Hey.

Ça fait un bail qu'on ne s'est pas vu. Mon absence est un peu longue à expliquer, c'est pour cela que je me justifierai en bas, après lecture du chapitre si vous avez encore la force de lire un peu de mes bêtises, haha.

Je fais ma réponse aux Guest ici-même :)

The beast : Haha, ta review m'a bien fait rire je t'avoue. Écoute, ravie que le chapitre t'ait plu ; c'est des choses qui me font vraiment plaisir que d'avoir l'avis des lecteurs (surtout qu'en général je ne suis pas très confiante sur ce que j'écris, donc c'est top vos avis) ! Si tu es encore de la partie voici la suite :)

La bte : Dites-moi mais c'est que le cri d'Hanji vous a bien inspiré (mea culpa, je m'imaginais tellement la scène de la voir s'écrier que c'était un peu obligatoire de sortir un truc du genre héhé). Alors, pour tes questions : non, Eren n'a pas été pris en vidéo surveillance lorsqu'il était en "bête", tout simplement parce qu'il était dehors, donc pas de caméras ! Par contre c'est pas dit que quelqu'un l'ait pris en vidéo (sait-on jamais comme on dit). Merci beaucoup, ça me va droit au coeur ! Si tu es toujours là, je serai ravie d'avoir ton avis sur ce chapitre 14 qui a BIEN tardé.


- « Parti ?

- Parti.

- Comment ça ?

- Il m'a demandé plus d'indépendance, enfin d'une certaine manière, répliqua Erwin. Je la lui ai octroyée. C'est l'occasion pour lui de faire ses preuves quant à la confiance que nous pouvons avoir en lui. De toute façon, il ne pourra pas s'échapper, nous le suivons à la trace. »

Pour le coup, Levi ne savait pas vraiment quoi répondre. Il était partagé entre être d'accord avec Erwin, et égoïstement lui rappeler qu'Eren était à sa charge. Il préféra se taire : la meilleure des réponses s'avère souvent être le silence au moins là, on sait qu'on ne risque pas de dire quelque chose qui peut nous mettre dans une situation inconfortable.

Alors Levi se taisait. Il ne regardait ni ses pieds avec culpabilité, ni Erwin avec défi. Non : Levi laissait trainer son regard glacé avec indifférence sur un nuage qui laissait paraître l'un de ses pans à travers la large fenêtre de l'office. Devant une indifférence aussi présomptueuse, le blond s'énerva :

- « C'est tout ce que tu as à dire ?

- Que veux-tu que je réponde ? fit-il l'instant même où la question avait été posée. »

Erwin avala sa salive avec peu de discrétion. Il attendait une réplique qui laisserait à Levi le droit de quitter son bureau une bonne fois pour toute.

- « Et bien tant mieux ! finit-il par expulser. Cela nous permettra à tous de souffler un peu, autant à moi qu'à lui. Belle initiative, major. »

Il avait prononcé le dernier mot avec tant d'animosité qu'Erwin se sentit mal pendant un court instant. Si sa casquette de supérieur était désormais bien mise en place, enfoncée sur son crâne de manière à ce que tout le monde comprenne que c'était lui qui donnait les ordres elle était vraiment douloureuse, lui comprimant la boîte crânienne, et faisant naître des maux de tête impossible à faire disparaître. Mais c'était un prix que l'homme était prêt à payer : laisser de côté cette nature peu professionnelle pour se concentrer sur son but.

Levi tourna les talons, ne trouvant plus rien à redire quelque peu satisfait d'avoir pu taper là où ça fait mal. Lui-même n'était pas vraiment dans une situation de force, oh non. Il le savait bien et tout le criait, pour quiconque le connaissait un temps soit peu.

Il avait un tas de paperasse à remplir.

Et pour une fois il s'en réjouit.

Quoi de mieux qu'un boulot affreusement prenant pour oublier le monde autour ?


- « Tu es sûr de n'avoir rien oublié ? »

Eren balaya le salon dichromatique de ce qui allait s'avérer être son ancien hôte et acquiesça :

- « Ouais. Je n'avais pas grand chose de toute façon. »

Il poussa son ami à travers la porte d'entrée, comme si l'intérieur de la pièce allait tout à coup prendre feu. Armin s'étonna de cette soudaine promiscuité et de cette hâte avec laquelle Eren l'incitait à partir et demanda :

- « Allons bon, on est ici depuis une vingtaine de minutes et maintenant tu es pressé ? Qu'est-ce qui te prends ?

- Je ne sais pas trop… mon corps me hurle de prendre la fuite : alors hop ! hop ! Je ne veux pas rester une seule seconde de plus dans cet appartement, répliqua Eren en appuyant un peu plus ses mains sur le dos d'Armin.

- Tu sais que j'arriverai à te tirer les vers du nez quoique tu en dises, n'est-ce pas ?

- Oh, que trop bien, ricana Eren. »

« Encore faudrait-il que je me souvienne exactement de la raison pour laquelle je prends la fuite… » pensa-t-il.


Les deux vadrouillaient comme des frères, avec pour seul paquet les quelques vêtements qu'Eren possédait. Il fallait dire que sa vie avait, matériellement commencée i peine plus d'un mois, alors : il n'avait pas pu amasser grand chose. Surtout lorsque la douane Ackerman vérifiait une bonne trentaine de fois les allées et venues de ce qui rentrait dans son domicile.

- « Et comment tu t'es fait ça ? questionna Armin en désignant ses mains, qui, bien que guéries à présent, semblaient toujours souffrir un peu.

- Oh, ça ? Rien, j'ai éclaté une tasse.

- Ah, tu me rassures, j'ai cru que c'était grave, ironisa-t-il en lui assénant une claque sur le sommet du crâne. Fais un peu plus attention la prochaine fois, ce n'est pas parce que tu te soignes tout seul que tu peux te permettre de faire n'importe quoi avec ton corps ! »

Il rit un bon coup ignorant le regard pesant que lui lançait son ami. Eren se sentait flotter. Emporté par un nuage bien trop cotonneux, en compagnie de la personne la plus compréhensive au monde : son meilleur ami qui-plus-est. Ballottées par la brise, les quelques touffes d'herbes fléchissaient pour se toucher les unes les autres un spectacle qui ne manqua pas de ravir Eren. Armin étouffa un petit rire dans sa main :

- « Qu'est-ce qui te prends tout à coup ? demanda le brun, sceptique.

- Tu me fais rire, répondit-il sobrement.

- Ça, j'ai bien compris, ça fait quelques minutes que tu te fous de moi !

- Oh, je ne moque pas, simplement que tu me fais rire à t'émerveiller de tout, tout le temps. C'est amusant à voir d'autant plus que tu étais aussi comme ça lorsque tu étais plus jeune.

- Lorsque nous habitions Ektyos ? »

Armin avait visé juste. Il avait piqué l'intérêt d'Eren avec le tact nécessaire pour qu'il s'arrête dans sa marche. Le brun le toisait désormais, cachant très mal l'impatience qui le consumait.

- « Ouais. Mikasa adorait quand tu faisais ça. Il fallait voir avec quels yeux elle te regardait : ils luisaient de toute l'admiration du monde.

- Armin, c'est gênant… »

Eren se grattait le bras, mal à l'aise de par les dernières paroles de son meilleur ami. La discussion qu'ils avaient entretenue durant la soirée lui revint comme le plus limpide des souvenirs. Le ton qu'avait Mikasa lorsqu'elle repoussait Jean, leur cachette vite découverte, la peur panique d'être vus tout ça lui donnait le tournis.

