Hello les loulous !
Je vous souhaite tous un très bon mois de mars !
Aujourd'hui on se retrouve dans un chapitre très lourd psychologiquement, donc j'ai essayé de l'alléger quelque peu vers la fin ;) On avance, la mission approche, et la relation d'Eren et Levi continue sur sa lancée !
Pour ma part, je dois sélectionner mes voeux PARCOURSUP et j'ai tellement de travail en ce moment que ça en devient flippant (il faut dire que je suis le genre de personne qui fait trente-six-mille trucs en même temps et qui a du mal à tout terminer dans les temps ; ceci expliquant ma lenteur à publier d'ailleurs haha !)
D'ailleurs, ça m'intéresserait vraiment de savoir où est-ce que vous en êtes dans votre parcours de vie, qu'on puisse se serrer les coudes *frémis en voyant les examens profiler le bout de leur nez*
La réponse aux Guest :
La bte : Je sais, je sais ! Par contre je ne pensais pas que cette fin vous surprendrait autant, je suis assez étonnée haha ! En tout cas j'ai concentré tous mes chakras pour faire paraitre ce chapitre le plus rapidement possible pour que vous ayez des réponses sur sa mort ! Merci infiniment pour ta compréhension sur mes obligations, ça compte beaucoup pour moi. Mes études sont très importantes mais j'essaye tant bien que mal d'allier les deux ! Tu devrais poster sur FFNET, je me ferais une joie de t'expliquer comment ça fonctionne si tu as quelques soucis (bon toutes les commandes sont en anglais et c'est un poil galère au départ de tout comprendre mais maintenant je m'en sors comme une pro !). Ne te dévalorise pas comme ça voyons, je suis sûre qu'elle est superbe, j'aimerais beaucoup la lire (mais comme je t'ai expliqué wattpad et moi c'est pas une grande histoire d'amour). C'est A-DO-RABLE ! Toi aussi tes petites reviews m'avaient manquées ! Pour ce qui concerne ton avis sur le chap 25 (il m'est toujours très précieux) tu as bien sû cerner les buts primaux ! Ton impression se peut être bonne, ou pas... hihihi, nous verrons B) À la revoyure ! PS : J'avoue que c'est absolument ÉNORME ! Merci de me suivre depuis tout ce temps et de toujours t'accrocher à cette histoire beaucoup trop compliquée haha
Rewen : Hellooo ! Contente de te retrouver ici ! Ça je suis contente de l'apprendre tu vois ! C'est toujours super agréable de se faire complimenter sur son travail (parce que putain c'est du boulot). Alors un petit topo vite fait sur QUI EST NIKOLAÏ : c'est une jeune recrue du même âge qu'Eren et les autres de la 104ème. Il a un petit peu la même personnalité qu'Armin c'est pour cela qu'ils s'entendent bien d'ailleurs. Il y a quelques chapitres, avant l'expédition, il a exposé des arguments intelligents à propos de la localisation du clan H (sous la terre donc) et Levi l'a bien soutenu dans cette histoire tandis que les autres ne l'écoutaient même pas. Beaucoup de mystères ça c'est sûr ! Si tu as encore des questions n'hésite surtout pas, mon histoire est vraiment complexe alors c'est diificile de se souvenir de tout ! Je suis trop contente de voir que tu as aimé ce petit cliffhanger (d'ailleurs j'ai même pas fait exprès mdr). Et j'espère que tu sauras apprécier ce chapitre suivant, bonne lecture ;)
La lumière peut s'avérer d'une beauté inégalée. Resplendissante, elle fait briller ses alentours. Régissant sur la planète comme toute reine qu'elle est, elle supervise de son œil protecteur et met en avant les avantages qu'offre la vie à ses détenteurs.
Mais la lumière a ses défauts.
Elle révèle la noirceur des péchés qu'il aurait été préférable de garder terrée à mille pieds sous terre. Parfois, l'obscurité est préférable. Personne ne souhaite voir ce genre d'atrocité.
Hanji n'avait pas eu une seule minute pour elle pas plus qu'Erwin, qui avait fini par annuler ses congés à l'instant même de la tragédie. Cela faisait trois jours entiers qu'elle se trouvait cloîtrée dans son laboratoire avec un seul ordre concis ordonné par ses soins : une interdiction formelle à quiconque l'empêcherait de mener à bien son examen. En effet, elle s'était improvisée médecin légiste, ayant refusé l'aide et l'accès à ses confrères de l'hôpital à qui elle ne pouvait désormais plus faire confiance.
Les Bataillons Ailés allaient à l'encontre de leurs principes en se refermant sur eux-mêmes comme un mollusque timide. Était-ce un choix bas que de prendre cette décision ? Sans doute. Mais ils n'avaient plus de temps à perdre avec les autres factions. Les Forces de l'Ordre Rapprochées avaient déclaré une guerre silencieuse et emportant de ce fait la vie d'un adolescent tout juste diplômé.
- « Mais est-ce qu'on est vraiment certains que ce sont eux les fautifs dans l'histoire ? Le clan H est probablement derrière tout ça, pourquoi directement les FOR ? interrogeait Hanji, qui examinait pour la vingtième fois les cicatrices du corps sans vie de Nikolaï.
- Ces informations restent des pistes de réflexion, mais c'est ce vers quoi tendent tous les membres de l'Escadron si l'on en suit le cheminement de départ, lui rétorqua Moblit. »
Moblit, éternel associé et parfois cobaye de la scientifique, était le seul à tacitement pouvoir pénétrer dans l'habitacle. Personne d'autre, pas même Erwin n'avait eu l'autorisation d'Hanji. Et puisqu'elle était l'unique personne avec des capacités suffisantes pour leurs apporter des réponses sur cette fatale agression, quiconque n'osait désobéir.
Nikolaï était allongé sur le dos, le teint lugubre et les yeux clos. De ce point de vue, nous aurions pu croire à un profond sommeil dans lequel il était plongé ceci omettant les gravures sur son abdomen.
On avait sculpté au sein même de la peau de son ventre une inscription simple et concise : « Bien tenté ».
