Bonjour/bonsoir à tous !
J'ai l'impression que ça fait une éternité que je n'ai pas écrit. *spoiler alert : c'est vraiment le cas, ça fait plus d'un mois et demi, je suis vraiment lente*
En tout cas, je suis très contente de vous retrouver pour ce petit (un peu grand quand même) chapitre.
Je trouve que je patauge et me perd un peu dans l'histoire ; et déjà que mes parutions se font de plus en plus longues (cette année va être encore pire que la précédente puisque je suis en Terminale et que mon emploi du temps est juste improbable tant il compte d'heures) j'ai décidé d'arrêter de me voiler la face : donc indication sur le prochain chapitre après celui-ci ;) *oui, oui je vous tease sans aucune honte*
AU FAIT !
SIDE TO SIDE A 1 AN
SABREZ LE CHAMPAGNE !
Non, en vrai je suis trop contente parce que cette fanfiction et les quelques personnes qui m'accompagne dans la lecture m'ont tellement apporté dans ma vie. Alors même si c'est pas grand chose venant de moi, une auteure que vous ne connaissez même pas, je vous remercie du fond de mon coeur pour avoir tenu le coup et pour m'accompagner depuis tout ce temps. Et même si vous n'êtes là que depuis hier, ou que je ne vous connais pas encore en écrivant cela : je vous aime fort.
Les réponses aux Guests et autres reviews :
Guest (s'appelant Noé d'après ce que j'ai compris ;)) : Salut toi ! Il me semble que je ne t'ai jamais vu dans l'espace review, je suis très contente de t'accueillir ici :) Merci beaucoup pour tes gentils compliments, ils me vont droit au coeur et, merci d'avoir pris la peine de me donner une aussi belle et grande explication sur ma question du chapitre précédent ! Je vais suivre ta directive, comme je l'ai dit précédemment, mon histoire traine trop en longueur donc je pense faire un OS ou un flash back mais plus tard dans l'histoire : nous verrons bien. En tout cas il n'est pas prévu pour l'instant ! C'est juste génial que tu bosses dans le cinéma, et ne t'excuse pas pour la longueur de ton message, il me fait d'autant plus plaisir qu'il ne vient d'un nouveau lecteur ! J'espère pouvoir te recompter parmi mes reviews prochaine et te remercie d'avoir attendu si longtemps ! Profite bien de ce chapitre si tu es toujours présent haha !
La bte : Hahaha ! Think straight girl, he's fucking alive :') Ca va pas ou quoi, comme si je pouvais réellement faire mourir mon personnage préféré ! (oui parce qu'Eren est vraiment mon fav et de loin - même si je dois dire que Levi le talonne - et toi, qui est ton petit personnage préféré dans SNK ?) Merci d'avoir lu jusqu'à la fin pour me répondre ! Je ne sais pas encore ce que je vais faire mais puisque je traine un peu, je vais : soit le reporter, soit faire un OS : je verrai ! Mais merci de m'avoir donné ton avis jeune bte ! Toutes tes reviews me touchent toujours, t'es tellement chou ! Mais enfin, c'est tellement normal pour moi de répondre à chaque message ! Si je ne le faisais pas, quelle horrible auteure serais-je ? Enormes bisous :)
Neko : Tu m'as bien fait rire ! C'est l'attention qui compte de toute façon et ça prouve bien que tu tiens à ce que je sache que tu sois encore là ; et ça me touche beaucoup :) Merci ! Voici la suite, comme prévue (avec tant de retard, je m'excuse). Gros bisous !
Bon chapitre à tous, et on se revoit en bas !
Pour la toute première fois depuis bien longtemps, tout se portait à merveille.
Eren était ravi, et une certaine aura de tranquillité flottait tout autour de lui. Hanji ne pouvait que l'accompagner dans son allégresse compte tenu du rapport très encouragent qui était ressorti de sa dernière crise. En effet, contrairement à la dernière fois, il n'avait non pas perdu, mais gagné des souvenirs. Ils étaient là, depuis le début perdus, à errer sans but précis et finalement avaient trouvé le chemin de la rédemption dans le cortex prévu à cet effet. Et pour couronner le tout, Levi avait l'air… comment expliquer cela concrètement ?
Dire que le brigadier était heureux aurait été peut-être un peu exagéré (les rares fois où l'on l'avait vu le sourire aux lèvres, ça n'avait été que très rarement bon signe), mais il était… apaisé : oui, voilà le mot. Il respirait plus calmement et n'avait pas cette curieuse expression imprimée sur la rétine celle de vouloir assassiner chaque d'être vivant qui lui barrerait la route.
Dans un climat aussi conflictuel que le politique de Shiganshina, avoir une bonne ambiance au seins de ses troupes était primordial. Et enfin, oui : enfin, ils allaient pouvoir travailler tranquillement.
Mon dieu, même Erwin avait une expression peu propre à sa personne ! La mâchoire détendue et le front lisse (contrairement aux vaguelettes - simples ridules - qu'engendraient ses interrogations habituelles), il parcourait les couloirs des locaux l'allure calme.
Pourtant, le jour auparavant, Eren avait fait une autre de ses crises dont il avait le secret et avait manqué de perdre la vie dans un arrêt cardiaque aussi momentané qu'impromptu. Et bien qu'ils s'y attendaient irrémédiablement, le refus de la fouille des quartiers riches avait miné tout le Bataillon.
Malgré ces aléas, chaque élément coïncidait. Les électrons libres s'étaient ralliés au noyau et les membres carburaient tous à la même énergie : ils étaient si désespérés jadis qu'ils avaient tous profité de cette accalmie (due notamment à la partielle réconciliation silencieuse d'Eren et Levi) pour travailler d'arrache-pied. La mission avançait à grands pas : l'on prévoyait déjà les préparatifs pour l'intervention, Hanji s'attelait à comprendre mieux les crises du jeune adulte pour pouvoir les prédire et les contrôler et toutes les recrues bénéficiaient des entrainements nécessaires à leur futur combat.
L'été passa, et l'automne arriva sans qu'une goutte de pluie n'atteigne le sol de Shiganshina et ses environs. Le ciel avait dû cracher toute sa rage lors de la tempête. En temps normal, les jeunes recrues auraient dû terminer leurs vacances et intégrer les factions à disposition. Mais pas cette année. Ils étaient déjà pour la plupart, de véritables machines à tuer, obéissant au doigt et à l'œil à leurs supérieurs.
Cette ambiance relativement paisible avait perduré également. Qui l'eut cru ? Eren et Levi ne se parlaient que lorsque leur profession le leur demandait mais cela leur importait peu. Eren savourait avec une joie coupable les courts instants où il pouvait observer sans vergogne la silhouette effilée de son caporal combattant le mannequin de mousse de la salle d'entrainement. Il était si rare qu'il participe à l'un d'eux comme les autres recrues, compte tenu du fait qu'Hanji le réquisitionnait presque chaque minute de chaque sainte journée pour encore et encore l'étudier, qu'il en profitait dès que l'occasion pouvait se présenter.
Le mois de septembre et ses feuilles tombantes pointait le bout de son nez, conservant toujours cette chaleur accablante. En une fin d'été, ils avaient plus avancé dans cette mission que dans n'importe laquelle. Une seule ombre persistait sur le tableau : les crises d'Eren.
Elles demeuraient mystérieuses, imprévisibles et surtout dangereuses. Fort heureusement pour la cohésion du groupe et pour lui, Eren n'en avait été victime d'aucune pendant cette période. Mais Hanji s'arrachait les cheveux de ne rien savoir, et d'avancer si peu.
Il était dix heures du matin. Petra et Erd entrainaient une énième journée les recrues de la nouvelle promotion ainsi que celle de la précédente. Ils avaient tous beaucoup progressé.
