Bonjour,

Aujourd'hui le chapitre 4. Un long, très, très long chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Moi j'ai vraiment adoré l'écrire et je vais sûrement faire une suite dans quelque temps. Bonne lecture et à bientôt. Biz peace'.

Ps : pour une fois Shun est très, très gentils. Très, très bonne lecture lol.


OS 4 :

- Dring, dring, dring, dring, dring, dring, ….

La sonnerie de la porte retentissait depuis deux bonnes minutes sans discontinuer. Il était crevé et n'arrivait pas à se réveiller. Il fallait à tout prix qu'il y aille, si l'un de ses colocataires se levait en premier, ça allait mal tourner, surtout avec deux d'entre eux.

Dracule Mihawk s'étira en baillant et entama ses premiers gestes pour se mettre sur ses pieds. Il souffla de dépit quand il entendit la voix de l'un de ses amis s'élever dans le couloir. C'était trop tard, il plaignait la personne devant la porte.

- Putain ! Vous pouvez pas la fermer ! Sans déc' qui ose me réveiller de la sorte un samedi matin.

La sonnerie s'arrêta, mais l'homme en colère alla vers l'entrée bien décidé à massacrer l'être qui l'avait forcé à se lever si tôt en week-end. La porte claqua contre le mur et l'homme allait hurler mais à la place il se figea net, bouche-bée.

- Yo Cro', n'y va pas franco, laisse m'en un peu, fit un nouveau venu dans le couloir. Moi aussi je veux le massacrer.

Dracule enfila un peignoir et se rua dans l'entrée afin de tempérer ses compagnons. Mais il fut surpris quand il les vit. Les deux hommes étaient sur le pas de la porte, ils semblaient tendus et regardaient leurs pieds en silence. Mihawk alla jusqu'à eux et les poussa légèrement pour voir ce qu'ils observaient au sol. Il s'immobilisa à son tour, pendant quelques minutes de réflexion. Il fit quelques pas dans le couloir de l'immeuble et son regard chercha à accrocher un indice, quelque chose ou quelqu'un pour répondre à ses questions. Des bruits venant de son appartement le firent reprendre pied à la réalité. Des voix s'élevèrent alors il fit demi-tour et vint retrouver ses amis.

- Les gars c'est quoi ça, fit un nouvel arrivant.

- Cora'… ça se voit…, fit celui qui s'était énervé au côté de Cro'.

- Doffy si je demande… je veux dire je sais ce que c'est, je te demande ce qu'ils font là devant chez nous.

- Comme si je….

- Ça suffit les frères Don Quichotte ! siffla Dracule. C'est pas le moment de se disputer.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda une nouvelle voix.

- Ah ! Shanks te voilà, Kuma vient aussi ça nous concerne tous.

Les deux derniers arrivèrent et comme les autres blanchirent et se turent un instant. Les six hommes regardaient leurs pieds ou plutôt les couffins au sol. Effectivement, quand Crocodile, dit Cro', avait ouvert la porte il était tombé sur une dizaine de couffins contenant chacun un bébé endormi et une lettre. Cela l'avait stoppé net dans son élan. Le même effet s'était produit pour les autres quand ils étaient arrivés tour à tour.

- Bon, j'imagine qu'il n'y avait pas qu'une seule personne, mais là ils sont tous partis. Et on ne peut pas dire que c'est une erreur, il y a des lettres à nos noms, expliqua Dracule d'un ton neutre.

- Et que fait-on ? Demanda Kuma.

- On va pas les laisser là, prenons les, répondit sérieusement Mihawk.

Tous acquiescèrent, ils prirent un ou deux couffins chacun et se dirigèrent vers le salon. Là ils observèrent les bébés tous étaient différents et ils avaient l'air d'avoir le même âge à quelques jours ou quelques mois près. Dracule fut le premier à prendre sa lettre. Il hésita un instant et l'ouvrit. Il la lut à voix haute, d'abord pour se donner du courage et aussi pour ne pas avoir à tout expliquer.

Cher Dracule,

Je te demande pardon pour ce que je te fais. Nous ne nous sommes vus qu'une seule fois et je te contrains à faire cela. Mais je ne peux pas garder les enfants. Tu dois te demander qui je suis et pourquoi je te dis qu'ils sont de toi. Mais je te jure qu'ils ne peuvent être que de toi. On s'est rencontré il y a neuf mois dans un bar de Kyoto, lors d'un week-end entre amis qu'on a tous fini ensemble. J'étais venue de Nara avec les miennes et toi de Tokyo avec les tiens.

- Oh ! Les belles filles de Kyoto, l'interrompit Shanks se souvenant de la belle brune avec qui il avait passé de bons moments.

- Oui, laisse-moi finir s'il te plait, le réprimanda Dracule d'avoir été interrompu de la sorte. Avant de reprendre sa lecture.

Tout comme vous, nous sommes amies d'enfance. A la fin de notre cursus scolaire, afin de pouvoir nous émanciper, nous avons pris la décision de vivre ensemble. Cela fait donc des années que nous nous côtoyons. Nous nous considérons comme une famille, des sœurs. Tu peux donc imaginer combien on était super contente quand on a appris nos grossesses. Etre maman en même temps et pouvoir élever nos enfants ensembles était pour nous la meilleure chose qui puisse nous arriver. C'est pour cela qu'on avait pris la décision de s'occuper d'eux et de fonder notre propre famille. On avait tout prévu ou presque. Malheureusement, on ne fait pas toujours ce que l'on veut. C'est à ce moment-là que des imprévus sont arrivés. Deux d'entre nous ont eut des jumeaux et une avait des triplés. Malgré tout, on s'était décidée qu'on pourrait garder dix enfants à six.

Pardon, cela me fait mal d'en parler, mais je dois quand même t'expliquer pour que tu n'essaies pas de me retrouver, toi, ou tes amis.

Mais d'abord je vais répondre aux questions que tu dois te poser. J'ai eu des faux-jumeaux. Tes enfants sont Zoro et Pérona. Je te demande d'en prendre soin.

Mihawk s'arrêta de lui-même cette fois-ci et regarda les différents couffins. Il avait pris la lettre de Zoro et Cora' lui montra sa fille Pérona. Le garçon avait quelques cheveux verts en bataille et la fille des cheveux rose bonbon. Pour l'instant il ne voyait que cela. Ne voulant pas les réveiller il attendrait un peu pour les détailler plus tard. Au vu de la lettre, il allait avoir tous son temps. Il soupira et reprit.

Pour revenir à mon histoire. Saches que nos parents n'étaient pas tous d'accord. Les miens étaient mitigés mais je pensais pouvoir leur faire accepter avec le temps. De plus, je pensais que voir mes magnifiques bébés leur donneraient envie d'être grands-parents. Mais ce fut bien plus compliqué que ça.

Les neuf mois de grossesse se sont bien passés. Nous nous soutenions. Allions ensemble chez la sage-femme. Cependant quand vint l'heure des accouchements ce fut plus dur.

La maman de Law le mis au monde avec deux mois d'avance. Il a passé la fin de conception dans une couveuse, mais il va très bien maintenant. Mais du fait qu'il est un peu fragile, ses parents font tous pour qu'elle l'abandonne. Ils ont même contacté les services sociaux. On a réussi à le garder jusqu'à présent, mais on ne peut plus faire face.

Pour les cinq autres, nous avons accouché à peu près à terme à quelques jours près. Dans chaque couffin j'ai mis leurs livrets de famille et leurs carnets de santé. Vous saurez tout ce qu'il faut savoir sur eux depuis ses trois derniers mois.

Ma meilleure amie et sa sœur l'on fait le même jour. Cette journée qui aurait dû être des plus heureuses, fut des plus tristes. Mon amie d'enfance depuis la maternelle a perdu la vie en mettant au monde ses trois fils, Luffy, Sabo et Ace. Ses parents étaient si bouleversés qu'ils ont rejeté les enfants. Leur reprochant la mort de leur mère. Comme si c'était vraiment leur faute, les pauvres. Ensuite, ils ont forcé sa sœur, la mère de Sanji, à l'abandonner. Comme elle ne voulait pas, ils l'ont mariée de force peu de temps après la naissance. Ils avaient entamé les démarches pour mettre les quatre enfants à l'orphelinat, mais je les ai récupérés. J'avais promis de les protéger. Pendant ces trois derniers mois j'ai été la mère à plein temps de six enfants.

Une autre de mes amies à fait un baby blues et a rejeté aussi ses enfants. On a été obligé de l'hospitaliser. C'est la mère des faux-jumeaux Namy et Ussop. Nous ne savons pas quand elle sortira. Malheureusement, suite à cela, elle a fait une réelle dépression et son internement a été prolongé. Nous doutons qu'elle puisse s'occuper seule des enfants. C'est comme cela qu'on s'est retrouvé à trois pour s'occuper de dix enfants.

A la fin de mon congé maternité, mon employeur m'a annoncé ma mutation dans l'une de nos filiales à l'étranger. C'était ça ou le renvoi et trouver un travail dans ma branche est trop difficile. Il m'a aussi bien fait comprendre que je ne peux pas amener les enfants avec moi. Ni les miens, ni les autres. De plus, je n'aurais ni le temps, ni l'argent de m'occuper d'eux là-bas. Et mes parents ne veulent pas m'aider avec autant d'enfants. Même pour Zoro et Pérona.

Pour ma dernière amie même si son accouchement s'est bien passé, ses parents font tout pour lui faire abandonner sa fille Robin.

Le problème c'est que deux femmes ne peuvent pas s'occuper de dix enfants seules. Avec en plus autant de pression parentale et l'assistance des services sociaux. De plus, elles ne sont pas les plus riches d'entre nous. Alors, pour ne pas les séparer on a pensé à vous. Vous nous avez fait bonne impression et on est sûres que vous pourrez les garder, ils sont vos enfants. Personne ne viendra vous les prendre et nos parents ne vous poursuivront pas et les services sociaux non plus.

S'il vous plait prenez bien soin d'eux. Vraiment je te demande pardon et je te remercie pour tout. Dis-leur que je les aime.

Hinata.

A la fin de la lecture les six hommes se regardèrent en silence puis tous prirent les lettres et les lurent. Toutes disaient la même chose et à part celle de Law et Robin, toutes étaient écrites par Hinata à la place de leurs mères. Une lettre était aussi adressée à chaque enfant.

- Que faisons-nous ? demanda Doffy.

- Nous n'avons pas trop le choix, répondit Dracule. Il attrapa un papier et un crayon et griffonna quelques mots. Cro', Kuma et Cora' vous partez acheter cela. Ce sont des couches, biberons et autres besoins primaires pour des bébés prenez en beaucoup, on a dix bébés. Shanks et moi on ira acheter de quoi les faires dormir et les vêtir.

Et moi je vais nous trouver un nouvel appart, ou une maison. J'ai peut-être quelques idées, décréta Doffy.

Tous partirent remplir leurs missions et Doffy s'installa devant son ordinateur afin de faire quelques recherches en s'occupant des enfants. Il pria pour qu'ils ne se réveillent pas avant le retour des autres.


Le lendemain matin Doffy partit tôt à son travail. Il avait été embauché dans un cabinet d'architecte. Il avait décidé de faire cela pendant trois ans afin de voir la réalité du marché avant de se mettre à son propre compte. En arrivant, il alluma son ordinateur et se dirigea vers la salle de repos. Il lança le café et en prépara deux tasses. Il les empoigna et se rendit d'un pas décidé dans le bureau de l'un de ses collègues et patron.

- Moria salut.

- Oh Doffy ! T'es là tôt aujourd'hui, merci pour le café.

- De rien. Ouais je voulais te parler. Un signe de la main lui proposant un siège pour s'asseoir l'incita à continuer. Voilà il m'est arrivé un truc de ouf et j'aurais besoin d'aide. Ne t'inquiète pas ça ne remettra en rien mon contrat en question.

Ok, raconte ! Répondit un peu tendu l'homme en regardant devant lui le grand blond portant toujours des lunettes de soleil, ce qui l'avait amusé à leur première rencontre.

Doflamingo se fit un plaisir de lui conter son histoire et celle de ses amis. L'autre le regarda perplexe, mais attendit jusqu'au bout avant de prendre la parole. Il savait que l'homme n'était pas quelqu'un qui se confiait facilement, alors le voir faire était assez intéressant et l'histoire était fascinante.

- Waouh ! Et vous êtes sûrs de vouloir les garder ?

- Ouais, c'est notre chance d'avoir une famille.

- Vous n'avez que vingt-neuf ans ! Pour des hommes c'est encore jeune pour construire une famille c'est pas comme les femmes. Et ton projet… l'homme s'arrêta et pensa que cela lui serait peut-être bénéfique. Doffy était très bon dans son domaine et le perdre allait être dur. Son contrat devait finir l'an prochain et grâce à ce retournement de situation peut-être pourrait-il le garder quelques années de plus. Il aurait sûrement besoin d'argent. Ok dis-moi de quoi tu as besoin ?

- Je cherche une maison assez grande pour seize personnes et près de Tokyo. Je sais que dans la ville cela va être dur et super cher. Mais en campagne proche, on devrait trouver un truc plus dans nos cordes.

- Je vois, tu sais que pour que cela soit moins cher il y aura sûrement des réparations.

- Ouais, ça nous fait pas peur.

- Bien, je vais t'aider à chercher. En fait je crois que j'ai une idée, on m'a parlé d'un projet je vais voir ce qu'il en est.

- Super merci. J'aurais autre chose à te demander.

- Oui.

- Si… pour mon contrat… pourrais-je rester un peu plus longtemps.

- Autant que tu veux, sourit Moria ravi de pouvoir garder un si bon élément encore un peu. Mais ta famille ne dit rien ?

- Oh non ! Corazon et moi on est orphelin.

- Je ne savais pas. Mais maintenant il comprenait mieux certains traits de caractère de l'homme, comme le manque de confiance dans les autres ou alors son attachement à son petit frère. Et pour tes amis ?

- Shanks n'a plus que son oncle et sa tante. Même s'ils sont sympas et présents il ne veut pas les embêter, il pense leur en avoir déjà demandé assez. Kuma a un vieux grand-père qui a la tête ailleurs, c'est un inventeur de génie mais très mauvais en relation sociale. Tu peux être dans la même pièce qu'il ne te calcule pas. Crocodile était avec nous à l'orphelinat. Et pour Dracule il a encore ses parents mais ils le désavouent pour tout. Ils sont si stricts qu'il préfère ne pas les voir, cela finit toujours par une dispute.

- En gros vous êtes tous bien seuls. Moria les plaignait presque, presque car quand Doffy parlait d'eux ils n'avaient pas l'air d'être à plaindre, tous s'amusaient et vivaient leurs vies sans rien regretter.

- Oui mais on a su devenir une famille et on va l'offrir à nos enfants.

- Et bien félicitation et bon courage alors. Le blond confirmait ses pensées et il en était heureux pour lui.

- Merci, sourit de toute ses dents Doflamingo qui en fait se faisait à l'idée de créer sa propre famille et surtout qui voulait voir Sanji grandir.

Les deux hommes se mirent au travail et Moria tint parole. Il chercha une maison en sifflotant pour son employé qui allait le rester encore un moment.


Ils étaient dans la campagne de Tokyo. A trente minutes en voiture. Doffy les avaient amenés ici car il avait trouvé une maison dans le village. Dracule regardait la façade. Il sourit, Doffy avait vraiment bon gout. Il ferma les yeux quelques instants et se remémora les derniers jours.

La semaine d'avant ils avaient trouvé des couffins devant chez eux. Dix en tout. Chacun avait fait ce qu'il fallait afin de les accueillir. Des lits avaient été montés dans l'appartement. Celui-ci étant trop petit pour seize personnes, Mihawk avait donné sa chambre pour y installer cinq des enfants et s'était installé dans le salon avec ses jumeaux et les triplés de Shanks. Ils avaient été soulagés d'apprendre que leur logement était bien insonorisé. Tout comme de s'apercevoir que les enfants faisaient leurs nuits et ne pleuraient qu'en de rares occasions. Chacun avait emménagé leurs emplois du temps afin d'aider Dracule qui lui avait pris sa semaine. Il avait fermé son dojo pour s'occuper des petits. Les hommes de l'appartement s'étaient mis d'accord pour devenir les pères de ses enfants. Après plusieurs discussions, plus ou moins houleuses, la décision avait été prise de ne pas contacter les mères et de ne pas faire de tests sanguins. Ils étaient leurs enfants point barre. Ces jeunes femmes de quatre ans leurs cadettes leur avait fait confiance et leur avait confié leurs trésors après avoir beaucoup souffert pour la plupart d'entre elles. Alors ces futurs trentenaires -dans un an ou moins- étaient devenus pères célibataires et allaient réaliser le rêve des mères des enfants. Les élever ensemble en famille.

Au début, cela avait été difficile mais ils avaient réussi à trouver un rythme. Ils avaient tous put s'apercevoir d'une chose essentielle. Dracule Mihawk était fait pour être père et organiser une maison. Alors ils l'avaient laissé faire. Lui, par contre, s'était senti un peu délaissé. Comme si les autres s'en remettait à lui pour tout. Mais quand Crocodile était arrivé avec un mini bus de seize places – trouvé et réparé dans son atelier de mécanicien - pour pouvoir tous les transporter et qu'il les avait vu chacun leur tour prendre des congés pour l'aider avec les enfants, il s'était senti épaulé.

Au bout de deux jours Doflamingo Don Quichotte - dit Doffy par ses amis- était arrivé un sourire aux lèvres. Le blond avait retiré ses sempiternelles lunettes de soleil et montrait ses yeux bleus. Cela faisait un moment que personne ne les avait vus, sauf sur son frère Rossinante - surnommé Corazon ou Cora'. Les deux se ressemblaient beaucoup. Contrairement à leurs fils, qui malgré le fait qu'ils soient cousins ne se ressemblaient pas. Sanji avait une peau blanche et était blond comme son père. Alors que Law était brun avec la peau un peu plus brune comme sa mère. L'homme les avait dévisagés tout heureux et leur annonça haut et fort :

- J'ai trouvé. Un de mes collègue Architecte m'a parlé d'une maison assez grande pour nous seize. Elle est à une demi-heure de Tokyo dans un village assez campagnard.

Tous s'étaient regardé en silence. Pour lui, ce n'était pas un problème en tant que propriétaire de son dojo, tout comme pour Crocodile lui aussi patron de son entreprise. Ils pourraient s'arranger leurs horaires et leurs emplois du temps en fonction des petits. Ce qui ne serait pas aussi facile pour Cora' policier dans le centre de Tokyo, Doffy architecte ou encore Shanks ingénieur et Kuma avocat. Les quatre dépendaient de patrons exigeants.