Hanji avait perdu son sourire, ses blagues (de mauvais goût), sa joie de vivre. Hanji ne montrait plus son visage habituel. Prête à en découvre contre les immondices qui avaient pu commettre une telle atrocité.
Elle voulait des réponses.
Empoignant son calepin remplit de milles et unes ratures, elle s'éclaircit la voix avant de refaire pour la cinquième fois de la matinée, les constatations de son examen clinique :
- « Multiples lacérations au niveau de l'abdomen, présence de substances psychotropes dans sa cavité buccale, ecchymoses sur les tibias et coups portés à la tête sans doute ce qui l'a tué d'ailleurs. Évidemment, traces de strangulation à cause de la corde. Mon hypothèse est qu'il ait été drogué de force. Nikolaï n'était pas du genre à prendre ce genre de conneries de son plein gré.
- Peut-être ne se portait-il pas très bien ces derniers temps ? réfléchit Moblit.
- Il faudra que l'on s'en assure auprès de ses camarades parce que mis à part les recrues de la 104ème, nous ne nous sommes pas aventuré vers ses connaissances extérieures. » Ayant perdu le fil de son cheminement intellectuel, Hanji feuilleta de nouveau son calepin avant de poursuivre : « Je disais donc : drogué, il aurait mis à bien le plan dont il avait parlé à Arlert, et c'est là qu'il se fait assommer. On lui porte de multiples coups à la tête et il meurt à la suite. Puis on lui entaille le ventre et on le pend comme un vulgaire bouffon sur la place publique. »
Les sourcils de Moblit s'arquèrent suite à cette comparaison. Et alors qu'il allait l'interrompre :
- « Ou alors… repartit-elle crescendo, un demi-sourire pourfendant ses joues, ou alors, Nikolaï préparait le terrain pour l'investigation qu'il mènerait avec l'Escadron comme il en avait convenu avec Armin ! On lui porte un coup sur la tête pour ne pas qu'il continue davantage, boum : il s'effondre. On l'enferme, le torture : d'où les bleus sur ses tibias, et puisqu'il ne révèle rien sur la teneur de son plan, on finit par le tuer à coups de matraque dans la tête.
- Mais ça n'explique pas la drogue trouvée dans sa bouche… »
Ses idées fonçaient toutes dans le mur, et quand bien même on ne pouvait pas être certains de la vérité. Pas de témoin allié apparemment, et surtout pas le temps de mener une enquête à proprement parler.
- « Hanji, nous ne sommes pas de la Police, ce n'est pas à nous de régler ce genre d'affaires quand bien même la victime faisait partie de nos rangs. Nous ne sommes pas qualifiés pour mener à bien ces spéculations.
- Mais Erwin nous a interdit de parler de ce qui touche de près ou de loin cette mission il a été catégorique. Comment est-ce qu'on va s'en sortir Moblit ? Je ne veux pas que Nikolaï soit mort sans que l'on ait un assassin à faire comparaitre devant la justice. Je veux que ce salopard ramène ses couilles devant un tribunal et qu'on les lui coupe à la machette ! mugit-elle. »
Elle s'arrachait presque les cheveux, tremblotante de rage. Et alors que les secondes s'égrainaient dans le sablier :
- « Tout va bien ? s'hasarda Moblit à l'interroger. »
Une trentaine de secondes durant lesquelles l'interlocutrice avait relevé le nez de son travail plus tard, Hanji eut un rictus nerveux :
- « Tout… Tu me demandes si tout va bien ? » Elle retira ses lunettes d'un geste saccadé avant de poursuivre, un craquement plaintif dans sa voix : « Je suis penchée sur le cadavre d'un adolescent depuis trois jours Moblit. Tu pensais qu'avec tous les gamins et amis morts que j'avais pu voir dans ma vie, je m'y étais habituée ? Laisse-moi te dire, palabra-t-elle en retirant ses gants en latex, je peux t'assurer qu'on ne s'y fait jamais. »
Elle caressa ses propres mains et se rendit compte de leur sècheresse. Elle avait passé tellement d'heures dans ce laboratoire, que le talc des gants jetables lui avait irrité la peau. Sans plus de cérémonie, Hanji se pencha vers le lavabo pour y vomir un peu de bile : il était temps d'aérer cette maudite salle qui sentait beaucoup trop la mort pour qu'elle n'y soit agréable à vivre.
Moblit s'enquit de son état, et renchérit compatissant :
- « Je vais te chercher quelque chose à manger, je suis certain que cela fait des jours que…
- C'est bon. Je suis un peu fatiguée c'est tout. »
Il la soutint malgré tout, et lui indiqua bien rapidement une chaise sur laquelle elle pouvait s'effondrer à sa guise. Pas une larme, pas une plainte dans sa gorge : Hanji était morose et amère.
- « Tu sais ce qui m'énerve le plus, dans toute cette histoire de merde ? Ce que tous les gosses que j'ai vu claquer sur le champ de bataille, dans nos précédentes missions – tu vois – ils étaient morts en faisant leur devoir, tout du moins en sachant ce qu'ils faisaient. Nikolaï, lui, s'est fait tuer par surprise, dans un stupide avertissement qui était déjà largement compréhensible. » Moblit lui frictionna l'épaule, et d'un regard elle se plaint : « Ce petit était intelligent. Pourquoi aurait-il fait un truc pareil ? »
À Ektyos sous la terre comme à Shiganshina près du soleil, les meurtres étaient légions. Et la garde de Grisha - le clan H – étaient terrorisés à l'idée des futures représailles. Qu'adviendraient-ils de leur futur s'ils finissaient par être démasqués ?
- « T'es vraiment trop con putain ! hurla Porco de toutes ses forces. »
Porco venait de projeter à toute vitesse un vase d'une valeur inestimable aux yeux de son propriétaire (qui que ce soit-il) et Reiner l'avait esquivé du mieux qu'il avait pu. Bertolt essayait tant bien que mal de calmer le jeu :
- « Du calme Porco ! »
Si une once de lucidité pouvait valser dans ses yeux, il lui aurait probablement rétorqué une remarque cinglante comme à son habitude. Mais Porco n'était plus lui-même ces derniers jours, et déjà que sa propre lucidité avoisinait les zéros : à présent, elle était carrément négative.
