Ok, qu'est-ce qui est entrain de se passer.
Est-ce que je suis véritablement entrain de publier un chapitre seulement une semaine après la publication du précédent ?
Mon dieu mais par quelle fièvre ai-je été prise ?
Haha, sans rire, je suis tellement contente de l'avoir terminé aussi rapidement ! J'étais tellement excitée d'avoir vos retours que je n'ai même pas réussi à attendre pour pouvoir prendre de l'avance sur le prochain. Et pourquoi ? Tout simplement parce que les reviews postées m'ont tellement boosté (je ne pensais même pas que c'était possible à cette échelle là) que je me suis mise à écrire. Probablement aussi parce qu'on est entrain d'arriver au moment de l'histoire que j'attends d'écrire depuis plusieurs mois maintenant ! Je ne tiens plus en place, j'ai tellement hâte de vous faire découvrir ce qui ne va pas tarder !
Merci, merci mille fois (et plus encore) aux revieweurs, si vous savez comme vous m'avez motivé. Vous êtes tous adorables, voici un cookie pour vous tous mes gentils lecteurs *vous donne le cookie de l'amour*
Pour faire les choses correctement : la réponse aux Guest !
Neko : Salut à toi ! Pour le EreJean ça risque d'être un peu compliqué vu la tournure que prends l'histoire, mais ce n'est pas exclu ! L'avenir seul nous le dira haha (je t'avoue que mes idées fusent tellement à une vitesse monstre que certaines choses que j'étais convaincue d'écrire se sont finalement révélées obsolètes et je les ai balancé à la corbeille, nous verrons bien) ! Mais je te promets d'essayer de continuer un peu cette jalousie autour de Jean, je n'en ai pas fini avec lui (j'ai un amour inconditionnel pour ce personnage). Merci beaucoup du compliments, sache que ça me fait vraiment plaisir ! Je te souhaite une bonne lecture, en espérant te revoir parmi mes reviews :)
Clophe : Alors... comment t'expliquer calmement ? Lorsque j'ai lu ta review, j'étais tellement dans un état de joie intense que je me suis sentie obligée de hurler mon bonheur à travers ma maison. J'ai gardé un sourire toute la soirée, c'était merveilleux. Encore merci pour tout ce que tu as dis. Le fait que tu ne retrouves pas trop de MBB me rassure, de toute façon je commence à prendre un tournant un peu différent, alors tout va bien ! La perte de mémoire d'Eren progressive est volontaire, au début on capte pas trop puis on comprend que c'est vraiment la merde ;) C'est vrai, faut un peu que Levi en chie sinon ce n'est pas drôle *sourire maléfique* Oh, je ne l'aurais pas supporté non plus ! Je voulais justement instaurer ce genre de relation avec Lisa : au début ce n'est qu'un personnage sans relief, plat et qui est véritablement vide puis lui donner un peu plus de prestance ! Elle va continuer à avoir une certaine importance dans les chapitres qui viennent, j'espère pouvoir avoir ton avis dessus à l'avenir ! Merci X1000 (moi aussi j'adore les chapitres de cette taille, je trouve que c'est ni trop ni pas assez). Je suis absolument ravie de pouvoir te compter parmi mes lecteurs :) à bientôt j'espère !
La bte : Seigneur, j'ai été tellement soulagée lorsque j'ai reçu la notification de ta review, je pensais t'avoir perdue ! Je me suis dit un instant "est-ce que c'est parce que j'ai changé de pseudo ? Et si je ne pouvais plus recevoir de ses gentilles reviews ?". Mon dieu heureusement te voilà ! Me voilà soulagée ! Putain moi aussi, c'est terrible. Pauvre Eren je lui en fait voir de toutes les couleurs, c'est terrible :') Pas de problème sur le fait que tu ai tardé, travaille c'est l'essentiel, ma fic est tellement au second plan par rapport aux études haha. La meilleure, je ne sais pas mais en tout cas toi tu l'es ! Bonne lecture mon enfant !
Et bonne lecture à vous tous aussi, pour ce joli petit chapitre de 8k :)
Après un rapide trajet en voiture qui ne dura pas plus d'une dizaine de minutes, Hanji reconnut le stade sur lequel elle s'était entrainé il y a des années de cela. Elle gara sa voiture en jetant un rapide coup d'œil sur Eren dans son rétroviseur central : il avait l'air complétement à l'ouest. Et alors qu'une foule se regroupait sur l'étendu de terre, la scientifique discerna facilement les parents venus encourager ou féliciter leur progéniture et les jeunes recrues diplômées. Erwin et les autres ne tarderaient probablement pas. Elle se détacha et lança :
- « Alors, chaton, prêt à faire le grand plongeon officiel dans le monde du travail ?
- Évidemment, rétorqua-t-il avec un sourire à faire fondre n'importe quelle âme. »
Elle marqua une pause, et fini par soupirer la tête dans les nuages et l'air rêveuse :
- « Ah Seigneur, si tu n'étais pas déjà réservé, je pense que je te sauterai dessus sans réfléchir davantage, mais bon. Que veux-tu ! Je suis une amie fidèle, avoua-t-elle plus l'air bougon qu'autre chose. »
Eren se sentit rougir jusqu'à la pointe de ses oreilles. Il n'aimait pas que l'on fasse remarquer ce genre de chose devant lui. En son sens, c'était bien plus gênant que ça n'en était flatteur (et surtout lorsque cela venait d'une personne comme Hanji). Mais heureusement, il la connaissait un peu, et savait qu'il lui arrivait de dire des fadaises qu'elle ne pensait que sur le moment.
Néanmoins, Eren tiqua sur le message principal qu'elle voulait renvoyer en premier lieu et qui avait été totalement obstrué par sa gêne immédiate. Que voulait-elle dire par « s'il n'était pas déjà réservé » ? Y avait-il quelqu'un qui l'appréciait secrètement sans qu'il ne s'en aperçoive ? Oh, bien entendu, il avait déjà relevé les regards emplis d'affection que pouvait lui lancer Petra, mais il doutait fortement que cette dernière veuille entretenir plus qu'une simple relation protective avec lui.
Sans vraiment y prêter une quelconque attention, son esprit vagabonda vers son caporal. C'était un peu son péché mignon que de penser à lui. Le brigadier Ackerman était tout ce qu'il avait toujours voulu être : robuste, courageux, et bien qu'il avait un caractère particulièrement revêche, il n'en restait pas moins attentionné (qu'il le fasse exprès ou non) auprès de ses pairs. Il suffisait juste de gratter la croûte, de soulever le masque. Eren appréciait grandement être en sa compagnie, il le respectait plus que quiconque, il l'admirait avec ferveur. Mais il savait que ce genre de rêveries resteraient dans l'ordre du fantasme, et pas une seule seconde Eren ne pouvait s'imaginer véritablement avoir une chance. De toute façon, il ne croyait pas voir Levi de cette manière-ci. L'adolescent baissa la tête légèrement, un peu dépité, pour pencher son regard davantage vers la fenêtre à demie ouverte.
