Me revoilà !

Salut à tous, je suis ravie de vous revoir après bientôt trois mois d'absence *rire nerveux*

J'ai bien cru perdre tout intérêt que j'avais pour cette histoire alors que je me concentrais pour achever mon année convenablement. Je ne trouvais plus la force d'écrire alors que je trimais pour m'assurer un avenir incertain. J'ai même pensé ne plus jamais avoir la force d'écrire, mais par un mystérieux coup de veine, l'écriture est revenue aussi naturellement qu'elle ne s'en était allée.

Je ne me serais jamais pardonné d'avoir laissé cette fic à l'abandon. Vos reviews ont été mon moteur pour reprendre en gardant le cap sur mes révisions : et pour cela merci encore.

J'espère ne pas tous vous avoir perdu *rictus toujours aussi nerveux*

En tout cas, laissez-moi vous dire que c'est un putain de bonheur que de revenir sur ce site ! La fièvre d'SNK m'est revenue tout d'un coup et ce, même si je ne regarde pas la diffusion actuelle de l'animé (d'ailleurs j'ai tellement envie de m'y remettre vu combien l'OP 5 est du feu de Dieu mais je redoute l'éloignement soudain de l'intérêt que je porte à mes révisions alors je me retiens haha).

J'espère que vos derniers mois se sont bien déroulés et que vos exams également !

La réponse au Guest :

La bte : Coucou ! Comme d'habitude, merci à toi pour tes messages ! L'histoire avance, et il était temps j'ai envie de dire ;) pour te créer un compte ça risque d'être compliqué de t'expliquer comment je me suis débrouillée puisque ça va faire deux ans que le mien est fait... ça ne doit pas être bien sorcier, si j'y suis arrivé c'est que tu peux t'en sortir comme une chef ! À la prochaine !

Un remerciement (oui encore un, mais est-ce que vous n'êtes pas habitués à force ?) tout particulier à Miramaterasu qui a prit le temps de me rédiger une putain de critique qui m'a bien aidé à avancer mentalement dans mon histoire.

! ÉGALEMENT ! Premièrement, je vous conseille d'écouter "You see Big Girl" d'Hiroyuki Sawano à partir du "time-code" représenté comme ceci "/". Deuxièmement... J'aurais des petites infos à vous faire passer en bas, notamment sur l'avenir de cette fic !

Bonne lecture !


Le bruit des avions caressant les nuages donnait à Eren l'envie de voler pour partir rejoindre les oiseaux. De là haut, il pourrait sans doute croiser les rayons de la lune et prendre un bain dans les étoiles tout en observant la lune réverbérer sa lueur contre la mer d'huile. Mais Levi le ramena bien rapidement à la réalité lui assurant que s'il continuait à divaguer de la sorte, il finirait par plonger la tête la première contre le bitume.

Levi était un peu son point d'ancrage à la Terre. S'il n'existait pas, Eren était prêt à parier qu'il serait déjà bien loin. Il n'y pouvait rien : c'était un rêveur, voilà tout. Que pouvait-il faire face à cela ?

Plus tard dans la soirée, après une énième discussion sur la façon singulière qu'avait Eren de manger sa soupe (« comme un porc » selon Levi), les deux s'affalèrent dans le grand divan. Un film d'action aux explosions aussi fréquentes que ne pouvait l'être le souffle du vent au mois de décembre passait à la télévision tandis que les deux hommes, trop flemmards pour changer de chaine restaient tout simplement allongés l'un à côté de l'autre.

À chaque tentative d'affection de la part d'Eren, Levi l'interrompait systématiquement, par pure tactique. Initialement, Eren n'y prêtait guère attention, mais au bout du cinquième essai vain, il s'insurgea :

- « Qu'est-ce qui te prend ?!

- C'est moi qui décide jusqu'au soir fatidique.

- Ça ne répond absolument pas à ma question !

- C'est toi qui a voulu jouer, ricana Levi. J'ai dit « peut-être cette semaine », pas « ce soir », il faut apprendre à saisir les nuances, gamin.

- Je n'ai plus le droit de te toucher jusqu'à ce que tu décides du soir ?

- Exactement, alors ne viens pas me coller si tu ne veux pas que je t'en colle une, ricana-t-il.

- Ce n'était pas du tout comprit dans les règles du jeu ça ! Tu m'as arnaqué !

- Règle numéro une : ne jamais jouer contre quelqu'un de meilleur que soi.

- Bien ! céda-t-il. Fais comme tu le souhaites, je m'en moque. »

Eren gonfla ses joues et finit par rendre les armes en le boudant vers l'autre bout du canapé. Levi sourit, bien heureux que sa technique fonctionne de la sorte. Bien sûr, il le taquinait seulement et l'autoriserait bien vite à reprendre leurs activités habituelles mais il était si facile de faire rentrer son partenaire dans une colère quasi hystérique que Levi avait décidé d'y prendre un malin plaisir. Il ne voulait pas plonger Eren dans une humeur aussi maussade que ne l'était celle des locaux depuis la mort de Nikolaï. Tout ce qu'il désirait était de lui faire prendre – ne serait-ce que l'espace d'une soirée – un peu l'air de toute cette macabre aventure.

Le caporal avait vu des camarades tomber lors des ses nombreuses années de service – oh ça oui – et jamais les gens n'avaient su réagir correctement. Et il lui semblait d'un certain point de vue, que sa méthode avait plutôt l'air de fonctionner sur son protégé.

Tant mieux.

Lui tournant partiellement le dos, Eren dévoila son flanc ainsi qu'un bout de son dos donnant plein accès à Levi vers cette chair exposée. Et ce fut la première fois qu'il remarqua – ou peut-être ne s'y était-il jamais véritablement attardé – avec autant de netteté le tatouage qui reposait aux creux de ses reins.

Il en avait presque oublié toute cette affaire autour des tatouages du clan H : une appartenance, un sceau de possessivité. Comme si la cité du clan H avait droit de vie sur ses habitants.

Une sorte d'éclair de génie lui traversa l'esprit. Le brigadier se releva sur le champ pour aller farfouiller dans ses dossiers :

- « Qu'est-ce qui te prends tout à coup ? s'étonna alors l'adolescent qui décida de mettre fin à son prétendu désintéressement.

- Tu te souviens du tatouage que portent tous les membres du clan H ? Enfin… les habitants d'Ektyos ?

- … ouais ? se méfia-t-il en rabattant son tee-shirt.

- Nous avions parlé d'un traitre parmi nous – les recrues ou l'Escadron – qui aurait pu divulguer les informations que nous détenions sur toi. Quelqu'un qui savait pour Nikolaï et qui l'aurait soudainement passé sous silence.

- Je ne vois pas très bien où tu veux en venir… fit-il sceptique en le rejoignant près de la table du vaste salon.

- Si un imposteur est dans nos rangs, il porte forcément un tatouage puisqu'il vient d'Ektyos, tu me suis ? » Il buta soudainement dans la paire de Rangers qui trainait dans l'entrée : « Putain Eren ! Range tes pompes !

- Le traitre peut ne pas être directement d'Ektyos, non ? l'ignora-t-il. Cela pourrait tout simplement être un allié des FOR qui eux-mêmes sont alliés au clan H ?

- …mon hypothèse mérite quand même d'être soulevée. » Il sortit un vieux rapport dans lequel résidait les photos des morts du clan H poursuivant sans doute Eren à sa découverte sous les débris : « Tu vois ? On devrait faire une inspection de chaque recrue, de chaque membre de l'Escadron : on les foutrait complètement à poil. Et je me branle de savoir s'ils sont pudiques ou merde, parce que là - bordel - on tient peut-être une…

- Qui sont ces gens ? l'interrompit-il en touchant de ses doigts le papier glacé de la photographie.

