SOMBRE EMPIRE


Voici donc la suite de "L'Héritier"


Je pose une fiche des personnages que j'ai présenté

Personnage :

FAMILLE DE LA VEGA

Branche principale :

Alejandro de la Vega : Chef de la famille de la Vega, Le Loup

Diego de la Vega : Américain, descendant direct et futur chef de famille de la Vega, 21 ans

Branche secondaire :

Alina de la Vega-Stokova, dit La Vipère : Origine russe, 36 ans

Kusuo Harumiya de la Vega, Le Tigre, Origine japonaise 32 ans

Jonas Crosfeld de la Vega, origine allemand, le Guépard, 28 ans

Tyrone de la Vega (Cousin d'Alejandro de la Vega) 53 ans, Le Cerf.

Docteur Albert Cruze de la Vega, de son véritable nom, Esteban de la Cruz, le Scorpion, 47 ans


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Suite à la réunion des membres et au départ d'Esteban

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15 juin, vers 23h, Tour Tornado, Appartement privée de Diego

Bernardo entra doucement dans les appartements du jeune De la Vega et il aperçut ce dernier roupillant tranquillement dans un des fauteuils prêts de la baie vitrée, exposant les lumières de Los Angeles. Une pareille vue coutait cher et l'assistant savait que Diego ne s'en lassait pas. Il s'approcha silencieusement de lui et hésita à le réveiller.

Il connaissait Diego depuis trois ans déjà, ils s'étaient rencontrés alors que Bernardo travaillait comme professeur dans un établissement pour jeunes sourd qui était sur le point de fermer et Diego, âgé à peine de 18 ans, avait réussi à empêcher cela, cependant, il y avait une contrepartie. Bernardo avait fait un pacte avec le jeune homme. S'il arrivait à laisser l'établissement ouvert, le professeur devait abandonner son poste pour venir travailler avec lui.

Ce caprice avait mal été digéré par Alejandro, qui éprouvait une aversion pour le professeur sourd. Mais curieusement, Bernardo ne regretta pas d'avoir fait ce choix de suivre Diego pour sauver cette école.

« Monsieur De la Vega, dit-il sur un ton doux afin.

Il posa une main sur l'épaule du plus jeune et le secoua délicatement. Diego ouvrit les yeux et attrapa brutalement sa main, lançant un regard noir à l'assistant.

« Ce n'est que moi, monsieur, dit-il impassiblement.

Diego se détendit et relâcha le poignet de Bernardo, en inspirant profondément.

« Je croyais t'avoir demandé de ne pas m'appeler Monsieur quand nous sommes seuls, marmonna-t-il.

-L'habitude, rétorqua Bernardo.

- Que veux-tu ? Bailla Diego en s'étirant.

-Vous avez un visiteur.

-Si tard ? Qui est ce ?

- L'inspecteur Monastario. »

….

Enrique Monastario fut introduit dans le bureau par Bernardo qui resta au côté de Diego. L'inspecteur était un homme assez grand, à la présence imposante, aux yeux bleus et perçants. Sa barbiche élégante lui donnait un air plus âgé, malgré ses trente ans, et plus intimidant. Il portait une veste noire en cuire, ouverte laissant apercevoir une chemise blanche, son badge de police était fièrement disposée à sa ceinture. Il plissa les yeux quand il s'avança vers Diego.

« Bonsoir, Monsieur de la Vega, salua-t-il poliment d'une voix neutre.

- Bonsoir, inspecteur, je ne m'attendais pas à une visite aussi tard, avoua Diego aimablement, surtout provenant d'un inspecteur de police, pourquoi avez-vous pris la peine de vous déplacer ?

- Je suis venu personnellement pour vous informer la mort d'un de vos employés. »

Diego se leva brusquement, blême, recevant la nouvelle comme un coup de massue. Bernardo afficha une mine choquée et jeta un coup d'œil vers le plus jeune.

« Qui ? Et comment ?