Hanji remarqua son silence soudain et profond, et lui donna un coup de coude :
- « Je te fais marcher, ne te fais pas des nœuds au cerveau pour toutes les bêtises que je raconte ! »
Eren préféra garder le silence. Il était déjà assez angoissé par la remise des factions pour réfléchir à quoique ce soit d'autre. Et avec l'ajout du caporal à cette équation, son sang se mit à palpiter bien trop vite. Il se calma rapidement lorsque le véhicule s'arrêta.
Dans la foule, il remarqua une tête qui lui parut familière, il s'en approcha donc, comme un vieux réflexe. Le blondinet se retourna vivement et sourit de toutes ses dents :
- « Eren ! Ça me fait plaisir de te voir !
- Mmh, oui moi aussi, répliqua-t-il automatiquement, cherchant des yeux le visage d'une personne sur lequel il savait ne pas pouvoir mettre de nom.
- Tu as l'air absent, il y a quelque chose qui ne va pas ? Ne me dis pas que tu penses encore à notre discussion de la dernière fois… Je t'ai dit que ça allait, tu n'as aucune raison de te sentir mal à l'aise, vraiment ! »
Eren fronça les sourcils. Hein ? De quoi parlait-il ? Il choisit de ne pas trop prêter attention aux palabres de ce dernier et s'attela à la recherche du mystérieux individu. Armin était perplexe, il le questionna :
- « C'est Mikasa que tu cherches ? »
Voilà ! C'était exactement elle qu'il cherchait ! Son visage s'illumina et il acquiesça promptement. Il matérialisa son image, ses cheveux, son odeur, qui pendant un moment lui avaient échappé :
- « Oui, où est-elle ?
- Oh, elle ne devrait pas tarder. Elle est restée tout ce temps pour tenir compagnie à un enfant qu'elle a récupéré lors de l'attentat. Tu te rends compte ? Mikasa à s'occuper d'un enfant pendant quatre jours. Ça ne lui ressemble pas ! En même temps, elle m'a raconté qu'elle avait dû appeler son père et qu'une fois qu'il était arrivé, elle avait voulu s'échapper mais qu'il l'avait retenu. Drôle d'histoire ! D'ailleurs, où-
- Eren ! Ça fait longtemps ! »
L'interpellé n'eut même pas le temps de se retourner qu'il était déjà à terre, recouvert par une masse humaine qu'il ne reconnu pas sur l'instant, bien que la voix ne lui soit pas inconnue. Finalement, Armin s'enquit de la santé de son ami et surtout du bon fonctionnement de ses poumons suite à cela et quémanda gentiment :
- « Sasha, lève-toi, tu vas finir par l'asphyxier.
- Toujours tu exagères, bougonna cette dernière qui avait finalement décidé de laisser un peu d'oxygène au malheureux.
- En même temps, si tu ne bouffais pas autant, on ne devrait pas passer par des métaphores alambiquées te taxant d'obèse… se moqua un garçonnet trapu et rasé.
- Quoi ?! Répète un peu pour voir ? »
Sasha bondit et le cribla de coups. Il poussait des faux cris de détresse car incontestablement, la jeune femme ne le frappait pas avec toute la hargne dont elle disposait réellement. Un simple jeu d'enfants.
- « Ça suffit Connie, prévint Armin.
- Attends ! Mais je n'ai rien fait ! C'est elle qui me tape là, non ?
- Mais c'est toi qui a commencé, vieux chauve ! mugit-elle dans un hurlement de détresse.
- Je te l'ai déjà répété, c'est pour l'aérodynamisme ! envoya-t-il, la renversant pour la surplomber.
- Aérodynamisme mon cul ! T'assumes juste pas d'avoir de la calvitie ! »
Ils se chamaillèrent de plus belle, alliant le geste à la parole, Sasha lui ébouriffa avec vivacité le cuir chevelu tandis que Connie se mit à chatouiller sa proie, sachant pertinemment qu'elle ne pouvait plus articuler une parole une fois qu'il s'y mettait tant elle était sensible à ce genre de taquineries. Elle pleurait de rire à s'en briser les abdominaux jusqu'à ce qu'une ombre les recouvrit :
- « C'en est assez ! » vociféra Mikasa, ses cheveux ailes de corbeau voilant partiellement son regard.
Les deux s'arrêtèrent en même temps en époussetant leur tenue en se relevant. Un coup de coude moyennant un autre, comme signe discret qu'ils ne comptaient pas en rester là, Mikasa continua :
- « Vous n'êtes pas croyables, sérieusement. Vous êtes adultes et diplômés par dessus le marché, et pourtant vous voilà repartis dans les gamineries.
- Techniquement, rappela Armin en soulevant son index, ils ne sont jamais vraiment devenus adulte.
- Et vous êtes fiers de ce constat ? leur demanda-t-elle, comme une mère disputant ses enfants.
- Bof, ça ne me dérange pas plus que ça, moi, émit Sasha.
- Moi non plus, appuya Connie. »
Eren souriait sans cesse depuis toute à l'heure, se rappelant doucement les pitreries des deux compères lorsqu'il les avait vu récemment. Ça n'était pas si lointain, et pourtant, Eren ne discernait pas le nombre de jours qui s'étaient écoulés depuis, ni en quelle occasion il avait le loisir de les voir faussement se crier l'un sur l'autre. Mikasa se retourna vers Eren, tout à coup adoucie :
- « Eren ! Où étais-tu pendant l'intervention durant l'attentat ? J'étais morte d'inquiétude, je t'ai cherché partout. »
Visiblement, l'Escadron n'avait pas pris le temps de mettre au courant ses proches amis de sa crise et de son séjour à l'hôpital. Dans un sens, c'était peut-être mieux, ses amis n'avaient donc eu aucune raison de s'inquiéter. Eren préféra l'entretenir dans un mensonge :
- « Eh bien, j'aidais Hanji avec les patients à l'hôpital.
- C'est bizarre, émit Sasha, je l'aidais justement, comment cela se fait-il qu'on ne se soit pas vu ?
- Je ne sais pas… »
Eren se gratta le cou de gêne, Armin savait assurément qu'il mentait. Cela se présentait à plusieurs kilomètres. Et si même tout le monde avait eu l'air de le notifier, aucun cependant, pas même Mikasa, ne se sentit de le relever à voix haute. Sûrement de peur de mettre Eren mal à l'aise, ou se disant qu'il n'avait rien de particulier d'important à cacher. En tout cas, Armin lui en parlerait il n'aimait pas la façon que son ami avait de tout regarder autour de soit, comme s'il découvrait le monde qui l'entourait, cela l'inquiétait plus qu'autre chose.
