Joyeux dimanche de Pâques à toutes et à tous :)

Je voulais poster ce chapitre il y a tellement longtemps, puisqu'il était presque fini il y a deux semaines, mais je n'ai pas trouvé le courage ni la motivation étant donner qu'en ce moment au lycée c'est vraiment pas la joie. Je bosse comme une bête et les résultats ne sont pas là, c'est assez démoralisant. Pour couronner le tout, mes oraux blancs de français sont dans une semaine, et j'ai des DS qui me prennent la tête.

Bon, on se moque un peu de ma vie mais c'était important pour moi de vous le préciser pour ne pas que vous pensiez que je suis morte entre-temps :)

La petite réponse au Guest (la seule et l'unique, toujours vivante après la bataille, haha) :

La bte : Je pense que je vais créer une statue en cookie à ton effigie pour toutes les gentillesses que tu me dis. Sans déconner, tes reviews (oui parce que tu as quand même pris le temps de m'en écrire plusieurs, c'est assez fou d'ailleurs !) m'ont fait bondir de joie ! C'est tellement un plaisir d'avoir tes réactions presque en temps et en heures ! Tu plaisantes ou quoi, répondre aux reviews c'est mon petit plaisir :) Si tes deux premiers messages m'ont bien fait rires alors le troisième je ne te raconte même pas, haha. Ça m'a vraiment amusé parce que je me retrouve en toi, lorsque je lis d'autres fanfictions ou quand je regarde des animés qui me tiennent à coeur. Je suis littéralement intenable. Écoute, je te laisse découvrir ce petit chapitre de 8k qui m'a fait grave plaisir à écrire (un tout petit peu de ErenxLevi, ça m'a fait un bien fou de les revoir un peu ensemble, amis je n'en dis pas plus !). Bonne lecture chère licorne !

Et bonne lecture à vous tous, merci de me lire malgré le temps que je mets à sortir mes chapitres.


Levi ouvrit les yeux. Un silence d'or régnait dans l'appartement. Décidemment, il ne s'y faisait pas. Il avança, pas à pas vers sa cuisine pour se préparer un café lorsque son regard se posa sur l'horloge murale : 4h26. Le soleil dormait encore et toute la ville avec. Pourquoi pas lui ? Mais Levi n'avait jamais été un dormeur et pas un matin il n'avait eu le sentiment de se sentir pleinement reposé.

Dans un bruit désagréable, la machine torréfiait les grains à sa façon, et de son bec s'écoulait le liquide presque noirâtre. Levi trempa ses lèvres et lapa cette mixture exotique brûlante. La chaleur se diffusa dans toute sa bouche et vint faire sautiller ses papilles gustatives avant de venir s'échouer sur ses amygdales. Instantanément, le caporal se sentit un peu plus relaxé, et moins angoissé. Mais sa migraine toujours présente venait sans cesse lui rappeler l'auteur de ses tourments. Il ne pouvait pas rester ainsi. Levi ne pourrait pas combattre le clan H avec cette sensation terrible. Et pour purger sa douleur, il n'y avait pas trente-six solutions :

Soit Levi prenait son courage à deux mains et allait affronter Eren.

Soit il assurait ses arrières et allégeait sa conscience en parlant sobrement à Lisa.

Le choix fut vite fait.

Ni une, ni deux, Levi termina le fond de sa tasse et commença à faire le chemin pour aller sonner chez sa voisine. Il se moquait bien de l'heure qu'il était, de la tenue dans laquelle il y allait, de la tête qu'il pouvait bien avoir : c'était un devoir de conscience que d'apaiser ses souffrances.j

Il appuya trois fois, de manière frénétique. On entendait dans l'appartement un bruit feutré, comme si on désirait faire le moins de bruit possible. Levi crut bien qu'elle ne lui répondrait pas, et alors qu'il s'apprêtait à sonner pour la dixième fois, le brun discerna une ombre sous la porte et surtout l'obscurcissement du judas qui lui faisait face. Une petite voix endormie demanda :

- « Levi ? Qu'est-ce qui te prends ?

- Ouvre-moi. C'est urgent. »

L'appartement était plongé dans la pénombre. Une petite veilleuse avait été allumé de manière à ce que Lisa ne se casse pas la figure en voulant parcourir les couloirs sinueux de son duplex, mais malgré cela, on ne distinguait pas très bien les reliefs. La propriétaire semblait harassée ses petits cernes en attestaient. Levi se sentit mal de l'avoir retiré de son profond sommeil, mais il se devait de lui parler sur le champ, sans procrastiner davantage. Ne prenant pas la peine d'attendre une quelconque formule de politesse l'invitant à s'asseoir, il se posa sur un tabouret près du bar américain que la jeune femme possédait. Lisa referma correctement son peignoir et attendit que Levi se prononce. Si elle le connaissait peu en réalité, elle avait pourtant le mérite de savoir que lorsqu'il prenait les devants pour converser (ce qui arrivait tous les trente-six du mois, vous vous en doutez), il fallait le laisser parler. Après une trentaine de seconde, il se décida enfin à lui toucher deux mots :

- « Écoute Lisa, à propos de la dernière fois, je-

- Je sais, l'interrompit-elle finalement. »

Levi ne s'attendait pas à être coupé en plein dans son élan. En général, il détestait qu'on trouve sa parole moins légitime que celle de son interlocuteur, à tel point que la personne trouvait judicieux de l'interrompre. Toutefois, aujourd'hui, c'était différant. Il la laissa donc poursuivre, tentant de ne pas prendre en compte l'écrasante sensation qui lui martelait la cage thoracique.

- « J'avais bien compris, ne me crois pas sotte. Penses-tu que je me suis tenue éloignée de toi pendant une longue semaine pour une raison futile ? Que je ne serai pas revenue à la charge si tu ne m'avais pas fait comprendre aussi explicitement que tu souhaitais mettre fin à ce semblant de relation ? La dernière fois que l'on s'est croisés, expliqua-t-elle, j'ai voulu te dire que j'avais tourné la page, et qu'il valait mieux que l'on en reste là, avant qu'un malaise ne s'installe mais tu ne m'as pas laissé le temps de tout te dire.

- Je ne pensais pas avoir été clair sur ce plan là.

- Et bien pourtant si. »

Elle alla se chercher un verre d'eau. Entre deux bâillements, Levi crut apercevoir un sourire fleurir aux coins de ses lèvres (quoique cela était difficile à dire, vu la faible luminosité de la pièce – apparemment, la rouquine ne semblait pas décidée à allumer davantage pour qu'il y voit plus clair – et la fatigue qui voilait encore ses yeux).