- Un certain Benito Avila, répondit l'inspecteur sans aucune émotion, son corps a été retrouvé chez lui, une balle dans la tête. Le médecin légiste pense qu'il est décédé il y a deux jours.

- Merde ! »

Sous le choc, Diego se rassit dépité, serrant des dents devant l'annonce.

« Vous le connaissez personnellement ?

- Évidemment, c'est un ami d'enfance, grinça Diego, je venais de l'embaucher en tant que chef de sécurité de la Tour Tornado, il était de repos…aujourd'hui. »

Il passa une main sur son visage comme pour cacher ses larmes qui commençaient à jaillir dans ses yeux. Le policier semblait le remarquer et fit mine de partir.

- Demain matin, je viendrai vous interroger, déclara Enrique en prenant le poignet de la porte.

- Non, attendez, inspecteur, interrogez moi maintenant, dit Diego en l'arrêtant.

- Ne voulez-vous pas d'abord prendre un avocat ? Lança l'inspecteur.

- Serais-je accusé du meurtre de Benito ?

- Non…du moins pas encore.

- Très bien, alors interrogez-moi. La nuit est longue.

- Comme vous voudrez. »

Il pria au policier gradé de prendre place sur l'un des fauteuils en face de Diego. Enrique sortit un dictaphone qu'il posa au milieu de la table.

« Votre assistant ne peut rester, c'est un interrogatoire privée. »

Diego fit un signe de la main pour l'autoriser à sortir. Bernardo ne protesta pas et sortit de la pièce laissant les deux hommes seuls.

« Bien commençons, monsieur de la Vega. Depuis combien de temps connaissez-vous Benito Avila ?

- Depuis 16 ans, sa mère était notre cuisinière dans notre résidence privée. Benito vivait avec elle dans un logement privé qui se trouvait sur la propriété de mon père. Jusqu'à ses 18 ans, quand sa mère est décédée d'un accident de voiture.

- Vous avez donc continué à garder contact ?

- Oui, il avait 18 ans et mon père lui payait une formation d'agent de sécurité, donc je le revoyais très souvent, jusqu'à que je lui propose le mois dernier d'être le chef de ma sécurité.

- Bien, passons au fait. Que faisiez-vous le 13 juin, à 21h ?

- J'étais ici. Je ne faisais rien de particulier.

- Il y aurait un témoin pour l'affirmer ou bien des caméras ?

- Il y a un témoin, Bernardo et les caméras de surveillance qui indiqueront que je ne suis jamais sorti d'ici depuis le 10 juin. »

La réponse de Diego interloqua pendant quelques secondes l'inspecteur qui dut se ressaisir pour continuer. Cela voudrait dire que le jeune homme n'était pas sorti de la tour depuis 5 jours.

« Pourquoi vous n'êtes pas sortis depuis ce jours ? Questionna Enrique.

-Parce que c'est illégal de rester chez soi ?

- Non, bien sûr que non…

- Mais si vous voulez le savoir je vais vous le dire, je fais des crises d'asthmes tous les mois et j'ai dû rester pendant trois jours, alité, et mon médecin ne m'a pas autorisé à sortir en raison d'un facteur de pollution importante dans cette ville. Si je sors, maintenant, je risque de déclencher une crise d'asthme. Interrogez mon médecin et vous verrez bien.

- Vous avez donc un alibi en béton, marmonna Enrique.

- Est-ce que cela vous dérange ?

- Aucunement, j'aurai bien aimé vous voir parmi la liste des suspects.

- Votre sincérité me touche.

- Vous avez mal choisi la ville pour vivre.

- Qui vous a dit que j'avais eu le choix ? » Rétorqua froidement Diego.

Le policier ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne vint. Il finit par éteindre son dictaphone et il se leva.

« C'est terminé ? S'enquit le plus jeune.

- Oui, j'ai eu les infos que je voulais.

- Et concernant Bernardo ?

- Je le ferai plus tard, et puis vous m'avez dit qu'il était avec vous, vos paroles suffisent.