- Drac' tu viens ? appela Kuma qui le voyait dans les nuages.

- Oui, pardon, répondit-il en sortant de ses pensées et en revenant à cette maison devant lui.

Mihawk réajusta dans ses bras son porte bébé pour jumeaux et suivis ses compagnons. Ses deux bébés étaient tout comme lui en train de regarder partout où ils pouvaient. Il faisait attention à ce qu'ils ne se fasse pas mal car ils essayaient de se tordre le cou pour en voir plus. Il sourit de cela mais aussi du spectacle que ses amis lui offraient. Tous avaient pris comme lui leurs enfants. Cora' jouait avec Law à l'aide d'un hochet qui tintait à chacun de ses mouvements. Kuma lui veillait avec sérieux sur le sommeil de sa fille Robin. Pendant que Doffy éclatait de rire à chacun des gazouillements de Sanji. Crocodile chantait une chanson à ses faux jumeaux Ussop et Namy, qu'il portait comme lui dans ses bras à l'aide du même porte bébé. Shanks se moquait de sa voix et essayait de pousser lui aussi la chansonnette, mais il était pire que Cro'. Mihawk se demanda comment ses triplés ne pleuraient pas encore. Il avait placé Ace et Luffy devant dans un porte bébé pour jumeau comme le sien et Sabo était dans son dos.

En arrivant dans le village il avait été surpris par l'architecture. Les maisons dans un vieux style Edo paraissaient venir d'une autre époque. On aurait dit que le temps s'était arrêté et ils n'étaient pas loin de la capitale. Cela lui plut. Le soir d'avant Dolamingo leur avait dit qu'il avait visité l'endroit et leur avait vanté l'air non pollué, la petite école, ainsi que la bibliothéque. Mais aussi plein d'autres choses. Il avait rajouté avoir examiné la maison et qu'il y aurait des travaux à faire mais que ce serait faisable. Il leur avait aussi expliqué qu'il avait eu le temps de refaire un nouveau plan qui les satisferait tous. Mihawk avait donc prit le temps de voir où se trouvait les différents bâtiments par rapport à la maison. Celle-ci était à deux minute du village.

Quand ils étaient arrivés ils avaient longé un mur en pierre, celui-ci était haut et long ne laissant rien voir de l'intérieur. Ils seraient bien protégés. Vu la clôture, le jardin et la maison devaient être immense. Doffy alla ouvrir le portail de bois qui devait faire au moins trois mètres de haut. En entrant ils purent voir l'immense jardin et une allée de gravier menant au parking devant la demeure.

La maison était une grande demeure en bois de plusieurs siècles. Ils auraient effectivement de la place pour seize personnes. Dracule monta sur l'engawa et passa la porte d'entrée. Un hall les accueillis. Il détailla le tout et s'exprima.

- Doffy c'est magnifique mais…

- Je sais ne t'inquiète de rien. La maison est abandonnée depuis plus de trente ans. Il y a beaucoup de réparations et personne ne la veut. On va pouvoir l'acheter à bas prix et en six mois j'aurais tout refait. Il va falloir un peu se restreindre mais on le peut et…

- Oui je suis d'accord avec toi, s'écria Shanks qui adorait déjà la maison. Drac' s'il te plait ne joue pas les rabat-joie et fait un effort. Laisse Doffy nous présenter la maison.

Tous le regardèrent avec insistance alors il accéda à la requête. L'architecte du groupe leur présentait la demeure et les travaux à faire dans chaque pièce. Il avait réparti la maison en plusieurs petits ilots. Cela avait été facile car celle-ci était construite autour d'un jardin intérieur en carré. Cela donnait un puit de lumière à la maison, le jardin n'étant pas protégé d'un toit et les murs entre l'intérieur et l'extérieur de la maison étant une grande baie vitrée. Dans le petit jardin on trouvait une marre avec des poissons rouges. On pouvait y accéder du salon par une baie vitrée coulissante, la seule donnant sur le jardin. Après un couloir faisait le tour du jardin et donc de la maison. Il donnait accès à toutes les pièces.

Au centre de la maison il y aurait toutes les pièces communes. Comme le hall d'entrée le salon et la cuisine.

Sur le côté gauche il y aurait les chambres de Shanks, Cora et Doffy et de leurs cinq enfants. Les cousins seraient ensemble. Chacun aurait leur propre chambre.

Sur le côté droit il y aurait les chambres de Mihawk, Kuma et Crocodile avec leurs cinq enfants. Doffy avait pensé à tout, trois adultes et cinq enfants de chaque côté et surtout les trois filles du même côté.

Au fond il y aurait une immense salle de bain. L'architecte voulait l'agrandir mais garder le cachet des bacs de bois. Cela plus à tous. Il ferait aussi à cet endroit une salle de jeu pour les enfants. Ainsi que des bureaux pour les adultes. Tout avait été prévu pour utiliser chaque pièce et en faire un espace où chacun pourrait trouver sa place.

Après la visite de la maison ils allèrent tous voir le jardin. Il était vraiment spacieux et Doffy avait plein de projet pour l'aménager avec le temps. Mihawk lui montra deux grandes dépendances, l'une près de la maison et l'autre un peu plus loin dans le jardin. La première était le garage, ils en aurait besoin et l'autre il l'amena la visiter.

- Entre ! Je pense que cela va te plaire, lui déclara Doffy en fanfaronnant. Fier d'avoir attiré l'attention de Mihawk. Il fit un clin d'œil aux autres. Je pense qu'on va l'acheter.

Mihawk fit coulisser le pan de bois et entra il se stoppa net quelques instants. Il se déchaussa et marcha vers l'intérieur de la pièce.

- La maison appartenait à un noble de Tokyo. C'était sa maison secondaire. Il devait apprécier les arts martiaux ou l'art de l'épée pour s'être fait construire un dojo dans le jardin. Je changerais les tatamis plus tard. Tu auras ton…

- Stop ! fit Mihawk en appréciant la sensation des tatamis sous ses pieds. Il ne l'avait pas ressenti depuis une semaine, cela lui manquait. Il se dit qu'avec le temps cela se reproduirait et il n'aimait pas cela. Je n'aime pas qu'on me prenne par les sentiments. Il soupira. Vous avez gagné. Mais vous avez intérêt à m'aider, ce n'est pas par ce que je vais vivre à la maison que vous allez me laisser tout faire. Les autres le regardèrent éberlués. Alors il reprit. Mon métier je peux le faire partout et j'ai un endroit où je peux le faire. Il va falloir que l'un de nous soit disponible presque tout le temps au début et ce sera moi. Je suis celui qui y perd le moins. De plus, en vendant mon dojo et ma clientèle à Tokyo on pourra faire toutes les rénovations qu'on veut ici. On m'a déjà fait plusieurs propositions assez alléchantes, mais jusqu'à maintenant je n'y avait pas vu d'intérêt. Il faut penser au bien être des petits, pour leur rythme de vie un père qui peut gérer son emploi du temps c'est mieux. En plus on les scolarisera ici. Donc il est mieux que je travaille ici. Je ne me sacrifie pas, je fais un choix sensé. Dans quelque temps j'ouvrirais mon propre dojo dans cette pièce. Ce sera plus simple pour nous tous.

- Merci ! S'exclamèrent tous ensemble ses cinq compagnons.

Tous retournèrent après dans la maison et ils planifièrent leur avenir. Mihawk en profita pour faire des recherches sur le village et ce qu'on pouvait y trouver comme docteurs et autre…


Dans la semaine qui suivit, ceux qui avait encore un peu de famille était allé les visiter afin de leur parler des enfants et de la nouvelle vie qu'ils allaient créer.

Shanks débarqua tout sourire avec ses triplés dans le bar de son oncle Rayleigh et de sa tante Shakky. Les deux furent heureux de le voir et d'apprendre pour lui et les enfants. Comme ce n'était pas l'heure d'ouverture, ils en profitèrent pour faire la conversation autour d'un verre.

- Si vous avez besoin d'aide on trouvera un moyen d'être là, fit Shakky en prenant Luffy dans ses bras.

- Oui on n'est pas très disponible mais pour eux on fera des efforts, rajouta Rayleigh en prenant Ace.

- Merci, fit Shanks en donnant le biberon à Sabo.

Les deux autres prirent les biberons des deux bruns et le silence se fit le temps de la tétée.

- Et leur mère ? Se renseigna Shakky.

- … Shanks hésita, il n'était pas entré dans le détail. Mais il fallait le faire pour que son oncle et sa tante comprenne bien sa décision. Elle est morte en les mettant au monde. Sa sœur est la mère de Sanji le fils de Doffy. Hinata c'est la mère de Zoro et Pérona, les enfants de Dracule, qui nous a écrit que les parents des deux jeunes femmes avaient rejeté en bloc les enfants. Ils avaient marié de force la mère de Sanji et entamé des démarches pour l'orphelinat. Alors Hinata les a récupérés, pendant trois mois elle a élevé les six petits avec quelques-unes de ses amis, mais son entreprise l'a forcée à choisir entre sa vie de famille et son travail. Si elle n'avait pas accepté la mutation dans un autre pays elle aurait eu six enfants à s'occuper au chômage. Ils l'auraient virées. Et ses parents ne l'ont pas soutenue, même pas pour ses propres enfants. Il raconta aussi l'histoire des trois autres filles.

- Mon dieu, elles ont dû vivre un calvaire, les plaignit Shakky qui ne comprenait pas. Elle n'avait pas pu avoir d'enfant et Shanks avait était une bénédiction, même si la mort de ses parents avait été une tragédie pour Rayleigh et elle.

- Oui c'est pour ça, on a pas pu se résoudre à les envoyer à l'orphelinat.

- C'est là que vous vous êtes rencontré tous sauf Dracule, se rappela Rayleigh. A la mort de son frère, ils n'avaient pas pu prendre son neveu de suite avec eux. N'ayant pas de testament il avait fallu attendre quelque mois et créer un dossier d'adoption.

- Ouais mais il était quand même aussi seul, soupira Shanks qui s'inquiétait pour la future visite de l'homme à ses parents.

- On vous soutient, et n'hésitez pas, on sera là si on peut, insista Shakky qui comprenait bien les pensées de son neveu. Il y a quelques années elle avait eu affaire aux parents de Dracule. Son père était borné et sa mère soumise à son mari. Il était difficile de parlementer avec l'homme, elle aussi s'inquiétait du résultat de la discussion familiale.

- Merci, beaucoup. Je vous aime et merci de m'avoir élevé, sourit Shanks. J'espère faire aussi bien que vous et mes parents.

- Pas de problème, sourit Rayleigh. Roger et Rouge seraient fiers de toi.

- C'est bien vrai, fit Shakky. Ils auraient fait la même chose que toi. Et s'ils étaient là, ils seraient tombés sous le charme de ces bouilles d'anges, rajouta-t-elle en contemplant Luffy s'endormir dans ses bras. Ils auraient été de vrai papi et mamie gâteau.

Les trois se mirent à rire en les imaginant. Shanks resta encore une heure avant de repartir dans son appartement.


- Grand-père, c'est Kuma je peux entrer ?

- Fais comme chez toi.

L'homme entra et trouva l'homme aux cheveux blancs dans son salon assis par terre en train d'écrire sur un tas de feuille. Il ressemblait à un fou voulant écrire ses dernières idées avant de perdre la raison.

- Grand-père, Grand-père, Végapunk ?

- Je t'écoute !

- Je dois te présenter quelqu'un.

L'homme leva la tête et regarda le bébé dans ses bras puis il repartit dans ses papiers. Kuma comprit qu'il avait eu son attention alors il raconta son histoire.

- Ok tu… on se verra à ton mariage.

- Non, il n'y a pas de mère. Le vieil homme ne dit rien alors Kuma soupira et se prépara à partir. Grand-père je suis heureux de t'avoir présenté Robin.

L'invité surprise de Végapunk allait repartir quand une voix s'éleva.

- Tu es heureux ?

- Oui, répondit Kuma.

- Alors bon courage avec Robin, elle a l'air d'une bonne fille, comme toi. Je… Je ne suis pas un modèle parental, mais je sais que toi et tes amis vous vous en sortirez. Au moins elle n'a pas dû à attendre comme toi à l'orphelinat qu'un membre de sa famille vienne la chercher. Et ça c'est bien, ça prouve que tu seras un bon père. J'approuve votre démarche.

- Merci, grand-père. Kuma embrassa sa fille. Grand-père je te promet d'être le meilleur père que je peux et je… Tu n'as pas été si mal comme grand-père. Au revoir.

Kuma repartit un sourire aux lèvres. Il s'avait qu'il ne pourrait pas compter sur son grand-père physiquement mais avoir eu son approbation, ses encouragements et son attention quelques minutes étaient déjà mieux que rien. Cela lui fit plaisir et lui donna du courage pour l'avenir. Peut-être qu'il reviendrait le voir quand Robin serait plus grande.


- C'est de la folie ! Où a-t-on loupé ton éducation ?

- Calme-toi chéri ! Dracule doit avoir ses raisons.

- Ferme la Marianne ! Tonna la voix de Monsieur Mihawk. Je connais ses raisons, il veut juste nous humilier. S'occuper de bâtards, tu te fous de moi.

- Ce sont mes enfants ! Je t'interdis de parler d'eux ainsi, s'écria Dracule. Personne ne pouvait insulter ses enfants de la sorte. Si sa mère avait accepté de se soumettre à lui et d'être injuriée c'était son problème. Il l'aimait et avait essayait à de nombreuse reprise de la sortir de ce mariage sordide, mais maintenant il ne pouvait plus rien pour elle, il avait ses enfants à défendre.

- Tu as vérifié avec un test ADN ?

- Non. Je n'en ai pas besoin.

- Et la mère où est-elle ? Je croyais que tu étais PD ?

- Et je croyais que cela te déplaisait et quand je reviens avec des enfants tu n'es toujours pas content. Quoique je fasse cela n'ira pas. A part si je fais exactement ce que tu veux à la minute près. Tu aurais voulu me choisir ma femme et me dire quand la mettre enceinte, quel travail faire, où habiter… Mihawk crachait ses mots, sa voix devenait plus forte.

- Tout à fait, ça aurait été mieux, le coupa son père, d'une voix froide, vide de tous sentiments.

- Père je suis votre fils ! S'exclama haut et fort le brun révolté par l'attitude de son créateur. Pas votre esclave ou un objet que l'on peut exhiber comme un trophée. Dracule n'en pouvait plus, il voulait partir et retrouver ses enfants que Shanks gardait à l'appartement.

- Non tu ne l'es plus. La mère de Dracule allait dire quelque chose mais un geste de son mari l'en empêcha. Ne vient plus ici et n'attend rien de nous.

Le maître d'arme ne rajouta rien et rentra chez lui. Arrivé à la maison il prit ses enfants et alla s'enfermer avec eux dans une chambre. Il pleura silencieusement pendant des heures. Zoro et Pérona eux ne dirent rien, ils dormaient dans ses bras. Les autres adultes ne posèrent jamais de questions connaissant déjà les réponses.


Les travaux avaient duré un an. Même si la vente du dojo de Dracule avait donné les fonds nécessaires pour les travaux, ceux-ci avaient été bien plus importants que prévu. Le maître d'arme avait donc passé l'année à élever les enfants dans leurs appartements. Alors il était heureux de les voir gambader dans toute la maison. En ce samedi, les seize étaient venus pour emménager. Des amis à eux les aidaient. Il fallait beaucoup de bras pour tout ranger. Dracule avait demandé à installer les meubles et mettre les cartons dans les bonnes pièces, il s'occuperait plus tard de les ranger pendant les siestes des petits. Il avait eu la chance que tous s'étaient calés en même temps, lui laissant ainsi quelques heures de répit et surtout, pour le futur, du temps pour ranger les pièces. Cela dura les deux jours du week-end. Cela avait été épuisant. Le lundi matin était arrivé vite et leur nouvelle vie commença. Les autres durent partir tôt au travail, alors il s'était levé et avait fait leur déjeuner, puis celui des enfants et ainsi de suite jusqu'au soir. Après le repas et avoir couché les enfants, il tomba mort de fatigue dans le grand canapé d'angle du salon. Tous regardèrent un film puis Crocodile le prit dans ses bras et l'amena dans son lit. Le mardi matin la routine reprit, mais ses amis lui demandèrent de prendre le temps de se reposer. Il sourit de leur sollicitude, mais lui voulait que la maison soit vivable pour tous rapidement. Cela lui prit donc la semaine. Pendant le week-end ses cinq amis s'occupèrent de tout le laissant dormir les deux jours et récupérer des forces.

Le temps passa ainsi où Dracule organisait les journées des enfants à l'intérieur et à l'extérieur de la maison. Les amenant à des rendez-vous médicaux mais aussi dans des parcs. Les autres essayait d'être là le plus souvent possible.

Aux trois ans des enfants plein de choses se passèrent dans la vie de la famille.

Cora' devint inspecteur de police, cette promotion lui donna plus de travail mais aussi plus de congés et un meilleur salaire.

Doffy créa sa propre entreprise d'architecture et se servit de ses employés pour remettre à neuf le dojo de leur maison. Mihawk l'avait déjà dépoussiéré afin d'y faire ses entrainements pour ne pas perdre la forme. Mais là il pourrait donner des cours.

Shanks lui aussi devint son propre patron et pris trois personnes sous ses ordres. En tant qu'ingénieur il avait de quoi faire. Il travaillait en free-lance avec de nombreuses entreprises que ce soit en aéronautique ou en conception de programme pour des collectivités et bien d'autres choses. Il avait du travail à foison.

Kuma alla travailler pour le procureur de la ville de Tokyo et devint l'un des avocats les plus prisés.

L'entreprise de Crocodile marchait bien aussi. Alors il étendit son activité en ouvrant un second garage.

Mais le plus important dans leur vie se passa au mois de septembre. L'entrée à l'école des enfants. Au mois de mai il avait été faire l'inscription avec les enfants. Les autres adultes ne pouvant pas venir, ils lui avaient fait une dérogation. Avec le temps Kuma s'était servi de son métier d'avocat pour mettre en ordre l'adoption des enfants. Ils avaient fait le choix de tous les adopter. Sur leur livret il y avait le nom du père biologique et ceux des autres pères. Comme cela tous avaient autorité sur les enfants. Surtout Mihawk qui s'occupait de tout. La directrice, Madame Shirley avait trouvé cela des plus agréable. Elle avait félicité l'homme de son engagement familial et de la bonne éducation des enfants et avait hâte de rencontrer les autres pères.

