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LE GRAND ABSENT DE LA FiNALE DE QUIDDITCH


L'histoire de l'attaque de Chase contre Scorpius dans la Grande Salle fut racontée dans tout le château dès la première heure de cours. Les elfes de maison avaient eu beau remettre tout en place, sans laisser aucune trace, l'information avait fuitée et les élèves murmuraient, une fois de plus, sur le passage du Serpentard.

Scorpius ne s'en formalisait plus du tout de tous ses cancans sur son sillage. Il avait été victime de ragots tellement de fois cette année qu'il était presque surpris lorsqu'il ne percevait pas les chuchotements d'élèves dans son dos. Il se désolait d'une seule chose: que personne ne bavardait sur l'unique information qui le rendait profondément heureux, sa relation naissante avec Rose.

Les semaines s'écoulaient lentement et ils passaient toujours autant de temps ensemble. Scorpius ne se lassait pas une seconde de la jeune fille. Il pouvait passer des heures à essayer de la faire rire jusqu'à tenter les chatouilles comme des gosses de cinq ans. Il adorait voir s'épanouir un grand sourire sur son visage rond. Il aimait la rendre heureuse, et rien n'aurait pu gâcher son plaisir si ce n'était l'attitude d'Albus.

Depuis l'embuscade, Albus s'était renfermé sur lui-même. Il s'était réveillé le lendemain du passage secret, dans la chambre de Chase, avec l'idée de les interroger lui-même. Malgré les conseils de Rose et Scorpius (qui trouvaient cette idée farfelue), il s'était rendu à l'infirmerie et avait harcelé Madame Pomfresh pour visiter Chase. Il avait piqué une crise de colère lorsque l'infirmière de Poudlard lui révélât que l'élève de Poufsouffle avait été conduit à Saint-Mangouste. Le sort d'Imperium administré sur une si longue période avait eu de terribles séquelles sur son cerveau. Il était peu probable que Chase Wilson ne retrouve pleinement ses capacités.

Après son coup d'éclat et malgré les remontrances de la directrice de sa maison, Albus réussit à se calmer mais il ne perdit en rien son besoin vital de résoudre le mystère du voleur des reliques de la Mort. Dans les semaines qui suivirent, Albus passa le plus clair de son temps à la bibliothèque, le nez plongé dans des bouquins poussiéreux, écrits en runes anciennes. Il n'y sortait que pour aller en cours et manger en quatrième vitesse. Dans les premiers jours, Scorpius et Rose avaient passé un peu de temps avec lui, s'intéressant un peu à ses théories de plus en plus fumantes. Bien vite, le couple se lassa et ils ne lui tenaient plus compagnie que pour l'inciter à se détendre et à passer à autre chose.

Peine perdue… Albus ne démordait pas de ses recherches et ce, malgré les examens des Aspics qui approchaient à grands pas.

A moins d'un mois des épreuves, Rose devait consacrer chaque instant de libre à ses révisions et les escapades romantiques avec Scorpius se faisaient de plus en plus rares. Bien entendu, Scorpius faisait le strict minimum en étant sûr de rafler tous les points. Pareil pour Albus… Rose avait beau lui dire qu'il ferait mieux de réviser pour ses Aspics, toutes ses leçons de morale étaient accueillies par Albus par un haussement d'épaules et un soupir exaspéré.

Scorpius sentait Rose à cran au fil des jours. Elle passait, tous les soirs, de longues heures dans leur salle commune à lire d'énormes pavés et des mètres de rouleaux de parchemins. Le peu de soirées de libres, Rose les passait à s'entraîner pour le dernier match de la saison de Quidditch.

Tous les membres de l'équipe de Quidditch de Poufsouffle, les amis de Chase, avaient été démis de leurs fonctions après l'esclandre dans la Grande Salle. Pour le dernier match de la maison jaune et noire, une équipe avait dû être montée en vitesse et les joueurs inexpérimentés avaient perdu lamentablement contre les Serdaigle. Il ne restait plus que la dernière confrontation entre les Serpentard et les Gryffondor et tout Poudlard était sur les nerfs. Cette nervosité se faisait aussi ressentir entre Scorpius et Rose qui ne comptait pas céder la victoire à l'autre même pour tout le romantisme du monde. Les entraînements se faisaient tard le soir, dans le plus grand secret pour éviter toutes fuites de stratégies.

Résultat, Scorpius voyait de moins en moins sa dulcinée et il passait le plus clair de son temps dans la bibliothèque avec Albus, toujours le nez plongé dans ses livres, à rêver à une heure dans les bras de Rose. Contrairement à la capitaine de Gryffondor, la victoire de ce match ne l'intéressait pas du tout. Il se donnerait à fond, irait à toutes les séances d'entraînement, écouterait son capitaine. Mais si la rouquine gagnait contre lui, il resterait toujours le plus heureux des hommes.

— Comment va Rose? demanda Albus qui n'avait pas levé la tête de son paragraphe.

Scorpius se balançait sur son siège à côté de son ami, très concentré. Le Serpentard avait une furieuse envie de fumer une cigarette. Il tenait en pensant à la nuit qu'il passerait avec Rose si son emploi du temps le lui permettait.

