Heeeeey !

Ouaip. Une revenante ? Naaaan, je prends juste mon temps à écrire… vous allez bien ? J'ai de moins en moins de temps ces temps-ci mais j'essaye de vous proposer quelque chose de correct. Bref, je vous souhaite une excellente lecture ! On se revoit en fin de chapitre !


« Entre la vérité et le mensonge »

Chapitre 6

Quelque part dans le monde…

Toujours haletante, la jeune femme courait. Le vent froid sillonnait à travers les rues, tandis que la terre durcissait au fur et à mesure de ses pas. La peur et la défiance dans les yeux, la détresse de la jeune femme était presque palpable. Le bruit, terrifiant, roulait tout près d'elle l'homme qui la poursuivait, s'approchait. La jeune femme tourna brusquement dans le croisement d'une rue afin de reprendre son souffle. Tétanisée par la peur, elle se racla la gorge un instant avant de reprendre sa course. Mais elle sentit ses pieds tressaillir. La bise lui glaçait les moelles. Elle sentit son souffle s'engluer dans sa gorge - elle baissa les yeux, et vit ses mains se crisper de peur. Cette dernière lui tordait les boyaux. Sa chevelure ondulait de sueur et claquait le vent qui s'était levé. Un frisson lui parcourut l'échine. Sa fatigue la trahissait, et elle tomba à terre avant de tenter vainement de se relever. Il ne lui restait plus que quelques heures. Non, il ne lui restait plus quelques minutes. Non, plus quelques secondes. L'Homme approchait. La proie (c'était elle), n'était plus qu'à quelques mètres de lui. Aussi, la jeune fille sentit l'ombre de l'homme se tenir derrière elle. Elle détourna le regard, avant que ses yeux ne soient figés d'effroi.

Elle demeura sans voix, les mots qu'elle cherchait à dire se dérobaient tous, laissant place à un petit gémissement inaudible. Ses yeux parcoururent l'homme qui se tenait devant elle, avant de buter devant ces yeux – des yeux rouges, assassins, d'une aura meurtrière saisissante. En un seul instant, ils purent s'échanger un regard. La bouche de l'homme souriait mais les traits de son visage étaient animés d'une froideur profonde. Bientôt, la vue qui s'offrait devant lui allait devenir un spectacle sanglant. Aussi, les lèvres de ce dernier allongèrent un sourire sadique avant de se mouvoir. Il effleura son masque tandis qu'il susurrait quelque chose. La jeune femme, elle, tendit l'oreille – puis entendit à sa plus grande surprise, l'homme fredonner :

« Baki Baki ni ore, Nani wo?

Kokoro wo dayo ~

Konagona ni kudake, nani wo?

Seishin wo dayo .. »

La femme frémit. Ses yeux s'écarquillèrent davantage tandis que son visage perdit toute sa couleur. Il chantait. Il éprouvait un désir sadique d'exterminer ses victimes ! La femme se mit alors à regarder autour d'elle. De l'herbe, de la roche, des dalles froides, noircies par la pourriture et enracinées dans la terre – le couloir était sombre et désert : il n'y avait aucun témoin à part elle seule, son âme et l'assassin. De son courage, la jeune femme lui finit par hurler de l'épargner. Mais l'homme ne répondit pas. Au contraire, il semblait robuste et plus imposant encore. « Ce type est immonde » pensa fortement la jeune femme, « Immonde, immonde, immonde ». Ses yeux qui se levèrent, laissaient maintenant place à un regard remplie de haine. Aussi, l'assassin leva son bras, le sourire toujours accroché aux lèvres avant de dégainer de sa poche, un poignard. La lame luisait d'une brillance inouïe à la couleur macabre du ciel. Le jeune homme s'approcha alors de quelques pas de sa victime et la tua.


Empire de Ja – Capitale Bu

Cette femme venait de lui sauver la vie. L'inconnu ouvrit les yeux, le visage entre les mains. C'était les ténèbres dont elle venait de l'octroyer. Des ténèbres sombres et faramineuses.

De courts frissons le secouaient. Il ferma, puis cligna plusieurs fois des yeux afin de reprendre ses esprits. Où était-il déjà ? La dernière chose dont il se souvenait était d'avoir vu cette femme, mettre sa main sur son épaule, et l'emmener au loin, dans une ruelle dérobée. Puis, exténué, il se serait laissé tomber de fatigue – car après ça, c'était le noir total. Non, pas vraiment en fait, il ne restait plus quelques fragments - il se souvint s'être réveillé, secoué par un rêve brutal avant de rendormir. L'inconnu détourna un œil vers la jeune femme. A sa plus grande surprise, cette dernière ne l'avait pas détaché des yeux. Ainsi, ils échangèrent un long regard avant que l'homme ne commence à bouger. A côté de lui, il y avait une petite table ronde, dont la surface était surmontée d'une tasse de thé aux fruits rouges ainsi qu'une petite bouteille. Le contenu de cette dernière était rempli d'un liquide violacé. Sans doute un élixir pour reprendre ses forces. La jeune femme s'approcha, saisit ce dernier, puis porta alors doucement l'élixir aux lèvres du jeune homme. La saveur fruitée du liquide sur ses papilles, lui fit davantage courber le dos, avant que celui-ci ne se redresse brusquement. Le jeune homme commençait enfin à reprendre des forces. Certes, il avait fui toute la nuit afin d'échapper aux gardes mais pour une fois, il pouvait enfin prendre un peu de répit. L'homme se leva, difficilement , puis poussa un nouveau gémissement de douleur. Le jeune homme baissa les yeux : c'est vrai, il était blessé. Aussi avait-elle entrepris de le soigner. Combien de temps s'était-il écoulé depuis ?