Le premier jour d'école arriva rapidement, pour ce jour tous les adultes étaient là. Tous avaient arrangé leurs emplois du temps afin d'amener les enfants. Chaque père avait alors préparé ses enfants. Tous étaient passé par la salle de bain dans la bonne humeur. Avait mangé le bon petit déjeuner de Dracule qui s'améliorait de jour en jour. Certain de ses amis le chambrait en disant qu'il serait bon à marier. Lui soufflait toujours, se demandant quand il aurait le temps de rencontrer quelqu'un. Quand tous furent prêts ils montèrent dans leur mini bus et allèrent à l'école. Là-bas tous les regardèrent mais au portail Madame Shirley vint les accueillir. Elle était heureuse que tous soient venus. Elle les accompagna jusqu'à dans la classe des petits et en profita pour apprendre à les connaître. Elle n'était pas déçue, ils étaient tous comme Dracule Mihawk, aux petits soins pour leur enfants et des personnes tout à fait modestes. On voyait aussi que les enfants ne manquaient de rien.

Les six hommes se présentèrent ensuite à la maîtresse et à son Atsem. Ils purent rester une demi-heure de plus que l'heure normale afin de laisser les enfants se faire à la salle, aux nouvelles adultes et aussi aux autres enfants. Mais Mihawk les avaient assez amenés au parc pour que les enfants puissent s'acclimater facilement. Alors quand les pères durent partir chaque enfant fit un câlin aux leurs et à leurs « oncles ». Aucun ne pleura mais Law s'accrocha à Cora', celui-ci lui promit d'être là pour la sortie de l'école, tous comme les autres pères. Alors Law sourit et alla jouer avec Robin.

Pendant la demi-heure Mihawk en avait profité pour parler avec la maîtresse. Il avait trouvé nécessaire de lui expliquer les différents groupes entre les dix enfants. Au fond, ils représentaient la moitié de la classe. Il expliqua donc que les triplés étaient inséparables et qu'ils aimaient faire les quatre cents coups. Un autre trio s'était fait Pérona, Nami et Sanji leur protecteur. Puis il insista sur le fait qu'il jouait les protecteurs avec toutes les femmes et que dans la maison les trois filles en profitaient à fond, même si Robin était plus souvent avec Law les deux étants calmes et préférant feuilleter des livres. Il insista alors sur le fait que Law et Zoro aimait leur tranquillité et que Ussop lui suivait les autres en fonction de ses envies, mais que si on lui mettait des jouets de construction dans les mains il pouvait y rester des heures en silence. Zoro lui aimait dormir et laisser les autres prendre les décisions mais il savait dire quand ça ne lui plaisait pas. Et là, il pouvait être très dur. Il passait aussi son temps à se disputer avec Sanji et il fallait souvent les séparer. Law pouvait sembler loin de tout, parfois méprisant ou hautain, mais il avait une grande capacité d'écoute et de compréhension. Nami et Pérona étaient des pestes mais elles avaient un grand cœur. Elles étaient les premières à protéger les leurs. La maîtresse se mit à rire et Dracule s'arrêta en s'excusant. Elle le rassura en disant que tous les parents étaient pareils. Mais que là avec autant d'enfants cela faisait beaucoup d'informations d'un coup et d'une seule personne. Mais elle était rassurée, cet homme avait pris bien soin de ses enfants et les connaissaient bien. Elle lui promit de faire attention et que tout se passerait bien. Elle rajouta ensuite qu'il était normal d'être anxieux pour lui. C'est la première fois en trois ans qu'il les laissait à un inconnu. Il lui sourit réconforté qu'elle le comprenne. Ensuite tous partirent chez eux. Les enfants étaient en train de jouer joyeusement.

A leur maison Cora' partit seul de son côté ayant besoin de sa voiture pour son travail. Cro' lui fit du co-voiturage pour tous les autres. Ce soir tous iraient chercher les enfants alors autant pour une fois ne prendre qu'une voiture. Avec le temps, en plus du mini bus, Crocodile avait ramené une voiture pour chacun afin de faciliter les déplacements dû à leurs jobs.

Mihawk, lui, resta à la maison. Il en profita pour créer son nouvel emploi du temps et un planning pour la salle de dojo. Il était tout excité car dans une heure sa nouvelle vie allait commencer. Maintenant que les enfants allaient à l'école Dracule s'était décidé à ouvrir la salle de dojo au public. Pendant tout l'été, il avait fait de la publicité pour des cours d'escrime dans son dojo à partir de septembre, pour adulte et enfants. Certaines associations l'avaient alors contacté demandant s'il était possible de leur louer la salle à certaines heures de la journée ou du soir. Mihawk avait accepté. Cela lui permettrait de rencontrer du monde et de se faire un réseau. Cela l'aiderait aussi à gagner un peu plus d'argent et de s'auto-financer pour le futur matériel. Quand il avait vendu son ancien dojo, il avait pris la décision de vendre tout son matériel sauf son précieux Katana. Afin que les enfants ne tombe pas dessus il avait amené l'arme dans ce dojo dès la vente de son ancienne salle.

Il sourit en regardant ses notes. A partir de maintenant, le matin il prendrait le mini bus et amènerait tous les enfants à l'école avant de venir ouvrir la salle, comme il ne serait plus le seul à l'utiliser. Il s'était réservé le temps entre midi et deux pour les gens actifs qui voudraient prendre des cours et les soirs après l'école pendant une heure. Et les mercredi après-midi pour les enfants. Le reste du temps d'autres associations viendraient. Comme des profs de danse, de tai-chi, de gym, de lutte, de judo… Il avait appris que la mairie n'ayant plus de sous avait bloqué certaines subventions et augmenté des loyers des salles utilisées avant. C'est pour cela qu'ils avaient fait appel à lui et il en était ravi. Dans moins d'une heure tout le monde serait là pour une réunion de présentation et de planification. Alors, il alla se rafraichir un peu, le temps qu'ils arrivent.


- Non, non, je ne veux pas ! Râlait Luffy.

- Tais-toi ! Maugréa Cro' en lui savonnant la tête. Dracule a dit de bien vous décrasser.

- Pourquoi ? Questionna le jeune brun encore en colère.

- Demain vous allez chez le médecin.

- Pourquoi ? Demanda Sabo qui rigolait de voir ses deux frères dans le bain.

- Il va vous faire un vaccin, répondit Mihawk.

La discussion était close. Quand Dracule répondait plus personne ne parlait. De plus, ce n'était pas une décision des adultes de la maison. Deux jours avant, ceux-ci avaient reçu une lettre du nouveau médecin du village. Il voulait les voir pour la vaccination des six ans. Alors après un incident dans le jardin Dracule en avait profité pour déclarer que c'était l'heure du bain. Effectivement, une demi-heure avant ils étaient encore tous dans le jardin et Ace et Luffy jouaient dans le bac à sable. Ils avaient mis de l'eau dedans pour faire de la boue et à la fin cela avait fini par une bataille de boue. Le problème étant que l'une des boules avait atterri sur le visage de Cro'. Celui-ci avait hurlé et s'était lavé rapidement le visage. Après il avait agrippé les deux monstres et les avaient plongés dans l'eau.

C'est pour cela qu'en cet instant tous étaient dans la salle de bain. Les quatre adultes Kuma, Dracule, Crocodile et Doflamingo lavaient les dix enfants. Pour cela ils avaient tous passés un tablier afin de ne pas être trop mouillés car les enfants en profitaient toujours pour en mettre partout. Dans la pièce, plusieurs scènes se jouaient. Les deux bruns étant trop sales se lavaient seuls pendant que les autres attendaient leur tour. Dans le bac de bois circulaire les deux garnements se faisaient savonner énergiquement par Crocodile. Celui-ci était encore sur les nerfs, on voyait une veine apparaître sur son front. Son crochet était agrippé au robinet d'eau ouvert. Sa main frottait fort les cheveux de Luffy. Il écoutait Sabo - qui était hors du bassin mais qui se maintenait sur le bord - rire de sa déconvenue quand ses deux frères lui avaient lancés la boue sur le visage. Visage qu'il avait encore un peu sale. Luffy râlait et fermait les yeux pour ne pas avoir de savon dedans. Il détestait cela. Ace quant à lui avait déjà été décrassé à fond, alors il jouait dans l'eau en soufflant dans les bulles. Parfois il éternuait, il commençait à avoir froid c'est pour cela que Cro' rajoutait de l'eau chaude.

Juste derrière eux Mihawk était occupé à regarder un papier que lui tendait Pérona qui en avait profité pour monter sur son dos. En même temps, il séparait Zoro et Sanji, chacun sous un bras, qui était partit dans une énième dispute. Mais cela ne le toucha même pas tellement il était absorbé par le papier de sa fille. Et puis c'était devenu naturel de les voir se battre.

Non loin d'eux Doffy jouait avec Nami et Law. Il rigolait de voir la rousse faire des tractions pendues à sa jambe. Law quant à lui les regardait huchés sur le dos de son oncle.

Ussop lui s'était allongé par terre et jouait tranquillement attendant son tour.

Puis il y avait Kuma qui dévisageait le groupe de Doffy pendant que sa fille Robin lisait le livre dans les mains de son père.

Comme tous les jours la salle de bain était un lieu plein de joie, de disputes, parfois de larmes mais toujours plein de vie.

Quand Luffy et Ace sortirent, Cro' les essuya et les rhabilla. Pendant ce temps Dracule vida la baignoire avant de la reremplir. Là, Kuma déposa sa fille vite rejointe par Pérona et Nami et les lava rapidement. Derrière eux Doffy et Dracule s'occupait des cinq derniers qui s'impatientaient. Kuma sortit les filles et le maître d'arme et l'architecte plongèrent Sanji, Law, Usopp, Sabo et Zoro dans l'eau. Les deux adultes séparèrent leurs fils respectifs et les coincèrent près d'eux et lavèrent d'abord les trois autres. Kuma qui avait renvoyé les filles auprès de Crocodile et des deux bruns polissons sortit les garçons un par un afin de les sécher et les rhabiller. Puis, il laissa les deux pères et leurs fils et rejoint le reste de la famille.

Doffy et Sanji parlaient tranquillement de l'école. Pendant que Zoro lui parlait avec son père d'escrime. Le petit voulait faire un combat avec lui afin de tester sa force. Mihawk lui caressa les cheveux en le savonnant. Il rigolait à gorge déployée, mais il lui promit de faire quelques passes avec lui dans deux jours. Zoro sourit de bon cœur.

Ensuite, les deux sortirent de la salle de bain avec leurs pères et allèrent à table avec les autres. Shanks et Crocodile venaient de rentrer. Tous partagèrent le repas que Dracule avait fait plus tôt et chaque père coucha ses enfants.

Ce soir-là, au lieu de regarder un film ils décidèrent de partager un bain ensemble. Cela faisait longtemps que les six n'avaient pas pris un bain en commun où ils pouvaient se détendre et parler de tout. Doffy en profita pour se moquer de Crocodile et raconta son aventure avec les deux petits bruns de Shanks. Celui-ci explosa de rire et au lieu de s'excuser de l'attitude de ses fils, il regretta juste de ne pas avoir été là pour voir la scène. Crocodile grogna et Doffy le prit par les épaules et lui proposa une bière en s'excusant même s'il continuait de rire comme un dément.

Après le bain tous partirent se coucher.


Tous avaient déjeuné, les adultes étaient partis travailler et Dracule avait mis tout le monde dans le mini bus, ils avaient rendez-vous à neuf heures avec le nouveau médecin.

- On va chez le médecin. Il va vous vacciner. A six ans il y a des vaccins qui sont obligatoires. Vous vous tiendrez bien ?

- Oui, firent-ils tous ensemble.

- C'est un nouveau docteur alors essayez de faire bonne impression.

- Oui, répondirent-ils encore tous ensemble.

Moins d'un quart d'heure plus tard Mihawk et les enfants entrèrent dans le cabinet médical. Celui-ci avait été rénové et mieux agencé. Le nouveau médecin était là depuis six mois et il avait apposé sa marque. Lui n'avait été mis au courant qu'il y deux jours par courrier. L'homme leur avait écrit afin de se présenter et d'être sûr d'avoir les enfants pour la vaccination alors il avait pris rendez-vous en ce mercredi matin. Il observa en silence la nouvelle décoration. Le cabinet semblait plus jeune, mais l'adulte s'inquiéta un peu, il s'abstint quand même de toute réflexion. La secrétaire les reçut avec un grand sourire. Elle aussi était nouvelle. Elle prit son nom et lui demanda de passer dans la salle d'attente. Dracule l'entendit annoncer sa venue. Il entra dans la pièce indiquée avec tous ses bouts de choux. Il soupira de soulagement quand il vit la pièce vide, mais il fit la grimace quand il vit que le peu de jouet qu'avait mis l'ancien médecin avait disparu. Chacun s'assit tranquillement sur une chaise. L'instant d'après, une porte s'ouvrit et un jeune homme de trente-cinq ans environ entra et fit signe à l'adulte de la pièce. Mihawk fut surprit de voir un homme de son âge. Il pensait que l'homme serait plus vieux. Son cœur rata un battement quand le docteur lui sourit en l'appelant. Il était vraiment beau. Il hésita un instant et se leva. Il prit la main du premier enfant à ses côtés et entra dans le bureau du docteur en laissant la porte ouverte.

- Bonjour, je suis…

- Dracule Mihawk, le coupa le docteur en souriant chaleureusement. Il tendit sa main et reprit. Je suis enchantée de vous rencontrer, je suis Shun, le nouveau docteur. J'avais hâte de vous rencontrer.

- Merci, souffla en rougissant Dracule et en serrant la main tendue.

Le médecin relâcha la main de son futur patient et se mit accroupis devant l'enfant.

- Tu dois être Sabo ?

- Oui, monsieur.

- Peux-tu aller chercher tes frères, ton cousin et les autres, s'il te plait.

- Oui, monsieur.

L'enfant sortit et laissa les deux adultes seuls. Ceux-ci se dévisagèrent en attendant les bambins qui ne tardèrent pas à s'entasser dans la pièce. Shun était resté accroupis alors les enfants s'étaient mis en demi-cercle devant lui.

- Bonjour à tous. Alors laissez-moi voir si j'ai bien retenu ma leçon. Donc toi tu es Sabo, et là se sont tes frères Luffy et Ace. Ici on a Sanji qui est votre cousin. Et là, c'est Law qui est aussi cousin avec Sanji. Vous vous-êtes les faux jumeaux Ussop et Nami. Toi tu dois être Robin. Et pour finir vos faux jumeaux, fit-il en regardant Dracule. Zoro et Pérona. Ais-je juste ?

- Oui, s'écrièrent tous les enfants.

- Wouah ! Quelle chance ! J'ai eu peur. J'ai bien appris ma leçon. Alors les enfants je me présente je suis Shun le nouveau médecin du village. Et je suis aussi le médecin qui viendra à l'école si besoin. Vous pouvez faire appel à moi quand vous le souhaitez. Sinon j'ai un cadeau pour vous.

- Vraiment ? S'écrièrent-ils tous en rigolant.

- Oui. Je sais que cela fait un moment que vous n'êtes pas venu ici mais je suis sûr que vous avez vu que cela a un peu changé.

- Cette fresque, montra du doigt Sabo en souriant.

- Oui, allez la voir de plus près.

- Oh ! Cette feuille ! s'exclama Ussop. Elle sort du mur.

- Bien vu Ussop ! Applaudit Shun. Va la baisser.

Le gamin y alla heureux et une porte coulissante s'ouvrit laissant place à un grand espace éclairé par le toit.

- Entrez ! C'est ma surprise.

Tous s'engouffrèrent en se précipitant pour voir à l'intérieur. Mihawk allait dire quelque chose mais Shun l'en empêcha et lui fit signe de venir. Les deux adultes au seuil de la porte virent les dix gamins crier de joie. La pièce était une grande salle de jeux. Il y avait une piscine de balles et des jouets. Mais aussi un coin lecture et un coin dessin. Mihawk le regarda interloqué alors Shun lui expliqua :

- Quand je suis venu m'installer ici, mon ancien collègue m'a fait un topo sur les habitants du village et j'ai cru comprendre qu'il y avait beaucoup d'enfants et j'ai entendu parler de vous et des vôtres. La secrétaire m'a expliqué qu'elle s'occupait d'eux pendant que le docteur les prenait un par un. Que vous deviez presque toujours les faire suivre avec vous partout. Et mon prédécesseur disait que cela vous stressait. Même si les enfants ont toujours été mignons. Alors quand j'ai vu que cette salle était un entrepôt de dossiers j'ai décidé de tout mettre dans l'ordinateur. Avec mon assistante on a tout numérisé on y mit du temps. Alors après on a fermé le cabinet quinze jours où je ne faisais que du domicile. Je ne pouvais pas laisser mes patients, sourit le docteur. J'en ai profité pour tout faire rénover et créer une pièce pour les enfants. Comme ça vous et les autres parents pouvaient venir sans vous inquiéter. Ici ils seront bien ! Affirma le docteur dans un sourire chaleureux.

- Merci, fit Mihawk qui fut touché par tant de sollicitude d'un inconnu. Ne venait-il pas de dire qu'il avait fait cela pour l'aider lui ?

- Avec plaisir, sourit l'homme. Je suis juste heureux que les travaux aient été fait rapidement. Ici on a dû refaire le toit, fit l'homme en montrant la baie vitrée au-dessus d'eux qui faisait entrée la lumière. Les enfants cela vous plait ?

- Oui, répondirent-ils tous.

- Bien, alors ici il y a une règle. Tous l'écoutèrent. Aujourd'hui je vais vous vacciner, alors quand cela sera fait, vous devrez rester au coin calme, dit-il en montrant les coins lecture et dessin. Vous ne devez pas faire les fous jusqu'à demain matin. Et cette après-midi vous me ferez un temps calme d'au moins une heure. Je vous veux tous allongés pendant une heure pour vous reposer, ordre du médecin ! s'exclama-t-il d'un ton qui ne voulait pas de « non ». Vous avez bien compris ?

- Oui, répondirent-ils tous.

- Bien, c'est important pour votre santé. Puis il tourna le regard vers Dracule et murmura, et cela vous fera aussi un peu de repos. Celui-ci sourit en mimant un « oui » du bout des lèvres. Bien, reprit Shun plus fort, je vous fais confiance et ce soir j'appelle Monsieur Mihawk pour vérifier, si j'ai eu raison de vous faire confiance.