- Tu veux dire « qui étaient » ces gens ? ironisa le brigadier. Des petits collabos du clan H, des fervents disciples du leader d'Ektyos qu'est-ce que j'en sais ?

- Ils avaient l'air sacrément mal en point, détailla-t-il.

- On les avait trouvés près des décombres où on t'a découvert la première fois.

- Près de moi ? »

Eren se rapprocha encore davantage de la représentation. Fidèle à la réalité, elle avait su retranscrire sur le papier jusqu'à l'ambiance de la scène. Le jeune adulte en fut tout retourné, il sentait presque ses neurones vrombir :

- « Ça te rappelle quelque chose ? s'alarma-t-il immédiatement.

- Il me… je crois.

- Eren, je ne le sens pas, lâcha-t-il. Il vaudrait mieux qu'on creuse cette piste de souvenir avec Hanji je ne veux pas que tu… »

Et sans écouter davantage, tout lui revint de ce jour fatidique celui qui avait précédé sa première rencontre avec les Bataillons Ailés. Eren avait peur de refaire une crise, et il en présentait déjà tous les symptômes : pupilles divergentes, voix et mains frémissantes. Autrement, il se contrôlait encore il se laissa glisser sur le sol tandis que Levi le soutenait affectueusement :

- « Ils étaient une dizaine à me talonner et une cinquantaine à me poursuivre, raconta-t-il le timbre grave et les paupières closes. Ils… J'avais dû me cacher pendant une semaine. Il faisait sombre, j'avais faim, j'avais soif et… et mal. Tout : mes bras, mes jambes, partout. Hmpf ! laissa-t-il échapper en étouffant sa grande douleur abdominale. » Il posa alors son poing fermé, phalanges vers la peau de sa poitrine pour inhiber cette fulgurante blessure qui grandissait en lui : « Et puis au petit matin, après avoir attendu la relève de la garde de la grande porte… J'ai… putain ! expectora-t-il incapable de continuer.

- Eren, je sais que tu as mal. » l'encouragea Levi, déterminé. Mais il ne savait pas s'il devait continuer à l'écouter ou appeler Hanji de toute urgence. Le brigadier était terriblement tiraillé : voir le garçon qu'il aimait à ses pieds, tremblant de douleur ne pouvait être un spectacle attirant pour personne. Il se convint alors de sa propre ténacité et lui serra la main pour lui apporter la force nécessaire : « Eren, je suis là. Tu te souviens ? Tant que je suis là, tu ne risques rien. »

C'était terriblement présomptueux et faux de sa part, mais Eren dans son état d'esprit actuel n'avait pas besoin d'entendre la vérité mais d'être rassuré. Partir à la pêche aux souvenirs n'était guère une partie de plaisir, plutôt un combat de tous les instants s'il pouvait se sentir ne serait-ce qu'une once soutenu, Levi était sûr qu'il pouvait grandement faire avancer les choses.

- « Je les ai tous assommés. Je cr… Je crois en avoir tué beaucoup, je ne maitrisais plus ma force, il fallait que je m'enfuis. Ils hurlaient tous dans mon dos. Je ne voulais pas que Zeke me rattrape. » Son souffle saccadé, Levi avait du mal à déchiffrer chaque parole : « Et puis je me suis retrouvé à la Surface. Pour la première fois. En une minute ils étaient tous là, j'étais poursuivis, ils… envoy… ils envoyaient des grenades, ils brûlaient la ville… et je me suis retrouvé sous les débris après l'explosion. »

Eren ouvrit les yeux. Comme s'il sortait d'un mauvais rêve.

Tout cela ne pouvait être qu'un mauvais rêve, pas vrai ?

Levi quant à lui observait avec pugnacité les iris altérées de son protégé. Ses pupilles avaient triplé de volumes et juste après qu'il eut plongé son visage dans ses mains pour reprendre sa respiration, elles étaient revenues à la normale.

L'adolescent, déjà à terre, s'effondra davantage dans ses bras. Il était à bout de souffle et Levi, encore perturbé par ce changement si soudain n'avait guère la respiration dans un meilleur état :

- « Ça faisait longtemps, plaisanta Eren en faisant référence à ses bouffées délirantes.

- Espèce de con, cracha-t-il en acceptant son embrassade presque à contrecœur. »

- J'ai l'impression que je contrôle mieux mes crises, non ? rit-il.

- C'est sûr qu'entre ça et un coma, y a une petite différence. Putain Eren je t'ai expliqué que quand Hanji n'est pas dans les parages tu évites de faire ce genre de choses !

- Ce n'est pas comme si je pouvais véritablement les maitriser… et puis c'est toi qui m'a montré ces photos d'abord !

- C'est ça, maintenant ça va être de ma faute en plus ! On te les avait présentées dès ton réveil, je ne pensais pas qu'elles seraient un déclencheur ! vociféra-t-il.

- C'est bon… s'écrasa-t-il. Pas la peine de crier… »

Levi lui asséna une belle claque sur le front avant de le serrer de nouveau dans ses bras, cœur contre cœur. Eren vint nicher sa tête dans le cou de son partenaire c'était l'endroit où il préférait être au monde. Tout y était si doux, si harmonieux.

Eren était rassuré : ses crises à présent maitrisées – tout du moins bien mieux qu'auparavant – il pouvait vivre presque tranquillement.

Il déposa un doux baiser sur sa joue, mais Levi s'assura de le faire descendre de son petit nuage :

- « Va ranger tes putains d'affaires qui trainent. »

Sacré Levi.


Trois jours plus tard, le froid congelait littéralement les locaux. Le chauffage leur avait été mystérieusement et hasardeusement coupé et depuis, les entrainements et autres réunions ne pouvaient avoir lieu sans cape.

Toutefois, Levi ne croyait pas au hasard.

Perdus dans un brouillard glacé, les recrues de la 104ème et précédentes s'échauffaient dans un lieu singulier, délocalisée un peu plus loin de la cité et des bureaux. Entourés par une forêt d'arbres robustes, ils s'exerçaient dans une clairière les coupant de la ville et de sa pollution.

Ils courraient tous dans un parcours délimité et à une allure constante : les soldats ne devaient en aucun cas perdre la main dans un climat pareil.

- « Faut qu'on leur tombe dessus ! s'exclama Connie à peine essoufflé par sa course. Pas la peine de faire dans la dentelle et la discrétion, BAM ! on déboule et on leur fout les chocottes de leur vie !

- Bien sûr, et avec quelle armée ? lui indiqua Sasha le talonnant. Je te rappelle que dans le Bataillon, nous ne sommes pas plus d'une cinquantaine… et encore, en comptant les recrues et les supérieurs. Tu penses vraiment que nous ferons le poids ?

- Bien sûr, le soutint Jean. Nous avons un entrainement bien meilleur que le leur !

- Oï, vous ! apostropha le caporal. Ça va on ne vous emmerde pas trop ? Vous ralentissez la cadence, magnez-vous le fion vous vous raconterez vos petits potins après !

- Bien caporal ! crièrent-ils en accélérant. »

Pas question de remettre en cause les dires de leur supérieur.

Mikasa de son côté avait achevé les tours ordonnés depuis une bonne dizaine de minutes et s'attelait aux exercices de force en effectuant les deux cent pompes sans rechigner.