Armin et Eren (qui par miracle avait réussi à se glisser parmi la petite masse de recrues pour échapper à la prise de tension matinale d'Hanji) observaient avec attention Mikasa qui se battait sur le tatami. Face à elle : Mina, une jeune demoiselle au visage particulièrement amical. La pauvre ne faisait résolument pas le poids face à une tornade comme Mikasa. Et il ne fallut pas bien longtemps avant qu'elle ne soit maitrisée sur le sol, visage contre terre.
- « C'est vraiment injuste, murmurait Sasha à Connie, non loin. Ils ne devraient pas tirer au sort les adversaires. Ça m'arrache la langue de le dire, mais une fille comme Mina ne rentre absolument pas dans la même catégorie que Mikasa… C'est idiot, le combat n'a même pas duré plus d'une minute. Heureusement qu'elle se débrouille niveau défense parce que sinon je ne te raconte même pas… »
Petra tira au sort un nouveau couple de combattants tandis que Mina écoutait avec diligence les conseils avisés d'Erd pour améliorer sa technique.
- « C'est pas faux, mais tu avoueras quand même que Mikasa est plutôt classe quand elle se bat, la taquina-t-il.
- Ahh, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit toi ! le disputa-t-elle. »
Armin et Eren s'esclaffèrent dans leur coin, ayant laissé trainer une oreille dans la conversation qui ne leur était manifestement pas destinée. Il était vrai que leur amie d'enfance avait la force d'un buffle et l'agilité d'un guépard lui attribuant des aptitudes au corps à corps assez injuste. Elle battait à plates coutures la majorité de ses opposants. Les seuls qui lui résistaient encore étaient Annie (qu'elle avait affronté pendant ses années d'internat) et Levi (qui lui s'y était donné à cœur joie un après-midi, confrontant les deux forces Ackerman).
Alors qu'Eren se remémorait avec exactitude le tambourinement sourd de son cœur lorsqu'il avait pu assister à cet affrontement de titans, l'objet de ses pensées poussa les portes du gymnase.
Il manqua d'ailleurs de s'étouffer en avalant sa salive, lui conférant une tête de parfait imbécile.
Levi ne débarquait jamais en plein milieu d'un exercice sans s'être préalablement annoncé que pour annoncer des nouvelles peu réjouissantes. Ainsi tous s'enquirent de ce qu'il avait à leur dire Petra et Erd n'en déparant pas le lot.
Il se prononça finalement en montant sur la petite estrade au côté de ses paires :
- « Bon. C'est la merde. Et de plus en plus. On savait déjà que cette mission était à la limite du suicide collectif mais les nouveaux renforcements établis par les FOR rendent l'infiltration dans les quartiers bourgeois encore plus difficiles. »
Eren était fasciné par le charisme qui pouvait émaner de Levi. C'était impressionnant à quel point qu'il n'écoutait pas plus que cela ce qu'il pouvait raconter, profitant juste du timbre rassurant de sa voix masculine vibrant contre ses tympans. Armin le ramena à lui-même d'un coup de coude discret :
- « Eren, chuchota-t-il, il faut que tu écoutes. Ce n'est pas vraiment le moment de laisser ton esprit vagabonder…
- Je sais, mais je ne peux pas m'en empêcher, tu as vu comme-
- Arlert, Jäger, gronda-t-il. Ça va, on ne vous dérange pas ? Vous avez quelque chose à ajouter peut-être ? »
Eren eut un frisson qui remonta tout le long de son dos jusqu'aux tréfonds de sa nuque. Levi s'était interrompu dans son discours à cause de lui. Connaissant un peu son caporal depuis le temps, il savait qu'il était superflu de s'excuser. Ils se contentèrent de baisser la tête :
- « Je disais donc, reprit-il passablement énervé, nous rentrerons dans les quartiers en embuscade. Mais tout ceci sera réexpliqué, ne commencez pas à paniquer.
Beaucoup des soldats avaient tout de même une mine résolument déconcertée. Ils n'étaient plus vraiment certains de vouloir être blessé, voire davantage, pour leur pays. Ou tout du moins, ils se permettaient d'émettre ne serait-ce qu'un léger doute sur l'instant.
Mais une petite minorité avait un regard inchangé sur la situation. Dès lors qu'ils avaient rempli la fiche qui leur annonçait qu'ils s'enrôlaient dans les rangs du major Smith, ils en connaissaient amplement les tenants et aboutissants. C'était le cas de Mikasa, d'Armin, de Reiner et finalement d'Eren. Ils ne bougeaient pas, et acquiesçaient avec diligence et discrétion aux affirmations macabres du caporal.
Levi le remarqua. Il entra dans une certaine bataille de regard avec ces derniers, voulant observer s'allumer la flamme qui dansait dans les yeux des plus motivés. Comme prévu, les pupilles d'Eren flamboyaient encore d'avantage que celle de ses amis. Mais peut-être n'était-ce que le regard de Levi qui se trouvait légèrement corrompu par leur relation. Il maintint le contact, attendant que le subordonné baisse les yeux de lui-même mais Eren ne semblait pas profiler vouloir une telle chose.
Au contraire, il en profitait. Le velouté de son regard céruléen encadrait avec perfection le cœur du brigadier. Ce n'était pas normal qu'après autant de temps, il soit encore autant réceptif aux œillades impertinentes de ce satané morveux. Et il était hors de question qu'il détourne la tête : il perdrait et sa fierté à laquelle il tenait tant, et la face.
Alors s'engagea un combat perdu d'avance pour le plus jeune. Car, si Levi pouvait se trouver un peu perturbé par l'insolence des iris, le charme de cette fossette au coin des lèvres de son protégé et son enveloppe corporelle en général Eren s'en retrouvait complètement retourné. Il se sentait caressé par le simple fait que l'objet de toutes ses pensées pouvait le regarder.
Parce que Levi ne l'observait pas.
Il ne le surveillait pas du coin de l'œil non plus, ça non.
Il le regardait.
Il le regardait lui et pas un autre.
Non. Lui : Eren Jäger.
Et personne d'autre.
Cette simple constatation faisait pousser des ailes à l'adolescent. Il se disait qu'une opportunité pareille n'aurait lieu que dans plusieurs lunes et qu'il voyait déjà assez peu Levi pour qu'il ait légitimement le droit de le mater sans vergogne lorsqu'il en avait l'occasion. Surtout que Levi était seul responsable – enfin c'était ce qu'Eren se disait pour éviter de culpabiliser tandis qu'il choyait d'un battement de cil son visage – puisqu'il avait commencé cette lutte.
C'était incroyable. Une sensation presque indescriptible tant elle était puissante. Levi n'était pas beau : non. Il était magnifique, charmant, et avec des traits expressifs tellement différents de tous les autres qu'il pouvait croiser dans la rue c'en était obscène. Il l'avait souvent imaginé dans des situations, dans des positions, dans des lieux qu'Eren n'oserait même pas citer à voix haute. Et si Mikasa s'accordait à affirmer que l'attirance qu'Eren portait pour le brigadier n'était que de l'ordre du fantasme Armin comprenait que c'était bien plus que cela.
Oui, il était certain que Levi avait un charme magnétique à l'image de ses pupilles grisées et grisantes mais Eren ne le regardait pas seulement avec envie. Il appréciait son caractère, sa façon d'être : et devait-il l'avouer, le moindre de ses faits et gestes.
Eren était aveuglé. Aussi bien physiquement que mentalement. Il craignait pour la santé de sa rétine. Un tel duel, un contact aussi prolongé à regarder son caporal pouvait peut-être l'endommager à vie comme scruter le soleil trop longtemps et finir par ne plus pouvoir apercevoir qu'une infime partie de son champ de vision habituel.