La femme l'aida à se lever. L'étranger la remercia, ce qui fit sourire cette dernière. Il se mit alors à mieux l'observer. C'était une femme jeune, bien plus grande que la moyenne, brune, jolie, où la peau nacrée faisait ressortir des pommettes rosies. Elle avait une longue robe soie crème, drapée, tombante et un peu translucide comme le voulait la mode de l'Empire, qui laissait transparaitre son débardeur blanc et son pantalon uniforme. L'étranger voulut proférer quelque chose, mais buta – le jeune homme voulait lui demander son nom mais se souvint que cette dernière lui ayant sauvé la vie, n'avait également pas le sien. Vu les circonstances, la question pouvait très bien se retourner. Et s'il se faisait dénoncer ? Le souvenir d'avoir vu des affiches placardées à son nom lui revint en mémoire. Peut-être était-elle complice ? Le jeune homme se redressa, attendit que sa sauveuse le regarde pour froncer les sourcils :

« Pourquoi m'avez-vous sauvé ? » lança-t-il.

Il avait le ton froid, sec et impoli – l'homme s'en voulait un peu mais c'était le seul moyen de la faire réagir. La jeune femme le regarda de ses grands yeux ronds. Doucement elle saisit une chaise, la mit près du lit, puis s'installa – de manière à que ses yeux atteignent ceux de son interlocuteur. Les cheveux dans la face, la poitrine redressée, elle engagea :

« Je ne sais pas » confie-t-elle « Je vous ai vu courir là, entre les ruelles alors que je partais travailler. Vous m'aviez l'air épuisé »

La grande brune prit un air grave. Elle avait la voix morne, la tête immobile, et fermait par instant ses yeux sous la clarté de la lune. Elle sentait l'inconnu poser un regard appuyé sur elle, un regard rempli de doutes. « Peut-être qu'il pense que je suis une mauvaise personne » se disait-elle. Les mots qu'elle cherchait à dire étaient au bout de ses lèvres. La jeune femme elle-même, se demandait pourquoi elle l'avait sauvé. Au bout d'un silence, elle reprit :

« Vous m'aviez l'air d'être une honnête personne pour être poursuivie, je ne crois pas que votre place soit au sein de la prison du château »

L'homme écarquilla les yeux. Cette inconnue connaissait-elle les détails ? Plus la jeune femme parlait, plus il l'intriguait. La demoiselle paraissait bien sûr d'elle pour l'avoir sauvé.

« Vous savez qui je suis ? » finit-il par demander.

Contrairement à ce qu'il pensait, la jeune femme secoua la tête. Dans ce cas-là, pourquoi l'avait-elle sauvé ? Le jeune homme se mit à faire un regard circulaire. Cette pièce, cette chambre il avait l'air de la connaitre. Puis il comprit : le jeune homme se trouvait dans une chambre quelque peu ordinaire : elle était petite, sous des combles – là, luisaient les rayons de lune traversant gentiment la petite lucarne qui servait de fenêtre. Son regard se porta alors sur cette dernière – allongé, il était trop loin pour voir à l'extérieur, aussi se glissa-t-il hors du lit afin d'apercevoir quelque chose. Mais la jeune femme l'arrêta.

« Vous n'êtes pas encore remis Monsieur » fit-elle.

« La f… où je suis ? »

Il eut un temps de silence. La jeune femme hésita à répondre. Puis elle ferma les yeux et déclara :

« Dans une annexe du Palais de Bu »

Le jeune homme écarquilla les yeux. Une annexe ? Cette demoiselle ferait donc partie de la garde royale. Aussitôt ait-elle dit ça qu'il se dégagea de sa main, en reculant de quelques pas.

« Alors tu fais partie d'eux toi aussi ? Où sont-ils, histoire que je me les fasse ? » S'écria-t-il en la foudroyant du regard.

Le jeune homme pour être furieux, l'était oui. Ses yeux lançaient presqu'un regard meurtrier. Mais ce qui le contrariait le plus était de s'être fait avoir si facilement. Seulement, il était trop blessé pour pouvoir s'échapper. Aussi scruta-t-il avec attention la porte de la chambre, prêt à sortir. Il porta de nouveau son regard sur la jeune femme, inondé de mépris :

« Tu es venue faire quoi, avec moi ? Me vendre ? Dis ce que tu veux, histoire que je sache » vociféra-t-il « Vous… vous tous, vous êtes tous pareils ! »

« C'est faux ! »

L'homme leva les yeux, surpris. La jeune femme, tremblante, lui adressait un regard d'une sincérité déconcertante des larmes roulaient sur ses joues. L'homme sentit qu'elle ne regrettait pas ses paroles, comme si la jeune femme souhaitait vraiment le sauver…. Si c'était le cas, pourquoi ? Peut-être mentait-elle ? Peut-être connaissait-elle son secret, mais ne souhaitait pas l'avouer ? L'homme se méfiait de ce visage – pourtant il put s'empêcher de ressentir une certaine douceur – mais aussitôt eut-il pensé cela qu'il secoua la tête, comme pour effacer l'empathie qu'il éprouvait envers cette dernière. Saisie par le visage qu'exprimait son interlocutrice, il eut alors une idée. Ce n'en était pas vraiment une, car au final, il fallait bien commencer les choses ainsi. Aussi, lui demanda –t-il son prénom, son nom, ceux à quoi elle répondit tout de suite.

« Je m'appelle Kanoka Amanai » fit-elle.

« Tu fais quoi ici, exactement ? »

« Je suis la domestique attitrée de Kiyoko Shimizu, la Reine »

Aussitôt eut-il entendu ce nom que le jeune homme détourna les talons, agrippant les épaules de la jeune femme.

