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JE T'AIME


C'est inadmissible, Mr Malefoy! s'écria le professeur Flitwick.

Scorpius se tenait au milieu de sa chambre et du chaos qu'il avait étalé au sol pour préparer sa valise, toujours dans son uniforme. Comme pour chaque fin d'année, le sous-directeur était entré sans se faire prier pour inspecter la chambre d'un des préfets-en-chef. Les yeux du petit professeur s'écarquillèrent de fureur face au pile de vêtements roulés en boule les coins, la pile de livres sur laquelle il manqua de trébucher et l'odeur encore persistante de tabac froid qui semblait s'être incrustée dans le papier peint.

Il lui hurla dessus pendant une bonne demi-heure en s'agitant dans tous les sens. Scorpius retint un fou rire lorsque sa petite tête dépassa à peine son couvre-lit tandis qu'il le grondait pour son attitude tout au long de l'année.

— Soyez magnanime, professeur, c'est la dernière fois que vous me faites un sermon.

— Encore heureux, Mr Malefoy! Vous êtes l'élève qui m'aura causé le plus de crises de nerfs et j'ai connu les jumeaux Weasley. Rangez-moi cette chambre de fond en comble avant que le train ne vous emporte loin de cette école.

— Moi aussi, vous allez me manquer, professeur, répondit Malefoy avec son sourire le plus charmeur.

Le petit professeur claqua la porte en sortant et Scorpius put enfin laisser échapper son éclat de rire. Il obéit tout de même à Flitwick et commença à ramasser ses vieilles chaussettes noires fourrées en boule sous son lit.

Lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir dans son dos, il se demanda si Flitwick n'était pas revenu avec un autre de ses traits d'esprits pour le sermonner. Il sourit en découvrant Rose franchir le seuil, portant des habits de tous les jours.

— Super! dit-il ravi. Tu m'aides à faire ma valise. Je me suis fais engueuler par Flitwick, encore. Il devrait avoir l'habitude après sept ans.

Rose ne répondit pas. Elle était entrée dans la chambre, avait refermé la porte et n'avait pas prononcé un mot. Scorpius rangea son manuel de potion dans sa valise avant de se tourner vers sa petite-amie. Lorsqu'il croisa son regard, il comprit que quelque chose n'allait pas.

— Ça va?

Elle ne répondit toujours pas. Scorpius délaissa ses bagages, shoota sur un amas de linge et s'approcha de Rose. Il lui releva le visage en écartant ses mèches rousses rebelles et constata que ses yeux étaient rouges, comme si elle avait pleuré toute la nuit.

— Qu'est-ce qu'il y a? Il s'est passé quelque chose?

— Scorpius…, dit-elle presque dans un murmure. Il faut qu'on se sépare.

— Quoi?

Scorpius demeura figé. Il contemplait les yeux larmoyants de Rose qui semblaient le supplier silencieusement. Sa main était suspendue sur sa joue, dans une caresse avortée. Il fronça les sourcils, ouvrit la bouche, fit un pas en arrière puis se mit à rire.

— C'est une blague, pas vrai. C'est très drôle!

— Ce n'est pas une blague. Je suis très sérieuse, Scorpius.

Le ton de Rose était dure, sans aucune émotion. Tout le contraire de son visage et de sa posture. Elle transpirait le regret, l'amertume et la tristesse. Scorpius ne pouvait pas croire les mots qu'elles venaient de prononcer. C'était impossible. Il ne pouvait pas le croire.

Pas après tout ce qu'il avait enduré. Rose s'essuya les yeux du revers de sa manche et mit sa main sur la poignée dans l'intention de quitter la chambre. Scorpius referma la porte dans un claquement sec.

— Attends. Explique-moi. On peut discuter? Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour que tu en viennes à cette décision? dit-il en essayant de maîtriser les trémolos de sa voix et la colère qui montait déjà en lui.

— Il ne s'est rien passé! trancha Rose de ce même ton dur. C'est fini, c'est tout.

Elle tira plus fort sur la poignée et Scorpius la referma aussitôt.

— On ne quitte pas les gens comme ça, Rose. Tu me dois une explication. C'est complètement… absurde! s'exclama-t'il.

Rose ne répondit rien. Elle se contenta de le dévisager, les larmes coulant sur ses joues, les lèvres tremblantes. Scorpius ne supporta pas de la voir ainsi. Il se pressa contre elle et essuya ses joues trempées. Il l'embrassa doucement et Rose laissa échapper un sanglot qui lui déchira le coeur. Elle secouait la tête par la négative en fermant les yeux et Scorpius la contemplait, impuissant, se débattre avec sa décision. Il avait cette odieuse certitude que quoiqu'il puisse lui dire, rien ne pourrait l'atteindre et la faire changer d'avis.