Jean apparut, suivi de près par Marco, Reiner et Bertolt. Bientôt Ymir et Annie les rejoint et la petite équipe fut au complet.
Eren ne releva même pas la présence des autres lorsqu'ils arrivèrent, au plus grand plaisir de Jean qui ne savait définitivement pas où se mettre. Entre Mikasa, Eren et tous les autres, il sentait tous les regards se tourner vers lui, comme s'ils savaient ce qu'il s'était passé (alors qu'en vérité, seuls Armin et Eren avait connaissance de leur badinage). Il avait déjà bien eu du mal à se remettre de cette après-midi où tout avait bel et bien basculé, alors qu'un d'eux (et surtout Jäger) ne se retourne pas vers lui était déjà cela de gagné.
Ils se turent tous après des retrouvailles plus ou moins chaleureuses depuis la dernière fois qu'ils s'étaient tous rassemblés et écoutèrent le discours pimenté de Keith Shadis. Derrière lui se positionnaient bien droits les trois représentants des factions qui leurs étaient mises à disposition : un vieux qui avait l'air aigri et qui répondait au nom de Dot Pixis, un plus jeune plein d'entrain et manifestement très imbu de lui même appelé Naile Dork et le dernier qu'Eren connaissait bien à présent : Erwin Smith.
En plissant les yeux, le brun crut reconnaître le major de la Police, ce Dot Pixis ne lui était pas inconnu. Mais il abandonna bien vite l'idée d'une quelconque connaissance en se focalisant sur le visage concentré d'Erwin et qui attendait qu'il puisse exposer ses arguments.
Il se demandait bien ce que ses camarades l'environnant pourraient choisir. Allaient-ils suivre Mikasa, qui semblait indubitablement être la cheftaine du groupe, véritable mère poule s'occupant des uns comme des autres et qui était, depuis un petit bout de temps déjà, au Bataillon Ailé ? Ou allaient-ils choisir au gré de leurs envies la faction de leur choix ?
En tout et pour tout, Eren se fichait un peu de savoir qui rentrerait avec lui. Il n'était proche que de Mikasa et d'Armin et savait pertinemment que ces deux-là le suivrait dans son choix (quoiqu'au départ il n'en fut pas vraiment un) d'intégrer les rangs d'Erwin.
Keith Shadis n'était pas des plus à l'aise à l'oral. Dès lors qu'il sortait des simples ordres que l'on beugle, il balbutiait plus qu'il ne parlait réellement, se répétant inlassablement sur des points qu'il avait déjà soulevé une bonne dizaine de fois au début de son discours. Et si Eren était tout excité de prendre partie à cette répartition dans les factions, il fini par s'ennuyer plus qu'autre chose et laissa sa tête reposer sur son poing.
Même Armin, un des adolescents les plus polis du monde (ça, il n'en doutait pas une seule seconde) se permit de lâcher un souffle d'ennui, jetant un œil presque clos vers son ami de toujours.
Il allait falloir être patient…
Nanaba feuilletait le compte rendu de Levi. Elle avait bien remarqué une chose, c'est que le caporal Ackerman était bien occupé ces derniers temps, encore plus que qu'usuellement. Un doux effluve de fleurs taquina ses parois nasales, et elle devina que Mike ne devait pas être bien loin. En vérité, elle appréciait la façon qu'il avait d'avoir de petites attentions pour elle – telles que celles de lui offrir un bouquet – et ce, malgré toutes les horreurs qui étaient arrivées à leur cité.
Ces deux là appréciaient grandement la compagnie de l'autre, sans pour autant se mettre ensemble (ce qui était complétement ridicule du point de vue d'Hanji), mais Nanaba appréciait cette façon qu'ils avaient d'être libres tout en se montrant qu'ils s'aimaient l'un l'autre. Mais il est vrai que depuis quelques temps, elle songeait à Mike de plus en plus et d'une façon qu'elle n'aurait pu soupçonner des mois auparavant. La misère du climat politique les rassemblant probablement…
Elle posa une fesse sur son bureau et remarqua bel et bien la composition florale colorée qui, bien qu'indigente, n'en demeurait une attention tout à fait louable de la part de son ami. Ses joues s'empourprèrent légèrement et elle laissa échapper un délicat sourire.
Elle se gifla mentalement : l'heure n'était certainement pas à la flânerie, mais bien à l'avancement de la mission. Nanaba attrapa un surligneur et releva les informations importantes du compte rendu de son supérieur. La blonde se passa une main dans ses cheveux coupés court : le papier ne parlait presque que d'Eren. Il avait fait une crise ? Un rêve étrange ?
C'était bien sa veine ! La semaine où elle prenait un peu de retard sur la lecture des comptes rendus, il se passait des choses incroyablement importantes.
Il fallait qu'elle parle tout de suite avec Levi.
Et tous les autres d'ailleurs.
La jeune femme se releva expressément et bipa le brigadier. Elle en profita pour réunir tous ceux qu'elle trouvait sur le chemin pour qu'ils puissent mettre en commun leurs impressions. Cela l'étonnait qu'ils n'avaient pas décidé de faire une réunion suite à cette crise majeure, mais c'est vrai que l'Escadron avait eu beaucoup à faire ces derniers jours…
Dix minutes plus tard, les membres qui n'étaient pas partis à la cérémonie se regroupèrent dans la salle de réunion. Levi fut le dernier à arriver il paraissait exténué.
- « Pourquoi est-ce que l'on ne se rassemble que maintenant ? s'énerva Nanaba, moralisatrice. Ce n'est pas normal ! Le dossier nous est parvenu il y a trois jours. Si je n'avais pas pris la décision de nous regrouper, nous serions restez ainsi ? À nous tourner les pouces ? Vous trouvez cela normal ?
- J'avoue avoir lu ton rapport entre les lignes, admit Erd au caporal. Je n'avais vraiment pas le temps pour de la paperasse.
- C'est normal Nanaba, calma Mike, nous sommes dans un rush monumental en ce moment.
- Tout de même ! Eren qui fait une crise ! Et qui nous révèle potentiellement des infos importantes sur l'émetteur directement relié à cet accident ! Enfin, je ne sais pas, ça ne fait pas tilt dans votre esprit ? Vous ne vous dites pas qu'il serait important que nous en parlions ?