« Tu la connais ? »

« Bien entendu »

L'homme déglutit. Peut-être au final, pouvait-elle l'aider ? Mais pourquoi une domestique l'aiderait ? Un étrange sentiment envahissait son cœur – de l'affection peut-être ? Non. En fait, il avait l'impression d'être tombé sur la bonne personne. D'un autre côté, il ne souhaitait pas se « servir » d'elle. Cette jeune femme lui avait sauvé la vie – ça il devait s'en souvenir. Se sentant légèrement emporté, il relâcha la jeune femme, avant de prendre une longue inspiration. Trop de question se posaient. Il se tourna alors vers elle, en lui demandant la question fatidique. S'il était possible pour elle, de demander à Kiyoko, de demander aux gardes de la poursuivre. Mais à peine eut-elle ouvert la bouche, qu'on toqua à la porte.

Immédiatement le jeune homme saisie la couverture, et s'engouffra dans le lit. Puis, se rendant compte de sa bêtise, il se leva brusquement, s'apprêtant à trouver une autre cachette. Mais ce fut trop tard : la porte était déjà ouverte et deux personnes trônaient déjà, devant l'embrasure de la porte. Ces personnes, Kanoka les connaissait bien. Elle était même constamment sous leurs ordres. Même si Kiyoko restait sa priorité :

« Conseiller Takeda, Conseiller Ukai ! » fit-elle en s'inclinant.

La domestique écarquilla alors les yeux – portant son regard sur l'étranger qu'elle venait de sauver.

« Ah ! Euh… Je peux tout vous expliquer… » poursuivit-elle.

Elle rougit légèrement, balbutiant à la fin de sa phrase. La jeune femme craignait le regard de ses supérieurs. Ukai, qui observa un instant l'inconnu –demeura le regard froid, examinateur – analysant de la tête au pied l'intrus de la pièce. Ce dernier se sentit soudainement mal à l'aise mais également intrigué par la situation : en effet, il s'attendait qu'ils crieraient aux gardes, à la sécurité. Or ce fut l'exact contraire qu'il s'y produisit. Ces derniers restaient calmes, le scrutant calmement sans rien dire. Aussi, Ittetsu prit une courte inspiration avant d'enfin prendre la parole :

« Et bien Mademoiselle Kanoka, j'attends vos explications. »

La domestique s'exécuta et raconta tout : l'inconnu ensanglanté, poursuivi, le fait qu'elle l'ait ramené à sa chambre, qu'elle l'ait soigné mais qu'elle ait surtout, envoyé une lettre à l'Impératrice. Elle termina presque son récit avec une pointe d'amertume mais fit soudainement la remarque qu'elle ne regrettait absolument pas ses actes : ceux à quoi, choqua quelque peu le Conseiller. Ce dernier prit une douce inspiration avant de porter de nouveau son regard vers l'inconnu :

« Bien jeune homme, saches que nous affectionnons particulièrement cette domestique, sur toutes les fois où elle a jugé une personne elle ne s'est jamais trompée »

L'inconnu, surpris, écarquilla les yeux :

« C'est une voyante ? »

« On peut dire ça oui. »

Ces mots-dit, l'intéressée détourna soudainement le regard appuyé des invités présents. La jeune femme se sentait quelque peu gênée de révéler une certaine partie de son identité. Aussi, elle s'inclina de nouveau, en s'excusant. Puis, ses supérieurs portèrent de nouveau leur regard sur l'inconnu, lui demandant enfant son prénom. L'homme, d'abord anxieux, se mit à réfléchir. Outre cette femme, qui pourrait à tout moment le démasquer, dans tous les cas, personne ne le connaissait suffisamment bien – il fallait juste, faire attention.

« Tanaka Ryunnozuke »

Il adressa ensuite un regard désolé envers son interlocutrice :

« Pour tout à l'heure, désolé de m'être comporté ainsi ».


Empire de Jen – Capitale Wu

Elle le voyait s'approcher. Il était tout proche, à quelques mètres – des dizaines de mètres – et portant, elle ne discernait que la forme de son corps. Elle ne voyait ni son visage, n'entendait ni sa voix – que de grands yeux fins et rouges, ainsi que des cheveux d'un aspect fantomatique. Elle sentait qu'elle connaissait cette personne. Mais où l'avait-elle déjà vu ? Elle lui paraissait si familière, si nostalgique. Soudain, la forme bougea, se tourna brusquement vers elle ses lèvres, avaient l'air de dire quelque chose :

« Tu n'aurais jamais dû faire ça »

Pleine de stupeur, ruisselante de sueurs, Kiyoko sortait doucement de ce rêve étrange. Elle n'aurait donc jamais une nuit de répit ? Bien sûr que non. Le bal se poursuivait, à quoi pensait-elle ?

Allongée sur son oreiller, Kiyoko laissa gagner les souvenirs en elle. Elle passa ensuite sa main sur son visage, secoua un peu ses cheveux et inspira profondément. Arquant son corps, elle s'étira et ouvrit avec précaution ses yeux, de manière à conserver en souvenir, ce rêve, en elle. Elle avait beau faire des cauchemars tous les jours, pour la première fois, celui-ci s'avérait insolite : la jeune femme avait peut-être vu quelques formes blafardes depuis mais elle n'avait jamais entendu de voix – et celle de ce cauchemar était particulièrement distincte. Elle se blottit davantage dans son oreiller en pensant à cela, mais la brusque pensée d'un bal lui monta à la tête – en effet, la jeune femme venait tout juste de s'évanouir ! Elle voulut repousser sa couette mais quelque chose percuta soudainement son geste. Elle se leva, et vit sous ses yeux un magnifique spectacle : c'était sa sœur, Yachi, à moitié allongée sur le lit. La jeune fille dormait, la joue appuyée sur son bras nu. Le mouvement de Kiyoko la fit réveiller. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, paniquée, elle s'écria, un cri qui attira plusieurs personnes autour du lit. Kiyoko souffla. Heureusement qu'elle les connaissait tous – ainsi Kageyama et Hinata arrivèrent en trombe, accompagné de Tsukki. Oikawa, lui, avait appris la nouvelle mais devait continuer de réceptionner la fête. L'absence de l'hôte et d'une invitée relativement célèbre serait trop voyant. Kiyoko, qui voyait la détresse naissante dans les yeux de sa sœur, lui tapota amicalement l'épaule. Les yeux brillants, celle-ci était en larmes, se répandant en excuses – on ne savait pas de quoi elle s'excusait – mais Yachi avait juste l'impression qu'elle devait le faire. Aussi, cette dernière se calma quand la voix rassurante de sa sœur lui vint à l'oreille.

