Bonjour à tous et bienvenu pour ce nouveau chapitre des Aventures d'un Petit Oiseau ! Je souhaite un bon retour aux fidèles lecteurs de cette aventure et la bienvenue à ceux qui nous rejoignent !
Comme promis voici un nouveau chapitre et une nouvelle partie des aventures de Cornelia. Légende, nouvelles amitiés et choc culturel seront au cœur de ce chapitre et j'espère que vous apprécierez. Je vous souhaite une excellente lecture !
« Mademoiselle ? » Cornelia sursaute tiré de ses pensées par la présence à ses côtés d'un nain à l'air timide. Bilbo l'avait laissé seule à ses pensées pour rejoindre Gandalf. Elle pose un instant son regard sur le jeune nain à ses côtés et son regard se fixe un instant dans ses yeux d'une douce couleur noisette pleine de bonté et de naïveté.
« A qui ai-je l'honneur ? » Un doux sourire et un air aimable. Son cœur n'a pas la force d'être froide avec ce jeune-nain. De plus elle commence à être fatiguée de cette lutte, elle est lasse de se battre.
« Ori, je suis le frère de Dori et Nori. » Un vrai sourire apparaît sur les lèvres du jeune-homme alors qu'elle lui répond. « Je… J'ai vu ce que vous avez fait pour Bilbo, c'est très beau. »
« Je te remercie. Nous pouvons nous tutoyer non ? »
« Je… Je ne sais pas si je… » Cornelia sourit tendrement en voyant de légère rougeur apparaître sur les joues du jeune-homme. Ce dernier lance des regards un peu perdus autour de lui mais ne trouve aucune sorte de réponse. « D'accord. J'ai un service à te demander…. »
Cornelia est attendrie par le jeune-homme mais elle ne peut retenir un sentiment de méfiance d'enfler dans sa poitrine alors qu'elle invite d'un regard le jeune-homme à poursuivre.
« C'est bientôt l'anniversaire de Dori et j'aimerais lui offrir quelque chose. » Son petit air conspirateur amuse grandement la jeune-femme alors que le jeune-nain fourre quelque chose dans sa main. « Dori aime les choses délicates, je lui ai acheté une boîte pour qu'il range le thé qu'il aime tant mais j'aimerais la personnaliser…. »
Cornelia sourit amusé et ouvre doucement le petit papier dans sa main. Le dessin d'une grande et belle montagne brillant sur le soleil. Un très joli dessin, plein de détail mais sans couleur.
« Tu vas avoir besoin de teinture pour donner toute sa splendeur à ce dessin. Des teintes particulières en tête ? »
Ils passent le reste de la journée à débattre sur les meilleurs couleurs à choisir pour son projet. C'est avec curiosité que la compagnie de Thorin observe le duo discuter à voix basse. Lorsqu'il dresse le camp, la jeune-femme disparaît un petit moment sans un mot pour ensuite offrir à Ori discrètement les nouvelles couleurs. Le sourire radieux et reconnaissant du jeune nain lui réchauffe le cœur.
« Qu'est-ce que tu prépares ? » Bilbo est partagé sur son rapprochement avec certains nains mais également inquiet. Les nains ne l'ont toujours pas pleinement accepté, il ne veut pas la perdre. Elle est sa seule amie.
« Ori veut offrir un cadeau d'anniversaire à son frère. Je l'aide un peu. » Elle sourit doucement au hobbit consciente de ses inquiétudes. « De quoi as-tu discuté avec Gandalf ? »
« De ce qui est arrivé et de ce qui arrivera. »
« Te voilà bien énigmatique Bilbo. » Bilbo sourit en repensant à tous ce qu'ils ont traversé. Thorin lui en voulait toujours pour l'épisode des poneys….
« Un jour ils verront ta vraie valeur. Un jour ils comprendront leurs erreurs. » Bilbo cligne des yeux perdus en voyant l'air convaincu de la jeune-femme. Sa confiance sans limite en lui, lui un simple hobbit sans histoire, sans talent particulier.
« Pourquoi as-tu tant confiance en moi ? »
« Pourquoi pas ? On a tous le droit à une chance. Tu n'es peut être pas un grand guerrier ou un véritable cambrioleur mais tu es Bilbo Baggins. Un courageux hobbit qui a laissé sa maison derrière lui pour une cause en laquelle il croit. Pour rechercher une aventure et rendre à ceux qui l'ont perdu leur bien leur plus précieux. Peu en aurait fait de même et cet acte ils ne l'acceptent pas à sa juste valeur. Ils devraient avoir honte d'eux et un jour ils comprendront. » Cornelia pose son regard sur son ami en sourient tendrement. Comment les nains ne pouvaient voir le courage de ses actions. « De plus, tu es descendant des fées Bilbo et tu es mon ami alors ça me suffit. »
« Descendant des fées ? C'est la seconde fois que tu dis ça ? » Cornelia ne relève pas l'émotion palpable dans la voix de Bilbo, reconnaissant qu'il n'a pas dû recevoir de parole agréable depuis un long moment.
