le rictus sévère qu'exprimait le prince. Tous deux s'échangèrent un long regard. Yahaba sentit une certaine pression – le regard appuyé de son interlocuteur le rendait de plus en plus mal à l'aise. Ce dernier amena alors un peu plus loin sa fiancée, s'éloignant du jeune homme.
Le lieutenant en profita pour dévisager le prince. En fait, plusieurs questions lui traversaient l'esprit. Comment un jeune homme comme lui pouvait s'entendre la princesse ? Comment une jeune fille comme elle pouvait s'entendre avec lui ? Comment ces deux-là pouvaient-ils s'entendre ?
Tsukki émanait une aura tellement différente de la princesse. Elle était sévère, froide – tandis que celle de Yachi était chaleureuse et rassurante. Comme quoi les contraires s'attirent ? se dit-il. Puis il se souvint. Il n'était pas question de cela non plus. L'époque ou le lieu dans lequel il vivait avait même constamment affaire à ça : les mariages royaux bien entendu. Qui, n'épouserait pas l'un d'entre eux pour le sang royal ? D'autant que leurs apparences n'étaient guère désagréables – bien au contraire : Yachi était, disait-on « Mignonne », tandis que Tsukki incarnait la beauté masculine froide. Le lieutenant soupira. Le jeune homme s'était pris d'une certaine affection pour la jeune fille. Il porta sa main à la tête, puis gratta celle-ci : non, en fait, il avait vraiment de l'affection pour la jeune femme. Le jeune homme ne parvenait pas à détacher ses yeux du couple. Un sentiment de jalousie et d'envie s'exprimaient au fond de lui. Il passa de nouveau sa main sur son visage, puis inspira profondément. C'était peine perdu. Qu'espérait-il ? Le jeune homme se posait cette question lorsqu'il sentit une main étrangère se poser sur son épaule.
« Jaloux ? »
Le lieutenant sursauta. Il reconnut immédiatement cette voix – sans prendre la peine de regarder son interlocuteur dans les yeux, le jeune se retourna, en s'inclinant immédiatement :
« Votre Majesté ! Pardon, je vais … je vais retourner à mon poste » fit-il en essayant de garder son calme.
Pris en flagrant délit. Les joues du lieutenant s'embrasèrent. Le jeune homme était rouge jusqu'aux oreilles. Il ne s'attendait pas à être observé. Toujours rouge d'embarras, le lieutenant baissa les yeux, évitant le regard du roi. Oikawa, lui, fut pris d'un petit fou rire.
« Allons, allons, ne fais pas comme s'il n'y avait pas d'espoir ! »
« Votre Majesté ? »
« Je plaisante – tu peux essayer si tu le souhaites – mais je ne pense pas que sa sœur apprécierait ton intervention. Ces deux pays sont soudés tu sais. »
Oikawa sourit légèrement pour montrer qu'il plaisantait. Malgré tout, Yahaba parut mal à l'aise. Le roi tapota alors amicalement le dos du lieutenant, dont la mine grave s'accentuait. Une question trottait à la tête de ce dernier. Plus qu'hésitant, il finit par lui demander :
« Votre Majesté, j'ai une question à vous poser.. »
Shigeru détourna ses yeux sur le côté, sans bouger la tête. La question était définitivement gênante. Voir osée, pour quelqu'un de son rang. Mais le roi n'y fit pas attention.
« Je t'écoute »
« Il y a quelques jours… lorsque j'ai rencontré Kyoutani, le directeur a parlé de quelque chose avec le conseiller Hanamaki et le commandant Matsukawa… »
Oikawa écarquilla d'abord les yeux avant de reprendre.
« Je t'arrête tout de suite – n'essaies pas apprendre plus. » fit-il d'un ton soudainement hautain.