— Elle est stressée, soupira-t'il. Entre la finale et les Aspics, c'est une vraie boule de nerfs. En plus Thomas s'est fait coller par Radcliffe, le jour du match. Elle a eu beau négocier ou supplier, elle se retrouve sans gardien.

— Thomas?! Qu'est-ce qu'il a fait pour se faire coller?

— Apparemment, il aurait insulté un autre élève, un Serpentard, je crois.

— Thomas? Le copain de ma soeur? insista Albus en levant enfin la tête de son livre.

— Il parait… En tout cas, Rose est dans tous ses états.

Il soupira de frustration tout en continuant à se balancer d'avant en arrière. Il stoppa lorsqu'il croisa le regard assassin de Madame Pince. Albus sourit lorsqu'il vit son meilleur ami ramener sa chaise plus en avant pour faire semblant d'étudier un ouvrage sur le traité des sortilèges de troisièmes cycles. La bibliothèque était bondée d'élèves de septième et cinquième année et bientôt, la bibliothécaire délaissa Scorpius pour se concentrer sur deux élèves de Serdaigle en train de débattre à grands cris sur la manière de prononcer une formule.

— Quand je pense que je dois attendre la fin de la finale et des Aspics pour profiter de Rose…, soupira encore Scorpius.

— Tu parles de ma cousine, je te signale.

— Occupe-toi de tes recherches!

Albus allait répliquer quelque chose lors qu'il fut interrompu par le bruit sourd de coup sec contre la vitre de la fenêtre d'à côté. Tous les occupants de la bibliothèque, Madame Pince y compris, tournèrent la tête vers la source de cette cacophonie. Les veines de la vieille bibliothécaire gonflèrent sur son front lorsqu'elle découvrit un Grand Duc frappant de son bec à répétition le carreau.

— A QUI APPARTIENT CE HIBOU? hurla Madame Pince en désignant le volatile qui hulula dans la direction de Scorpius.

Celui-ci, avec un sourire contrit, se leva précipitamment et ouvrit la fenêtre en empêchant Guenièvre d'entrer dans la salle d'étude.

— C'est une honte, Monsieur Malefoy! cria-t'elle encore. A un mois des examens… Vous prenez ma bibliothèque pour la volière?

— Désolé, madame… Aïe!

Guenièvre venait de le pincer, furieuse de ne pouvoir entrer pour se reposer. Scorpius la calma d'une caresse et détacha de sa patte, le message d'un papier blanc.

— Va à la volière, ordonna Scorpius à son hibou. Désolé, je viendrais te voir plus tard.

Le hiboux lui mordilla encore le doigt puis battit des ailes et s'envola vers la tour sud de Poudlard. Scorpius referma la fenêtre et se tourna vers le public et Madame Pince qui le foudroyaient du regard pour le dérangement.

— Dix points en moins pour Serpentard! conclut Madame Pince avant de retourner à son pupitre.

Les autres élèves retournèrent à leurs révisions. Seul Albus avait encore le regard rivé sur son ami et sur le papier curieusement blanchâtre qu'il tenait dans sa main. Il n'avait pas eu à réfléchir longtemps pour comprendre qu'ils avaient enfin reçu une réponse d'Emma, après des mois d'attente.

Scorpius se rassit et déplia la lettre devant Albus pour qu'il puisse la lire en même temps que lui. Il reconnut aussitôt l'écriture fine et détachée de son amie au-dessus d'un article de presse moldue.

"Cher Scorpius,

La prochaine fois, tu te démerderas tout seul pour trouver des informations. Je n'ai pas que ça à faire! Internet, tu connais?

Bref, j'ai enquêté sur cette Erin Morton. Je n'ai pas trouvé grand chose sur les réseaux sociaux mis à part un compte de commémoration sur Facebook. J'ai checké dans la presse selon la date indiquée sur sa page et je suis tombée sur ça. J'espère que ça pourra t'aider.

Ps: Tu me rembourseras les souris que j'ai dû acheter pour nourrir ton hiboux. Plus collant que ça, tu meurs!

— C'est quoi Facebook? demanda Albus.

— Trop compliqué à t'expliquer maintenant, répondit Scorpius en commençant la lecture de l'article.

"Le corps de femme repêché dans la Tamise cet hiver, enfin identifié!

Cinq mois après que les pompiers ont repêché le corps d'une femme, les policiers ont enfin pu identifier la victime. Il s'agit d'Erin Morton, 26 ans, étudiante en sciences sociales à Cambridge. La jeune femme avait été portée disparue à l'université, il y a de cela trois ans. Plusieurs avis de recherches avaient été postés dans tout le Royaume-Unis afin de retrouver Erin mais la police a classé l'affaire sans-suite, après des mois de recherches infructueuses.

Erin Morton repêchée et identifiée, la police a commencé à poursuivre la piste d'un meurtre. Cependant, l'autopsie a révélé des traces de pîqures sur les avants-bras d'Erin Morton et son corps ne présente aucune trace de lutte ou de coups physique qui présage une mort suspecte. La police a conclu au profil d'une jeune femme droguée qui se serait noyée après une overdose. La mort d'Erin Morton a été classée "accidentelle'. Les parents se sont dits très choqués par l'annonce de la mort de leur fille unique ainsi que les conclusions de la police. Ils assurent qu'Erin n'était pas intéressée par la drogue et réfute la théorie de l'accident.

Pour tout savoir sur l'interview des parents avec la police, page 10.