- Hanji à déjà taffé pas mal sur le mioche, expliqua Levi sur un ton de ras-le-bol le plus total. On bosse dessus depuis quatre jours, c'est une tannée. Je vous ai envoyé le rapport le lendemain même parce que ce sont mes obligations et que Quatr'yeux m'a forcé à le faire. Mais ce n'était pas mon intention première. Nous sommes tous débordés avec cet attentat de merde, et mieux valait nous pencher là-dessus que sur le rêve d'un stupide gamin. »
Le ton envenimé du brun avait une valeur toute particulière. Les quatre supérieurs se regardèrent entre eux (sauf Gunther, qui jouait distraitement avec son fichier, cornant les pages une à une), et jetèrent des coups d'œil furtifs vers les recrues qui se faisaient silencieuses. Un jeune soldat, appelé Nikolaï, un peu nerveux mais à la mine bougrement intelligente (un peu dans le même style qu'Armin), se mit à tenter de formuler une phrase :
- « J… j'ai pris la liberté de supputer sur vos réflexions Caporal et-
- Allez, embraye Molière, cracha le susnommé, déjà fatigué par les politesses inutiles que le subordonné employait.
- Mmh, très bien. » Il se racla la gorge et tassa ses documents : « J'ai organisé les idées soulevées par le Caporal en plusieurs classes et toutes ont débouché sur une même piste : Eren va être notre carte pour nous repérer dans ce labyrinthe et ce méandre de révélations.
- Parce que tu y as compris quelque chose toi à ce charabia d'informations ? fit Jurgen, un militaire d'apparence résolument hautaine et désabusé. »
Il en lâcha son polycopié avec violence. Chacun en avait assez de tourner en rond dans cette affaire, mais Jurgen n'était qu'une recrue de troisième année. Erd eut vite fait de lui remettre les idées en place en le toisant tout de son haut, terrifiant qu'il était. Le soldat se calma et Nanaba encouragea Nikolaï à reprendre son argumentation d'un geste prompt de la main :
- « Il suffit de lire correctement les phrases et d'en comprendre les sous-entendus. Évidemment, si l'on se figure que la crise d'Eren n'a résulté que d'un rêve sans queue ni tête comme nous pouvons tous en faire, nous n'avancerons pas. J'ai rapidement travaillé hier, avec les études d'Hanji et Moblit, la façon avec laquelle le ventricule d'Eren, remplacé par l'émetteur, agit sur tout le reste du système : en fait, il est directement relié à son cerveau et aux membres par les canaux internes et constitue un cycle, expliquait-il lentement en montrant un schéma qu'il avait préalablement réalisé. Avec la coupure de courant, l'émetteur a comme disjoncté et au lieu de remplir sa fonction s'est un peu détraqué. D'après un vieux rapport d'Eren et un autre d'Hanji, nous savons que cette machine renferme en son sein un grand pouvoir et un savoir qui dépasse l'entendement. Cette coupure à montré une faille de l'appareil. Si l'on pouvait déclencher par ondes des disfonctionnements dans l'émetteur, on pourrait en savoir plus sur le passé du clan H.
- Jusque là, déclara Mike, tu ne nous dis que des choses que nous savons déjà. Ce n'est pas que la vieille civilisation des Hakai-teki ne m'intéresse pas, mais je doute qu'elle ne nous aide à découvrir leur planque.
- Surtout qu'on a retourné toute la ville, aucune trace, aucun passage, déclara Erd maussade.
- Même la montagne ? demanda Nanaba.
- Surtout la montagne, assura le blond du tac-au-tac. C'est d'ailleurs le premier endroit que nous avons fouillé, nous étions persuadés qu'une faille serait l'endroit précis de leur cachette… et pourtant rien.
- En même temps c'était prévisible, maugréa Levi, les Hakai-teki ne sont pas la moitié d'abrutis tout du moins leurs chefs ne le sont pas. Ils n'iront pas se cacher dans une planque pareille. Même une gamine de trois ans y aurait pensé. Et la chaine de montagne qui borde Shiganshina est merdique lorsque l'on a voulu y établir notre base d'entrainement il y a cinq ans, aucune grotte ni surface ne pouvait accueillir plus d'une dizaine de soldats. »
Nikolaï se touchait le lobe d'oreille, nerveusement : un vilain toc qu'il avait depuis quelques années. Chaque fois qu'il devait réfléchir à quelque chose d'important et avec une certaine concentration de sa part, il se triturait ce bout de chair. Comme si stimuler son audition le mettait dans une bulle de sérieux. Finalement, alors qu'un petit brouhaha s'était installé, il reprit la parole. Tout le monde se tut lorsqu'il se leva, il n'en avait pas l'habitude. Il pourrait bien s'y habituer :
- « On ne devrait pas autant négliger ce rêve qui relève du charabia pour certains d'entre nous. »
Jurgen leva les yeux au ciel avant qu'une de ses camarades ne le rappelle à l'ordre. Nikolaï reprit en souriant :
- « C'est évident. Ce rêve se déroule sous terre. C'est écrit dans le rapport. Je cite le Caporal : « Pas de ciel et des roches partout autour de lui ».
- Cela pourrait très bien se dérouler dans la montagne : dans une grotte, une cavité, le coupa Gunther.
- Non, puisque vous m'aviez dit avoir farfouillé partout.
- Ils ont pu reboucher l'entrée. La montagne est vaste nous avons pu manquer l'ouverture.
- Mais nous vérifions toutes les allées et venues dans la plaine pour s'assurer qu'aucun groupe ne s'y installe puisque c'est un site insécurisé, rétorqua la recrue qui avait fait ses recherches, sources à l'appui.
- Et bien, je n'en sais rien, peut-être sortent-ils très occasionnellement et qu'ils se fondent dans la masse, attendant que l'heure viennent avant de ne faire tout exploser ? Nikolaï, très sincèrement je doute qu'ils vivent dans une cité sous la terre enfin tu t'imagines ? Une montagne, c'est vaste : très vaste. Il nous est impossible d'avoir pu en voir toutes les failles.
- Ton idée est bonne Nikolaï, le rassura Nanaba, mais je pense que Gunther a raison. De plus, la complexité de l'environnement que décrit Levi dans son rapport sur Eren nous montre bien qu'il s'agit de reliefs montagneux.
- Vous ne comprenez pas, laissez-moi développer…
- Écoute, rappela Erd en haussant le ton, nous n'avons pas beaucoup de temps à perdre et nous devons organiser une expédition le plus rapidement possible. On retournera dans la montagne et-
- Non, fit Levi, sortant de son silence. »
C'était un « non » catégorique. Levi était énervé c'est certain, mais pour le coup, il se montrait particulièrement sévère (et envers ses collègues qui plus est). C'était rare – voire jamais arrivé – que Levi prenne la défense d'un subordonné.
- « Non ? dit Erd.
- Non. On ne retournera pas fouiller une millième fois cette putain de montagne, ajouta-t-il.
- Et donc, que veux-tu que l'on fasse ?
- On l'écoute. On l'écoute et on ferme sa gueule. Reprends Nikolaï.
