Heeeeyyy !
Ouh là là, que ça fait du bien de vous retrouver !
GROSSE QUESTION IMPORTANTE EN FIN DE CHAPITRE, MERCI BEAUCOUP POUR CELLES ET CEUX QUI M'AIDERONT :)
J'ai pris tellement de temps pour écrire ce chapitre, entre mon bac, mes vacances à l'étranger où je n'ai pas pu taper ne serait-ce qu'une seule ligne, c'était pas la folie niveau écriture mais vous savez quoi ? C'est le plus long de tous mes chapitres et en plus il nous rapproche encore un peu de la réunification de mes deux petits ! Je vous jure, on y est presque, je le sens ! Bientôt j'écrirai ces lignes divines qui nous feront toutes beaucoup de bien à lire.
Non, sans déconner je sais que je mets beaucoup de temps mais cette impression de bâcler mon histoire dans mes premiers chapitres m'a un peu traumatisé... du coup je prends mon temps héhé :)
Deux petites reviews ; j'espère que c'est à cause des vacances et que je reverrai toutes mes autres lectrices qui postent des reviews bientôt, vous me manquez beaucoup. Mais je remercie du fond de mon coeur encore une fois celles qui ont pris ce temps, je vous aime si fort vous n'avez pas idée !
Je disais donc ! Réponse aux Guests :
Neko : Holà toi ! Merci d'être encore parmi nous ! Oui, Grisha est en vie hahaha ! Ça faisait longtemps que c'était planifié et enfin je vous l'annonce. J'ai grand hâte que vous découvriez le pourquoi du comment, ça va être encore plus le bordel (déjà qu'on y comprend rien, va falloir s'accrocher haha). Ah non mais les sentiments d'Eren c'est un puit sans fond, faut creuser si loin pour comprendre :') Il perd ses sentiments, il les récupère, bref, un bon gros bordel ! (bientôt tout va s'arranger *cross the fingers*). Tu verras, tu verras ! Je te laisse à la lecture de mon petit bébé de 9k ! Pleins pleins de bisous !
La bte : Tu es définitivement plus forte que n'importe quoi toi, je peux changer de pseudo, publier en vacances et tu me répondras toujours (tu es la best prends donc cette compote *te tends une compote* ne me demande pas pourquoi une compote j'en ai aucune putain d'idée). Hahahaaaa ! Tout ça bien sûr sera expliqué, mais pas tout de suite ! Ces derniers temps je mets un tout petit peu la trame de côté (quoi que non mais j'avance moins qu'avant c'est sûr) pour m'attarder sur notre petit couple préféré. Ouh ! Joie ! Aucune fautes ! Ça ne sera peut-être pas le cas dans ce chapitre-ci haha. Je te comprends tellement. J'A-DORE quand tu me fais part de tes théories, c'est très très très intéressant, et ça me montre dans quelle optique tu es ! Tu verras, je ne peux rien te dire car je t'avoue que je ne fais pas de brouillons pour mes histoires (ou très peu) et que du coup les idées viennent sur le moment ! En tout cas j'espère que tu apprécieras la tournure des choses, ça risque d'être intéressant ! Bravo pour la fin de tes examens ! Est-ce que tu as eu tes résultats ? En tout cas j'ai reçu les miens, ouf ! Tout va bien de mon côté, c'est adorable de t'en soucier, j'espère que pour toi aussi ! D'énormes bisous, et bonne lecture !
Bonne lecture à vous les enfants !
- « Hanji ? Tu m'as fait demandé ? dit Eren sur le pas de la porte de son office.
- Entre mon petit, lui indiqua-t-elle toujours enfoncée dans la chaise derrière son bureau. »
Eren et Levi étaient rentrés une heure auparavant. Les rayons du soleil avaient à peine eut le temps de poindre un peu plus, qu'Hanji avait déjà convoqué la recrue disparue. La scientifique avait cogité ce laps de temps, tournant et retournant toutes les explications possibles dans son laboratoire. Elle finit par se reconnaître battue. Elle décida alors d'aller attaquer le problème à sa racine. Levi étant intouchable – tout du moins jusqu'à ce qu'il ait terminé son foutu rapport – Eren restait le seul pouvant résoudre le tout.
Elle ne savait pas quelle attitude arborer. Pour la première fois depuis longtemps, Hanji se retrouva confrontée à une situation qui la forçait à modifier ses faits et gestes. Devait-elle se montrer directe comme elle en avait l'habitude et le questionner de but en blanc sur ce qu'il s'était passé cette nuit ? – car il était certain que quelque chose d'inhabituel avait eu lieu – Ou devait-elle se montrer plus discrète, et donc, d'une certaine manière plus manipulatrice ?
La jeune femme n'eut guère le luxe de cogiter plus de temps, puisque ce qu'elle aimait appeler « sa petite merveille scientifique » se trouva devant elle, le poing sur le cœur : prêt à répondre aux moindres attentes qu'elle pourrait formuler.
- « Je t'en prie Eren, souffla-t-elle en levant les yeux au ciel, je pensais que nous avions dépasser le stade des formalités stupides. Dois-je te rappeler que tu vis chez moi ? Et puis quoi encore, tu vas me vouvoyer ?
- Je suis désolé, fit-il en se grattant le crâne, je pensais que tu voulais me voir par rapport à ce qu'il s'est passé cette nuit. Je me suis perdu et…
- Tu sais Eren, j'ai appris avec le temps que me comporter comme une supérieure ne me réussissait pas plus que cela. Et puis Levi le fait bien assez pour nous tous.
- Il faut bien que quelqu'un fasse le sale travail, l'excusa Eren. »
Hanji gratta sa tempe avec l'aide de la gomme de son crayon, ne lâchant pas son interlocuteur du regard. Eren voulait se faire pardonner, elle pouvait le pressentir dans sa voix. Mais ce n'était pas aussi simple que le fait qu'il ait affolé tout l'Escadron, non… L'analyser était pourtant chose si facile de coutume : Hanji eut tout à coup l'amère impression de n'être qu'une vague hypocrite. Ravalant ses principes, elle continua :
- « Oui, l'avoir auprès de nous est une bénédiction. »
Devant le silence qu'installait précautionneusement son subordonné, elle reprit, moins subtile :
- « Eren, il s'est passé quelque chose de… particulier cette nuit avec le caporal ?
- Qu'est-ce que tu entends par « particulier » ? rétorqua-t-il immédiatement, sur la défensive.
- Ouh là, ne conclut pas aussi rapidement ! Je sais bien que mon esprit perverti par les années pourrait te donner des pistes scabreuses mais tout de même. » Le visage d'Eren resta fermé – plus les minutes passaient, moins Hanji avait l'impression de réellement avoir Eren devant elle – et elle engagea une énième fois la conversation en reformulant sa précédente demande : « Je voulais savoir si, peut-être outre le domaine du travail, Levi et toi aviez eu, une quelconque conversation ? Je ne sais pas moi, un geste particulier ?
- Comme quoi ? réitéra-t-il.
- Mais enfin Eren, à toi de me le dire. »
La recrue se mordit l'intérieur des joues. Il ne voulait pas s'attirer plus d'ennuis qu'il n'en avait déjà. Il savait qu'il était allé trop loin dans ses questions la veille au soir, qu'il avait franchi une limite qui - même si Eren était qui il était – se voulait déontologiquement impolie. Il préférait s'excuser en face, ou laisser le temps faire les choses, mais certainement pas se confier à Hanji comme si elle était une mère compréhensive. Il ne fallait pas qu'il omette le fait que la scientifique restait la meilleure amie de son caporal. Et tandis qu'il ignorait cette pique au cœur qui se coinçait de plus en plus, il répondit inébranlable :
- « Non. Rien de particulier.