Les enfants vinrent le voir et tendirent tous leurs petits doigts. Shun sourit et de ses deux petits doigts il rassembla les dix tendus et tous promirent de se reposer une heure et d'être calme jusqu'à demain matin. Puis, ils le remercièrent pour la salle de jeu. Alors Shun appela un premier enfant et l'amena avec lui et Dracule jusqu'au lit d'auscultation. Ils laissèrent la porte ouverte pour être sûr que tout allait bien. Shun discuta avec l'enfant. C'était Law. Les deux parlaient de tout et de rien sous le regard de son tuteur. Il le piqua après l'avoir un peu ausculté et Shun s'amusa de voir l'enfant s'intéresser à tout. Shun en profita pour lui expliquer certaines choses et lui conseilla un livre sur la médecine expliquée aux enfants dans la bibliothéque de la salle de jeux. Law s'empressa mais sans courir d'y aller en appelant Sanji pour la suite.

- Docteur…

- Shun, appelez-moi Shun.

- Si vous m'appelez Dracule, Monsieur Mihawk c'était mon père.

- Etait ? Pardon, fit Shun. Ah ! Sanji à toi.

Shun prit son temps aussi avec le blond qui lui adorait parler cuisine et filles et demanda des conseils pour faire des bons plats équilibrés et pour plaire aux filles. Dracule avait rougit. Il avait été surpris de voir le docteur rigoler et répondre à tout, sans problème. Pour la cuisine il expliqua deux trois choses sur le sucre, le sel, les graisses, ainsi que les viandes et les vitamines. Pour les filles il lui dit que son père avait sûrement de meilleurs conseils que lui. Qu'il n'était pas très doué avec les femmes. Sanji rigola en disant que c'était vrai, son père avait beaucoup de charme, qu'il était le plus beau des papas. Shun rigola. Il libéra alors Sanji qui envoya un nouvel enfant.

- Shun, murmura Dracule.

- Oui.

- Vous devriez ne pas prendre autant de temps par enfants.

- Pourquoi ? Oh ! fit-il comprenant. Ne vous inquiétez pas. Je vous ais réservé la matinée on a tout notre temps, à part si vous avez…

- Non ! Je n'ai rien de prévu, s'empressa de déclarer Dracule.

- Bien, sourit le médecin. Vous savez, je suis aussi leur médecin scolaire alors quand je les vois je fais quelques examens pour avancer mes visites là-bas et me concentrer sur l'essentiel. De plus, c'est la première fois que je les vois et… si vous n'avez rien de prévu j'aimerais aussi les mesurer et les peser.

- Bien sûr, faites ce qu'il faut.

- Merci, cela me sera utile. On fera repasser Law et Sanji à la fin pour cela.

Dracule hocha de la tête. Il était heureux, il ne savait pourquoi mais voir les enfants avec le docteur et passer du temps avec lui le détendait un peu. Le médecin lui avait dit de prendre place sur un tabouret près de la table d'auscultation. Il apprenait à connaitre l'homme à travers les questions des enfants. Il voyait que le docteur faisait parfois pareil. Certaines questions portaient sur lui ou les autres hommes de la famille. Il savait que c'était normal et il ne le prit pas mal. Il n'avait rien à cacher.

Tous les enfants passèrent et Sanji et Law revinrent pour la pesée et la mesure. Shun demanda un instant à Mihawk et alla voir les enfants.

- Vous pouvez rester encore un peu ici ? Un « oui » unanime lui répondit.

- Merci, je vais ausculter Dracule. Il va bien mais j'aimerais quand même vérifier une ou deux choses.

- Prenez soin de mon papa, fit Zoro.

- Oui, ne t'inquiète pas.

Shun revint dans la pièce et prit les carnets de santé où il inscrit toutes les données. Puis, il demanda à Dracule de le suivre. Il lui montra la table d'auscultation.

- Mais je vais bien !

- Bien sûr, mais à vous avoir je préfère vous ausculter.

- Mais…

- Pas de mais ! Vous êtes médecin ? Non ! Alors assis !

Dracule s'exécuta devant la voix impérieuse du docteur. Il s'assit et laissa le médecin prendre sa tension. Ensuite, le docteur lui demanda de retirer son haut. Il écouta son cœur avec son stéthoscope, ses poumons. Il apposa ses mains sur son torse et dans son dos, lui fit faire quelques mouvements. Pour finir, il le fit s'asseoir sur la table et lui posa quelques questions :

- Vous êtes maître d'arme. Quand vous faites des efforts votre souffle est bon ?

- Oui. Je vais bien.

- Je m'inquiète pour vous. De ce que je sais vous vous occupez beaucoup des enfants. Vous avez une petite tension. Vous semblez pâle, je vais vous faire prescrire une prise de sang.

Dracule allait dire quelques choses mais fut arrêté par une main sur sa joue et un regard tendre et inquiet. Le docteur caressa sa joue et ses doigts allèrent s'aventurer vers sa nuque et ses mèches noire. L'homme massait son cuir chevelu. Il ferma les yeux de bien-être et laissa l'autre le détendre. Dans son ventre une flamme s'alluma, un peu plus forte que quand il l'avait aperçu il y a quelques heures. Son cœur rata un battement et il se sentit rougir mais ne bougea pas. Shun se reprocha de lui. Il écarta les cuisses afin de le laisser se mettre entre elle et d'être plus proche de lui. Il ouvrit les yeux et le regarda timidement. Il tomba sur un regard doux et compatissant. Ils se fixèrent pendant un moment, c'était comme si tout avait disparu autour d'eux. Mihawk n'avait jamais ressenti cela avant.

- Vous arrivez à vous reposer parfois ?

- Oui, soupira d'aise Dracule.

- Comment vous faites pour vous détendre ?

- Et bien !... Il rougit encore plus. J'aime bien lire en buvant un verre de vin, mais pas tous les soirs.

- J'imagine bien. Je ne vous vois pas alcoolique.

- Comment vous me voyez ? Demanda-t-il doucement.

- Un homme fort, sérieux et responsable. Qui prend soin de son entourage et s'oublie un peu. Vous êtes aussi très courageux. J'ai lu votre dossier et ce que vous avez fait pour ces enfants est vraiment magnifique.

- Ce sont nos enfants ! S'exclama Dracule comme si c'était normal.

- Vous avez fait des tests Adn ?

- Non, ce sont nos enfants ! déclara-t-il encore sûr de lui et un peu outré mais compréhensif.

Shun sourit doucement. Cet homme était parfait. Un grand cœur et terriblement sexy. Il regarda derrière Dracule la salle où se trouvaient les enfants. Ceux-ci avaient l'air de s'amuser alors il reporta ses yeux sur son patient et s'avança vers sa bouche il s'arrêta à quelques millimètres. Il avait envie de l'embrasser depuis des heures. Quand il l'avait vu, son cœur s'était emporté d'un coup d'un seul. Il avait eu le coup de foudre. En lisant les dossiers scolaires il avait vu les photos des petits mais pas ceux des pères, il avait eu envie de connaître ces hommes de cœurs et là il était aux anges. Jamais il n'aurait pensé voir un tel homme. Ses yeux dorés perçants allaient très bien avec ses cheveux bruns corbeaux comme les siens. Il adorait jouer avec ses mèches courtes et soyeuses. Il murmura :

- Terriblement courageux et divinement beau.

A ces mots Dracule ne put se contenir et déposa d'abord un doux baiser sur ses lèvres, avant d'en donner un, un peu plus osé. Il se retira en rougissant et il allait s'excuser quand Shun agrippa sa nuque et le ramena vers ses lèvres et l'embrassa avec fougue et envie faisant danser leurs langues. Dracule se laissa emporter et pendant quelques minutes savoureuses, il oublia tout. Il agrippa la veste blanche du médecin et vint se coller plus à lui. Leurs bassins entrèrent en contact et les deux feulèrent de plaisir. Mais le rire de Nami les ramena à la réalité.

- Pardon, fit Dracule qui depuis des années ne s'était pas laissé aller aux plaisirs dans les bras d'une personne.

- Dracule, susurra Shun à son oreille tout en observant la pièce où se trouvait les enfants. Je voudrais savoir. Vous préférez les hommes ?

- Oui, j'étais saoul et en manque d'affection.

- Je comprends, fit le docteur qui savait de quoi il voulait parler.

- Mais je ne regrette rien ! J'aime Zoro et Pérona et les huit autres aussi. Ils sont tous mes enfants.

- Dracule, ce soir je fini à vingt heures. Puis-je vous inviter à manger pour vingt et une heure ? J'aimerais vous connaître plus, et détendons-nous ensemble.

- Je…

- Un bon repas et un bon verre de vin autour d'une discussion, rien d'autre si cela vous suffit.

- J'aimerais…. Shun ne le coupa pas, il attendit patiemment la réponse. Je serais là.

- J'habite au-dessus d'ici il faut prendre l'escalier derrière le bâtiment, répondit-il dans un grand sourire et surtout en volant un doux baiser à l'homme.

Dracule se releva et remit son haut. Il alla chercher les enfants qui étaient tous tranquillement installé au coin calme. Shun les salua et tous rentrèrent chez eux. Mais avant de partir Zoro tira sur la blouse du docteur.

- Doc' mon papa il va bien ?

- Oui très bien, mais il faut quand même qu'il se repose un peu.

Le gamin aux cheveux et aux yeux verts lui répondit d'un grand sourire. Shun appréciait cet enfant et les autres aussi. Quand tous partirent il alla inscrire deux trois choses dans les carnets scolaires. Il faudrait vérifier les résultats de Law et Robin. Shun les pensait en avance sur leur âge et il ne voudrait pas les voir s'ennuyer. Il referma les dossiers et soupira. Il ne pensait pas avoir un coup de foudre en venant ici. Lui qui voulait faire profil bas, c'était loupé.


Vingt et une heure, Dracule était derrière la porte de Shun. Il avait fait manger les enfants et les avaient couchés, puis il avait averti qu'il sortait. Il n'avait rien dit de plus, il ne savait pas quoi dire. C'était difficile à expliquer mais il savait qu'il voulait y aller. Bon il en était persuadé jusqu'à maintenant. Là, il était gêné et voulait faire demi-tour. Sur le chemin qu'il avait fait en vélo, il s'était donné du courage et avait balayé toutes les idées néfastes mais en cet instant elles revenaient toutes en même temps. Il avait encore le temps de rebrousser chemin il pourrait appeler et décommander. Bien sûr il le préviendrait car il ne pouvait pas le laisser l'attendre, ça serait très mal. Son ventre lui fit mal, il inspira malgré tout il voulait passer cette porte même s'il savait que ce serait mal, son corps le poussait à toquer à cette planche de bois. Alors il le fit.

Shun sursauta en entendant frapper à la porte d'entrée. Il était déjà l'heure, il fut heureux d'avoir fini. Il venait de mettre la table et le repas était prêt. Il avait eu le temps de prendre une douche avant que Dracule n'arrive. Il avait même été dans l'après-midi acheter un bon vin. Il désirait que tout soit parfait. Cela faisait un moment qu'il n'avait pas été attiré ainsi par quelqu'un alors il allait faire ce qu'il fallait et être patient car l'homme avait l'air d'en valoir le coup. Il en était certain.

Le docteur fit entrer Dracule, qui lui offrit une bouteille de vin. Les deux hommes se regardèrent en silence, Shun le débarrassa de son sac et de son manteau. Il l'entraîna à sa suite dans le salon cuisine et lui proposa de passer à table. Le repas se passa tranquillement. Les deux hommes avaient décidé de se tutoyer et parlaient de tout et de rien apprenant à se connaître. Ils discutaient surtout des enfants. Mais à un moment Dracule s'arrêta.

- Pardon, je ne fais que parler, s'excusa-t-il gêné de monopoliser la conversation.

- Tu n'as pas à t'excuser, sourit Shun en posant une main sur le dos de l'une de Dracule. Et d'un geste doux il la caressa. On est là pour se détendre et j'aime t'écouter.

- Mais on doit te parler toute la journée ?

- C'est vrai, mais tu es plus intéressant que la plupart d'entre eux. Et ta voix me fait du bien. Je la trouve apaisante. Depuis six mois c'est très calme ici alors ne te retient pas et parle autant que tu veux. Tu veux boire autres choses ?

- Non, merci. Dracule vit l'heure sur le four de la cuisine il était déjà minuit passé. Oh mon dieu tu as vu l'heure ! Je… Je dois rentrer.

Dracule se leva d'un bond il ne pensait pas rester si longtemps.

- Es-tu Cendrillon ? Rigola Shun en le rattrapant dans la partie salon. Il voulait encore parler avec lui mais en même temps il ne voulait pas le retenir contre son gré. Ta voiture va se transformer en citrouille ?

- Non, je suis venu en vélo. Je n'ai pas de voiture à moi. Je n'ai que le mini-bus. Après je fais tout en vélo, je ne sors pas trop.

- Raison de plus pour rester encore un peu. Je te ramènerais avec ton vélo.

- Shun… soupira Dracule.

Le docteur tout en parlant avait mis l'une de ses mains dans sa chevelure corbeau et Mihawk ferma les yeux. Il aimait les caresses de l'autres, au fond s'il voulait vraiment partir c'était pour les éviter, pas par dégout, plus par peur de ne pas pouvoir se retenir. Il lui avait déjà sauté dessus ce matin et il ne voulait pas recommencer il n'était pas comme ça.

- Shun, je…

L'homme attendit la suite. Mihawk n'arrivait pas à le dire. Le maître d'arme combla le vide entre leurs lèvres doucement et des larmes se mirent à couler. Il avait tellement honte d'être si émotif, il allait repousser Shun et fuir, quand celui-ci le ramena contre son torse où il le bloqua en l'enfermant dans ses bras. Dracule par réflexe l'enlaça et s'agrippa à son pull. Il entendit le cœur du médecin battre fort et ses mains le cajolait dans le dos et le cuir chevelu. Il était bien et se sentait en sécurité dans la chaleur de l'homme. Il se laissa aller et pleura doucement. Il ne tenait plus sur ses jambes, toutes ses forces le quittait. C'était tellement bon cela faisait si longtemps qu'il avait besoin de lâcher prise. Et cet homme lui proposait de l'y aider. Il sentit l'autre bouger, son visage fut relevé et ses lèvres furent happée doucement. Le baiser s'accentua, il pleura de plus belle mais cela ne gêna plus personne. L'autre le souleva un peu et le déplaça. Il ne savait comment mais il se retrouva assis sur le canapé de Shun et entre les cuisses de l'homme. Celui-ci l'avait bloqué contre son torse et continuait à prendre ses lèvres. Un bras l'enserrait pendant que l'autre s'insinuait sous son pull afin d'effleurer son torse. Mihawk gémit de satisfaction doucement. Il laissa le médecin le cajoler, il en avait besoin. Il le désirait. Son corps brulait d'un feu éteint depuis des décennies. Quand enfin le docteur relâcha ses lèvres, il se sentit repoussé doucement en avant. Shun lui murmura que ce serait plus pratique alors il le laissa le délester de son pull. L'homme massa ses épaules parfois il jouait avec sa nuque ses épaules, de ses mains et de sa bouche. Le corps de Mihawk irradiait de bien-être. Il gémissait de plus en plus, l'autre le menait trop loin. Il voulait l'arrêter mais ne pouvait pas.

- Shun, je… j'ai peur…

- Dracule, soupira Shun qui lui aussi avait du mal à se retenir, mais il le ferait si l'autre lui demandait. Tu… avec un autre homme ?

- Une fois, je… je ne suis pas très à l'aise avec… ça.

- Et les femmes…

- Pareil. Je suis… Shun… pardon…même si on a le même âge je suis…

- Novice ?

- Oui… Shun… je… juste des baisers… je…

Shun le souleva et l'allongea sur le canapé, il vint le surplomber. Il l'embrassa fougueusement et descendit sur son cou, ses clavicules, son torse, s'arrêtant sur ses boutons de chair, qui durcirent et pointèrent sous les soins de l'homme. Puis il continua sa descente lentement. Il aimait voir l'homme sous lui se trémousser de plaisir et il adorait entendre sa voix gémir et l'appeler. Sa voix trahissait tant de sentiments. De la peur, de la passion, du désir de l'empressement et de la retenue. Il savait qu'il continuait à pleurer mais il ne l'arrêta pas cela lui faisait un bien fou. Il voulait que l'homme vide tout son trop plein de sentiments, il voulait le libérer de toute contrainte l'enfermant dans sa vie. Il comprenait bien que depuis des années, il avait passé son temps à s'occuper des autres en s'oubliant alors ce soir il allait le détendre, s'occuper de lui. Le rendre heureux quelques instants. Il le contenta donc à l'aide de ses mains et de sa bouche. Mais juste avant d'arriver à son pantalon l'autre se raidit et jouit. Il l'entendit pousser un cri sexy et après il hoqueta de surprise. Shun sourit de le voir faire. Il remonta au niveau de son visage et retira ses mains, son visage était mouillé de ses larmes et ses joues rougies par le plaisir ressenti.

- Par… par… pardon ! bégaya Dracule entre deux respirations.

- Tu es magnifique ! s'exclama Shun avec un sourire de satisfaction. Ne me demande plus pardon pour rien. Ici, avec moi tu as tous les droits.

Dracule agrippa par la nuque l'homme au-dessus de lui et l'embrassa sauvagement. Shun le laissa faire, il aimait cela. Quand le baiser prit fin il renversa leur position et avant que Mihawk ne fasse ou ne dise quoi que ce soit, il le bloqua contre son torse et le cajola. Le maître d'arme lâcha complètement prise jusqu'à s'évanouir de fatigue. Le docteur le laissa se reposer pendant un long moment. Il le recouvrit d'un plaid posé sur le dossier du canapé, afin qu'il ne tombe pas malade. Il en profita pendant un moment où a l'aide de ses mains il lui donna toute sa tendresse. Il effleurait son épiderme et embrassait sa chevelure corbeau. Il lui murmurait des mots doux et lui contait de belles histoires pour l'avenir, des moments heureux, des instants tendres et doux comme celui-là. Shun respirait l'odeur de cet être incroyablement envoutant. Il ne s'était pas trompé, plus il le gardait contre lui, plus il désirait le connaître et être à ses côtés. Vers deux heures du matin, il dû se résoudre à le réveiller.