Emma n'avait pas jugé utile de joindre à son courrier l'interview des parents d'Erin Morton et Scorpius ne s'en plaignit pas. L'article ne leur avait pas appris grand chose. Erin Morton était une moldue qui s'était noyée à Londres après un trip trop chargé. Il ne voyait pas du tout le lien avec Chase ou le voleur de reliques. Peut-être s'agissait-il d'une autre Erin Morton…

— Je sais pas trop à quoi ça nous avance…

Scorpius s'était attendu à une nouvelle crise de frustration d'Albus. Il fut surpris de voir son ami lui arracher la lettre des mains et la parcourir des yeux à toute vitesse. Scorpius l'observa, sans comprendre. Ses mains s'agitait sur le papier blanc et il pouvait sentir l'excitation de son meilleur ami. Il sursauta lorsqu'Albus se releva d'un bond de sa chaise en frappant la table de ses mains. Madame Pince hurla à nouveau.

— Qu'est-ce qui te prend? demanda Scorpius.

Albus ne répondit pas. Il fixait droit devant lui sans vraiment voir Madame Pince qui s'égosillait contre le Serpentard irresponsable. Il ne l'entendit pas le sommer de quitter la bibliothèque sur le champ.

— C'est impossible…, murmura-t'il.

Sans crier gare et sans se soucier des remontrances de la bibliothécaire, Albus ramassa ses affaire, la lettre d'Emma qu'il fourra dans son sac, et quitta la bibliothèque en renversant sa chaise derrière lui. Scorpius l'appela plusieurs fois mais il ne répondit pas et il disparut dans les couloirs du château alors que Madame Pince enlevait dix points de plus à la maison de Serpentard.

Scorpius chercha Albus de longues heures dans tout le château. Il vérifia même le laboratoire d'Hugo qui lui assura ne pas avoir vu Albus depuis des jours. Il ne se montra pas non plus au festin du soir et Scorpius se demanda si Albus n'était pas retourné à la bibliothèque pour d'autres recherches. Il n'eut malheureusement pas le temps de vérifier car une grosse séance d'entraînement était prévue pour les Serpentard. Le dernier match de la saison était pour demain et Rheeston voulait tous ses joueurs fin prêts pour gagner la coupe.

Il passa des heures à poursuivre un vif d'or particulièrement espiègle qui le fit voler dans tout le terrain de Quidditch. Rheeston libéra ses joueurs qu'une fois la nuit tombée et Scorpius n'eut pas la force de passer par les vestiaires, sûr de s'endormir sur l'un des bancs avant d'avoir enlevé une seule de ses genouillères.

Ce fut éreinté, en nage et fourbu qu'il entra dans la salle commune des préfets-en-chef, son Eclair de Feu III sur l'épaule. La gargouille passé, il eut le plaisir de voir Rose penchée sur l'un des bureaux, une plume à la main, griffonnant sur la pile de parchemins entassé devant elle. Malgré la fatigue, le sang de Scorpius s'échauffa dans ses veines face à la jeune fille, tellement concentrée qu'elle n'avait pas remarqué son entrée. Il la trouva belle dans sa robe noire, son nez retroussé, ses mèches bouclées rousses qui blondissaient sous la lumière orangée du feu de cheminée.

Il posa délicatement son balai dans un coin et s'approcha en catiminis derrière la jeune fille qui plongea sa plume dans son encrier. Elle souffla lorsqu'une énorme goutte d'encre noire tomba sur son parchemin qu'elle épongea avec un mouchoir. Scorpius s'approchait toujours aussi silencieusement. A quelques pas d'elle, posté dans son dos, il se pencha et souffla délicatement près de son oreille. Rose poussa un cri de frayeur et bondit de sa chaise en renversant son encrier. Scorpius éclata de rire.

— Regarde ce que tu m'as fait faire! rugit t'elle en constatant les dégâts.

Elle leva ses rouleaux gorgés d'encres noires et fusilla du regard Scorpius, toujours hilare.

— Désolé, c'était trop tentant.

Evasnesco! dit Rose en pointant sa baguette sur la tache d'encre.

Aussitôt, le parchemin redevint vierge et Rose mit un peu d'ordre sur le bureau en ramassant les rouleaux à terre et son encrier désespérément vide. Scorpius s'assit en face de la jeune fille et posa ses deux bottes pleines de terre sur la chaise d'à côté.

— Et si tu arrêtais les révisions pour ce soir... , dit-il en prenant un air coquin.

— Je te signale que tout le monde ne peut pas se contenter de sa mémoire pour passer ses Aspics. Il faut que je révise! J'ai déjà pris deux semaines de retard dans mon programme.

— Ton programme?

Rose lui tendit un calendrier dont chaque jour chantait le programme de la journée. Scorpius lut, pour aujourd'hui, encore trois heures d'Histoire de la Magie avec les chapitres sur la délégation de centaures au Ministère de la Magie en l'an 1330. Le Serpentard soupira. Dans trois heures, Rose serait épuisée et ne penserait qu'à dormir pour être en forme pour le match de demain.

Scorpius était frustré. Ils n'avaient rien fait depuis plusieurs jours, pas même une minute d'intimité. Il observa, démuni, Rose se replonger dans l'écriture en pattes de mouche d'Albus, les seules notes complètes en Histoire de tous Poudlard. Elle était si concentrée que Scorpius se sentit terriblement seul, même s'il était assis à la même table que la Gryffondor.