Bertolt s'opposa au conflit franchement et de sa grande taille constitua un mur entre Reiner qui n'osait pas vraiment dire grand chose et Porco, instable. Il attendit que le nerveux passe sa colère contre l'attitude stoïque du blond pour pouvoir en placer une. Et après deux bonnes minutes, de cris, d'attaques et d'insultes balancées sans trop de relations les unes avec les autres, Porco soupira et s'effondra sur la chaise la plus proche.
- « C'est bon ? T'as fini ? fit Bertolt, vindicatif.
- J'étais certain… murmura-t-il, fatigué.
- Comment ?
- J'étais certain que t'allais nous faire un truc pareil, j'ai voulu prévenir le boss mais il ne m'a même pas accordé une audience.
- Ça ne m'étonne pas vraiment, sortit enfin Reiner de son mutisme, toutes les fois où tu as pris de son temps précieux, c'était pour des raisons futiles.
- Ah ouais ? Parce que toi peut-être c'était plus important ? Tu pètes plus haut que ton cul, c'est quand même dingue ça ! Je devrais te démonter la g… »
Bertolt l'attrapa sous les aisselles comme un enfant que l'on punit après une idiotie et l'écarta de son collègue.
- « J'était tellement sûr ! continua-t-il malgré tout. Et pourtant personne ne m'a écouté ! Vivre parmi ces péteux allait forcément te griller la gueule, et te faire péter un câble. Bravo ! » Il rit jaune : « Tu peux être fier de toi ! Maintenant Eren se doute de quelque chose alors que c'est le plus con de la bande, et bientôt absolument tout l'Escadron se méfiera de toi.
- Il n'a pas tort sur ce point là Reiner, souligna Bertolt, les bras croisés. Lorsque vous vous êtes battus, les autres se sont sûrement doutés d'un truc. Heureusement que la mort Nikolaï à détourné cette affaire. C'est le moment ou jamais de changer l'image que tu leur as donné.
- Je pense surtout que tu ne devrais plus jamais remettre les pieds là-bas. Ils vont tous t'interroger et tu ne voudrais pas que leur putain de caporal te tombe dessus à son tour, hein ? Je pourrais sans aucun doute prendre ta…
- Premièrement, l'interrompis Bertolt excédé, ça serait l'idée la plus stupide du siècle : qu'il ne se présente plus aux locaux des Bataillons Ailés ne ferait qu'attiser les soupçons déjà fondés sur lui. J'en prendrais pour mon grade également puisque je me suis toujours montré plus proche des autres de lui. Deuxièmement, il faut vraiment que tu arrêtes cette psychose à propos du fait que Reiner ait pris ta place et…
- Mais c'est le cas ! s'insurgea-t-il à nouveau. Il m'a volé ce pourquoi je bossais depuis toutes ces années, et je me retrouve à croupir dans cette ville de merde, avec ces gens de merde alors que…
- Et donc tu prendrais ma place ? s'agaça le blond, qui haussa le ton. » Bertolt comprit bien rapidement que Reiner en avait plus qu'assez de se plier aux crises de jalousie de Porco (bien que justifiées). Il avait une envie hurlante au fond du regard : celle de régler son compte à ce petit merdeux braillard. Il reprit : « Tu penses pouvoir rentrer dans les locaux, demander à prendre mon rôle et hop, intégrer les Bataillons ? Tu crois qu'on y rentre comme dans un moulin ? Te fous pas de ma gueule ! J'ai trimé chez Shadis pendant plusieurs années, j'ai dû faire ami-ami avec ces pauvres types, j'ai bossé pour en arriver là ! Est-ce que tu peux en dire autant ? » Un silence accueillit sa demande. Il rit franchement : « C'est bien ce que je pensais. T'es tellement pas habitué à ce qu'on te tienne tête que tu sais plus rien dire. Ça fait bizarre hein ? Cette impression qu'on puisse te cracher à la gueule impunément, et que tu ne puisses rétorquer qu'un silence de plomb. Que tu croupisses dans ta province m'importe peu, mais que tu viennes ramener ta tronche chaque fois que j'entreprends quelque chose me saoule carrément ! »
Reiner avait été franc, glacial et érudit sur ce coup-ci. Chaque mot avait été choisi comme s'il avait répété ce genre de discours après avoir échoué à l'avoir formulé (ce qui était très probablement le cas d'ailleurs).
Zeke choisit cet instant précis pour faire son entrée dans la pièce. Il ne semblait pas tout à fait satisfait de la situation actuelle :
- « Il veut te voir, se contenta-t-il de déclamer à Reiner avant de tourner les talons. »
Le prénommé avala sa salive. Grisha n'était pas à prendre avec des baguettes lorsqu'il se mettait en colère. Ou même lorsqu'il agissait en général. Il avait beau être un leader sérieux et attentionné envers ses fidèles (s'il pouvait les appeler de la sorte), il n'en restait pas moins l'homme le plus amer qu'il ait été donné de voir. Son passé, ses cicatrices, tout ceci avait forcément engendré son comportement.
Reiner ne se fit pas prier et se leva, laissant derrière lui un Porco muet, dont la colère bouillonnait sans doute d'une croissance exponentielle.
…
Gaby l'attendait, sous le porche. Elle taillait un morceau de bois avec un couteau bien aiguisé. De loin, Reiner le reconnut comme étant celui de sa mère. Les sourcils froncés, elle semblait prendre un malin plaisir à dénuder ce pauvre bout de bois en le déshabillant de son écorce. Bien vite, la masse disproportionnée prit la forme d'une pointe de lance.
Finalement, elle aperçut Reiner dans son champ de vision. Ses yeux virèrent au rouge :
- « Tu sais qu'ils ne parlent que de ça partout ? commença-t-elle, mauvaise.
- Les nouvelles vont vite, à ce que je vois… De quoi parles-tu exactement ? compléta-t-il en marchant vers le bâtiment de Grisha.
- Que tu es un raté ! Que tu as tout fait foirer et que la mission ne vaut plus rien à cause de toi !