Pendant ce temps, elle spéculait. Ils savaient tous que les Forces de l'Ordre Rapprochées étaient responsables du meurtre de leur confrère - tout du moins qu'ils étaient en collaboration avec l'ennemi - alors comment pouvaient-ils encore se tourner les pouces ? Sans doute y avait-il trop à perdre : leurs locaux, une nécessité de se cacher constamment et bien d'autres interdits auxquels elle ne pouvait même pas songer. Malgré tout, elle ne pouvait supporter l'idée de connaître les coupables et qu'ils ne soient pas jugés.

Elle voulait partir seule. La brune se savait plus forte que tous les autres, peut-être même plus endurante que Levi sur certains points ; elle était donc capable de gérer une infiltration rondement menée.

Une goutte de sueur perla sur son front malgré la fraicheur de l'air en cette matinée d'hiver la ramenant à son statut de simple humaine.

Mikasa avait beau être parée de tous les atouts au combat, elle se ferait tuer sur le champ si elle s'aventurait vers les terrains glissants de la vengeance.

Et en réalité, peu l'importait plus que de savoir Eren et Armin en vie. Le reste était dérisoire, bien qu'handicapant.

Cependant, ces FOR en liberté mettaient en périls ses amis, il fallait qu'elle parle, qu'elle s'exprime. La jeune femme se releva alors, rabattant ses cheveux en arrière dans un geste rapide puis se dirigea vers le trio de supérieurs présents pour diriger l'entrainement :

- « Chef d'Escouade Mike, puis-je avoir un instant ?

- Bien sûr, je t'écoute, dit-il avec un timbre prévenant et s'écartant légèrement de Levi et Nanaba.

- Qu'avez-vous réellement prévu de faire pour cette mission ?

- Je regrette, mais ces informations sont encore floues pour nous tous, et tant que le major…

- Pourquoi ne partons-nous pas confronter directement les Forces de l'Ordre, pourquoi restons-nous à nous entrainer comme si de rien n'était ? continua-t-elle la voix particulièrement monotone.

- La mort de Nikolaï nous attriste tous, et le geste derrière est encore pire que le décès en lui-même. Cet affront est sans précédent, mais nous ne pouvons pas nous permettre de spéculer ainsi sur les FOR sans que…

- Parce qu'Erwin est une lopette qui ne veut pas bouger son cul, voilà pourquoi, l'interrompis Levi qui s'était rapproché de la discussion entre-temps.

- Mais encore ? Tu te permets de juger bien facilement à mon goût sans proposer de véritable plan, le sermonna Mike. Le major Erwin tente tant bien que mal de créer une tactique viable et qui pourrait mener à bien, non pas une petite virée mortelle.

- Je vous ai exposé cent fois mon avis, libre à vous d'attendre encore et encore que la mission se fasse. »

Mikasa toisait Levi d'une manière propre aux Ackerman. Derrière ses traits tirés par une colère rongée, on pouvait lire une animosité certaine envers celui qui osait être l'objet fantasmé des rêves d'Eren.

Mais c'était bien plus que cela. Mikasa entendait la proposition de Levi, et se sentait presque prête à batailler bec et ongle pour que les supérieurs l'entendent. Non pas qu'elle veuille absolument donner raison à ce nain, mais Eren et Armin devaient être protégés au plus vite. Et elle était convaincue que les FOR n'étaient pas blancs comme neige dans cette affaire.


- « Tu as fait une nouvelle crise ? Et tu ne nous en as même pas parlé ?! s'étonna Armin.

- Et bien, je ne voulais pas vous alarmer… on a beaucoup à faire en ce moment, et je pensais qu'en vous…

- Et bien tu penses mal ! le réprimanda Mikasa. Comment est-ce que je suis censée réagir si tu nous caches des choses ? »

Eren s'en voulait, bien entendu. Mais comment pouvait-il réagir face à ses accusations ? Le meilleur restait de faire profil bas et de s'excuser comme il savait le faire.

- « Je suis désolé, répondit-il sincèrement. Je n'ai aucune mauvaise intention, je… Je suis moi-même un peu perdu avec tout ce qui se déroule en ce moment. Et puis ce n'était pas une crise très importante. Levi était à mes côtés, je ne risquais rien.

- Le caporal a beau être fort, ça n'est pas un médecin Eren, raisonna Armin.

- Je sais ! Mais… à ses côtés, mon corps est plus résistant. » Les quatre sourcils de ses congénères s'arquèrent de concert tandis qu'Eren tenta de s'expliquer : « Je ne sais pas véritablement comment mon organisme fonctionne mais… Émetteur ou pas, quand il est là… » Il laissa couler son regard vers l'objet de ses dires. Des cœurs auraient presque pu sortir de ses yeux : « Je me sens invincible.

- Eren… » Mikasa lui replaça gentiment une mèche derrière les oreilles : « Je sais que ton amour te donne des ailes mais il t'aveugle également. Tu as beau être un surhomme grâce à cet émetteur, tu restes mortel. Je ne veux pas que toute cette histoire te monte à la tête et te fasse faire des actions encore plus déraisonnées que d'habitude. »

Le prénommé tenta vainement de trouver dans ce regard maternel une bribe de jalousie. Savoir le point de vue de son éternelle amie d'enfance biaisé par ses sentiments lui empêchait de comprendre l'essence de son message. Mais Armin confirma la légitimité de la brune à s'exprimer sur le sujet :

- « Mikasa a raison Eren. Tu devrais l'écouter. Je ne doute pas une seule seconde du fait que Levi pourrait donner sa vie à te sauver. Mais de ton côté tu dois faire en sorte de ne pas nous inquiéter outre mesures.

- Attendez, attendez… vous me parlez de danger comme si j'y pouvais foncièrement quelque chose. Je ne suis pas responsable de mes crises ! Vous pensez que c'est agréable à vivre ?

- Ce n'est pas ce que l'on dit, tu sais bien, renchérit le blond. Nous parlons des actions que tu peux commettre lorsque tu es sur le terrain. »

Eren ne trouvait pas quoi leur rétorquer. En vérité, ils avaient raison, il le savait. Mais c'était un défi de tous les instants que de ne pas avoir le fin mot à cette discussion.

Ils s'avançaient mollement vers les locaux, épuisés par leur entrainement. Les grandes portes vinrent à elles bien plus vite qu'ils ne purent le penser.

Combien de temps pourraient-ils encore pousser cette entrée qu'ils avaient maintenant l'habitude de fouler ? Combien de mois, combien de jours ? Plus personne ne se sentait en sécurité désormais et cela se ressentait jusque dans le comportement du personnel gérant le rez-de-chaussée, armé jusqu'aux dents et sur le qui-vive à chaque arrivée, peu en importait la nature. Une tension permanente qui n'était pas des meilleures ambiances pour travailler.

- « Où est Reiner ? demanda Eren, brisant le silence après la fouille de l'entrée.

- Aucune idée.

- Et Bertolt ? »

Mikasa ne lui rétorqua qu'un faible haussement d'épaule avant de mordre dans la barre sucrée protéinée fournie à chaque fin d'entrainement.

Ils se fixèrent tous les trois d'un air suspicieux. Tout cela devenait un peu trop louche, et ces coïncidences de plus en plus nombreuses.


- « Tu voudrais faire une… inspection ? »

Erwin ne saisissait pas vraiment où Levi voulait en venir.

- « Une inspection, répéta-t-il. En tant que caporal, je me dois de faire avancer cette expédition qui s'enlise dans le temps. Mais avant toute chose, nous devrions faire une fouille complète, de toutes les recrues, y compris les plus hauts-gradés afin de voir si un tatouage ne s'y cache pas quelque part. Et par complète j'entends : vraiment complète. »

Sous son regard ombré se cachait une menace : Levi en avait ras-le-bol et voulait chopper le salopard qui avait oser frapper un grand coup de l'intérieur. Erwin acquiesça alors, très sérieux et invita Levi à faire ce qui était en son pouvoir pour repérer qui était ancien membre ou toujours actuel membre du clan H.