« Je suis désolé ! »
Le roi prit une profonde inspiration. Il leva les yeux, portant alors de nouveau son attention vers Kiyoko. Cette dernière, s'était entrepris de discuter avec de nombreux politiciens. Visiblement elle avait du succès. On ressentait cependant une certaine distance. La jeune femme répondant que formellement aux questions qu'on lui posait – sans pour autant parler d'elle. Elle répondait de temps à autre, tout en ayant un regard détaché. Cela intriguait Oikawa. A quoi pensait-elle ?
« Ne t'en fais pas, tu l'apprendras bientôt » reprit-il.
Aussi, le jeune homme détourna son regard, puis marcha en direction de Kiyoko. Sa course fut soudainement arrêtée. Arrêtée par une personne qu'il connaissait plutôt bien. Le roi écarquilla les yeux. Devant lui, se tenait son demi-frère, Iwaizumi Hajime. Ce dernier lui demanda une conversation en privée, tous les deux. Oikawa taquina gentiment ces propos. Mais Iwaizumi n'était pas d'humeur à rire aussi, le général tira sur la manche du roi, l'emmenant loin de la foule.
L'espace d'un instant, le roi sentit une aura meurtrière s'abattre sur lui. Un frisson lui parcourut l'échine. En effet, Iwaizumi le fusillait du regard. Déstabilisé, Oikawa recula de quelques pas – les colères de son demi-frère, étaient en quelque sorte effrayantes. Il n'en gardait jamais un très bon souvenir. Le jeune homme n'espérait qu'une chose : avoir le moins mal possible. Il eut espoir – Iwaizumi n'avait encore rien dit après tout. Mais le général s'approcha soudainement de lui, le visage déformé par la colère. Oikawa leva puis croisa ses mains en guise de protection, puis ferma les yeux, attendant le coup de frappe. Mais rien ne se produisit. Il ouvrit un œil, de manière à voir ce qu'exprimait son interlocuteur.
« Tout à l'heure… »
Oikawa ne savait pas à quoi s'attendre mais il trouvait étrange, de voir son demi-frère garder calme.
« Ouais ? »
« Pourquoi tu as fait ça ? »
« Ça ? »
Le roi essaya de se remémorer de ses actes pendant la soirée. Il y en avait beaucoup trop.
« Oui, ÇA ! Avec Kageyama » reprit Iwaizumi en haussant le ton.
« Oh… ouais… pardon. Je n'ai pas pu m'en empêcher. »
Oups, fit-il intérieurement. C'était tout, sauf la chose à dire. Mais c'était déjà trop tard : à peine eut-il pensé cela qu'il voltigeait déjà dans les airs. Il atterrit brutalement, sur les fesses, quelques mètres plus loin.
« T'en empêcher ? » répéta Iwaizumi excédé « Il RESTE UN ANCIEN HABITANT DE NOTRE PAYS »
Je sais, pensa Oikawa. Iwaizumi serra les poings. Les membres du général tremblaient de colère. On avait l'impression que son aura meurtirère s'était davantage propagée.
« IL RESTE UN DE MES ELEVES ! » finit-il par lâcher.
Oikawa écarquilla les yeux. C'est vrai. Le roi se souvint l'avoir vu enseigner. Le général, au milieu de plusieurs soldats et parmi eux, un gamin du nom de Kageyama Tobio – une élite montante à travers le pays. Le jeune homme ne savait pas pourquoi, mais il le détestait. Il comprit cependant très vite la raison : le nom du garçon revenait de plus en plus à la bouche des gens de la cour. Iwaizumi en premier, qui claironnait régulièrement ses exploits. Le général n'hésitait cependant pas à être très sévère – mais éprouvait également du respect de l'affection presque quasi-fraternelle envers son disciple. Ainsi, une certaine jalousie s'était constituée dans l'esprit du roi. Il se souvint soudainement d'une conversation qu'il avait eue avec ce dernier.
Oikawa ferma les yeux puis soupira. Il avait beau essayé de s'en débarrasser, de l'oublier, ce nom revenait donc toujours.
« Ne fais pas cette tête, je suis sûr qu'il s'en remettra... »
Enfin, j'espère. Iwaizumi lui adressa un regard noir.