- Ces rumeurs sont erronées, je suis persuadé que…
- Pourquoi est-ce que tu te diriges vers chez le chef Jäger dans ce cas là ? C'est Porco qui…
- C'est Porco qui rien du tout, la coupa-t-il. Je suis un guerrier, tu te rappelles ? Et ce n'est pas un manque de sang-froid qui me fera rater mon objectif. C'est un contre temps comme un autre voilà tout. Tu devrais retourner voir ta mère, elle doit s'inquiéter de ton absence.
- Tu n'as pas à me dire ce que je dois faire ! s'écria-t-elle en lançant sa pointe contre le sol. Je suis une grande fille ! Je suis celle qui a été désignée parmi tous les jeunes soldats pour reprendre le flambeau à ta suite. Je suis meilleure que toutes les autres et je compte le leur prouver !
- Alors prouve-le leur en te comportant comme un vrai soldat ! Tu sais ce que font les soldats Gaby ? Ils obéissent ! J'ai beau être ton cousin, je n'en reste pas moins ton supérieur et ce que je t'ordonne c'est de rentrer chez toi ! » N'observant que du regret et de l'amertume dans le regard de sa jeune cousine, il précisa : « Tout de suite ! »
Gaby serra le poing et effectua un mouvement témoignant sa frustration (une sorte de petit râle mourant dans sa gorge). Elle tapa du pied et s'exclama en levant les mains :
- « Bien ! »
Examinant sa jeune cousine parcourir la rue, trépignante, il se remémora ce pourquoi il était là. Lui qui espérait obtenir un brin de réconfort en palabrant une minute avec un membre de sa famille, voilà qu'il s'en trouva encore plus désemparé.
Et ce n'est pas sans avoir la boule au ventre qu'il pénétra dans l'enceinte surprotégée de Grisha Jäger.
Cela devait faire une bonne dizaine de minutes que Reiner était assis dans le large office qu'était celui de Grisha. Le leader ne faisait pas les choses à moitié en terme de décoration : l'on lui avait choisi (ou l'avait-il fait de lui-même) la pièce la plus belle, la plus éclairée, parée d'ornements onéreux.
En effet, lorsque le clan H s'était auto-proclamé comme grand superviseur de la cité, ils avaient accaparé tous les anciens bâtiments royaux pour y établir leurs quartiers. Régnait alors une tension permanente dans la ville d'Ektyos et une économie légale aussi florissante qu'il n'y avait de rayon de soleil dans cette cité souterraine.
Reiner triturait nerveusement ses mains, et n'osait ouvrir la bouche. Il se contenta de détailler le dos frêle mais paradoxalement imposant de Grisha Jäger qui faisait face à la fenêtre qui donnait sur la ville. Une lumière acre s'étendait dans la pièce, renforçant cet inconfort déjà omniprésent.
Grisha couvait la ville de son regard témoignant de toutes les épreuves qu'il avait dû traverser. Ses cheveux grisonnants aux tempes et rassemblés en une queue de cheval basse basculèrent d'épaule lorsqu'il se retourna. Grisha se décida à se prononcer. Il avait la voix fatiguée, presque rocailleuse, mais terriblement menaçante :
- « Tes erreurs nous coûtent cher Reiner. Très cher.
- Chef Jäger, si je peux me permettre…
- Si je n'avais pas rattrapé le coup, nous aurions pu jeter nos plans à l'eau. Mais grâce à notre collaboration fallacieuse avec Naile Dork et tout son Escadron, j'ai pu régler cette affaire. Nikolaï était un jeune homme bien trop curieux, et son ambition lui a coûté la vie.
- Les membres des Forces de l'Ordre Rapprochées on fait du très bon travail, admit-il. »
Mais Reiner n'aurait su être plus hypocrite. Et ce serait mensonge d'affirmer que voir le corps sans vie d'un camarade de longue date, qu'il connaissait depuis l'époque de Shadis, ne lui avait pas soulevé le cœur.
Cette opération avait pourtant été planifiée depuis longtemps bien avant qu'il ne rentre dans les rangs à la Surface. Armin et Nikolaï, que Reiner avait distingué comme étant les têtes pensantes du groupe et les plus enclines à proposer un plan d'infiltration, étaient, depuis cette même indentification, surveillés de très près par les infiltrés du clan H. Si l'un s'apprêtait à faire quoique ce soit, Reiner était chargé de le droguer et de l'emmener avec l'aide de Bertolt en toute discrétion. Les FOR, alertés à la seconde même de ce rapt, étaient chargés d'apporter une aide considérable. Ils avaient ainsi pour objectif de terminer le boulot pour ainsi dire, pendant que les deux protagonistes s'assuraient de revenir vite fait bien fait aux locaux pour n'éveiller aucun soupçon.
Mais malgré cette organisation rondement menée, Reiner se sentait coupable. Perdu dans des sentiments complexes qui lui faisait hésiter entre sa propre humanité et son devoir envers les siens, ses actions étaient donc compromises.
Rien ni personne ne devait être mis au courant de ce dilemme interne. Reiner saurait faire taire cette once d'humanité qui lui empêchait l'accès à ses propres convictions et en altérait le but.
Grisha ne sembla pas remarquer pour autant ce moment d'absence. Il poursuivit, hésitant :
- « Comment va-t-il ?
- … l'émetteur ? »
Les plaies du passé toujours béantes, Grisha n'arrivait même plus à prononcer le nom de son propre fils. Il avait donc ordonné à toute son équipe de ne prononcer le prénom de sa progéniture en sa présence sous aucun prétexte.
Il hocha donc de la tête, soucieux de connaître l'état de santé d'Eren.
- « Beaucoup mieux. Depuis quelques semaines, il est heureux ; plus aucune crise à l'horizon et il est beaucoup plus rationnel dans sa façon d'être. Et son caractère… s'exprime à merveille.
- Oui, j'ai bien eu vent de ta perte de contrôle et de sa prise de conscience face à toi. Malgré tout ce qui se dit à son sujet, c'est un garçon intelligent Reiner, ne le sous-estime pas. »
Reiner ne savait même pas pour quelle raison est-ce qu'il avait autant vrillé face à Eren. Peut-être étaient-ce les nuits blanches, la tension permanente qui pesait sur ses épaules aussi bien au sein de son clan que dans son Escadron, ou encore de savoir que l'émetteur était là, sous ses yeux chaque heure de la journée et qu'il ne pouvait pas l'atteindre ?