- Mon chaton, tu sais qu'en tant que médecin et surtout en tant que proche, tu peux me dire des choses qui dépassent la professionnalité ?
- Si je te dis qu'il n'y a rien de particulier Hanji, c'est qu'il n'y a rien de particulier. C'est tout. »
Les sourcils de la dénommée s'arquèrent. Elle était mécontente de voir Eren lui mentir mais surtout, elle enrageait de voir à quel point il était impassible. Ce n'était pas le jeune adulte qui créchait dans son appartement qui lui parlait mais une ombre dure et froide, le regard fermé, les pensées inaccessibles. On aurait presque dit Levi : terrifiant. La scientifique pressentait quelque chose de mauvais.
- « Tu sais, reprit-elle avec un timbre de voix bien plus grave et pugnace, il y a deux choses pour lesquelles je suis particulièrement douée. » Elle se leva pour souligner l'importance de ses mots : « La première concerne les avancées biologiques de mon laboratoire et la deuxième, est ma capacité à pressentir certains évènements ou états d'esprits. Et là, je sens très clairement que tu es entrain de me mentir Eren. Et ça ne me plait pas du tout. »
Eren hésita à aller dans son sens : s'il faisait mine de tout lui raconter, elle lui laisserait sans doute le reste de son mensonge intact ? Il n'aurait probablement pas eu à se poser ce genre de questions si son cœur ne tapait pas aussi fort dans sa poitrine.
Ce qu'il ressentait depuis hier soir.
C'était interdit. Prohibé.
Cette petite, minuscule lueur. Toujours plus flamboyante à chaque fois qu'il repensait à Levi.
Défendue. Tabou.
Il le connaissait si peu ! Mais qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?
Et aussi étrange que puisse être Hanji, il ne pouvait en aucun cas le lui confier. Que faire si lui-même n'osait même pas se l'avouer ?
Sa gorge se noua et des flash-backs imprécis s'emmêlèrent dans ce qui semblaient être les murs étriqués de son labyrinthe cérébral. Son regard froid, mécanique, familier… Et puis sa coupe de cheveux soulignant à la perfection les courbes de ses tempes… Comment pouvait-il oublier sa mâchoire ? Sa peau si douce lorsqu'il avait effleuré dans la nuit. Rien qu'à se remémorer cette sensation, Eren en frémit. Une bonne partie des poils de ses avant-bras se dressèrent à l'unisson tandis que les autres tentaient en vain de rameuter le calme sur l'épiderme.
C'était peine perdue. Eren était pris au piège, il le savait. Il avait beau nier en son for intérieur, il combattait sa propre ombre. À l'image du serpent qui se mord la queue à force de tourner en rond, il continuait cependant à renier cette lueur. Pourtant elle n'était qu'une petite braise cette nuit, pourquoi avait-il fallut qu'elle se mue en flammèche ?
Finalement, il fit semblant de répondre à ses attentes, bégayant et mimant la timidité, comme s'il divulguait le gros du secret alors qu'en fait il n'en disait rien :
- « Et bien, je me suis beaucoup inquiété… En, percutant le caporal, je l'ai accidentellement blessé. Je ne lui ai pas vraiment laissé le choix et, l'ai soigné du mieux que je pouvais avec les accessoires à ma disposition. Si l'on peut considérer cela comme un acte inhabituel, alors c'est le seul qui s'est déroulé dans la soirée.
- Levi s'est blessé ? Et il t'a laissé le soigner ? percuta-t-elle, les yeux tout ronds. » Levi n'était clairement pas du genre à se laisser toucher facilement et par n'importe qui.
- « Oh ce n'était pas grand chose : il saignait de l'arcade sourcilière. Mais j'ai préféré prendre mes précautions et faire en sorte que la plaie ne s'infecte pas.
- Mais toi, tu n'as rien eu ?
- Une jambe cassée, et quelques égratignures à la cheville à cause de la friction du cuir de ma botte contre ma peau. Mais rien de grave : ma régénération a fait le gros du travail.
- Tu boîtes encore un peu, constata-t-elle.
- Je t'assure, ce n'est vraiment rien… »
Hanji souffla du nez. Il lui mentait encore. Comment osait-il faire une chose pareille ?
- « Eren, ne joue pas à ce petit jeu avec moi.
- Je… Je ne joue à rien du tout, répéta-t-il gauche.
- Eren ! Ça suffit maintenant ! »
Dans un mouvement de recul, l'adolescent se déplaça estomaqué. Il avait tellement peu l'habitude de voir Hanji se mettre réellement en colère qu'il lui semblait que la femme devant elle lui était inconnue (au moins sur ce point là, ils se rejoignaient).
Au diable les restrictions : qu'Eren fasse une nouvelle crise, elle s'en tamponnait ! La situation était insupportable ! Au début, leur semblant de querelle l'amusait cela rajoutait un peu de drama dans tout ce rose bonbon qu'était leur précédente relation. Mais là, ce n'était juste plus possible. Les mains sur les hanches, elle éclata :
- « Pourquoi est-ce que le caporal était en colère lorsqu'il est revenu, hein ?
- Je ne sais pas, j'imagine que- j'imagine que le fait de revenir me chercher et de devoir assumer les conséquences de mes actes l'ont énervé ! se justifia-t-il.
- Eren !
- Quoi ?! s'insurgea la recrue.
- Tu ne m'amuses plus du tout là ! cria-t-elle, méchante.
- Mais je n'en sais rien moi ! Je ne suis pas dans sa tête ! Va lui parler si ça te tiens autant à cœur et tu l'auras ta réponse !
- Tu sais très bien, toi comme moi que- »
Elle s'interrompit lorsqu'un toc-toc résonna dans la pièce. Moblit, les yeux rivés sur ses fiches, n'avait frappé que par habitude et s'étonna, lorsqu'il releva son nez de ses feuillets, de trouver ses deux confrères debout, dans ce qui ressemblait à une dispute :
- « Ouh là, je dérange ? »
Hanji décrispa son visage pour retrouver la joie qu'elle arborait d'habitude. Elle s'apprêtait à lui demander de bien vouloir lui laisser dix petites minutes seule avec Eren quand son attention se reporta sur ce que Moblit tenait dans sa main :
- « Ce sont les autorisations de fouilles dans les quartiers chics ?
- Exactement, opina-t-il en les lui tendant.
- Mais je pensais qu'Erwin ne devait pas les envoyer avant demain après-midi ?
- Il a changé d'avis. Et regarde : elles ont toutes été réfuté.
- Ça ne m'étonne pas, après tout, nous nous y attendions. Enfin Moblit est-ce que tu pourrais nous laisser quelques instants avec Eren, j'ai encore deux mots à lui toucher ?
- Hum, loin de moi l'intention de te mettre en rogne mais je crois qu'il s'est barré.
- Quoi ?! »
Elle se retourna et en effet, l'objet de ses paroles s'était dérobé profitant de l'intérêt soudain que la jeune femme avait porté sur cette autorisation. Hanji serra son poing, craquant ses phalanges et réprima sa rage en un merveilleux sourire qu'elle adressa à Moblit.
- « Bon, Moblit. Là ça craint. Ça craint beaucoup.
- À propos du refus de Dork ? Tu l'as dit toi même non ? On s'y attendait-
- Non Moblit, le coupa-t-elle. Là on a un problème de tout autre ordre. Et si on ne réagit pas maintenant, la prochaine mission ne vaut même pas la peine d'être préparée.