« Radagast m'a raconté une histoire un soir alors que les premières fleurs de lune ouvraient leur cœur à l'astre nocturne. L'histoire de petits êtres gardiens et porteurs des rêves. On me les a dépeints comme des êtres à la peau aussi claire que de la neige mais aux yeux aussi brillants que les é leur dos une paire d'ailes colorer, brillante et semblable aux pétales des fleurs. Ces fées sont des petits êtres spéciaux, elles vivent dans de petites fleurs, appelées fleur de lune. Des fleurs qui ne s'ouvrent qu'à la nuit tombée laissant alors sortir leur locataire. Ces fées vont alors arpenter le monde, passant dans chaque foyer pour y rependre leur poudre de rêve. Cette poudre qui te plonge dans un sommeil heureux, un sommeil dans lequel tu confie aux fées le soin de porter tous tes rêves, tes espoirs et tes attentes. Les fées les reçoivent et le chérissent jusqu'à ce jour où enfin tes rêves s'accompliront. Chérit et soignée par les fées, ils ont grandit jusqu'à aboutir car chaque nuit tu t'approche plus encore de l'accomplissement de tes rêves. L'existence des fées était un secret bien gardé mais un jour, un jour un homme assista au ballet des fées et fit des prisonniers. Pas plus grande que ma main, les fées ne pouvaient résister à la force de l'homme. Prisonnière, privé de leur liberté, de leur maison, de leur famille et de la lumière de la lune, la lumière des fées s'étiola et une à une elles perdirent la vie. On dit que la lune pleura des nuits entières la perte de ses enfants et qu'un jour lasse de les voir souffrir, elle refusa de se coucher rependant sur cette terre une nuit qui perdura 1000 jours. Au cours de ces nuits, bénis par la lumière les fées grandirent, elles grandirent jusqu'à attendre une taille proche de celle des hobbits. Une taille leur permettant de lutter contre leur oppresseur. Cette bataille les fées l'ont gagné mais le prix fut élevé. En grandissant, elles perdirent leur aile et les hommes perdirent leur gardienne. Tous durent s'adapter et apprendre à vivre ensemble, ce fut laborieux et le chemin fut long. Les fées finirent par disparaître mais pas sans laisser un dernier présent aux peuples qui les avaient protégés, qui leur avaient offert un foyer. Le peuple des hobbits. Elles leur ont offert le pouvoir de rêver, elles leur ont offert l'espoir et c'est ce que ce peuple inspire à tout cœur bien disposé. L'espoir d'un futur meilleur. » Cornelia se sourit à elle-même, reprenant enfin pied à la réalité. « J'aime cette histoire. »
Lorsqu'elle relève son visage, elle croise le regard de Bilbo mais elle n'est pas le seul dont elle a retenu l'attention. Une vive rougeur se repent alors sur son visage, gêné d'être ainsi le centre d'attention.
« Et moi qui pensais être le meilleur conteur de cette compagnie. Tu me voles ma place Cornelia. » Bofur sourit indulgent à la jeune-femme rougissante, attendrit.
« Je suis certaine que tu as à ton compte de nombreuses histoires. De plus je ne peux prendre tout le crédit de celle-ci, celui qui me l'a conté est bien plus doué que moi. » Cornelia sourit au nain, elle apprécie grandement Bofur. « Mais peut-être pourrais-tu nous conter une de tes histoires. »
« Tu aimes les histoires jeune-fille ? »
« Tu devrais voir ma bibliothèque. Une pièce entière de mon appartement y est dédiée. » Comme chaque fois qu'elle évoque sa maison, un sourire apparaît sur ses lèvres. « J'ai forcé mon père à venir tous les week-ends durant 3 semaines pour monter toutes les étagères avec moi. »
« Vous vivez avec votre mari ? » Cornelia pose son regard sur le nain qui vient de parler. Un nain possédant une crinière d'or, une crinière semblable à celle d'un lion. Leur regard s'accroche, le bleu d'un ciel d'été rencontre celui d'un ciel d'orage. Un cœur rate un battement et le regard de l'autre s'enflamme, s'assombrit.
« Pas moyen non. » Un léger rire passe la barrière de ses lèvres surprenant les nains alors qu'elle secoue la tête balayant la possibilité d'une main. Comme si l'idée qu'elle soit mariée était parfaitement incongrue.
« Avec qui vivez-vous dans ce cas ? » Le nain blond fronce les sourcils perdus. Cornelia sent l'indignation enfler dans sa poitrine alors que ce nain sous-entend qu'elle ne serait pas capable de vivre seule.