Enfermés dans leur cocon d'appréciation mutuelle inavouable, Eren comme Levi – ce qui, pour ce dernier était particulièrement inhabituel - n'avaient pas remarqué le silence toujours plus long qui régnait dans la grande salle depuis deux bonnes minutes. Petra fini par briser le silence entretenu par Levi pour éviter un quelconque malaise déjà omniprésent :
- « Bon, vous avez entendu le caporal. Nous n'avons donc pas de temps à perdre on repart sur les combats. Sasha et Connie, il me semble que vous aviez été tiré au sort ! les appela-t-elle un peu autoritaire.
- Ah ! Heu ! Oui, bien sûr ! s'exclama Connie. »
Sasha avait suivi le regard du caporal pendant tout ce temps et était encore décontenancée. Elle avait un goût amère en travers de la gorge. Qu'est-ce que c'était que ça ? Levi avait posé ses yeux sur son ami d'une manière qu'elle n'aurait jamais pu soupçonner. C'était profond, c'était protecteur, c'était possessif. Levi n'avait jamais eu ce regard avec quiconque, et surtout pas Eren. Ou peut-être que si au contraire ? Cette gentillesse dans ce regard pourtant si froid l'avait complétement déboussolé. Ce n'était pas du tout le style du caporal Ackerman.
- « Bon Sasha tu te magnes ? On est pressés je crois ! l'interpella Connie.
- Oui ! Je, j'arrive ! »
Et tandis qu'elle se mettait en garde, protégeant son visage et une grande partie de son buste, elle songea : « Il faudra que je mette les choses au clair… ».
Le soir-même, Eren s'affala dans le canapé de l'appartement d'Hanji. Une feuille qui tombait dehors attira son attention : l'automne allait bientôt poindre. Il ne savait pas si cette nouvelle l'enchantait ou l'attristait. Dis comme ça, ça sonnait pseudo-nostalgique et plutôt enfantin mais il avait l'impression qu'il voyait mourir tout ce qu'il avait bâtit depuis le printemps dernier. Et en même temps, c'était l'occasion d'avoir un nouveau départ : une nouvelle chance.
- « Pfiouuuu, je suis épuisée. Ces journées sont de plus en plus longues ! »
Silencieux, Eren hocha de la tête tout en remodelant un papier qu'il avait dans les mains. Hanji continua son monologue habituel, en oubliant presque le jeune homme à qui elle était censée s'adresser ses paroles relevant plus du murmure à soi-même que d'une réelle conversation.
Plusieurs minutes passèrent pendant lesquelles Eren repensait à cet échange perturbant qu'il avait eu avec Levi. Il avait bien cru mourir en rencontrant son regard si clair et chaque seconde qui suivait lui assenait un autre coup de poignard entre les côtes. Il était si beau et si lointain. Eren espérait secrètement pouvoir garder cette sensation partagée entre plaisir intense de pouvoir le regarder et la douleur de ne pas pouvoir être près de lui chaque minute. Il poursuivait le lissage du papier froissé qu'il tenait, un précieux souvenir ou une page banale arrachée d'un journal ? Qu'importait, Hanji le lui retira des mains lorsque, finalement, elle vit à quel point son subordonné ne lui prêtait guère plus d'attention qu'à un bruit de fond.
- « Qu'est-ce que c'est que ça ?
- Non ! Hanji, rend-le moi s'il te plaît ! la supplia-t-il.
- Mais non ! Où est-ce que tu as trouvé ça ? s'extasia-t-elle de sa trouvaille en levant le papier aussi haut qu'elle put, perchée sur le bar bordant la cuisine.
- Ça- ça n'a aucune importance, balbutia-t-il le teint pâle et les yeux exorbités par l'angoisse.
- Aucune importance ?!
- Oh ! Et puis ! J'm'en fiche ! Je l'ai trouvé par terre, tu peux le garder ! fit-il en s'éloignant, avouant faussement sa défaite dans l'espoir qu'elle lui fiche la paix.
- Alors là, c'est trop trop trooooop mignonnnn ! À défaut de pouvoir reluquer le vrai dès que tu le désires, tu t'en ais trouvé une photographie ? Mais dans quel journal as-tu pu trouver une chose pareille ? Il faut dire que tu n'as pas chipé n'importe laquelle ! s'interrompit-elle en contemplant le morceau de magazine avec un peu plus de recul. Levi ne m'a jamais paru aussi séduisant alors que bon, vu celui qu'on se coltine tous les jours, il ressemble pas tellement à ça ! Y a du Photoshop dans l'air si tu veux mon avis ! »
Eren boudait plus loin, résolut à recevoir les moqueries de sa supérieure pendant toute la soirée. Il fallait dire qu'il l'avait bien mérité. Avec Hanji dans les parages, il aurait pu se faire, ne serait-ce qu'un poil plus discret. Mais non, il avait fallu qu'il s'amuse et caresse du plat de sa paume le papier sur lequel reposait la représentation exquise et presque identique du réel Levi Ackerman. Figure emblématique du Bataillon, un mélange parfaitement équitable entre un sex-appeal indétrônable et une note de profondeur rien qu'en se perdant dans l'azur mécanique de ses yeux. Elle s'approcha tout doucement :
- « T'as voulu reproduire les magouilles que tu faisais étant petit ? Les habitudes ont la vie dures hein ? se moqua-t-elle. »
Il préféra ne rien répondre. Ça n'était pas son style, mais il commençait à assez bien connaître Hanji pour lui clouer le bec. Et rien ne valait l'indifférence (bien qu'en général, il craquait toujours et finissait par sortir de ses gonds ravissant la scientifique qui se délectait de ce spectacle amusant).
- « Je t'embête, je te la rends ta petite photo, c'était pour rire. » Elle l'asséna d'un coup de coude mal maitrisé et Eren laissa échapper un couinement de surprise et de douleur : « Oups, je suis vraiment désolée… s'esclaffa-t-elle. »
Le papier se posa de lui-même dans les mains d'Eren tournées vers le ciel. Il l'accueillit sans broncher, bien qu'un petit grognement lui échappa témoin de son énervement précédent qui amusa encore d'avantage l'extravagante jeune femme. L'avantage étant qu'au moins, avec elle, il n'avait pas le luxe de se perdre de trop dans ses pensées mal organisées…
Et de ce fait, ne se posait pas trop de questions quant aux sentiments trop grandissants qui lui retournait le ventre.
- « Bon. Je vais dans ma chambre, se sentit-il obligé de dire en se soulevant avec difficulté du canapé. »
D'un bond inattendu, Hanji se hissa (peut-être d'un ou deux mètres supplémentaire d'ailleurs) avec lui et s'excita de cette nouvelle (comme elle en avait l'habitude pour tout et n'importe quoi) :
- « Trop bien ! Je viens avec toi !