Mikasa faisait les cent pas dans l'open-space. Là où ses camarades de promotion s'amusaient à mimer un travail qu'ils étaient supposés rendre elle, ne parvenait même pas à les ignorer. Cette nuit, il s'était passé quelque chose. Il ne fallait pas être diplômé pour le reconnaître, il lui suffisait en général d'un seul regard vers Eren et elle décelait le pourquoi du comment. Mais ces derniers temps, ils étaient si éloignés l'un de l'autre et elle avait de plus en plus l'impression que son ami de toujours s'évaporait comme un mirage.
Armin n'était pas en reste. Peut-être s'était-il rendu compte de tout cela avant même que la brune taciturne ne soulève l'hypothèse. L'ennui était qu'ils se pensaient seuls au courant qu'il y avait anguille sous roche, mais le reste du groupe et de l'Escouade comprenait qu'un problème vrombissait, menaçant de tout faire s'écrouler.
Ils préféraient juste faire comme si de rien n'était. Comme si éviter de trop poser les yeux sur le problème allait le faire disparaître mais vous savez bien ce que disent les croyances populaires : chassez le naturel et il revient au galop.
Si encore la pseudo querelle avait lieu entre deux autres personnes de l'Escadron - aussi importantes soient-elles – mais non ! Il avait fallu que ce froid s'installe entre Levi et Eren : les pièces maîtresses de la mission. Seule l'Escadron et Armin connaissaient la véritable raison de cette mauvaise ambiance, mais tout de même : le problème était vissé, impossible à déloger ! Le soldat le plus puissant que l'Humanité ait pu mettre au monde et l'Espoir de la nation supposés travailler en groupe, en une cohésion parfaite : ils ne pouvaient plus se voir.
Non, pire encore, ils s'adoraient. Ils s'adoraient tellement qu'ils avaient finir par se haïr d'une certaine manière. Par peur de l'autre sans doute, peut-être par dégout de la relation précédente qui n'avait abouti à rien. Subsistait cette couche de faux-semblants qui, comme les minorités bruyantes, rendait l'apparence générale aux moins informés.
Mikasa attrapa Armin par le bras, soucieuse, et l'entraina à sa suite près des toilettes :
- « Il faut qu'on aide Eren. » Face à l'indifférence silencieuse de son ami, elle poursuivit : Tout cela… ce n'est pas normal. Je ne sais pas ce qu'il se passe entre l'autre nain et Eren mais ça le met dans un état qui-
- Il l'aime Mikasa, scanda le blondinet, direct.
- Quoi ? cracha-t-elle, très étonnée. Tsss, n'importe quoi, comme si Eren pouvait… » Armin croisa les bras en la regardant bien dans le blanc de l'œil, attendant qu'elle réfléchisse par elle-même à cette évidence. Elle continua : « Il ne peut… Il ne peut pas, hein ? Enfin, je veux dire, Eren n'est pas de ce bord là, il me l'aurait dit sinon !
- Ah oui ? Tu as déjà vu Eren beaucoup nous parler sur ce sujet là ? D'après toi il était forcément hétéro parce qu'il ne t'avait jamais témoigné aucune attirance envers quiconque et donc ça tombait sous le sens ?
- Non ! Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Je pense juste qu'il préfère les filles. Et surtout qu'il ne tomberait pas amoureux de ce nabot ! Eren ne… »
Soudain, son attitude étant enfant, leur éloignement, son refus catégorique à sa proposition de couple, les œillades incessantes qu'elles pensaient seulement dues à de l'admiration pure et dure : tout se confondit dans sa tête. C'était sous ses yeux depuis le début et son propre attachement lui avait carrément voilé la face. Mikasa devint livide :
- « Je pensais que c'était seulement…
- De l'admiration, compléta-t-il, je sais mais non, c'était clair comme de l'eau de roche.
- Mais comment peut-on tomber amoureux d'une personne en si peu de temps ?
- Ça c'est à Eren qu'il faut poser la question, souffla-t-il. »
Armin se rendit compte à quel point il était épuisé. Si doux dans ses paroles d'habitude, la perpétuelle tension qui régnait dans l'Escadron l'harassait à un point qu'il était obligé de rentrer dans le lard pour tout expliquer de but en blanc à Mikasa. Elle qui avait tant de sentiments envers Eren. Mais il savait au fond qu'en arborant un ton aussi sec, il aurait toute son attention. Il reprit, avec un peu plus de douceur : « Tu le connais, quand il apprécie quelque chose, il s'y donne à fond. Il s'y donne peut-être même un peu trop. Mais on ne peut pas lui retirer qu'il le fait bien. » Il s'interrompit à nouveau, et fit patte blanche auprès de son amie en prenant sa main : « Je suis de ton côté moi, tu sais. Je veux juste qu'il se sente mieux. Mais s'il y a une chose que j'ai saisi dans toute cette histoire, c'est que le seul qui puisse réellement y changer quelque chose : c'est Eren.
- Mais nous pourrions tout lui révéler sur sa vie, sur notre vie à Ektyos ! Je suis persuadée qu'il se sentirait bien plus heureux. Que si nous sommes aussi proches c'est qu'il y a une raison ! Qu'il se rende compte qu'il n'est pas comme tout le monde !
- Oh ça, je pense qu'il le sait déjà. Mais ça serait une très mauvaise idée. Sa dernière crise l'a mené à l'hôpital, peut-être que la prochaine le clouera là-bas pour de bon. On ne peut pas prendre ce risque. Il faut qu'il se souvienne par lui-même, sans aide extérieure explicite. En bref, il faut que son cerveau fasse le cheminement tout seul.
- Donc on ne peut vraiment rien faire, conclu-t-elle dépitée.
- Rien de rien. »
Il fini par lui prendre le visage entre ses deux mains pour la forcer à le toiser de toute sa hauteur. Un regard de frère bienveillant suffi pour la calmer de cette frustration. S'il y avait une chose plus douloureuse pour le cœur de la grande brune que de se faire rejeter par le garçon qu'elle aimait depuis toute petite, c'était bien de le voir souffrir et de ne rien pouvoir y faire. Le plus grand acte d'amour qu'elle aurait pu lui adresser se tournait finalement en un sentiment écrasant.
Elle tenait tant à lui qu'elle était prête à renoncer à l'aimer pour qu'il puisse s'épanouir comme elle aurait souhaiter l'être avec lui.
Armin la serra dans ses bras, concerné par la tristesse Mikasa. Il zieuta le coin du couloir et aperçu une silhouette qu'il reconnu immédiatement comme appartenant à celle de Jean. Il espérait qu'il n'avait entendu de la discussion que la fin et rompit l'étreinte en un sourire :
- « Je crois qu'une ombre te suis. »
La jeune femme se retourna promptement, déjà certaine de savoir qui était cette ombre et vit en effet le contour du corps de Jean au sol, éclairé par le soleil des grandes baies vitrées de l'open-space. Ils parlaient trop doucement pour qu'il n'entende que l'on conversait à son sujet et elle était restée trop longtemps à ses côtés pour ne pas le reconnaître.
Furieuse, elle s'écria dans un élan à sa poursuite :
- « Jean, tu sais ce qu'est une discussion privée ? Non mais sans rire, fous le camp, je t'ai dit que je ne voulais plus te voir ! »
Armin roula des yeux dans un gloussement. Le ton de sa meilleure amie ne sonnait pas aussi tonitruant qu'à l'habitude, et il savait que la solution au problème Eren dans le cœur de la brune ne pouvait se résoudre que grâce à Jean. Et même si elle ne se l'avouait pas, il savait aussi qu'elle avait saisit.
La main sur la bouche, adossé au muret des toilettes, Eren se laissa glisser incapable de rester debout.