Le blondinet comprit son erreur mais ne s'en excusa pas.

- « Écoute Eren, ce n'est pas en fuyant le problème avec Mikasa que tu vas le résoudre.

- Je sais Armin, mais je te promets que je lui en parle dès que l'occasion se présente. D'accord ? Maintenant, on peut peut-être parler d'autre chose, tu ne crois pas ?

- Évidemment… Où vas-tu comme ça ? »

Eren s'était engagé dans une pente sinueuse qui se terminait par une bouche de métro refoulant ses odeurs nauséabondes.

- « Bah, on ne prend pas le métro ?

- Tu ne crois quand même pas que j'habite chez mon grand-père toute l'année ?

- C'est à dire que… je pensais… »

Eren se sentit impitoyablement idiot, ce qui ne manqua pas d'amuser pour la énième fois dans la journée l'autre :

- « Ne fais pas cette tête enfin, reprit Armin. Je comprends que tu ais pu penser que je crèche chez grand-père, mais ce n'est pas le cas. Heureusement d'ailleurs ! Tu as bien remarqué à quelle distance de la ville est-ce que la maison se situe ! Non : il m'arrive de lui rendre souvent visite, pendant les vacances ou certains weekends, mais sinon j'habite dans un petit appartement de la bordure de Shiganshina.

- C'est encore loin ? se contenta de demander Eren, dont les quelques paquets qu'il portait sur son dos commençaient à peser.

- Non, non, regarde : c'est juste là. »

Armin pointa du doigt un édifice crasseux et à l'allure triste. Sans vie, les fenêtres opaques du bâtiment reflétaient avec bien peu d'éclat la pauvreté et l'insalubrité dans laquelle les habitants de l'immeuble vivaient.

- « Tu vis là-dedans ?

- Ce n'est pas avec mon salaire d'étudiant que je pourrais m'offrir quoique ce soit d'autre ça ne sera probablement pas aussi confortable que l'appartement luxueux du capo…

- Oh non, fit Eren en revenant bien vite sur ses paroles, ce n'est absolument pas ce que je voulais dire ! »

Il voyait Eren perdre le fil de ses explications, ces dernières se muant en balbutiement au fur et à mesure qu'il continuait. Il mit fin à ses tergiversations bien vite, un gentil sourire aux coins des lèvres :

- « C'est bon Eren, j'ai compris.

- Je suis désolé…

- Tu n'as pas à l'être pour si peu allez, viens m'aider à ouvrir la porte.

- Pardon ?

- Ouais, ça peut paraître marrant dit comme ça, mais quand tu verras à quel point cette porte est lourde, tu feras moins le malin. »

Eren leva les yeux au ciel. Il est vrai qu'Armin était un peu maigrichon, mais l'était-il au point de ne pas réussir à ouvrir une simple porte ? Il s'approcha de la plaque de fer, s'apprêtant, comme un jeu, à prouver qu'il était capable de l'ouvrir seul. Mais son sourire fana lorsqu'il constata avec culpabilité la lourdeur cette dernière. Armin disait vrai, cette porte était une plaie : en plus d'émettre un grincement plus que désagréable à son ouverture (et encore, elle n'était qu'entre-ouverte), on aurait dit qu'elle était composée des matériaux les plus lourds disponibles sur le marché.

Le brun parvint à peine à pousser l'un des deux battants avant qu'il ne se rabatte dans un bruit douloureux et manqua de couper une phalange qui passait par là.

- « C'est les ressors aussi ! se justifia-t-il, plein de mauvaise foi. Ils sont trop rouillés et tendus, c'est impossible…

- C'est bon, tu as fini ta démonstration ? Dis-donc Monsieur Muscle, au lieu de jouer, que dirais-tu que nous l'ouvrions ensemble ? »

Eren se tut et obéit docilement à son camarade. Si seul, il avait eu un mal de chien à enfoncer ne serait-ce que la poignée, à deux, ils étaient bien facilement parvenus à pénétrer dans l'enceinte du bâtiment.

Dans un froncement disgracieux, Eren renifla les environs. C'était tout bonnement ignoble. Est-ce que quelqu'un avait vraiment uriné à l'intérieur ? Sans parler de toute cette saleté… Eren n'était pas du genre pointilleux sur la crasse, mais alors là, c'était au-delà de tout. Si Levi avait mis les pieds ici, il…

Eren s'interrompit dans ses pensées. Une pointe s'était comme logée dans sa gorge et venait s'échouer dans sa cage thoracique.

- « Est-ce que quelque chose ne va pas ? s'enquit Armin, alarmé par son attitude tout à coup différente.

- Si, si… ne t'en fais pas. »

Armin n'en croyait pas un mot. Qui mieux que lui-même savait quand un souci tiraillait l'esprit de son interlocuteur ? D'autant plus qu'Eren était Eren. Pour lui comme pour la plupart des gens, il était aisé de deviner tout ce à quoi le brun pouvait songer. Depuis tout à l'heure, Armin se rongeait l'intérieur des joues, se retenant de poser la question dont il connaissait déjà la réponse : pourquoi avait-il rompu avec Levi ?

Il était évident que leur conversation pendant la soirée n'avait donné à rien, et qu'Eren avait décidé que cette relation ne mènerait qu'à son malheur.

Il était évident qu'Eren était plus attristé que jamais.

Il était évident qu'ils devaient en discuter.

Mais Armin connaissait son meilleur ami par cœur, et mieux valait en parler un peu après. S'il ne se trompait pas, actuellement, Eren devait être dans un état brumeux. Il venait de décider qu'il ne dormirait plus chez Levi, et qu'ils se contenteraient à une simple et banale relation professionnelle (ce qui est plutôt chose ardue lorsque l'on vient de crécher chez cette même personne depuis plus d'un mois, et que l'hôte en question se révèle être votre ex petit-ami).

- « Comment est-ce que tu t'en sortais pour ouvrir la porte de l'immeuble avant ? demanda Eren, brisant le silence.

- Et bien, Jean passait souvent me rendre visite. Et puis, je n'habite ici que depuis très peu de temps. J'ai été en internat avec Keith, tu sais. Je ne venais dans cet immeuble que pendant mes révisions. Et puisque je révisais avec…

- D'accord, d'accord, j'ai compris. »

Eren avait rétorqué du tac-au-tac, d'une manière assez violente, peu propre à lui-même.

- « Tu ne l'aimes pas beaucoup, n'est-ce pas ?

- Tsss, qui pourrait l'aimer ? C'est… c'est un abruti !

- Tu ne le connais même pas !

- Je le connais assez pour savoir qu'il n'est pas de bonne compagnie. C'est un mec jaloux, possessif et vulgaire par dessus le marché !

- C'est vrai que toi, dans ton genre, tes paroles refoulent les pâquerettes et les pissenlits… fit Armin à mi-voix.

- Il m'a carrément craché dessus lorsqu'on s'est rencontrés pour la première fois. »

Armin décida d'ignorer ses paroles et interdit l'accès à l'ascenseur à Eren d'un geste.