Levi était ravi de quoi rabattre son caquet à Mike.

Il fallait prendre les recrues par surprise, ne pas les prévenir afin que le traître ou la traîtresse ne puisse préparer de riposte. Malheureusement en ce jour précis, il manquait des effectifs. Deux effectifs pour être plus précis : Bertolt et Reiner.

Comme par hasard.

Eren lui avait déjà expliqué ses tourments envers les deux compères, et malgré le fait qu'il lui ait assuré penser qu'en aucune mesure ils ne pouvaient constituer de potentiels traitres, Levi n'était pas de cet avis. Son protégé avait, de toute évidence, la face voilée par les brumes de l'amitié qu'il portait envers les eux.

Enfin, il était inutile de préciser que l'inspection devait obligatoirement avoir lieu en des conditions où chaque membre foulant le sol des offices de son talon se devait d'être présent.

Levi se mordillait la joue en réfléchissant. Que faire ? Que faire ? Devait-il reporter l'inspection à demain ? Les recrues en question ne répondaient pas à leur bipper d'urgence qui avait pourtant maintes et maintes fois sollicité. Et pourtant : pas de réponse, pas un seul signe de vie.

- « Putain de meeeerde… mugit-il très bas en se prenant la tête dans les mains alors qu'il était seul dans l'office. » Levi ne pouvait se permettre ce genre démonstration de perdition que lorsqu'il était sûr qu'aucune recrue n'était dans les parages. Car si même les hauts-gradés montrent des failles à leur plan, qu'adviendrait-il de l'avenir de la mission ? Et oserait-il songer à l'avenir du Bataillon Ailé, tout simplement ?

Il poussa alors les grandes portes de la salle, sa décision était prise : cette inspection se ferait avec ou sans les absents. Et ces derniers, une fois revenus dans les locaux, seraient sujet à ce qu'ils avaient pu manqué. Erwin avait acquiescé sans plus de cérémonie à cette prise de parole et Hanji ne pouvait qu'approuver. Mike s'occupa de rassembler toutes les recrues dans la salle principale, carrefour des offices.

- « Votre attention s'il vous pl… »

D'un air timide, et alors que Levi s'apprêtait à expliquer le déroulement des actions dans un futur presque immédiat, Bertolt poussa timidement la grande plaque de glace menant à l'immense pièce. Annonçant son arrivée, un craquement inhabituel des jointures de la porte et un toussotement gêné. Il n'aurait pas pu espérer une pire entrée en matière.

Le caporal fonça sur lui comme un aigle sur sa proie à peine eut-il franchi le seuil de la porte, suivit de très près par Mike qui arborait une expression au moins aussi fermée que celle de son coéquipier. Ils étaient fous de rage mais comme leur haute distinction le leur confiait, ils réussirent un temps soit peu à maitriser leur courroux en face de leurs recrues. C'est ainsi que chacun attrapant un bras de la pauvre recrue, ils l'emmenèrent dès lors vers une succursale voisine tandis qu'Hanji reprit le discours abandonné par son partenaire de longue date.

Une fois seuls, ils explosèrent :

- « Où étais-tu ? cracha Mike, les pupilles vibrantes.

- Où est Reiner ? enchaîna aussi rapidement Levi.

- Ne t'as-t-on jamais enseigné de toujours répondre à ton biper, de toujours l'avoir sur toi ?

- Je… c'est-à-dire que… » balbutia-t-il prit de court.

Bertolt savait pertinemment qu'en franchissant une nouvelle fois les seuils de ces locaux, il prenait le risque de se mettre en danger, lui et son clan. Cependant, il devait la jouer finement, il ne pouvait pas se permettre un seul pas de travers sous peine de tout envoyer en l'air une bonne fois pour toute.

Il inspira profondément, et répondit finalement :

- « Mon biper est foutu, indiqua-t-il en pointant l'endroit où il siégeait à sa ceinture vide, et je ne sais pas où est Reiner, je pensais qu'il était avec vous.

- Comment se fait-il que tu sois arrivé en retard ? l'interrogea Mike. La ponctualité est pourtant mot d'ordre chez les jeunes recrues, et par les temps qui court encore davantage alors pourquoi ?

- Je ne me suis pas réveillé. Je dors mal depuis quelques jours, confessa-t-il en jetant un coup d'œil à sa gauche.

- Tu mens, trancha le caporal le regard assombri, et très mal en plus. Tu sais pertinemment où est Reiner. Tu n'es pas arrivé en retard par hasard.

- Je suis prêt à le jurer ! Je n'ai aucune idée d'où est-ce qu'il peut se trouver ! »

Levi le toisa pendant une bonne dizaine de seconde et ce qui s'étendait sous ses yeux lui donner clairement envie de gerber. Il sortit calmement de son étui à sa cheville un couteau de combat qu'il prenait soin d'aiguiser chaque soir : cela le tenait éveillé. Il observait la lame miroiter sous les coups précis de la pierre l'affutant et prenait un malin plaisir à contempler son reflet minuscule.

- « J'affute ce couteau chaque soir, raconta-t-il le sourire aux lèvres. Chaque soir. » Mike fronça les sourcils, incertain de la tournure surprenante de la discussion. Il ne connaissait le caporal Ackerman que trop bien pour savoir que la conversation n'irait sûrement pas en s'améliorant. Cependant, il reprit : « Pas un soir, je n'oublie de l'affuter. Parce que chaque soir, je me rappelle que cette lame pourrait être souillée du sang d'un traitre, et que jamais je ne voudrais le laisser s'échapper en vie. Tu vois le topo ?

- Je ne suis pas un traitre !

- Prouve-le. »

D'un mouvement empreint de rage, Levi rangea ce couteau dans son fourreau. Pas une seconde il ne quitta sa recrue des yeux alors que Mike se taisait gentiment, laissant la terreur naturelle qui émanait de son camarade terrifier le jeune homme. C'était une méthode comme une autre qui avait su faire ses preuves bien des fois.

Bertolt se laissa soulever ainsi qu'un enfant trop fatigué pour marcher et prit la peine de demander :

- « Où m'emmenez-vous ?

- Aujourd'hui est un jour particulier, souligna Mike conciliant. Nous inspectons les recrues.

- …quelle genre d'inspection ? »

Un frisson prit possession de son corps, il craignait le pire.

- « Tu verras, ricana le brun. »

D'un coup de pied bien placé, Levi enfonça la porte du gymnase qui s'était en un instant métamorphosé en gigantesque salle d'inspection. Les recrues étaient toutes à moitié nues, dévoilant leurs musculatures filées taillées au fil des années d'acharnement chez Shadis. Tous étaient épiés, surveillés. Des gardes disposés à chaque porte évitaient toute tentative d'évasion : Bertolt était coincé. S'ils découvraient l'existence de son tatouage, ils en déduiraient automatiquement de son appartenance au clan H, et il lui serait impossible de faire marche arrière : il serait tué sur le champ.

/

Il s'était entrainé à cette éventualité tout le long de sa vie.

Il n'avait à présent plus le choix.

Le jeune homme chuchota des paroles en gardant les yeux clos, comme s'il eut fait une prière :

- « Qu'est-ce que tu dis ? lança Mike, amer. Les recrues doivent parler distinctement, tu ne…

- Je ne suis pas une recrue, le coupa-t-il sec.

- Ah bon ? s'amusa-t-il. Et qu'est-ce que tu es alors ?