Mikasa l'aimait ?
Mikasa son amie d'enfance, qu'il n'avait – d'après les dires des autres – jamais considéré autrement que comme son amie l'aimait lui ?
Ektyos ?
En quoi est-ce qu'il avait une quelconque relation avec le présupposé repaire du clan H ?
Levi ?
Le nabot, le nain… C'est bien de Levi dont ils parlaient ? Comment se faisait-il qu'ils semblaient être au courant de l'attirance d'Eren envers le caporal ? Et puis, si justement il hésitait tant sur ses sentiments, c'est parce qu'il le connaissait très peu alors pourquoi est-ce qu'ils semblaient dire qu'Eren savait bien plus de choses sur le brigadier ?
Pourquoi ! Pourquoi ! Pourquoi toujours toutes ces questions ?!
Eren se sentit suffoquer, sa gorge se nouait dans un nœud résolument serré. Et tandis qu'il pensait juste pris d'un subite chagrin de cœur, sa poitrine se craqua. Dans un instant de détresse respiratoire, il sorti précipitamment de sa cachette, la respiration hachurée et ne prenant même pas garde à ce que personne ne le remarque.
Il avait l'impression de mourir. Il avait peur de perdre la vie maintenant et que tout ce qu'il ressentait à l'égard des personnes qu'il aimait (que ça soit Levi mais également Armin, Mikasa et même – oserait il le dire – Jean). L'adolescent n'avait clairement pas envie de claquer sur le carrelage froid des locaux de sa faction.
Sa voix crépita dans sa gorge, comme un râle dissimulé. Sa peau devint très chaude et il se mit à suer à grosses gouttes.
Dans un ultime appel, il tenta un cri, mais rien ne sorti. Eren avait tellement besoin d'air, mais il ne parvenait pas à le trouver. Sa poitrine se contractait à chaque pulsation de manière si brutale que ça lui coupait le souffle qu'il n'avait pas. Finalement, il s'étala sur le sol son cerveau manquant définitivement d'oxygène.
Eren se retrouva à nouveau dans cette salle sombre.
Hanji lui avait rapidement expliqué qu'avant qu'il ne perde encore une fois la mémoire, qu'il avait eu une crise mais sans vraiment rentrer dans les détails du pourquoi et du comment. Mais à présent qu'il se trouvait dans cette grotte lugubre, il percuta et se souvint de ce rêve étrange qu'il avait fait.
À l'unique exception que cette fois-ci, il pouvait discerner certaines formes. Tous ses sens étaient en alerte. Il sentait que ce qui était entrain de se passer était important, très important et qu'il devait tout dire à Hanji lorsqu'il émergerait de ce songe.
Lui revint soudainement à la mémoire l'horripilante douleur qu'il avait ressentie lorsqu'il s'était tout à coup mis à traverser la matière pour arriver dans un monde qui ne ressemblait presque pas au sien.
Craignant cette angoissante et oppressante impression qu'il avait eu la dernière fois qu'il avait côtoyé ces murs, il se releva, posant les yeux sur ce qui s'apparentait être un mélange de beaucoup de meubles et d'objets qui dérivaient dans l'espace de cette immense et – visiblement sans fin – pièce. Il n'avait jamais rien vu de tel. Lui aussi flottait au grès d'un rythme volupté, et il ne semblait même pas y avoir de sol.
Brusquement, une silhouette se détacha d'une cassette en bois ancien, ainsi elle émergeait du vieux meuble. Une jolie jeune femme se précisa. Toute sa chevelure était regroupée en une couette basse qui retombait gentiment sur son épaule et son regard témoignait de toute l'affection du monde. Son foulard bleu ondulait le long de sa clavicule et elle tendit une douce main vers le visage d'Eren.
Immédiatement, le jeune homme la reconnu comme étant sa mère. Il voulut parler, lui demander son prénom, mais rien n'y faisait. Si dans cette salle il était arrivé à retrouver ses sens – comparé à la dernière fois – sa voix, elle, ne parvenait toujours pas à se faire entendre. Il voulait lui demander son prénom, persuadé de l'avoir sur le bout de langue, lui demander ce qu'elle faisait ici avec lui et pourquoi est-ce que dans le « vrai monde » il ne l'avait jamais vu, ni elle, ni son père.
Les lèvres de l'honorable dame s'étirèrent dans un sourire gracieux et elle expliqua :
- « C'est normal. Tout est normal Eren. »
« Normal ?! songea Eren. Rien n'est normal ! Je ne comprends rien ! »
Il hurlait ses pensées. Sa tête lui faisait mal, au même titre que son palpitant. Ses yeux durent crier son état d'âme puisque la femme continua, toujours la main glissant sur sa joue :
- « La vérité. Papa a essayé de nous empêcher de la propager, cracha-t-elle avec mépris, il y a longtemps. Mais tu t'es battu toute ta vie mon chéri, et viendra un jour où tu pourras enfin te battre à nouveau. Ce n'est pas un lavage de cerveau qui feras faillir Eren Jäger. Ne te laisse pas surprendre par tout cela. Mon chéri tu es si fort, si déterminé, si courageux… »
Eren se mit à pleurer, sans même savoir pourquoi. Sa mère lui manquait tellement. Comment se faisait-il qu'il n'avait jamais réfléchit au lieu où elle se trouvait ? Au fond de lui, il savait pourquoi, il connaissait la réponse. Il était entrain de vivre une expérience mentale. Il était plus lucide pendant ses crises que dans la vie de tout les jours et rien de tout cela n'était réel. Pourtant cette main, si douce, sur sa joue, le regard que sa mère lui rendait baigné lui aussi de larmes… Tout avait l'air si palpable.
Carla Jäger était morte, et seul le fantôme de son passé subsistait dans la mémoire d'Eren. Depuis combien de temps errait il sans qu'il ne s'en rende compte ? Il voulut le lui demander, mais celle-ci comprit à nouveau avant même qu'il ne formule un regard le signifiant :
- « Tu étais si petit. Je menais la révolution Eren, c'était important et tu devais être le prochain porteur du flambeau que j'allumais. Mais ton père n'était pas de cet avis il aimait la vie que nous menions, il ne voulait pas prendre de risque. Peut-être penses-tu, par peur de te perdre ? » Elle explosa de rire : « Ça, jamais de la vie il était la pire enflure que cette planète ait portée j'aurais voulu que tu le haïsses autant qu'il ne le mérite. Mais tu étais jeune, tu étais aveuglé, et tu le suivais dans tout ce qu'il disait. Non, ce sale type… il débutait un business de trafic de drogues qui fleurissait tant les autorités étaient mauvaises… Mais mon chéri, ce n'est peut-être pas ce que tu veux entendre. »
On entendit un bruit assourdissant, à la limite de l'infrason. Eren colla ses deux mains sur ses oreilles et sa mère en fit autant. La pression de sa douce paume lui manqua tout de suite et avec des yeux suppliants, il lui indiqua :
- « Ne me regarde pas avec cet air là, mon chéri. Je t'aime de toute mon âme, mais nous n'avons plus le temps. » Il voulait lui rugir qu'il la portait dans son cœur plus que n'importe qui dans le monde, qu'elle lui manquait, qu'il la voulait à ses côtés mais rien ne sortit. Compréhensive, mais blessée par ce bruit toujours plus dur, elle articula : « Sois heureux, tu le mérite plus que n'importe qui. Souviens-toi de Levi. Souviens-toi de ce… »
Une douleur atroce transperça Eren, comme un coup de tonnerre qui le foudroyait de l'intérieur. Et tandis qu'il convulsait dans le vide, il transperça une fois encore le sol et se retrouva dans un corps qui n'était pas le sien. Un enfant, très jeune, environ sept ans s'il en jugeait le regard qu'il portait sur l'horizon.