- « Tu sais, dès l'instant où tu m'as mise dehors ce jour-là je me suis dit : ''Quel connard ce type, je suis sûre que c'est le genre de gars à attirer toutes les nanas dans son lit et à les faire déguerpir à coup de pieds au cul dès le petit matin''. Pourtant, ce n'est pas comme si je ne te connaissais pas déjà. Nous avons beau peu nous comprendre, cela fait dix ans que nous nous côtoyons j'en avais vu passer, des filles, à travers cette petite porte. Et depuis toujours je me disais : ''tiens, peut-être qu'un jour, ça sera mon tour''. Alors évidemment, j'ai sauté sur l'occasion quand elle s'est présentée. Et je savais qu'en pénétrant dans cette chambre, j'en sortirai changée et que les chances de te revoir étaient minimes. Je savais tout ce qui m'attendait. Et tu vois, j'ai quand même été déçue.

- À propos de tout ça-

- Mais même si tu as agi comme un con, Levi je ne t'en veux pas. Parce que je n'ai pas été une sainte moi non plus. Et que grâce à Mickaël, j'ai su m'en sortir.

- Mickaël ?

- Un collègue de travail, ça n'a pas d'importance… fit-elle en balayant ce hors-sujet de la main. Ceci étant dit, j'avais vraiment décidé de t'en vouloir. Même si je faisais mine de ne rien comprendre, j'étais pleine de rancœur toute cette semaine. Je t'en voulais encore il n'y a pas une heure. Mais de voir que tu as pris la peine de venir t'excuser confirme ce que j'essayais de me convaincre : même si tu te donnes cette image, au niveau sentimental, tu n'es pas tant un connard que ça. » Elle marqua un silence dans son récit, comme un besoin de respirer, de faire le vide, de se souvenir de tout ce qu'elle devait exprimer avant qu'il ne reparte. Finalement, elle rit en pensant au ridicule de la situation : « Tu dois sûrement penser que je suis folle, et qu'en si peu de temps, on en peut pas développer autant d'animosité. Pourtant, crois-moi, la haine a le temps de croitre bien comme il faut.

- Je te crois et je le sais, Lisa.

- Et alors que je ruminais ma colère au travail, reprit-elle, on m'a ouvert les yeux. On m'a aidé, et ce ''on'' s'est manifesté sous la forme d'un charmant jeune homme qui m'a offert son amour sur un plateau d'argent. Le genre de romance qu'on ne trouve plus aujourd'hui et qui ne se voit qu'au cinéma. Il me le cachait depuis tant de temps, je ne sais même pas comment j'a pu être aussi aveugle, haha ! L'orgueil et le paraître nous font voir bien peu de choses comparé à ce qu'ils nous cachent. Avec l'aide de cet amour, j'ai repris un peu les rennes de ma propre existence, vois-tu ? Je me suis dit que je valais mieux que ça. Et qu'il fallait que je tourne la page.

- Je n'aurais pas dû te proposer de partager ma vie alors que tu étais pleine d'espoir à ce moment là.

- Comme je te l'ai dit, j'avais déjà vu clair dans ton jeu. J'étais si concentré sur le superficiel à l'époque que-

- Il y a une semaine.

- Tu m'as comprise, rétorqua-t-elle, rieuse. Ce n'était pas de ton genre de proposer ce genre de chose. » Elle souffla : « Tu étais si abrupt, si cassant que si ça avait été le cas…

- Je t'aurais brisé avant même que tu ne t'en rendes compte, finit-il. Je sais.

- … Je ne l'aurais pas formulé comme ça, mais brisé c'est pas mal non plus, fit-elle en souriant franchement. »

Un silence s'installa dans la pièce avant qu'il ne soit recouvert par un ronflement discret mais assez bruyant pour qu'il se distingue nettement par rapport à l'accalmie précédente. Lisa rougit tout à coup, aussi écarlate que si elle avait passé sa journée au soleil. Levi pencha la tête et découvrit une silhouette effilée surplombant l'édredon de la jeune femme. Il ricana :

- « Dis-moi, tu n'as pas perdu ton temps c'est Mickaël ?

- … Ça se pourrait, murmura-t-elle en faisant glisser la porte. »

Elle replaça une mèche de cheveu et avala avec difficulté sa salive. Lisa voulait dire quelque chose, cela crevait les yeux. Cela brûlait Levi de tout débiter, comme elle avait eu le courage de faire, mais il ne trouvait pas la force de lui parler d'Eren, et tout compte fait, il ne voulait pas lui confier une pareille chose.

- « Au risque, d'à mon tout, passer pour la connasse, j'aimerai...

- Qu'on ne parle plus jamais de cette période ?

- Tout à fait, répliqua-t-elle rapidement.

- Je suis d'accord avec toi.

- Au moins un point sur lequel on aura été sur la même longueur d'onde dans toute cette histoire, fit-elle. »

Levi se sentait mieux. Il n'avait, certes, pas réussi à faire sortir ce qui avait besoin d'être extériorisé, mais au moins, cette affaire était belle et bien terminée et lui avait appris l'une des choses les plus importantes, qu'il n'oublierait plus jamais désormais : la précipitation et les coups de têtes étaient réservés au combat, et à proscrire dans la vie de tous les jours.

Alors qu'il s'apprêtait à retourner dans son appartement adjacent, laissant Lisa se recoucher, elle lui agrippa la manche, la tête basse :

- « Levi. Merci quand même… pour m'avoir ouvert les yeux sur Mickaël. Ça m'agace de devoir l'avouer mais, c'était un mal pour un bien. »

Il aurait dû la remercier à son tour. Pour Eren, pour lui avoir, lui aussi ouvert les yeux. À la seule différence que lui souffrait bien davantage qu'il n'ouvrait les yeux. La plaie qu'avaient ouvert Farlan et Isabel, pourtant cicatrisée – enfin, de ce qu'il croyait – avait fait son retour brutal depuis cette perte émotionnelle. Il se contenta de lui répondre : « Il n'y a pas de quoi. » avant de disparaître dans son appartement.