- Je suis un guerrier. »

Bertolt profita de leur incompréhension et se dégagea à l'instant même des menottes de chairs que formaient les mains de ses supérieurs. Avec une force insoupçonnée, le jeune homme sprinta du plus vite qu'il put vers les tatamis empilés qui formaient une échelle robuste vers ce qui semblait être une fenêtre. Sans se retourner, il envoya une grenade aveuglante cachée subtilement vers les membres du Bataillon qui le poursuivaient. Il ferma les yeux et enfonça ses doigts dans ses oreilles du plus profond qu'il put.

Le son que produisit la M8 stun grenade, ainsi que l'éclair lumineux qui s'en échappa l'étourdit et il perdit ses repères pendant cinq bonnes secondes. Malgré la cécité temporaire des uns et les cris de douleur de ses anciens coéquipiers face au bruit assourdissant de cette bombe, Bertolt savait que cinq secondes n'étaient pas négligeables. Il était coursé par les plus hauts gradés du Bataillon, il ne pouvait se permettre aucun écart. Sans prendre la peine - par manque de temps - de mettre ses protections, il avait misé gros, et avait peur à présent d'en payer le prix.

Il savait, après un appel d'urgence qu'il avait lancé, que des membres du clan H étaient dans les parages, il ne lui suffisait que d'un saut et il atteindrait la fenêtre. Qu'un misérable saut, il pousserait facilement la croisée et il serait dehors.

Mais le caporal Ackerman ne tenait pas sa réputation d'un malheureux bouche-à-oreille intempestif. Connaissant ce genre de tentative de fuite comme s'il les avaient créés, il avait pris le temps de former avec ses paumes des protections auditives sommaires et s'était rendu momentanément aveugle en constituant avec sa cape sombre une belle protection contre l'éclair brûlant les rétines.

Il ne perdit que deux secondes sa proie de vue. Il était hors de question qu'il s'échappe, il voulait le tuer de ses mains, sentir son souffle se briser il voulait voir son sang orner la lame purificatrice logée au creux même de son fourreau. Le brigadier ne cillait pas, il était féroce et guider par un caractère bestial qu'il avait fini par apprivoiser.

Dans une pirouette maitrisée à la perfection, il se hissa tout en haut de la tour de tatamis où s'apprêtait à s'enfuir le traitre.

Il était cuit. Il allait mourir.

La cohue se bousculait plus bas, Levi entendit soudainement parmi les cris étouffés des recrues blessées la voix cassée par la douleur d'Eren.

Sa tête se mit à tourner, son protégé avait été mis en danger par cette raclure. La rage qui le conduisait se mua en quelque chose de pire encore. Cette fois, Levi n'avait plus le contrôle. Bertolt n'allait pas seulement mourir : il allait finir en charpie. Ses entrailles et viscères se retrouveraient éparpillées sur le sol baignant dans le sang âcre du traitre.

Dans un rugissement, Levi se projeta contre l'adversaire. La vitre de la croisée entre-ouverte faiblit sous leurs poids et explosa en milles morceaux. Ils tombèrent d'un étage, le verre brisé caressant leur peau dans leur étreinte mortelle. Levi ne souffrait pas, protégé par la puissance de son aura.

Il crut revoir l'annonce de la mort d'Isabel et Farlan par le médecin lorsqu'il avait annoncé n'avoir rien pu faire. Il crut ressentir à nouveau cette envie de réduire l'existence à néant du responsable.

Le cou de Bertolt se déboitait presque sous la poigne assassine du brigadier. Les nuances de gris de ses iris s'assombrirent pour ne former qu'une tâche noire semblable à celle de sa pupille. Son regard perçait le malheureux de part en part.

Le jeune homme supposa voir se dérouler les derniers instants de sa vie jusqu'à ce qu'une balle ne transperce le pavillon de l'oreille du caporal. D'un geste automatique, ce dernier porta sa main vers la blessure. Rendu temporairement sourd par cette oreille touchée, il perdit ses repères et lâcha son emprise avant de s'écraser près de Bertolt.

Levi n'entendait plus. Il ne voyait plus. S'il avait échappé à la foudre de la grenade aveuglante peu avant, il payait à présent le prix de cet affront. Pendant les secondes d'inconscience dues à la balle qui avait manqué de peu son lobe temporal ainsi qu'à la rudesse de la chute, Levi sentit son souffle se couper.

Il eut un ricanement sarcastique intérieur. Est-ce que cet enfoiré pensait vraiment qu'il n'allait pas se relever et s'échapper à sa guise parce qu'une malheureuse balle l'avait effleurée ? Oh, il le sous-estimait…

Le caporal entendit des balles fuser dans l'air, se forçant à ouvrir les yeux. Il n'avait toujours pas retrouvé son équilibre mais il voyait clair à présent. Et en une fraction de seconde, Bertolt s'envola sous ses yeux, dérobé à un mètre de lui par un Reiner à l'arrière d'un pick-up. Levi se releva d'un coup sec avant d'entendre une voix paniquée dans son dos :

- « Arrête Levi, ça ne sert à rien ! »

Mais il en faudrait beaucoup plus pour parvenir à l'arrêter. Il s'apprêtait à partir à sa poursuite, les yeux encore embués par les brumes meurtrières de sa blessure. Hanji insista en lui attrapant le bras :

- « Ils sont déjà loin, tu ne les rattraperas pas !

- Alors on va les laisser s'enfuir ?! hurla-t-il. »

Hanji était désorientée, elle aussi. Le flash l'avait touchée de plein fouet, et un liquide s'apparentant à du sang s'écoulait de son oreille gauche, la plus proche de l'explosion. Mais elle était suffisamment rétablie pour avoir des propos cohérents, contrairement à Levi :

- « Ça ne sert plus à rien, répéta-t-elle. Toutes nos équipes sont H.S. Bertolt a profité du fait que nous soyons tous dans une salle close pour nous aveugler, nous n'avons pas la capacité de les poursuivre.

- Nous aurions pu essayer ! Et maintenant ils se sont enfuis ! s'écriait-il. » Hanji rattrapa de justesse le corps momentanément mou de son coéquipier. Ses yeux étaient rougis par les minuscules bouts de verres s'y étant immiscés… ou bien par autre chose ? Sa tête dont l'oreille blessée laissait s'écouler un flot peu abondant de sang reposait à présent sur les cuisses de la scientifique. Elle observa rapidement et sans s'alarmer la condition de Levi lorsque celui-ci porta son poing à sa bouche. Il le mordit de toutes ses forces en murmura dans un chuchotis presque inaudible : « … à cause de moi.

- Ce n'est pas ta faute Levi ! s'effara-t-elle. Il nous a eut par surprise, personne n'aurait pu prévoir son attaque.

- Si, nous aurions pu, s'efforça-t-il de cracher alors qu'une douloureuse larme de rage s'écoulait le long de sa joue. »

Hanji s'empressa bien rapidement d'effacer le sillon de cette dernière et appela de l'aide vers les gardes qui se mettaient à sortir du bâtiment. Elle ne pouvait décemment pas porter à elle toute seule les soixante-cinq kilos de carcasse du mammifère croulant sur ses jambes.

Mais Levi repoussa toute aide. Il se trouvait peut-être faible à l'instant présent, mais il n'était pas prêt à se laisser porter secours aussi facilement. Appuyant fortement contre la plaie superficielle bien que désagréable de son pavillon, il s'avança vers l'intérieur du gymnase afin d'observer l'étendue des dégâts.

Une jeune recrue de la 104ème était toujours à terre, ainsi que Petra qui se tenait tout près d'elle lors de l'incident. Ses cheveux étaient tachetés de sang, mais Levi savait qu'une grenade aveuglante ne pouvait être létale alors il ne s'inquiéta pas outre mesure.

