Chapitre 2 : A Little Bit of Hope

Raphaëlle avait tout juste coupé le moteur de la voiture qu'Astrid était déjà sortie et se dirigeait vers le gymnase.

« Vous allez m'expliquer ce que vous avez trouvé à la fin ? lance la policière en fermant sa portière, un peu froissée par le silence de la documentaliste.

- Il est préférable que vous constatiez par vous-même. »

Arrivée devant l'entrée joueurs du gymnase, Raphaëlle ouvre le bâtiment laissant ainsi Astrid pénétrer sur la scène de crime avant de la suivre. La brune referme la porte derrière elle et observe la blonde. Astrid tourne pendant quelques instants comme pour s'assurer que sa théorie est plausible. Raphaëlle trouve cela à la fois absurde sachant qu'Astrid avait déjà dû ressasser les éléments qu'elle avait trouvé à plusieurs reprises, et adorable. La policière pourrait rester là les yeux fixés sur la blonde pendant des heures.

« Tout à l'heure quand nous avons rejoint le docteur Fournier près du corps, là… explique Astrid en indiquant l'endroit où se trouvait le corps. Je ne l'ai pas remarqué tout de suite car j'étais… quelque peu distraite… » ajoute-t-elle en rougissant.

Raphaëlle prend note mentalement que cela ne ressemble pas à Astrid d'être distraite pendant une enquête mais se retient de poser des questions à ce sujet ne souhaitant pas la mettre mal à l'aise. Voyant qu'Astrid semblait partir à nouveau dans ses pensées, la policière se dépêche de lui faire un signe de tête lui indiquant de continuer ses explications.

« Cet après-midi, en repensant à la scène, quand ça m'est revenu. Je suis donc allée voir le docteur Fournier pour vérifier si ma mémoire ne me jouait pas des tours. Et il s'est avéré que mes souvenirs étaient exacts, raconte Astrid.

- Vos souvenirs de quoi ? Qu'est-ce que vous avez trouvé Astrid ? s'impatiente légèrement Raphaëlle.

- Il y avait des poils de chien sur la veste que portait la défunte ainsi que sous ses ongles d'après les analyses effectuées par le Docteur Fournier.

- Euh… Oui, elle a croisé un chien. En quoi cela nous aide ?

- C'est exactement la question que je me suis posée et puis je me suis rappelée un autre détail. Une odeur. Quelque chose de vert comme un shampoing. Ce qui amène à penser que la victime avait pris une douche peu de temps avant de mourir. Dans ce cas, la seule possibilité pour que des poils de chien se soient retrouvés sous ses ongles…

- Est qu'elle ait caressé ce chien après s'être douchée, la coupe Raphaëlle comprenant où son amie voulait en venir.

- Absolument. Et je me rappelle avoir remarqué que le terrain du gymnase était assez sale par endroit et qu'il y avait notamment des poils de chien près du chariot là-bas » déclare la documentaliste en commençant à se diriger vers le chariot à tapis de l'autre côté du terrain.

Raphaëlle suit son amie et quand celle-ci s'arrête devant un des chariots, la brune le pointe du doigt en demandant confirmation du regard à la blonde. Astrid hoche la tête et regarde Raphaëlle se baisser pour regarder sous le chariot.

« Salut toi, dit Raphaëlle en prenant une voix assez enfantine. Ne bouge pas, je vais te sortir de là, ajoute-t-elle parlant au jeune chiot, un berger des Shetland tricolore, couché en boule sous le chariot.

- J'en déduis que vous avez trouvé le témoin de ce meurtre, remarque Astrid.

- Je vous rappelle que nous n'avons aucune preuve qu'il s'agit d'un meurtre Astrid, souligne Raphaëlle.

- Si. Nous en avons une. Comme je vous l'ai dit… Astrid s'arrête et regarde Raphaëlle tirer le chariot de tapis vers elle. Que faites-vous Commandant Coste ?

- Et bien, j'essaie de dégager le chiot de là-dessous, s'explique Raphaëlle avant de continuer à tirer le chariot.

- Ne devrions-nous pas appeler la fourrière ? Cet animal pourrait être dangereux, relève la documentaliste.