Mihawk s'éveilla doucement dans les bras du docteur, qui d'une voix douce lui expliquait qu'il était tard et qu'il allait le raccompagner. Il allait se plaindre de perdre la chaleur humaine de l'homme, mais s'abstint, au fond c'est lui qui avait dit qu'il devait rentrer. Il se leva et laissa l'homme le rhabiller. Shun prit sa main et il le suivi sans rechigner. Il était encore groggy et il ne voulait pas perdre le contact avec l'homme. Quand celui-ci prit le vélo pour le mettre dans le coffre de la voiture, Mihawk tenait en main un pan de son manteau. Il avait été déçu de devoir lâcher la main chaude et ferme de l'autre.

Le docteur sourit devant l'attitude de son compagnon. On aurait dit un enfants suivants sa mère. Cela le rassura un peu, il ne lui en voulait pas d'avoir poussé les choses aussi loin pour une première fois. Il l'entraîna dans la voiture et Dracule tenait toujours son habit. Au début il le laissa ainsi et vit qu'il l'observait par la fenêtre. Au bout d'un moment il reprit une discussion en lui murmurant. L'autre lui répondait en souriant à travers la vitre. Shun voulait lui aussi plus de proximité alors il prit la main de Dracule sur son manteau et la posa sur son genou. Cela fit se redresser l'autre et venir plus vers lui. Il put voir que Mihawk rougissait mais il ne retira pas sa main. Bien au contraire il la fit glisser plus haut sur la cuisse et serra plus sa prise dessus. Shun en fut ravi.

- Pardon, murmura Dracule.

- … Shun ne comprenait pas. Je ne vois pas pourquoi ?

- J'ai fait que pleurer et j'ai… j'ai… tout seul, souffla-t-il en articulant le mot du bout des lèvres mais sans pouvoir sortir un son.

- Ce n'est rien, vraiment, répondit Shun comprenant maintenant. J'en suis heureux, je t'avais fait venir pour te détendre.

- Mais…

- Te prend pas la tête avec ça ! Ils arrivèrent devant le portail de chez Mihawk où ils s'arrêtèrent. Shun se tourna vers son passager et fit glisser une main sur son visage allant se perdre dans sa chevelure. Tu as apprécié ?

- Oui, sourit Dracule.

- Puis-je espérer te revoir ainsi ?

- Shun… Dracule resserra sa prise sur la cuisse du docteur. Embrasse-moi, s'il te plait.

Shun ne se le fit pas dire deux fois, il attira à lui les lèvres demandeuse et combla le désir de l'autre avec un long baiser langoureux. Dracule se remit à gémir et la main sur la cuisse de Shun serrait de plus en plus fort. Son autre main alla rejoindre la nuque de Shun. Il se souleva un peu en prenant appui sur la cuisse du docteur et donna plus de vie au baiser. Cela plut à Shun qui laissa son futur amant - il l'espérait - mener la danse. A bout de souffle les deux se libérèrent de la prise de l'autre.

Ils descendirent et Shun lui rendit son vélo. Dracule fit quelques pas, avant de faire volte-face. Il lâcha l'objet dans ses mains pour que celle-ci viennent s'accrocher au cou de Shun. Il fondit sur les lèvres du docteur et son corps se colla à celui-ci. Il l'embrassa avec passion. Le médecin l'enlaça et le colla le plus possible à lui, il voulait sentir sa chaleur une dernière fois, il ne savait pas combien de temps il allait devoir attendre encore pour le revoir.

- Puis-je voir un « oui » là-dedans.

- Oui, souffla Mihawk et repartant rapidement avec son vélo récupéré au passage.

Shun le regarda le fuir en souriant. Cela allait être intéressant et surtout agréable à vivre.


Depuis quelques mois Dracule sortait un soir par semaine. Ce n'était pas forcément toujours le même. Ses amis se posaient des questions mais n'osaient rien demander. Ils n'avaient pas à se plaindre car comme d'habitude il faisait sa journée. Après avoir baignés, mis en pyjama, fait à manger et couché les enfants, il partait s'enfermer dans la salle de bain et en ressortait douché et habillé de façon décontracté mais classe. Jamais les autres ne l'avait vu prendre autant soin de lui. Que ce soit avant ou après l'arrivée des enfants.

- Bonsoir, fit le maître d'arme tout sourire.

- Ouais, à plus, répondirent en maugréant Shanks et Cora'.

- C'est quoi le problème ? S'écria Mihawk.

- Rien, pourquoi ? demanda Shanks surprit de l'entendre élever la voix. Jamais il ne le faisait, même contre les enfants, ou que si c'était nécessaire.

- Pourquoi ? Tu te fous de moi. Chaque fois que je sors vous faite la gueule. Vous n'avez pas besoin de moi à ce que je sache, ou vous pensez pouvoir rien faire sans votre bonniche.

- Nous…

- La ferme Cora' ! Je ne suis pas votre femme. Je m'occupe de tout dans cette maison. Ok j'en ai fait le choix il y a six ans, afin que vous soyez plus libre pour évoluer dans votre vie et votre carrière. Mais maintenant vous avez fait assez de choses et je ne sors qu'une fois par semaine. Les enfants sont assez grands pour que je puisse prendre moi aussi du bon temps. Je ne vous empêche pas de vivre et vous sortez assez. Quand vous découchez et parfois tous en même temps et plusieurs fois par semaine je ne dis rien. Ecoutez-moi bien ! Je ne le redirais pas et je vais être très clair ! J'ai rencontré quelqu'un et je suis heureux. C'est une gentille personne, qui me comprend. A ses côtés je me sens vivre à nouveau et cela ne m'étais pas arrivé depuis des années. Alors je compte en profiter. J'ai trente-cinq ans et comme vous je suis jeune et en bonne santé. Et je compte bien m'amuser, si vous n'êtes pas content c'est pareil. C'est ma vie. En plus je ne comprends pas votre attitude. On dirait que vous êtes jaloux. Parfois, vous me faites penser à des hommes aigris, qui ont été rejetés et qui voient leur proie aller dans d'autres bras. Alors ça suffit ! Je ne pense pas que ce soit le cas et si ça l'est, si vous m'aimez ainsi, vous aviez tout le temps pour me le dire. Maintenant c'est trop tard alors faites-vous à cette idée. Je suis amoureux et comblé.

Sur ces paroles il fit demi-tour et quitta la pièce. Il monta sur son vélo et partit chez Shun.


Dans la maison. Les cinq autres garçons restèrent silencieux. Cro' et Doffy éclatèrent de rire.

- Et bien ça c'est clair ! Notre Drac' est amoureux et il a l'air de tenir à cette personne, rigola de plus belle Doffy qui avait aimé voir le brun se mettre dans cet état.

- Pff… il dit ça mais…

- Mais quoi ? Fit Kuma en coupant son ami Shanks. Vous êtes stupide ! Vous croyiez quoi, qu'il allait attendre après vous ? Qu'il allait rester seul toute sa vie, alors que vous couchez avec n'importe qui pendant qu'il s'occupe de vos enfants ?

- Je suis d'accord avec Kuma, renchérit Cro'. Drac' l'a très bien dit, il n'est pas notre femme. Et si vous vouliez que ce soit le cas, vous aviez qu'à lui faire la cour. Alors si vous en avez pas les couilles foutez lui la paix. De nous tous il est celui qui mérite le plus d'être heureux.

- Bien dit Cro' ! s'esclaffa Doffy. Moi je suis heureux pour lui et il a l'air vraiment bien mieux. Personnellement je commençais à m'inquiéter pour lui. Cette année a dû être dure pour lui. J'avais peur qu'il déprime de ne plus avoir les enfants à plein temps. Et même s'il travaille, il a beaucoup de temps libre qu'il passe encore exclusivement dans la maison. On l'oublie parfois mais il nous laisse vraiment notre liberté à défaut de la sienne. Alors si une fois par semaine, quelqu'un s'occupe de lui alors moi ça me va.

- Qui nous dit que c'est une bonne personne ? demanda Cora'. Peut-être….

- Il est heureux et je crois… je ne m'inquiète pas de cela. Et si ça se passe mal on sera là pour lui. C'est fait pour ça les amis non ? déclara Doffy fier de sa réponse.

Shanks se leva énervé et alla s'enfermer dans sa chambre. Cora' en fit autant mais lui avait l'air plus pensif et gêné qu'en colère.

- Haha ! Ils sont trop marrants ces deux-là, rigola de plus belle Doffy.

- T'es vraiment chiant parfois, fit Kuma. Bon je vous laisse, je dois réviser un dossier pour demain.

- Bon courage, déclara Cro'. Toi viens ici, fit-il à Doffy, il a raison t'es chiant parfois.

- Je croyais que c'était ma meilleure qualité, fanfaronna le blond aux lunettes de soleil.

Cro' l'agrippa par le cou et lui frotta de son poing le haut de sa tête. L'autre essayait de se dégager mais n'y arriva qu'après de longues minutes de lutte qui se soldèrent sur un exæquo. Ils allumèrent la télé et la regardèrent en silence.


Dracule arriva devant chez Shun, il s'empressa de monter l'escalier. Il tapa fortement sur le pan de bois. Mais personne ne vint lui ouvrir. Il chercha alors sous le pot de terre devant ses pieds et trouva la clef que lui avait indiqué le docteur pour les jours où il serait en retard. Comme aujourd'hui. Il entra se déchaussa et alla sur le canapé. Il s'y blottit en s'enroulant dans le plaid. Un quart d'heure plus tard, son téléphone sonna et il s'empressa de voir le message mais il fut surpris de voir que ce n'était pas Shun qui lui disait qu'il arrivait. C'était Shanks. Il ne le lut pas et repris son activité de végéter en attendant l'homme de la maison dans laquelle il était. Une demi-heure plus tard un nouveau message et ce n'était toujours pas Shun. Il s'inquiéta mais il avait promis d'attendre, Shun lui ayant expliqué que s'il n'avait pas envoyé de message c'est qu'il serait dans l'impossibilité de lui répondre. Il hésita et regarda sa messagerie. Deux nouveaux messages, l'un de Shanks et l'autre de Cora'. Il ouvrit celui de Shanks et le lut.

Drac', pardon tu as raison tu n'es pas ma femme. Je ne sais comment te le dire mais c'est vrai que... Comment dire ? Je suis stupide, je suis tombé amoureux de toi mais je t'ai mis sur un piédestal. Un homme intouchable. J'en ai oublié que tu es un homme et que tu as des besoins. Je sais que tu préfères les hommes et je me disais que j'avais le temps. C'est vrai qu'à force je t'ai peut-être vu comme la mère de mes enfants. Celui qui m'attendrait aussi. Pardon. Restons amis et soit heureux avec lui, qui qu'il soit. C'est un homme non ? A plus Shanks.

Dracule voulait pleurer mais il ne sut pourquoi. Il lut à la suite le mot de Cora'.

Dracule, je te demande pardon. C'est vrai que j'ai des sentiments pour toi mais je n'ai aucun droit de te les faire subir, surtout que tu ne les partage pas. J'espère qu'on restera amis et que tu seras heureux. Je reste à ta disposition si besoin. Bisous Cora'.

Dracule sourit, il avait toujours aimé le contraste que ses amis offraient entre leur façon de parler et leur façon d'écrire un Sms. Si on présentait les deux hommes à un inconnu et qu'il parlait un quart d'heure avec eux et qu'après on lui faisait lire le message téléphonique écrit des deux hommes, il était sûr que l'inconnu se tromperait. Shanks qui ne parlait qu'en phrases concises écrivait des romans pleins de sentiments dans ses Sms. Alors que Cora' qui adorait discourir sur tout, écrivait le moins de mots possible par téléphone comme s'il voulait se débarrasser de l'objet au plus tôt. Cela lui remonta le moral, les deux hommes étaient toujours eux-mêmes. Mais en même temps, il se demandait comment réagir le lendemain en leur présence. Il se blottit à nouveau sur lui-même dans le plaid et attendit que Shun rentre en repensant à tout cela et à ses sentiments sur tout le monde.


Shun pestait, il était en retard, il avait beaucoup de retard. Dracule devait sûrement être rentré et lui envoyer un message après minuit c'était un peu trop. Il lui en enverrait un le lendemain matin. Il soupira, il était fatigué. Il avait passé ses sept dernières heures chez l'une de ses patientes. Celle-ci avait décidé d'accoucher chez elle mais ça s'était mal passé, vers dix-neuf heure la sage-femme l'avait appelé. Il y était allé en catastrophe pensant finir pour vingt et une heure. Mais cela ne fut pas le cas. En arrivant il comprit qu'il y avait un problème. Le col ne se dilatait pas assez vite par rapport aux contractions. Alors il essaya de les ralentir avec un sérum mais rien n'y fit. Il appela une ambulance peu après vingt heure trente. Mais on lui dit qu'il y en avait pour une bonne heure d'attente. Alors il prit le parti d'attendre et de soulager la future maman comme il put. Il ne la quitta pas un instant. L'ambulance arriva une heure trente après et la mère commença le travail. Ils durent l'accoucher dans le salon de sa maison avant de la transporter à l'hôpital. Cela prit une bonne heure, et il fut ravi de voir les ambulanciers lui apporter des forceps pour l'aider à finir le travail. Donc vers vingt-trois heures ils montèrent tous dans l'ambulance. Il voulait être là jusqu'au bout et le médecin ambulancier se sentit plutôt rassuré. Il n'était pas un expert dans les accouchements et Shun avait l'air de savoir ce qu'il faisait. Ce n'était qu'une idée car en fait lui non plus n'avait pas pratiqué d'accouchement depuis des lustres. Sur le trajet, il s'occupa de retirer le placenta de la jeune femme et vérifia les constantes de la mère et du bébé. Ils arrivèrent trois quarts d'heures plus tard et après avoir fait son rapport il rentra chez lui. La sage-femme qui l'avait suivi avec sa voiture le ramena jusqu'à leur patiente où il récupéra sa voiture. Il arriva chez lui après une heure du matin. Il entra et fut surpris de voir les chaussures de Dracule dans le hall d'entrée. Il n'avait même pas vu son vélo dehors. Alors, il retira rapidement les siennes et se dévêtit de son manteau et courut dans le salon. Il le trouva endormi sur son canapé. Il voulut faire doucement mais il se prit quelque chose dans les pieds et Mihawk sursauta en entendant le bruit puis il vint sauter dans ses bras en pleurant.

- Shun… je… snif, snif… je…

- Drac' ça va je n'ai rien. Pardon, j'aurais dû te contacter mais vu l'heure je pensais que tu serais rentré.

- Peux pas… snif… Shun…

- Pourquoi ?

- Je… Shanks… Cora'…

- Quoi ? Qu'ont-ils ? s'inquiéta Shun.

- J'ai crié sur eux… et Dracule lui montra les Sms. Celui-ci les lut et planta son regard dans celui de Dracule. Je t'aime ! s'écria le maître d'arme. Il n'y a que toi. Je n'ai jamais pensé à ça avec eux et j'ai peur. Comment je vais me comporter devant eux ?

Shun éclata de rire et enlaça l'homme devant lui. Il le serra fort. Il avait un fou rire et n'arrivait plus à parler. Il était si heureux.

- Je t'aime moi aussi. Tu es si mignon. Dracule il n'y a que toi pour moi aussi. J'ai passé la soirée à accoucher une jeune femme, cela a été fort éprouvant mais les deux vont bien et toi tu arrives et… bordel tu n'as pas idée comme je t'aime. Dracule Mihawk tu n'as pas à avoir peur, ils sont tes amis et ils respecteront ton choix. Ils te l'ont dit et ils t'ont demandé d'être heureux et je te promets de tout faire pour y arriver. Ils ne se battent pas pour toi mais moi je le ferais si nécessaire.

- Shun…

- Reste cette nuit ! Je te ramènerais avant la levée des enfants. Shun l'embrassa. Je te promets de ne me contenter que de baisers, de toute façon je suis trop fatigué pour autre chose.

- Quand tu seras remis je veux bien parler du « plus si affinité », sourit Dracule.

- Tu veux me rendre fou ? Ça me va, mais on a tout notre temps mais pour l'instant allons prendre une douche.

- Une douche ? s'étonna Dracule.

- Oui je… regarde j'avais du sang et je t'en ai mis dessus.

Mihawk regarda et sourit. Il se laissa entraîner par l'homme sous la douche, mais il était un peu nerveux. Tous ces mois ils y avaient été assez lentement, se mettant à son rythme. L'homme l'avait accepté et ils s'étaient contentés de longues étreintes tendres et pleine de baisers. Parfois ils s'étaient caressés a des endroits intimes mais jamais ils n'avaient été plus loin. Ce serait donc la première fois qu'ils allaient se voir entièrement nus. Il resserra sa prise sur sa main lui communiquant sûrement son appréhension.

Shun entra dans la salle de bain il vint placer Dracule dans ses bras et l'embrassa tendrement. Il caressa son cuir chevelu et entreprit par des gestes lents et doux de le dévêtir.

- Arrête-moi si je vais trop vite.

- Je… Merci.

Le docteur continua de les dévêtir lentement. Quand se fut fini il les fit entrer dans la douche et fit couler l'eau. Ils furent saisis par le froid, puis l'eau chaude vint leur faire un bien fou. Dracule lui demanda s'il pouvait lui raconter l'accouchement. Shun le fit avec plaisir en le câlinant. Au bout d'un moment, il s'empara du savon et les lava l'un après l'autre. Pour cela il avait bloqué le dos de l'homme contre son torse. Il s'arrêta avant de toucher le sexe de son compagnon. Mais celui-ci prit sa main et l'y déposa dessus. Il le remercia d'un doux baiser. Il le savonna et en profita pour lui donner du plaisir. Ne venait-il pas de lui promettre de le rendre heureux ? Quand Drac' fut au bord de la jouissance Shun l'entendit murmurer :

- Pas que moi, je…

Shun l'arrêta d'un baiser et le retourna. Là, il savonna son dos et son fessier. Puis, il le souleva en l'agrippant sous les fesses et le colla doucement dos au mur. Il fit entrer en contact leurs érections et les deux feulèrent de plaisir. Drac' s'accrocha à la nuque du médecin et celui-ci prit en main leurs verges pulsantes qui n'attendaient que d'être encore plus choyées. Il entama des va et vient et les deux ressentirent immédiatement le bien-être. Dracule l'embrassait avec vigueur et gémissait entre leurs lèvres. Shun n'en revenait pas, Drac' était si sexy. Le maître d'arme, lui, avait du mal à rester sain d'esprit. Il n'avait jamais ressenti un tel bonheur. Il se mit à crier plus fort et Shun l'y incita en l'embrassant et donc en l'empêchant de se mordre les lèvres pour retenir ses sons magnifiques et envoutants. Les deux jouirent en même temps. Quand ce fut fait Shun les lava plus énergiquement et les sortit de la douche il les sécha rapidement et emporta Dracule dans son lit. Ils ne l'avaient que peu partagé. Il mit son alarme pour cinq heures. Il lui avait promis de le ramener avant le réveil des enfants. Il prit dans ses bras et le deux s'endormirent vite.