— Laisse-moi partir, dit-elle faiblement.

— Non, je ne veux pas que tu t'en ailles. Tu dois me le dire, Rose. Dis-moi pourquoi…

— On n'a...on n'a aucun avenir, toi et moi.

— Qu'est-ce que c'est que ces conneries?! s'écria Scorpius.

Il s'écarta de Rose en faisant les cent pas. C'était lui, à présent, qui secouait la tête de déni.

— C'est vrai, Scorpius! dit Rose avec plus de force. Nos familles sont trop différentes. Ça ne peut pas marcher toi et moi.

— Tu racontes n'importe quoi.

— Maintenant que Poudlard, c'est fini, dit-elle encore. Nos chemins de vies vont se séparer. Tu ne trouverais pas ta place dans ma famille.

— Ton père m'a serré la main! cria Scorpius, fou de rage.

— Ce n'est qu'une poignée de main. Ils ne t'accepteront jamais.

— C'est n'importe quoi…

Scorpius shoota dans son matériel de potions et son chaudron vola contre le mur.

— Tu n'es pas assez bien pour moi.

Les mots de Rose le brisèrent plus sûrement que n'importe quel sortilège impardonnable. Toute colère s'était volatilisé à l'instant même où elle prononça ce dernier argument. Ils se scrutèrent dans un silence de mort. Rose se tenait toujours contre le mur, près de la porte, prête à partir à tout moment. Scorpius n'avait plus la force de riposter. Les mots qu'elle avait prononcé à haute voix, il les avait pensé un nombre incalculable de fois. Il repensait à sa famille, son héritage de mangemort et de Serpentard. Il n'était pas aussi courageux qu'Albus ou n'importe quel enfant Weasley ou Potter. Son père était un Malefoy. Il buvait, fumait, couchait à gauche et à droite. Il avait mené une vie décousue, avant Rose. Il avait cru pouvoir changer, se montrer digne d'elle. Il s'était trompé apparemment. Comme elle l'avait si bien dit, il n'était pas assez bien pour Rose Weasley.

— Ce n'est pas grave, ajouta Rose d'une voix mal assurée. On a essayé, on s'est trompé. C'est tout.

Scorpius se laissa tomber sur son lit. Il n'osait plus croiser son regard. Il aurait voulu lui dire de se taire, qu'elle ne faisait que l'enfoncer mais il n'était plus capable de prononcer le moindre mot.

— Ce n'est pas grave, répéta-t'elle comme pour s'en convaincre. Ça arrive.

— Alors, c'est vraiment fini, réussit-il enfin à dire.

Il l'entendit renifler.

— Ça ne pourra jamais fonctionner, dit-elle tristement.

— Tu es sûre de vouloir faire ça? dit-il en relevant une dernière fois, les yeux sur elle.

Il ne put s'empêcher de la trouver belle, même si elle pleurait encore. La lumière du petit matin qui passait par les carreaux de sa fenêtre illuminait une partie de ses cheveux. Ses yeux bleus gonflés, larmoyant le contemplait comme si c'était la dernière fois qu'ils se voyaient. Scorpius se dit, avec un certain cynisme, que ce devait être le cas.

— Je suis désolée.

Rose ouvrit la porte et sortit sans adieux, laissant Scorpius seul avec son chagrin.

— Moi aussi, dit-il d'une voix amère alors que la porte se referma derrière elle.

Il demeura un moment silencieux, la tête vide. Mais lorsqu'il repensa aux paroles de Rose, il poussa un hurlement de rage en se levant d'un bond pour frapper plusieurs fois le mur près de son lit. Les mains en sang, il tomba sur le sol et se permit enfin de pleurer.

oOo

Son dernier voyage de retour dans le Poudlard Express fut le pire de toute sa scolarité. Rose prit soin d'éviter le plus possible Scorpius qui restait aux côtés de son meilleur ami. Au moment de monter dans le train, elle croisa le regard de son cousin qui lui fit un bref signe de tête. Elle n'eut pas la force et l'envie de lui répondre.

Elle passa les longues heures du retour dans un des derniers compartiments avec Lily et Thomas. Ils s'étonnèrent de l'absence de Scorpius et Albus mais Rose ne répondit à aucune de leurs questions. Elle demeura très silencieuse, laissant son esprit vagabonder dans ses souvenirs, le visage rivé sur la fenêtre qui dévoilait le paysage écossais qu'elle ne reverrait plus. Elle n'eut aucun appétit lorsque Lily revint de sa collecte auprès du chariot à friandise. Elle se sentait vide.