Lorsqu'il referma la porte, il ne prit même pas la peine de réenclencher le verrou. Après tout, l'horloge indiquait déjà 4h40, et Levi voulait prendre de l'avance dans son travail maintenant qu'il avait la conscience un peu plus tranquille. Tout cela ne pourrait que lui être bénéfique, et demain, il se remercierait d'avoir fait des heures supplémentaires. Le brigadier enfila en vitesse une poignée de vêtement dont les couleurs concordaient à peu près (de toute façon, vu le panel de couleur monochrome que le dressing de Levi possédait, il était vraiment compliqué de trouver deux pièces qui ne s'accordaient pas) et parti s'enfermer dans son bureau pour le reste de la journée.


Armin n'en croyait pas ses yeux. Ce qu'il venait de voir était tout simplement estomaquant. Eren ? Avec Jean ? En quelle année et sur quelle planète est-ce que cette relation avait pu devenir aussi charnelle qu'elle n'était violente ? N'était-ils pas pleins de ressentiments l'un pour l'autre, de base ?

Peu importait, sur le moment. Et pour tout vous dire, Armin n'avait pas vraiment le temps de se poser toutes ces questions. Il fallait déguerpir, et vite. Surtout à tout prix éviter tout contact visuel pour ne rendre la situation encore plus gênante qu'elle ne l'était déjà. Le petit blond replongea son trousseau de clé au plus profond de sa poche et grommela un petit : « Oups, je m'excuse. » avant de ne prendre la poudre d'escampette.

Jean, ne trouvait même pas les mots pour exprimer à quel point il avait envie de se terrer sous le béton et la roche – si ce n'était plus – tandis qu'Eren, toujours à califourchon, avait enfoui sa tête dans ses mains, incapable de bouger ne serait-ce qu'un orteil tant il était mort de honte.

Mais il ne pouvait pas laisser Armin partir comme ça, il ne pouvait pas laisser s'envoler avec cette image de lui encore fraiche dans sa mémoire. Ça, il en était véritablement incapable. Il se leva d'un bond, courant vers la cage d'escaliers. Et s'il avait manqué de se retrouver les quatre fers en l'air avec la vitesse à laquelle il courrait pendant toute la durée où il dévalait les marches ce fut la dernière qui le fit trébucher et il se retrouva dans les bras de son ami, qui par un hasard – il faisait bien les choses celui-là décidemment – se tenait proche de la porte de sortie. Avant même qu'il ne se prononce Armin le calma d'entrée de jeu :

- « Hé Eren, ça va. Je te laisse l'appartement pour quelques heures, tout est bon.

- Tout est bon ? Tout est bon ? répéta-t-il. Non ! Tout n'est pas bon ! T'es complétement taré, tu penses vraiment que je vais y retourner après ça ?

- Et bien… » Armin ne savait que répondre à cette constatation. Il est vrai que s'il avait fait comme cela, le blondinet aurait trouvé cette situation encore plus étrange qu'elle ne l'était déjà. Il affirma : « Ouais, c'est pas faux. C'est juste que, j'ai été un peu surpris je ne pensais pas que vous aviez ce genre de relation donc

- On n'a pas… On n'est pas… bégayait-il. Avec lui ?! Non, pas du tout !

- Eren. Il n'y a pas cinq minutes, tu étais encore entrain de lui rouler une pe-

- Stop, c'est bon. Je sais ce que je faisais. Enfin, je savais. » Il s'interrompis une seconde avant de s'étrangler : « Non ! Je ne savais pas justement ! C'est un accident, on ne voulait pas en arriver là, c'était qu'une stupide histoire d'égo au départ…

- Eren je m'en moque, tu fais ce que tu veux. »

Armin avait beau avoir toute la tolérance du monde, il connaissait déjà à l'avance l'issue de cette discussion. Il était hors de question qu'il fasse durer tout cela. Cela mettais tout le monde dans une drôle de panade :

- « Hé, je ne me moque pas de toi quand je te dis ça, renchérit-il en lui attrapant les épaules. Évites juste… de faire ça sur mon lit, crut-il bon de préciser, mais on n'aura qu'à instaurer des petites règles pour que ce genre de chose ne se reproduise plus. Je ne sais pas moi, tu n'auras qu'à mettre un post-it sur la porte lorsque-

- Pitié Armin, supplia Eren, tu sais très bien que cette discussion ne rime à rien je ne ferai plus jamais un truc du genre, surtout pas ici, et surtout pas avec ce type.

- Je sais bien, sourit-il, mais on ne sait jamais. »

Le plus petit poussa la porte avec l'aide de son ami. S'il était toujours à l'écoute, il avait vraiment besoin de décompresser présentement. Et de toute façon, Eren ne pouvait pas le convaincre, il ne pouvait rien faire d'autre que laisser couler, et d'attendre.

Attendre.

Attendre !

Toujours attendre !

Eren ne voulait pas attendre ! Il exécrait la lenteur avec laquelle le temps mettait pour s'écouler.

Il fallait toujours être patient ! Attendre d'en savoir plus sur son anatomie pour pouvoir passer à l'offensive envers le clan H. Attendre qu'il grandisse pour qu'il atteigne enfin une maturité, attendre que l'amour lui tombe dessus. Attendre de voir le monde s'étendre autour de lui tandis que, perdu, comme un mouton noir, il se contentait de regarder les autres. Non ! Eren exigeait d'être le maître de ses choix, de ses actes. Il ne voulait pas regarder faire : il désirait passer à l'action, et tout dévaster sur son passage !

Et toujours cette douleur lancinante à la poitrine !

Eren se mit à courir. Comme s'il essayait d'échapper à quelque chose d'invisible. Il regardait sans cesse derrière son passage, pour s'assurer que personne ne le suivait que Jean n'avait pas décidé de faire la même chose que lui. Il bousculait tellement de passants qu'il ne s'excusait même plus lorsque cela se produisait. Qu'est-ce qu'il souffrait, comme cet émetteur lui faisait atrocement mal… Il fallait, peu en importait le coût, qu'il voit Hanji. Maintenant. Tout de suite.

Il se mit à sortir son téléphone de sa poche, mais l'insigne en haut de ce dernier indiquait que son réseau ne fonctionnait pas. Il ragea : « Putain ! »

Mais heureusement pour lui, dans sa course poursuite contre le vent, il avait – par reflexe – emprunté le chemin le menant vers les locaux des Bataillons. Et en quelques minutes, il avait franchi le portillon, la sécurité, et tous les gardes qui commençaient à bien le connaître désormais. Il criait à travers les salles, sa voix en decrescendo au fur et à mesure :

- « Hanji ?! Docteur Zoe ? Quelqu'un ?... »

Mais l'heure était creuse, ils étaient tous en mission à l'extérieur ou en repérage. Et les seuls visages familiers étaient ceux du secrétariat. Comment se faisait-il que les locaux étaient si vides ? N'étaient-il pas censés combattre le crime ?