- Mais non, regardez il a l'air adorable par contre, je crois qu'il est blessé à la patte arrière gauche... Et puis si c'est bien le témoin d'un meurtre, on ne peut pas laisser la fourrière mettre la main dessus, justifie Raphaëlle en s'approchant du chiot.

- C-ce n'est pas très protocolaire Commandant. E-et puis que comptez-vous en faire ? Vous ne pouvez pas garder un chien au commissariat…

- Viens là… Je veux pas te faire de mal… dit Raphaëlle en se rapprochant de plus en plus du chiot. Voyant qu'il ne grogne pas et malgré le regard un peu méfiant qu'il lui lance, elle le prend dans ses bras. On dirait que nous avons une jeune témoin » indique la policière revenant vers son amie la jeune chienne dans les bras.

Astrid observe Raphaëlle caresser le chiot dans le but de le calmer et le rassurer, sourire aux lèvres. Un sourire qui hantait régulièrement l'esprit de la documentaliste et qui tranchait totalement avec l'expression qu'elle avait pu voir sur ce même visage quelques heures plus tôt. Soudain Raphaëlle porte de nouveau son attention vers Astrid se rappelant de ce que la blonde était en train de lui expliquer avant qu'elle ne récupère la chienne.

« Avec tout ça vous ne m'avez pas expliqué ce qui vous laissait penser que cette petite peluche a été témoin d'un meurtre et non d'un suicide, remarque Raphaëlle.

- C-ce n'est pas une peluche, c'est le chien de la victime…

- Oui, c'est une façon de parler pour dire que cette petite chienne est toute douce et adorable.

- Ah, Astrid marque une pause puis reprend pour répondre à la question du meurtre. Pour ce qui est du meurtre, comme je vous l'ai déjà dit, il semblerait que la victime ait pris une douche avant de mourir. Cependant, la scientifique n'a trouvé aucune trace de ce qui aurait pu contenir le shampoing. Il y a toujours des traces, expose Astrid.

- … On n'a retrouvé absolument aucune affaire personnelle… Ce qui est inhabituel pour un SDF, ils ont plutôt tendance à emporter le peu de choses qu'ils ont avec eux… Donc si cette gamine squattait le gymnase, on aurait dû retrouver quelque chose…

- Des traces, il y a toujours des traces. S'il n'y en a pas c'est qu'elles ont été effacées, confirme Astrid à sa façon.

- On est sûre que nos équipes ont cherché partout ? interroge Raphaëlle voulant être certaine d'envisager toutes les possibilités avant de se faire un faux espoir.

- Visiblement non sinon quelqu'un aurait découvert le chien plus tôt.

- En effet… Bon et ben du temps qu'on est là, autant fouiller et voir si on peut trouver quelque chose… » décide la policière.

Consciente qu'il va lui falloir poser la jeune Sheltie qu'elle a dans les bras, Raphaëlle regarde rapidement autour d'elle en réfléchissant à l'endroit où elle pourrait déposer l'animal blessé. Finalement, elle se retourne vers la documentaliste et lui tend la chienne.

« Vous pouvez la prendre une minute ?

- Euh… Moi ? Que je prenne le chien ? commence à paniquer un peu Astrid. C'est que je n'ai jamais fait ça…

- Ne vous inquiétez pas, c'est vraiment juste pour une minute et puis je vais vous aider à bien la prendre » la rassure la brune d'un ton calme.

Raphaëlle se rapproche de la blonde de manière à se placer à côté d'elle, la chienne toujours blottie contre sa poitrine puis décale un peu ses bras vers Astrid.

« Vous allez passer votre main gauche juste ici, à la place de la mienne… » explique tendrement Raphaëlle le regard encourageant la jolie blonde à suivre ses instructions.

La policière voit son amie hésiter puis finir par approcher sa main de la sienne. Leurs mains se frôlent et le temps semble s'arrêter pendant quelques secondes. Quand elle revient à la réalité, Raphaëlle est surprise qu'Astrid n'ait pas eu de mouvement de recul et finit par retirer lentement sa main laissant place à celle de la blonde. Elle se racle la gorge puis continue ses explications pour qu'Astrid porte le chien.

« Hum… Ok. Maintenant vous pouvez placer votre deuxième main juste là… » indique la brune en montrant sa main droite.