Il reconnut immédiatement la pergola sous laquelle il s'était réfugié du froid ambiant. Son corps agissait sans qu'il ne le commande. Il pouvait sentir, entendre, et même parler sans que l'automate dans lequel il était ne lui obéisse. Ce dernier n'en faisait littéralement qu'à sa tête. Eren n'était que l'humble spectateur de ce spectacle.
Personne à l'horizon qu'une rue sombre et un chat faisant sa toilette. Le corps dans lequel il n'était qu'un simple observateur se mit à crier, toujours sans qu'il n'en donne l'ordre :
- « Bon ! Vous vous magnez où vous attendez que je me frigorifie sur place ?! »
La voix qui sorti lui était extrêmement familière et elle ressemblait en beaucoup de points à la sienne, quelques octaves plus hautes peut-être. Eren se demanda quelques instants s'il n'était pas dans son propre corps d'enfant, mais ses pensées furent interrompues par la voix aiguë d'un petit garçon blond qui s'approchait :
- « C'est que, pantela-t-il, tu es, vraiment, rapide… Fuuuuuu… respira-t-il bruyamment.
- Il faudrait que l'on s'entraine chaque matin à courir, ajouta une brunette qui le talonnait, pas le moins du monde essoufflée. Armin tu es trop lent, je ne veux pas que ces grands te coursent encore comme ils l'ont fait la dernière fois ! Qui sait ce qu'il en adviendrait de toi si nous n'étions pas arrivés à temps ?
- Je sais Mikasa… Je te promets de faire des efforts, je ne veux pas être un poids pour vous… »
Tout ce qui se dit ensuite, Eren ne l'entendit pas. Il ne prêtait même pas attention à ce que son corps pouvait dire. Il revivait un souvenir de son enfance, avec Armin et Mikasa à ses côtés. Depuis quand n'avait-il pas eu de réel moment passé avec eux ? Entre ses entrainements intensifs, toutes les expériences médicales et le fait qu'il devait s'adapter aux heures d'Hanji, il ne les voyait plus. Et il se rendit compte à quel point ils lui manquaient terriblement.
Ce souvenir était important ! Il devait se concentrer pour pouvoir se rappeler de tout à son réveil !
- « C'est quoi ce que tu tiens dans ta main Eren ? l'interrogea Armin, dodelinant de la tête.
- Une photo du caporal Ackerman ! rétorqua le garçonnet tout fier en brandissant la photographie à moitié froissée pour qu'il puisse l'observer encore mieux. »
À l'intérieur, Eren rougissait de honte et d'incompréhension. Il connaissait déjà le caporal ?
- « Quoi ? Mais t'es pas fou ? s'affola le blond en chuchotant. C'est interdit ! Où est-ce que tu as eu un truc pareil ?
- Je l'ai chipé dans un magazine dans la décharge de la cité. Ils allaient le brûler tu te rends compte ? Une merveille pareille ! s'exclama-t-il en lovant sa joue contre la feuille.
- Eren, intervint la fillette, donne-moi ça.
- Non ! Pourquoi tu la veux ? Il est tout ce que je voudrais être… justifia-t-il. C'est tellement rare de pouvoir le voir, rien qu'en photo et le caporal Ackerman est si fabuleux que même à Ektyos il fait figure de légende, et tu voudrais me le retirer ? Il fallait te lever à six heures du matin, comme moi, et déjouer la vigilance des gardes en lançant des petits cailloux au péril de ta vie !
- Mais justement Eren ! le sermonna-t-elle. Ce n'est pas normal que tu prennes autant de risques pour une simple photographie !
- Mais ce n'est pas n'importe laquelle ! C'est celle de Levi Ackerman ! Regarde-le, regarde-moi cette silhouette, ce port de tête, ce regard !
- Si la police t'attrapait, tu finirais en prison Eren ! Donne-moi ça tout de suite que je la brûle !
- Jamais ! s'écria-t-il en riant. »
Eren prit ses jambes à son cou, faisant miroiter le papier glacé en guise de provocation. Il s'amusait de voir Mikasa lui courir après, et Armin qui tentait vainement de les rattraper. Le jeune enfant courrait, courrait, sans s'arrêter, regardant tendrement sa précieuse photographie.
À l'intérieur de ce corps en sueur, l'adolescent ne comprenait plus grand chose. Le simple fait qu'il soit fou de Levi depuis tant d'années le fit frissonner. Est-ce que c'était le destin qu'ils finissent par se rencontrer ?
Il fallait qu'il se concentre sur sa course, et surtout, pour quelle raison est-ce que son cerveau lui avait envoyé un souvenir pareil. Le fait que sa mère lui en parle juste avant avait-il un rapport ?
Soudainement, il se heurta à un homme qu'il ne connaissait que trop bien. Lorsqu'il rencontra ses prunelles, les deux Eren s'arrêtèrent de respirer au même moment. Leur même cœur se rétracta au même instant tandis que l'homme devant eux se mit à sourire :
- « Mon fils… »
- « On s'écarte !... Chargez ! »
Eren ressenti à nouveau une décharge dans tout son organisme et se réveilla brusquement. Il reprit son souffle comme s'il était en apnée depuis plusieurs minutes : la respiration irrégulière et le pouls erratique. Hanji fut la première personne qu'il vit. Elle était rouge écrevisse, et ses longues mèches de cheveux étaient collées à ses joues par la sueur. La jeune scientifique vérifia le rythme cardiaque de l'adolescent et tomba sur ses genoux : il était tiré d'affaire.
- « Putain de merde, c'était moins une, souffla-t-elle en s'essuyant sommairement le front. »
Au sol, et encore un peu groggy, Eren ne préféra pas se relever. Cependant il observa tous ces visages terrifiés qui lui faisaient face. Armin pleurait toutes les larmes de son corps tandis que Mikasa laisser libre court à une expression faciale perdue entre la terreur et la dépression. Évidemment, les autres membres du Bataillon s'inquiétaient comme Petra qui serrait fort la main d'Oluo contre son cœur, visiblement soulagée de voir le jeune homme presque sauvé. Jean faisait mine de se moquer de l'action mais il avait surveillé toute l'action en s'interdisant de se ronger les ongles de stress. Erwin aussi était là, supervisant la scène de loin, aussi rassuré que les autres de le voir vivant. Tout ce beau monde n'avait d'yeux que pour lui à l'instant.
- « Eren, mon garçon, comment est-ce que tu te sens ? lui demanda Hanji.
- Mmh, j'ai… ça va. Maintenant ça va, mieux, répondit-il la bouche collée par l'effort.
- Tant mieux… »
Elle-même semblait complétement vidée de ses forces, on aurait presque dit qu'elle en bavait plus qu'Eren à l'instant présent. Car s'il est vrai que durant ses crises, l'adolescent ressentait des douleurs tout juste humainement supportables (si bien qu'elles étaient compliquées pour lui à décrire) lorsqu'il se réveillait, il ne souffrait plus. Et ce à chaque fois.
- « Eren ! » brailla Mikasa, qui n'avait pas remarqué le réveil de son ami tant elle était en détresse. De par ce fait, Armin leva la tête à son tour et son regard embué de larmes crépita de milles flammes de joie. On aurait pu penser qu'il venait de voir le Christ faire son apparition devant ses yeux. Ils s'approchèrent de concert et parlèrent très vite et très fort toujours ensemble : « Mon dieu, Eren, j'ai eu si peur !