— Tu étudies quoi? demanda Scorpius en connaissant parfaitement la réponse.

— Tu le sais très bien…

— T'en es où?

— Hyléos et Rhoécos agressent une jeune sorcière en représaille au meurtre de leur épouse par des sorciers…

— Triste histoire…

— En effet!

Il eut un petit silence et Rose leva les yeux sur Scorpius qui continuait à l'observer, son éternel sourire farceur aux lèvres.

— Tu parles aussi du traité du ministre de la Magie, Angus Tiertournelle, proposé aux centaures pour calmer les esprits?

— Oui! répliqua Rose sur un ton sec.

— Et du…

— Tu me laisses travailler, s'il te plaît?

— Je veux seulement t'aider, répondit Scorpius innocemment.

— Merci mais ça ne m'aide pas du tout!

— Très bien, je me tais.

— Merci…

Rose soupira, ratura nerveusement une phrase et se replongea dans son chapitre. Scorpius attendit que son nez se retrousse de nouveau sous la concentration pour taquiner encore la jeune fille. Il se délesta de ses bottes qui tombèrent, avec un bruit mat, sur le tapis du salon. Puis, il tendit sa jambe, sous la table, jusqu'à chatouiller la cuisse de Rose qui sursauta, une nouvelle fois, sur sa chaise. Elle rejeta le pied de Scorpius de la main en lui lançant un regard noir qui fit ricaner le Serpentard. Loin de se décourager, il caressa, du bout de son pied, le genoux de Rose qui poussa un grognement.

— Très bien! Je te propose quelque chose, dit-elle tout à coup.

Scorpius se redressa sur sa chaise, tout sourire.

— Je suis toute ouïe.

— Comme tu n'es pas prêt à me laisser travailler en paix, je te propose un jeu. Si tu arrives à te montrer de marbre à mes avances pendant vingt minutes, tu gagnes et je suis toute à toi pour toute la nuit. Mais si tu perds… tu vas te coucher, seul et on ne se reverra qu'au match de demain, sur le terrain.

Le Serpentard hésitait. La tentation était extrêmement forte, le jeu irrésistible et la tentatrice enivrante. Est-ce que vingt minutes de câlins sensuels valaient la sanction de l'isolement jusqu'au lendemain? Il sourit à cette idée. Après des jours d'abstinences, il ne cracherait même pas sur cinq minutes.

— Et si c'était moi qui te tentait?

— Tu es sûr de gagner, répondit Rose en posant sa plume. Mais n'es-tu pas plus excité par le défi de me résister?

Rose se pencha un peu plus en avant. Sa chemise était ouverte et Scorpius avait une vue plongeante sur son décolleté. Scorpius ne put s'empêcher d'y jeter un oeil. Lorsqu'il releva les yeux sur Rose, celle-ci avait un sourire de gagnante qui réussit à le convaincre.

— J'accepte ton pari, dit-il d'une voix un peu trop rauque à son goût.

Après avoir rangé ses affaires dans son sac, Rose prit les choses en mains, au plus grand plaisir de Scorpius. Elle le fit se lever en lui tenant la main et le mena jusqu'à sa chambre. Il la suivit sans dire un mot, un sourire béat aux lèvres. Cela faisait des jours qu'il n'attendait plus que ça. Il était déjà prêt à exploser lorsque Rose le conduisit près de son lit et le poussa brutalement pour le faire tomber dans ses draps.

— Ne bouge pas... , lui ordonna-t'elle.

Il opina sans protester. Il adorait voir Rose avec cet état d'esprit. Les yeux ambrés de la rouquine pétillaient de malice tandis qu'elle se défaisait de sa cape. Le tissus noir tomba à ses pieds et Rose releva sa jupe pour s'asseoir à califourchon sur Scorpius dont la respiration devint plus profonde. Rose le dévisageait avec un petit sourire espiègle, plein d'assurance. Ses mains étaient posées sur la poitrine du Serpentard toujours en tenue de Quidditch. Elle s'accrochait à son pull vert en le regardant simplement avec une expression terriblement sensuelle.

— Si tu crois que c'est avec ça que tu me feras craquer, dit-il en riant.

Rose ne répondit pas, toujours ce même sourire taquin aux lèvres. Du bout de son pouce, elle caressa les lèvres de Scorpius comme il l'avait fait à la bibliothèque lorsqu'elle n'était pas encore avec lui. Sa main remonta jusqu'à sa joue, ses tempes. Elle était incroyablement chaude et les yeux de Scorpius s'écarquillèrent lorsque Rose se pencha sur lui, collant sa poitrine contre la sienne.

Il se demanda soudain combien de temps s'était déjà écoulé. Dix-huit minutes, peut-être…? Il l'espérait.

Les mèches rousses de Rose lui tombaient devant les yeux et chatouillaient son visage tandis que les mains chaudes de la jeune femme caressaient ses propres cheveux. Scorpius sentit ses cuisses se resserrer autour de sa taille. Il percevait les battements de son coeur contre le sien. Sa chaleur était terriblement communicative et il eut très envie de la caresser sous sa jupe. Lorsqu'il leva la main, suivant son désir, il l'arrêta au dernier moment. S'il cédait, Rose s'en irait. Il était hors de question qu'il perde.