- Hanji… je voudrais me reposer un peu si ça n'est pas trop te demander. »
Ne l'écoutant pas une seule seconde elle poursuivit :
- « On pourrait se faire un petit jeu de société, à l'ancienne ! Oh non ! Je sais ! Encore mieux ! On pourrait retaper la déco de ta chambre ! Virer quelques post-it en trop et en faire de nouveaux, quoique maintenant qu'une bonne partie de ta mémoire soit revenue je pense que c'est superflu mais on n'est jamais trop prudent, pas vrai ? »
Elle parlait si vite qu'Eren n'avait saisi réellement qu'un mot sur quatre. Son débit de parole était vraiment prodigieux. Passablement courroucé, il l'interrompit :
- « Hanji, Hanji… Hanji ! » Elle s'arrêta finalement visiblement peu préparée à ce qu'on la coupe dans son élan : « J'aimerais bien être dans ma chambre tu sais, sans toi… tout seul. »
Un petit silence plana. Et Hanji eut le temps de passer du statut d'excitée, à hystérique. Lui ôtant le bénéfice du doute, et surtout se rendant compte du caractère double sens de la phrase qu'il venait de prononcer, il bredouilla une explication :
- « Enfin je…
- C'est bon ! cria-t-elle, faisant sursauter une énième fois le pauvre adolescent déjà bien malmené par les tourments de son cœur. Message reçu cinq sur cinq ! Tu sais, ri-t-elle je commençais à me demander si tu n'allais pas finir par nous exploser dans les pattes à la fin ! »
Eren ne comprenait pas vraiment où elle voulait en venir. Mais il savait, en vue du regard qu'elle posait sur lui, que ça ne prévenait rien de bon. Fallait-il fuir ou continuer cette conversation qui ne le mettait déjà que trop mal à l'aise ?
Indépendamment de sa volonté, il fit :
- Hein, que… ? je ne…
- Bah, c'est vrai soit tu avais littéralement des aptitudes de ninja, soit tu faisais partie de cette si petite minorité sociale frustrée et incapable de se délivrer. La libération de dopamine, y a rien de mieux pour s'endormir correctement ! »
Le froncement de sourcils plus arqué que jamais, il se risqua à lui reposer la question du thème de leur discussion :
- « La dopamine ? Je, ne pense pas compr-
- Et puis tu sais ce qu'on dit, non ? Branlette du soir, branlette de l'espoir : peut-être que t'auras bientôt l'occasion de… »
Et voilà. C'était le risque de trop.
- « Wow, wow, wow ! Pause ! On ! On fait une pause ! Je… Non, non ! Jamais ! Enfin, je pourquoi tu ? Quoique… je ne veux pas savoir, je- Pfff, c'est…
- Oh ça va Eren, ne me la joue pas vierge effarouchée hein pas avec moi ! »
Eren ne savait pas où se mettre. Il était hors de question qu'il reste une seule seconde de plus dans cet appartement sous peine de mourir de honte. Il attrapa sa paire de Rangers (seule et unique paire de chaussure soit dit en passant) et enfonça la porte d'entrée, clé en main :
- « Mais enfin, où tu vas ? demanda-t-elle, abasourdie.
- Dehors. J'ai besoin de prendre l'air, se justifia-t-il du mieux qu'il pu sans perdre totalement la face tandis que sa voix grésillait, coincée dans sa gorge. »
Il referma la porte alors qu'Hanji hurla à travers celle-ci :
- « Tu sais tu ne devrais pas trop faire attendre ces choses là hein ! Y a rien de plus naturel que de se branler ! »
Le voisin de pallier, son paquet de courses à la main jugea l'adolescent de toute sa hauteur avec un petit sourire de politesse qui fana bien vite pour le remplacer par une expression entre la gêne et le dégoût.
Si le ridicule pouvait tuer, Eren serait probablement six-pieds sous terre.
Levi arriva chez lui en sueur comme cela lui arrivait rarement de l'être. L'image floutée d'Eren le toisant du regard lui vrillait les méninges.
Six mois qu'il le connaissait maintenant et jamais il n'avait plus eu envie que maintenant de lui parler. Pourtant ça n'était vraiment pas dans ses habitudes.
Il détestait parler.
Il détestait les gens.
Et plus encore, il détestait les pré-adultes braillards et qui remettaient toujours en cause l'autorité des supérieurs.
Il détestait tout ce qu'était Eren. Mais comme la lumière d'un piège à insecte ce danger l'attirait irrémédiablement. Et finalement il venait presque à se dire qu'il n'exécrait pas tant ces choses que cela.
La libido de Levi était connue par ses proches pour être plutôt intenable. Il avait peur de cette attirance parce qu'elle était plus forte que les autres, et qu'il y avait quelque chose de caché derrière.
Tous ces petits moments où il poussait la porte de gymnase et où il soufflait de consternation de voir qu'Eren n'y était pas. Et à l'inverse, ces rares instants où il le lorgnait directement du coin de l'œil et ce sourire dissimulé de le voir.
Tout ça était affreusement effrayant.
Surtout depuis qu'il avait entendu Eren se dire amoureux de lui il y a quelques mois de cela, quand l'été n'était qu'à son aube. Tout ce temps durant, il avait cogité s'était tourné et retourné dans son pseudo-sommeil.
Levi était harassé mais il décida tout de même d'expulser tous ces ressentis en allant faire comme il en avait l'habitude quand quelque chose le taraudait : il descendit boxer son sac de sable.
En descendant les escaliers, une petite voix – si petite que Levi ne s'en aperçut même pas – semblait chuchoter dans son for le plus intérieur : « J'aurais bien aimé boxer avec lui ».
Eren profitait de la douce fraicheur de la fin de soirée pour se rendre près de la mer. Il affectionnait particulièrement cet endroit. Il aimait à imaginer pouvoir fendre les eaux à bord d'un magnifique bateau avec de grandes voiles blanches, comme dans les livres de sa jeunesse. Le cri d'une mouette attira son attention, quand il se rendit compte que ces dernières avaient à peu près le même timbre de voix qu'Hanji lorsqu'elle braillait.
Il cacha un pouffement de rire et s'installa tranquillement, adossé à un rebord de mur, le sable fuyant entre ses doigts de pieds qu'il avait libéré de leur carcan.
- « Belle journée hein ? »
Un glapissement de terreur pure s'échappa des tréfonds de sa gorge alors qu'Eren se retournait pour découvrir une jeune femme qu'il connaissait bien. C'était Ymir, une de ses consœurs il la connaissait comme faisant partie à part entière du Bataillon bien qu'elle soit un peu discrète, elle n'avait pas sa langue dans sa poche lorsqu'il s'avérait de combattre ou narguer les autres.
Il ne lui avait jamais vraiment parlé.
Enfin ! Il fut soulagé que ça ne soit qu'elle. Il se savait en danger et maintenant qu'il y réfléchissait pleinement, ce n'était pas très malin de sortir seul en ces temps.
- « Oui, fini-t-il par lui répondre avec un sourire de politesse. Excuse-moi, je ne t'avais pas vu.
- J'avais remarqué ! T'étais encore dans tes pensées, comme toujours, lâcha-t-elle agacée.
- Que- comment ça ? » Il se mordit la joue : « J'ai encore fait quelque chose de mal ? Je suis désolé, ça m'arrive souvent mais…
- Rien. Je ne peux pas vraiment t'en vouloir. »
Eren se sentait vraiment idiot aujourd'hui. Était-ce juste lui ou tout le monde avait décidé d'être extrêmement vague dans ses propos ?
- « Je ne te suis pas.
- Alors c'est vrai. C'est quand même incroyable. Ces derniers mois j'essayais de me persuader que tu faisais juste la comédie, que ce n'était qu'un petit jeu pour toi, mais t'as vraiment l'air de ne pas te souvenir. »
Ah. Tiens.
Ça faisait longtemps qu'on ne lui avait pas faite celle-là.
- « Je sais, les gens ont du mal à avoir foi en mes propos sur ce sujet là parce que ça leur paraît aberrant mais…
- Bof, ça arrive à tout le monde de perdre la mémoire. Ma mère avait la maladie d'Alzheimer, donc je suis habituée. » Un ange passa tandis qu'Eren ne savait que rétorquer à cette constatation. De toute évidence, Ymir n'était pas le genre de personnes à vouloir qu'on la réconforte en public et surtout pas de cette façon. Il patienta sagement qu'elle reprenne : « T'étais engagé auprès d'un café fut un certain temps qui me semble être une éternité maintenant qu'on en parle.