Il chercha Eren dans toute la salle. Où pouvait-il bien être ? Où était ce foutu gamin ?

Et alors qu'il intercepta le regard inquiet d'Armin - qui avait probablement noté la coulée de sang qui s'échappait le long de son cou - Levi retrouva finalement les yeux émeraude qu'il convoitait tant.

Il se précipita vers lui pour diagnostiquer son état de santé.

- « Comment te sens-tu ? Tu arrives à parler ?

- Qu'est ce qui s'est passé ? articula-t-il avec difficulté, en papillonnant.

- Bertolt a balancé une grenade aveuglante avant de prendre la fuite, fit-il amer.

- Ça veut dire que…

- Ouais, Reiner et Bertolt sont les traitres. Ce sont eux qui ont tué Nikolaï. »

Les doigts d'Eren qui s'agrippaient avec ténacité à la cape de Levi accentuèrent leur prise. L'adolescent utilisa son appui pour se relever sans prendre garde des contre-indications de Mikasa. Il n'expliquait pas son état, c'était comme vivre à nouveau une crise contrôlée. Un sentiment à la fois grisant et vraisemblablement dangereux. Seul ses pensées meurtrières le guidaient, il était prêt à tout pour voir ces traitres ramper à ses pieds, le suppliant de leur laisser la vie sauve.

Dans un râle caverneux et à glacer le sang, Eren déploya ses bras comme une paire d'ailes. Son hurlement résonna dans un écho tétanisant. Tout le gymnase cessa de respirer en observant avec stupeur le cri d'un homme endolori par les trahisons.


Aux creux des montagnes au Sud des quartiers riches de Shiganshina, liant les coins reclus des plages abandonnées par l'hiver et les rues mouvementées Reiner, Bertolt et le conducteur du véhicule de fuite se remettaient doucement de leur altercation. Le plus grand palpa avec bien des égard sa trachée meurtrie par la poigne de fer qui avait tenté de le réduire à tout jamais au silence.

- « Putain, je n'y crois pas, commença Reiner la tête entre ses mains, on ne pourra plus jamais remettre les pieds là bas…

- Bien vu, rit Bertolt alors qu'il avait failli payer de sa vie ce manque de coordination. Qu'est-ce qui t'as pris de ne pas t'être rendu aux locaux ? Si tu t'étais pointé à temps j'aurais… on aurait…

- Tu n'aurais jamais dû revenir !

- Pardon ? » Bertolt crut saisir une once d'humour dans le ton de sa voix. Il reformula dans un langage moins soutenu : « Tu te fous de moi ?

- Porco avait raison, nous n'aurions-

- « Porco avait raison » ? éclata-t-il presque de rire. Oh mince, je ne peux pas le croire, Reiner c'est bien toi ? Ce n'est pas toi qui déblatères des conneries pareilles, rassure-moi ?

- Pour une fois, pour une fois, Porco avait raison. Jamais tu n'aurais dû y retourner, le risque à prendre était trop gros.

- Explique-moi ce qui t'empêchait de répondre à ton putain de talkie-walkie ? Tu as jugé correct de me laisser partir seul vers les locaux en sachant pertinemment que j'allais vers ma perte ? Qu'en est-il de ton « esprit d'équipe » ?

- Il fallait que j'aille réfléchir, tenta-t-il de se justifier vainement. » Sous ses airs de gaillards, Reiner cachait une profonde faiblesse : la peur. Il avait peur du rejet, peur qu'on ne reconnaisse pas ses capacités. Il voulait prouver à son clan qu'il était digne du poste auquel on avait fini par l'assigner. Reiner n'était pas ici par hasard. Cependant, toutes ces discussions lui avaient retourné le cerveau, à ce moment précis, il n'était plus sûr de rien : « Je n'ai pas pris mes effets et…

- Donc tu m'as tranquillement laissé prendre la route des Bataillons ? Tu imagines si je n'avais pas ma grenade sur moi ? Et s'ils nous avaient poursuivi ? »

Le chauffeur du pick-up se moquait bien de leur petite querelle. Tout ce qu'il retenait était qu'une offensive allait avoir lieu, et ce dans vraisemblablement peu de temps. Il remonta ses manches et attendit cinq bonnes minutes - montre en main - le signal de l'ouvreur pour qu'ils puissent enfin retourner à Ektyos.

- « Et après ? ricana Reiner, insensible aux remarques acides de son coéquipier. Si j'étais venu, nous aurions été tous les deux dans la merde, et avec notre chance, ils auraient attrapé l'un de nous à coup sûr. Ne valait-il mieux pas que je reste en surveillance derrière ? »

Intérieurement, Bertolt admit que sans Reiner pour le récupérer, il serait bel et bien mort à l'heure qu'il est.

- « Ce qui est fait est fait, le pardonna-t-il approximativement. Ce n'est pas de mon jugement que tu dois avoir peur mais de celui de Grisha. À présent que nous sommes qualifiés d'ennemis aux yeux du Bataillon, il ne nous reste plus qu'à continuer avec la phase B… avec un peu d'avance par rapport à ce qui était initialement prévu, acheva-t-il acide. »

Il savait pertinemment qu'il ne servait à rien de ruminer sa peur de la mort et ses inquiétudes maintenant. Tout allait aller très vite, et ils ne pouvaient pas se permettre de perdre du temps aussi facilement.

Les deux s'étaient battus comme des guerriers depuis leur plus tendre enfance pour obtenir la place primordiale qu'ils occupaient au sein de cette mission. Bertolt et Reiner étaient prêts à en découdre plus que jamais, et tout les membres de leur clan à leurs côtés.

Ils n'allaient certainement pas se laisser faire.


Les personnalités artificieuses évincées, les équipes connaissaient leurs ennemis comme si elles les avaient créés.

Levi ajustait son gilet pare-balles tandis qu'Eren lui tournait autour en ne cessant de lui poser milles et unes questions. Étant seuls dans l'office exiguë du caporal, ils pouvaient enfin converser normalement, sans vouvoiement qui sonnait faux, sans politesse incongrue :

- « On va les combattre ?

- Ouais, répondit-il dans une urgence précipitée.

- Tu veux dire, qu'on va mettre en pratique tout ce pourquoi on se prépare depuis des mois ?

- Ça m'en a tout l'air.

- La mission ? fit-il en mettant l'accent sur le premier mot.

- Tu disais toi-même en avoir assez de tourner autour du même sujet, souffla-t-il en serrant avec fermeté son équipement tridimensionnel.

- Mais on ne sait même pas où ils se trouvent !

- Les embuscades préparatoires nous en donnent quand même une idée claire.

- Et si on se plantait ? Et si en fait, on se trompait depuis le début ?

- Eren. » Levi était fin prêt ; paré à en découdre, à faire face à toute éventualité. Eren quant à lui arborait le regard perdu d'un cocker abandonné sur le bord de la route. De ses paumes fraiches et rassurantes, le brigadier entoura les bordures encore un peu enfantines du visage de son bien-aimé. Ses pouces se rejoignirent symétriquement vers les commissures de ses lèvres. Levi eut une soudaine envie de dévorer ces dernières avidement, et de laisser Eren lover sa tête pleine de pensées tourmentées contre son torse, au diable ce jeu stupide.

Son cœur se serra d'avance à l'idée de savoir que Levi ne pourrait plus trouver le calme de leur appartement avant un bon moment. Quel n'était pas son bonheur inavouable d'observer Eren grignoter avant le diner vêtu sommairement et laissant entrapercevoir les courbes chaloupées de ses côtes ?

Levi aurait tout donné pour mettre ces moments sur pause et pour honorer sa promesse.

Mais il ne pouvait certainement pas.