- « Je te déconseille de le prendre : il a la faucheuse tendance à se bloquer lorsque l'on excède les trente kilos… »

Eren constatait vraiment que l'immeuble partait en miettes. Il s'en voulait de s'immiscer dans la vie d'Armin alors qu'il avait si peu. Ils empruntèrent les escaliers, et l'adolescent se retint de s'appuyer à la rampe puisque cette dernière était partiellement badigeonnée d'un liquide collant dont il ignorait la teneur. Alors qu'Eren songeait encore, il n'entendit même pas le cliquetis de la clé dans la serrure, et d'une petite courbette, Armin fit :

- « Bienvenue dans ton nouveau chez-toi. »

Il s'avança jusqu'au petit appartement, en prenant bien soin de s'essuyer les pieds contre le paillasson juste à l'entrée.

Tout était bien rangé à sa place. La première chose qui tapa à l'œil de l'adolescent fut l'exiguïté et le peu d'espace qu'ils avaient pour circuler. Heureusement qu'Armin mettait un point d'honneur à tout ordonner…

Eren se sentit de plus en plus coupable d'imposer sa présence, alors que l'appartement était déjà petit de base. Et alors qu'Armin se lavait les mains dans le lavabo ridiculement petit qui se cachait derrière le frigo de fortune, il expliqua :

- « Oh évidemment, ce n'est pas très grand, mais ça fait le job ! Je ne peux pas vraiment t'offrir davantage de toute fa…

- C'est parfait. »

Le blondinet s'étonna du ton avec lequel Eren lui avait répondu, comme embuée de larmes et de nostalgie.

- « Hé, t'es sûr que ça va ?

- Je ne sais pas trop…

- Comment ça, tu ne sais pas trop ? interrogea-t-il en s'essuyant les mains.

- J'ai un vide, là, fit le brun en pointant sa poitrine.

- C'est… à cause de Levi pas vrai ? »

Armin avait volontairement décomposé sa phrase. Et avait mis un point d'honneur à faire une coupure entre chaque petit bout, comme pour stimuler la mémoire d'Eren, comme s'il redoutait de prononcer le nom fatidique. Eren était démuni de ses forces. Il avait beau avoir dormi quelque temps sur la plage, il n'arrivait même plus à former des phrases correctement dans sa tête.

- « J'en sais trop rien. Tout est flou dans ma tête. Je me rappelle avec distinction de chacun des membres de l'Escadron ou même de tout ce qu'il s'est passé pendant la fête, mais lorsque j'essaie d'aborder le sujet de… de… du caporal, finit-il par dire, je ne sais pas : c'est comme si, volontairement, mon cerveau décidait de tout faire voler en éclat. Et, ça me pèse, là. »

Il empoigna consciemment la peau au-dessus de son cœur, dans un plissement de tissu, pensant probablement qu'il sera judicieux d'annihiler ce mal en se blessant davantage.

Sa respiration hachurée, la peine qu'il avait à former ses phrases, ses cernes violacées : il ne fallait pas être diplômé pour comprendre qu'Eren avait besoin de sommeil. Armin décida de s'asseoir sur sa curiosité et chuchota :

- « Installe toi sur le fauteuil, je vais te chercher un truc à boire. »

Sachant que ce qu'il prévoyait de lui préparer prendrait un petit moment, Armin alluma sa vieille télévision cubique. Elle grésillait comme ces vieux CD rayés qui tournent, mais ça ferait l'affaire pour lui occuper l'esprit le temps qu'il revienne avec son chocolat chaud.

Ils avaient beau être en été, Eren semblait mort de froid. Du coin de l'œil et tandis qu'il se dirigeait vers le petit coin de l'appartement où la cuisine semblait prendre place, il le vit attraper avec difficulté, un plaid qu'Armin avait laissé trainé prêt de son lit.

Armin fit donc réchauffer dans un petit mug, le lait et le chocolat en poudre (le peu qu'il lui restait) dans le but de calmer la conscience tourmentée de son ami. On dit que le chocolat apaise les mœurs et ravive les cœurs : quoi de mieux pour réchauffer et rendre le sourire à Eren qu'une bonne tasse de chocolat chaud ?

Pendant quelques instants - alors que le plateau tournant du micro-onde faisait sa dernière valse avant que la fin du temps imparti ne retentisse – Armin arrêta de lancer des coups d'œil vers Eren et réfléchit à comment est-ce qu'il allait devoir s'y prendre. Que pouvait bien t'il dire ? Lui qui d'habitude savait gérer toutes les situations, il avouait être un peu dépassé par la tournure des évènements.

La sonnerie du micro-onde le sortit de sa torpeur.

La douceur imprécise de la température de la tasse se répandit dans les mains du plus petit comme une trainée de poudre. Malgré la chaleur de ce début d'été, l'appartement d'Armin était frais, presque glacé. Pas étonnant qu'Eren tremblait ! Il espérait juste que cette fois-ci, il n'exploserait l'une de ses seules tasses dans un élan de colère.

- « Tiens, bois-ça : tu vas te sentir mi… »

Il s'était endormi.

Ses paupières délicatement closes, il ne s'était pas passé deux minutes qu'Eren avait trouvé de lui-même le chemin du repos. Il fallait être un nourrisson ou en tenir une sacrée couche pour s'assoupir avec autant d'aisance ! Armin été soulagé de le voir ainsi, les sourcils relâchés et la respiration continue. Et s'il ne tenait pas sa petite couverture avec autant de conviction - que si on la lui retirait, il aurait à coup sûr pu assener de coups son voleur – on aurait presque pu croire qu'il avait la conscience tranquille.

Armin, comme une mère bienveillante (il devait bien cela à Mikasa), le borda davantage, en prenant soin de ne pas le tirer de son sommeil réparateur. Le soleil était encore haut dans le ciel, il devait être quinze heures. Armin aurait bien fait un peu de rangement mais la grosse masse sur son fauteuil lui empêchait l'accès à la deuxième partie du salon.

Il avait beau être si tôt, Armin se sentait lui aussi un peu somnolant. Il fallait dire que la soirée de la veille n'avait pas aidé. Il avait beau avoir très peu bu, il n'avait pas dû dormir plus de trois heures, c'était un miracle qui ait réussi à rester aussi frais pendant tout ce temps.

Armin s'endormit donc à son tour, aux côtés d'Eren, emmitouflé dans son propre lit.


23h.

Levi avait fini tard, comme à son habitude. Son assiduité au travail se précisant d'heure en heure, il paraissait imperturbable, classant les dossiers en retard depuis les derniers mois. Les lumières de l'office s'étaient éteintes petit à petit qu'il n'avait rien remarqué jusqu'à ce qu'Hanji toque à sa porte.

- « Mais qu'est-ce que tu fous encore là ? s'étonna-t-elle.

- Et toi ?

- Moi, j'ai promis à Erwin de me tuer au travail si ça veut dire que je pourrai faire toutes les expériences que je veux sur Eren.

- Et en quelle année est-ce que tu as rêvé que ce fantasme se réaliserait ? fit-il avec dédain en regardant l'horloge murale.

- Erreur petit nain, erreur ! Cet après-midi même, Erwin m'a donné carte blanche et autorisation de faire ce que je voulais du beau cul d'Eren !

- Rappelle-moi de t'éclater la tronche demain, je suis crevé, là.

- Pourquoi ? dit-elle innocente, tournant autour de lui. Pour le « petit nain » ou pour avoir parlé du cul d'Eren ?