- Nous pensions réellement que tu allais y passer, emboita Armin. Nous ne-
- Je ne pouvais même pas m'imaginer vivre sans toi ! Tu te rends compte un peu ? Je-
- Tu nous aurais tellement manqué, nous nous en sommes tellement voulu ! On ne savait pas que - »
Mais les paroles s'emmêlaient dans le cerveau d'Eren et il peinait à comprendre le sens des phrases. Tout s'empira lorsque les autres s'y mirent aussi :
- « Vieux, ne nous fait plus jamais ça, fit Connie dans un timbre de voix qui passa inaperçu comparé aux cris des autres.
- Eren ! Tu es réveillé ! Comment tu te sens ?! s'exclama Sasha, poussant Connie.
- Du calme ! Du calme ! tonna Erd. Laissez-le respirer !
- Viens mon chaton, dit Hanji en tendant une main bienveillante vers le jeune homme encore bouleversé. »
Eren la suivit avec diligence et sans trop poser de questions. De toute façon, il n'avait pas le choix et il ne voulait contrarier la scientifique qui avait déjà bien fait preuve de patience à son égard.
En plein cheminement vers son laboratoire, endroit logique pour qui vient de faire une crise pareille, Hanji se ravisa et l'amena marcher dans les couloirs du rez-de-chaussée. Eren n'y comprenait goutte. Alors, il lui expliqua tout en long en large et en travers : cette femme qu'il pensait être sa mère, ses souvenirs d'enfant, sa soudaine prise de conscience sur beaucoup de choses qu'il avait oublié tels que Armin et Mikasa…
- « Tu as vu ton père et ta mère tu dis ? Mais… c'est incroyable ! C'est un pas de géant dans ta convalescence ! s'exprima Hanji en sautillant de joie. » Devant le silence incongru de son subordonné, elle poursuivit : « En fait, nous avions interdiction de te parler de ta mère et… autre chose…
- Autre chose ? »
Indirectement, il aurait préféré ne pas comprendre ce sous-entendu. Mais son cerveau, aussi fatigué soit-il, lui, avait saisi. Et finalement arriva l'épineuse question : devait-il tout révéler ? Son songe dans son intégrité ? Ou était-il préférable de mentir encore une fois ? En définitive : devait-il lui parler de l'importance de Levi comme l'avait souligné l'esprit de sa mère ?
Non, cette fois-ci, il ne referait pas la même erreur.
Ils entrèrent finalement dans le laboratoire avec le même prénom sur les lèvres :
- « Levi.
- Quoi Levi ? s'enquit Hanji. Est-ce que quelque chose t'est revenu ?
- Non. Enfin, si mais pas vraiment. Je l'ai d'abord découvert pendant mon songe : petit, je… Je l'adulais et collectionnais visiblement des photographies de lui alors que c'était interdit. Mais surtout… Levi c'est le prénom que m'a dit ma mère quand je l'ai vu. Elle m'a dit que… que Levi était important, qu'il résoudrait tout, qu'il était la solution.
- Putain je le savais, chuchota-t-elle, des paillettes de pleurs se centralisant vers sa caroncule lacrymale. »
Le sourire d'Hanji se précisa. Elle était ivre de joie, de savoir que bientôt ils se retrouveraient. La route aura été longue, périlleuse, mais ils allaient enfin y arriver. La persévérance dont ils avaient tous fait preuve serait bientôt récompensée. Oh, bien entendu, elle prenait en compte le fait que la fierté de Levi mêlée à tout cela engendrerait des complications (sinon ce n'était pas drôle, évidemment) : ils ne se remettraient sûrement pas ensemble en un clin d'œil, mais au moins il n'y aurait plus cette horrible, cette affreuse ambiance qui n'arrangeait rien à la situation pour laquelle le Bataillon se battait.
Elle prit Eren dans ses bras :
- « Levi tient beaucoup à toi, tu le sais n'est-ce pas ?
- Je ne crois pas qu'il pense une telle chose, mais…
- Ça lui écorcherai la langue de te le dire en face, compléta-t-elle, ou même de le penser très fort, mais cela me semblait important que tu le saches. Que quelqu'un te le dise en bonne et due forme. Et toi aussi tu tiens beaucoup à lui, hein ? »
Eren enfouit alors son nez dans l'épaule de son amie en guise de réponse à cette question qui n'était rien d'autre qu'une oratoire.
- « Un jour, Levi arrêtera d'être con. C'est promis.
- Un jour, j'arrêterai peut-être aussi.
- Oui, ça serait pas une mauvaise idée tiens, ri la scientifique. »
Après trente minutes à prendre les précautions nécessaires et à s'assurer une millième fois de plus qu'Eren était en bonne santé, Hanji le laissa sortir. À force de louper tous ses entrainements, le petit allait vraiment finir par être en retard sur leur programme. Mais compte tenu du fait que cette tête brûlée avait un programme particulier, il pouvait s'accorder un peu de repos avant de repartir à l'action.
C'est ainsi qu'Eren fini par se retrouver dans un endroit qu'il n'avait pas vu depuis – lui semblait-il – des lustres : son petit coin de paradis. Ce lieu caché en plein milieu des locaux, rempli de verdure idéal pour se ressourcer sans devoir partir très loin.
S'il avait eu l'autorisation de souffler une minute ou deux avant de repartir vers le gymnase d'entrainement, Eren avait cependant interdiction de recevoir la visite de ses amis.
L'adolescent respirait. De grandes inspirations pour de courtes expirations dans ce qui semblait être un havre de paix, isolé de toute guerre. Et ce n'est qu'à cet instant précis qu'il se rendit compte qu'à son réveil, il n'avait pas vu ce visage qu'il désirait voir plus que celui de quiconque se pencher vers lui pour vérifier son état.
Levi n'était pas venu.
Il entendait les cris d'Hanji appeler pour un défibrillateur, il percevait les pas pressés et agacés de chaque membre de l'Escouade qui s'activait pour trouver les ustensiles, les cotons, le désinfectant il observait de son écran de service Erwin qui bipait chaque personne pour les prévenir de ce qui était entrain de se passer absolument tout le monde : personne ne passait outre. Par contre, il savait très bien que personne n'ignorait ce message comme lui le faisait. Levi ne bougeait pas de son bureau, coincé entre une paralysie et un dégoût de lui même. Il ne sillait pas, ne tremblait point : mais il restait assis, bien derrière sa table.
Dans un sens, ce qu'il faisait n'était pas égoïste – tout du moins, c'est ce qu'il préférait se dire – Eren avait bien assez d'aide à sa disposition. Il savait également que le gamin ne mourrait pas aujourd'hui et que s'il était dans ce couloir avec la quarantaine de personnes qui était présente près de lui, cela ne changerait pas la donne : il gênerait plus qu'autre chose.
Dans l'autre, c'était d'un égoïsme pur, et il s'en voulait. Il se disait que s'il n'arrivait que maintenant, on le lui reprocherait. Qu'on argumenterait sur le fait que Levi n'était qu'un salopard imbu de lui-même, incapable de venir aider sur-le-champ le garçon auquel il tient le plus sur Terre (enfin par « on » il entendait « Hanji » car personne d'autre n'oserait le lui dire en face). Mais s'il ne se levait pas instantanément, ces rumeurs qu'il sortait tout droit de sa tête redoubleraient, et plus le temps avançait, moins il trouvait la force de se lever.
« Le meilleur soldat que l'Humanité ait connu, hein » se répétait-il intérieurement. Au fond, il ne valait rien. Et s'il faisait mine d'en avoir quelque chose à foutre de ce qu'il pourrait se dire lorsqu'il arriverait là-bas – s'il finissait par le faire – en vérité, il s'en moquait plus que tout. Pour lui ne comptait que l'avis de celui qui était au sol, inconscient, gisant.