« Ne t'en fais pas » fit-elle « C'est juste du surmenage »

Kiyoko ne s'y attendait pas, mais cette phrase horrifia encore plus sa sœur. La mine décomposée, elle s'écria :

« Surmenage ? Il faut te reposer dans ce cas-là » fit en commençant de nouveau à paniquer.

« Calmes-toi »

La princesse se calma aussitôt – ce n'était pas rare qu'elle soit dans cette état : son esprit avait souvent tendance à céder à panique. Kiyoko quant à elle, s'était toujours posée la question : devait-elle donner une terre ou quelque chose dans le genre, à administrer afin que sa sœur ait un meilleur contrôle d'elle -même ?

En effet, bien que l'enfant ait eue une excellente éducation, elle se laissait facilement submerger par les émotions. Hinata demeurait encore anxieux face cette scène, le jeune homme avait bondit de surprise après l'avoir vu allongée, presque morte, sur le sol. Aussi, lui demanda-t-il si cette dernière se portait bien, ce à quoi elle répondit d'un « oui » catégorique. Ces mots-dit, on toqua à la porte. C'était l'infirmière, une grande dame à la figure un peu trop allongée, entra. Ses lèvres abordèrent naturellement un sourire lorsqu'elle demanda à la Souveraine Kiyoko, si cette dernière se portait bien. Kiyoko se contenta de hocher timidement la tête, avant de se préparer à se sortir du lit. Mais aussitôt s'apprêtait-elle faire cela que la grande dame l'arrêta, en lui tendant une petite enveloppe.

« Bien Madame, apparemment, cette lettre est de la part de quelqu'un de votre pays ! » fit-elle.

Kiyoko haussa un sourcil. Sa sœur, qui l'observait, semblait également surprise.

« Comment ? J'avais bien précisé de ne pas être dérangée pendant ces trois jours… »

« Je ne sais pas Madame, nous avions reçu cette lettre en urgence ».

Kiyoko leva les yeux visiblement cela semblait sérieux. Personne dans le Royaume, n'avait osé déranger la Reine chaque fois que celle-ci se déplaçait. Aussi, elle saisit l'enveloppe, avant d'en déchirer le dessus, et d'en lire le contenu. Au fur et à mesure que ses yeux lisaient la lettre, le visage de la jeune femme afficha une expression de plus en plus intriguée. Yachi qui voyait sa sœur troublée, ne put s'empêcher de lui demander ce qu'il n'allait pas. Mais Kiyoko ne répondit pas. D'un geste précipité, la jeune femme plia la lettre et la rangea.

« Il faut que je rentre. » déclara-t-elle soudainement.

Elle avait dit cette phrase avec le sourire. Mais il y avait un tremblement léger dans sa voix, un malaise qu'elle semblait dissimuler sous cet éclat de gaieté.

« Hein ? » s'exclamèrent l'assistance.

« Grande Sœur ? » lui demanda Yachi en écarquillant les yeux « Mais… la fête n'est pas terminée ! Je croyais qu'il fallait attendre la… »

Ses paroles furent aussitôt coupées par la Reine :

« Tu représenteras notre pays pour les dernières heures, à l'aube, une voiture ira te chercher. Kageyama, Hinata, je compte sur vous pour assurer sa sécurité »

« Bien, votre Majesté » répondirent-ils.

Yachi n'eut pas le temps de dire quoique ce soit que la Reine était déjà prête à quitter la fête.

Aussi brusquement ? se disait-elle – si c'était une urgence, elle voulait en connaitre la raison… mais sa sœur n'avait pas l'air de vouloir en dire davantage : cela la fit questionner encore plus. Puis lorsqu'elle eut enfin le courage de lui demander, Kiyoko, la regarda, d'un sourire sincère : « Ne t'en fais pas. J'ai juste reçu une lettre de Mademoiselle Kanoka » lui avait-elle répondu. Kanoka… ce nom lui disait quelque chose. Puis la princesse se souvint. « Mais oui ! C'est la fameuse domestique qui possède un don de voyance ! ». Elle avait dit ces mots, en plaquant son poing dans sa main. La jeune fille se mit à réfléchir. Elle voulait quitter cette fête. Elle se mit avant tout à réfléchir. Non, de toute façon, la fête était bientôt terminée.

Oikawa observait d'un œil intéressé, la Reine Kiyoko s'en aller précipitamment. La dame lui avait présenté ses excuses plus tôt. Un chauffeur, qui l'attendait, ouvrit la portière – la jeune femme rentra en voiture puis salua de sa main Kageyama, Hinata, Yachi et Tsukki qui la virent s'éloigner.

Le roi esquissa un sourire avant d'avancer alors à la hauteur des invités.