Pourquoi ne le capturaient-ils pas tout simplement, serions-nous en droit de nous demander ? Oh, Reiner aurait voulu que ça soit aussi simple. Mais ils ne pouvaient se risquer à de telles simplicités. Et il fallait attendre suffisamment de temps que le clan soit prêt pour le capturer vif. Toutes ses missions passées dont Eren n'avait plus la souvenance témoignait de sa motivation à ne divulguer d'informations sous aucun prétexte : Eren était plus que capable de mettre fin à ses jours plutôt que de s'allier à l'ennemi.
Sans un remerciement, il lui demanda de sortir de son bureau. Il était véritablement soulagé de savoir la chair de sa chair en pleine santé, mais il n'était pas en position de pouvoir l'afficher comme bon lui semblait.
Et alors que Reiner s'imaginait quitter les lieux sans trop de remontrances à son égard, le visage de Grisha se vit ténébreux :
- « Au fait.
- Oui ?
- Encore un coup comme ça Reiner, et je te dégage de cette mission. Tâche de te faire aussi petit qu'une souris, intègre les informations, et contente-toi de nous les recracher telles quelles, un point c'est tout. Pas question de faire dans les sentiments. Je te laisse ce poste pour le moment car tu es le seul qui a fait ses preuves sur ce terrain-ci. Auquel cas, Porco prendra ta place et tu n'auras plus jamais l'autorisation de remonter à la surface. Me suis-je bien fait comprendre ?
- Entendu, chef Jäger. »
Eren enfonça la clé dans la porte. Celle qui avait un porte clé en forme de chat que lui avait gentiment offert Hanji. Celle qui lui permettait de retrouver le seul endroit dans lequel il se sentait vraiment en sécurité. Celle qui ouvrait l'appartement dans lequel le temps semblait s'écouler autrement.
Quel ravissement de voir Levi dans le canapé, de dos, plongé dans son travail. Le savoir toujours près de lui le comblait un peu plus chaque instant. Mais aujourd'hui… oui, aujourd'hui Eren se sentait terriblement déconcerté, et ce malgré sa présence.
Cela faisait trois jours que Nikolaï avait été assassiné.
Il déposa son sac et son manteau sur le sol, ne prenant même pas le temps de les ranger dans l'armoire. Il savait que Levi détestait le désordre, mais il n'avait pas la tête à ces choses-ci. Eren avait juste besoin de le sentir contre lui.
Pleurer pour une embrassade lui semblait un peu excessif, alors il s'affaissa sur le tapis sur lequel il avait envoyé valser ses soucis lorsque Levi partait avec Lisa pendant cette fameuse soirée. Rien que ce souvenir suffit à lui arracher un soupir de douleur qui l'encouragea encore plus à venir nicher sa tête sur la cuisse droite de son partenaire.
Levi remarqua alors enfin sa présence, totalement absorbé par les nouvelles directives concernant la sécurité des nouvelles recrues à protéger (et en particulier d'Eren).
Sa main vint s'échouer dans la douce crinière de son aimé tandis que celui-ci se lovait d'autant plus contre l'aine de Levi. « Qu'est-ce qui ne va pas ? » aurait-il aimer lui demander. Mais cette question rhétorique n'aurait menée à rien. Levi savait parfaitement ce qui n'allait pas et pour quelle raison Eren réclamait autant d'affection ces derniers temps.
Il voulait l'embrasser, dans ses bras, lui faire comprendre que lui était toujours là, mais Levi, éternel handicapé sentimental rencontra un véritable mur. Il se contenta alors de lui dire :
- « Le mois de décembre, c'est vraiment une période merdique. »
L'envie était au changement de sujet. Levi savait qu'il ne fallait pas enterrer ses ressentiments et ses tristesses, mais puisqu'il ne savait pas s'y prendre autrement il décida d'appliquer cette technique un peu dissimulée derrière cette phrase. Il laissait à Eren le champ libre pour recracher ses émotions ou pour les refouler. Mais l'adolescent n'était visiblement pas bien décidé à parler. Et ayant suscité l'attention de son protégé qui roula son visage de façon à ce qu'il puisse l'observer tranquillement, il poursuivit :
- « Ça caille, on a une tonne de boulot, et on est crevé, compléta-t-il alors.
- Mais c'est aussi le mois de ton anniversaire… »
Levi s'interrompit brusquement :
- « Qui t'as dit ça ?
- … Hanji.
- Pourquoi je le savais… fit-il en levant les yeux au ciel. »
Eren enroula ses bras autour du bassin de son caporal, se collant un peu davantage.
- « Comme tu as de la chance d'être né le jour de Noël, souffla Eren. Il y a de la joie partout où tu te rends. C'est un petit peu comme si tout le monde était au courant et te le souhaitait à leur manière.
- Tu parles je déteste ce jour. Le principe d'un anniversaire est que ce jour soit spécial pour toi, et personne d'autre en plus les décos qui félicitent l'arrivée de ce putain de gosse me donnent la gerbe. Je ne comprends pas l'intérêt de fêter une année de plus qui me rapproche de la mort.
- Je dirais plutôt que c'est une année de plus bénie par ta présence sur Terre… c'est comme ça que ma mère voyait les anniversaires.
- Tu parles d'une bénédiction, soupira-t-il. »
C'était une belle vision de la vie, cependant. Un poil nauséabonde, certes, de par son aspect guimauve, mais tout de même, une belle vision. Levi saisit alors d'où venait cette tendance chez Eren à être un peu trop démonstratif lorsqu'il s'agissait de ses propres sentiments. Et pour autant, il pouvait s'avérer, comme à cet instant même, aussi hermétique qu'un crustacé.
Aussi hermétique que lui.
Les murailles autour de son cœur – que Levi avait pris grand soin d'ériger tout le long de sa vie – se fendillèrent, se fissurèrent à chaque respiration d'Eren contre sa cuisse.