Comment exprimer ses doutes et ses craintes à un être déjà empreint de ce genre d'ignominies ? Alors le caporal réprima non sans peine les horreurs maitresses de son cerveau, enfouies, celles qui lui zébrait le corps et le cœur, afin de finalement concentrer son peu de sympathie envers la seule personne qui méritait ce genre d'attentions :

- « Je comprends que ça te paraisse terrifiant, mais tu es un soldat à présent. La peur ne doit plus faire partie de ton vocabulaire. Tu dois être prêt à tout pour cette mission. Obéis aux ordres, souviens-toi de tout ce qu'Erwin a pu te dire en réunion et tout se passera bien.

- Tu n'as pas peur toi ? »

Un sourire mal dissimulé, entre indifférence et moquerie fleurit sur son visage :

- « Évidemment que j'ai peur. Nous sommes tous anxieux, et celui qui dit n'avoir jamais peur et souvent celui qui est le plus terrifié. Seulement, avec les années, j'ai appris à maitriser cette peur, alors peut-être qu'elle se voit un peu moins que celles des autres.

- Tu parles comme un vieux. » rit Eren avant de se prendre un violent coup sur la tempe : « Hé !

- Ça t'apprendra à te foutre de tes aînés, sale gosse. »

Eren tenta de se faire pardonner en approchant sa bouche, mais Levi ne voulait rien savoir. Il s'éloigna soudainement de lui pour récupérer ses derniers effets. L'adolescent tritura le bas de son tee-shirt dans un toc d'anxiété :

- « Je dois être prêt à tout ? répéta-t-il incertain.

- Tout.

- Et si tu es en danger ? s'enquit-il.

- Je saurais me débrouiller seul. Ce n'est pas ton rôle de venir me chercher. S'il m'arrivait malheur, à moi ou à un de tes amis, il faudrait que tu continues et que tu ne te retournes sous aucun prétexte. »

Eren laissa planer un silence lourd de signification tandis qu'une lueur s'allumait dans ses yeux :

- « Je ne serais jamais capable de faire une chose pareille. »

Le jeune homme avait les prunelles ancrées bien profondément dans celles de son partenaire, lui signifiant tant de mots que ses cordes vocales ne sauraient formuler. Levi n'avait pas la moindre idée du lien qui le rattachait à lui. Jamais il ne pourrait le laisser mourir :

- « Mais ça n'arrivera pas, rassure-toi. Je ne suis pas le caporal pour rien, j'ai beaucoup d'expérience dans ce genre de combats et je n'en suis pas à mon coup d'essai. » Il fit glisser savamment sa main vers la nuque de son protégé, quémandant silencieusement qu'il rapproche sa figure de la sienne : « Toi par contre, tu as intérêt à faire gaffe à tes miches et à ne pas te mettre dans des situations catastrophiques sinon je me chargerai personnellement de te botter le cul.

- C'est marrant parce que dans ta bouche ça sonne plus comme un fantasme inavoué plutôt qu'à une véritable punition... sourit Eren.

- Qui sait ? Essaye et tu pourras le découvrir par toi-même. »

Ils s'embrassèrent furtivement, mais les émotions exprimées se brisaient en vol. Pas de papillonnements dans le ventre, pas de tête qui tourne, seulement un baiser comme s'ils eurent été déjà plongés dans une routine.

En réalité et lorsqu'Eren se retourna pour sortir de l'office et enfiler sa propre tenue de combat, une larme roula avec difficulté entre les sillons escarpés de ses pores. L'adolescent avait comme logée dans la gorge une boule l'empêchant de respirer correctement.

Cette discussion avait été des plus étranges. Pourquoi riaient-ils et se moquaient-ils l'un de l'autre comme s'ils étaient tranquillement assis sur le canapé dans leur appartement ? Levi ne mesurait-il pas aussi violemment toute la gravité de la situation ? L'espoir de l'Escadron se sentait délaissé, il avait cette amère impression de porter le poids de la peur sans avoir personne avec qui la partager.

Pourquoi faisaient-ils comme si de rien n'était ?

Ces faux semblants donnaient à Eren une irrépressible envie de vomir qui s'exprimait sous la forme d'une unique gouttelette salée dévalant dangereusement la joue du plus jeune.

Pourtant Eren n'était pas dupe, il savait dans quelle horreur il s'apprêtait à plonger, lui et ses camarades et s'il connaissait malheureusement l'avenir funeste qui tendait les bras à certains de ses congénères, il s'inquiétait de ne pas saisir celui de Levi. Son compagnon était paré d'une surpuissance incommensurable dont les prouesses ne se résumaient pas qu'aux légendes de son enfance, mais malgré lui, il ne pouvait s'empêcher de s'imaginer le pire.

Comment le couple allait-il tenir au massacre qui allait bientôt se produire ? Allaient-ils seulement en sortir vivant ? Et si l'un d'eux venait à rejoindre les défunts ?

Eren ne laisserait jamais prendre place une tournure semblable.

Il n'était pas prêt à mourir pour Levi : il était prêt à survivre.

Il inspira un grand coup avant de se décider à franchir le seuil du vestiaire des recrues. Mais il lui semblait que la larme qui venait de couler ne s'était pas encore estompée, et ce malgré les incessantes tentatives de la faire disparaître. Comme si cette dernière était à présent tatouée sur son corps et sur son âme.

Un rictus nerveux s'empara de lui alors qu'il ne parvenait pas à faire un pas de plus la main résolument plaquée contre la peinture abimée du bois des portes des vestiaires, il ne pouvait esquisser un geste. Ses mouvements étaient paralysés par l'angoisse de découvrir les recrues dans le même état que lui.

À travers l'écorce de la porte, comme les plaintes maladives du bois, il percevait avec distinction la voix de Jean s'apitoyant sur son sort et répétant qu'il n'aurait jamais dû faire partie du Bataillon.

Peut-être qu'en fin de compte, il se trouvait être plus à l'aise avec quelqu'un de confiance comme Levi qui avait déjà eut à vivre ce genre d'aventures plutôt que de croupir avec des dégénérés aussi mortifiés qu'il ne l'était. Peut-être. En attendant, Eren ne pouvait plus bouger un cil sans manquer de laisser dévaler les larmes brûlantes qui toquaient avec violence la porte de ses canaux lacrymaux.

Il fut presque chanceux de rencontrer Mikasa (et ce malgré le juron intérieur qu'il poussa lorsqu'il l'aperçut dans son champ de vision) :

- « Eren ? l'appela-t-elle. Qu'est-ce qui te prend, tu n'es toujours pas changé ? » Face au mutisme de son ami, elle s'enquit bien vite : « Tout va bien ? » Mais il lui était impossible de prononcer une phrase, ne serait-ce que d'entreprendre un son quel qu'il soit. Toute son énergie était focalisée sur son efficace manière de réprimer les tremblements dont il était victime. Heureusement, Mikasa savait interpréter chaque problème qu'Eren pouvait rencontrer et d'une main intelligemment placée sur son épaule, elle calma temporairement la valse endiablée de ses soucis : « C'est normal d'avoir peur, articula-t-elle lentement. C'est normal, tu restes humain malgré tes aptitudes. Mais rappelle-toi tes convictions ! l'encouragea-t-elle. Personne d'autre que toi ne possède cette détermination à vouloir mener à bien les objectifs que tu as en tête. Ne laisse pas la peur te paralyser… »

Le susnommé grimaça de douleur alors qu'il refoulait furieusement cette envie de fondre en larmes. « Les garçons ne pleurent pas et n'ont pas peur » se répétait-il en se souvenant des phrases que lui répétait son père. « Les garçons ne pleurent pas et n'ont pas peur » continuait-il. Ce souvenir vague lui revenait seulement maintenant.