- Ne commence pas… »

Hanji se divertissait en triturant les feuilles rabattues de la large plante verte à côté de la porte, tournant de ce fait le dos à son interlocuteur. Elle le connaissait par cœur, à son tour. Elle savait dans quelle situation il se trouvait. Mieux valait tout prendre à la rigolade plutôt que de rajouter une couche à son état. Peut être qu'elle aurait dû taire le nom du responsable de ses maux, mais le mal était fait. Il était clair qu'il allait devoir tout lui expliquer, d'une manière ou d'une autre.

Mais pas maintenant.

Pas tout de suite.

Si on pouvait leur accorder une quelconque ressemblance, Eren comme Levi prenaient leur temps pour aller mieux. Ils le faisaient en silence, souffraient sans dire un mot, mais prenaient tout le temps qu'ils leurs faillaient.

- « Tu veux venir manger un truc ? ajouta la brune de telle sorte à ce qu'elle se fasse un peu pardonner de son comportement précédent.

- Pas avec toi.

- Rooh, ça va Levi, un peu d'humour !

- Ton humour tu te le fous où je pense.

- Où çaaaaa ?

- Et puis tu me fatigues, pourquoi est-ce que je parle encore avec toi ?

- Parce que tu m'aimes ? »

Levi fit comme s'il n'avait rien entendu.

- « OK, OK ! Excuse-moi, je ne voulais pas que tu te vexes, j'ai passé une longue journée.

- Moi aussi Hanji. Moi aussi j'ai passé une très longue journée. C'est pas pour autant que je viens te casser les couilles dès que j'en ai l'occasion. Il est bientôt minuit, et j'ai qu'une seule envie là, c'est de rentrer chez moi. Alors bouge de là et laisse-moi passer, bordel de merde ! »

Hanji ne montra pas une seule once d'opposition. Compréhensive, elle s'écarta et en un coup de vent, Levi se déroba par la porte de l'ascenseur.

Ce qu'il venait de dire, Levi le pensait (comme tout ce qu'il disait d'ailleurs). Mais pour autant, il n'avait pas envie de rentrer chez lui, pas envie de retrouver la bise glacée de son appartement.

Il s'imaginait déjà le salon aussi rangé et nickel que lorsqu'il vivait encore seul.

Il n'y aurait pas une seule trace de doigt sur les vitres.

Il n'y aurait pas cette petite assiette qu'Eren lui aurait laissé sur la table, accompagné d'une note dans laquelle il s'excuserait de ne pas l'avoir attendu et qu'il fallait réchauffer le plat au micro-ondes tant de minutes.

Il n'y aurait pas cette odeur de propre dans la cuisine et ces petites traces qu'il aurait laissé sans faire attention, malgré toute la bonne volonté qu'il aurait mis à faire le travail correctement.

Il n'y aurait pas Eren.

Probablement affalé sur le canapé, devant une connerie du genre : reportage sur les célébrités. Un truc de gamin. Ce genre d'émission qu'il avait l'habitude de mettre. L'adolescent aurait voulu l'attendre mais il n'y serait pas arrivé, et se serait endormi.

Levi se serait assis à côté de lui, il l'aurait observé pendant une bonne dizaine de minutes. Il lui aurait sûrement caressé les cheveux (péché mignon inavouable) pour qu'elle finisse par atterrir sur sa joue. Eren se serait lové contre lui, inconsciemment. Levi se serait trouvé pathétique, et aurait remercié le fait qu'Eren soit endormi pour qu'il lui embrasse le front.

Et parce qu'il ne serait fatigué à cause de lui, il serait probablement resté près de lui pour le regarder et s'assurer qu'il était bien là.

Il se serait fait thé. Ceux de sa marque préférée. Et se serait écrasé contre le fauteuil à l'opposé d'Eren, et l'aurait surveillé toujours en sirotant ce breuvage délicat qui lui dilatait les papilles à l'en faire frémir.

Et juste quand le soleil se serait levé, il serait allé dormir un peu. Un peu parce qu'Eren, en véritable pile électrique serait venu le réveiller une heure après en lui sautant dessus. Levi aurait ronchonné mais finalement, d'un accord commun, ils se seraient endormis l'un contre l'autre, ni plus ni moins.

Sauf que ce n'était et ne serait pas le cas.

Parce qu'il n'y aurait pas Eren.

Comme il s'y attendait, lorsqu'il poussa le battant de sa grande porte, il entendit le silence. Littéralement. Pas un bruit sauf le grésillement de son écran plat en veille.

Tout était parfaitement à sa place. Son appartement lui sembla vide.

Évidemment.

Eren avait emporté toutes ses affaires. Et les quelques affaires qu'il lui avait prêtées étaient soigneusement pliées et posées sur le canapé. C'est fou comme en un peu plus d'un mois – un mois et une semaine seulement – ce gamin avait changé sa vie de manière à ce que maintenant, il n'arrivait plus à vivre comme avant.

En seulement un mois.

Un mois et une semaine.

Tout ça pour revenir au point de départ. Comme si rien ne s'était passé.

Sauf que justement, il ne s'était pas rien passé.

Pourtant, il s'était promis de ne plus jamais souffrir. Qu'est-ce qui lui avait pris de s'emballer pour un gamin pareil. Comment est-ce qu'il avait fait pour s'attacher aussi vite ?

Comment ?

Comment ?!

- « Raaah, ça me fait chier… » mugit-il en s'adossant contre la grande baie vitrée qui donnait sur sa ville.

La nuit avait toujours été un de ses moments préférés. Celle qui efface tous les soucis, qui rends invisible la laideur et la peur, qui mets en lumière les êtres les plus beaux à l'intérieur, qui scintille de splendeur, qui cache les larmes et les doutes.

La nuit salvatrice et reconstructrice.

Il fallait qu'il dorme. Il n'était pas minuit qu'il se sentait comme accablé de toute la fatigue du monde lui qui pourtant, avait l'habitude de peu se reposer. Cette fois-ci, il s'endormirait sans même se doucher, ni même retirer ses vêtements de la journée. Cette harassement le tuait, il ne savait même pas comment est-ce qu'il tenait encore debout. Il s'étala donc dans son lit, et tenta d'ignorer cette étrange sensation qu'il n'avait pas ressentie depuis plus d'un mois.

Celle d'être seul.

Vraiment tout seul.

Il avait toujours eu cette sensation abyssale, depuis la mort de sa mère du plus loin qu'il se souvienne, et cela s'était précisé aux décès brutaux de Farlan et d'Isabel. La solitude lui collait à la peau et il avait appris à vivre avec. Ses vieux démons le poursuivant sans même qu'il ne s'en rende compte.

Eren avait rempli ce vide, sans même qu'il ne s'en rende compte. Et maintenant, il l'avait laissé tel quel.

C'est comme si Levi était un ballon de baudruche. Il avait toujours habitué à être dégonflé et la proximité des parois semblaient exigües mais ça avait toujours été comme cela, alors peu importait. Eren avait soufflé un grand coup dans ce ballon en arrivant dans la vie de Levi, et maintenant qu'il était reparti, ne restait qu'une poche vide, et encore plus distendue qu'au départ.

Levi s'endormi avec de la musique dans ses oreilles (ses écouteurs profondément enfoncés de manière à ce qu'ils ne se délogent pas pendant sa nuit), chose qu'il n'avait pas fait depuis belle lurette, préférant d'habitude le calme et la quiétude au « bruit » qu'était la mélodie.