- M-merci Caporal… » Nanaba ne savait pas quoi dire. Ni Gunther d'ailleurs. Encore moins Mike et Erd. Et toutes les autres recrues, le peu qu'elles étaient, comme un véritable fan-club (sauf Jurgen qui s'en foutait de tout ce qu'il se passait) étaient pendues aux lèvres de leur confrère : « Je pense donc qu'une véritable cité est sous nos pieds. Reste à savoir où exactement. Nous sommes certains qu'ils ne sont pas loin, ils ne pourraient pas. Le clan H ne s'attaque qu'à Shiganshina et n'a sévit nul part ailleurs dans les environs. Ils n'en veulent qu'à Eren. C'est donc évident qu'ils sont proches.
- J'avais pensé aux quartiers bourges.
- Levi, soupira Mike, si c'est pour assouvir une petite vengeance envers les Forces de l'Ordre Rapprochées, très franchement ça ne sert à-
- Rien à voir. J'y pensais très sérieusement quand j'ai fait ma petite visite à Dork. Ils sont très fermés, très privés : très secrets.
- C'est normal, fit remarquer Gunther, ils protègent le Roi et les riches.
- Non, je veux dire, ils ne se mouillent jamais, et contrairement à la Police, on ne met jamais rien en commun et-
- C'est normal, répéta-t-il, les bourgeois protègent leur vie privée, aucune information ne peut fuiter parce que sinon les FOR savent qu'ils peuvent le payer cher.
- Encore une fois, je sais déjà tout cela ! » vociféra Levi le regard mauvais. Il exécrait qu'on le coupe et surtout, qu'on prenne pour un imbécile qui n'était pas fichu de lire les rapports, sachant qu'il les tapait tous pour la plupart : « Ce que je veux dire, c'est qu'il faut qu'on fasse une inspection dans les quartiers pétés de thunes.
- J'y avais songé, appuya Nikolaï, ravi d'avoir le caporal Ackerman à ses côtés, mais jamais le Roi ne nous laissera pénétrer dans les propriétés privées. Et encore moins les FOR.
- Ça peut s'arranger. Si on leur fait comprendre que c'est un contrôle rapport à la sécurité suite à l'attentat, le Roi nous soutiendra.
- Je n'en suis pas si sûre Levi, déplora Nanaba. Les FOR se déclareront capables de leur assurer une protection correcte comme ils ont déjà pu le faire dans le passé. Et puisqu'aucun accident n'a été à regretter là-bas, le Roi ne pourra pas les contredire…
- En plus, on n'est même pas sûr que ce soit eux les fautifs dans l'histoire… se plaint Jurgen dans un semi-murmure.
- On en est certain, expectora Levi, excédé. La Police a accepté nos recherches, rien à déplorer là-bas. Les quartiers pauvres que l'on surveille n'ont à regretter que des trafics de drogues et de la prostitution. Et très franchement, ce n'est pas, mais alors pas du tout la priorité ces temps-ci. On va organiser une recherche chez les bourges. Il faut tous qu'on soit sur le coup. Et s'ils ne veulent pas, si le Roi l'interdit alors… on continuera.
- Attends, qu'est-ce que tu veux dire par « on continuera » ? lâcha Mike.
- On ne va pas s'allier avec des collaborateurs et hébergeurs de terroristes, non ? Le serment que j'ai prêté en m'engageant dans ce putain de Bataillon, c'est de donner ma vie pour sauver les citoyens, pas de courber l'échine lorsque le Roi nous interdit de faire notre boulot.
- Mais notre serment c'est aussi d'obéir aux ordres, non ? s'étonna Jurgen.
- Seulement quand ces derniers ne vont pas à l'encontre de ce qui est bien. »
Levi se releva et balaya la salle du regard. Certaines recrues se dévouaient déjà corps et âme à cette future expédition, cela se voyait dans leurs prunelles. Ils étaient déterminés. Ils étaient si peu en même temps seuls les véritables recrues, celles qui ne se dégonflent pas au premier danger demeuraient. Quant à d'autres, et même les hauts gradés (spécialement Mike, qui malgré sa volonté d'abnégation évidente, semblait perplexe) : ils étaient plus septiques.
Le brigadier comprenait bien que ce n'était pas chose facile que de se mettre leurs prétendus alliés (qui même s'ils n'entretenaient pas de bonnes relations, subsistaient des associés) à dos. Qu'en plus de devoir éviter leurs ennemis naturels, ils devraient délaisser leurs amis et ne faire confiance plus qu'à leur Escadron et les directives des supérieurs. Mais justement, là était toute la panache et l'attrait de faire partie du Bataillon Ailé. Pour qui haït la routine et veut sauver sa patrie s'engage auprès de Smith.
Levi regarda plus intensément Mike, à la fois pour lui mettre une certaine pression et pour qu'il lui fasse part de ce à quoi il méditait depuis cet ordre qu'il avait formulé. Finalement :
- On attendra les instructions d'Erwin. »
Un joli sourire orna le visage de Levi.
Cette putain d'aventure allait prendre un tournant radical.
Les trois majors venaient de terminer leur discours. Pour Eren, celui de Naile Dork avait été à vomir (évidemment) tant il enjolivait son sale quotidien (et surtout la manière avec laquelle toutes les recrues naïves et oisives l'écoutaient) le discours de Pixis, par ailleurs, lui avait retourné les tripes. S'il n'était pas déjà certain de son futur, il aurait très probablement hésité longuement entre la Police et le Bataillon Ailé.
Mais il fallait avouer qu'Erwin savait manier une foule. Et même si tout le monde connaissait ses réelles motivations depuis la visite des locaux ainsi que les nombreuses mises en garde qu'il avait formulé, Eren s'étonna de la foule (par rapport à ce que lui racontait Hanji) de personnes qui s'engagèrent auprès de lui.
Les résultats pitoyables des derniers de la promotion avaient fait qu'un bon nombre d'entre eux avait dû intégrer les rangs d'Erwin sans donner leur avis au préalable. Soit dit en passant, Eren et tous les autres membres hauts gradés du Bataillon mirent immédiatement leur main à couper qu'ils ne reverraient plus les trois-quarts d'entre eux trois jours plus tard.
Une simple fiche qu'ils avaient à signer.
Erwin avait les bras croisés et toisait les visages – encore joufflus pour certains – de ses futures recrues. Hanji était folle de joie de voir autant de nouvelles têtes, et on avait dû l'éloigner un peu de la table où les jeunes adultes devaient s'engager pour ne pas qu'ils soient encore plus effrayés par leur faction (quoique s'ils étaient déjà au stade de la signature, une Hanji en furie ne devaient probablement pas les apeurer).