« Et bien aussi surprenant que cela semble vous paraître, je vis seule. Comme la grande fille, majeure, indépendante et autonome que je suis. Je n'ai pas besoin d'un homme pour prendre soin de moi ou m'entretenir. Je le fais très bien toute seule, merci. » Le tout dit de manière calme, posé mais froide avec un léger sourire sur les lèvres. Toutefois son regard est froid, dangereux le défiant d'ajouter quoi que ce soit. Le nain blond déglutit difficilement mais ne perd pas la face, gardant un visage avenant.
« Et bien disons que dans notre monde, une femme vit rarement seule. Préférant, en effet, le confort et la sécurité que lui apporte la présence d'un homme. Un père ou un mari. Un besoin naturel afin de se sentir en sécurité.»
« Sans doute parce qu'elles n'ont jamais rien connu d'autre. Parce que votre société ne leur permet rien d'autre. »
« Les temps sont dangereux. Nos femmes ont besoin de la présence forte et rassurante d'un homme pour protéger leur foyer et leur enfant. Pour prendre soin d'elle, qu'elle n'ait à se soucier de rien.» Les nains acquiescent au propos de leur jeune-ami, convaincu de ces faits.
« Ils le sont toujours et ne justifient pas une domination patriarcale. »
« Il n'est pas question de dominer qui que ce soit. Nos femmes sont aussi libres que nous le sommes. » Le nain s'agace du refus de comprendre de la jeune-femme face à lui. Tout ce qu'il dit est évident, toute personne sensée le comprendrait.
« Et ils vous arrivent souvent d'utiliser des adjectifs possessifs pour parler de personne ? De personne que vous ne possédez pas. » Avant que son interlocuteur puisse l'interrompre elle reprend. « De plus aussi libre que vous ? On vous autorise à vivre seul non ? Mon monde a connu cette époque où l'on disait des femmes qu'elle recherchait le confort et la protection d'un homme. Cela nous a mené à devoir lutter pour nos droits et nos libertés afin de s'affranchir des limites qu'une société se pensant juste d'imposer aux femmes. Vous complairiez-vous dans le rôle d'une femme ? Et bien dites-vous que ce qui est bon pour l'un l'est aussi pour l'autre. Sans distinction de sexe. »
Le choc des cultures, l'incompréhension des coutumes provoque souvent des moments de malaise et c'est un peu un de ces moments que vivent les hommes de la compagnie. Le nain blond s'éclaircit la gorge à la fois vexée de se voir ainsi remis à sa place mais également impressionné par sa force de conviction.
« Nos mondes semblent différent Mademoiselle mais je maintiens que pour les nains nul n'est en droit d'imposer quoi que ce soit à une femme naine. Elles sont libres d'apprendre à se battre, de voyager et de faire le métier qu'elle désire mais elles sont protégées comme il se doit des dangers extérieurs. Notre culture n'encourage pas les femmes à vivre seul, toutefois nous ne l'interdisons pas non plus. » C'est au tour du nain blond d'empêcher la jeune-femme de parler. « Si vous recherchez une société à dominance patriarcal comme vous dites, regardé du côté des hommes. Nous nous respectons nos femmes, nous respectons leur choix et leur volonté. Vous ne devriez pas être si prompt à juger Mademoiselle. »
Cornelia a du mal à l'admettre mais le nain semble pouvoir gagner cette partie et cela ne lui plaît pas. Elle prend une grande inspiration pour retrouver son calme et ses yeux retrouvent une couleur plus claire.
« Dans ce cas vous m'en voyez ravis. Toutefois je reste perplexe quant à vos méthodes sur le sujet mais je ne jugerais pas. Je vais plutôt attendre et voir. Espérons que ça en vaille la peine. » Le nain blond sent son cœur louper un second battement face à l'intensité de son regard.
« Croyez moi, ça en vaut la peine. » Un sourire tout sauf innocent se glisse sur ses lèvres alors que sa réplique provoque des réactions variées chez les nains. Amusement ou indignation. Toutefois Thorin est loin d'être amusé par le comportement de son neveu, Cornelia non plus. Le nain blond sourit encore plus en voyant le rougissement d'indignation de la jeune-femme.
« Fili ! » Cornelia est satisfaite de voir le sourire de ce nain disparaître suite à la remontrance du chef de la compagnie et laisse un sourire victorieux apparaître sur ses lèvres s'attirant un regard foudroyant du jeune-nain. Toutefois il ne peut s'attarder que son oncle réitère son appel, il frisonne lorsque son regard rencontre celui bleu froid de celui qui l'a élevé comme un père.
« Pardon mon oncle. »
Et voilà un petit oiseau bien déterminé à revendiquer son indépendance et à ne se laisser dicter sa conduite par personne ! Et je ne sais pas vous mais j'ai adoré écrire la chute de ce débat entre Cornelia et Fili !
En tout cas j'espère que ce chapitre vous a plu et je vous dis à très bientôt pour la suite de ces aventures. Petit teasing pour vous tenir en haleine, dans le prochain chapitre Thorin entré en scène !
Bonne journée à tous et à très vite !