Elle essayait le plus possible de ne pas penser à Scorpius. A chaque fois que sa cousine prononçait son nom, Rose sentait un douleur incroyable lui serrer le coeur, comme un coup de poignard muet et extrêmement douloureux. Elle ne pouvait pas craquer, pas maintenant. En réalité, elle ne le pourrait jamais. Personne ne pouvait comprendre et elle se sentait écrasée par un poids invisible qui la poursuiverait sans doute, toute sa vie. Toute cette souffrance était inimaginable. Jamais elle n'avait ressenti cela pour Chase lorsqu'elle l'avait vu avec d'autres filles. C'était cela l'amour? Elle se désola de s'en rendre compte que maintenant, alors qu'elle venait de le perdre.

Lorsque le train ralentit à l'approche de la gare de King's Cross, Rose songea que jamais elle n'avait eu si peu envie d'en descendre. Ce pas sur le quai sonnait le glas de ses années à Poudlard ainsi que de sa courte histoire d'amour avec Scorpius. Mais Rose imita sa cousine et son petit-ami. Elle prit sa valise et descendit du wagon. Sur le quai, elle se retourna une dernière fois sur le train qui l'avait emmené chaque année à Poudlard. Elle remercia silencieusement la machine pour toutes ces années de bonheur.

Le poinçonneur leur fit signe qu'ils pouvaient franchir sans risque la barrière magique entre les quais 9 et 10 et Rose fut la première à se mêler à la foule de moldus de la gare de King's Cross. Elle aperçut, en premier, son père, qui avait essayé d'adopter un look branché avec une veste de motard. Ron Weasley fit de grands gestes en direction de ses enfants, un grand sourire aux lèvres. Hermione était à ses côtés, près des chariots qu'ils avaient préparé pour porter leurs bagages. Ginny se tenait juste derrière elle, un grand chapeau de plage sur la tête et des lunettes de soleil sur le nez.

— Rose! Hugo! appela Ron en se précipitant vers ses enfants pour les serrer dans ses bras.

— Albus! cria Ginny derrière lui.

Lily s'était déjà précipité dans les bras de sa mère et Thomas avait rejoint ses propres parents. Rose se retourna et aperçut Albus et Scorpius fendre la foule pour les rejoindre. Elle se retourna vivement en portant toute son attention à son père et à sa mère.

— Qu'est-ce qu'on mange, ce soir? demanda Hugo en sortant sa console moldue qui marchait enfin.

— Tu verras, répondit Hermione.

Elle serra sa fille dans ses bras en embrassant le sommet de son crâne.

— Ça va les garçons? demanda Ginny lorsqu'Albus et Scorpius se mêlèrent au petit groupe.

Toujours dans les bras de sa mère, Rose jeta un coup d'oeil à Scorpius. Celui-ci tournait résolument la tête vers sa tante.

— On a faim, répondit Albus en baillant.

— Tu viens à la maison, Scorpius? demanda Ginny. On a préparé une chambre pour toi, si tu veux.

— C'est très gentil, Mrs. Potter, répondit-il. Ça ira. J'ai une amie moldue qui va m'héberger pendant quelques temps. Mais je viendrais volontier vous rendre visite, à l'occasion.

Rose se demanda s'il déclinait l'invitation de sa tante par peur de la croiser chez eux pendant les vacances. Cette idée lui fit très mal. Rose ne remarqua pas le regard de sa mère qui passa de sa fille à Scorpius.

— Alors les amoureux, s'exclama Ron en s'adressant à Scorpius. Ça ne va pas être trop dur d'être séparé?

— Ron, le coupa Hermione dans un murmure.

— Quoi?

— Tais-toi!

Scorpius fixa ses chaussures quelques secondes dans un silence gêné. Rose ne pouvait plus s'empêcher de le regarder. Elle attendait, avec angoisse, le moment où il allait partir, ce moment où il allait disparaître peut-être à jamais de sa vie.

— Je vous laisse, dit-il gêné. Passez de bonne vacances.

Hugo serra la main de Scorpius dans un check particulier qu'ils avaient dû mettre au point dans son labo. Lily se jeta dans les bras du Serpentard en retenant ses larmes.

— Tu vas me manquer, petit Lily, dit-il en lui caressant les cheveux.