Astrid s'exécute sous le regard attentif et plein d'affection de Raphaëlle. La policière observe un moment la belle documentaliste dans les bras de laquelle la petite chienne paraissait très paisible ce qui semblait calmer la blonde qui sourit maintenant. Le cœur de Raphaëlle fond un peu plus pour la documentaliste si cela était possible. Après quelques minutes de rêvasserie, le Commandant reprend ses esprits et retire sa veste comme elle comptait le faire à l'origine et la pose pliée sur un casier.

« Voilà, vous pouvez la déposer là. Ça lui servira de couverture pour se caler. » indique la policière.

Astrid dépose la chienne sur la veste à contrecœur puis se retourne vers son amie après s'être assurée que la jeune berger des Shetland est bien installée.

« Bien, commençons les recherches. Je prends les vestiaires, vous prenez les casiers et le local, commande Raphaëlle

- Très bien » accepte Astrid en regardant la brune aller vers les vestiaires avant de se diriger de son côté vers les casiers.

Astrid essaie d'ouvrir les divers casiers mais seuls certains d'entre eux ne sont pas fermés à clé et ils ne contiennent que du matériel sportif. Elle se dirige alors vers le local pour fouiller cette petite pièce quand elle entend un bruit sourd provenant du deuxième vestiaire que son amie devait examiner. Instinctivement, Astrid met les mains sur ses oreilles pour étouffer le bruit qui résonne maintenant dans le gymnase.

« Merde » s'exclame Raphaëlle toujours dans le vestiaire.

L'écho ne la dérangeant plus et ayant entendu le juron, Astrid se dépêche de se rendre dans le vestiaire pour vérifier que rien n'est arrivé à la policière.

« Commandant Coste ? J'ai entendu un bruit sourd et je vous ai entendu jurer. Est-ce que tout va bien ? demande Astrid en entrant dans la pièce où Raphaëlle se tient debout sur un des bancs.

- Pfff… Oui tout va bien, désolée pour le bruit Astrid. J'ai juste fait tomber une des plaques du faux-plafond ce qui a soulevé pas mal de poussière » explique la brunette avant de tousser à cause de la poussière.

Raphaëlle se grandit pour regarder si quelque chose est caché dans le faux-plafond mais en tournant sur elle-même pour observer, elle se rapproche de plus en plus du bord du banc jusqu'à ce qu'un de ses pieds dérape. La policière tombe donc du banc mais arrive à se retenir à un porte-manteau et est surprise de trouver les mains d'Astrid dans son dos et sur son bras pour la retenir. Le regard de Raphaëlle passe rapidement de la main sur son bras au visage de la documentaliste qui la fixe comme pour s'assurer que la policière ne s'est pas blessée. Quand Raphaëlle lui sourit, Astrid comprend qu'il y a eu plus de peur que de mal et retire rapidement ses mains du corps du Commandant en rougissant.

« Merci beaucoup Astrid, déclare Raphaëlle consciente de l'effort que la blonde venait de faire en étant prête à la rattraper.

- Je vous en prie Commandant Coste. Avez-vous trouvé quelque chose au moins ? interroge Astrid.

- Rien du tout. Seulement de la poussière, constate la policière en se frottant les mains pour laisser tomber les saletés qui s'étaient accumulées sur ses mains. Et de votre côté ?

- Les casiers ne contiennent que du matériel sportif. J'étais sur le point d'aller vérifier le local quand je vous ai entendue.

- Allons jeter un œil à ce local alors, annonce la policière.

- J-jeter un œil…

- C'est une expression imagée… Excusez-moi, Astrid, dit Raphaëlle sincèrement désolée, se mettant une claque mentalement.

Les deux jeunes femmes sortent du vestiaire. Leurs regards se posent sur la petite chienne qui semble s'être endormie sur le casier où Astrid l'avait déposée un peu plus tôt. Voyant que l'attention de la blonde est absorbée par la petite chienne, Raphaëlle note à quel point l'animal semble relaxer la documentaliste et ne peut pas s'empêcher d'être un peu jalouse de l'adorable petite Sheltie. Qu'est-ce qu'elle ne donnerait pas pour qu'Astrid soit aussi apaisée en sa présence ? Ça l'aiderait probablement à prendre son courage à deux mains pour parler avec la documentaliste de l'évolution de leurs sentiments l'une pour l'autre. Mais pour l'instant, le fait de voir la blonde heureuse lui suffit.