S'effaçant peu à peu de l'état d'éveil, les paroles du refrain de Numb du groupe Likin Park résonnant dans son crâne et le guidèrent jusqu'au repos.

I've become so numb

Je suis devenu si engourdi

I can't feel you there

Je ne peux pas te sentir là

Become so tired

Devenu si fatigué

So much more aware

Bien plus conscient

I'm becoming this, all I want to do

Je deviens ceci, tout ce que je veux

is be more like me, and be less like you

c'est être moins comme toi, et être plus comme moi


Eren s'éveilla dans un sursaut.

Quelle était cette horrible sensation qui l'enveloppait. Il suffoquait, mal dans sa peau, emprisonné dans une prison de chair dont il ne pouvait se défaire. Suant à grosses gouttes, il sentait une présence à côté de lui.

- « Levi ? » murmura-t-il à demi-éveillé.

Non, ça n'était pas Levi. Il était parti. Ça ne pouvait définitivement pas être lui.

Mais alors, où est-ce qu'il était ? Est-ce qu'on l'avait kidnappé ? Il avait dû se faire enlever par le gang H. Il n'y aucun doute là-dessus. Un radio réveil était posé non-loin de lui lui indiquant qu'il était un peu moins de minuit.

Pendant une bonne trentaine de secondes, il paniqua de ne pas reconnaître l'endroit où il avait apparemment été emmené (étrange endroit d'ailleurs, ils avaient dû l'enfermer dans la chambre d'un de leurs pairs). Il laissa donc ses yeux s'habituer à la lumière et chercha un objet avec lequel il pouvait se défendre. Ses pupilles se posèrent sur un coupe-papier disposé de manière dissimulée sous un amas de lettres cachetées.

Il n'était pas attaché, ce qui était une bonne chose puisque ses mouvements ne seraient en rien entravés. Il était définitivement prêt à en découdre.

Juste près de lui, il entendit un bruit couvé. Comme si quelqu'un était emprisonné. Peut-être était-ce un autre gars malchanceux qui s'était fait attrapé lui aussi ? Eren souleva la couverture, paré à la moindre éventualité et fit tomber sa mâchoire lorsqu'il découvrit la silhouette pelotonné d'Armin, auparavant emmitouflé dans sa couverture et qui regrettait manifestement que cette dernière soit sur son dos.

- « Armin ? Ils t'ont eu aussi ? Merde, dépêche-toi de te réveiller, on n'a pas une minute à perdre !

- Eren ? demanda-t-il la voix brisée par le sommeil. Qu'est-ce que tu fous debout à une heure pareille ? Rendors-toi, mon vieux. Et pose ce coupe-papier, tu vas finir par te blesser.

- Mais !

- Eren, t'es chez moi là, je t'ai invité à rester dormir le temps que tu ais ton propre appart'. Tu te souviens maintenant ? fit-il entre deux bâillements.

- Oh… Excuse-moi Armin. Tu vas réussir à te rendormir ?

- Ne t'en fais pas pour moi… »

La petite marmotte blonde rattrapa d'un coup de patte bien calculé la couverture qu'Eren malmenait entre ses griffes. Et en un clin, il était déjà reparti s'enfoncer dans les bras de Morphée.

Eren quant à lui, était bien loin de trouver le sommeil : un véritable lion en cage, tournant et retournant sur lui même. Il s'échappa cependant quelques instants sur le rebord de la fenêtre pour respirer avec plus d'aisance l'air frais de la ville endormie. Et comme un sort qu'elle lui aurait jeté, cette belle cité qu'était la sienne, pleine de défauts et de bruits réussit à lui montrer le chemin des songes et c'est seulement quelques minutes plus tard qu'il se rendormit aux côtés d'Armin.


- « On est sûrs qu'il va revenir ?

- Mais oui, rassura Oluo. Levi nous l'a bien assuré Eren est un grand garçon maintenant. Ce n'est pas parce qu'il ne dort plus chez lui qu'il en oubliera ses obligations quand même.

- Quoi ? s'écria Petra. Eren ne vit plus chez le caporal ? Est-ce qu'Erwin est au courant ? Est-ce que ce n'est pas un peu dangereux ? Je veux dire… on le connaît si peu ! Il est adorable et très obéissant, il a pu nous le montrer récemment, mais ce n'est qu'un ado. Moi je sais qu'à son âge, j'aurais pris la fuite dès que le moment…

- Détends-toi Petra, chuchota Hanji (si, si, c'est possible) en lui frictionnant vivement le dos. Évidemment qu'Erwin a été mis au parfum, c'est même vers lui qu'Eren s'est adressé avant de partir de chez Levi.

- Et… lui, il a réagi comment ? demanda timidement Petra.

- Qui ça, lui ?

- Bah… »

Petra jouait avec ses mains. Elle redoutait de prononcer le nom du caporal. Comme si le simple fait de dire son nom allait le faire venir dans la pièce et qu'il comprendrait tout ce qu'il se tramait dans son dos.

- « Je pense que Petra parle du caporal, expliqua Nanaba.

- Ah ! Fallait le dire !

- Je pensais que c'était assez compréhen-

- Ouais, ouais, vous m'en direz tant. En bref… » Hanji sembla chercher ses mots pendant quelques instants : « Bon, qu'on soit clairs… Hum, Levi risque d'avoir un caractère proche de celui qu'il avait lorsque les Forces de l'Ordre Rapprochées nous ont planté comme des merdes il y a deux ans. »

Toute la bande s'arrêta de respirer.

Les FOR avaient pour responsabilité de s'occuper et de se dédier corps et âme à la protection des beaux quartiers. Et puisque leurs effectifs étaient plus que complets comparés à ceux de la Police ou des Bataillons, ils s'occupaient et de ceux de Shiganshina et de ceux de Trost.

Mais incapable de faire leur travail comme il se doit, leur leader Naile Dork avait décider de faire appel à l'aide d'Erwin et ses effectifs. Requête à laquelle le blond avait acquiescé sans faire d'histoires, persuadé de l'entraide des affectations.

Sauf qu'en plein milieu de la mission, alors qu'Erwin avait promis aide et soutien aux FOR, Naile les avait plantés là et s'était dédouané de toute responsabilité expliquant aux hautes sphères que c'était maintenant l'affaire des Bataillons et non plus celles des Forces de l'Ordre Rapprochées.

Ça avait plongé Levi dans une colère telle… si Hanji n'avait pas été là, Naile n'aurait probablement plus été de ce monde (et les effectifs des FOR également).

Depuis ce jour, en plus de leur réputation de suicidaires, attirés par le danger et incapables de résoudre les problèmes de la cité, les Bataillons avaient de mauvaises relations avec leurs pairs.

- « Je crois qu'on ne survivra pas à un Levi pareil.

- On sera bien obligés, souleva Mike.

- Arrêtez un peu de geindre, ordonna Erd. Petit un, Levi a toujours été un cas spécial en terme de relations, et ce n'est pas pour autant que nous nous en plaignons tous les jours. Petit deux, il n'y a aucune raison qu'Eren ne vienne pas, mettez-vous bien ça dans le crâne. Et petit trois, si vous ne vous mettez pas tout de suite au travail, je ne vous raconte pas l'état dans lequel vous serez lorsqu'Erwin débarquera. »

Tout le monde hocha la tête et se mirent au travail. Erd avait le chic pour avoir l'autorité d'un chef sans véritablement en être un. Mike qui était le second chuchota à Nanaba :

- « Il est gonflé celui-là, il en branle pas une et se débrouille toujours pour s'attirer la sympathie du major et l'autorité envers les autres de l'Escadron…

- T'es jaloux Mike ? répondit sournoisement Hanji.