« Ça me fait plaisir que vous soyez restés » » avait-il dit. Il jeta un sourire narquois envers Kageyama, qui l'évita aussitôt du regard. A cet instant, le roi demanda soudainement une discussion avec lui - demandant à ses camarades de le laisser seul. Yachi et Hinata s'éloignèrent d'un pas inquiet (Tsukki ne broncha même pas, le jeune homme était déjà parti depuis un bout de temps) – cela ne présageait rien de bon lorsqu'on se retrouvait seul avec le roi – mais étrangement, le fait que soit Kageyama les rassurait. Celui-ci d'ailleurs, s'était étonné, approuvant d'un hochement de tête – tout en gardant une mine perpétuellement neutre.

Deux minutes s'écoulèrent, puis trois. Kageyama resta un instant embarrassé. Un long silence s'était installé. Ils étaient restés là, à s'échanger des regards obliques depuis cet instant, court certes mais qui demeurait intensément long. L'ambiance pesante était comblée par les rires des invités dans la salle, qui s'entendaient au loin.

Puis doucement, Kageyama commença :

« Tu voulais me dire quelque chose ? »

Il ne pouvait s'en empêcher, sa voix était froide et sa question sec. Il se sentait légèrement coupable de s'adresser à lui de cette manière. Oikawa détourna les yeux. Il examina d'un coup d'œil le jeune homme. La face large de son interlocuteur exprimait soudainement une grande défiance.

« Pas vraiment en fait. » finit-il par répondre en fermant un œil « Je suis juste content, que tu te portes aussi bien Tobio-chan. »

Kageyama écarquilla les yeux – il savait que sa présence l'insupportait – depuis cette discussion dont il eut soudainement le souvenir – la sympathie soudaine du roi le secoua de frissons.

« Ne fais pas semblant » fit-il d'un ton sec « Moi aussi je suis ravi de te voir ainsi Oikawa-san. »

Oikawa eut un rire muet. Puis il serra les poings, se souvenant de la conversation qu'il avait eue avec Iwaizumi. Ce dernier éprouvait en effet, encore une certaine rancune envers lui – bien que le Général reconnaissait le caractère peu présomptueux de Kageyama – cela ne l'empêchait pas de s'énerver si on s'en prenait à ses élèves.

Aussi, les conversations que le roi avait eue depuis avec son frère étaient essentiellement politiques – parfois amicales, mais on ressentait une certaine distance entre les deux jeunes hommes. Oikawa ferma les yeux, puis prit une longue inspiration.

« Je tiens juste à te dire que je suis désolé pour l'autre fois »

Kageyama ouvrit la bouche – de surprise – sans que rien ne sorte. Il était stupéfait. Le sang d'Oikawa qui vit sa réaction, ne fit qu'un tour.

« ÇA VA, PAS LA PEINE DE FAIRE CETTE TÊTE ! »

Il avait prononcé ces mots en rugissant – puis sentant qu'il était allé trop loin, le jeune homme se calma aussitôt. Son regard passa brièvement sur son interlocuteur avant de se porter sur le jardin qui les entourait. Oikawa se sentit monter un mensonge aux lèvres – et il secoua la tête pour l'éviter.

« Ecoutes, je n'ai clairement pas envie de me mettre en rogne contre mon frère. On est quittes d'accord ? Je suis désolé pour la dernière fois… et pour t'avoir traité ainsi les autres fois. » finit-il par dire.

« Je vois… »

« Est-il vraiment sincère ou c'est encore une de ses magouilles » se disait Kageyama. Il continua de lui adresser ce regard froid – qui avait l'air respectueux, mais qui était en réalité inondé de méprises. Oikawa, habitué à ce type de regard.

« Je sais à quoi tu penses Kageyama – je ne serais pas aussi sincère s'il n'y avait pas mon frère. » reprit-il « On peut dire que je m'excuse parce que je n'ai pas envie de le contrarier que ce soit lui… ou toi. »

Kageyama ne savait plus quoi dire, interdit et confus – d'un côté, cela lui faisait étrangement plaisir de voir son ancien employeur s'adresser à lui de cette manière et de s'excuser. Il demeura un instant perplexe, puis au bout d'un silence :

« Je vois. Merci. » finit-il par dire.

« Tobio… »

Oikawa marqua une courte pause avant de reprendre :

« Quoi ? »

« Tu es toujours fâché ? »

« Par quoi ? »

« A propos de ça… »

« Ça ? »

Un nouveau rire muet. Oikawa tendit lentement sa main vers son interlocuteur, un sourire doux sur le visage :

« Tu n'as pas changé, Tobio-chan ! »

« Sincèrement désolé »

« C'était un compliment. »

Kageyama sentit ses joues s'embraser. En fait, le comportement d'Oikawa le surprenait : jamais il n'aurait imaginé que celui-ci ferait une chose pareille ! Que ce soit en excuses, ou en compliments… Le Roi esquissa un petit sourire avant de s'exclamer :

« Allons bon, l'ambiance est bien morne mon cher – je ne peux t'inviter à la fête, et je dois reprendre ma place auprès de mes invités » fit-il en lançant un sourire rayonnant « Tu as une princesse à surveiller après tout ! »

« Oui » fit Kageyama en se préoccupant soudainement de sa mission.

« Elle te plait, ta nouvelle maitresse ? »

Un sentiment d'embarras envahit l'esprit du jeune homme. La question le fit tousser de surprise.

« Oui. Je lui en suis extrêmement reconnaissant. »

« Je vois. » finit-il par dire en souriant.