Le réveil sonna et les deux se levèrent et se préparèrent rapidement. Une demi-heure plus tard Dracule était devant chez lui. Il embrassa Shun et avant de repartir il lui posa une question.

- Je… suis-je égoïste si je veux te garder que pour moi ?

- Bien sûr que non et j'aime bien notre idylle secrète. Dracule allons à ton rythme, et puis ce n'est pas comme s'il n'y avait que nous. Je comprends tes peurs et je veux les partager avec toi. Il le prit dans ses bras et lui murmura à l'oreille. Je t'aime et je suis là pour toi, je te l'ai dit, avec moi tu as droit à tout. Tu peux pleurer, rire, crier, parler, te taire, avoir peur, jouir avec ou sans moi. Être toi et heureux. Si tu es heureux moi je suis satisfait.

- Je t'aime.

- Tu sais ce qu'on dit, vivons heureux, vivons cachés.

Dracule rigola et embrassa son petit-ami, on pouvait dire cela maintenant. Il rentra et se mit à faire le déjeuner. Et quand Shanks passa à ses côtés il répondit « oui c'est un homme ». Tous les adultes de la pièce comprirent et plus personne ne reparla de cela.


On était dimanche et Shun avait le frigo vide. Il sourit en pensant à ce que Dracule lui avait dit. « Tous les dimanches on va faire les courses ensemble ». Cette semaine il n'avait pas pu le voir et il avait envie de le croiser ne serait-ce que quelques instants. C'est pour cela qu'il se mit en route en espérant le croiser.

Dans le magasin, il flânât avec son caddy, y mettant ce qu'il trouvait d'intéressant quand au loin il reconnut quatre enfants. La chevelure rousse de Nami, les rires de Sabo et Ace et la chevelure rose bonbon de Pérona. Il chercha l'adulte avec eux et vit un roux avec une cicatrice sur le visage. Il comprit que c'était Shanks. Malgré le temps passé, il n'avait pas encore rencontré les autres adultes de la famille Dracule s'occupant de tout. En revanche, il savait à quoi ils ressemblaient, son petit-amis lui ayant montré des photos sur son portable. Il aimait l'entendre raconter à quelle occasion il les avait prises. Cependant, il était déçu de ne pas le voir dessus étant donné qu'il était le photographe. Après un dernier coup d'œil au groupe, Shun se faufila dans les rayons avant d'être vu par les enfants. Il partit à la recherche de son homme. Il ne ferait rien d'inconsidéré, mais il l'approcherait un peu.

Son périple vers son Saint Graal, dura une dizaine de minute. Le magasin était bien plus grand qu'il ne le croyait. Il ne savait pas où le chercher et tout comme lui il devait se déplacer. Quand il le vit, un sourire satisfait et heureux vint fleurir sur ses lèvres. Il ne put s'empêcher de détailler la scène. Elle était magnifique, son homme était entouré de sa famille. Instinctivement, il voulut marquer le coup et surtout immortaliser ce spectacle. Il sortit son portable et les pris tous en photo. Pour une fois Dracule faisait partie du décor, cela lui plus. Il la mettrait sûrement en fond d'écran sur son téléphone. Il releva les yeux et contempla quelques instants le tout avant d'avancer tranquillement vers eux.

Au côté de Dracule se tenait Doffy et Cro' comme les nommait son amant. C'est vrai que le blond était grand, en fait il vit que de tous les adultes, son compagnon était le plus petit. Crocodile avait les deux mains prises l'une d'un sac de course et l'autre d'un sac contenant une bouteille de vin qu'il montrait à Doflamingo. Celui-ci avait l'air septique. Les deux hommes semblaient se disputer. Shun sourit pensant aux enfants, ils tenaient de leurs pères. Luffy était juché sur le dos du blond avec de la viande dans la main c'est vrai qu'on lui avait dit qu'il adorait manger, surtout la viande.

Derrière eux, il vit deux pères et leurs enfants. Kuma et sa fille Robin, eux avait l'air d'avoir trouvé ce qu'ils cherchaient. Kuma avait la liste des courses en main et la fillette lui montrait la direction. A leurs côtés Rossinante – rebaptisé Corazon ou Cora', à la suite d'une blague de ses amis – avait pris son fils Law sur ses épaules. Les deux rigolaient en regardant le reste de leur famille. Lui aussi avait envie de rire de bon cœur devant la bonne humeur de tous.

Shun reporta alors son regard vers le sol. Entre les jambes de Doffy, il vit un peu plus loin Ussop qui avait l'air de montrer une direction à Sanji. Le blond ne l'écoutait pas, lui était en train d'accuser Zoro de quelque chose en le pointant du doigt. Shun se demandait s'il était surpris ou énervé, peut-être un peu des deux. Zoro quant à lui regardait dans la direction du blond tout en tenant le jean de son père. Shun sourit de plus belle. Le père et le fils mangeaient innocemment des Takoyaki sur un stand de dégustation. Il adora la tête de l'adulte, il prit une nouvelle photo. Ça avait l'air vraiment délicieux. Tellement que Dracule n'en avait pas fini un qu'il en piquait un second. Shun s'arrêta près de stand et quand son homme allait porter le second à la bouche, il lui agrippa le poignet et porta la boule à sa bouche.

- Pardon mais ton visage avait l'air de dire c'est trop bon. Alors je n'ai pas pu résister, murmura-t-il pour n'être entendu que de Dracule. Tu es vraiment mignon.

- Shun, murmura à son tour Dracule gêné d'avoir était pris en flagrant délit de gourmandise.

Shun lui sourit et se baissa pour parler au gamin au cheveux verts.

- Tu as l'air d'aimer ?

- Oui c'est trop bon. J'adore la sauce.

- Docteur Shun, s'écrièrent tous les enfants en le voyant.

Ussop et Sanji rejoignirent Zoro et le docteur et les trois autres descendirent de leurs perchoirs pour venir saluer le docteur.

- Les amis je vous présente notre nouveau médecin, Shun.

- Bonjour, firent les hommes.

- Bonjour à tous, répondit Shun en souriant il se releva et serra la main de tous. Il sentit alors des corps venir s'aplatir sur ses jambes. Bonjour à vous aussi, fit le médecin en voyant les quatre derniers enfants arriver.

- Shanks je te présente le docteur Shun, présenta Dracule.

Les deux hommes se serrèrent la main. Puis les adultes parlèrent un peu. Mihawk et Shun convinrent d'un rendez-vous pour Zoro afin de faire une décharge pour l'escrime. Même si Zoro était son fils il avait besoin de ce papier pour le prendre dans l'un de ses cours.

Doffy frappa les cotes de Cro' et lui montra Dracule et Shun en train de parler. Il lui fit savoir qu'il trouvait que les deux hommes avaient l'air de bien s'entendre. Voire même de bien se connaître. Cro' observa et sourit.

- Je crois que c'est lui l'homme de Drac'. Il a commencé à sortir depuis le jour de la vaccination des petits, murmura le blond pour le brun.

- Tu crois que…

- Coup de foudre ! Déclara Doffy.

Les deux hommes se mirent à rire. Ils observèrent encore un peu le manège des deux hommes qui faisaient comme s'ils ne se connaissaient pas alors qu'au fond les deux autres étaient persuadés qu'ils se connaissaient intimement.

- Il a bon goût, fit Cro' en souriant.

- Et un médecin, ça va il ne s'embête pas, renchérit Doflamingo.

Les deux étaient plongés dans leurs pensées quand une petite voix les en sortit. Une femme avec un bébé dans les bras interpellait hésitante le docteur en pleine discussion avec Mihawk.

- Heu ! Pardon… Docteur… Shun.

- Oui, fit l'homme en se tournant vers la jeune femme. Oh ! Madame Kidd Vous allez bien ?

- Oui merci, pardon de vous déranger, je…

- Comment se porte Eustass ?

- Bien merci.

Shun regarda l'enfant et lui pris la main.

- Demain matin j'ai un peu de temps vers dix heures si cela vous va ?

- Oui merci, mais je ne veux pas déranger.

- Non, ne vous inquiétez pas et j'aimerais voir le petit Eustass un peu plus longtemps.

- Merci, docteur vous avez été si bon avec nous.

- Je n'ai fait que mon travail.

- Je serais sûrement morte si vous n'étiez pas là et Eustass aussi.

- Mais non, mais non. Oh ! Regardez ! Votre mari vous fait signe.

- Ah oui merci ! A demain docteur.

- A demain. Moi aussi je vais me retirer, fit Shun en souriant et en serrant la main de Dracule.

Le brun sourit en rougissant pendant que derrière lui ses deux amis de longue date Doffy et Cro' se mirent à rire sous cape du choix du mot de Shun, « se retirer ». C'est sûr pour eux maintenant, ces deux-là étaient amants.

Shun serra la main de tous les adultes et chiffonna la tête des enfants et disparut dans les rayons. Il attrapa son portable et envoya un sms à Dracule, un sourire aux lèvres, en pensant à sa future rencontre avec lui.

Le maître d'arme sentit vibrer son téléphone et regarda le message. Shun lui envoyait une photo de lui et de sa famille avec un mot : « Divin ». Dracule était heureux et avait hâte de voir Shun seul en tête à tête. Derrière lui un blond et un brun étirèrent leurs cous et virent la photo et le message. Ils eurent un sourire de connivence et une même pensée. « Ils sont bien ensemble ».


Ce soir on était le trente et un octobre. Tous les enfants étaient en liesse. Ils aimaient ce jour. C'était Halloween. Chaque année l'école et la mairie du village organisaient une grande fête. A la fin des cours tous se changeaient dans l'école. Chaque classe se regroupait avec leur maîtresse ou maître -les enfants avaient le maître Dragon D. Monkey – ainsi que leurs parents. Commencez alors un grand jeu de pistes. A l'aide de devinettes ils devaient trouver les rues et les maisons à visiter. Les adultes prirent pleins de photos. Les enfants s'amusèrent et récupérèrent tout un tas de bonbons en tous genres. Un peu plus tard dans la soirée la salle polyvalente accueillait tout le monde avec un grand buffet de friandises.

Shun avait appris pour cette fête de la bouche des enfants du village qu'il avait eu en consultation. Dracule lui avait confirmé. C'est pour cela que maintenant qu'il avait fini son travail il était là, dans la salle polyvalente devant un spectacle qui ravissait son cœur. Dracule et sa famille. Il prit une photo collector pour lui.

Au premier plan, il avait un buffet à volonté de bonbons, gâteaux et autres friandises. Il avait été pris d'assaut par les petits de la famille. Ussop en pirate criait sur Zoro en monstre de Frankenstein qui le regardait de son fameux air blasé dont Dracule lui parlait souvent.

Luffy en vampire dévorait tout aidé de son frère Sabo. Shun rigola du masque en citrouille reposant sur la tête du blond.

Nami en reine pleurait de peur dans les bras de Robin déguisée en bonne sœur.

Quant à Sanji qui représentait la faucheuse savourait une sucette en se préparant un panier de sucreries. C'est le dentiste qui allait être content pensa Shun en souriant.

Plus loin contre un mur il voyait les adultes et Law.

Il y avait Shanks debout et non déguisé qui écoutait Doffy assis par terre comme les autres pères de la famille. Le blond avait sur la tête des cornes de démon, un grand manteau rose pétard et ses lunettes de soleil habituelles. L'homme expliquait quelque chose au roux en lui tendant un objet. Crocodile d'un air sérieux écoutait assis à côté du blond. Shun trouva son déguisement vraiment classe. Le brun s'était revêtu d'une armure avec un immense crochet apparemment dans la même texture que l'armure. De loin on aurait dit du métal, voire de l'or.

Dos à eux on pouvait voir Kuma habillé d'un costume de loup noir avec oreilles, fourrure et queue. Il discutait avec un Law affublé d'une moustache et d'une blouse blanche trois fois trop grande pour lui. C'est vrai que Dracule lui en avait demandé une, maintenant il savait pourquoi. L'adulte et l'enfant regardaient la prise des enfants dans un grand sac blanc rafistolé au vu de tous les points dessus.

Puis il regarda l'homme au milieu de la photo. Dracule était assis contre Kuma et Crocodile et s'était endormi. Il avait un costume de vampire comme Luffy.

Shun chercha des yeux les derniers membres de la famille. Il trouva sur la piste de danse Corazon avec le visage peint en noir et blanc. Shun ne savait pas trop à quoi il ressemblait mais celui qui lui avait fait cela avait dû bien s'amuser. Avec lui était Ace en fantôme et Pérona en princesse gothique. Cela fit rire Shun. Dracule en vampire avec pour fils un monstre de Frankenstein et pour fille une princesse gothique cela devait faire une belle photo de famille.

Son regard revint sur son amant et il décida de le réveiller doucement. Cette position n'était pas des mieux et il allait attraper froid. Il lui envoya la photo avec un mot. « Si tu me trouves, tu peux me mordre ». Il vit alors Dracule bouger, le brun mit un moment avant d'émerger. Shun le trouva magnifique. Le maître d'arme farfouilla dans ses habits afin d'y récupérer son portable. Shun observa les yeux dorés lire le message avant de venir le chercher parmi la foule. L'homme avait un grand sourire sur les lèvres. Il le vit dire quelques mots à ses amis et se lever. Shun sourit à son tour et disparut dans la foule.

Mihawk père alla voir Mihawk fils. S'il se fiait à la photo de Shun il ne devait pas être loin. Il le chercha parmi les convives. Il rappela aux enfants de ne pas trop manger de friandises et partit vers la piste de danse. Là, il tourna dans tous les sens quand il sentit une main frôler ses fesses mais personne n'était là. Il continua sa recherche et il eut un nouvel effleurement. Cela le fit sursauter et l'inquiéta quelques secondes jusqu'à que dans son champ de vision apparut le docteur en blouse blanche. C'était Shun lui faisant un signe de la main, lui indiquant de le rejoindre. Il alla vers lui mais l'autre avait encore disparu. Ce petit jeu continua un moment. Dracule aimait cela, malgré la fatigue courir derrière son amant était mieux que derrière les enfants et les bonbons. L'espace d'un instant il avait cru gagner, il lui semblait l'avoir trouvé mélangé à d'autres déguisés en docteur, mais il fut déçu. Mais le brun de ses pensées réapparut et cette fois-ci Mihawk le rattrapa et le bloqua contre un mur dans l'un des coins sombre de la pièce. Celle-ci avait été aménagée de façon à être plus obscure. Pour cela ils avaient tamisé les lumières mais aussi créé à l'aide de palissades une sorte de labyrinthe avec des endroits presque noirs, coupés de tout. Les deux s'étaient alors retrouvés contre l'un des murs de l'endroit. Le maître d'arme se colla contre le médecin et l'embrassa fougueusement.

- Tu sembles excité petit vampire, susurra Shun à l'oreille de Dracule. Mord moi et tu seras plus calme.

En disant cela, il lui montra son cou. Dracule se prit au jeu et lui répondit « à qui la faute » avant de mordre la chair offerte de Shun. Celui-ci le fit sursauter en gémissant de satisfaction et en posant ses mains sur son postérieur. Dracule fixa alors son regard doré, dans les prunelles noires de son compagnon. Shun souleva son homme et le plaqua contre le mur. Il l'embrassa avec fougue. Mihawk lui offrit son cou mais le docteur voulait autre chose, il le reposa et se mit à genou devant lui. Là il souleva sa chemise et mordit sa hanche droite. Dracule feula, le médecin se déplaça sur le bas ventre de son amant et s'amusa avec son nombril. Il entreprit de descendre vers on entrejambe mais le maître d'arme empoigna ses cheveux court et rejeta sa tête en arrière. Les deux s'observèrent.

- Shun, pas ici.

- Tu es magnifique et… d'une main il caressa l'intérieur de la cuisse de Drac' et caressa son érection. Je ne peux pas te laisser ainsi.

- Shun s'il te plait.

Shun se releva et enlaça son homme, les deux s'embrassèrent et se câlinèrent pendant de longues minutes, le temps de se calmer.

- Dracule il faut que tu boives… de l'eau bien sûr, rajouta-t-il en voyant le regard interrogateur de son amant. Tu t'es endormi épuisé, de l'eau t'aidera à te rendre ton énergie. Tu as dû te déshydrater, pour un sportif… Tu vas bien ? Même si je te trouve bien plus en forme.

- C'est toi, sourit Mihawk. Et oui je vais bien ne t'inquiète pas.

- Tu viendras me voir bientôt ?

- Dès que je peux.

Shun sourit et relâcha sa prise. Les deux hommes après un énième baiser retournèrent auprès des autres. Mihawk alla avec sa famille et Shun salua certain de ses patients. Pendant la soirée ils se revirent et parlèrent comme si de rien n'était.

Vers minuit tous rentrèrent à la maison. Pendant le trajet dans le mini-bus conduit par Kuma, Crocodile voulut voir quelque chose. Il demanda à Mihawk sont portable afin de voir les photos qu'il avait pris. Le brun à moitié endormis lui donna sans problème. Cro' les regarda avec Doffy. Au bout d'un moment, le brun expliqua au blond que leur ami avait été réveillé à l'aide d'un texto et que c'était là qu'il avait décidé de partir en vadrouille. Ils voulaient savoir qui c'était. Dans son historique les deux hommes virent le dernier Sms reçu, il venait du docteur Shun. Une photo d'eux avec un message « Si tu me trouves, tu peux me mordre ». Ils remontèrent les Sms et en découvrirent d'autre qui donnèrent confirmation à leur soupçon. Dracule sortait bien avec le docteur Shun. Ils virent à nouveau la photo d'eux le dimanche aux courses. Ils purent encore lire le message « Divin ». Ils sourirent heureux pour lui. Cro' rendit sont portable à son ami.

Arrivé à la maison les adultes couchèrent les enfants et firent de même après avoir rangé les chocolat et les bonbons. La journée avait été bonne pour tous et ils firent tous de beaux rêves.


Dring, dring…

- Allo, docteur Shun à l'appareil.

- Bonjour, ici l'infirmière de l'école.

- Un problème ?

- Non, un de nos élèves veux à tout prix vous parler.

- Qui est-ce ? demanda-t-il en regardant l'heure.

- Zoro Mihawk, il dit qu'il doit vous parler à tout prix.