- Qui, que ! Quoi ? Moi ?! JALOUX ? explosa-t-il.

- C'est bon, arrête de hurler… c'est juste que-

- Bonjour tout le monde ! »

Eren débarqua dans un coin, le sourire jusqu'aux oreilles, serrant avec prévenance la hanse de son sac à dos porté à demi n'importe comment et bourré d'affaires de sport de rechange.

- « Alors, avec qui est-ce que je m'entraine cette semaine ? »

Tout le monde avait été mis au courant de l'attitude d'Eren de la veille (c'était ça l'avantage - et l'inconvénient - à être très peu dans cet Escadron, les nouvelles filaient à une vitesse fulgurante, et il était plutôt ardu de garder un secret). Mike leva timidement la main :

- « Avec moi.

- Super ! Je vais enfiler mes affaires et j'arrive !

- Tu n'as qu'à me rejoindre dehors, dans la salle annexe.

- Très bien ! s'écria-t-il avec beaucoup trop d'enthousiasme. »

Alors qu'Eren se dirigeait en trottinant vers les vestiaires, Nanaba et Mike se regardèrent et acquiescèrent de concert :

- « C'est louche. »


Eren visait avec attention la cible qui se trouvait à une bonne cinquantaine de mètres de lui. Armé d'un sniper, la balle vint à s'enfoncer dans la surface à l'opposée.

- « Il faut que tu baisses ton bras. Tu n'y arriveras jamais comme ça.

- Comme ça, c'est mieux ? demanda Eren en s'exécutant.

- Toujours pas, tu ne comprends pas : ton coude doit s'écarter pour former un angle obtus, expliqua Mike et alliant le geste à la parole.

- Mais c'est impossible ! s'époumona l'adolescent en tentant tant bien que mal de reproduire ce que son supérieur venait de faire.

- Si ça l'était vraiment, je ne te demanderais pas de le faire ! »

Il réessaya une fois de plus mais la balle n'atteignit même pas la cible et vint s'éclater mollement plusieurs mètres plus loin. Eren n'avait pas pour habitude de rater ce qu'il entreprenait. Ça le mettait en colère de ne pas réussir un tir aussi difficile soit-il pour un débutant.

- « Bon, commença Mike qui n'en pouvait plus ça suffit pour aujourd'hu-

- Eh bien, tu n'auras pas duré longtemps. »

Levi toisait la scène de son œil hagard et froid. Personne ne l'avait entendu arriver, il était, comme à son habitude aussi discret qu'une brise.

- « Bonjour caporal ! fit Eren en se redressant tout à coup, le poing sur le cœur et les sourcils froncés. »

Levi fit comme s'il n'avait rien entendu. Les bras croisés, il descendit littéralement Mike de son piédestal, l'air dédaigneux :

- « Tu es très mauvais pédagogue Mike.

- Ah, et tu penses pouvoir faire ça mieux que moi ? s'énerva ce dernier. »

Levi déposa son FAMAS à terre et s'approcha des deux individus. Eren n'avait pas bougé d'un millimètre, toujours en position de salut, le caporal ne lui ayant toujours pas ordonné le repos. Levi le scrutait de la tête aux pieds, un sourcil relevé seulement.

- « Tu comptes rester comme ça pendant combien de temps ?

- Oh, excusez-moi c'est juste que- »

Levi l'attrapa par la taille et le mit devant lui, coupant court à ses explications. Il était bien plus petit que lui, ce qui, du point de vue de Mike donnait une scène assez drôle à voir. Mais même si le caporal avait une taille ridiculement petite par rapport à sa force, il n'en imposait pas moins.

- « Déjà, ton professeur a commis une erreur assez conséquente, c'est que les fusils d'assauts de ce calibre nécessitent un bipied pour être plus précis. Et puisque tu débutes, à moins d'avoir la science infuse, tu es normalement incapable d'atteindre une cible aussi éloignée sans un bipied. »

Levi attrapa donc le petit objet noir et le fit coulisser dans la fente prévue à cet effet du fusil d'Eren, sans le lui retirer des mains. Eren était donc littéralement entrain de se faire enlacer par le caporal (ce dernier pas le moins du monde ébranlé par la situation, tout du moins il n'en donnait pas l'air). Il se sentais mal à l'aise une telle approche ne devrait être réservée qu'aux amoureux ou aux amis très proches. Le caporal et lui n'étant en rien de ce titre là, il se retira donc de cette embrassade en donnant totalement son arme au caporal, et en justifiant son acte, rouge comme une pivoine, par un sobre :

- « Comme ça, ça sera plus facile pour vous. »

Le brigadier ne s'étonna pas qu'il réagisse comme cela. Mais au lieu de recueillir le regard froid de celui-ci, comme il aurait pu s'y attendre, c'est un regard tout gêné que Levi reçu.

- « Peu importe. Mets-toi à plat ventre. »

Eren ne comprit pas sur l'instant et fixa avec un air d'incompréhension son caporal.

- « Tu veux faire comment pour tirer sinon ? se moqua cyniquement le brun.

- Ah, c'est vrai que-

- Ensuite, le coupa-t-il, à chaque fois que tu tires, tu respires comme un taureau. Même si tu viens de courir un marathon, tu dois pouvoir être capable de retenir ta respiration au moment de tirer, sinon forcément, ta balle déviera. Et si à vingt mètres, tu atteindras ta cible, ce n'est pas dit qu'à trente tu ne la loupes pas. Donc quand tu tires, bloques ta respiration. »

Eren prit une grande bouffée d'air frais, abaissa son bras comme le lui avait conseillé Mike et retint sa respiration. Il ferma son œil et visa appuya sur la détente, et comme par magie, la balle vint se loger avec exactitude dans la cible.

- « En plein dans le mile. »

Levi se releva :

- « Tu vois que ce n'est pas compliqué, fit-il en s'adressant à Mike. Même le plus con des abrutis est capable d'enseigner à n'importe quel ado s'il est doté d'oreilles. »

Mike ragea doucement de la façon avec laquelle Eren avait appris et assimilé les dires du brigadier. Ce n'était pas juste ! Pourquoi absolument tout lui réussissait à celui-là ?


- « Je suis rentré ! » gueula Eren en déposant son sac sur le parquet gondolé.

Il s'étala littéralement sur le petit canapé – à moitié détruit par les mites et le temps – et retira ses bottes du bout de ses orteils.

Armin était dans son lit, entrain de lire un de ses ouvrages préférés : Utopia, de Thomas More. Il corna docilement la feuille qu'il était entrain de parcourir, n'ayant aucun marque page sous la main, et déposa le recueil sur ses genoux. Il sourit :

- « Comment ça s'est passé ?

- Je suis épuisé… et je pense à moitié sourd, précisa-t-il en secouant son petit doigt dans son oreille.

- Comment ça ? demanda le bond en retirant ses lunettes.

- L'entraînement du jour était le tir. Et mon professeur a totalement zappé la partie habillage de base, et je me suis retrouvé sans casque. J'ai dû perdre une grande moitié de mon audition… exagéra-t-il feignant la surdité.