Ce gars prend toujours autant son rôle à cœur. Ils prirent tous les deux la direction de la salle, encore engourdie par l'ambiance de la fête. Mais leur chemin s'arrêta brutalement, par un jeune homme – qu'ils connaissaient bien, haletant, et légèrement rougie :

« Ah… Kageyama ! »

Kageyama haussa un sourcil. En effet, il y avait de quoi :

« Où est Yachi ? »

Hinata, lentement, d'un air tranquille et d'une voix franche et tremblante, avoua sans quitter son interlocuteur des yeux. Immédiatement la colère s'empare de ce dernier, qui se met à proférer un enchainement d'insultes – tout en retenant son souffle.

« PERDUE DE VUE ? SE BALADER ? OÙ ÇA ? »

« Mais je n'en sais rien moi » se défendit Hinata « Mets-toi à sa place aussi – elle m'a dit qu'elle partait aux toilettes – Tu penses sérieusement que je serais là, moi, à attendre devant les chiottes ? Elle m'a demandé d'attendre dans le couloir, alors j'ai attendu. Au moment où je suis allée la voir, j'ai demandé à une domestique si quelqu'un ne l'avait pas vu – il m'a répondit qu'il a vu une jeune fille sortir du château. »

« QUOI ? »

Ses hurlements de rage furent interrompus par une main étrangère, qui se posa soudainement sur son épaule :

« Allons, allons, ne cèdes pas à la colère Tobio-chan, je connais mon pays par cœur, elle n'a pas pu aller bien loin.. » fit le Roi d'un ton assuré « Vous ne m'aviez pas l'air convaincu hein ? Soit, je vais appeler de l'aide, pour qu'on puisse la retrouver. »

Mais contre toute attente, Kageyama répondit, le ton perplexe :

« Non, ça ira. Si la princesse se retrouve entourée de gardes, elle se sentira encore plus gêné. »

« C'est bien dommage, pour une fois que je te sollicite mon aide »

« Je n'ai jamais dit que je refusais »

« Si à l'inst… »

« Vous pouviez dire à vos soldats de chercher dans les alentours. Si à tout hasard, l'un d'entre eux aperçoit la princesse, appelez-nous tout de suite. »

Oikawa écarquilla les yeux. Les propos que lui faisait son ancien garde du corps le surprenaient. Il ne l'avait jamais vu, autant avoir d'empathie envers quelqu'un. Aussi, se dessina un sourire sur son visage.

« Je vois, je t'en ferais part »

Ces mots-dit, Oikawa se dirigea immédiatement vers la salle de réception, en interrompant un garde, qui passait par là. Kageyama, qui l'observait de loin, émit un nouveau soupir. Hinata quant à lui, fixait son camarade des yeux. Quelque chose le tracassait. Sentant le regard de son coéquipier, Kageyama se retourna vers lui :

« Quoi ? »

« Non rien… juste… depuis quand tu le tutoies ? »

« Ah… je n'en sais trop rien »

La route qu'elle suivait, semblait s'enfoncer dans une vallée peu profonde. Puis, lorsqu'elle atteint le bout du chemin, Yachi vit enfin la mer. Cette dernière reflétait une teinte sombre sous la clarté de la lune. Sur les côtés, de hautes herbes, d'ordinaire jaunes sous le soleil du jour, puis grisâtres cette nuit. D'un œil apaisé, elle contemplait la mer en marchant. C'était une habitude qu'elle avait pris dans son royaume, quand elle avait le temps. Yachi le faisait cependant discrètement, cette dernière n'ayant pas le droit de quitter le château. Aussi, elle avait la chance de posséder une chambre juste en face de la plage. Ainsi, elle s'adonnait de temps en temps, à se balader devant. Elle remarqua que la mer n'était pas très différente de son royaume. Comme là-bas, le vent, le souffle du courant de la mer la calmait et la rafraichissait. Le son des mouvements de cette dernière berçait ses oreilles. Calme et paisible, comme endormie dans un repos éternel, elle s'étendait vers l'horizon, vers un point culminant – une ligne droite – où l'aube avait l'air de se lever.

Le silence devenait aussi profond que l'obscurité. Elle continuait de marcher, là, tandis que le sable vibrait sous ses pieds nus – le sol était granuleux - parce qu'elle avait enlevé ses chaussures pour avoir une meilleure sensation.

Yachi laissa errer son regard un peu plus quand quelque chose attira soudainement son attention. La jeune fille plissa d'abord les yeux avant de se figer. Plus loin, près des roches, une silhouette, informe. Quelqu'un ?

La Lune avait beau éclairé son chemin, elle n'y voyait rien – cela ressemblait à une illusion, un mirage.

Le cœur de la demoiselle fit un bond. Non, pas un bond d'amour – un bon de surprise, de stupéfaction et d'interrogation. Sous ses yeux, se tenait une silhouette – petite, assise sur un rocher – près de la falaise, à proximité de la mer.

Yachi resta immobile, abassourdie, les yeux écarquillés par ce qu'elle venait de voir. Qu'est-ce qu'un homme faisait ici à une heure pareille ? Faisait-il parti de la famille royale ? La demoiselle avança courageusement vers l'inconnu, les mains tremblantes. A fur et à mesure de ses pas, elle discerna de plus en plus de quoi il s'agissait.

C'était un jeune homme !

La jeune fille s'arrêta. Il était de dos – un dos nu – éclairé par la clarté de la lune. Il avait le dos tourné, donc il n'avait pas encore remarqué sa présence…

La curiosité de la jeune fille la poussa à avancer encore un peu… Seulement, la jeune fille fit du bruit en avançant. Aussitôt la silhouette se retourna, croisant le regard de la jeune femme. Cette dernière se redressa encore plus en voyant les yeux du jeune homme – avant de reculer de surprise et de percuter le sol.

Il avait de grands yeux marron – des pupilles fines et un visage fin. Ses cheveux étaient courts et d'une couleur indéfinissable - il faisait trop sombre pour voir. Mais Yachi lut la terreur dans ses yeux.