Finalement, Eren arriva au laboratoire et reconnu enfin la silhouette de son médecin attitré. Il ne lui fallut pas plus de cinq secondes avant qu'il ne perde connaissance, sous les yeux écarquillés de la brune et de Levi.


Il faisait tout noir.

C'était glacé et terrifiant.

Eren n'avait aucun repère spatio-temporel : il ne savait ni où il se trouvait, ni la raison pour laquelle il avait été amené ici. Tout ce qu'il ressentait présentement, c'était ce long frisson qui lui glaçait l'échine et remontait doucement, vertèbre par vertèbre. Cela lui longeait le bassin, comme une bête qui monte pour enfin arriver entre ses deux omoplates et se stopper net.

L'adolescent ne pouvait esquisser le moindre mouvement. Il n'était même pas assis, ou allongé, mais il flottait – en quelque sorte – dans le vide. Comme si tout un champ magnétique était électrisé autour de lui. Si ce satané frisson ne grimpait pas dans son dos, tout ceci en aurait presque été agréable : le fait de se sentir voler, invincible de ne pas avoir à ressentir son propre poids sur la plante de ses pieds, pouvoir se croire libre l'espace d'un instant.

Seulement le sentiment de béatitude fut de courte durée puisque le frémissement remonta dans un bond, et transperça son cervelet. Eren cria de douleur. Tout l'équilibre qui semblait pourtant tenir avait été bousculé. Le brun s'était à présent écrasé sur un sol dur. Et si auparavant il ne pouvait remuer, ne serait-ce qu'un muscle, voilà qu'il convulsait, inapte à retenir ses mouvements.

Malgré l'absence de couleur et de distinction de formes, Eren sentit que tout s'obscurcit. Il voulait crier au secours, appeler de l'aide, trouver quelqu'un pour le sortir de là. Seul le nom qu'il avait aux bords des lèvres ces derniers jours (et il ne savait pourquoi) réussit à s'échapper :

- « Levi ! s'époumona-t-il au bord de l'apoplexie. »

Tout à coup, il lui sembla qu'il quittait son corps, attiré par une force divine. Mais pas vers le haut comme Eren aurait pu se le figurer, mais au plus profond dans le sol, transperçant les lois matérielles.

L'adolescent comprit qu'il n'était plus dans cette salle vide et noire. Au début, ce n'était que sensoriel : la terre fraiche sous ses pieds, mêlant à quoi des odeurs de chlorophylle et de lavande un doux hululement de chouette une pression rassurante sur sa main droite. Instinctivement, Eren se calma et concentra toute son énergie contre la paume salvatrice et paternelle qu'on lui tendait.

Puis, quelques paroles vinrent. Eren était toujours aveuglé mais la présence de cette main l'apaisait au point qu'il n'y prêtait même plus attention. Au contraire, il pouvait davantage se concentrer sur les sensations sensorielles qui l'entouraient de toute part. Et mieux encore, cette douleur s'était enfin calmée. Pour la première fois de sa vie, Eren sentait son cœur battre pleinement, sans qu'il n'ait l'impression qu'il soit resserré dans un étau.

- « …tu es si puissant, si intelligent. Ta force surpasse de loin celle de tes frères et sœurs, ce sera toi qui prendra ma relève, fils. »

Hein ?

Cette voix, d'où provenait-elle ? Eren ne parvenait pas à mettre un visage sur ce timbre grave et doux. Il était persuadé de ne jamais avoir entendu de telles paroles. Qu'en était-il de ce qu'il venait de lui dire ? Il allait devenir… puissant ? Est-ce qu'il était tout simplement entrain de rêver ?

Tout ceci semblait bien trop réel pour n'être qu'un songe. Mais d'un autre côté, l'environnement et son aveuglement étaient bien trop préoccupant pour être la réalité.

De petites taches lumineuses vinrent teinter le noir mat de son champ de vision. Dans un sens, Eren était soulagé de voir à nouveau. De plus en plus nombreuses, et de plus en plus grosses, elles finirent par constituer un paysage que l'adolescent ne reconnut point : un pic rocailleux, auprès duquel poussaient comme des champignons, de petites habitations pittoresques. Cependant, au lieu de trouver le ciel au dessus de sa tête, Eren rencontra un plafond rocheux. Malgré l'ambiance un peu humide et la température glacée, il s'y sentait chez lui. Il observa donc ses alentours et pu mettre un visage sur la voix qui le décrivait puissant quelques secondes plus tôt. C'était un homme large, carré, massif, et peut-être deux fois plus grand que lui. Il imposait le respect et la crainte mais quelque chose dans son regard montrait qu'il ne souhaitait aucun mal à Eren et qu'au contraire, il lui voulait du bien.

Eren voulait poser milles questions, mais il ne parvenait pas à ouvrir ses lèvres : elles étaient comme fixées l'une avec l'autre. En passant devant un étang (ou plutôt un cratère dans lequel flottait maintes et maintes gouttelettes) Eren s'observa, dans le reflet limpide de l'eau. Il n'avait pas le même corps. Si d'ordinaire, son physique félin et sculpté par les Dieux lui valait les compliments de tous il était désormais plus tassé et bien plus jeune (une dizaine d'années maximum). Sa peau était beaucoup plus foncée, et ses cheveux se dressaient en une coupe hirsute et bouclée.

Qu'était-il entrain de se passer… ?

Quelques dizaines de minutes plus tard, Eren avait traversé tout un lac sur une barque. Au milieu de l'étendue salée, celui qui semblait être le père de son corps parla :

- « Tenny, ici, je sais que personne ne nous entendra. Nous ne serons dérangés par quiconque. C'est le grand jour, mon enfant. »

« Le grand jour ? se demanda Eren, toujours incapable d'émettre un son. »

- « Allez, ne fais pas cette tête je sais bien que tu t'y attendais. »

Le silence fut seule réponse de la part de ce Tenny. Eren n'y comprenait cure. Tout semblait si familier mais en même temps si étranger. Pourtant Eren était sûr de n'avoir jamais vu de tel endroit. Il fut bien surpris lorsque son ''père'' lui attrapa l'avant-bras et le pénétra du regard comme un défi :

- « Tu es prêt ? »

« Prêt ? songea Eren. Prêt pourq… ? »

Le fil de ses pensées fut interrompu lorsqu'il ressenti un énorme vide au fond de lui, ainsi aspiré par un trou noir logé dans sa poitrine. Une douleur à peine définissable tant elle était virulente lui broyait les os, les muscles, les articulations. Son corps n'était que souffrance. Eren, ou plutôt Tenny, se tortillait dans tous les sens et faillit bien tomber de la barque lorsque finalement, il ne vit plus rien.