Vint l'arrivée de la dream team comme aimer à l'appeler la scientifique. Sasha, sa nièce, pouvait philosopher des journées entières à parler de ces quelques personnes qui constituaient son cercle d'amis. Elle et sa nièce avaient une profonde relation d'entente. On aurait pu croire à deux amies si leurs traits n'étaient pas aussi similaires. Et puis, avec la mort prématurée de la mère de la petite, alors qu'elle n'était qu'une enfant, on peut dire qu'Hanji l'avait pratiquement élevée, alors il est évident que certains traits de caractère aient fini par déteindre au fil du temps.
Sasha, en bonne meneuse de groupe brandit le stylo en l'air comme un trophée et se mit à signer le papier avec tant de hargne, qu'elle en troua la feuille :
- « Hé, doucement ! l'interpella Connie. Et puis prends pas autant de place, on fait comment nous autres pour nous ajouter à la liste ? »
Elle préféra ignorer cette pique volontaire de la part de son acolyte de toujours et partit embrasser sa tante avec toute l'affection du monde. Eren trouva presque cela touchant. Une jeune fille qu'Eren n'avait pas encore eut le plaisir de rencontrer se retourna légèrement. Elle portait deux nattes nouées le long de son visage et semblait d'une douceur infinie à l'égard de ses amis. Elle lui adressa un sourire franc à cette tête brûlée d'Eren et fit :
- « C'est beau de voir un peu de tendresse en ces temps-ci, tu ne crois pas ? »
Et bien qu'Eren trouva cette dernière phrase résolument cucul, il acquiesça sobrement en guise de réponse. Devant cette dernière, un adolescent prenait tout son temps pour marquer de son encre la feuille qui lui faisait face. On aurait dit qu'il se tâtait à rentrer dans les rangs. Et bien qu'Eren n'avait pas vraiment la tête à chercher des noises à qui que ce soit ce jour-ci, il finit par lâcher un :
- « Dis-moi, tu ne voudrais pas te pousser sur le côté le temps que les autres s'enrôlent ? Si tu hésites ce n'est pas la peine de boucher la file ! »
Il ne savait pas réellement pourquoi est-ce qu'il avait dit cela, mais le fait étant que c'était prononcé et bien imprimé par l'interlocuteur désormais. Ce dernier se retourna et il sourcilla à l'entente de tels propos. Sa mine était complètement renfrognée, et il était rouge comme une écrevisse si bien qu'Eren se demanda pendant un court instant s'il n'était pas entrain de faire un malaise.
Son calme authentique alerta tous les autres individus le connaissant. Lui qui avait l'habitude d'avoir le sang chaud et de partir au quart de tour lorsque quelqu'un osait le défier en le provoquant de quelque façon que ce soit comment se faisait-il qu'il soit aussi silencieux alors qu'Eren venait très clairement de notifier devant tout le monde la lenteur avec laquelle il pouvait remplir un formulaire ?
- « Jean ? s'enquit finalement Mikasa. »
Évidemment, la brune volcanique ne s'était pas tout à coup mise à avoir de l'empathie pour son ex, ni même n'éprouvait de la véritable inquiétude (quoique son expression puisse être trompeuse) mais il était vrai que de le voir aussi peu réactif faisait furieusement penser à un arrêt cérébral.
- « Mec ? Tout va bien ? demanda Connie en lui secouant gentiment l'épaule.
- …ouais, cracha-t-il en définitive. Ouais, ça va, ouais.
- Ce type a un problème avec moi ? chuchota Eren vers Armin, circonspect. »
Le blond était bouche bée. Comment pouvait-il ne pas se souvenir de ce qu'il s'était passé il y a très exactement quatre jours ? C'était encore plus grave et urgent que ce qu'il ne croyait. Il lui attrapa la main, décisif, et l'entraina à sa suite, sans plus de cérémonie :
- « Héééé ! Mais qu'est-ce que tu fais ! s'écria Eren qui ne comprenait décidemment rien. »
Mikasa fronça les sourcils et décida de les accompagner. Tant pis pour l'inscription, elle était déjà membre à part entière de toute façon, et elle n'avait nullement le réel besoin de se noter encore une fois.
Armin n'agissait que très occasionnellement ainsi. Se faire remarquer n'était pas vraiment son passe-temps et il préférait grandement se fondre dans la masse plutôt que de se distinguer. Très franchement, il laissait très volontiers ce genre de démonstration à Jean, Sasha ou encore Connie. Alors qu'il veuille prendre Eren à part, dans un moment aussi solennel et important de sa vie en disait long sur la gravité de la situation.
Armin plaqua son ami contre un arbre non-loin avec une certaine forme de violence. Mikasa n'y comprenait cure qu'essayait-il de prouver ?
- « Comment je m'appelle ? brailla le plus petit.
- Hein ?! Pourquoi est-ce que tu me-
- Comment est-ce que je m'appelle ?! hurla-t-il de plus belle.
- Armin ! Tu t'appelles Armin !
- Armin comment ?!
- Je ne sais pas ! » Le dénommé le gifla avec toute la tristesse qui l'enveloppait. Oh ce n'était pas grand chose venant d'Armin, il n'oserait jamais frapper réellement son meilleur ami mais c'était une claque qui surprit suffisamment Eren pour le mettre véritablement en colère : « Mais ça ne va pas ou quoi ? C'est quoi ce bordel ?! »
Mikasa emprisonna sa moue dans une coupole formée avec sa main. Sa gorge lui brûlait atrocement et elle se sentait mal de penser sentir ce qui était entrain de se dérouler sous ses yeux embués.
Elle saisissait maintenant pourquoi Eren avait l'air aussi naturel lorsqu'il la revu, lui qui pourtant aurait dû être gêné comme elle l'était au fond. Elle déchiffrait cet air idiot et trop serein qu'il portait depuis le début de la cérémonie de redirection.
Il avait tout simplement oublié.
À peu près tout depuis l'attentat, interprétait Armin. Il semblait se remémorer des visages fondamentaux, de ceux qui l'entouraient depuis ces derniers jours. Flottaient désormais dans son inconscient en compagnie des souvenirs de sa mère et de son ancienne vie, ceux des jours précédents et du peu de temps qu'ils avaient passé ensemble. Et si par chance il ne se souvenait que de bribes, ce n'était jamais que des moments sans importance.
Leurs retrouvailles.
Leurs discussions.
La fête.
Un mois et deux semaines à reconstruire une vie gâchée par les aléas et voilà qu'il fallait tout recommencer.