« Evidemment. Mais il n'y a pas que ça. »
« Quoi ? »
« J'aimerais sincèrement que t'arrêtes de jouer les gosses, quand tu es hôte – on nous regarde, tu sais ».
Ces mots-dit, il détacha son regard de son interlocuteur, puis repartit vers la salle de réception. Oikawa, qui le vit s'éloigner, se leva, avant d'en faire de même.
Les membres de la jeune fille tremblaient. Enfin presque, ils ne tremblaient pas – mais elle sentait une faiblesse gagner ses jambes. De plus en plus d'invités d'étaient rassemblés autour d'elle. Tsukki, lui, demeurait impassible, contemplant leurs visages d'un air évasif. Sa fiancée le fixa du regard. Comment pouvait-il rester aussi calme ? On n'arrêtait pas de les regarder. Le moindre faux geste serait fatal. Le cœur battant, elle porta maladroitement ses deux mains à son verre – vide, depuis un moment.
« Tu veux boire quelque chose d'autre ? » lança-t-il soudainement.
Yachi releva ses yeux. Avait-il bien dit ? Tsukishima venait d'employer le mot tu ; puis elle se souvint pourquoi – personne n'était suffisamment proche pour écouter leur conversation. Ils pouvaient donc, parler plus ou moins normalement.
« Non merci, ça ira… je n'ai plus très soif. » lui répondit-elle d'un ton nerveux.
Le prince soupira. L'ambiance avait toujours été ainsi entre eux –guère amicale – enfin si, un peu – parce qu'il le fallait. Sinon comment s'entendraient-ils ? Parce qu'il était son « fiancé », le prince faisait de nombreux efforts pour lui adresser la parole. En tout cas, c'est que lui avait demandé son frère. Le jeune homme se souvient alors, des conversations qu'il avait eues avec la jeune fille. Le Roi Akiteru arrivait parfaitement à communiquer avec elle contrairement à lui.
En effet, avec lui, l'atmosphère était toujours calme, tranquille – et Yachi, qui avait pour réputation d'avoir la conversation « facile », restait constamment silencieuse à ses côtés. Cela arrangeait d'ailleurs le jeune homme celui-ci n'aimait guère les piailleries féminines - d'un autre côté, cela l'attristait. Bien que se connaissant depuis longtemps, il n'a jamais pu avoir une conversation « normale » avec elle. Ainsi, il se demanda rapidement pourquoi, Yahaba – qui venait alors de la connaitre - arrivait à la faire sourire.
Tsukki ne ressentait pas une grosse affection pour cette dernière – même, parler avec la jeune fille le laissait complètement indifférent. Cependant, son rang lui rappelait sans cesse « l'affection » qu'il devait éprouver sur cette dernière. Ainsi, l'adolescent suivit les conseils de son frère – ils s'écrivirent, communiquèrent régulièrement. Aussi se posa-t-il, une question : pourquoi la jeune fille ne venait pas lui rendre visite ? Le jeune homme le savait bon nombres de jeunes nobles auraient rêvé d'être à sa place. Or, Yachi demeurait discrète, pire encore, elle en avait même fait sa réputation. Le jeune homme mourrait d'envie de lui poser la question. Le Royaume de Fa, était réputé pour son empire académique – nombreux princes et princesses, venaient étudier dans son pays alors pourquoi la jeune femme poursuivait-elle ses études au sein du sien ?
Un flot de souvenirs immergea sa tête. Tsukki se revoit alors, quelques années plus tôt – ses parents encore vivants à cette époque – regardant les allées et venues des membres de sang royal des pays voisins. Parmi eux, une tête qu'il connaissait plutôt bien : Oikawa. Le jeune homme se souvient d'avoir aperçu son frère discuter avec ce dernier. Après ça, une main chaleureuse lui tapotait la tête – on l'emmenait ensuite voir son précepteur. Tsukki secoua la tête, relevant ses lunettes, le regard débité. Il n'aimait pas se remémorer de ça. Le comportement de sa fiancée le fit revenir reprendre ses esprits. Yachi s'éloigna de lui, excusant une urgence. Interloquée, il n'eut pas le temps de réagir quand il vit sous ses yeux, la jeune femme disparaitre dans la foule.