Il tendit sa main vers Ron qui l'accepta volontiers en une poignée de main virile. Lorsqu'il voulut faire de même pour Hermione et Ginny, les deux mères repoussèrent sa main pour le serrer dans leurs bras. Ginny lui frotta le dos comme elle le faisait avec chacun de ses enfants.

— Tu es toujours le bienvenu à la maison…

— Merci, Mrs Potter.

Lorsqu'il se dégagea, il se tourna vers Albus. Les deux amis se sourirent longuement. Ils n'avaient pas besoin de mots. Scorpius serra Albus dans ses bras et il lui dit quelques choses à l'oreille que Rose n'entendit pas.

Enfin, ce fut son tour. Il aurait été étrange que Scorpius s'en aille sans lui dire au revoir et lorsqu'il se présenta face à elle, son regard plongé dans le sien, elle retint son souffle. Elle avait envie de lui dire mille chose, de le toucher, de le retenir mais rien ne sortait de sa bouche. Les lèvres de Scorpius esquisèrent un bref sourire.

— Prends soin de toi, réussit-il à dire.

Il n'y eut aucun contact. Il ne la serra pas dans ses bras, ne lui fit pas la bise, pas même une poignée de main. Il prononça ces quatre petits mots et sans lui laisser le temps de répondre de même, il prit la cage de Guenièvre, empoigna sa valise et partit.

Rose le regarda disparaître dans la foule, impuissante. Bientôt, les parents décidèrent qu'il était temps d'y aller. Ron, Hermione et Rose en tête, poussant un chariot où s'empilaient les valises de leurs enfants, le petit groupe se dirigeaient vers la sortie de la Gare.

— L'ambiance était bizarre, fit remarquer Ron avec son tact habituel. Il s'est passé quelque chose entre vous? demanda-t'il à sa fille.

Rose ne répondit pas, perdue dans ses pensées.

— Ron, voyons! dit Hermione. Tu n'as pas remarqué? C'est fini, murmura-t'elle à son oreille.

— Comment ça "fini"? (Il remarqua alors l'expression de tristesse de sa fille) Oh! Déjà?

Hermione lui donna un coup de coude dans les côtes.

— Ne t'en fais pas, ma puce, dit Ron pour se rattraper. Dix de perdus… Non, un de perdus, dix de retrouver! Pas vrai? demanda-t'il à sa femme.

Celle-ci leva les yeux aux ciels en dirigeant Hugo qui manqua de se cogner à une colonne, les yeux rivés sur son jeu.

Rose, qui écoutait distraitement ses parents, fit soudain volte-face en s'encourut dans la Gare. Elle ne se retourna pas lorsque son père cria son nom. Lorsqu'il voulut la rattraper, Hermione l'arrêta.

oOo

Scorpius avait pris soin de prendre la sortie opposée de celle des Weasley et Potter. Il avait été touché par les gestes d'affection de Ginny et Hermione. Il crevait d'envie de dormir chez son meilleur ami surtout avec le moral dans les talons. Mais il n'aurait pas eu la force de croiser Rose chez eux. Tout le long du voyage du retour, Albus (qui avait très bien compris que quelque chose n'allait pas) se força à lui faire la conversation. Il lui détailla, avec beaucoup de détails, le déroulement d'un match de Quidditch qu'il avait pu lire dans un des bouquins de la bibliothèque. Scorpius saluait l'effort mais rien ne pouvait le distraire de sa tristesse.

Il avait pris la sortie Nord et attendait son tour pour un taxi qui m'emmènerait à l'appartement de Gwen. Il aurait pu transplaner mais il avait besoin de réfléchir un peu avant d'affronter sa meilleure amie et ses dons de voyances. Il savait que la jeune moldue allait le cuisiner toute la nuit. Scorpius avait besoin de rassembler ses idées pour s'empêcher de craquer devant elle. Il ne se laisserait pas succomber à plus de sensiblerie.

Scorpius était appuyé contre un pilier extérieur, la cage de Guenièvre dans sa main droite. A côté de lui, un homme d'affaire en complet et porte-document sous le bras, s'en grilla une en attendant la prochaine voiture. Scorpius eut tout de suite l'envie de fumer. Depuis que Rose l'avait quitté, il rêvait d'allumer une cigarette. Mais il n'oubliait pas les conseils du grand Harry Potter et il voulait, au moins, de pas décevoir l'Elu.

— SCORPIUS! cria une voix dans son dos.