Et étrangement, là où quelques semaines auparavant – que disait-il, quelques jours – le contact prolongé d'un autre être humain contre lui l'aurait répugné au plus haut point ne l'alarmait en aucune façon.
Levi continua sa caresse répétée, quitte à rester sur la même mèche rattachée à son scalp. Eren quant à lui, ne bougeait pas d'un millimètre. On ne voyait plus son visage, et ne pouvait donc pas avoir accès à ses yeux, fenêtres de son âme. Est-ce qu'Eren appréciait cette attention ? Le caporal désirait maintenant s'aventurer vers ses clavicules il avait envie qu'Eren se montre démonstratif : qu'il fasse les gestes d'affection qu'il n'osait pas entreprendre.
Cette simple tendresse capillaire lui prenait déjà tant d'énergie. Levi n'avait pas l'habitude de préluder ce genre d'action. Pour ce qui était du sexe, les expériences du passé avaient amplement rempli leur part du contrat, et Levi savait parfaitement comment s'y atteler. Il prenait les devants comme personne, et chaque geste était minutieusement calculé. Mais dès lors que l'on s'aventurait dans un terrain aussi glissant que celui des gestes doux, mais pas moins passionnés, uniquement motivés par les véritables sentiments que l'un possédait envers l'autre : ça, c'était une autre limonade.
C'était la première fois que Levi se souciait autant du bonheur d'un autre être humain.
Quand il y pensait, ne serait-ce qu'un peu plus, leur relation, leurs caractères respectifs n'avaient plus rien à voir avec ce qu'ils étaient au premier abord pendant cet été si particulier où ils s'étaient rencontrés. Cette époque si proche et pourtant si lointaine lui paraissait à des années lumières de leur rapport actuel.
Comme s'ils avaient un peu grandi, un peu mûri de concert, d'une manière, certes, différente mais qui se rejoignait malgré tout.
Comment ne pas prendre peur de cet attachement ?
Est-ce qu'il fallait se focaliser sur le présent et ne retenir que le bonheur de la situation, ou devait-il encore une fois repousser tout cela de peur d'être blessé ?
Mais le mal était là, et il en avait déjà fait l'expérience : Eren était désormais une marque indélébile dans sa vie. À lui seul de décider si cette marque pouvait se transformer en une fresque féerique, ou bien en une tâche sombre, fade, et douloureuse.
Levi balaya alors ses idées noires pour se focaliser sur l'être dont la tête reposait tristement sur sa cuisse.
Il s'en voulait. Il s'en voulait terriblement de ne pas pouvoir être empathique, et de ne pas avoir les gestes, les paroles qu'il fallait pour réconforter.
L'adulte avait toujours tenu à ce que les nouvelles générations connaissent la douleur, la peur. Selon lui, on ne pouvait avancer véritablement dans la vie de soldat si ces émotions restaient inconnues.
Mais pas pour Eren. Jamais.
Il ne lui souhaitait que de trouver la paix intérieure, et l'épanouissement qu'il méritait. Eren avait traversé déjà tant d'épreuves, et Levi était certain de n'en connaître que le quart : la partie émergée de l'iceberg, tout le reste étant bien enfouis sous ses souvenirs défaillants.
Comment tant de sentiments pouvaient fleurir en lui ? Lui, le caporal chef Ackerman, cœur de pierre forgée par des années de souffrance et de manque affectif. Et comment se faisait-il qu'il ne parvienne nullement à les exprimer correctement ?
Est-ce qu'Eren et lui avaient soudainement inversé les rôles dans leur relation ?
Brusquement, une sensation bien particulière fit sortir Levi de sa torpeur. L'humidité, et le froid : Eren pleurait contre lui sans oser montrer son visage, ayant tourné la tête vers l'autre côté du salon.
Paniqué, Levi ne sut quoi faire. Il tremblait intérieurement, mais ne laissait transparaitre qu'un froncement de sourcil bien plus arqué. On entendait Eren renifler doucement, obstruant le bruit blanc de l'appartement. Il ne lâchait pas sa prise, dépendant considérablement du pilier qu'était presque devenu Levi : le sol aurait pu se dérober sous son poids, jamais il n'aurait ne serait-ce que desserré son étreinte.
Finalement, il se fia à son instinct et glissa sa main libre sous la joue de son partenaire.
Elle était trempée.
Levi crut un instant que cette simple constatation sensorielle suffirait à le désarçonner ; de telle sorte à ce qu'il en perde son latin… mais la vision suivante le dérouta résolument.
Les yeux d'Eren brillaient des mille attraits que les déesses avaient pu disposer. Son regard, intensifié par cette surbrillance cette fine pellicule attisant la pigmentation boisée de son iris son bout du nez retroussé et rosi par cette crise de larmes soudaine…
Encore une fois, les yeux d'Eren le conduiraient à sa perte.
Tant bien que mal, le jeune adulte se sentit embarrassé d'être exposé de la sorte. Il connaissait Levi suffisamment pour savoir qu'il n'était pas du genre à réconforter qui que ce soit. Et sa réaction en témoignait toutes ses présomptions un mélange entre désintérêt et surprise. Tout ce qu'il désirait, c'était un peu de chaleur humaine, rien de plus. Les œillades emplies de pitié à son égard : très peu pour lui.
Il se dégagea de sa maigre étreinte et entrouvrit la bouche :
- « Je suis dé… »
Mais sa phrase n'eut de cesse de s'achever dans la bouche de son congénère puisque celui-ci pressa brusquement ses lèvres contre les siennes. Loin d'être un contact désagréable, et puisqu'Eren ne nécessitait de lui que son soutien – quel qu'il soit – l'adolescent se laissa fondre dans cette embrassade.
Trop bousculé dans ses émotions, Eren ne parvenait même pas à savoir si le geste avait été incité par son unique envie, ou si Levi tentait réellement d'apporter une aide quelconque. Peu importait, il était là. Et rien d'autre ne comptait réellement désormais.
Néanmoins, Levi interrompit bien rapidement le baiser trop rapidement. Eren, déboussolé le questionna du regard. Comme seule réponse lui parvenu un mouvement doux, impropre à Levi. Il essuya, de ses pouces, ses joues humides.