Armin s'effondra intérieurement. Comment allait-il bien pouvoir gérer cela ? Dans une ultime palabre, il se risqua à lui demander :
- « Est-ce que tu te souviens… » Il marqua une pause, étouffant avec une respiration lourde un sanglot qu'il aurait eut du mal à contenir : « Tu te souviens de nous ? Quand nous étions enfants ? »
Lorsqu'ils s'étaient revus il y a un peu plus d'un mois, malgré son lavage de cerveau, malgré tout cela, Eren avait eu souvenance de ces après-midis au soleil dans leur ancienne cité. Il balbutia quelques mots incompréhensibles, conscient du manque de tact avec lequel il allait dire la phrase suivante mais néanmoins véridique :
- « On se connaissait ? »
Juste après la remise des factions, les recrues allaient directement intégrer les locaux et commencer à travailler avec leurs chefs. C'était une situation exceptionnelle compte tenu du fait que d'habitude il y avait un jour d'identification pour ne pas perdre les jeunes adultes dans leur nouveau lieu de travail, mais il n'y avait plus le temps. Ordre du Roi : « chaque recrue devra se mettre à travailler avec sa nouvelle faction pour le bien de la cité » qui était parut le lendemain de l'attentat, en l'attente des inscriptions.
En tout, quinze jeunes s'était enrôlés chez Erwin, une grosse vingtaine dans la Police et environ trente chez Naile Dork (ce qui avait fait grincer bien des dents du côté du Bataillon). Beaucoup de futurs militaires (ou « futurs-glandeurs » les surnommait Levi) avaient été pistonné par leur parents ce qui expliquait ce grand nombre de soldats futur FOR. En ces temps de crises, il était hors de question pour les familles les plus aisés et dont leurs fils ou fille s'enrôlaient, qu'ils intègrent des factions aussi minables (selon la croyance populaire des petites gens) que celles du Bataillon.
Pendant que les quinze nouvelles recrues prenaient leurs marques dans cet endroit presque inconnu pour eux, Armin empoigna Sasha et lui fit remarquer très sérieusement :
- « On va avoir besoin d'Hanji.
- Tu plaisantes ? Lors de la journée des nouvelles recrues ?
- C'est plutôt grave, appuya Mikasa en lui montrant Eren qu'elle agrippait à bout de bras, ce dernier se débattant pour qu'ils expliquent ce qui était entrain de se passer.
- Il vaut mieux que ça le soit, sinon quoi je doute qu'elle perde son temps pour des bêtises. » Puis elle marmonna dans sa barbe, un petit sourire en coin en partant chercher sa tante bien-aimée : « Quoique si cela concerne Eren… »
- « J'espère pour vous que c'est sérieux, fit-elle, théâtralement. »
Ils s'étaient finalement retrouvés tous les cinq dans le laboratoire, supervisés de loin dans un coin par Moblit qui ne laissait trainer qu'une oreille tandis qu'il rangeait des échantillons et ne se remettait à l'observation des globules rouges d'Eren.
- « On ne peut plus sérieux. Eren est amnésique.
- Hein ? N'importe quoi ! Je ne suis pas amnésique, j'ai juste oublié un vieux souvenir, cela arrive à tout le monde ! se défendit-il sans que personne ne l'écoute.
- Jusque là, rien de nouveau.
- Si, justement, ajouta Armin, très concerné par ce problème. Il n'a souvenir que des quatre derniers jours, et avant cela : rien du tout !
- C'est vrai Eren ? le questionna-t-elle, alarmée.
- Et bien…
- Eren, murmura gentiment Mikasa, est-ce que tu te rappelles de ce que je… » Elle tenta de garder un peu de prestance. Elle ne désirait en aucun cas revenir sur ce refus catégorique auquel elle avait dû faire face juste quelques jours auparavant. Mais si cela était susceptible de faire vibrer une certaine corde émotionnelle chez Eren, et qui finirait par lui faire revenir un pan de sa mémoire : alors elle était prête à en courir le risque que sa fierté en souffre ou non. Elle reprit : « Il y a quatre jours, juste avant l'attentat, je t'ai dit quelque chose… Quelque chose d'important. Tu t'en souviens ? »
Eren se mordit la lèvre inférieure, le regard bas, similaire à celui des autres. Hanji se craqua les articulations et grogna un bon coup :
- « Bon, je vois. Il n'y a qu'un seul véritable moyen d'être certains… » Le docteur souffla un bon coup, appréhendant déjà la réponse : « Eren, que sais-tu de Levi ?
- Le caporal Ackerman est, répondit-il, un homme respectable, subordonné du major, il dirige le Bataillon.
- Mais quoi d'autre ? » renchérit Armin, qui voulait le voir prononcer des mots mélioratifs mais plus intimes, comme il avait l'habitude de le décrire quelques semaines auparavant. Il voulait pouvoir se rassurer, le voir au moins rougir ne serait-ce qu'un peu rien qu'à la mention de son nom. Il voulait qu'il évoque tout ce doute qui l'avait taraudé pendant des longs jours ! Il le secoua : « Quoi d'autre ? Il doit bien y avoir autre chose que tu saches sur lui ! Je ne sais pas, des détails, des mimiques, des-
- Que veux-tu que je dise de plus ! beugla décidément le brun. Je me rends bien compte de la situation ! Je comprends bien que ce qu'il se passe est grave mais si je ne me souviens pas comment voulez-vous que je vous réponde ?! » Il se prit la tête à deux mains : « … comment voulez-vous ? »
Plus aucun bruit ne subsistait dans la salle et ne cliquetaient plus que les petites talonnettes du personnel de l'étage. De lourdes larmes glissèrent le long des pommettes bronzées du jeune éphèbe, incapable de mettre le doigt sur ce que voulaient dire ses camarades en citant toutes ces actions qu'il aurait sans doute fait dans le passé. Comment se faisait-il qu'il ne parvenait pas à comprendre ce qu'ils voulaient tous dire ? Pourtant il avait bien vécu toutes ces choses ! Alors pourquoi n'en était-il pas capable, cela le rendait fou de rage !
Une émotion particulière et terriblement familière lui taquina l'épiderme. Il avait envie de frapper quelque chose, de se libérer de la douleur qui lui écartelait les entrailles. Il voulait hurler à s'en briser les cordes vocales, laisser s'échapper ce monstre enflammé qui sommeillait dans les tréfonds de son âme. Mais ne pouvant laisser transparaître une telle rage sur son visage il se contenta de serrer ses poings aussi fort qu'il le put. Comment allait-il parvenir à trouver une solution ? Agir comme si de rien n'était et n'allait en rien aider à tout cela.
Si Hanji ne lui avait pas indirectement rappelé pourquoi est-ce qu'il était là lorsqu'il était à l'hôpital, alors il n'aurait juste pas su ? Tout ne se résumait qu'à un concours de circonstances qui faisait qu'Eren pouvait ou ne pouvait pas se rappeler de certaines choses ?
- « On va trouver une solution Eren, on va te libérer de ce fardeau, le rassura Hanji en lui frictionnant le dos du plat de sa main.