- Bien, je serais là à midi, je mangerais avec lui à l'infirmerie et je lui amènerais le repas.

- Merci docteur.

- Dites-lui de retourner en cours s'il n'est pas malade.

- Je le ferais.

Shun termina ses consultations et vers onze heures trente il demanda à son assistante-secrétaire-infirmière de s'occuper du cabinet et de fermer de douze heures à son retour. Le docteur alla ensuite acheter un plateau de sushi et des ramen à emporter plus une salade de fruit. A midi pile il était à l'infirmerie de l'école et l'infirmière était là avec Zoro.

- Bonjour, tous les deux.

- Bonjour, firent les deux.

- Mademoiselle puis-je vous demander de nous laisser entre hommes. J'imagine que si tu m'as fait appeler c'est que tu veux me parler en tête à tête ? Se renseigna-t-il auprès de l'enfant.

- Oui, docteur Shun.

L'infirmière alla manger dans la cantine avec les autres enfants. Shun quant à lui dégagea une table qu'il ramena vers le petit lit de repos. Il y déposa leur repas et les deux s'installèrent sur le lit qu'il leur servit de banc. Zoro salivait devant les mets. Shun sourit, il se souvenait que Dracule lui avait dit que c'était le repas préféré de son fils. Il était content de s'en être souvenu.

- Tu voulais me voir ?

- Docteur… le garçon hésita un instant. Il inspira à fond et déballa toutes ces idées. Docteur ne me volez pas mon papa, s'il vous plait. Et si vous voulez un enfant avec lui, s'il vous plait gardez nous avec vous, Pèrona et moi, on se fera tout petits. Promis.

- Ha, ha ! De quoi tu parles !

- J'ai entendu oncle Doffy et oncle Cro' en parler. Ils ont dit que vous et papa vous sortiez ensemble et que papa était amoureux de vous.

- Et donc tu en a déduis ?

- Que si vous étiez amoureux aussi de papa vous voudriez vivre avec lui et lui faire un enfant pour fonder une famille avec lui. Ne nous le prenez pas, s'il vous plait.

- Zoro, tu as à peine sept ans et tu penses déjà à ça ? Ah la, la mon grand… Comme tu me pose ce genre de question je vais te répondre très sérieusement. Après, tu es un enfant, alors je ne peux pas tout expliquer en détails. Promis, je le ferais quand tu seras plus grand. C'est pour cela que j'aimerais que tu me croies sur parole. D'accord ?

- Oui.

- Je te promets de ne te dire que la vérité, mais avant répond à ma question. Que penses -tu du fait que ton papa et moi on soit amoureux ?

- Moi si papa est heureux ça me va.

- Tu es vraiment un bon garçon. Effectivement, je te confirme que ton papa et moi on est amoureux. Mais saches que tout le monde n'est pas comme toi et n'apprécie pas les couples entre hommes ou entre femmes. C'est pour cela que… Shun s'arrêta et il donna son petit doigt à Zoro qui le pris avec le sien. Tu dois me promettre de ne parler de tout ça à personne avant que ton papa ne t'en parle.

- Vous allez lui dire ? Demanda-t-il un peu surpris et surtout embarrassé.

- Ne t'inquiète pas, il ne sera pas fâché bien au contraire, le rassura le docteur.

- Je le promets, déclara le gamin un sourire aux lèvres.

- Bien. Quoi qu'il arrive dans la vie de ton père, tu n'as pas à avoir peur il ne t'abandonnera jamais ni toi, ni Pèrona, ni aucun des autres enfants. Vous êtes sa vie et ses trésors les plus précieux. Il ne le fera jamais, ni pour moi, ni pour qui que ce soit d'autre. Pour l'instant on compte continuer à se voir en secret alors nous n'allons pas vivre ensemble. Votre quotidien ne changera pas. Tu l'auras tous les matins pour te préparer ton petit déjeuner et il te bordera chaque soir. Pour l'enfant, deux hommes ou deux femmes ne peuvent pas avoir d'enfants ensemble. Seul un homme et une femme peuvent en avoir. Pour deux hommes le seul moyen d'avoir un enfant c'est d'adopter. Alors si un jour je vis avec ton papa je vous adopterais toi et Pèrona si vous êtes d'accord. Dracule ne veux pas d'autres enfants et moi non plus.

- Je suis…

- L'enfant biologique de Dracule. Tu as une maman, il t'en parlera un jour. Zoro lui fit « oui » de la tête alors Shun continua. Si on doit vivre ensemble je pense que je viendrais avec vous je ne veux pas vous écarter de votre famille.

- Merci docteur.

- Tu es rassuré ?

- Oui, mais si un jour vous voulez un enfant vous pouvez lui en faire un.

- Ha, ha ! Non je ne peux pas les hommes ne portent pas d'enfant. Il faudrait en miracle et même comme ça j'en doute.

- Mais vous vous aimez ?

- Oui mais ce n'est pas l'amour qui fabrique les enfants. Ça y participe mais il faut autre chose. Là tu es un peu petit on en reparle dans quelques années.

Zoro ne répondit pas et reprit son repas. Il regarda le docteur de façon circonspecte, il comprenait que deux personnes puissent s'aimer, quel que soit leur sexe. Par contre, pour lui c'était difficile de concevoir comment on créait les enfants. Pour lui, si on s'aimait alors on pouvait avoir un bébé.

Les deux finirent leur repas en mangeant et en discutant de tout et de rien. Shun était ravi d'avoir pu avoir cette discussion avec le fils de son amant. Ce soir il devrait avoir une discussion avec celui-ci. Il repartit vers treize heures trente laissant l'enfant se défouler avec ses amis et sa famille.


Dans l'appartement de Shun, Dracule et le docteur venaient de finir leur repas. Ils s'installèrent dans le canapé et Shun se mit à rire.

- Un problème ? Se renseigna Dracule qui ne comprenait pas le fou rire de son amant.

- Non, je t'aime et… Drac' je suis médecin et je peux tout expliquer. Mais quand il s'agit de la personne que j'aime je ne sais pas comment parler.

- Tu veux me quitter ? S'inquiéta le maître d'arme.

- Bien sûr que non, je viens de te dire que je t'aime idiot ! C'est juste que… Tu dois me promettre de ne pas t'énerver.

- Promis !

- Tu sais que Zoro t'aime ?

- Oui ! Du moins je l'espère.

- Il t'aime, sois en sûr ! Affirma Shun en repensant à sa discussion de midi avec le gamin.

Shun regarda son amant qui ne comprenait pas. Il lui parla de sa journée et surtout de son repas de midi avec son fils. Mihawk l'écouta attentivement.

- Vraiment ? Il…

- Drac' ne pleure pas, dit Shun en essuyant les larmes de son compagnon.

- Elles sont de joie. Je… Zoro a dit tout ça ? J'ai du mal… Il veut que je sois heureux avec toi.

- Oui et moi aussi.

- Je le suis. Promis.

Shun embrassa son amant.

- Tu n'es pas fâché contre moi ?

- Non pourquoi ? Tu as été clair et diplomate et puis c'est à cause de ces deux idiots de parler de moi dans mon dos et sans regarder autour d'eux.

- N'en veux à personne ! décréta le docteur en reprenant les lèvres de son homme. Il l'attira à lui et le câlina. Tous veulent ton bonheur, je vais commencer à être jaloux.

- Idiot ! Le repoussa doucement le maître d'arme. Tu es le seul à pouvoir me rendre heureux de la sorte, déclara-t-il en se lovant plus dans les bras de Shun.

Le médecin en profita pour passer ses mains sous le pull de l'homme dans ses bras. Il les fit glisser le long du dos et vint effleurer la nuque jouer avec les mèches brunes. Ses lèvres parcouraient le cou, les clavicules, les lèvres de Dracule. Celui-ci s'agrippa à son amant et le laissa l'emmener dans leur monde de plaisir et d'envie. Depuis qu'ils étaient ensemble, les deux hommes ne se donnaient du plaisir qu'à l'aide de baisers. Shun était attentif, doux, passionné mais pas pressant. L'homme bascula la tête en arrière afin de laisser son docteur pouvoir être plus à l'aise. Il feula de plaisir.

- Shun, je t'aime, les mots étaient sortis tous seuls, mais il ne les regrettait pas.

Ledit Shun vint prendre avec fougue ses lèvres. Il vint ensuite l'asseoir sur ses cuisses ce qui leur procura du bien-être. Le médecin repris les lèvres de son homme et fit onduler leurs bassins l'un sur l'autre. Au bout d'un moment, il entrouvrit leurs pantalons se sentant bien trop à l'étroit. Pendant de longues minutes les deux hommes se donnèrent du plaisir ainsi jusqu'à complète libération. Ils reprirent leur souffle en se fixant du regard et en haletant. Le désir se lisait dans leurs prunelles, mais les deux comprirent qu'il fallait y mettre un terme.

- Parle avec Zoro, il n'attend que cela. Et parle aussi avec Doffy et Cro', conseilla Shun.

- Je le ferais, mais je veux que rien ne bouge, je…

- On a le temps ! Moi non plus je ne suis pas prêt à changer nos habitudes. J'aime nos rendez-vous secrets. J'aime te voir devant ma porte ou m'attendre sur mon canapé quand je rentre avec du retard le soir. J'aime ta voix dans nos moments intimes et avec ta famille autour ce sera plus dur.

- Pervers.

- Si tu veux, c'est juste que je t'aime. Drac'… si un jour on vit ensemble… pourrais-je adopter Zoro et Pèrona ? S'ils sont d'accord aussi bien sûr !

- Avec plaisir et ils le seront c'est sûr. Mais en attendant il va falloir qu'on parle d'autres choses.

- De quoi ?

- De comment tu vas t'y prendre pour créer un miracle.

- Un miracle ?

- Oui, comment tu vas me mettre enceinte ?

Shun se mit à rire. Il embrassa Dracule et l'allongea sur le canapé. Il vint le surplomber et le câlina tendrement.

- Ça c'est une bonne question, tu as raison, il va falloir qu'on en parle.

Shun repartit à la découverte du corps de son petit ami. Ce soir, ils allaient en profiter pour se donner le plus de plaisir possible et surtout se détendre. Il remettrait à plus tard cette discussion, mais il comptait bien l'avoir car il avait hâte de vraiment ne faire qu'un avec l'homme qu'il aime.


- Doffy, Cro' ce soir je sors, vous n'aviez vraiment rien de prévu ?

- Non c'est bon, amuse-toi bien, sourit Doffy.

- Oui en parlant de ça je… ne parlez pas de moi dans mon dos.

- On…

- Stop ! Je me suis mal exprimé. Je sais que vous ne dite rien de mal contre moi. Ce que je veux dire c'est que Zoro vous a entendu et…

Il hésita un instant et il leur raconta ce que son fils avait fait la semaine d'avant. Les deux explosèrent de rire en s'excusant.

- Moi ça ne me fait pas rire ! Zoro à quand même cru que j'allais l'abandonner. Il doit penser que c'est ce que sa mère à fait. Il pense que tous les adultes partent refaire leur vie en abandonnant leurs premiers enfants.

- Tu en as parlé avec lui ? Se renseigna Crocodile plus sérieux. Lui aussi s'inquiétait de la réaction et si Ussop et Nami pensait pareil de lui.

- Non je n'ai pas osé, je ne sais pas comment faire. Shun m'a conseillé de le faire mais je suis bloqué. Zoro lui a promis de ne rien dire tant que je ne suis pas venu lui en parler et j'ai peur que d'attendre trop, il croit que je n'ai pas confiance en lui. En même temps…

- Calme-toi ! Essaya de le rassurer le blond. Ce soir va te détendre dans les bras de ton docteur et demain tu auras une discussion avec Zoro on t'aidera si besoin ou fais-le avec Shun.

- Je vais y réfléchir… Dracule avait l'air gêné. Cela vous va ? murmura-t-il.

Les deux hommes sourirent et firent « oui » de la tête comprenant qu'il parlait de son homosexualité. Doffy demanda un instant à Dracule et lui ramena un sac avec un objet dedans.

- Un film à regarder en amoureux. Je suis sûr que cela vous plaira.

- Merci. Il allait ouvrit le sac pour voir le film, quand Doffy l'arrêta.

- Surprise pour vous deux.

- Merci. A demain.

- A demain, firent les deux hommes.

Dracule partit rapidement en vélo jusqu'à chez son amant. Il fut reçu avec un grand sourire. Ils passèrent à table. Ils discutèrent de leur semaine. Depuis l'autre fois ils n'avaient pas pu se revoir. Cela arrivait souvent, ils en avaient pris l'habitude. C'est pour cela qu'ils appréciaient leurs soirées en tête à tête.

- Tu veux voir un film ? proposa Dracule.

- Oui. Tu en as un en tête ?

- Tout à l'heure… j'ai parlé avec Doffy et Cro' et je parlerais demain avec Zoro. Pardon de pas l'avoir fait avant.

- Ce n'est pas grave. Je suis sûr que Zoro comprend que cela ne doit pas être facile pour toi, il est très intuitif et intelligent. Il n'est pas le seul parmi les enfants de ta famille. Tu les as bien élevés et éveillés au monde et à la curiosité.

- Merci. Doffy m'a prêté un film à voir en amoureux.

- Ok donne ! Ils l'ont accepté ? Toi et moi ?

- Oui.

- Tu dois être heureux ?

- Oui, maintenant je dois en parler à Shanks et Cora'.

- Tu y arriveras, et je suis là pour toi si besoin.

Les deux hommes se sourirent et Shun mit en marche le film. Il retint un fou rire en voyant le début et regarda Dracule blanchir au fur et à mesure qu'il comprenait de quoi il retournait. Le maître d'arme pesta contre le blond et essaya d'éteindre le film. Shun l'en empêcha en rigolant, il ne pouvait plus se contenir. Il l'attrapa dans ses bras et l'assit sur ses cuisses. Il le bloqua dos contre son torse et ses mains parcoururent celui de Mihawk.

- Bon choix de film. Tu remercieras Doflamingo pour moi.

- Je vais le tuer. Comment peut-il avoir ça à la maison ? Si…

- Les enfants y seraient déjà tombé dessus, s'il ne le cachait pas bien. Ne t'inquiète pas pour cela. Et pour le Comment ? Tu te poses vraiment la question ?

- Que veux-tu dire ?

- Je peux te demander une chose ? un « oui » lui répondit d'un hochement de tête. Je vais te donner plein de pièces de puzzles et tu vas me dire ce que tu en penses. Premièrement, n'as-tu jamais trouvé bizarre que Doflamingo et Crocodile découchent les mêmes soirs ? Même s'ils ne rentrent jamais ensemble. Deuxièmement, ils s'intéressent à ta moitié « homme » et l'accepte facilement. Et pour finir Doffy t'offre un porno gay.

- Tu veux dire que Doffy est gay et que lui et Cro' sont ensemble ?

- Je le pense ouais et en plus ils sont super discrets. Alors ne t'inquiète de rien. Par contre, tu veux bien leur demander confirmation pour moi ? S'il te plaît.

- Oui, je vais le faire, ils me le doivent bien.

- Dis-moi, c'est ton premier porno gay ?

- Mon premier porno, tout court ! Affirma Dracule.

- Oh ! Alors c'est à moi de te montrer pourquoi Doffy te l'a prêté.

- Cela me gêne plus que cela m'excite, déclara Mihawk rouge de honte.

Shun sourit et l'embrassa, continuant ses caresses, il fit descendre ses mains sur la verge de son homme. Il était quand même un peu excité.

- C'est toi, pas le film, feula de plaisir Dracule.

Le docteur fut heureux de cet aveu et entra la main dans le boxer de son homme, il empoigna son sexe et le cajola avec douceur puis avec plus de vigueur. De son autre main, il releva son sweat et le lui fit mordre. Ses doigts libres jouèrent avec les deux tétons. Il lui demanda de se finir. Dracule hésita et sous le regard désireux de Shun il se masturba. Le médecin en profita pour pincer les tétons de son homme de ses deux mains. Celui-ci se déhanchait sur le bassin de Shun qui se positionna mieux et mettant ses jambes sur la table basse devant eux il se déhancha aussi donnant plus de plaisir à Dracule et à lui-même. Le maître d'arme était à bout de souffle. Son intimité était frôlée par le sexe en érection de son amant. Les mains de Shun sur son torse et surtout sur ses tétons lui envoyait des décharges de plaisir. Et sa verge était sur le point d'exploser. Il fit tout pour se retenir mais il entendit à son oreille les gémissements de Shun. Il était d'habitude si discret et là sa voix devenait rauque et haletante. Son prénom fut susurré. Dracule se sentit défaillir et éjacula en hurlant le nom de son amant. Celui-ci très excité par la chose agrippa l'intérieur des cuisses de Mihawk et redoubla de puissance dans leurs déhanchements et se libéra dans un dernier râle. Les deux hommes mirent un moment avant de reprendre leur souffle. Le docteur retourna son compagnon et le câlina tout en éteignant le film.

- Tu as raison on a pas besoin de cela pour s'exciter. On n'a besoin que l'un de l'autre.

- Oui mais…

- Hum !

- J'ai pu un peu voir ce qu'était…

Shun releva la tête de son amant et le regarda longuement. Dracule était rouge de honte. Shun l'incita du regard à continuer sans crainte d'être jugé. Le brun aux yeux dorés détourna un moment le regard et vint le fixer dans celui de son amoureux.

- J'étais saoul aussi pour ma fois avec un homme et je m'en souviens encore moins qu'avec Hinata.

- La mère de Zoro et Pérona ? C'est la première fois que tu la nomme devant moi.

- Oui.

- Attend ! Tu veux dire que je suis la seule personne avec qui tu as fait ça sans boire jusqu'à complète perte de mémoire.

- Oui, confessa Dracule.

- Je t'aime.

- Pourquoi ?

- C'est comme si tu étais puceau et que tu m'offrais toutes tes premières fois.

- Comment peux-tu le voir ainsi ?

- Parce que je t'aime et que je suis heureux.

- Shun… Tu es fou et c'est bien car je le suis aussi… De toi.

- Ha, ha ! On devient fleur bleue. Mais ça me va.

Dracule embrassa son homme et les deux s'allongèrent sur le canapé. Shun les recouvrit d'un plaid et les deux se reposèrent de longues heures, jusqu'au moment fatidique où le docteur devrait ramener son amoureux chez lui.


- Allo, je peux passer manger avec toi ce midi à ton cabinet ?

- Bien sûr tu es toujours le bienvenu.

- Peux-tu donner une heure à ton assistante ?