— Et dire que c'est moi qui t'ai tout appris, dit Scorpius dans un souffle. Tu utilises mes propres armes contre moi!

Rose lui caressa encore le front puis y déposa un doux baiser, très tendre.

— C'est que je suis très douée, dit-elle avec un sourire qui fit chavirer le coeur de Scorpius.

Il fallait tenir. Encore un peu…

Soudain très inspirée, Rose passa ses mains sous le pull de Scorpius. Elle le releva doucement jusqu'à le forcer à lever les bras pour l'enlever. Au lieu de faire passer le vêtement par-dessus sa tête, elle le releva sur son visage, lui emprisonnant les bras dans les manches et lui masquant la vue. Scorpius se sentit terriblement vulnérable dans cette positions, presque aveugle, empêtré dans son pull. Il sentit le souffle de Rose sur sa poitrine et il ne put réprimer le frisson d'excitation qui envahit tout son corps.

Ses mains caressèrent ses flancs, remontèrent sur ses pectoraux avec une lenteur criminelle. Au moins avec le pull sur la tête, Rose ne pouvait pas voir son trouble. Sa respiration s'accéléra lorsqu'il sentit ses lèvres se poser sur sa gorge et aspirer sa peau avidement.

— Ce n'est pas du jeu…, soupira Scorpius en sentant une chaleur terriblement familière irradiée vers son bas-ventre.

— Ne l'oublie jamais, Scorpius…, commença Rose.

Les lèvres de la jeune fille quittèrent sa gorge pour se poser dans le creux de son cou.

— Mon coeur bat à chaque instant, à l'unisson du tien…

Les baisers de Rose descendait toujours plus bas et elle passa sa langue sur sa peau, devenue brûlante tandis que ses mains défaissaient sa ceinture.

— ...et battra pour toujours, pour toi.

Scorpius résistait tant bien que mal, essayant de penser aux choses les plus dégoûtantes qu'il connaissait comme les rognures d'ongles d'un troll des cavernes. Mais les mots de Rose avaient pénétré sa chaire et sans lui dire textuellement qu'elle l'aimait, sa déclaration n'en était pas loin. Alors qu'il essayait de retrouver une certaine contenance, Rose releva soudain le pull sur ses lèvres et l'embrassa à pleine bouche, explorant de sa langue celle du Serpentard avec une avidité étourdissante.

Lorsque Rose gémit soudain entre ses lèvres, Scorpius n'y tint plus. Il empoigna Rose par la taille et la fit basculer sous lui. En se débarrassant de son pull, Scorpius découvrit le visage triomphant de Rose, emprisonnée dans ses bras. Scorpius était à bout de souffle et son excitation clairement manifeste, pressée contre la cuisse de la Gryffondor, victorieuse.

— J'ai gagné! s'écria-t'elle, ravie.

— C'était inévitable, sourit Scorpius, bon joueur.

Le Serpentard se pencha pour l'embrasser mais Rose détourna la tête avec un petit rire. Elle se dégagea de son étreinte et se dirigea vers la porte.

— S'il te plaît, gémit Scorpius, toujours allongé dans son lit. Reste!

— Bonne nuit, rit encore Rose. On se voit demain.

Scorpius enfuit son visage dans son oreiller lorsqu'il entendit le glas solennel de la porte qui se referme derrière Rose.

OoO

Rose tint sa résolution et ne rejoignit pas Scorpius dans sa chambre. Elle n'eut aucun mal à imaginer le Serpentard gémissant de frustration au milieu de ses couvertures et l'image la fit sourire. Rose avait bien trop de soucis pour s'inquiéter de la solitude de Scorpius.

Sans en parler ouvertement à Albus, elle était soulagée que Chase ait été envoyé à Saint-Mangouste. Elle avait l'impression rassurante que toute cette histoire était derrière elle et que Rose pouvait enfin profiter de sa relation avec Scorpius. Mais bientôt, elle fut rattrapée par la montagne de révisions qui l'attendaient, le stress grandissant des Aspics qui se rapprochaient inexorablement et des séances d'entraînement de Quidditch qu'elle devait programmer au milieu de tout cela.

Le sort s'était acharné avec la retenue de Tom, la privant de gardien pour le match décisif. Rose n'avait eu d'autres choix que de demander à Lily de remplacer son petit-ami au pied levé. Aucun autres Gryffondor n'équivalaient le niveau de Quidditch de Lily Potter. C'était d'ailleurs elle qui avait entraîné Tom pour passer les essais pour le poste de gardien. Lily avait toujours joué au Quidditch avec son père, son frère et avait été entraîné par la meilleure poursuiveuse de Gryffondor, Ginny Weasley. Lily s'était révélée talentueuse en Quidditch mais elle n'avait jamais eu la patience, ni la passion pour s'y investir pleinement. Elle n'utilisait ses compétences que pour taquiner ses frères ou impressionner son père s'il la forçait à jouer avec lui.

Rose avait persuadé sa cousine, dans le plus grand secret, de bien vouloir remplacer Tom, seulement pour ce match. Lily avait accepté et Rose avait caché l'identité de son nouveau gardien à tous, même aux autres joueurs de son équipe. Elle voulait surprendre les Serpentard par l'apparence fragile de la petite Lily. S'ils la sous-estimaient, ils avaient une chance de gagner.