- « Non ! Je t'interdis de faire ça ! chuchotait Hanji, protectrice les sourcils plus froncés que jamais. »

Eren dormait profondément, agité par quelques mouvements de çà de là. Il n'en était pas moins drogué aux calmants prescrits par Hanji pour éviter qu'il ne subisse trop le lourd fardeau qu'était l'émetteur – littéralement – contre son cœur. Sa petite virée de tout à l'heure avait value une grosse frayeur aux deux amis, uniques témoins de la scène. Ils se rongeaient les sangs à l'idée qu'Erwin ne découvre ce corps comateux et surtout qu'Eren ne se réveille pas avant un bon bout de temps.

- « Il a crié mon prénom pendant sa crise, tu as besoin d'une autre preuve pour comprendre qu'il a besoin de moi ?

- Est-ce que ce n'est pas toi plutôt qui as besoin de lui ?

- Je t'emmerde Hanji, gronda-t-il, agacé par la vibration de sa corde sensible. Quel est le rapport avec moi, ici ?

- Levi, expliqua-t-elle, tu ne le supporteras pas et lui non plus d'ailleurs. Peut-être encore moins que toi. Il est fragile, candide… jeune ! Il a à peine la vingtaine Levi, rends-toi compte !

- Le gamin a tout oublié notre relation, il ne me connaît plus comme Levi mais comme son supérieur uniquement, murmurait-il tout bas, impassible, je suis très bien capable de gérer mes sentiments moi-même.

- Ça, tu vois, permets-moi d'en douter.

- Je suis le seul à m'en souvenir, rétorqua-t-il en ignorant la phrase précédente.

- Comment peux-tu en être sûr ? criait-elle à mi-voix.

- Il ne se rappelle de rien, crois-moi. La dernière fois, en entrainement, c'est à peine s'il m'a reconnu. Il était bien trop professionnel. Je ne le connais peut-être pas autant que je le devrais, mais je sais que ce gosse est incapable de retenir ses émotions pour lui tout seul, il les fait toutes parvenir au reste du monde sans s'en rendre compte. Or là, il était aussi hermétique qu'une porte blindée.

- Levi, ça ne veut absolument rien dire… fit-elle doucement. » Elle sembla s'éloigner, puisque le bruit de ses petites talonnettes résonnait contre le sol froid et les parois de la pièce : « Tu as bien vu la folie dont il était pris ?

- Oui, j'étais là. »

Eren se retourna dans son mi-sommeil, et marmonna dans une moue imperceptible :

- « Pardon… »

Hanji accourut au chevet de son patient, et prit note de ce qu'il venait de se passer. Levi, quant à lui, restait en retrait, prêt de la fenêtre. Il se sentait dépité. Erwin avait commis une énorme erreur en le laissant libre comme l'air auprès de son ami. Comment un chef commando – et major de surcroît – avait-il pu croire judicieux de faire une telle chose ?

Eren fut pris de légères convulsions, qui se calmèrent aussitôt lorsque le docteur lui administra une faible dose de morphine. Elle regarda une nouvelle fois l'électrocardiogramme – dont le bruit de fond rappelait sans cesse sa présence – et découvrit un pouls plus bas.

Levi avait toujours été un homme patient en combat. Il attendait toujours le moment propice pour déchiqueter sa proie avec le plus de hargne possible. « Tout vient à point à qui sait attendre » était son leitmotiv chaque fois qu'il partait en mission. Quoi de plus jubilatoire de mettre enfin la main sur les enfoirés que l'on pourchasse depuis des mois entiers ?

Cependant en terme de relations, comme toujours, Levi était plus maladroit. Plus hasardeux. Bien moins patient. Bien moins calme.

Dans le temps, il n'aurait eu aucun mal à rencontrer une quelconque chambre d'hôpital, mais dans ce cas présent : la chambre blanche lui rappelait tout, sauf de joyeux souvenirs. Sa mère, Farlan, Isabel, son oncle… Tous avaient péris, et s'étaient retrouvés dans une chambre pareille à celle-ci. Il fallait croire que Levi avait du mal avec les hôpitaux. Pourtant, ça ne l'empêchait pas de passer le plus clair de son temps en compagnie d'Hanji, qui était pourtant toutes ses journées dans de tels endroits.

Eren gémissait de souffrance, toujours dans un état second et parla dans un chuchotis incompréhensible :

- « Ma-m-man… encore une f-fois… J-j'ai tout raté. Je suis telle-ellement désolé… »

Eren mettait un temps monstre à formuler ces phrases. Sa langue s'enchevêtrait dans sa bouche, comme s'il avait oublié comment on parlait. Il mettait tous les efforts du monde pour produire la moindre syllabe. Un simple mot était un casse-tête.

Mais cela ne décourageait pas Hanji qui écrivait au fur et à mesure ses dires, incapable de quitter des yeux son petit protégé. Malgré le fait qu'il soit allongé, ses épaules tressautait de sanglots, et ses larmes menaçaient de dévaler la pente raide qu'étaient ses joues d'une minute à l'autre. Levi se força à regarder autre part. Il ne supportait pas de le voir pleurer, cela ravivait trop de souvenirs, limpides comme de l'eau de roche. Mais rien que le fait qu'il se soit expliqué avec Lisa, qu'il avait finalement clos cette époque le faisait sentir un peu moins coupable du chagrin d'Eren. D'autant plus qu'il souffrait du décès de sa mère, probablement dans un état second où les souvenirs de sa génitrice décédé revenaient à sa mémoire avant de partir en poussières, et non de lui. Cependant, Levi ne put se contenir dos au spectacle lorsqu'il entendit un souffle épuisé de fatigue, et couvert de chagrin :

- « L-Levi… »

Le dénommé se rapprocha du lit sans s'en rendre compte et s'assit sur le rebord du matelas tandis qu'Hanji observait la scène avec de gros yeux. Impossible d'éloigner le brun du corps quasi inerte de son patient, ses prunelles étaient rivées sur la scènes, spectatrice de ce show particulier.