- Un… café ? tenta-t-il de se rappeler.
- Comme je viens de te le dire. Même qu'il s'appelait le Go Down Roses, et qu'il était dirigé par ce bon vieux Pixis tu sais, le major de la Police. Il avait probablement du temps à tuer. Ce n'est pas Erwin qui lancerait un tel projet, fit-elle d'un rire sans joie.
- Il était dirigé ? Parce qu'il ne l'est plus ?
- Manque de personnel. On croulait sous les commandes, et finalement les dettes nous ont rattrapé. »
Cet endroit était le seul revenu assuré d'Ymir, et aussi la seule occasion pour elle de pouvoir voir Christa à souhait. Maintenant, tout était bien plus compliqué.
Le jeune homme se sentit rongé par la culpabilité d'avoir fait couler le bateau qu'était le Go Down Roses, malgré le fait que ce n'était pas vraiment de son propre chef qu'il n'avait plus fait honneur à son contrat.
- « Je m'excu…
- Te fatigues pas, ça fait un mois que je ne t'en veux déjà plus. C'est plus pour Christa que c'est embêtant parce que… » Elle s'interrompit lorsqu'elle vit le regard de son interlocuteur s'éclairer. Christa était le nom qui lui manquait évidemment qu'il se souvenait de tout à présent ! D'ailleurs, il lui semblait que ce soir là… on le cherchait… on s'inquiétait pour lui… ? on le… « Dis, t'es sûr que ça va ?
- … Que oui ! Je vais bien ! Eh, pourquoi tu ris ?
- Tu m'amuses Jäger, et tu me rappelles étrangement moi lorsque j'avais rencontré ma Christa pour la première fois. Le premier mois, il était impossible de m'arracher une phrase sans que je ne fasse répéter la précédente tellement je perdais le fil des conversations rapidement. » Eren semblait toujours dans une brume. « Tu vois, c'est de ça dont je parle !
- Enfin, je suis quand même un cas plutôt isolé.
- C'est vrai. Bon, une fois que tu auras pris tes attributs à deux mains pour montrer tes sentiments à la personne que tu aimes, on pourra peut-être avancer dans toute cette situation. » Eren vira au rouge écrevisse en moins de temps qu'il ne le fallait pour le dire et Ymir profita de cette latence pour finir par un magistral : « Eh ouais, c'est clair comme de l'eau de roche. T'en fais pas, ton petit secret est bien gardé. Tu me redevras ça. » Il s'étrangla à nouveau : « Bon, allez couille molle, on se revoit à l'entrainement ! Bye ! »
Ses petites taches de rousseurs frémissant sur l'arrête de son nez qu'elle fronçait, elle esquiva plus ample conversation en s'évadant par derrière le muret.
Et si Eren était très franchement un cas à part, Ymir n'était pas en reste : c'était définitivement la fille la plus étrange qu'il lui avait été donné de rencontrer.
Mais force était de constater que la maxime « qui se ressemble s'assemble » collait plutôt bien aux circonstances puisqu'Eren découvrait en elle une amitié qu'il voulait creuser.
Le lendemain matin, les équipes s'activaient : aujourd'hui était le grand jour.
Erwin allait récapituler à toutes les unités le principe de la mission qui allait prendre place dans quelques semaines, peut-être quelques jours qui sait ? Ils avançaient ! Et ils espéraient clairement pouvoir aboutir à quelque chose de concret cette fois-ci.
- « Tu penses que ça va fonctionner ? l'interrogea Oluo, inquiet de la tournure de la situation.
- Est-ce que je sais ? tonna Levi. Oluo, sans déconner, on dirait une recrue ce n'est pas comme si c'était la première fois que nous discutions de la mission. Rien qu'hier…
- Oui, mais c'est différent ce coup-ci… On n'a jamais vraiment enfreint le règlement de la cité et-
- On ne fait que ça depuis le début, compléta Petra. C'est juste que nous le faisions discrètement alors que là, tout le monde va le savoir. On ne pourra plus sortir dans la rue tranquillement, on se fera pourchasser, on devra peut-être changer le local des Bataillons. On savait à quoi s'attendre.
- Elle a raison, termina Erwin en s'avançant un peu plus vers l'estrade du gymnase où toutes les recrues attendaient dans un brouhaha que leurs supérieurs prennent parole. Maintenant je veux un appel au calme. »
Soudain, et sans attendre un ordre de plus, Levi siffla. C'était si strident que cela coupa court à toutes les discussions dans l'assistance.
Le major se racla la gorge et observant son auditoire. Toutes les recrues n'avaient pas été interpellées mais un bon nombre d'entre elles étaient tout de même présentes. Cette simple constatation le ravi et il attaqua :
- « Je serai bref : la mission que nous nous apprêtons d'amorcer va être périlleuse. Dans quelques jours, beaucoup d'entres nous serons morts. »
Il marqua un simple silence. Chacun savait, mais ce n'était pas la même chose de l'affirmer haut et fort devant tout le monde et de se le dire dans un coin de sa tête. La veille, Levi les avait avertis sur les blessures qu'il y aurait sans doute à déplorer. Mais entre mourir et avoir une fracture : il y avait tout un monde. Hanji chuchota dans l'oreille de Levi :
- « Ça, c'est ce qu'on appelle une entrée en matière. »
D'un claquement de langue et d'un vaste coup de poignet, il la repoussa.
- « J'ai toujours été d'une extrême transparence quant aux activités et dangers que nous courrons. Et c'est pourquoi aujourd'hui je vous le répète. » Marquant un temps, il en profita pour croiser les mains derrière son dos : « Nous allons donc bientôt infiltrer les quartiers riches de Shiganshina. Il est évident, comme vous le savez tous, que nous n'en avons pas l'autorisation. Ainsi, l'un de vous, et seulement un, devra s'infiltrer chez les Forces de l'Ordre Rapproché. »
Un désordre monstrueux pris de court les recrues et se distinguaient quelques voix dans le public, un peu plus fortes que les autres :
- « Quoi ?!
- Mais c'est une blague ?
- On s'entraine depuis quatre mois pour qu'un seul fasse tout le boulot ?
- C'est quoi ce délire ? »
Tout le monde était à cran ces derniers temps. La mission approchant, tous s'attendaient à avoir un rôle phare et découvrir qu'ils n'étaient que de vulgaires pions depuis le début n'enchantait guère les jeunes adultes.
Erwin jeta un simple coup d'œil à Levi (bien que ce dernier n'en aurait probablement pas eu le recourt compte tenu de son expérience dans les rappels à l'ordre et la discipline). Il siffla donc de nouveau, le bruit émit encore plus aiguë et insupportable que le premier :
- « Silence ! Tch, ce n'est pas croyable ça… Vous êtes le futur corps de l'armée, pas une bande de collégiens !
- Je te remercie Levi, murmura-t-il. Ceci étant dit, reprit-il avec une voix bien plus forte, vous ne serez pas inutiles, bien au contraire. Cette recrue nous permettra de nous faufiler en dispersant la garde et nous introduisant dans les zones plus tonitruantes et habitées. Les FOR auront plus de mal à tirer si des civils sont mis dans le tas et nous pourrons avoir le temps de trouver des habitations et des cachettes pour établir nos campements respectifs. En nous dispersant, nous sommes forts et ce sont eux les traquées. En restant attroupés près du mur de séparation, nous sommes perdus. C'est pourquoi la recrue en charge de s'infiltrer aura un rôle primordial : elle devra nous donner un maximum d'informations sur les tenants et aboutissants de ce que font ou décident de faire les FOR. »
Eren n'écoutait que d'une oreille distraite. Tout cela, il l'avait déjà entendu plusieurs fois : par Hanji en premier, qui n'avait pas su tenir sa langue lorsque les supérieurs avaient reçu lors indications, par Erwin ensuite et finalement par Connie qui avait répandu la rumeur comme une trainée de poudre auprès de quelques élus pensant qu'il n'était pas déjà au courant.