Elle n'eut pas le temps d'observer davantage le jeune homme qu'un hurlement retentit. Cette dernière, sursauta. La princesse pivota sa tête en direction du vacarme – quelqu'un arrivait au loin – on l'appelait cette voix elle la connaissait : c'était celle de Kageyama !

« Mademoiselle ! Mademoiselle » hurlait Kageyama à plein poumons.

La jeune fille répondit d'un geste de la main puis se souvint son regard se porta de nouveau sur l'inconnu mais ce dernier avait déjà disparu.

Kageyama arriva, essoufflé, auprès d'elle. Ce dernier encore en sueurs, donnait les signes d'une grande agitation – sans doute avait-il bougé corps et âme pour retrouver la princesse.

« Mademoiselle » fit-il hors d'haleine, les mains plaquées sur ses genoux.

« Ah Kageyama » fit la princesse le regard encore un peu vague.

Yachi se demanda d'abord pourquoi le jeune homme était ici – puis elle souvint : Elle s'était éclipsée ! Ce dernier encore en sueur, donnait les signes d'une grande agitation – sans doute avait-il bougé corps et âme pour la retrouver. Un silence gêné s'installa. Yachi attendait patiemment ses réprimandassions. Aussi, elle ferma les yeux, attendant sa leçon de moral. Mais contre toute attente, une toute autre chose se produisit.

« Mademoiselle, vous allez bien ?!»

« Euh… oui. »

« Je vois, Hinata et moi, on vous a cherché partout. »

« Je vois. »

« Ecoutez, je sais que vous n'aimiez pas ce genre de fête » poursuivit le jeune homme en reprenant son souffle « Sa Majesté nous l'avait bien précisé. »

Yachi écarquilla les yeux. Il s'était donc renseigné ? Elle déglutit. Elle n'avait pas l'habitude des gardes, qui faisaient attention à elle. D'ordinaire, ils se contentaient de la protéger, sans dire un mot.

« Mais nous aimerions cependant que vous nous préveniez si cela se reproduisait »

« Je suis désolée… Je me baladais... » fit-elle d'un ton triste, puis plus clair après s'être raclé la gorge « Retournons au palais ».

Elle finit cette phrase, en accélérant le pas. Hors de question de s'attarder dessus. Elle regarda au-dessus de son épaule une dernière fois, en se demandant si la personne qu'elle avait vue, était bien réelle. Mais elle ne vit personne.

Ils revinrent rapidement au château – la mer n'était qu'à une centaine de mètres. Yachi avait entrepris de remettre ses chaussures avant. C'était un peu désagréable : elle sentait ses pieds s'accrocher à la semelle de ses talons – mais elle se résolut de les mettre. Ce n'était pas bien, de voir une demoiselle issue de la noblesse, assister au Clair de Lune ainsi. Aussi, ils retrouvèrent Hinata. Ce dernier, qui avait l'air encore de s'en vouloir, s'excusa à maintes reprises. Mais Yachi l'interrompit :

« C'est de ma faute, j'aurais dû te prévenir que je voulais faire un tour »

« Non, ce de ma faute Mademoiselle, je ne vous l'ai pas demandé »

« Tu n'as pas à t'excuser Hinata, je suis désolée de vous avoir inquiété »

La jeune fille s'inclina, et sourit, comme si elle voulait souligner les mots qu'elle venait de dire. Elle baissa ensuite les yeux. En fait, elle se sentait un peu coupable – elle n'osa pas dire au jeune homme qu'elle avait justement fait exprès de se comporter ainsi. La jeune fille voulait éviter la foule. Elle ne pensait pas que cela provoquerait un tel engendrement. Lorsqu'ils gagnèrent la salle de réception, les deux soldats s'éclipsèrent dans le couloir adjacent, comme le voulait la règle. Yachi s'engagea, la gorge étranglée de stress. Ses regards inquiets fouillaient les alentours l'avait-on remarqué ?

Non. Le dernier jour du Clair de Lune réduisait peut-être son nombre d'invités par six, mais la musique, l'ambiance de la fête l'en empêchait. Aussi, elle avança, la tête haute, faisant comme si rien ne s'était passé. Au pire si on lui demandait, se disait-elle, elle se serait contentée de répondre la vérité. Ce n'était qu'une petite balade après tout ? Oikawa l'accueillit à bras ouverts. Le roi était un peu intrigué par la princesse – mais le jeune homme attira soudainement une foule d'invités, qui s'empressèrent de parler avec lui. La princesse en profita pour s'éloigner – voulant à tout prix éviter de discuter avec eux. Alors que la jeune femme cheminait vers un coin de la salle, dans l'intention de rester une fois de plus toute seule, elle fut soudainement interrompue par une voix.

« Vous aviez l'intention de rester tous les jours comme ça ? »

Yachi leva la tête et reconnut son fiancé :

« Tsukishima ! »

Il se tenait devant elle, droit comme un piquet. Elle avait pris l'habitude d'appeler ce dernier uniquement quand son frère n'était pas présent.