Yachi pressa le pas, avec un minimum de grâce. Ses petits talons claquaient sur le sol – semblables aux sabots d'une biquette. On lui en avait d'ailleurs fait la remarque. Mais la princesse n'était pas d'humeur à plaisanter. Quelque chose de grave venait d'arriver. La jeune fille avait entendu parler d'un malaise – au début calme, Yachi perdit son sang-froid quand elle entendit « Garçon aux cheveux oranges ». Des personnes comme lui, il n'y en avait pas des masses. Bien au contraire, ils étaient d'une rareté extrême. La jeune fille se disait cela mais se souvint qu'elle était également semblable à eux. La princesse avait de cheveux blonds, des yeux noisette, et une peau trop pâle par rapport aux habitants de son pays. Son physique ressemblait davantage aux citoyens du royaume de son fiancé. Cette remarque lui avait d'ailleurs déjà été faite.
La princesse secoua la tête, accélérant un peu plus. Cherchant du regard ses deux soldats. De toute façon, ils ne devaient pas être ici. Il y avait beaucoup trop de monde et franchement, qui, pouvait rester dans un tel endroit ? La salle de réception était bondée d'invités – cette dernière étant un véritable musée, on se serrait en prenant la précaution de ne pas casser les merveilles qui décoraient la pièce.
En voyant cela, Yachi en fit la réflexion : le roi avait-il fait exprès d'exposer autant d'œuvres dans cette salle ? Après avoir vu son comportement avec Kageyama, des doutes demeurèrent. . .
Ce paysage, il ne le connaissait pas. Des vastes plaines vertes s'étendaient à perte de vue. Devant lui, une femme, probablement plus âgée – était de dos – aux cheveux à la couleur similaire à la sienne. Son corps, sa forme. Tout le semblait familier. Puis, une autre personne – familière – cette dernière, avait l'air de lui parler.
« Noah. »
Soudain, le ciel, au début immaculé, s'assombrit, plongeant tout ce qu'il voyait dans une obscurité totale. Du noir, du noir, du noir – un rêve totalement noir dont il pouvait s'en échapper. Le garçon se mit alors à courir. Il courut, courut et là - une ouverture blanche. Il la traversa, apercevant quelque chose au loin. Un visage fantomatique. Totalement flou. Le visage était immobile mais il sentit ses lèvres bouger. Il dit quelque chose. De plus en plus fort pour l'atteindre.
« OÏ, HINATA! »
On l'appelait. Cette voix, il la connaissait. Elle était à peine audible certes, mais il la connaissait. Cela faisait un peu plus de huit mois qu'il l'entendait. Tous les jours. Une voix criarde, rude, hautaine et de temps en temps amicale. La voix de son partenaire, Kageyama Tobio. Ce dernier se tenait debout, à ses côtés, les mains plaqués sur le lit – faisant attention à ne pas toucher son coéquipier. Hinata voyait toujours flou. Il essayait de souvenir de quoi il s'était passé. Petit à petit, le puzzle s'assembla. Lui, emmenant plus loin son partenaire – lui, écoutant son histoire – lui, essayant de se souvenir de quelque chose…. Puis lui, pris d'une violente migraine, d'un malaise total, lui s'évanouissant. Ce n'était pas la première fois. Pourquoi ?
