Rebirth
Un cliquetis se fit entendre et une porte s'ouvrit, laissant entrer un homme brun et fatigué. Il avança péniblement, déposa sa veste sur le porte manteau, avant de se laisser tomber sur son canapé. Une journée de travail de plus de terminée.
"Encore…"
Les yeux fixés sur le plafond, il savait très bien qu'il était rentré dans une routine, et cela ne lui déplaisait pas, mais il ne cessait de ressentir comme un vide au fond de lui. Fonder le Curry Club, pouvoir enfin exercer comme il le souhaitait, avec ses acteurs qui étaient finalement devenus de vrais amis, rigoler avec eux, être sain d'esprit, prendre sa vie en main. Ce nouveau départ lui avait fait du bien.
Il jeta un coup d'oeil autour de lui. Même après tout ce temps, son appartement lui semblait toujours immense… enfin, ça n'avait pas toujours été le cas. Jour après jour, il était convaincu que tout finirait par s'effacer, que son esprit reconstituerait la vérité. Mais sa mémoire en avait décidé autrement. Cela faisait maintenant plusieurs années, et tout restait bien en place, comme gravé dans son âme. L'appartement qui était autrefois désigné comme "la maison des Sommet" n'avait plus rien à envier à sa vie passée. Les paroles déplacées ou celles sans aucuns sens, les cris et les pleures, les chants, les rires… Le remue-ménage constant qui peuplait la maison avait laissé place à un silence perpétuel. L'ordre et la logique avaient repris la place qu'étaient la leur, et ce qui semblait autrefois évident était devenu incohérent.
Il se redressa et regarda devant lui la boîte nonchalamment posée sur la table. Il se pencha pour l'attrapper et ouvrit le capuchon, avant d'en verser le contenu dans sa main tremblante. Il resta là, à contempler les comprimés, sans bouger. Une fois de plus. Lorsqu'il les remis dans leur boite, un s'échappa et rebondit plusieurs fois sur le sol, avant de glisser et de terminer sa course sous une armoire. L'homme ne bougea pas, et se contenta de le regarder pendant plusieurs secondes, son regard bleu perdu dans le vague.
Ce n'est qu'au bout d'une dizaine de minutes qu'il se décida à se lever et à s'avancer vers l'armoir, devant laquelle il ne fit plus un geste. C'est presque comme si il pouvait les ressentir. Les ressentir tout autour de lui. A la place de ramasser le comprimé, il ouvrit lentement les portes du meuble dans un grincement aïgue. Il s'agenouilla, et regarda tout au fond du placard.
Ils étaient toujours là. Un t-shirt rouge, une veste de costard, un bob, un kigurumi... On pouvait même facilement distinguer une perruque blonde et un noeud papillon bicolor dans l'obscurité. Dans sa tête, il se répétait en boucle que c'était de l'histoire ancienne, mais il n'avait jamais réussi à s'en débarrasser. Il ne regrettait en rien la période où il présentait "Salut les Geeks", et à vrai dire, ça lui étaient plutôt des souvenirs agréables… Malheureusement, ce n'était pas l'avis de son psychiatre. Ce dernier lui avait conseillé -pour ne pas dire ordonner- de ne pas garder ces affaires, qui, selon lui, ne seraient que bonnes à se rattacher, une nouvelle fois, à l'inexistant.
A présent assis au pied de l'armoir, il plaça une main sur les vêtements de ses anciens acolytes. Il ne pu cacher la nostalgie montante en lui, ni refouler les quelques larmes qui lui montaient aux yeux. Ce n'était pas une mauvaise époque pourtant. Et là était sûrement le problème. Il s'en rendait bien compte, et ce depuis déjà un moment. Pourquoi avait-il choisi cette voie là au juste ? Sous prétexte qu'être malade psychologiquement n'est pas quelque chose de normal ? Il s'était laissé convaincre d'être soigné, et s'était sûrement convaincu lui même que c'était le bon choix. Que tout irait bien. Que tout finirait par s'arranger. Lié des liens. De vrais contacts humains. Sortir. Voir des gens, se faire des amis, exercer sa passion. Mais au final, n'avait-il pas déjà tout ça depuis le début ?
Un sentiment de trahison montait en lui encore un peu plus chaque jour. Avec ce traitement, c'était comme s'il les avait abandonnés. Comme s'il les avaient tués. Et il se rappellerait toute sa vie l'inaudible silence qui lui avait répondu la première fois. Et qui le lui rappelait encore et encore, sans exception, depuis le jour où ils avaient disparus.
Il enlaça ce qui restait de ses amis, sans même s'apercevoir que des larmes coulaient le long de son visage. Sa tête se brouillait de questions et de réflexions. Pourquoi avait-il fini par céder ? Remettre en cause toute son existence sans même vraiment le connaître, sans le comprendre, sans se demander ce qu'il pouvait ressentir, était-ce vraiment nécessaire ? Etait-ce ça le prix à payer pour aller bien ? Pour être considéré comme quelqu'un de "normal" ? Après tout, personne n'a de réponses. Personne n'a de solution. Personne ne peut comprendre. Personne ne veut comprendre… Pourquoi vouloir lui supprimer ce qui le définit, sans rien en savoir ? A quoi bon être sain d'esprit si c'est pour être incomplet ?...
Il se releva en trombe, récupéra tous les médicaments qu'il possédait encore et les jeta, sûr de lui. Le bruit de la chasse d'eau résonnait entre les murs tandis qu'il revenait s'assoir sur le canapé. Il respira à fond et ferma les yeux.
- Je sais. Je sais ce que je suis.
- On sait Mathieu. On le sait tous.
ET BAM, une fanfiction SLG sauvage apparait, c'était une idée comme ça, allez savoir (fangirl un jour fangirl toujours o/)
(ça fait tellement longtemps qu'il faudrait que je mette tout à jour dis donc u_u) (j'avais même oublié qu'il voulait pas d'alinéa tiens)
Je vous offre le schéma habituel hein review review bla bla (un peu la flemme oui), mais vu que plus personne passe chez les web show (enfin de ce côté en tout cas) (apres avec le confinement sait-on jamais)
Des bisoux mes lapins
Yuki, le sanguini irisé
Qui va peut-être enfin trouvé le temps de re-écrire (à la vitesse d'Antoine Daniel on oublie pas) (oui, vanne toujours autorisée sur moi même en 2020)