- Comment ? marmonna-t-il. C'est impossible.
- Tu sais, cela fait un mois et demi qu'on se démène pour aboutir à un projet et… »
Nanaba fit claquer la porte du laboratoire, ce qui fit sursauter absolument chacun des membres présent (surtout Moblit qui en lâcha un de ses échantillon).
- « Je t'ai cherché partout, dit-elle, complètement essouflée. »
Ses petits cheveux courts étaient recouverts de sueur. Elle avait probablement dû courir dix bonnes minutes pour être dans cet état. Nanaba comprit immédiatement la conversation qu'elle venait d'interrompre. C'était marqué sur leurs visages (celui d'Eren en particulier qui semblait venir d'une autre planète et être entiché de tous les malheurs du monde). Elle sourit en repensant à cette réunion brève qui venait d'avoir lieu et fit :
- « On va enfin pouvoir avancer. »
Une semaine de plus avait passée.
C'était très perturbant la vitesse à laquelle les journées les plus éprouvantes pouvaient couler. Eren avait l'impression de reculer dans le temps : chaque jour était plus long que le précédent, et pourtant une semaine était tout de même passée. Levi n'était pas en reste : mentor et bras droit d'Erwin lui et Mike avait dû former les bleus qui débarquaient tout juste. Le major quant à lui, n'était visible que dans son bureau, à travers l'épaisse vitre de son office dont il ne sortait que très peu. Il trimait sans relâche à la recherche d'arguments, de tactiques à montrer au Roi pour éviter que la coopération n'éclate. Il avait bien évidemment approuvé l'idée de Nikolaï, dans le sens où ils n'avaient plus que ce choix là : au plus grand damne de certaines recrues qui paniquaient à l'idée de devenir des hors la loi, eux qui ne voulait que la faire régner.
Cette dure semaine suivant les évènements n'avait été que préparations pour l'entretien avec les FOR et le Roi, analyses sur Eren, et pour ne rien changer aux petites habitudes : entrainements des futures élites qui constitueraient le Bataillon Ailé. D'après Hanji, ils étaient tous prometteurs, malgré le bas niveau de certains par rapport à d'autres (un énorme gap se creusant entre les têtes brûlées comme Mikasa et les un peu plus « lents » comme Connie). Mais selon Levi, ils avaient encore tellement à apprendre. Il n'hésitait pas une seconde à les former avec animosité, à la manière de Keith, mais encore différemment puisque Levi utilisait comme punition le récurage complet des locaux lorsqu'ils commettaient une erreur susceptible de mettre en danger la vie des autres.
Malgré cela, leur niveau restait excellent pour des jeunes de vingt ans. En même temps, ils sortaient tout juste de l'internat. Et les équipes s'étonnaient de voir qu'Eren suivait sans encombres les traces de deux qui avaient dû travailler autant leur physique pendant ces dernières années. Après tout, sa mémoire complètement défaillante, on ne pouvait pas réellement savoir ce qu'Eren avait pu faire avant son arrivée dans le quotidien de l'Escadron.
Mais aujourd'hui, Eren pouvait se reposer un peu. Il s'entrainait si dur ces derniers jours qu'Erwin en oublia presque qu'il avait fait une crise majeure tout récemment. Ainsi, lorsqu'il sortit à la limite de l'apoplexie de son combat avec les autres membres de l'Escadron, une arcade en sang produite par un coup de poing bien placé de la part d'Ymir (qui étrangement semblait avec Jean lui vouer une haine profonde et sincère) Erwin lui ordonna de prendre un jour de congés.
Le soir même de sa sortie de l'hôpital, le major se confronta à un choix qu'il ne devait pas prendre à la légère. Il était hors de question après ce qu'il s'était passé qu'il retourne coucher chez Armin : le risque qu'il soit en proie aux chimères de son incident se rétractait sur lui-même et il fallait qu'il crèche chez un de ses subordonnés haut placés.
Levi ?
Il n'en était même pas question.
Mike ?
Il ne savait même pas s'occuper d'une plante verte, alors d'un adolescent...
Et même si techniquement, Eren n'était plus vraiment un enfant, il était aussi borné et hyperactif qu'eux. Et Erwin ne voulait pas prendre de risque alors mieux valait le confier à la personne qui désirait être à sa charge plus que tout au monde depuis le début : Hanji.
Lorsqu'il lui avait annoncé la nouvelle, elle avait sauté au plafond (n'effrayant presque plus les recrues et collègues qui finissaient à être un peu habitués, surtout Sasha et la dream team).
Contre toute attente, Hanji se révélait être un très bon hôte. Elle avait agencé une chambre rien que pour Eren, avec tout ce qu'il fallait pour qu'il puisse s'épanouir le plus possible : un grand lit, un bureau et une petit canapé face à la fenêtre sur lequel l'adolescent aimait à se prélasser. Évidemment, son appartement avait son lot de bizarrerie (auxquelles Eren ne faisait même plus attention) : comme une lampe avec des cornes qu'elle avait ramené d'une expédition étrangère, un tapis avec des milliers de petites souris dessinées de toutes les couleurs et enfin des tableaux aux ambiances tout aussi glauques qu'ils ne pouvaient être épileptiques. En définitive : du Hanji tout craché.
C'était un matin d'été calme, ni trop chaud, ni trop humide, il en était presque onirique : la vision que l'on se fait de l'été lorsque l'on est encore en période hivernale. On aurait pu penser, à s'y méprendre, en fermant les yeux et n'écoutant que le sifflotement des oiseaux, que ce matin là était un matin comme les autres et pourtant, il n'en était absolument pas un.
C'est terminé !
Si je ne me trompe pas, le prochain chapitre devrait être celui que j'attends d'écrire depuis GRAVE longtemps, du coup je pense vraiment prendre mon temps pour vous écrire un joli truc : je m'en voudrais de vous pondre quelque chose de bâclé.
Alors alors, qu'en avez-vous pensé ? Je suis curieuse de le savoir 8)
Comme toujours n'hésitez pas à fav, follow, et commenter, je prends toujours extrêmement de plaisir à voir ces petites notifications ! Ca me booste (comme ça l'a fait cette semaine) dans l'écriture !
J'espère que malgré le peu de temps qu'il m'a fallut pour l'écrire, la qualité n'en paie pas et que cela reste à la hauteur de vos attentes. En tout cas pour l'avoir relu, il me convient !
Je suis encore toute chamboulée du dernier scan (le 105) a être parut. Aucun spoil mais bordel, c'était terrible : j'ai pleuré comme un bébé. Alors c'est peut-être pour cela qu'écrire des relations aussi joyeuses et presque naïves entre les personnages de ma fic m'a fait du bien haha.
Je vous embrasse tous les enfants, prenez soin de vous !
À la prochaine