Levi se frotta la tempe de sa paume, réfléchissant à un moyen de retenir les pleurs qui s'accumulaient le long des canaux lacrymaux de l'adolescent. Il sentait ses pupilles vriller sous ses paupières fermées. Toujours pris de spasme, Hanji décida de lui donner encore un peu de calmant, au travers de son cathéter. Mais rien n'y faisait, le plus jeune tremblait encore de malheur, sa pomme d'Adam ne cessant de faire des vas-et-viens tout le long de son cou.

- « J-je voulais pas… se mit-il à pleurer. Je v-voulais vrai-ment pas… »

Les larmes coulaient désormais bel et bien, sans faire de fioritures, bien droites. Cette vision ébranla Levi, rependant un flot incessant de compassion et d'empathie en son sein. Il se souvint d'Eren dans le même état alors qu'il était supposé sortir avec Lisa. Il se remémora la douceur avec laquelle ils s'étaient embrassés la fièvre qu'il avait ressentie, le rythme cardiaque accéléré du gamin sous ses mains.

Levi prit le temps de s'approcher du corps recroquevillé, sans rien brusquer, tandis que la scientifique n'osait dire un mot, ni même esquisser un geste. Il lui fit face totalement lorsqu'il le releva, une main savamment placée dans son dos pour ne pas qu'il tombe. Enfin, avec toute la douceur dont il était capable, il l'enlaça. Eren déposa – sans se réveiller pour autant – sa tête contre l'épaule rassurante de son supérieur. Un courant passa entre eux, comme une réconciliation silencieuse, dont seul Levi n'aurait le vent. Eren, à son réveil, aurait très certainement tout oublié mais le brigadier se sentait un peu plus léger, réconforté de par cette accolade.

Son cœur se sentait enveloppé comme d'un baume réparateur. Il avait besoin de cette embrassade, pour prouver qu'Eren était encore là, que malgré la querelle, il vivait et qu'au fond c'était tout ce qui importait. Sa poitrine se soulevait doucement, en parallèle à celle d'Eren. Il n'entendait plus rien si ce n'était le souffle du garçon. Il ne sentait que la peau à nue de ses paumes enlaçant avec la mollesse du sommeil sa taille.

Mais si Levi maintenait l'étreinte, il n'était pour autant pas très réceptif. Il se contentait de présenter ses bras. Il n'arrivait pas à s'étendre contre l'autre comme le faisait Eren. L'adolescent avait, comme par enchantement, cessé ses larmes et ses sanglots. Son pouls s'était calmé drastiquement, en attestaient les bips plus doux et moins fréquents de son ECG.

Enfin, Levi le reposa, ni plus ni moins, en prenant garde à ce que sa tête atteigne calmement le coussin. Il jeta un coup d'œil à Hanji, dont l'expression du visage était entre l'hystérie et le sérieux (ce qui, vous vous le figurez, donnait quelque chose d'assez terrifiant).

- « Est-ce que c'est suffisant comme preuve ?

- Levi… »

Elle se racla la gorge, tentant malgré tout de garder son regard grave elle dû littéralement lutter corps et âme pour ne pas lâcher un de ses cris de faucons dont elle seule connaissait la technique. En définitive, elle souffla :

- « Au risque de passer pour l'amie chiante, je vais devoir dire non. Levi, je sais à quel point tu tiens à lui, ça va juste te détruire de le reprendre chez toi.

- Comment peux-tu te permettre de penser savoir ce qui est bon pour moi ?

- Parce que je suis ta meilleure amie Levi ! Quoi que tu en dises, quoi que tu en penses : je sais ce qui est bon pour toi ! Et je me dois aller à l'encontre de tes requêtes lorsque j'estimes que celles-ci sont néfastes.

- Ça, t'en as aucune putain d'idée.

- En attendant, je suis le médecin de ce garçon et c'est moi qui décide. Je suis sûre qu'Erwin approuvera tout à fait ma position.

- Erwin n'est qu'un con lunatique qui se permets de jouer son rôle de major ou d'ami seulement quand ça lui chante.

- Je t'accorde que ces derniers temps, il a plutôt été distant et sérieux qu'il passe ses journées enfermé à élaborer les plans d'attaques de notre prochaine mission – qui risque d'ailleurs d'être une des plus rock'n'roll de notre vie – mais c'est son boulot Levi. Hey, tu sais bien que si tu veux reprendre Eren, ce n'est pas pour le protéger mais pour l'avoir à nouveau près de toi, parce que tu ne supportes pas le mur qui s'est construit entre vous, c'est pas vrai ? »

Levi ne répondait pas. Elle savait depuis toujours que Levi n'était pas très réceptif aux gentilles paroles et que pour le faire réagir, il fallait impitoyablement le secouer et converser avec lui brutalement :

- « Il serait peut-être temps que tu arrêtes d'utiliser ton travail pour sauver ta vie sentimentale. »

Même pour Levi, une phrase telle le choqua. Non par son contenu, cela va de soit, mais par la personne qui venait de prononcer ces mots. Il est vrai qu'Hanji devait parfois être sérieuse, mais elle l'était si rarement que cela ébranla Levi tout particulièrement. Il réalisa cependant ce que la brunette venait de raconter :

- « T'es ridicule. Ne me crois pas si sentimental. Tu veux un conseil ? Essaye de dire des choses qui sont en adéquation avec ce que tu penses vraiment. Pour la millième fois, le gosse ne se rappelle même plus de moi, en tant que personne proche, comment veux-tu que je puisse m'attendre à quoi que ce soit de sa part ? Non, si je le veux auprès de moi, c'est pour ne plus que ce genre de situation arrive. Je saurais le protéger correctement.

- Ah oui ? Le protéger comme la fois où tu l'as laissé gambader comme une biche égarée dans la foule et la ville ? Comment est-ce qu'on aurait pu gérer ça s'il s'était fait attrapé par les types du clan H, tu y as pensé à ça ?

- Je t'en prie, c'était…

- Hier Levi. C'était hier, le coupa-t-elle. Tu t'en rends compte ? Et tu t'imagines que je vais te laisser la permission de faire une telle chose ? C'est hors de question.

- Je ne te demande pas la permission, je suis ton supérieur.