- C'est vachement irresponsable de leur part d'oublier un détail pareil !

- Tu l'as dit. »

Eren s'étira encore davantage, faisant un petit bruit de bien-être suite à cela. Son échine craqua et une douce sensation lui parcourut le dos, comme si des milliers de petites bulles venaient d'éclater en même temps.

L'adolescent alluma la télévision qui lui faisait face. Et après le passage des parasites sur l'écran, la seule chaine disponible marcha finalement. Eren mit le son suffisamment bas, de telle sorte que son ami ne soit pas dérangé par ce dernier et se lova dans le creux droit du sofa se recroquevillant totalement contre l'accoudoir.

Se replongeant dans son livre, sans harasser de question son invité, Armin se délecta des quelques milliers de mots qu'il lui restait avant de terminer une nouvelle fois l'ouvrage qui s'avérait être son favori parmi tous les livres du monde.

Un monde pareil.

Une utopie.

Il en rêvait secrètement.

Ça serait un monde où l'on n'aurait pas besoin de quelconques services militaires puisqu'aucun gang ne serait à déplorer. Aucune guerre à déclarer. Pas d'inégalités. Juste le bonheur de vivre dans une civilisation heureuse et bienveillante. Un monde où la faim et la misère n'existeraient pas.

Un monde parfait.

Armin avait pris pour habitude de rajouter de petites annotations en bas de pages, de surligner des passages qui lui semblaient importants dans ce livre. Il l'avait tellement lu qu'il était incapable de dire le nombre de fois qu'il l'avait terminé.

Cette fois en était une parmi tant d'autres.

Et encore une fois, Armin ne put s'empêcher de lâcher une petite larme. Ça lui fendait littéralement le cœur lorsqu'il terminait une œuvre, aussi bonne soit elle.

Il reprit ses esprit en essuyant bien simplement du revers de sa manche la preuve de son acte. Reniflant à peine, il s'allongea sur le ventre, se rapprochant du fauteuil et s'intéressant tout à coup au programme :

- « Alors, ça parle de quoi ? C'est genre, une sorte de feuilleton nanar-ringard ? se moqua t-il doucement. »

Ne résonnèrent dans l'appartement pour unique réponse que le ronflement doux et discret (en réalité, c'était simplement une respiration un peu forte voire un ronronnement) d'Eren.

Il dormait.

C'était à prévoir.

Le pauvre garçon était exténué après sa journée de travail. Pendant qu'Armin s'était prélassé et avait lu, lui avait trimé et transpiré tout le jour durant.

Son livre terminé, le soleil toujours plutôt haut dans le ciel, Armin se posa une question épineuse :

Que pouvait-il bien faire en attendant le réveil de son invité ?


Dix minutes qu'il tournait en rond, comme s'il était devenu gardien de prison, observant les moindres mouvement qu'Eren pouvait faire dans son sommeil. On aurait dit qu'il redoutait le fait qu'il ne s'étouffe alors qu'il était endormi (moquez-vous, mais vu l'agilité d'Eren avec son corps, Armin était paré contre toutes les éventualités).

DRING !

DRIIIING !

DRIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIING !

« Merde ! Merde ! C'est quoi ça ? » répétait Armin en farfouillant les poches d'Eren.

Il ne reconnaissait en rien la sonnerie de son téléphone, il fallait être rapide et discret : récupérer ledit appareil sans réveiller son possesseur alors que les cris stridents du cellulaire résonnaient dans tout l'immeuble.

Finalement, Armin mit la main dessus et répondit sans même regarder qui appelait Eren :

- « Allô ? chuchota-t-il.

- Eren ?

- Ah, heu non… je suis Armin, Eren est endormi, je peux lui dire de vous rappelez quand il sera réveillé si vous voulez ?

- Ah, bonjour Armin, je suis ravi de faire ta connaissance

- Je m'excuse si je vous paraît impoli mais, je ne crois pas vous connaître.

- Autant pour moi, je suis Erwin, le responsable et major de ton ami.

- Le responsable ? Mais je pensais que…

- À vrai dire, nous sommes plusieurs à ce poste, rectifia Erwin après coup.

- Je suis enchanté de vous entendre monsieur le Major, j'espère pouvoir faire partie de vos rangs l'année prochaine.

- Oh… Tu es donc tout fraichement sorti de l'internat ! Félicitations. » Erwin laissa volontairement laisser un ange passer le temps qu'il réfléchisse à sa propre proposition mais finit par déclarer : « Écoute, j'appelais Eren pour savoir s'il était bien rentré en toute sécurité, mais puisque tu réponds à son téléphone, ça doit être chez toi qu'il a décider de crécher. Est-ce que ça t'embêterais de venir aux locaux une heure ou deux ? J'ai quelques questions à te poser. »

Armin ne s'attendait pas à cela. Premièrement, il était entrain de parler à l'homme qu'il respectait le plus dans cette ville déjà pourrie jusqu'à la moelle, considérant les membres du Bataillon comme des fous dangereux qui méritaient d'être internés secondement, il voulait qu'il le rejoigne.

En temps normal, il aurait acquiescé sur l'instant. Sans réfléchir une seule seconde. Qui était-il pour discuter les demandes de son futur supérieur ? Mais Eren était l'ombre au tableau qui l'empêchait de bouger de chez lui. Déjà qu'il redoutait le simple fait d'aller chercher du pain et de le laisser une seule minute seul, alors partir pendant plusieurs heures !

Il sentait le major s'impatienter au bout du fil il avait probablement bien d'autres choses à faire que de jacasser avec un étudiant. Il trouverait bien une solution.

- « Aucun problème, j'arrive dans une vingtaine de minutes. »

Erwin le remercia et raccrocha aussitôt.

Qu'allait-il bien pouvoir faire de lui ?

Il était évident qu'il ne pouvait pas le laisser seul avec ses problèmes. Lorsqu'il se réveillerait, il y avait une chance pour qu'il ne sache pas où il est et qu'il se mette à gambader dans la nature comme une biche égarée. Il fallait absolument qu'Armin trouve une solution…

Il tourna sur lui-même (oui, parce qu'il n'était pas évident de faire les cent pas dans une aussi petite pièce qu'était ce salon-cuisine-chambre) à la recherche d'une idée lorsque ses yeux se posèrent sur un cadre qu'il avait fixé au mur (l'une des seules décorations présente d'ailleurs) et dans lequel trônait fièrement une jolie photo du trio infernal. Elle avait été prise il y a de çà une semaine et demie et Armin n'était pas peu fier de posséder une aussi belle preuve de leur amitié encadrée chez lui.

Eren, Mikasa et lui formaient vraiment un…

Mikasa.

MAIS C'EST BIEN SÛR !

Eren lui en voudrait probablement d'avoir demandé à son amie d'enfance de le surveiller, mais c'était la seule solution envisageable, car il ne voyait personne d'autre en qui il aurait pleinement confiance pour pouvoir veiller sur son ami.

Aussi vite qu'il lui ait été possible de taper sur un clavier de téléphone (plutôt obsolète), il composa le numéro de cette dernière, répertorié dans ses favoris depuis belle lurette.

… elle ne répondait pas. Mikasa ne manquait jamais un seul appel, et c'est même à la première sonnerie qu'elle décrochait. Il était tenté d'appeler avec le téléphone d'Eren mais reçu un message qui le coupa dans son élan.