Aussi, elle s'inclina et se répandit en excuses. Ce dernier demeura le regard saisi d'une froideur incertaine. Puis doucement, la tension de la conversation s'adoucie – une nouvelle musique venait de commencer. Tsukki tendit soudainement sa main vers elle, lui proposant une danse. Cette dernière, au début surprise par son comportement, répondit d'un sourire en acceptant. Du coin de l'œil, elle pouvait voir ses deux amis l'observer. Evidemment elle ne pouvait pas entendre ce qu'ils se disaient – mais les voir étaient bien assez. Aussi, elle leur adressa un sourire

Kageyama, les bras croisés, la salua discrètement. La musique lui faisait tourner un peu la tête. A ses côtés, Hinata s'ennuyait sérieusement. Il émit un petit soupir. Il ne restait plus que quelques heures avant que le Clair de Lune ne s'achève. Son regard fut soudainement plus vague, plus vide. Une voix lointaine remontait en lui. Une voix claire et douce. Cela fit pâlir le jeune homme. Dans un élan incertain, Kageyama, qui remarqua la figure de plus en plus blême de son coéquipier, lui demanda :

« Eh, ça va ? »

Sa voix lui fit reprendre ses esprits. Hinata secoua la tête avant de répondre d'un oui affirmatif. Puis, il prit une nouvelle longue inspiration avant de poursuivre :

« J'ai juste quelque chose qui m'ait récemment revenu dernièrement ».

Kageyama écarquilla les yeux. Le souvenir amer de la soirée du premier jour lui revenait en mémoire. Aussi, il serra les poings avant de s'écrier :

« Quoi ? »

Hinata sentit le ton paniqué du jeune homme malgré que ce dernier ait gardé une tête impassible.

« Un Prénom »

« Lequel… ? »

« Je ne sais pas si c'est un prénom ou un nom. Mais ça me revient sans cesse » reprit-il.

« Et… c'est quoi exactement ? »

« Natsu. »

« Natsu ? »

« Ouais, Natsu. »

« C'est tout ? »

« C'est tout. »

Kageyama, qui devina le ton triste de son interlocuteur, demeura silencieux. Ce nom ne lui disait strictement rien. Il ne pouvait pas vraiment aider le jeune homme. Il se contenta de répondre un « Je vois » avant de porter de nouveau son regard sur la princesse. Hinata quant à lui, l'imita tout en affichant ce regard vague de souvenirs.

Plus loin, dans un coin opposé de la salle, le lieutenant Shigeru Yahaba pressait le pas. Comme Kunimi et Kindaichi, il ne pouvait ne pas assister à la fête alors le jeune homme devait se contenter d'observer la salle aujourd'hui. Ces derniers avaient derrière un traitement un peu plus sévère que lui (mais moins Kyoutani) – les deux jeunes hommes devaient assurer la protection du Palais aux remparts. Seuls les lieutenants ou haut-gradés, assuraient la sécurité près des grandes salles. Ainsi, son regard scruta avec attention chaque invité de la pièce. De loin, il aperçut le Conseiller Hanamaki et Matsukawa discuter tranquillement, un verre de vin à la main. Ces derniers se tenaient « à l'écart », enfin, au milieu de la salle, adossés contre le mur. Sans doute observaient-ils les gens danser ? En tout cas, ils n'avaient pas l'air de s'intéresser à s'amuser. Le lieutenant soupira avant de continuer d'errer son regard. Puis, celui-ci s'arrêta brutalement sur quelque chose. C'était la princesse Yachi Hitoka alias « La Princesse du Royaume de L'Est » - « La Princesse de l'Empire de Ja », qui dansait avec le prince Tsukishima Kei, « Le Prince du Royaume du Nord », « Le Prince du Royaume de Fa. »

Le sang du lieutenant ne fit qu'un tour. Il sentit ensuite son cœur vibrer d'une manière incertaine. Un sentiment de colère et de jalousie. Comme s'il enviait le prince. En fait, rien que de le voir s'amuser alors que celui-ci travaillait, l'énervait.

« Qu'est-ce que je fous ici, sérieusement » marmonna le jeune homme après s'être adossé et plaqué son menton dans sa main. Le souvenir de l'entrainement matinal qu'il avait eu avec son disciple lui revint en mémoire : Non, non ! Il ne devait pas penser à ça ! La vision de son disciple dégoûté par ses compétences le culpabilisait. Le jeune homme avait juré sa vie en tant que soldat de l'armée de l'Empire de Jen. D'autant que cette fois-ci son grade était plus haut encore : il venait tout juste de devenir lieutenant. Le jeune homme n'avait pas intérêt à le décevoir… aussi, il se mit à de nouveau patrouiller.

Après quelques pas, une voix familière provenant du corridor l'interpella :

« Iwa-chaaan, alors tu t'amuses bien ? »

« Iwa-chan ? » répéta le lieutenant interloqué.

Machinalement, la curiosité l'emporte et pousse le lieutenant à regarder ce qu'il se passe, à l'abri derrière le mur.

« Tu vas continuer longtemps, à m'appeler comme ça ? Imbécile ! »

« Imbécile ? » répéta intérieurement le lieutenant, les yeux ronds. Il étouffa ensuite sa bouche, de sa main. Le jeune homme n'avait rien à dire. Mais le fait d'être surpris à écouter cette conversation, qui invraisemblablement était peu commune, l'effrayait. Aussi, il continua d'écouter.

« J'ai entendu dire que tu as parlé avec Ushijima » fit soudainement le Général.

« Ah ? Oui, j'ai pu avoir une discussion avec lui. Il ne veut absolument rien dire » siffla le roi « Je n'ai pu avoir aucune information »

« Oikawa… »

« Hm ? »

« J'aimerais franchement te poser une question »

« Laquelle ? »

« Pourquoi, tu as refusé son exécution ? »

Oikawa regarda son interlocuteur. Iwaizumi lui avait posé cette question, d'un ton froid avec des yeux inhabituellement noirs. Ils ne se doutaient pas que derrière eux, quelqu'un écoutait leur conversation.

A suivre…


Et voilàààà ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! On rentre petit à petit dans le vif du sujet ! Qu'est-ce que vous en aviez pensé ? N'hésitez pas partager vos avis en commentaire ^^

Sur ce, je vous laisse !