« Vous savez quoi Astrid ? Vous restez là avec notre témoin et je vais vérifier le local, propose Raphaëlle en souriant à la blonde.

- En êtes-vous sûre Raphaëlle ? tient à s'assurer Astrid.

- J'en ai pour une minute, je reviens » signale Raphaëlle en pointant du doigt dans la direction du local, un grand sourire aux lèvres.

Oui, l'idée de faire sourire la belle blonde suffisait pour la rendre heureuse. En fait, rien que la vue de la documentaliste faisait accélérer le battement de son cœur alors le fait de l'aider à faire face plus paisiblement à la vie quotidienne lui procurait une joie indescriptible. C'est avec ce flux d'idées en tête que Raphaëlle avance vers le local.

Raphaëlle prend quelques minutes pour faire le tour de la petite pièce et vérifier rapidement le contenu de chaque sac présent sur les étagères pour ne trouver que des chasubles aux odeurs désagréables. Après avoir bien pris le temps d'inspecter tous les recoins du local, Raphaëlle décide de ressortir puisqu'il n'y a visiblement rien à trouver là non plus. À sa grande surprise, la policière trouve Astrid assise sur le casier, le chien sur les genoux, en train de retirer patiemment les poils que l'animal avait perdu sur la veste de Raphaëlle.

« Vous n'aviez pas besoin de faire ça Astrid vous savez, lance-t-elle à la blonde.

- Votre veste était pleine de poils. Vous ne pouviez pas la remettre alors qu'elle était pleine de poils, cela en aurait transféré de partout.

- J'aurai brossé mes vêtements en rentrant, mais merci Astrid, c'est gentil. »

Astrid tend la veste à son amie qui la récupère et l'enfile. La documentaliste se lève le chiot dans ses bras et se rapproche soudain de Raphaëlle en tendant la main droite vers la poitrine de la brune comme si elle voulait sentir battre son cœur. Leurs regards se croisent et Raphaëlle sent son cœur battre plus vite comme s'il voulait sortir de sa poitrine alors que la main de la blonde s'immobilise à quelques millimètres de celle-ci. Elle est presque déçue quand Astrid retire un autre poil laissé sur sa veste par le berger des Shetland avant de reprendre ses distances en reculant d'un pas.

« Erhm… Bon, il n'y avait rien dans le local non plus… déclare Raphaëlle après s'être raclé la gorge pour regagner son sang-froid. Ce qui signifie que si on arrive à prouver que la blessure de la chienne est suffisamment récente et aurait pu être causée par le meurtrier, on aurait peut-être suffisamment d'éléments pour rouvrir l'enquête »

Tellement heureuse d'avoir un espoir de rendre justice à la jeune fille grâce à Astrid et encore prise par ses émotions, la belle brune embrasse la blonde sur la joue gauche avant de se diriger vers la sortie du gymnase. Astrid marque un temps d'arrêt surprise par la proximité soudaine de Raphaëlle puis après avoir jeté un œil au chiot dans ses bras qui avait relevé la tête, elle finit par suivre la policière, un sourire se dessinant sur ses lèvres et un afflux sanguin la faisant rougir.

Raphaëlle attend qu'Astrid sorte pour fermer la porte avec la clé prêtée par le gardien qu'elle n'a pas encore retournée malgré la fermeture de l'enquête. Elle peut voir que la blonde est quelque peu tendue et ne peut s'empêcher de penser que c'est son baiser qui l'a frustrée. La policière s'en veut, elle sait pourtant qu'Astrid a beaucoup de mal avec le contact physique. Et même si Raphaëlle a la particularité de pouvoir se permettre une certaine proximité avec la documentaliste, elle sait qu'elle ne doit pas abuser de ce privilège. Mais par moment, c'est plus fort qu'elle, elle ne peut pas s'empêcher de toucher ou embrasser la blonde qui fait fondre son cœur. Astrid suit machinalement Raphaëlle jusqu'à la voiture mais au lieu de s'installer sur le siège passager, elle dépose le chiot qu'elle tenait encore dans ses bras et commence à s'éloigner.