Le jeune homme en avait marre. Marre que les choses se produisent ainsi. A chaque fois qu'il essayait de se remémorer de son passé, le jeune homme finissait ou par s'évanouir, ou être mal à l'aise. En fait si, il parvenait, mais son passé était comme décomposé : seuls quelques fragments persistaient – des fragments qui montraient des souvenirs plutôt sombres. Des voix, des pleurs, des coups de fouet et maintenant, cette dame, de dos – sa mère peut-être ? Sans doute, oui… Il ne souvenait même plus de son visage. Les souvenirs les plus éloignés dont il parvenait à se souvenir datait d'à peine un an, voir un petit peu plus. Cela rongeait son esprit. Rongeait ses rêves. Le jeune homme en faisait parfois des cauchemars, sans en connaître la raison. Sa bouche essaya de se mouvoir. Rien à faire. Il n'en avait pas la force. Son corps était comme alourdie par un poids énorme. La fatigue ? Peut-être. Il peinait à ouvrir les yeux. Ces derniers étaient trop chargés de sommeil. Des phrases comme « Tu dois oublier » « Tu ne te souviendras de rien » résonnaient dans sa tête – puis contre toute attente – un prénom : « Noah ». Qui parlait ? Le ton avait l'air âgé – familier – où avait-il déjà entendu ça ? Le garçon essaya de s'échapper de la fatigue qui l'enveloppait. Son corps était raide. Raide comme un piquet, quasiment collé au lit.
Quelques minutes s'écoulèrent.
Déjà les choses s'amélioraient. Doucement, il perçut la voix de son camarade. Au début entrecoupé, il entendit petit à petit son nom. Son partenaire le lui répétait plusieurs fois. Sa fatigue le quittait peu à peu. Le jeune homme sentit qu'il parvenait à bouger – un membre – quelque chose – il ne savait pas de quoi il s'agissait mais il se sentit déjà, moins paralysé. Le visage de son interlocuteur se distinguait de plus en plus. Apparemment, on criait toujours son nom. Doucement, Hinata parvint à tourner la tête.
Un maigre sourire se dessina sur son visage. Maigre oui, car le jeune homme n'arrivait pas à faire plus. Cela lui avait demandé un effort ultime.
Une minute passa, puis deux. Bientôt, le jeune homme commençait à discerner le lieu dans lequel il se trouvait. Visiblement une chambre. Appartenant à un membre de la famille royale sans doute. Quoiqu'elle paraissait vraiment simpliste. En fait non, il se trompait totalement – on dirait plus une infirmerie de luxe. Ses yeux parcoururent la salle. Difficilement certes, mais sûrement. Une vaste salle, au plafond haut (trois mètres de hauteur) et aux murs immaculés. Plus loin, d'autres lits. A l'extrémité de la pièce, un grand buffet massif en bois garni de fioles et autres babioles.
La voix de Kageyama le gagnait. Elle commençait à résonner en lui. Il voulut répondre mais il n'y parvenait pas. Sa bouche essaya alors de dire quelque chose. Mais le sommeil le gagnait. Non ! Il ne le fallait surtout pas ! Ses sourcils se foncèrent. Le jeune homme toussa. Oui, il devait faire quelque chose. N'importe quoi. Mais il ne devait pas rester ici. En effet, des souvenirs lui vinrent en mémoire. Le visage d'une jeune fille apparut dans son esprit. C'était celui de Yachi Hitoka. Oui, il avait pour mission de protéger la princesse ! Alors qu'est-ce qu'il faisait ici, cloué au lit à cause d'un malaise ? Il fallait se lever. La Reine avait sans doute, déjà remarqué son absence. Un nouveau toussotement. Le jeune homme discernait de mieux en mieux son coéquipier. Celui-ci s'éloigna avant de revenir vers lui, puis s'approcha. Il tenait entre ses mains, un objet, semblable à une carafe.
Dedans, Hinata crut percevoir un liquide. Il plissa les yeux. Le visage du garçon se figea un long moment avant de se crisper. Mon dieu, tout sauf ça ! « C'est quoi ce TRUC ? » hurla-il intérieurement. Il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi effrayant à boire. Un liquide verdâtre – translucide – tout sauf net. Hinata ressentit soudainement un regain d'énergie. Kageyama avait sans doute préparé de quoi boire. De l'eau oui. Mais pas ça. Bon, d'accord, cela ressemblait à un de ces remèdes miracles dont on entend souvent parler, se disait-il. Cela allait peut-être marcher sur lui … mais non. Il était hors de question de boire une chose pareille ! Ses membres tremblèrent. Il essayait de bouger quelque chose. Doucement, il arriva à bouger son bras. Son partenaire s'approcha de plus belle. Hinata plaqua aussitôt son bras sur sa bouche.