Reçu à 15h12 :

Mikasa : Je ne peux pas te répondre, il y a quelque chose de grave ?

Envoyé à 15h12 :

Armin : Ouais, j'ai besoin de toi.

Armin vit la petite mention « lu » qui l'agaça, qui lui était pourtant de nature peu irritable. Il se sentit donc obligé de mentionner le fait que :

Envoyé à 15h13 :

Armin : Ça concerne Eren.

Reçu à 15h13 :

Mikasa : J'arrive tout de suite.


Il n'avait pas fallu attendre plus de cinq minutes avant que Mikasa ne se retrouve dans l'appartement du blondinet et en deux phrases, il lui exposa la situation : comme quoi Eren ne devait pas se réveiller, que s'il restait endormi jusqu'à son retour ça ne serait que mieux, et que surtout s'il y avait un quelconque problème, elle devait l'appeler sur le champ (le fait étant qu'Armin serait bientôt entourés de personnes toutes plus qualifiées pour aider Eren si une bricole lui arrivait).

Il ne lui fallu pas non plus longtemps avant d'arriver en eau aux locaux de l'Escadron. Armin se redressa, bomba le torse pour se donner fière allure (à dire vrai, il ressemblait plus à un chaton égaré qu'à un fauve) et passa la porte vitrée dont il rêvait depuis des lustres.

Tout était merveilleux, c'est à peine s'il osait poser les yeux sur les meubles l'environnant il avait l'impression que tout était top-secret, que le moindre chuchotis était une mine d'or d'informations. Deux hommes dont Armin n'avait pas la connaissance se rapprochèrent de lui, une aura menaçante autour d'eux :

- « Cet établissement est privé, aucun citoyen non-autorisé ne peut pénétrer dans l'enceinte sans…

- Du calme Luke, c'est moi qui lui ai dit de venir, précisa Erwin, volant littéralement au secours du blondinet bien désemparé.

- Bon… bonjour monsieur le major, ravi de vous rencontrer, fit le concerné le poing sur le cœur.

- Tant de formalités ! Viens donc, nous discuterons par ici. »

D'un signe de la main, il l'encouragea à lui faire suite. Armin s'émerveillait à chaque coin. Et dire qu'Eren se plaignait de passer ses journées cloitré ici ! Si ça ne tenait qu'à lui, Armin viendrait travailler chaque minute entre les ces quatre murs !


Cela faisait une bonne heure qu'ils discutaient. Pour Erwin, c'était une aubaine d'avoir avec lui le meilleur ami de la plus puissante de ses armes (il avait beau faire comme si, il ne fallait pas se voiler la face pour comprendre n'était ni plus ni moins qu'une arme pour mettre fin au clan H). De plus, au fur et à mesure de la conversation, il avait appris que le blondinet souhaiter à son tour joindre son Escadron. Décidemment, Mère Nature avait bien fait les choses. Ces jeunes prêts à tout pour défendre leur pays de la crasse et du désespoir, ça redorait doucement le blason de cette jeunesse dépravée qu'était celle de Shiganshina.

Un coup sourd retentit une bonne cinquantaine de fois. Quelqu'un manifestait son droit de voir le major. Il soupira, sachant qu'une seule et unique personne était capable de frapper aussi vite un aussi grand nombre de fois.

- « Que veux-tu ? Je suis en pleine discussion. Cela ne peut pas…

- Erwin, espèce d'imbécile ouvre immédiatement cette porte où je l'enfonce ! hurlait Hanji. Tu as cru que tu pourrais me cacher la venue d'un futur apprenti dans nos locaux ? OUVRE CETTE PORTE ERWWWWIIINNNNN ! »

Armin prenait peur. Devait-il se cacher sous le bureau… ? Pas très professionnel, et il n'était pas sûr que c'était le genre d'attitude à aborder devant son supérieur. Il se résigna à avaler sa salive et à faire face pour la deuxième fois à la furie qu'il avait déjà pu entrapercevoir lors de sa visite il y a peu.

Elle lui sauta dessus. Erwin observait le spectacle impuissant. Il était inutile d'interférer. Hanji était en wild mode et rien ni personne ne pouvait la contrôler ainsi (à part peut être Levi). Comme une lionne reniflant sa proie avant de la dévorer, elle se pencha à quelques centimètres de l'adolescent le scrutant de ses prunelles marrons. Elle fini par lui empoigner la main, un sourire frigorifiant aux lèvres. Elle enchainait les phrases courtes et rapides, de peur qu'Erwin ne l'interrompe.

- « Salut toi ! Je suis Hanji. Toi, tu es Armin. Tu es l'ami d'Eren ! Je te reconnais parce que j'avais remarqué ta touffe blonde parmi les nouvelles recrues. Tu m'as l'air futé, si t'as envie de discuter avec moi, c'est quand tu veux. J'adore parler. Vraiment. Et puis si t'as un problème… Oooh, il faut qu'on parle d'Eren. Viens. »

Elle l'attrapa par le bras. Erwin grogna :

- « Hanji…

- Mais quoi ! s'indigna-t-elle. Tu le monopolises depuis une heure ! Laisse-moi un peu profiter ! Et puis promis, je casserai rien. Je fais tout très vite et pfiout ! Je le laisse libre comme le vent !

- Je… enchanté, il me semble…

- Oh non non non ! On va se mettre tranquillou dans mon labo ! »

Armin pensait pouvoir rentrer assez tôt pour qu'Eren n'ait rien vu de sa supercherie, mais il s'avérait que ça allait durer un peu plus longtemps que prévu…


Je remercie du fond du coeur tous ceux qui sont arrivés jusqu'au bout de ce chapitre.

Bon, l'heure des explications est arrivée, je suppose :)

Ça ne sert à rien de tergiverser des centaines de phrases, je ne trouve plus autant de plaisir à écrire. Je crois que pas mal d'entre nous on eu un mois de janvier difficile (pour ma part un bac blanc, un TPE, et une trainée de mauvaises notes qui n'ont pas vraiment enchanté mes proches et moi-même), et évidemment je n'ai pas excepté à la règle. Il se trouve, par un hasard fou, que mon mois de février est plus léger. C'est pourquoi je vous poste ce petit chapitre (qui j'espère vous a plu).

En fait, pour être tout à fait franche, mon style d'écriture me gonfle. J'ai cette impression d'écrire n'importe quoi. Du coup j'efface. Puis je réécris. Et réefface. Un cercle vicieux, je vous en parle même pas.

Le fameux syndrome de la page blanche aussi. Se dire tout le temps "putain, faut que j'écrive".

Ça m'a un peu saoulé, je vous le cache pas.

Mais, puisque ça va un peu mieux, je vous poste ceci. Je pense que je ne me mettrai plus de date butoir. Les chapitres viendront quand ils viendront. Je sais qu'il n'y a pas foule qui suit les petites aventures que j'écris mais j'espère ne pas décevoir ces quelques personnes (s'il en reste haha, parce qu'avec deux mois et demi d'absence il ne doit plus rester grand monde).

En tout cas, même si ça fait longtemps que je n'ai plus mis les pieds sur FFNET, sachez que je suis contente de vous poster ce chapitre. N'hésitez pas à me faire part de votre critiques ou encouragements (je vous jure, qu'on dirait pas, mais ce sont vraiment des choses qui nous permettent, à nous, de progresser).

De gros bisous, à la prochaine tout le monde ;)