Le matin du match, aux aurores, le vent se mit à hurler et la pluie tomba plus dru que jamais. Il faisait si sombre à l'intérieur du château qu'il fallut allumer des torches et des lanternes supplémentaires. Dans la Grande Salle, les joueurs de Serpentard affichaient des airs supérieurs en voyant approcher Rose à la table des Gryffondor. Rose croisa le regard de Scorpius, assis à côté d'Alice Leger, la batteuse, qui murmura quelque chose à l'oreille de l'attrapeur. Peu d'élèves étaient au courant de la relation entre Rose et Scorpius. Celui-ci s'amusait follement de la compétition entre les deux équipes. Scorpius avait un grand sourire moqueur et il rit à gorge déployée à la boutade chuchotée par la batteuse.

Rose se précipita sur Lily, occupée à savourer son petit-déjeuner, pour lui donner des conseisl. Lily l'écoutait à peine, levant les yeux aux ciels à chaque phrase.

— Tu dois surtout te méfier des frères Audley. Une fois qu'ils se synchronisent, c'est impossible de réagir.

— Rose, ne t'en fais pas. Tu es bien trop nerveuse! s'énerva Lily en lui tapotant le dos.

— Trop nerveuse?! s'exclama-t'elle. C'est la finale et le temps est horrible!

Rose désigna le plafond enchanté de la Grande Salle. Comme à l'extérieur, le ciel était noir, menaçant et le vent hurlait contre les vitraux.

— Ce sera un match difficile, dit Rose qui n'arrivait à rien avaler.

— Arrête de t'inquiéter, dit Lily d'un ton apaisant. Ce n'est que de la pluie.

Rose fut la première à sortir à l'extérieur en direction du terrain de Quidditch. Elle dût relever son cols, baisser la tête et courir jusqu'au vestiaire pour ne pas être trempée comme une soupe. Alors qu'elle potassait ses tactiques, elle vit par la fenêtre les élèves déambulés tant bien que mal vers le stade, une vague de parapluies déployés.

Les joueurs de Gryffondor revêtirent leurs robes écarlates et attendirent que Rose prononce son dernier discours. Elle prit soudain conscience de cela lorsque tous les regards anxieux se braquèrent sur elle. C'était sa dernière année à Poudlard, son dernier match. Durant les dix minutes qui suivirent, Rose remercia chacun de ses joueurs pour leurs performances et les encouragea à donner le meilleur d'eux même pour son tout dernier match. En prononçant ses derniers encouragements, elle sentit qu'elle avait les larmes aux yeux et elle remercia Lily qui détourna l'attention des autres joueurs en débarquant soudain, son Nimbus sur l'épaule.

— On y va? dit-elle avec un grand sourire.

Losqu'ils sortirent tous, le vent était si violent qu'ils entrèrent sur le terrain en chancelant. Le vacarme du tonnerre couvrait les acclamations du public et la pluie ruisselait dans le cou de Rose qui se sentit frigorifiée en moins de deux. Cela n'allait pas être facile de viser.

Les joueurs de Serpentard apparurent à leur tour à l'autre bout du terrain, dans leurs robes vertes et argents. Rose s'avança vers Rheeston en restant de marbre lorsqu'il lui serra la main. La prestance du gardien des Serpentard était destabilisante et Rose dût s'empêcher de rougir lorsqu'elle croisa le regard impatient de Scorpius dans le dos de son capitaine.

La pluie était tellement dense qu'ils eurent du mal à entendre Madame Bibine leur demander d'enfourcher leur balai. Rose serra sa prise contre sa batte et arracha son pied droit de la gadoue en passant sa jambe par-dessus le manche de son balai. Madame Bibine donna un coup de sifflet qui parut lointain dans le vacarme de la tempête et tous les joueurs décollèrent en même temps.

Rose avait plusieurs fois jouer sa finale avec l'équipe de Scorpius mais jamais dans ces circonstances. Ils s'étaient promis de faire fis de leurs sentiments respectifs pour ne rien regretter de leur dernier match à Poudlard. Rose s'était d'ailleurs fait la promesse personnelle de ne plus répéter la même erreur qu'à son match contre Chase. Elle comptait bien se battre jusqu'au bout et mener son équipe à la victoire.

Elle s'éleva rapidement dans les airs en essayant de contrôler son balai malgré la bourrasque qui la fit dévier de plusieurs mètres. Elle maintint le cap le mieux possible et sonda la pluie pour vérifier la position de ses joueurs.

En quelques minutes, elle se sentit glacée et trempée jusqu'aux os. Elle arrivait à peine à voir ses coéquipiers, le souaffle et les cognards. Plusieurs fois Lee lui hurla quelque chose en agitant sa batte mais sa voix ne réussit pas à passer au-dessus du vent. Elle s'inquiéta pour Lily qui ne devait pas voir à moins d'un mètre devant elle.

Rose vola près des arènes et put entendre des brides des commentaire de Rita. La foule des spectateurs était cachée sous un océan de capes et de parapluies. Rose discerna enfin un cognard foncé droit vers elle. La capitaine des Gryffondor suivit le projectile des yeux pour le frapper au bon moment. Elle visa un des frères Audley, le souafle sous le coude, fonçant vers les buts. Le cognard fut dévié par le vent et manqua de peu le Serpentard qui passa le souaffle à son frère. Henry Audley réceptionna du bout des doigts la balle pour ensuite la balancer de toutes ses forces dans la direction du cerceaux gauche.