Une colère monta dans l'esprit de Kageyama. Cela faisait plusieurs heures que le jeune homme attendait le réveil de son coéquipier. Le voir se comporter ainsi, l'irritait. Aussi, il prit le bras de ce dernier. Hinata essaya de bouger son corps. Mais c'était peine perdu.
« Ne sois pas têtu et bois ça ! » hurla Kageyama.
Les yeux clos, Hinata ferma la bouche. Mais Kageyama lui fit ingurgiter le liquide. De force. Immédiatement, celui-ci lui arracha un cri de douleur. Le jeune homme recracha le liquide, toussa, puis écarquilla les yeux. Le goût était juste affreusement répugnant.
« BORDEL, TU VEUX MOURIR ? » s'écria-t-il.
Kageyama soupira. Hinata était bien décidé à ne pas coopérer. Ce dernier détourna légèrement la tête pour éviter le regard noir que lui lançait son interlocuteur. Aussi, son coéquipier fut saisi d'une idée. Certes déconcertante de sa part, mais il était cette fois-ci, certain qu'elle allait marcher. Hinata, qui voyait son partenaire avoir une idée en tête, retroussa davantage sa tête dans son oreiller, l'œil méfiant. Le jeune homme sentait que son coéquipier mijotait quelque chose. Et il avait raison.
Il fallait faire vite. Sentant que son camarade allait sans doute de nouveau esquiver, Kageyama porta soudainement la carafe à ses lèvres. D'un coup, il but le liquide, sans l'avaler. Il s'approcha brutalement de son coéquipier, percuta violemment la tête de ce dernier et colla ses lèvres aux siennes. Stupéfait, Hinata sentit le liquide passer à travers sa bouche. Les lèvres de son partenaire l'empêchaient de recracher quoique ce soit. Aussi, sentit-il une vive douleur traverser sa gorge. Sous le choc, le jeune homme repoussa son partenaire, avant d'hurler de nouveau de douleur.
« Eurk ! » cracha-t-il.
Il passa sa main devant sa bouche, comme pour effacer ce qu'il venait de se produire. Kageyama poursuivit d'un ton triomphant.
« C'est de ta faute ! »
Hinata toussa, en lui adressant un regard noir. Sa faute ? Une expression de tristesse passa sur son visage. Après tout, si les choses étaient ainsi… c'était lui qui avait souhaité connaitre davantage le passé de camarade.
« Bah ouais, si tu avais accepté de boire au lieu de faire de faire l'imbécile ! » fit Kageyama en élevant la voix.
Hinata écarquilla les yeux.
Son corps s'était brusquement recouvert d'une sueur étrange. Sentant ses joues rougirent, son visage essaya de garder une expression impassible. Ce dernier démontrait plus de la colère.
« La ferme ! » lâcha-t-il.
Ces mots firent immédiatement grimacer son camarade.
« C'est comme ça que tu me parles ? Je t'ai sauvé la vie je te signale ! Tu crois que ça me plait, de poireauter pendant des heures à attendre qu'un certain imbécile se réveille ? »
« Sauver la vie ? »
Sans se rendre compte, Hinata avait répété ces mots. Puis le jeune homme se rendit compte. Il pouvait parler. Or c'était impossible il y a quelques minutes. Juste avant que Kageyama ne lui fasse ça. Le rouge lui monta jusqu'aux oreilles lorsqu'il se surprit soudainement à revoir la scène dans son esprit. Le jeune homme secoua la tête pour oublier. Où avait-il la tête ? Ce n'était pas le moment de penser à ça ! Une mission l'attendait.