Pourquoi donc est-ce que son père avait affirmé une simplicité pareille ? Eren était certain que son géniteur avait dû pleurer maintes et maintes fois, alors pour quelle raison devait-il réprimer une expression naturelle des sentiments comme celle de la peur ?

« Tu ne dois pas pleurer. Tu ne dois pas avoir peur. »

« Tu dois obéir. Tu dois grandir. Tu dois écouter. »

« Tu dois choisir une femme et fonder une famille. »

Tu dois fermer ta gueule et faire comme tout le monde.

« Tu dois ! Tu dois ! Tu dois ! » Eren en avait plus qu'assez de devoir rendre des comptes. Il ne supportait plus la pression mise par les autres, de ne pas pouvoir laisser éclater son bonheur au monde, d'avoir à cacher son couple, ses émotions, : sa véritable façon d'être.

Alors il lâcha prise.

Il éclata en sanglots en envoyant paitre toutes ces barrières ridicules.

Au début, cela surprit Mikasa plus qu'autre chose. Les Ackerman n'étaient vraiment pas très habitués à gérer les émotions d'autrui (ni les leurs à vrai dire). Mais pour Eren elle saurait faire un effort.

Elle le rattrapa en le serrant contre son cœur de toutes ses forces. Maintenant, elle arrivait à percevoir comment est-ce que Levi, un Ackerman de sa lignée aussi lointaine soit-il, pouvait aimer autant Eren qu'elle ne pensait le faire. Eren avait la faculté de réveiller en elle une vision de la vie particulière, et elle était prête à parier que Levi pouvait la ressentir à son tour.

L'âme tourmentée trouvait refuge dans le nid adéquat. Mikasa entendait ses complaintes et réagissait de la manière la meilleure qui soit : elle ne disait rien. Elle ne tentait pas vainement de lui expliquer qu'elle comprenait ce qu'il ressentait, non. Elle se taisait, n'exprimant sa compassion qu'à travers un simple cercle invisible infini qu'elle dessinait du plat de sa main contre son dos.

Eren portait le poids de la peur de décevoir le monde et de se décevoir soi-même sans appui pour se reposer. N'importe quel homme aurait fini par craquer un jour ou l'autre.

Mikasa était si compréhensive et douce jamais il n'aurait pu souhaiter avoir meilleur soutient qu'elle dans les moments les plus importants.

Craquelant la bulle protectrice qu'ils s'étaient construite, un craquement se fit entendre : les recrues avaient fini de se changer. Mikasa redouta les remarques acerbes de certains de ses camarades. S'ils osaient remettre en doute la volonté d'Eren et casser la confiance en soi qu'il avait bâti avec difficulté, elle se jura qu'elle les réduirait en cendres.

- « Eren ? Mikasa ? s'assura Armin, les jambes flageolantes. Tout va bien ?

- Qu'est-ce qui vous prend ? Dépêchez-vous ! Le sergent nous attend à l'étage et mieux vaut ne pas être en retard, suivit Connie. »

Son ton sonnait comme une réprimande alors que ses yeux criaient « au secours ».

Même Jean, dont Eren se serait au moins attendu à recevoir une messe basse ou un rire mal dissimulé ne bougea pas d'un poil. Sans doute était-il jaloux de leur soudaine proximité ou ressentait-il la même chose sans se l'avouer ? Peu importait.

Subitement, Eren sentit un poids nouveau contre son dos. C'était Mina, une jeune recrue de la promotion qui devait trouver rassurant d'enfin rencontrer des gens en état de détresse émotionnelle. La jeune femme s'était engagée, elle avait par conséquent eu vent de la dangerosité des missions. Mais jamais elle n'aurait cru possible de partager ce sentiment de perdition avec ses camarades, elle qui désirait à tout prix bien se faire voir, sans doute par désir de reconnaissance.

Puis un autre poids se fit ressentir, cette fois-ci contre son flanc. Armin s'était joint bien rapidement à l'embrassade, mortifié. Il enfouit sa tête emplie d'épis contre le cou de son ami avant de lui murmurer :

- « J'ai la trouille. »

Eren eut presque envie de rire.

L'amour de Levi était, lui semblait-il, ce qu'il possédait de plus précieux au monde depuis qu'Eren avait vu ses sentiments retournés. Mais l'amitié et le lien quasi familial qu'il pouvait entretenir avec Mikasa et Armin ne pouvaient souffrir d'aucune comparaison : ces trois genres d'amour lui permettaient de vivre, et Eren s'en était privé pendant trop longtemps.

En moins d'une minute, le parvis fut recouvert par les silhouettes tremblantes des recrues de la 104ème. Même Jean, au début réticent finit par céder et posa sa tête contre le dos de Marco. Bientôt les élites de la 103ème et précédentes s'unirent formant une rosace de bienveillance autour de leurs cadets.

Une odeur de solidarité flottait dans l'air tandis que les pleurs et les angoisses se calmaient au rythme des respirations.

Après quelques instants de pur silence revigoré, Eren se releva, brisant la sacrosainte union :

- « On ne va pas crever aujourd'hui, s'exprima-t-il tandis que tous les visages – certains rougis par les larmes – se retournaient. On s'est entrainés dur, on a trimé pour ça : alors on ne va pas crever aujourd'hui. Et si nous devons mourir, alors battons-nous jusqu'au bout et montrons à ces fils de putes de quoi on est capable. »


Alors ?

Je suis particulièrement fière de la fin de ce chapitre.

Ce que je voulais montrer tout particulièrement au travers de ce chapitre et que nous oublions trop souvent à mon goût c'est qu'à travers ce genre d'héros, on oublie trop facilement qu'ils sont en réalité comme vous et moi et que sous chaque carapace se cache une myriade d'émotions et notamment la peur.

BREF ! Qu'en avez vous pensé ?

La relation d'Eren et Levi dans ce chapitre ?

La scène de baston entre Bertolt et Levi (le moment que j'ai le préféré écrire !) ? Si vous avez d'ailleurs quelques critiques (positives ou négatives) sur ma façon d'écrire les scènes d'action je suis preneuse, parce que c'est pas ça qui va manquer là !

Le futur proche ? La mission ? LA PUTAIN DE MISSION ! On en voit enfin le début, il était temps ! Le dénouement arrive !

Fiouf ! Je suis éreintée ! Ce chapitre m'a donné tellement de fil à retordre... vous n'avez pas idée d'à quel point. J'ai retapé mille et uns passages, inceretaine de l'endroit où je voulais vous emmener, ou pas assez fière du résultat, c'était terrifiant.

BON. Je voulais vous parler de mes futures affectations (irl pour le coup haha). L'année prochaine j'embarque sur le bateau très bancal et compliqué qu'est celui de la classe prépa. Certains doivent déjà voir la montagne de travail à accomplir, autant vous dire qu'il me sera carrément impossible de rédiger le moindre mot pendant cette période de ma vie (déjà qu'en Terminale c'était pas la joie alors là je vous laisse imaginer). Voilà pourquoi je vais faire mon possible pour achever cette fiction avant le mois de septembre. Les éléments de la fic vont peut-être vous sembler se dérouler trop vite mais il est hors de question que je vous laisse quelque chose d'inachevé tout ce temps.

Je prie le Ciel de trouver la motivation et l'inspiration cet été pour finir à temps ! Yosh, souhaitez moi bon courage haha !

Merci à vous pour votre patience légendaire, j'inscrirai votre pseudo dans les étoiles (et sinon ils seront à jamais dans mon coeur).

D'énormes bisous, Nizzie.