Il l'observait avec une tendresse à nulle autre pareille, comme on ne l'avait jamais regardé. Enfin… une tendresse propre à Levi. Eren sentit son cœur se resserrer dans l'étau qu'était sa cage thoracique.
Pouvait-il se sentir plus apprécié qu'en ce moment précis ?
Tout à coup, le ciel lui semblait moins sombre, la température moins glacée. Levi était une drogue et Eren était franchement accro.
Levi ramena Eren à son niveau, et posa ses mains sur ses flancs. Quand soudainement, il fut pris d'une violente envie de vomir : il l'aimait, et s'apprêtait à le lui montrer physiquement tandis qu'Eren ne désirait qu'une épaule pour pleurer. Satisfaire ses propres besoins avant ceux des autres, c'était ce qu'il avait toujours fait dans un souci de survie. Mais là n'était plus la question. Le caporal se voyait pour la première fois avec des yeux étranges, dépréciateurs : égoïste était le mot qui résonnait au sein de son organisme.
Alors, rappelé à la réalité, comme une douche froide parcourant l'entièreté de son épiderme, Levi sut faire taire non sans difficulté toute la luxure et la beauté qui émanait du corps d'Eren. Il retira une main du tee-shirt qu'il s'était apprêté à retiré quelques instants auparavant mais lorsqu'il tenta de soulever la deuxième pour la rabattre sur sa propre cuisse, Eren l'en empêcha.
Levi ne comprit pas ce qui avait pu motiver ce geste, s'apprêta à parler avant qu'Eren n'émette une supplique dans un timbre de voix terriblement alléchant :
- « Je t'en prie… »
C'était à la fois une invitation, et, à la fois une demande. Eren voulait que son partenaire lui montre son affection. Eren ressentait la nécessité de se savoir encore en vie : que Levi lui apprenne. Il n'avait plus peur, il ne redoutait plus la douleur, l'appréhension. Il voulait juste se sentir consolé, dans une manière peut-être plus brutale qu'une simple embrassade, mais c'était ce dont il avait besoin.
Il ne demandait pas une tape sur l'épaule en guise de consolation. Il voulait se sentir enveloppé dans un cocon, il voulait oublier toutes ces histoires qui constituaient son environnement depuis trop longtemps. Il voulait découvrir, voyager jusqu'aux nuages pour mieux plonger dans l'un d'eux toujours en sa compagnie.
Dans ce climat géopolitique instable, ils ne savaient pas de quoi demain était fait. L'un pouvait bien mourir le lendemain, qui pouvait se vanter de connaître le futur ? La blague… Eren ne connaissait même pas son propre passé.
Et, au plus profond des méninges altérées du pauvre adolescent déjà bien malmené par la vie, il y avait une requête qu'Eren voulait assouvir avant de rendre les armes : celle de se sentir aimé au plus profond de lui.
Eren voulait faire l'amour avec Levi.
Cela sonnait comme un gros mot dans son esprit, mais la réalité était telle quelle.
Mais il ne semblait pas savoir concrètement jusqu'où Eren était prêt à aller.
L'adolescent le mit alors sur la piste en retirant son haut. Le brun ne laissa transparaitre aucun sourcillement, mais de là où il était, comme un radar, Eren sentait son désir s'accentuer. C'est alors que Levi prit un peu de recul pour admirer son buste, dans toute sa superbe. Eren n'avait rien à à lui envier : il était véritablement beau.
Il laissa couler sa main le long de son torse en partant de son cou, et s'arrêta brusquement sur sa poitrine. Son pectoral gauche, orné d'une large cicatrice témoignait encore et toujours de la présence de l'émetteur. Levi la caressa du bout de ses doigts avant de s'échouer vers ses hanches. Ainsi, il posa sa tête contre son cœur pour y entendre la mécanique.
Il pouvait sentir le regard enfiévré d'Eren peser sur sa nuque.
Le jeune homme vint humecter délicatement ses lèvres avant de poser un baiser aussi léger qu'un battement d'ailes de papillon contre la peau fragile du cou de son partenaire. Nul doute que les frissons qu'il ressentit furent partagé aussi bien dans un camp que dans l'autre.
Boum-boum, boum-boum, boum-boum…
Le cœur d'Eren résonnait jusqu'aux tréfonds de ses oreilles dans une mélodie aussi apaisante qu'elle n'était enivrante. Mais Levi n'était pas esclave de ses pulsions. Il savait qu'aujourd'hui ne serait pas le jour de leur première fois.
Eren était malheureux, et ce n'était clairement pas grâce au sexe qu'il se sentirait davantage cajolé. Il fallait qu'il extériorise, il fallait qu'il parle.
Levi ne voulait pas qu'il se souvienne de sa première fois comme du moment où son ami était mort.
Il se stoppa tout net, et le rhabilla sans qu'il ne puisse comprendre quoi que ce soit. Eren protesta, frustré :
- « Qu'est-ce que tu fais ?
- On ne va pas le faire aujourd'hui, trancha-t-il catégorique.
- Quoi ? Mais ! Mais pourquoi ?
- Parce que c'est comme ça. » Il l'emmena dans la chambre en le prenant par la main, sans qu'Eren ne puisse riposter. L'adolescent se sentait à l'étroit, il voulait Levi : vraiment. Il ne comprenait pas pourquoi est-ce qu'il s'était arrêté comme cela. Le brigadier l'invita à s'asseoir sur le lit : « Tu n'es pas en état aujourd'hui.
- Tu plaisantes ? C'est aujourd'hui particulièrement que j'ai besoin de toi ! Pourquoi est-ce que tu fais ça ? Tu n'en as pas envie ?
- Ce n'est pas la question, tu n'es pas prêt voilà tout. Ça ne veut pas dire que je ne t'… » Levi déglutit, mais sa gorge était si sèche que la moindre parcelle d'humidité se frayait difficilement un chemin dans son œsophage : « Ça ne veut pas dire que je n'ai pas envie de le faire.