Toutes les têtes se retournèrent, y compris l'interpellé qui n'eut pas besoin de la voir courir vers lui pour la reconnaître. Rose se précipita dans ses bras et se jeta à son cou en l'embrassant avidement. Scorpius lâcha la cage de Guenièvre qui poussa un hullullement, outré, pour serrer la jeune fille dans ses bras. Il la pressa contre lui comme s'il était dans un rêve. Une bouffée d'espoir relança son coeur qui s'était endormi depuis la nuit dernière et ils s'embrassèrent encore et encore devant les moldus.

Lorsqu'ils se séparèrent enfin, Rose approcha ses lèvres de son oreilles.

— Je t'aime, lui chuchota-t'elle d'une voix douce.

Scorpius sentit un grand frisson parcourir chaque parcelle de sa peau. Il en eut la chaire de poule et aurait voulu qu'elle le répète un million de fois. Il pris son visage entre ses mains et lui sourit de toutes ses dents, heureux comme jamais.

— Félicitation, tu as réussis, dit-il ému, malgré lui. Ton premier, je t'aime…

Il l'embrassa encore.

— Je t'aime aussi, dit-il entre deux baisers. Depuis toujours…

Il voulut la serrer encore dans ses bras mais elle le repoussa doucement.

— Je t'aime, dit-elle encore. Je voulais que tu l'entendes au moins une fois avant de…

La voix de Rose s'étrangla avant qu'elle puisse finir sa phrase. Une pierre sembla tomber dans l'estomac de Scorpius. Il la relâcha, fit un pas en arrière. Il avait peur de ce que lui soufflait sa raison.

— ...avant de me quitter? termina-t'il à sa place.

Elle acquiesça et le monde s'effondra une nouvelle fois pour Scorpius.

— Je suis désolé, dit-elle, les larmes aux yeux. Je t'aime mais nous ne pouvons pas être ensemble.

Elle s'approcha de lui et leva sa main pour lui caressa le visage. Il se laissa faire, trop hébété ou malheureux pour l'en empêcher. Scorpius colla son front sur celui de Rose. Il avait envie de l'embrasser, encore et encore, pour tenter de lui faire changer d'avis. Elle l'aimait, non? C'était possible, non? Tout était possible, non?

— C'est de la torture, murmura Scorpius, contre les lèvres de Rose. C'est la pire torture qu'on puisse infliger à quelqu'un, tu le sais ça? C'est pire qu'un endoloris.

Il se détacha d'elle et la dévisagea, avec une profonde tristesse.

— Tu me brises le coeur, Rose...pour la deuxième fois.

Il lui tenait toujours les mains, profitant encore un peu de sa chaleur tandis qu'il expliquait l'évidence. Rose délia leurs doigts emmêlés avec une lenteur atroce. Elle tint sa main le plus longtemps possible, bras tendu, tout en s'éloignant en arrière, jusqu'à ce que le pas de trop ne finisse par les séparer pour de bon.

Scorpius resta planté là, au milieu des moldus qui lui lançaient des regards curieux. Il ne se souciait plus de rien et contemplait la silhouette de Rose qui s'éloignait dans la foule. Il espéra, pria, de tout son coeur brisé en mille morceaux, qu'elle lui accorde un dernier regard. Mais il perdit de vue sa belle chevelure rousse. Il ne voyait plus que la foule anonyme qui l'entourait dans un tourbillon incongru de corps et de sons éparses.

Dans sa tête, résonnait les dernières paroles de Rose qu'il se répétait encore et encore. Et au milieu de ces "Je t'aime" désespérés. Une question émergea du chaos de son esprit, celle qu'il aurait dû poser avant qu'elle ne disparaisse dans la foule.

— Si tu m'aimes, pourquoi m'as-tu quitté, Weasley?

FIN


Je tiens à vous remercier, vous tous qui avez pris le temps de lire cette longue fanfiction.

Un grand merci à tous les followers et ceux qui ont mis mon histoire dans leurs favoris.

Un IMMENSE merci à ceux et celles qui m'ont laissé des commentaires qui m'ont toujours donné le sourire aux lèvres et donner la motivation pour continuer à écrire. Vous êtes les meilleurs!

J'espère que vous avez eu autant de plaisir à lire ces chapitres que moi à les écrire, n'hésitez pas à partager votre avis, vos remarques, vos conseils ou simplement votre ressentis.

J'ai conscience que cette fin peut être frustrante mais je vous annonce que la suite est déjà mise en route et je publierai le premier chapitre dimanche prochain. Les aventures de Scorpius et de Rose ne pouvait se terminer sur une fin aussi triste.

Je vous donne rendez-vous donc, la semaine prochaine, pour la deuxième partie, intitulée "Merlin".

Merci encore et portez-vous bien.