Parler au conditionnel ne faisait pas partie de son vocabulaire, et il n'avait jamais autant utilisé les « si » qu'à ce moment. Réfléchir autant avant d'agir signifiait qu'il ne bougerait pas, il le savait. Car il n'avait pas pour habitude de faire comme suit.
Eren était entrain de faire une crise majeure, lorsqu'il se réveillerait il l'aurait sans doute encore oublié. Lui et tout le reste du monde.
À quoi est-ce que cela servait ? Pourquoi est-ce qu'il se battait encore ? La réponse était toute simple : même s'il voulait abandonner, il n'y arrivait pas. Son âme toute entière était encline à tout plaquer, mais son cœur refusait.
Levi était là, mettant de nouveau un des plus importants principes de côté – celui de venir en aide aux autres – à cause d'Eren. Encore une fois il faisait cette erreur. Mais c'était mieux pour lui, il devait se tenir loin de lui, l'épier de loin pour faire son travail et s'assurer qu'il ne meure pas : et en l'occurrence, il le savait entre de bonnes mains.
Un peu plus tard (il ne lisait même plus l'horloge pour quantifier le temps qu'il avait passé à remplir de la paperasse inutile), il s'accorda une pause. Tout son crâne était en surchauffe, c'était insupportable.
Où était Eren ? Il – croyait – s'en moquer, mais il valait mieux ne pas croiser son regard tout de suite. Levi vérifia les écrans de contrôle qu'il avait à sa disposition dans son bureau en tant que supérieur et remarqua que le jeune homme était en compagnie d'Hanji dans son laboratoire. Jusqu'ici rien de bien anormal, il était d'ailleurs positif qu'ils soient dans la même pièce : cela lui ôtait deux épines du pied en un seul coup.
Il choisi de se rafraichir les idées en continuant son travail pour la mission près de ce trou de verdure en plein milieu du bâtiment. Ainsi, il aurait la vue sur ce splendide endroit, sans pour autant recouvrir ses Rangers de terre.
L'architecte du bâtiment avait donc prévu des salles de travail communes pour tous près de ce jardin, mais elles étaient très peu fréquentées en raison du fait que depuis, chaque personnel avait son propre office. Elles finissaient donc par être inutiles (bien que très utiles pour Levi à ce moment précis).
Ainsi, il installa la petite centaine de papiers tous plus importants les uns que les autres sur sa table, rangés comme il faut. Et après avoir mis de côté le fait que cette pièce était bien trop poussiéreuse pour qui désirait véritablement travailler – « Pas étonnant que personne ne vienne poser son cul dans cette salle miteuse » se disait-il à voix basse – il arbora une mine très concentrée et jeta un coup d'œil au jardin qui lui faisait face à travers la grande fenêtre tout en ouvrant cette dernière. Il n'y avait pas un chat, les branches des quelques arbres ployaient sous la brise tandis que le petit bassin frémissait de nénuphars.
Il ne parvenait pas à être efficace dans son travail. Son esprit était ailleurs, une partie de lui était restée là-haut, près des écrans de télésurveillance, à faire vérifier si son protégé était encore en vie.
Mêlant le mirage et la réalité et alors qu'il rêvassait comme cela ne lui arrivait jamais, ses prunelles rencontrèrent le visage de celui pour lequel il s'inquiétait plus que tout. Levi ne saisit point si son esprit s'amusait seulement à lui jouer des tours, ou si Eren était bel et bien devant lui.
Il avait une mine radieuse – bien meilleure que toute à l'heure en tout cas – on aurait presque pu penser qu'il ne lui était rien arrivé. Il souriait, et Levi se fit la réflexion qu'il devait avoir de nouveau tout oublié, et que donc son insouciance enfantine avait pris le dessus. Il se senti encore plus amer, cette simple constatation le faisait frissonner de colère et de mépris envers Eren mais surtout envers son père, qui était la cause de cette suppression de mémoire.
N'empêche que cela lui faisait du bien de le voir sourire un peu. Ça lui allait si bien d'être heureux. Et cette vision permit à Levi de se calmer un peu, et il reposa le nez dans ses papiers apaisé. Si Eren était en vie – qu'il ait encore tout perdu ou non – peu importait, il était là, juste à côté de lui. C'était le principal.
Après une dizaine de minutes – bien rentabilisées par rapport aux quinze précédentes – Levi fit couler un regard à travers sa longue rangée de cils afin de s'assurer que l'oiseau qu'il toisait ne s'était pas envolé.
Et il était en effet toujours présent. À un détail important près : son sourire s'était fané. Que s'était-il passé pour qu'il ait à ce point déchanté ? Avait-il eu une mauvaise nouvelle ? Levi n'avait pas regardé, plongé dans son travail et avec la certitude que rien ne pouvait arriver puisqu'il était juste à côté de lui. Peut-être se faisait-il juste des idées. Après tout, les pensées d'Eren fusaient à une vitesse – sa mémoire intacte ou pas d'ailleurs – alors il pouvait s'attendre à la fois à tout et à rien.
- « Eren, enfin te voilà !
- Chuuuuut, Mikasa, tu vas nous faire repérer ! »
En un éclair, Mikasa et Armin débarquèrent. La brune avait couru très vite et embarqué sa cible dans un coin du jardin plus extirpé mais toujours dans le champ de vision du brigadier tandis qu'Armin assuraient leur arrière en jetant des coups d'œil derrière ses épaules toutes les secondes.
Le blondinet croisa soudain les iris de son supérieur. Apparemment, il était le seul à l'avoir remarqué. L'orage rencontra l'océan, aucun d'eux ne fut surpris. Armin en fut presque soulagé à dire vrai, et il rejoignit Mikasa en trottinant faisant comme si de rien n'était avec plus d'un stratagème derrière la tête.
- « Tu ne te souviens probablement pas de nous, mais nous avons eu tellement-
- Ne pas me souvenir de vous, la coupa Eren, mais évidemment que je me souviens de vous. Mikasa, Armin… » Ce fut l'accolade la plus salvatrice qu'Eren eut à ce jour. Il se sentait si seul sans ses amis, comment avait-il pu seulement les oublier ? Il reprit : « Je m'excuse de vous avoir fait du tord et… Mikasa, est-ce que tu pleures ?!
- Mais non, j'pleure pas, se défendit-elle en s'essuyant le coin de l'œil, je suis juste si heureuse que… » Et elle fondit en larmes de plus belle. Elle se moquait bien de savoir si Eren se souvenait de sa déclaration, il savait qui elle était : et c'était tout ce dont elle avait besoin. Le nez plein, la brune continua : « Tu te souviens de beaucoup de choses ?
- Notre enfance à Ektyos, un bon bout m'est revenu pendant la crise, et plus le temps passe plus les souvenirs se précisent et apparaissent. Ça ne devrait être qu'une question de temps avant que tout ne me revienne. »
Armin ne savait même plus quoi dire. L'euphorie générale gagna en ampleur lorsqu'il le souleva de toute ses forces :
- « Ehhhhh Armin repose-moi ! Mais tu es devenu super fort ! fit-il l'observation en remarquant que son maigrelet d'ami supportait son poids. Qu'est-ce que vous avez fait d'Armin ?
- La joie donne des ailes, s'expliqua-t-il en le posant à terre. Je suis vraiment ravi que tu te souviennes de nous, j'étais persuadé qu'un jour ou l'autre, tu finirais par te souvenir de tout. Est-ce que… » Il se racla la gorge et parla un peu plus fort : « Est-ce que tu t'es rappelé d'autres choses ?