Sasha n'en déparait pas le lot, et remarqua qu'Eren – comme elle – connaissait déjà la chanson. Elle lui adressa un sourire amical alors qu'une nouvelle information qui n'avait été que la seule ombre demeurant sur le tableau se distingua :
- « Évidemment, tous vous vous demandez quelle sera cette recrue. » Les recrues en question haletaient de savoir qui allait être le pivot central, celui avec les plus grandes aptitudes : « Nous hésitons encore. Mais il semblerait que celui qui sera le plus à même de chercher à attirer l'attention des FOR pendant que nous ferrions de notre mieux pour infiltrer la ville dans la plus grande discrétion sera, Eren Jäger.
- Quoi ?! hurlèrent de concert Mikasa, Jean, Eren et d'autres. »
Et le brouhaha reprit encore une nouvelle fois.
- Pourquoi Eren ! s'écria Jean. C'est du grand n'importe quoi cette réunion !
- Il a raison !
- Ouais, pourquoi toujours lui ?
- Il va se faire tuer ! »
Beaucoup des insurgés étaient des secondes années jalouses de voir une recrue jeune de quelques mois dans les Bataillons avoir une aussi lourde charge sur ses épaules quand bien même il s'agissait d'Eren.
Mais les premières années n'étaient pas de cet avis. Oh non, elles brûlaient de joie :
- « C'est génial ! brailla Connie. Je suis sûre que tu y arriveras !
- C'est évident ! C'est l'un des meilleurs de notre promo ! rétorqua Mina.
- Bravo Eren ! »
On ne s'entendait plus penser.
Levi aller s'apprêter à tous leur faire fermer leurs clapets une bonne fois pour toutes, mais il se stoppa de lui-même, inconsciemment : il ne comprenait pas la décision d'Erwin. Pour la première fois depuis qu'il avait intégrer le Bataillon Ailé, il réfutait et remettait en cause un ordre dont on ne lui avait pas faire part au préalable.
Pourquoi Eren ?
C'était stupide.
Et pourquoi n'avait-il pas été mis au courant ?
Pourtant depuis hier, il avait eut toutes les informations mises à disposition, non ?
Même avec un bon déguisement, Eren était trop reconnaissable : il serait découvert. Il était bien trop populaire auprès des FOR et même du reste de la population lambda, et surtout, il n'avait aucun esprit d'interprétation et d'improvisation. Non, il fallait qu'il soit sur le terrain. Avec lui.
Levi ne comprenait pas. Levi ne voulait pas.
Erwin ne lui laissa guère le temps de cogiter davantage :
- « Je m'en occupe. »
Le major voulait prouver sa bonne parole, et que ses ordres étaient recevables. Pour cela, il ne devait sûrement pas faire appel à Levi ou quiconque d'autre il fallait que les recrues entendent ce qu'il avait à dire. Erwin leva les bras, les paumes vers son auditoire pour attirer l'attention de ces mines interrogatrices :
- « Eren, éleva-t-il la voix, ne sera pas caché, ni déguisé.
- Mais, tu penses j'ai mon mot à dire dans cette histoire ? chuchota le prénommé.
- Très franchement Eren, expliqua Sasha encore dans l'incompréhension la plus totale quant à cette décision, je crois qu'on ne te demande pas ton avis.
- Les ordres sont les ordres après tout, conforta Connie, incertain. Tu vas très bien t'en sortir.
- Non, il s'infiltrera d'une manière plus voyante, mais dans un sens, plus discrète et nous rejoindra dans les rues de la ville. » Erwin avait réussi à trouver celui dont il prononçait le nom depuis plusieurs minutes à travers les maintes têtes qui dépassaient de son public. Erwin fronçait les sourcils gentiment pour lui indiquer qu'il lui expliquerait tout cela plus en détails par la suite, mais qu'il fallait qu'il le laisse finir : « Il sera surveillé, et pisté de manière à ce que si la situation tourne mal, nous puissions intervenir. »
Derrière Erwin, ça se bousculait niveau Escadron. Hanji n'avait visiblement pas été mise au courant et voulait donner son avis sur cette prise de partie. Et apparemment, elle n'avait pas l'air de bonne humeur. Heureusement pour le discours d'Erwin, Oluo et Erd la maintenait fermement.
- « Il fera mine de chercher un compromis pour cette autorisation de passage. Évidemment, ils ne le lui donneront pas, mais Dork sera obligé d'accepter sa demande d'invitation dans leurs locaux puisque s'ils collaborent comme nous le supposons avec le clan H, ce serait une offre en or qu'ils laisseraient passer. En attendant, nous tous fouillerons la ville.
- Mais c'est de la folie ! Il se fera capturer ! laissa échapper Mikasa qui tremblait de rage et d'inquiétude.
- C'est un risque que je suis prêt à prendre, lui répondit-il, résolument sérieux. »
Ainsi mit-il fin à ce pseudo débat qui ne devait-être qu'à la base une annonce des plus habituelles bien qu'importante. Une énième fois, le gymnase fut rempli de chuchotis, de bavardages, de cris, d'insultes et de rires moqueurs comme dans une cour de récréation. Erwin se retourna et ignora une Hanji à moitié enragée et un Levi plus silencieux que jamais. Erd finit par lâcher sa prise sur le bras et la bouche de la scientifique et cette dernière fonça sur son major.
Presque tout l'Escadron les suivait (excepté Mike et Nanaba qui géraient le mouvement de foule). Y compris Levi, qui ne saisissait toujours pas pourquoi avaient-ils pris cette décision sans les consulter. Il avait beau être silencieux, il n'en restait pas moins aussi perturbé qu'Hanji présentement. Ses rides du lion en attestant.
- « Eren ?! Infiltré ? Mais vous avez tous pété un câble ! s'exclama-t-elle, furieuse. Déjà primo : il n'avait jamais été question que toute la mission repose sur UNE recrue : Eren qui plus est ! Le projet était encore en chantier ! Non mais autant se tuer tout de suite ! Et deuxio : tu n'avais pas le droit de prendre cette décision sans nous en informer ! Mais qu'est-ce qui t'es passé par la tête Erwin putain ?!
- J'ai tous les droits, je suis le major, dit-il d'une voix posée.
- Tu es censé consulter tes pairs ! Il faut y réfléchir encore davantage ! Non, mais sans déconner, fulminait-elle, à quoi ça sert que je mène à bien mes expériences depuis bientôt six mois que je connais Eren pour qu'au final il nous glisse entre les doigts à cause de tes erreurs de jugements ?!
- Nous en avons déjà assez longuement réfléchi et nous pensons tous que c'est la solution.
- Ah parce qu'en plus vous étiez tous au courant ?! lâcha-t-elle en les pointant tous du doigt.
- Le major Smith nous a fait promettre de ne rien vous dire, se justifia d'office Petra les mains en l'air. » Elle avait l'air absolument terrifié des représailles et surtout, on aurait dit que le fait de garder ce secret la rongeait. « La réunion a seulement eu lieu hier soir, très tard. Je voulais vous en parler mais… Mais… Je suis désolée !
- Il n'a jamais été question que ça soit Eren. On peut peut-être savoir pourquoi ce choix ? Et pourquoi n'avons-nous pas été mis au courant ? cracha finalement Levi, le ton si glacé qu'il fit frissonner la petite rousse à côté de lui.