« Evidemment. Tu crois quoi ? Bon écoutes, la princesse doit sûrement nous chercher à l'heure qu'il est. Et … sa Majestée Kiyoko est déjà arrivée. » finit-il d'un ton hésitant.
Hinata se figea à cette phrase.
« Hein ? »
« Ouais, elle est déjà dans la salle. J'ai entendu des gardes en parler. »
Tout de suite, le sang d'Hinata fit d'un bon.
« Pourquoi tu n'es pas allé rejoindre la princesse ? Ça y est, c'est mort, on va être viré »
Kageyama, qui voyait son partenaire paniquer, le rassura :
« Calmes-toi, ce n'est pas le genre de la reine de faire ce genre de chose. »
« Comment tu peux savoir ? »
Son partenaire marqua un petit silence avant de reprendre :
« Je le sais c'est tout… »
Hinata fixa du regard son camarade. La mine de ce dernier s'était assombrie. Le jeune homme voulut alors lui poser la question : Quelque chose ne va pas ? était au bout de sa langue. A peine eut-il ouvert la bouche que Kageyama prit de nouveau la parole :
« Et toi, tu vas mieux ? »
Son interlocuteur écarquilla les yeux. Il mit ses mains à sa gorge tout en portant un regard sur sa poitrine. C'est vrai ça, le jeune homme avait complètement oublié ! Le liquide avait depuis longtemps agi et déjà, Hinata sentit ses membres s'apaiser. En fait, il pouvait quasiment bouger.
« Ouais. Merci Kageyama et … désolé pour ça »
« Pas de quoi »
Un bref instant s'écoula. La prédiction qu'avait faite Kageyama plus tôt, s'avérait juste. Quelques minutes s'écoulèrent et on toqua à la porte. Une domestique (aussi habillée d'une tunique blanche et bleu-vert), fit interruption. La dame, coiffé d'un chignon impeccablement relevé – montrant une chevelure absolument lisse et sans parfaite- était accompagnée d'une jeune femme. Les deux coéquipiers reconnurent aussitôt l'étrangère qui entra dans la pièce. Aussi, se redressèrent-ils immédiatement avant de présenter leurs excuses. La princesse Yachi Hitoka. Celle-ci tira une mine effroyablement effarée quand elle vit Hinata au lit. L'adolescente se tint la tête entre les mains tandis que des larmes s'écoulaient silencieusement sur ses joues.
Heureusement, Kageyama la rassura. Le jeune homme, bien qu'habitué aux expressions effrayés qu'exprimaient ses anciens clients, n'était toujours pas habitué à voir la princesse ainsi. Hinata ressentait à peu près la même chose. Même, ce fut plus un sentiment de panique, qui l'émergeait. Le jeune homme se mit maladroitement à gesticuler des bras en s'excusant d'innombrable fois.
Son comportement fit Kageyama exprimé un air gêné. D'habitude imperturbable, le jeune se sentit pour la première fois, un peu perdu. Perdu dans un sens, parce que pour la première fois, le jeune homme maitrisait à peine la situation, ce dernier normalement habitué à ce genre de choses.
Le jeune homme marqua une courte pause avant de proposer à la princesse, de rejoindre la salle de réception. Cette dernière accepta à condition de voir son coéquipier sur pied. A peine eut-elle dit ça, qu'Hinata quitta le lit, en se relevant d'un bon (tout en s'excusant de nouveau au passage – mais avec un merveilleux sourire aux lèvres cette fois.). Toujours souriant, il expliqua ensuite qu'il se portait mieux, puis invita la jeune femme à sortir, afin de regagner la salle de réception.
A suivre…
Et voilà ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Alors,… qu'en aviez-vous pensé ? N'hésitez pas à faire part de vos avis ! Je serais ravie de le savoir ! Je ne sais pas exactement dans combien de temps je pourrais le publier mais bon… on se revoit dans le prochain chapitre !