- Ma mère m'est apparue et… mon père aussi. »
Les deux amis restèrent interdits, perdus entre la joie de ce souvenir et le deuil que devait porter à présent Eren et dont il n'avait pas eu conscience depuis lors.
- « Ça va, je… » Il essaya de mieux formuler ses pensées qui se mélangeaient à nouveau : « On pourra en parler plus tard, vous… »
Sans plus ample cérémonie, le petit auditoire acquiesça, comprenant que converser de ce sujet délicat devait se faire en d'autres circonstances, et qu'Eren préférait largement savourer l'instant présent avec eux. Armin avala sa salive, et dévia la discussion :
- « Est-ce que quelque chose d'autre t'es venu à l'esprit ? Un souvenir d'une autre personne comme ta dernière crise, ou peut-être une bribe de ta vie passée ?
- Et bien… oui, mais il va me falloir beaucoup de courage pour vous le dire et vous allez trouver ça bizarre et-
- Dis toujours, tu sais bien que tu peux nous faire confiance, souri Mikasa. »
Eren respira un grand coup.
Peut-être avaient-ils déjà été mis au courant, comme Hanji l'avait été ? Peut-être que son lui d'avant la crise leur avait expliqué ?
Cela étant dit, ses deux meilleurs amis méritaient de connaître ses sentiments envers Levi qu'ils le sachent déjà ou non. Ils comprendraient qu'il avait bien conscience de ce qu'il ressentait et il pourrait – qui sait ? – en tirer quelque chose de bon. Il était inévitable que tout cela finirait par empirer avec les jours et qu'il ne parviendrait plus à tout garder pour lui. Alors autant qu'il se confie dès à présent, et ce, même si l'un de ses interlocuteurs s'avérait avoir eu une affection toute particulière pour lui. Elle comprendrait, il en était persuadé. Celui que l'on prénommait l'Espoir de l'humanité ferma bien vite les yeux en serrant les poings, et lâcha la bombe à retardement logée dans son cœur :
- « Je crois bien que je suis amoureux du caporal Levi. »
Les deux amis se regardèrent et esquissèrent un sourire mal dissimulé au même moment. Eren s'étonna du peu de réaction que sa révélation provoqua. Il se pensait incapable de dire ne serait-ce qu'un seul mot après une telle confidence et pourtant :
- « Quoi ? Vous le saviez ? »
Cette fois-ci, Armin ri un bon coup dévoilant toute ses dents. Mikasa quant à elle ne parvenait pas vraiment à rire. Tout cela était trop frais dans sa mémoire et la cicatrice trop jeune elle lui adressa cependant un sincère sourire, accompagnant d'une certaine manière son jeune ami dans son hilarité.
- « Évidemment que nous le savions Eren, riait encore Armin.
- Comment ça ? balbutia-t-il.
- Je pense que c'est trop important pour toi et que tu devrais t'en rappeler par toi-même. Nous en savions trop peu pour te révéler quoi que ce soit et… ça serait bête de te créer de faux souvenirs. »
Eren n'osait plus regarder autre chose que ses pieds. Il comprenait que ses amis ne lui touchent rien de plus que cette affirmation et qu'il fallait qu'il se rappelle par lui même mais tout cela était si frustrant !
S'était-il passé quelque chose entre lui et le brigadier ? Non, il ne pouvait même pas se le figurer dans ses rêves les plus fous. En tout cas, il acceptait d'attendre un temps indéterminé pour connaître la vérité. Tout précipiter dans sa mémoire pourrait causer des dommages collatéraux qu'il ne saurait gérer et il était déjà si heureux d'avoir eu souvenir d'une partie de son enfance et une autre de son présent qu'il préférait laisser le temps à son cerveau d'accommoder les nouveaux savoirs.
- « Tout va bientôt s'arranger, réussi à sortir la grande brune malgré son sourire figé.
- Mikasa a raison Eren, embraya le blondinet. Peut-être même te viendront des souvenirs de l'émetteur que tu sauras nous décrire et qui arrangeront le tout ! Je te le dis, c'est le début d'une nouvelle ère pour le Bataillon Ailé ! »
Ils brandirent leur poing avant de se rappeler une nouvelle fois à quel point ils s'aiment tous.
De l'autre côté du jardin, Levi avait vu absolument toute la scène. Entendu tous les mots. Déchiffré tous les sourires. Il n'en avait pas loupé une miette.
Il aurait dû rassembler toutes ses affaires avant, lorsqu'il avait croisé le regard lapis-lazuli de cet enfoiré de morveux. Il aurait été préférable qu'il ne sache pas ce que pense Eren. Et même s'il croyait savoir ce qui se cachait dans le cœur de son subordonné, l'entendre le dire était une toute autre chose.
Ni une ni deux, il sorti en trombe de la petite salle talonnant le carrelé.
Est-ce qu'il devait avoir peur ?
Ça il n'en savait rien.
Ses sourcils se rejoignant et sa bouche déformée dans une moue énervée témoignaient de tout l'agacement du monde. Et il était hors de question que cette foutue mascarade qu'il évitait depuis leur rupture recommence. Il avait bien trop lutté pour cela.
Et pourtant son cœur qui tambourinait de joie, pulsant son allégresse dans chaque veine témoignait d'un sentiment de tout autre ordre : bordel, qu'il était heureux de savoir que son gamin l'aimait.
Je dois vous avouer que lorsque j'ai écris cette fin de chapitre, j'avais un sourire figé mais en mode débile. Ah, tant pis que voulez-vous, il m'en faut peu pour être heureuse !
Alors ! Je suis toute curieuse d'avoir votre avis sur ce chapitre ! Il est plein de question, pleins d'incertitudes et c'est pourquoi je l'ai nommé ainsi. On avance à pas de loup et puis BOUM ! J'ai tellement hâte d'écrire leur réconciliation, c'est un des rares truc que j'ai déjà mis au brouillon haha !
ALORS, LA FAMEUSE QUESTION DONT JE VOUS PARLAIS AU DÉBUT DE CE CHAPITRE :
J'ai tapé un OS il y a plusieurs mois qui correspond au temps où Levi et Eren étaient dans le même appart et qu'ils ne pouvaient pas se blairer (c'est à dire le détail de l'ellipse de l'entre chapitre 2 et 3 que je vous invite à relire si le coeur vous en dit). Je pense que je vais le caser dans un très long flash-back, qui sera donc un chapitre assez long. Qu'en pensez-vous ? Est-ce une bonne idée ?
Donc est-ce que je :
Solution 1 : case cette période de temps dans un one-shot comme c'était prévu à la base quitte à ce que certaines personnes ne puisse pas le lire ?
Ou Solution 2 : case cette période de temps dans un flash-back dans un prochain chapitre sachant que vous n'avez jamais lu ce que j'ai écris, mais c'est juste un retour en arrière ?
Je vous laisse le choix (même si j'ai déjà ma petite idée de ce que je vais faire c'est important pour moi de savoir ce que vous préférer). Les deux me plaisent bien, mais j'ai besoin d'aide !
Surtout que mon histoire prend déjà tout son temps, alors peut être que ce n'est pas une bonne idée d'encore ralentir le tout ? Bref bref !
Voilà voilà ! Merci beaucoup d'être arrivé jusqu'ici ! Il est temps pour moi de vous laissez !
Merci merci et encore merci aux reviews, aux favs et follow (je vous vois tous). Et même si mes stats ont énormément baissé pendant les vacances (je suppose que c'est normal ? je n'en sais rien c'est le premier été de ma fic) j'ose espérer avoir quelques retours !
D'énormes bisous, et à bientôt mes poulets !