Rose poussa un cri de détresse, vite étouffé en voyant Lily bondir sur le côté et attraper le souaffle comme si elle était reliée à la balle par un fil invisible. Lily la renvoya, d'un geste expert, vers Anchal qui l'attrapa immédiatement. Avec Lily, il avait une chance. Cependant avec ces conditions métérologiques, ils ne tiendraient pas longtemps. Il fallait absolument mettre fin au match le plus vite possible. Tout dépendait de son attrapeur. Hélas, si Rose avait déjà du mal à repérer ses cognard, elle n'osait même pas imaginer la difficulté de discerner le minuscule vif d'or au milieu de cette tempête.

Elle leva les yeux et aperçut deux silhouettes voler l'une contre l'autre, contre le vent. L'une était rouge vif, l'autre verte. Harrison affrontait Scorpius. Rose grimaça.

Il fallait absolument qu'ils marquent le plus de points possible…

OoO

Scorpius avait perdu toute notion du temps; Maintenir son balai droit devenait de plus en plus difficile. Quel idée de disputer un match de Quidditch avec cette tempête. Il était gelé, les mains ankylosées autour de son manche, sa tenue trempée et l'envie irrépressible de rentrer dans sa salle commune devant un bon feu et une tasse de bièraubeurre.

Le ciel s'assombrissait sans cesse, comme si la nuit avait décidé de tomber avec plusieurs heures d'avance. Il s'était plusieurs fois cogné contre l'attrapeur adverse et lorsqu'il essayait d'en savoir où en était le match, il ne voyait que des éclairs rouge et vert filé au gré du vent qui n'en faisait qu'à sa tête. Ils étaient tous tellement trempés et la pluie était si dense qu'il n'arrivait plus à distinguer quoique ce soit.

Il entendit entre deux éclairs, la voix stridente de Rita crier le score de cinquante à zéro. Cependant, il n'entendit pas en faveur de qui. Il pria pour son équipe et fit accélérer son Eclair de Feu en espérant distancer l'attrapeur des Gryffondor dans son dos.

Scorpius évita un cognard de justesse. Lorsqu'il baissa les yeux, un éclair particulièrement proche illumina la silhouette de Rose en contre-bas, sa batte dans sa main. Scorpius sourit. elle lui avait promis de ne rien lâcher et il se sentait flatté. Contrairement à Chase, avec lui, Rose ne perdait rien de sa férocité. Animé d'une nouvelle énergie, il fendit les remous de l'orage en piquant vers Rose pour la houspiller. Elle lui renvoya un autre cognard qu'il esquiva de peu en zigzaguant dans les airs. Alors qu'il éludait l'autre attrapeur Gryffondor, un nouvel éclair, accompagné d'un énorme coup de tonnerre, zébra le ciel noir pour frapper le terrain boueux du stade. Voler dans ces conditions devenait de plus en plus dangereux. Scorpius n'avait plus le temps de jouer, il fallait qu'il se dépêche d'attraper le Vif d'or, peu importe le score.

Il prit de la hauteur vers le milieu du terrain. Au même moment, un autre éclair illumina les tribunes et Scorpius vit quelque chose qui détourna aussitôt son attention: près des buts des Gryffondor, un minuscule point doré scintillait sous la pluie. Il se coucha aussitôt sur son manche et poussa son balai en piqué vers Lily Potter qui réussit encore à intercepter un souaffle malgré la pluie diluvienne.

Au-dessus de sa tête, Scorpius vit Harrisson pousser son balai dans la même direction. Le Serpentard ignorait s'il avait repéré le Vif d'or ou s'il l'avait simplement suivi, pris de panique.

— Vas-y! murmura Scorpius à son balai.

Alors qu'il ne restait qu'un mètre pour attraper la petite balle volante et que l'attrapeur des Gryffondor vira un peu à gauche signifiant qu'il n'avait aucune idée où se trouvait le Vif d'or, Scorpius vit du coin de l'oeil un cognard foncé vers son flanc. Il était sûr que Rose le lui avait envoyé. Il aurait été si simple de se laisser frapper, de tomber dans la gadoue et de laisser les Gryffondor gagner. Mais il était aussi persuadé que Rose saurait qu'il l'avait laissé la victoire.

Scorpius serra les jambes autour de son manche et se laissa tomber. Le cognard siffla au-dessus de lui en frappant de plein fouet le pauvre Harrison qui avait enfin repérer le Vif d'or. Scorpius l'entendit pousser un cri de douleur avant de s'effondrer, la tête la première dans la boue. La tête à l'envers, une main sur le manche, Scorpius tendit le bras et serra contre sa paume la minuscule balle d'or.

Au lieu du tonnerre d'applaudissement de fin de match, Scorpius n'entendit qu'un nouvel éclair tonitruant tandis qu'il se redressait sur son balai. Il remonta péniblement, malgré le vent, le poing levé vers le ciel menaçant. Il entendit Rita hurler l'exploit du Serpentard et le coup de sifflet strident de Madame Bibine.