« Astrid ? Où est-ce que vous allez comme ça ? demande Raphaëlle se doutant de la réponse mais refusant de laisser la belle blonde partir seule.

- J-je préfère marcher… Ç-ça m'aide à réfléchir, répond Astrid omettant d'évoquer la vraie raison pour laquelle elle veut rentrer à pied.

- Vous n'allez pas rentrer à pied à cette heure-ci et par ce froid, Astrid. Je vais vous déposer chez vous, insiste la policière ne voulant surtout pas que quelque chose arrive à la documentaliste tout ça parce qu'elle s'était laissé emporter et l'avait embrassé sur la joue.

- Il est vrai que cela ne serait pas très raisonnable… » décide Astrid après avoir pris quelques secondes pour considérer ses options et voyant que Raphaëlle ne compte pas abandonner.

La brune, rassurée d'avoir réussi à raisonner la blonde et notant qu'il va lui falloir être vigilante sur le chemin du retour, regarde la documentaliste revenir vers la voiture et monter après avoir récupéré le jeune berger des Shetland pour l'installer sur ses genoux. Après avoir pris une grande inspiration pour se préparer, Raphaëlle grimpe en voiture. Elle s'attache et lance un dernier coup d'œil à Astrid avant de démarrer.

Malgré toute sa bonne volonté, la policière ne peut s'empêcher de jeter des regards furtifs à la documentaliste. Elle se réjouit de la voir se détendre ses longs doigts fins enfoncés dans la fourrure du chiot. La blonde semble être dans ses pensées ce que Raphaëlle respecte totalement n'émettant donc aucun bruit pour ne pas la déranger.


La voiture s'arrête et Astrid relève la tête pour réaliser qu'il est temps pour elle de descendre. Elle était tellement plongée dans l'analyse de ce quelques instants plus tôt qu'elle n'avait pas prêté attention au trajet. Elle repousse ses pensées dans un coin de son esprit le temps de rentrer chez elle où il sera plus facile pour elle de rassembler les éléments.

« Bonne nuit Raphaëlle, dit-elle en lançant un rapide coup d'œil à la policière avant de sortir de la voiture et de reposer la chienne sur le siège qu'elle avait occupé.

- Vous savez Astrid, peut-être que vous devriez la garder, propose Raphaëlle voyant que la blonde semble apprécier la compagnie de l'animal. Elle serait probablement mieux chez vous que chez moi. Et puis… elle pourrait vous tenir compagnie.

- J-je ne suis pas sûre que la présence d'un jeune chiot soit compatible avec l'ordre complexe qui règne dans mon appartement, décline Astrid après avoir pris quelques instants pour réfléchir. De plus, je pense que Théo sera ravi de vous voir ramener cette petite chienne chez vous.

- Oui, vous ne croyez pas si bien dire… confirme la brune qui sourit en imaginant la réaction de son fils. Bonne nuit Astrid. Je passerai vous chercher demain matin avant d'aller à l'Institut Médico-Légal pour voir si Fournier a des nouveaux éléments et pour lui faire examiner la chienne. Je vais avoir besoin de vous pour convaincre le commissaire de rouvrir l'enquête.

- Très bien. À demain matin alors. »

Astrid referme la portière et Raphaëlle la regarde s'éloigner. La policière attend que la belle blonde qui faisait chavirer son cœur soit rentrée dans le bâtiment avant de retourner les clés sur le contact. Avant de repartir, elle regarde la petite boule de poils couchée sur le siège à côté d'elle. La chienne a levé la tête et la regarde l'air triste que la blonde qui la câlinait soit partie.

« Et oui, je sais. Moi aussi j'aimerais qu'elle soit encore là… Mais on dirait bien que t'es coincée avec moi. » dit Raphaëlle comme si la jeune Sheltie pouvait la comprendre.

La chienne repose sa tête sur ses pattes avant tout en continuant à observer la policière. Cette dernière lui caresse affectueusement la tête et la jeune chienne lui lèche la main, ses yeux tout d'un coup plus pétillants.

« Allez, rentrons à ta nouvelle maison » déclare Raphaëlle en démarrant la voiture.