- Alors pourquoi ? Je t'aime Levi, j'ai envie faire l'amour avec toi. Qu'est-ce qui nous empêche ? »
Levi souffla de consternation. Comment arrivait-il à sortir des phrases pareilles sans une once de gène ? Il voulait parvenir à lui expliquer le fond de sa pensée, mais c'était impossible.
Tous les mots se mélangeaient dans sa tête, et pas un mot ne sortait de sa bouche. Levi le regardait, tout simplement. Les sourcils d'Eren finirent par se froncer :
- « Il y a un problème ?
- Non, aucun. Va te reposer, je vais faire la bouffe.
- Levi, pourquoi tu fais ça ?... » Il se releva et l'enlaça timidement. De dos, Levi pouvait encore une fois sentir son cœur contre lui. Cela lui faisait perdre toute pensée réfléchie. Eren posa gentiment son menton contre l'épaule qui lui était offerte : « Pourquoi tu te fais du mal comme ça, pourquoi tu ne me dis pas ce à quoi tu penses ?
- Je ne pense à rien…
- Si, je vois bien. Je ne suis pas bête.
- Putain Eren, ricana-t-il, c'est toi qui souffre et tu me demandes ce qui ne va pas, tu ne trouves pas qu'il y a un petit souci ? Laisse-tomber, c'est juste pas le moment, c'est tout fais-toi une raison. » Il marqua un doux silence, durant lequel son rictus sarcastique s'affina en un sourire moqueur : « Ou alors t'es tellement excité que ton cul n'en peut plus de m'attendre ?
- Quoi ?! s'étrangla-t-il avec sa propre salive. Pas du tout ! Arrête de me tourner en ridicule, fit-il en l'affublant d'une tape sur l'épaule. Je veux juste qu'on franchisse ce pas dans notre relation, je veux juste… » Il s'arrêta desserrant son étreinte : « C'est pas facile d'être avec toi tu sais… Je dois entreprendre chaque communication comme s'il s'agissait d'une traversée dans le désert. J'aimerais que tu puisses me dire ce que tu as sur le cœur. »
Le goût acre du souvenir d'une conversation semblable lors de la dispute qui avait tout fait valdinguer dans leur couple rappela à Eren un des moments les plus douloureux émotionnellement parlant de ces derniers mois.
- T'as toujours été super doué pour tout déchiffrer, alors va-s'y. Tente ta chance. Et si tu y arrive du premier coup, alors… je te promet qu'on le fera.
- Aujourd'hui ?
- Une promesse est une promesse. »
Eren se décolla du dos si confortable et rassurant de son partenaire pour mieux le fixer. La dernière fois qu'il s'était attelé à cet exercice, il avait visé juste, pourquoi pas maintenant ? Bon, à l'époque, il était dans une grotte encore amnésique, il venait de recevoir un sacré coup sur la tête affublé d'une belle jambe cassée et il n'avait absolument pas comprit sur le moment avoir touché en plein dans le mille ; mais il avait visé juste tout de même !
Il concentra tous ses chakras avant de se prononcer :
- « Tu n'as pas envie que ça aille trop vite entre nous ? »
La pommette du brigadier se releva en un sourire narquois :
- « Eren… On s'est littéralement branlés dans la douche la dernière fois, tu crois que si je t'encule ça va changer grand chose ?
- Toujours une façon de parler aussi charmante… dit-il, déçu d'avoir perdu. » Mais il ne se laisserait pas abattre pour autant : « Ça sera ma première fois et donc… tu veux qu'elle soit spéciale… ? » Levi lui fit un signe de la main de poursuivre sur cette lancée : « Et donc… puisqu'en ce moment c'est un peu la merde dans nos vies, tu préfères attendre que ça se calme ? » Le brun lui lança un regard taquin : « C'est ça ?!
- C'est pas exactement ça, mais disons que c'est correct. »
Eren se précipita sur lui pour l'embrasser, et Levi tenta de placer quelques mots entre chaque baiser :
- « Par contre, tu n'y es pas, arrivé, du premier coup, alors, c'est perdu.
- Allez, Levi… » Il l'embrassa encore un peu : « S'il-te-plaît…
- Non, c'est non. Sois bon perdant un peu. » Il le laissa donc pantois, seul dans la chambre, avant d'ajouter après un magnifique déhanché dont il avait le secret : « Mais peut-être cette semaine si tu es sage. »
Eren était à la fois déçu de ne pas pouvoir enfin franchir ce pas ce soir, mais excessivement heureux de comprendre que Levi était enclin à sa demande.
L'adolescent réalisa qu'avec toute cette discussion, il en avait complètement oublié les problèmes pour lesquels il se rendait si malheureux.
Levi lui faisait tout oublier
c'était son égide, son glaive.
Levi était son monde.
Comme je les aime ces deux-là.
Qu'avez vous pensez de ce chapitre, ça avance !
- La révélation sur ce que pense Reiner, et Bertolt dans l'histoire du clan H qui s'était fait discret jusqu'alors ?
- Grisha ? Que pensez-vous de la relation avec son fils ? Qu'a-t-il pu faire dans le passé pour s'en séparer et faire croire à sa mort (parce que oui, souvenez vous il s'était fait passé pour assassiné !)
- Eren ? Son état de santé ?
- La relation Levi et Eren (TATATA LE LEMON ARRIVE A GRANDS PAS). Seigneur j'ai peur de l'écrire et de vous décevoir, il faut que ça soit explosif !
- L'attitude de Levi envers son petit protégé ? Je sais qu'il peut paraitre un poil OOC mais comprenez et laissez moi m'exprimer : Eren est vraiment la première personne avec qui il se sent véritablement heureux et en confiance. Chaque être humain a de l'amour à donner, et Levi garde tout en lui quitte à ce que ça se nécrose au fond de son coeur, de puis supeeeer longtemps. Mais il est toujours Levi, incapable de l'exprimer de façon intelligible. Peut-être qu'avec le temps il réussira à le faire correctement qui sait *wink wink*. Vous avez la chance d'avoir son point de vue d'ailleurs, du coup, on comprend un peu mieux ses actions !
Je vous estime tous petits sagouins, profitez bien de votre fin de weekend !
À... un jour !
Gros bisous, Nizzie