- En attendant, Erwin, lui, aura un avis tout tranché sur la question et tu peux me croire qu'il te répondra pareil. »

Eren se leva d'un bond, relevant son buste théâtralement et inspirant une énorme bouffée d'air frais. Levi composa immédiatement le numéro de son major, qui devait impérativement être mit au courant du réveil d'Eren s'éloignant un peu du lit, tandis qu'Hanji lui maintenait la tête :

- « Doucement, doucement : tout va bien, tu es en sécurité ici.

- Ma tête, gémit-il. Ça brûle… »

Eren se rendit bien vite compte qu'il avait beaucoup de mal à parler ses lèvres s'entremêlaient et sa mâchoire tombait à chaque syllabe. Il commença à paniquer, mais Hanji balaya ses craintes en une caresse sur la tête :

- « Pas d'inquiétude mon chou, c'est l'effet de la morphine. Je t'en ai donné une bonne petite dose ! En tout cas, maintenant, ce qui est primordial, c'est que tu te reposes et…

- Caporal ? balbutia Eren. »

Le susnommé se retourna sans pour autant s'approcher :

- « Qu'est-ce que tu as, toi ? »

Eren se frotta le coude, mal à l'aise. Il rougit joliment sans vraiment y prêter attention, ce qui n'échappa guère à l'œil aguerrît de la jeune femme. Elle se mordilla la lèvre inférieure, il fallait agir vite et bien :

- « Eren, as-tu un quelconque souvenir de ce qu'il s'est passé ? »

Ce dernier raconta sommairement ce dont il se souvenait, tandis qu'Hanji prenait des notes avec une rapidité inhumaine. Son petit stylo grattait le papier à une vitesse folle, si bien qu'Eren prit le temps d'avaler sa salive, intimidé par cette concentration qu'on lui apportait mais surtout apeuré de pouvoir dire une idiotie.

- « Je peux me permettre de poser une question ? demanda-t-il incertain.

- On n'a pas de temps à… souffla Levi.

- Bien sûr mon chaton, fit Hanji, maternelle.

- Est-ce que vous avez mis l'Escadron au courant de mon évanouissement ? Je veux dire…

- Nous n'avons prévenus personne mis à part Erwin. » Eren parut soulagé. Il ne voulait pas être au centre de l'attention sur ce point là. Il ne voulait pas qu'on le pense faible et incapable de tenir sur ses pieds. D'autant plus que très peu de monde était véritablement au courant de la raison pour laquelle il était véritablement tombé dans les pommes. Hanji reprit : « Mais il faut bien que tu comprennes que cela se saura un jour ou l'autre. L'Escadron se doit d'être informé de tes moindres faits et gestes.

- Je vois…

- Je sais que ça peut paraître angoissant, nous en avons déjà parlé auparavant, mais tu sais- »

Les bippers d'urgences des deux gradés sonnèrent de concert, coupant court à la conversation. Ils ne se manifestaient que très rarement, en mission surtout, mais très peu dans la vie de tous les jours. Hanji et Levi se toisèrent et attrapèrent le leur en deux temps trois mouvements : c'était Erwin, qui les sommaient de venir dans leur bureau le plus vite possible.

- « Eren, mon chéri ; excuse-nous, on doit vraiment te laisser. Je ne me fais pas de soucis pour toi, si tu es réveillé, c'est que tout ira bien maintenant, disait-elle en enlevant sa blouse avec rapidité. Je te laisse aux bons soins de mes infirmiers, ils sont à tes ordres. N'hésite pas à les appeler avec ce petit bouton, à côté de ton oreiller. S'il y a quoique ce soit que ne va pas, tu les sonne, et sinon ils me contacteront. Je te retrouve dans quelques heures si tout va bien ! »

Mais tout n'irait pas bien, et ce coup de bipper le confirmait.


Erwin tournait comme un lion en cage, incapable de faire quoique ce soit, si ce n'était d'attendre ses confrères qui ne devaient pas tarder. Il réfléchissait à la meilleure manière d'aborder le sujet. Tout devenait encore plus compliqué. L'étau se resserrait sur eux, il fallait agir vite et bien. Faire le moins de dégâts possible.

Et avec la crise d'Eren…

Erwin s'empoigna deux larges mèches de cheveux en se laissant tomber sur une chaise voisine.

Il n'y avait pas de solution. Ils auraient beau se creuser la tête jusqu'à ne plus savoir comment penser, ils ne trouveraient rien, si ce n'est des cache-misères. Ça, Erwin en était plus que conscient. Des protections sommaires aux habitants. Rien de plus, rien de moins. Le major détestait ne rien pouvoir faire. Il ne supportait pas avoir à se contenter de « l'à peu près ».

- « Mais qu'est-ce qu'ils foutent bon sang ! finit-il par crier.

- On est là ! fit Hanji aussi fort que lui. Désolé du retard, l'hôpital est littéralement à l'autre bout d-

- On n'a pas le temps de discuter de ça, coupa le blond. Les problèmes se précisent, et il y a des affaires beaucoup plus urgentes sur lesquelles nous devons converser. Comment va Eren ?

- Eren ? C'est à cause de lui que tu nous as bipé en urgence ? interrogea Levi, perplexe.

- Est-ce qu'il va bien ? Est-il en sécurité ?

- Oui, répondit finalement la jeune femme. Du moins, comparé à tout à l'heure, on peut dire qu'il se porte comme un charme. Je l'ai laissé à mes…

- Il y a eu un attentat près de la gare, coupa Erwin.

- Quoi ?! s'écria-t-elle. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas été mis au courant ?

- Les ondes ont été brouillé. Tous les appareils électroniques ont été court-circuité. Le bug vient à peine d'être résolu.

- Comment ? fit Levi, la mine résolument assombrie par toutes ces histoires.

- Les appareils électroniques ? Mais alors… Cela expliquerait pourquoi la crise d'Eren a eu lieu ! Son émetteur faisant office de ventricule de remplacement, il a rempli ses fonctions partiellement à cause de la coupure, s'exclamait Hanji comme frappée par une révélation divine. C'est pour cela que ses battements étaient si faibles, et son état si alarmant !

- C'est absolument désastreux, confirma Erwin, ayant déjà supputé auparavant sur ce cas-ci. Il faut que l'on prévoit un plan de secours si une autre coupure pourrait avoir lieu. Eren est fragile, je ne voudrais pas le voir tomber au moment crucial. Quant à l'attentat, la plupart de l'Escouade est sur le terrain pour évacuer les civils. Nanaba et Petra étaient de service et vont pouvoir tout nous expliquer.