Astrid regarde par la fenêtre la voiture de la brune s'éloigner. Une fois le véhicule sorti de son champ de vision, la blonde se lance dans sa routine du soir. Elle se dirige donc vers sa salle de bain où est déposé son pyjama bien plié sur le tabouret prévu à cet effet. Elle se change donc et enfile sa tenue nocturne puis se lave les dents. Elle retourne ensuite vers la cuisine où elle se sert un verre d'eau qu'elle prend le temps de boire avant de se diriger vers sa chambre. La documentaliste met son réveil puis s'allonge dans son lit. Elle ne se sent pas fatiguée malgré l'heure assez tardive et la journée qu'elle venait de passer, pourtant elle sait qu'il lui faut se reposer pour pouvoir être au summum de ses capacités le lendemain matin. Elle ferme donc les yeux et c'est ce moment que son esprit choisit pour ramener au premier plan les pensées qui avaient été interrompues par la fin du trajet.

Astrid revoit donc les nombreux contacts physiques et visuels qu'elle a eu durant les dernières heures avec la brunette qui hantait ses pensées. Il y a encore quelques mois, Astrid n'aurait jamais envisagé qu'il serait un jour possible pour elle de toucher ou d'être touchée par quelqu'un sans que cela ne la mette dans une situation de stress ou provoque une crise. Elle n'arrive d'ailleurs toujours pas à y croire. Tout ce qu'elle sait c'est que tout cela est lié à Raphaëlle. Elle est différente. Le contact de la policière n'est pas insupportable comme celui de n'importe quelle autre personne. En même temps, Raphaëlle Coste n'était pas n'importe qui pour Astrid. Elle était son dé à coudre… Enfin, c'est ce que la blonde pensait mais elle n'était plus très sûre d'elle maintenant que des sentiments qu'elle était incapable de décrire l'avait emparée. Il lui faudrait se renseigner sur ce que pouvait vraiment signifier ses réactions que généraient en elle la proximité de la brune. Et c'est en pensant à la policière qu'Astrid sombre dans les bras de Morphée.


Quand elle arrive chez elle, Raphaëlle fait le moins de bruit possible pour ne pas réveiller Théo qui était déjà couché. Elle pose délicatement la petite chienne par terre.

« Voilà ton nouveau chez toi ma belle » annonce la policière en regardant la petite chienne qui se lève péniblement sur ses quatre pattes.

Voyant la petite berger des Shetland commencer à explorer l'appartement en boitant fortement, Raphaëlle se dépêche de poser ses affaires et reprend la chienne dans ses bras pour éviter qu'elle se fasse mal.

« Ça sera plus simple comme ça » dit-elle en souriant à la chienne qui lui lance un regard reconnaissant.

La policière se dirige vers le coin cuisine et se sert un verre d'eau avant d'ouvrir le frigo pour récupérer de quoi se faire un sandwich. Elle voit alors les restes laissés par son fils. Elle sourit mais n'ayant pas vraiment faim, elle préfère l'option du sandwich. Elle mangerait le repas laissé par son fils plus tard, à un moment où elle serait plus reposée et apte à profiter de celui-ci. Alors qu'elle prépare son sandwich, Raphaëlle réalise que l'animal blotti dans ses bras doit avoir faim. Elle lui donne donc un morceau de pain. La chienne sent ce que la brune lui tend avant de le prendre dans la bouche et de commencer à le rogner, se faisant les dents avec. Raphaëlle en mangeant son sandwich ne peut s'empêcher d'observer l'adorable petite chienne. Si elle en était légèrement jalouse tout à l'heure, ce sentiment s'était complétement évaporé tellement l'animal était mignon. Elle pouvait totalement comprendre en quoi la jeune Sheltie avait la capacité de calmer Astrid…

Astrid… Raphaëlle laisse, une fois de plus, la blonde envahir son esprit. Vu l'état dans lequel la documentaliste était quand elle l'avait déposée, le fait de révéler ses sentiments pour Astrid ne paraît pas forcément être une très bonne idée. Et pourtant, Raphaëlle ne peut retenir son imagination quand des images de la vie qu'elle pourrait avoir avec la blonde se bousculent dans sa tête. Avec ces belles images en tête, elle va enfiler sa chemise de nuit, se brosser les dents puis va se coucher, la chienne posée en boule à côté d'elle dans le lit. Elle s'endort rapidement épuisée mais un sourire aux lèvres.