- Vous être trop proches d'Eren, votre avis sur la question aurait été biaisé. Et votre attitude présente me confirme que j'ai bien fait de ne pas vous expliquer le tout ce matin, claqua-t-il catégorique et imperturbable. »
Hanji n'en revenait pas. Erwin, avec qui elle avait tant ri au sujet d'Eren et Levi il y a si peu de temps, se retrouvait à avoir le rôle du mauvais bougre, et de l'homme prétentieux avec qui elle avait tout sauf envie d'être amie avec. Elle ne le reconnaissait tout simplement pas.
Elle s'était rendue compte de son changement d'attitude au fil du temps, mais il œuvrait avec plus de docilité d'habitude et conservait ce petit sourire qui montrait que le Erwin de leur début était toujours présent, caché sous sa casquette de major.
Mais plus maintenant. Il était froid, injonctif, et raisonnable : tout le contraire de leurs vieilles années passées.
- « Explique-nous, lança Levi, ce qui t'a fait pensé que les FOR étaient assez stupides pour imaginer que nous laisserions notre pièce maitresse se balader chez eux tout seul, alors que nous les soupçonnons déjà ? Je sais que Dork est un abruti, mais à ce point !
- Eren devra donc être accompagné.
- Et p-
- Parce que vous n'y aviez pas songé ? s'étonna Hanji en éclatant de rire. Vous nous excluez des réunions parce que nous sommes « trop proches » de lui mais vous ne pensez même pas aux fondamentaux ? Non mais, on nage en plein délire là !
- La ferme Hanji, je parle. » assena Levi entre ses dents sèchement ; oh, très sèchement. De toute évidence, il cachait son irrépressible envie de foutre une raclée à son interlocuteur pour avoir eu le cran de lui cacher de pareilles informations – qui plus est concernant Eren – alors qu'il était le caporal. Ses jointures blanchies par la colère, il répéta : « Et par qui donc serait-il accompagné ? C'est inenvisageable de tous être à ses côtés, mais nous ne devons pas sous-estimer l'effectif.
- Tu l'accompagneras. »
Levi fronça les sourcils. Entre temps, ils étaient parvenus jusqu'au bureau d'Erwin. Le brigadier réprima un rictus :
- « Attends, attends deux secondes, laisse-moi traiter ça correctement. Tu m'interdis l'accès à vos petites réunions tu ne me tiens pas informé sur l'avancé de la mission, énonçait-il très lentement bouillant d'aigreur, tout ça parce que j'ai trop eu affaire avec Eren dans le passé…
- Tu as toujours affaire avec lui… fit Hanji.
- LA FERME J'AI DIT ! mugit-il. »
Toute la rage qu'il réprimait depuis tout à l'heure éclata en plein vol. Les murs auraient pu s'écrouler : c'était si profond et si caverneux Oluo en hoqueta de surprise.
Ses mains ne tenaient pas en place, il pinça son arrête, massant ses sinus dans l'espoir de trouver un peu de calme de la tornade de frustration qui le ravageait. Erwin restait de marbre, imperturbable bien assis derrière son bureau :
- « Tu vois Levi, si je ne t'ai pas convié à ces réunions, c'est pour que ce genre de situation n'arrive pas. Nous avions évidemment pensé à un accompagnement, Hanji ne m'a juste pas laissé terminer. » La concernée le vrilla du regard, croisant les bras comme une enfant que l'on aurait puni injustement. « Et j'ai pensé à toi, de manière immédiate, parce que je sais que tu le protégeras mieux que personne. Parce que tu as des compétences qui ne sont plus à prouver, et que tu veilleras sur lui plus que sur n'importe quelle autre recrue.
- Pour quelle raison est-ce que je ferais une chose pareille ? le défia-t-il.
- Parce que…
- Parce que ?
- Parce qu'Eren est important pour nous tous ici, et pour l'avancée de la mission. »
La pièce entière était mise sous tension. Et Erd se rapprochait petit à petit vers la sortie. Il était hors de question qu'il soit témoin d'une telle scène.
- « Bah voyons, sermonna Hanji, dégoûtée. »
Ils se regardaient en chiens de faïence : duel de muets et dialogue de sourds.
Soudain, on toqua à la porte :
- « Entrez. »
Et qui est-ce qui manquait à ce joyeux bordel pour que la fête ne soit que plus complète ?
- « Ahem… » Eren se racla la gorge une bonne dizaine de fois, comme si ses mots s'entremêlaient dans celle-ci. Il avait une expression entre incompréhension, colère et inquiétude imprimée entre ses sourcils. « Excusez-moi de vous déranger mais, je pense qu'il serait important que l'on discute de mes futures attributions et de mes capacités ou non à les faire.
- Nous sommes au complet maintenant, déclara Erwin, comme ça chacun d'entre nous donnera son point de vue, mmh ?
- Ah, euh, oui ! répliqua Eren le poing sur le cœur et l'air très solennel. Sachez que, c'est un honneur pour moi d'avoir été choisi !
- Pathétique. » laissa échapper Levi avant de disparaître suivi par Hanji de près.
Il était furieux. Il avait bien fait de quitter la pièce : une seconde de plus et il aurait emmené Eren sous son bras pour qu'il ne revoie plus jamais la lumière de ce bureau mal éclairé. C'était invraisemblable ! Erwin utilisait Eren comme un vulgaire appât. Et à cause du protocole, il ne pouvait pas refuser cette indication. Eren faisait maintenant partie de l'armée, il ne pouvait définitivement pas remettre en cause les ordres d'Erwin. Mais Levi pouvait encore le faire. Et il jura que chaque jour que Dieu ferait (s'il en existait un en ce monde), il se battrait pour qu'Erwin change d'avis.
Hanji le talonnait, à une vitesse de pointe faisant tanguer sa queue de cheval au rythme de ses pas :
- « C'est vraiment le monde à l'envers ! Depuis quand est-ce qu'Erwin envoie des pièces aussi importantes pour la mission plonger ainsi dans la gueule du loup ça n'a pas de sens ! tentait-elle de comprendre. Il y a un an, il n'aurait jamais fait une chose pareille.
- Erwin a un plan derrière la tête, vous devriez lui faire confiance. »
Les deux amis se retournèrent en même temps pour découvrir Mike, seul, dans l'embrasure de la porte du gymnase. Lui et Nanaba avaient visiblement maintenu le calme et renvoyé les recrues à leurs occupations.
- « Pardon ? s'offusqua Hanji.
- Nous avons participé aux réunions. Et ce qu'il veut faire est brillant, quoique dangereux. Mais nous en avons l'habitude. Ce n'est pas comme si nous ne l'avions jamais fait : après tout, prendre des risques fait partie intégrante de notre métier.
- Où est-ce que tu veux en venir ? abrégea le brigadier.
- Eren n'est pas mis en danger dans toute cette histoire. En vérité, je dirais même qu'il sera le plus en sécurité. Les autres recrues encourent beaucoup plus de risques. Et nous également.
- Pourquoi est-ce qu'Erwin m'a laissé sortir de mes gonds si ce que j'avançais était faux ?
- Tu connais Erwin…
- Je connaissais Erwin, rectifia-t-il.
- Il est un peu maladroit, enchaina-t-il, et, il voulait seulement que tu saches ce qu'il y avait à savoir et oublier les fioritures autour. Et que surtout, il est convaincu de son plan. Comme je disais, vous devriez lui faire un peu plus confiance.
- Tu comprendras quand même que nous empêcher l'accès aux réunions d'avancement et nous mentir peut nous faire saisir autre chose, non ?
- Je vous l'accorde. »
Hanji n'avait toujours pas avalé la pilule et ne parlais pas. On ne lui avait jamais fait un coup pareil. À Levi, à la rigueur, elle aurait compris il avait tout de même une relation particulière avec Eren et ses réactions pouvaient parfois être un tantinet abusées.