- Attends, l'interrompis le brigadier. Elles étaient sur le terrain et elles n'ont pas été foutues de chopper l'enfoiré qui a fait ça ?

- D'après les vidéos des caméras de surveillance, la bombe à été placé par deux inconnus deux heures avant l'explosion. Elles n'ont rien pu faire et ont appelé du renfort quand il le fallait tu n'as pas à les blâmer.

- Tout de même.

- Et le bilan des victimes ? ajouta Hanji, inquiète.

- 78 morts, 30 blessés graves et une centaine de victimes touchées plus ou moins partiellement, lista-t-il d'un timbre monocorde.

- Oh putain, crachèrent les deux compères.

- Précisément. Il est inutile que nous partions tous là-bas. Quelques membres de la Police sont déjà sur le coup, sans parler de nos recrues de renfort.

- Elles viennent tout juste d'avoir leur diplôme et les voilà déjà sur un gros coup comme celui-là, renifla la brune avec une teinte d'ironie. Dire qu'en plus elles étaient en vacances !

- Elles auront le temps de se lamenter sur leur sort après. En attendant, Levi, je veux tout de même que tu ailles jeter un œil là-bas, histoire d'orchestrer les interventions et l'aide que peuvent apporter les recrues. On les a probablement lâchés n'importe comment et Dieu seul sait que nous ne souhaitons pas un sur-accident.

- Compris.

- Hanji, je veux que tu restes auprès d'Eren. Je n'ai pas confiance en tes infirmiers autant qu'en tes capacités. Tu me feras parvenir son état dès lors qu'il se sentira mieux. »

La jeune femme semblait un peu déçue. Elle avait beau adorer Eren, un bon bain d'hémoglobine fraichement versée avait toujours le don de lui hérisser les poils. Accro à l'adrénaline, elle ne jurait que par les interventions ou des cinquantaines de blessés n'attendaient que ses bons soins leurs soient administrés. Mais les ordres étaient les ordres. Et malgré tout, Eren restait un patient hors pair. La scientifique hocha donc la tête solennellement.

- « En ce qui me concerne, reprit-il, je vais enquêter avec Mike et Oluo sur l'avancement de la mission. Il n'y a vraiment aucun doute sur la teneur de ces actions. Le clan H frappe encore et toujours et il est hors de question qu'on se laisse faire en se contentant de panser les blessures des autres. S'ils ont agi aujourd'hui, c'est qu'ils ne doivent pas être bien loin. »

Levi et Hanji ne bougeaient pas d'un millimètre, attendant l'ordre final qui leur permettrait de mettre en vigueur le précédant. Plus aucune pensée ne virevoltait, plus un membre ne daignait trembler. Ils étaient concentrés, leur attention pointée comme un laser sur les moindres paroles de leur major et ami. Hanji cependant, semblait penseuse et bien plus anxieuse que Levi. Erwin ne prit même pas le temps de lui faire remarquer et fini par dire :

- « Exécution. »

Levi partit tel un éclair, sans attendre un mot de plus et mit en place sa lourde tâche comme son major venait de le lui ordonner. Hanji quant à elle, restait perplexe, hésitante. Elle savait ce qu'il lui restait à faire et pourtant pourtant elle ne parvenait pas à bouger. Une grosse boule dans la gorge, elle fit comprendre à son ami qu'il fallait qu'elle lui parle d'un raclement de gorge assez significatif :

- « Ahem… Erwin ?

- Quoi ? Tu n'as pas entendu ce que je viens te dire ? répondit-il durement.

- Erwin, c'est pas ça… C'est Levi…

- Allons bon, et ça ne peut pas attendre ?

- J'ai bien peur que non. »

Les traits d'Erwin se durcirent. Hanji prit presque peur à cette vision. Le blond se fit imposant, dominateur.

- « Hanji. Je n'ai pas le temps de parler d'histoires de cœur pathétiques qui ne feront que retarder et entraver la mise à bien de notre mission. Levi est fort, il saura se gérer. Maintenant je veux que tu arrêtes de le materner comme une mère et que tu ailles t'occuper d'Eren.

- Quoi ? laissa-t-elle échapper d'une voix blanche. Erwin… je ne te reconnais pas.

- C'est moi qui ne te reconnais pas ! Tu penses vraiment que la priorité est à l'amourette d'Eren et Levi ? Que nous n'avons pas d'autres chats à fouetter ?

- Ce n'est pas ça ! Essaye de m'écouter au moins !

- Non. Je n'ai pas le temps. Et toi non plus. Tu veux rendre service à Levi ? Fous lui la paix et concentre-toi sur ta mission. »

Sur ces paroles, Erwin mit littéralement à la porte sa coéquipière en lui ordonnant de quitter les lieux. Hanji n'en revenait pas. Si même au sein de l'équipe ils ne s'écoutaient pas parler, comment pensait-il pouvoir être capable de défendre leur cité ?


Et voilà !

Qu'en avez vous penser, concrètement ?

Mondieumondieumondieu, je suis toute rouge de honte. Je suis désolée d'avoir laissé le brouillon de la fin de ce chapitre pendant une longue journée. Ça m'apprendra à me relire n'importe comment. Pour celles et ceux qui ont lu ce petit pavé qui n'était que des idées brouillons écrites sur word je m'en excuse mille fois, vous pouvez oubliez ! Sorry sorry (j'ai tellement honte d'avoir publaissé un truc pareil !)

Bref !

Je vous raconte pas comment j'ai hâte d'écrire un futur chapitre qui arrivera bientôt (le plus tôt possible je l'espère). Je ne vous dis pas de quoi il traite, mais Dieu que je suis impatiente haha !

Si vous trouvez le temps de m'écrire une petite review, c'est avec plaisir que je la lirai et que je vous répondrai !

Au fait, j'écris en parallèle, une deuxième histoire sur ErenxLevi, qui me tient énormément à coeur puisque l'on va suivre leur parcours ensemble, de la petite enfance jusqu'à l'âge adulte, prenant le temps d'installer une belle relation ! Je vais la poster lorsque j'aurais quelques chapitres en stock. Sachez que j'en suis très fière parce que je voulais depuis longtemps en écrire une de ce style. Dites moi en review si vous voulez en savoir un peu plus !

Je vous embrasse sur vos deux joues, et vous remercie pour tous ceux qui sont arrivés jusque là !

Bisous et cacahuètes