— GRYFFONDOR L'EMPORTE! hurla Bibine pour se faire entendre.

— Quoi? s'exclama Scorpius en atterrissant.

Alors qu'il serrait encore le Vif d'or dans sa main, il vit Rose descendre de son balai et se précipiter sur ses joueurs, ruisselante de larmes. Elle se jeta au cou de Lily et sanglota contre son épaule. Les bras enchevêtrés dans leurs étreintes, comme une masse difforme rouge et or, les joueurs de Gryffondor se congratulaient en hurlant à perdre haleine malgré les mugissement du vent.

— On a perdu? s'étonna Scorpius qui n'arrivait toujours pas à le croire.

— Cent-septante point contre cent-cinquante, dit Rheeston en atterrissant à son tour. On n'a pas réussi à marquer une seule fois. C'est qui cette fille?

Son capitaine désigna Lily qui avait été hissée sur les épaules des autres joueurs de son équipe. Rose lui avait caché cette arme secrète. Jamais il n'aurait cru que Lily Potter était une génie de Quidditch, elle qui se plaignait sans cesse de ce sport.

Scorpius fendit les vagues de supporters munis de leurs parapluies qui rejoignaient les joueurs en envahissant le terrain. Il rejoignit Rose en poussant des corps trempés, serrant toujours dans sa main le Vif d'Or de sa défaite. Un nouvel éclair zébra le ciel mais tout le monde semblait occulter la tempête toujours aussi virulente. Rose avait un sourire jusqu'aux oreilles. Ses cheveux étaient trempées et quelques mèches se collaient à ses joues rosies par le froid de la pluie. Elle se pressa contre Scorpius qui l'attira contre lui au milieu de la foule.

— Pas trop dégoûté? demanda-t'elle en souriant toujours.

— Tu m'as envoyé un cognard alors que tu savais que tu gagnais quand même.

— Je t'avais promis de me battre jusqu'au bout, dit-elle avec un sourire plus tendre.

Scorpius n'y tint plus. Malgré la pluie, la tempête, sa défaite, les supporters autour, les deux équipes de Quidditch, normalement ennemis, il se pencha vers Rose et embrassa ses lèvres devant tout le monde. C'était leur dernier match de Quidditch à tous les deux, leur dernière rivalité sportive. Il en avait assez d'être prudent. Il voulait montrer à tous à quel point il aimait cette fille qui s'accrocha à son cou pour l'embrasser avec plus de passion.

Il perçut, autour de lui, des cris d'exclamations et vit, du coin de l'oeil, des visages se tourner vers eux, choqués. Pour toute réponse, Scorpius brandit le poing en l'air, en signe de victoire. Après tout, il tenait son plus beau trophée entre ses bras.

OoO

Rose et Scorpius étaient toujours pressés l'un l'autre lorsqu'ils rentrèrent enfin à Poudlard, emporté par la foule des supporters. Les Gryffondor hurlaient leur joie, inondant le dallage propre du hall d'entrée par des traces de gadoue et de flaque de pluie. Rose ne s'était plus sentie aussi heureuse depuis très longtemps. Elle avait fini son mandat de capitaine de Quidditch de la meilleure des façons. Elle avait battu le record de souaffle rentré et avait battu Scorpius à plate couture. Malgré sa victoire, l'attrapeur adverse ne lui en tenait pas rigueur et il la câlinait contre son épaule en la pressant dans les escaliers.

Ils étaient trempés, boueux, fatigués mais surtout heureux. Et l'adrénaline du match se transformait en une toute autre excitation. Ils avaient dû choquer pas mal d'élèves en s'affichant aussi ouvertement devant tout le monde mais Rose s'en fichait. Rien ne pouvait la rendre plus heureuse et rien ne pouvait entacher un bonheur aussi parfait.

Elle entendit, soudain, des pas précipités dans l'escalier, derrière eux. Rose se retourna et vit Lily qui courait vers eux, le visage grave. Elle était toujours aussi trempée et tenait encore son balai dans une main. Sa tenue de Quidditch était couverte de boue et elle avait sali chaque marche par de belles empreintes boueuses. Elle dépassa le couple et se posta devant eux avant qu'ils n'aient pu atteindre le premier palier.

— Lily! s'exclama Scorpius avec un sourire. Beau match! Tu m'avais caché tes talents de gardienne…

— Il s'est passé quelque chose de grave! l'interrompit-elle.

— Quoi?

Rose eut l'impression qu'ils avaient brusquement transplané à l'extérieur, de nouveau, sous la pluie. Le bonheur qu'elle avait ressenti une seconde avait disparut en un rien de temps. Rose sentit un horrible frisson parcourir son corps gelé. L'expression de Lily ne présageait rien de bon.

— Qu'est-ce qui se passe? demanda Rose.

— Je suis allée chercher Albus. On avait parié sur le match… Il me devait beaucoup d'argent. Mais il n'était pas là au petit-déjeuner… Et je l'ai cherché partout. Dans la bibliothèque, dans les cachots, même dans sa salle commune. Il n'est nul part.

— C'est vrai qu'il n'était pas à notre table ce matin, dit Scorpius devenu soudain très pâle. Ça fait longtemps que je ne l'ai pas vu.

Lily plaqua ses mains sur sa bouche, les larmes aux yeux.

— Je crois qu'Albus a disparu!