-Pourrais-je voir le corps ?

- De qui ?

- De Benito.

- Non.

- Comment a-t-il été identifié alors ?

- Seule sa petite amie, Elena Torres, a permis son identification, c'est elle qui a trouvé son corps et qui a alerté la police.

- Sa petite…amie ? » Répéta Diego incrédule.

Son étonnement n'échappa pas à l'inspecteur qui leva un sourcil.

« Vous m'avez l'air surpris.

- Je…Je n'étais pas au courant.

- C'est votre ami et vous ne saviez pas qu'il avait une copine, se moqua Enrique.

- Il y a bien des choses que j'ignore, rétorqua-t-il.

- Oui, bien sûr. Veuillez m'excuser. »

Diego connaissait le nom d'Elena Torres, le père de cette jeune femme, était l'un des juges les plus réputés de la ville et l'un des meilleurs d'Alejandro. Pour une raison qu'il ignorait, il avait le pressentiment que ce détail avait un lien dans le meurtre de Benito.

« - Je vous remercie d'avoir répondu à mes questions, monsieur de la Vega.

- Serais-je informer de l'avancée de l'affaire ?

- Certainement, vous étiez son employeur. Sur ce, je vous laisse, bonne nuit, monsieur.

- Bonne nuit, inspecteur. »

Le policier s'en alla, laissant entrer Bernardo qui rejoint Diego, l'air inquiet en voyant la décomposition subite de Diego. Des larmes coulèrent de ses joues, des sanglots successifs le prirent. Le Diego digne et futur héritier se transforma en un jeune homme chagriné et en souffrance. Bernardo s'assit à ses côtés et passa une main dans son dos. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait Diego perde contrôle de ses émotions.

Quand le jeune homme releva la tête, il inspira et expira fortement, il ouvrit la bouche laissant échapper des sifflements aigus. Bernado comprit de suite ce qui était en train de se passer et se précipita au bureau pour fouiller dans les tiroirs. Tremblant, Diego porta sa main à sa poitrine, cherchant à respirer, prenant de grosses bouffés d'air mais il peinait tant bien que mal à maintenir sa respiration.

Bernardo revint avec un inhalateur et aida Diego à l'utiliser. Ce dernier ne perdit pas une seconde et prit sa ventoline.

Lorsque sa respiration revint à la normale, Bernardo incita Diego à s'allonger sur le canapé, laissant l'inhalateur à ses côtés. Le cadet ne protesta pas.

L'assistant avait déjà vu les crises d'asthmes parfois très violentes, qui pouvaient saisir son jeune employeur brusquement. Très souvent, c'était lorsque Diego était en proie à des émotions fortes. Derrière ce masque confiant et impassible, se cachait un être sensible qui tentait de vivre. C'est aussi sans doute pour cela que Bernardo avait décidé de le suivre malgré sa vocation de professeur.

« Je vais bien, Bernardo, murmura Diego avec une main sur son front.

Sa respiration n'était pas tout à fait normale et il reprit une bouffée de sa ventoline.

« Tu devrais éviter de te ménager, Diego, dit Bernardo, surtout dans les jours qui suivent. »

Etant définitivement seuls et sachant que le jeune homme pourrait lui reprochait, l'assistant sourd employa la familiarité.

« Je ne peux pas, mon ami. Je ne peux pas, souffla-t-il, tu le sais bien. Quelqu'un vient de tomber avant même que je puisse agir.

- Tu penses que Varga est responsable de ce meurtre ?

- Je ne pense pas, je suis certain. Je ne sais pas pourquoi mais quelque chose me dit nous devons rester prudent.

- Que comptes-tu faire ?

- Je vais demander à Kusuo et à Alina de rentrer dans leurs pays respectifs et d'attendre mes instructions. Il faut que j'avance mes pions, Bernardo…La chasse vient de commencer. Le renard guette, car l'aigle vient de prendre sa première proie. »