Mais elle ?
Non, il n'avait pas ce droit ! Pas après tous ces mois à héberger Eren et à en prendre soin ! C'était elle qui en savait le plus sur son sujet, anatomiquement et mentalement parlant. Il était le petit frère, l'ami et le fils qu'elle n'avait jamais eu et même si elle tenait à lui (ce qui allait de soi) elle savait être impartiale quand il fallait le devenir.
Elle tourna les talons en soufflant, dans une attitude qu'elle n'avait pas l'habitude d'arborer et s'en retourna chez elle. Eren resterait encore probablement un moment, mais le soleil déclinait déjà et son humeur avec. Elle s'en alla s'en dire au revoir et pour une fois, Levi s'accorda à faire la même chose.
La scientifique était affalée devant la télévision, une bonne dizaine de coussins et de plaids la recouvrant totalement malgré la chaleur pour camoufler sa peine et sa rage. Elle s'ennuyait à regarder une émission abrutissante qu'elle avait pour habitude de critiquer avec Eren (ce dernier appréciant plus qu'il ne voulait l'admettre les scénarios préparés à l'avance par la production de cette télé-réalité).
Après tout, pouvait-elle lui jeter la pierre ? Il n'était qu'un gosse : et les gosses aiment les choses simples et faciles à comprendre.
Et puisqu'Hanji se rapprochait plus de l'enfant que de l'adulte sérieux, elle aussi savait apprécier les choses simples. Comme s'enfiler un pot de glace avec des morceaux de cookies à l'intérieur. Un met délicat qui lui faisait prendre trois kilos sur les hanches rien que d'y penser.
Mais bon.
Elle s'en moquait pas mal.
Le cliquetis du verrou de la porte retentit et Hanji ne prit même pas la peine de sauter au coup de son protégé. Pas une phrase ni un mot : il s'étala encore transpirant de sa marche sur les feutrines duveteuses des couvertures.
Hanji n'aurait rien dit, et serait sûrement restée scotchée devant l'écran pendant trois bonnes heures jusqu'à ce que le sommeil la rattrape si elle n'avait pas entendu des reniflements bien particuliers.
Oui.
Eren pleurait.
De grosses larmes faire luire ses yeux et il se retenait de toutes ses forces de ne pas fondre en sanglots. Par pure fierté ou par reflexe sans doute, ceci étant qu'Hanji avait tout vu et qu'il tenta de se cacher… en vain :
- « Eren ! Mon chaton ! Qu'est-ce qui ne va pas ?
- Rien, rien, c'est- c'est rien ! »
Hanji n'avait pas envie de se battre, et puisqu'une action valait mieux qu'un millier de mots : elle l'enlaça. Dans une étreinte familiale et protectrice. Elle voulait qu'elle sache qu'il n'était pas seul et qu'elle était là. Il finit par céder :
- « Si tu savais comme j'ai peur Hanji. Erwin compte tellement sur moi… » Il renifla encore et encore alors que la gentille brune lui tendit un mouchoir. Il poursuivit, serrant le papier sur l'épaule contre laquelle valsait ses soucis : « Je ne sais pas si j'en serai capable. C'est t-tellement de pression. Je ne veux pas les décevoir : je- je, ne veux pas me décevoir…
- Eren, dit-elle en le regardant bien droit dans les yeux. Tu seras plus que convaincant j'en suis certaine tu peux avoir foi en moi, je suis ton médecin mais je suis surtout celle qui te connaît le mieux dans toute cette histoire, ce n'est pas vrai ? » Il hocha la tête. « Bon, tu vois… Alors sèche-moi ces grosses larmes. Je n'aime pas te voir comme ça. »
Il secoua la tête de nouveau et feint un sourire qui aurait presque pu la tromper. Mais Hanji n'était certainement pas née de la dernière pluie :
- « Mais ce n'est pas la seule chose qui te tracasse, n'est-ce pas ? »
Les yeux exorbités par tant de perspicacité, Eren se rendit bien vite compte qu'il ne pouvait rien contre le pouvoir mystérieux d'Hanji qui consistait à lire les gens (et particulièrement Eren) :
- « C'est lui encore ? souffla-t-elle désespérée. Mon dieu mais qu'est-ce qu'on va pouvoir faire de vous à la fin…
- Je sais que je n'aurais pas dû en prendre compte, mais je suis le genre de personne qui prête attention à ce genre de petits détails… surtout lorsqu'il s'agit de… » Il avala sa salive : « Enfin voilà quoi. »
On entendit un train passer au loin sur la voie ferroviaire aérienne et un hululement de chouette indiquant la tombée de la nuit. Eren inspira un bon coup, et les yeux brillants d'incompréhension, il demanda :
- « Il me trouve vraiment si pathétique que ça ? »
Ses deux prunelles étaient illuminées par toutes les étoiles du ciel, et la lune elle-même pouvait pâlir de jalousie à côté de l'attraction phénoménale qu'avaient les yeux d'Eren. Hanji tentait de saisir pour quelle raison est-ce qu'Eren pensait cela ? Avait-il entendu une rumeur ? Il se trompait, c'était certain !
- « Mais enfin Eren, qu'est-ce que tu racontes ?
- C'est lui-même qui l'a dit… Devant moi ! Il me trouve pathétique parce qu'il me croit lèche-bottes envers le major c'est ça ? »
Eren était adorable. Un jeune chiot pleurant à l'orage.
Quand soudain Hanji percuta : mais oui bien sûr ! Tout à l'heure, Levi il parlait au major !
- « Oh mon Eren, tout cela n'est qu'un terrible malentendu ! Quand Levi disait « pathétique », il ne parlait pas de toi mais d'Erwin !
- Que- tu es sûre ?
- Bien sûre que je le suis ! Je te l'ai déjà dit une bonne centaine de fois : quand est-ce que tu vas te décider à imprimer mes informations dans ta caboche mal fichue ? » ronchonna-t-elle en appuyant sur son front : « Levi t'apprécie bien plus qu'il ne le laisse imaginer. Et tu ne le vois pas parce que tu n'as pas encore toutes les clés en mains pour déchiffrer ses complexes manières d'exprimer son affection. Crois-en mes années d'expérience à ses côtés mon chaton. »
Eren ne semblait pas vouloir comprendre, il ne pouvait pas concevoir le fait qu'on puisse aimer sa personne.
Il s'affala une bonne fois pour toute, se délivrant de sa veste officielle du Bataillon pour s'allonger auprès d'Hanji, se partageant le pot qu'elle avait déjà bien entamé.
Entre Trost Me et Les Ailés de Shiganshina, les programmes télés bidons semblaient pleuvoir.
La soirée s'annonçait palpitante.
Ironiquement, elle allait vraiment l'être.
Et voilà le trait final : le prochain chapitre va être rock'n'roll.
C'est le moins que l'on puisse dire. Sans trop de spoil (même si vous voyez absolument TOUS de quoi je parle) : le chapitre 23 va marquer un PUTAIN DE TOURNANT DECISIF ! J'ai tellement hâte de vous taper ça ! Je ne tiens plus en place !
En attendant je vais me reposer parce que j'ai un rhume des enfers, des interros et autres joyeusetés qui pleuvent sur moi en ce moment. Je suis éreintée. J'ai eu tellement de mal à vous écrire le chapitre 22, j'espère qu'il vous aura tout de même plu !
Comme à l'habitude, votre avis me fait toujours un plaisir indescriptible ! Alors je serais ravie de l'avoir !
On se retrouve le plus vite possible.
Je vous aime tous très très fort !
Des bisous,
Nizzie