- Oui. Dracule… j'ai hâte de te voir.

- Moi aussi.

Le docteur raccrocha et se remit au travail. A midi il donna deux heures à son assistante et marqua en pause sur la porte de son cabinet. Il fit entrer Dracule quand il arriva. Il allait lui proposer d'aller chez lui à l'étage mais l'homme le snoba et se faufila rapidement dans son bureau. Il le suivit d'un pas nonchalant. Dracule avait l'air d'avoir une idée en tête et cela inquiétait le docteur mais piquait aussi sa curiosité. Quand il entra, il ne le vit pas, un bruit derrière le paravent attira son attention. Il s'y dirigea et se figea devant la scène. Sur la table d'auscultation Dracule s'était allongé. Il donnait un spectacle magnifique au docteur. Il avait retiré son pantalon et son sous vêtement mais avait gardé ses chaussettes. Ses pieds étaient sur les jambières. Son pull était remonté et coincé entre ses dents. En voyant Shun arriver il baissa la tête et libéra son pull un instant et murmura :

- Hier, j'ai parlé avec Zoro. Il m'a dit de créer un miracle et de porter ton enfant. Il a dit que si on s'aimait on y arriverait, que l'amour pouvait tout faire.

- Il a de la suite dans les idées ton fils. J'aime bien !

- Je lui ai promis que tu m'ausculterais.

- Oh je vois ! Je peux vraiment t'ausculter… en profondeur ?

- Oui.

Dracule reprit son haut entre ses dents et écarta plus ses jambes. Shun le regarda faire. Père et fils étaient intéressant. Il s'approcha plus et installa mieux le lit afin que Dracule se sente à l'aise. Il l'embrassa et lui promit de ne pas lui faire de mal bien au contraire mais il faudrait qu'il lui fasse confiance et surtout qu'il suive ses directives. Quand il fut bien installé Shun entreprit l'auscultation, il allait en profiter pour lui faire un check up. Il enfila sa blouse blanche et ses gants. Chercha son tensiomètre afin de vérifier sa tension, à l'aide de son stéthoscope écouta son cœur. Lui fit une prise de sang, il y vérifierait plein de choses dessus. Il s'assit sur un tabouret devant son compagnon, se munit d'un tube de gel et en badigeonna ses gants puis tendrement il alla enduire le tour de l'anus de son amant. Au bout d'un long moment où il sentit l'autre se détendre, il se redressa pour l'embrasser et lui demanda son aval pour continuer. Un « oui » à peine murmuré l'encouragea à continuer. Il entra doucement un doigt en lui, il fit de petit mouvement et détendit l'organe. Il s'étira vers un tiroir de son armoire et y récupéra un thermomètre. Il retira son doigt et introduisit l'objet afin de prendre sa température. Quand ce fut fait, il alla prendre un nouvel objet. Dracule se raidit et Shun le câlina un peu lui expliquant à quoi cela à aller servir. De son doigt, il reprit son massage interne et rajouta un puis deux doigts. Dracule se mit à feuler de contentement. Shun demanda à son amant d'inspirer fortement et en profita pour insérer le speculum dans son intimité. Il prit un long coton tige et fit des prélèvements. Il en profita pour caresser la prostate de l'homme qui réagit assez bien. Shun joua avec lui un petit peu mais avait d'autres idées. Il retira le speculum et remit ses doigts en lui. Il bougea afin de lui procurer du plaisir. Il se redressa et l'embrassa puis alla jouer avec ses tétons du bout de sa langue et ses dents. Dracule poussait de petits cris alors il descendit jusqu'au nombril puis sa verge qu'il prit en bouche.

Le regard doré de Dracule s'embuait de larmes de joie. Son homme parcourait son corps de ses mains et de sa bouche. En cet instant il jouait d'une main à l'intérieur de lui et de l'autre sur son torse et ses tétons. Pendant que sa bouche avalait en son entier sa verge. Il se sentait gêné, mais il voulait aller plus loin.

- Shun j'ai peur… mais je… fais un miracle.

- Puis-je te mettre enceinte ? Se renseigna en rigolant Shun et en l'embrassant fougueusement.

- Fais un miracle. Je veux plus que des baisers, j'en suis au plus si affinité.

Shun explosa de rire, Dracule ne le prit pas mal, il vit combien l'autre était heureux. Cela faisait bien un an qu'ils étaient ensemble et pour une fois il lui donnait son accord pour ne faire qu'un avec lui. Shun libéra son érection naissante et vint la frotter à celle déjà bien pulsante de son amant.

- Je n'aurais pas vu notre première fois ainsi, sourit le médecin.

- M'en parle pas, rougit l'homme allongé sur le lit.

Shun se demanda si c'était le film de ses amis ou la discussion avec eux ou Zoro mais aujourd'hui Dracule semblait différent. Cela lui plaisait. Malgré la peur et la gêne il voyait aussi de la détermination dans son regard. Il se releva et embrassa son homme. Il le prit dans ses bras et le pénétra en douceur. Mihawk se raidit un peu mais pas trop et Shun en profita pour entamer des mouvements lents. Le maître d'arme se mit à feuler de satisfaction. Shun agrippa ses cuisses et les ramena plus près de ses hanches. Il le souleva et se positionna mieux en lui. Il accentua les mouvements en son homme qui s'accrocha à ses épaules. Le docteur reprit les lèvres de son compagnon avec ferveur. Son corps vint épouser celui de Dracule. Les deux hommes hurlaient de plaisir. Shun s'excusa mais il ne pouvait plus se retenir. Mihawk lui demanda de lâcher prise. Le médecin le fit, il récupéra les jambes de son homme et les accrocha mieux autour de sa taille. Les deux se retrouvèrent dans un monde de plaisir. Shun tapait avec force dans la prostate de son amoureux et celui-ci s'arquait sous les décharge de bien-être. Les deux jouirent ensemble. Shun dans Mihawk et celui-ci entre leurs torses. Les deux mirent du temps à reprendre leur souffle et à revenir à la réalité.

- Pardon, fit Shun. La prochaine fois je…

- C'était parfait, le coupa Dracule. Mais je veux bien un vrai lit.

- Promis.

Les deux se câlinèrent encore un peu Shun ayant remis le lit en position allongée. Il avait pris son homme sur lui et l'aidait à apprécier la pause détente. Quand ils furent reposés les deux mangèrent ce que Dracule avait amené. Vers quatorze heures le maître d'arme repartit après un baiser passionné et la promesse de revenir vite le voir. Shun s'installa dans son fauteuil et soupira d'aise. Ils avaient enfin passé le cap. Leur relation devenait sérieuse, très sérieuse et il en était vraiment heureux.


L'hiver était arrivé et le village était sous la neige. Luffy sautait partout, on était dimanche, il n'y avait pas école et ils avaient rien de prévu pour aujourd'hui. Ils iraient sûrement dans le jardin jouer dans la neige. Il alla réveiller ses frères. Ceux-là le suivirent quand il entra dans la chambre de leur père. Les trois bambins se ruèrent sur leur paternel et sautèrent sur le lit lui ordonnant de se lever et d'aller dehors dans la neige. Le roux mécontent de ce réveil grogna et les trois partirent en courant et en rigolant, ils réveillèrent tous les autres enfants. Tous se ruèrent dans le salon sauf trois.

Robin, encore fatiguée, avait continué de dormir dans son lit. Elle les retrouverait plus tard et puis aucun adulte n'allaient accepter de les faire sortir à huit heures du matin. Ils iraient soit en fin de matinée, soit après le repas de midi. Alors elle pouvait encore rester au chaud sous la couette.

Law n'avait pas eu d'autre choix que de sortir du lit lui, car Ace et Luffy l'en avait tiré. Il alla jusqu'à la chambre de son père et alla finir sa nuit avec lui. Il aimait bien cela et Corazon aussi.

Sanji avait suivi son cousin vers les chambres des frères Don Quichotte. Il entrouvrit la porte et la referma, il partit dans une autre direction et revint quelques minutes plus tard. Il ferma à clef la porte de la chambre de son père, monta dans le lit et se calla dans les bras de son père mais avant d'oublier il plaça un objet dans une main adulte qui n'était pas celle de son père, mais qui les enlaçait maintenant tous les deux.

- La clef de ta chambre. Je l'ai fermé. Luffy a réveillé tout le monde pour aller jouer dans la neige. Law dort avec Cora'. Quand je t'ai vu avec papa j'ai pensé que si Namy et Ussop voulait venir te voir il valait mieux qu'ils tombent sur la porte fermée à clef. J'ai aussi fermé celle où nous sommes. Bonne nuit.

Bonne nuit, répondirent les deux adultes en souriant des efforts fait par l'enfant.

Doffy et Cro' lui caressèrent la tête mais ne dirent rien de plus. Depuis deux ans c'était ainsi.

Une nuit où Sanji avait été malade il était venu voir son père et était tombé sur lui et son « oncle » Crocodile. Le brun dormait tranquillement dans les bras du blond. Le gamin avait bien vu qu'ils n'étaient pas habillés et malgré ses cinq ans avait compris qu'il se passait quelque chose entre eux, même s'il ne définissait pas quoi. Il ne trouvait pas cela mal, il était même ravi de voir son père si apaisé. Il hésita à les réveiller, mais étant vraiment mal, il l'avait quand même fait. Les deux étaient un peu mal à l'aise mais Sanji avait souri en demandant s'il pouvait rester avec eux. Doffy s'était levé - un peu gêné d'être nu - pour prendre un thermomètre pendant que Cro' lui avait fait de la place dans le lit. Il allait partir quand le petit blond l'avait retenu. Le père de Sanji revint et effectivement il avait de la fièvre. Les deux adultes se regardèrent se demandant quoi faire et quoi dire. Le gamin lui avait tapoté le lit afin de dire à son père de les rejoindre.

- Sanji… son père hésitait.

- Si vous êtes heureux, personne à besoin de savoir. Et puis je suis malade, la fièvre ça fait halluciner c'est Law qui me l'a dit. Le bambin sourit. Les deux adultes lui sourirent en retour et l'enlacèrent.

Depuis le petit blond les aidait à se cacher des autres. Il savait que ce n'était pas mal mais que son papa et son « oncle » voulait un peu de liberté et surtout de la tranquillité. C'est pour cela qu'il n'avait jamais posé aucune question et avait accepté la chose comme elle était, vraie et simple. Ussop et Nami ne s'intéressait pas à la vie privée de leur père et lui était ravi que le sien soit si heureux auprès d'« oncle » Cro'. En plus, il devait bien reconnaitre qu'il aimait bien ces matins avec les deux hommes. Les trois partageaient un secret. Comme Zoro et son papa.

Il les avait entendu parler un soir, il cherchait son propre père et l'avait trouvé en pleine discussion avec Zoro et « oncle » Mihawk. Il s'était retenu de rire des propos de son ami aux cheveux verts. Crocodile l'avait surpris et l'avait soulevé dans ses bras et les deux avaient écouté derrière la porte. Quand Doffy était sorti laissant Zoro et Mihawk seuls pour une vraie discussion entre père et fils, il avait souri de voir son fils et son amant l'attendre dans les bras l'un de l'autre dans le couloir. Il les avait embrassés tous les deux sur la tête et les deux adultes avaient amené l'enfant dans sa chambre.

- Il est bête ce Marimo ! S'exclama Sanji en s'allongeant sous le regard curieux des deux autres. Il comprend pas que deux hommes ne peuvent pas faire d'enfant et que l'amour ne fait pas tout. Sinon j'aurais déjà plein de frères et sœurs avec vous deux.

- Sanji…

- C'est bon papa j'ai pas besoin de tout savoir mais… il hésita puis les regarda franchement. Si vous voulez vous embrasser quand je suis là, faites-le ! Il n'y a pas de problème.

- Merci, fit Cro' en le décoiffant.

Puis les deux adultes l'avaient embrassé sur la tête et l'avait laissé seul pour dormir.

Vers dix heures Sanji émergea, son père dormait encore à poing fermé, mais il avait ressenti dans les mains de Crocodile une certaine tension. Il s'était alors dégagé de leurs emprises, sans réveiller le blond et regarda dans son dos. Le brun était bien réveillé. Les deux se sourirent, le gamin l'aida à se dégager. Quand se fut fait, l'homme bougea un peu ses membres pour les dégourdir et attrapa le petit blond dans ses bras. Les deux yeux bleus le fixèrent en souriant. Il aimait aussi ce rituel avec son « oncle » qu'il considérait de plus en plus comme son second père. Les deux chuchotaient des techniques pour réveiller l'adulte blond. Aujourd'hui ils avaient opté pour les guilis. Alors Sanji repartit dans les bras de son père et les deux hommes chacun d'un côté glissèrent ses mains sur les hanches de Doffy et le chatouillèrent. L'architecte se réveilla en sursaut et hurla. Les deux autres explosèrent de rire. Doflamingo courroucé se retourna et bloqua son amant sous lui afin de lui rendre la pareille, mais c'était sans compter sur l'aide de Sanji qui l'empêcha de se venger. Alors le blond attrapa son fils et vint le placer entre lui et Cro' et il l'embrassa sur la tête avant de donner à son compagnon un baiser sulfureux. Le brun râla que Sanji était là et Doffy lui signifia que celui-ci était mort de rire et pas du tout choqué. Les trois rigolèrent encore un peu et Crocodile les laissa entre père et fils. Il avait aussi envie d'aller jouer avec ses propres enfants, même si à ses yeux Sanji l'était autant qu'Ussop et Nami.

Après le repas de midi les adultes firent passer les enfants aux toilettes, les aidèrent à mettre leurs bottes et enfilait leurs manteaux. Tout le monde sortit dans le jardin et deux activités se mirent vite en place. Une bataille de boules de neige et un concours de construction de statue de neige. Dans l'après-midi Kuma prit quelques photos.

L'une d'elle montrait Crocodile accroupis devant une statue de neige en forme de trois crocodiles superposés les uns au-dessus des autres. Il l'avait créé avec son fils et maintenant les deux l'observaient. Ussop était tranquillement installé entre les bras de son père. L'adulte prenait l'œuvre en photo - ce qui devait être dur avec ses moufles - il avait l'air ému de celle-ci. Il trouvait Ussop de plus en plus habile de ses doigts. Le gamin, lui, était heureux. Kuma se dit que le gamin pourrait sûrement reprendre les garages de son père car il était très bricoleur, mais il pourrait aussi faire dans l'art plastique ou architecte comme Doffy. Souvent il dessinait à ses côtés et le blond aimait le conseiller.

Derrière eux, on voyait les frères Donquichotte se battre à coup de boule de neige. Doffy avait créé une énorme boule qu'il allait lancer sur Corazon. Celui-ci se cachait derrière son fils qui en voulant se défendre et attaquer son oncle d'une petite boule tapa du coude dans la tête de son père. Le blond hurla de douleur. Mais Law n'y fit pas attention et son oncle et lui s'envoyèrent leurs boules. Les trois firent trempés et explosèrent de rire. Kuma se dit que la photo montrait combien Law et Doffy pouvaient être sérieux et dangereux, vu leurs visages déformés par l'envie de vaincre l'autre. Il rigola aussi.

Ensuite il plaignit Dracule. En fond d'image, il le vit aider sa fille à faire sa statue. Ils étaient en train de créer la peluche fétiche de la petite en version monstre des neiges. Pérona était juché sur la statue et criait sur son père. Elle était de plus en plus directive avec l'âge, il fallait que tout soit parfait comme elle le désirait. Malheureusement pour eux tous, elle n'était pas la seule, Nami devenait pareille. Il soupira de soulagement, sa fille restait mignonne.

Sur une autre photo ont voyait Nami et son coffre de pirate plein de trésor. Les pirates Ace, Sabo et Luffy accompagnait du capitaine Shanks essayaient de le lui ravir à l'aide de boules de neige. La petite hurlait et se défendait comme elle pouvait. Sanji avait voulu l'aider mais il était parti sur une autre chose. Son ennemi de toujours s'était moqué de lui et il fallait qu'il retrouve sa fierté en le battant.

La troisième photo montrait cela, le petit blond et le vert avaient créé une montagne de boules de neiges et se les lançaient les unes après les autres aussi rapidement et violement que possible.

La dernière montrait sa fille Robin en train de créer une statue de livre ouvert qui faisait sortir une bataille de samouraï. Elle était férue de livre et d'histoire et en ce moment elle était à fond sur la période des samouraïs. Kuma alla la voir et l'aida à finir son œuvre.

Le concours prit fin, les adultes et les enfants regardèrent, tout était magnifique. Dracule déclara qu'ils étaient tous exæquo et pour cela tous avait bien gagné un super goûter. Tous sautèrent de joie même les adultes. Mihawk fila en cuisine pendant que les cinq autres adultes s'occupaient de déshabiller et changer les enfants. La plupart étaient trempés à force de se jeter des boules de neige et aussi par terre pour les éviter. Quand ils revinrent dans la cuisine, Dracule leur avait préparé une tasse de chocolat chaud à chacun avec un chamallow qui trempait dedans, les enfants adoraient, ainsi que les adultes. Il donna aussi une part à chacun du gateau fait dans la matinée avec Sanji. Le petit blond adorait cuisiner et était toujours par-là quand Mihawk le fait. Cela plaisait à l'adulte. Depuis un an il l'avait pris comme apprenti. Sanji pela les légumes et les fruits, prépara les mesures de farine, sucre, sel et autre. Parfois, il cassait les œufs et mélangeait les pâtes. Pour le reste il laissa faire son « oncle » et le regarda faire.

Tous s'amusèrent autour de leur goûter. Quand il fut fini les enfants partirent s'amuser puis vers dix-huit heures Cora', Doffy et Crocodile partirent les laver pendant que Dracule et Shanks firent le repas. Kuma lui prépara les habits des enfants et les sacs pour le lendemain matin. Il les récupéra quand ils sortirent du bain et leur mit un dessin animé jusqu'au repas.

Avant d'aller se coucher Crocodile s'installa sur le canapé du salon il s'alluma un cigare et attrapa un album. Il appela les enfants afin de le leur montrer. Dedans, il y avait les photos prises par Kuma et lui-même lors de l'après-midi. Tous l'encerclèrent, ils étaient trop heureux de se voir dedans. Après quelques photos, épuisés, les enfants s'endormirent tous un à un auprès de lui. Cro' ne bougea pas pendant un long moment laissant les autres les coucher chacun leur tour. De toute façon s'il bougeait il en aurait réveillé plusieurs. Effectivement, Luffy et Nami s'étaient endormis sur ses jambes. Robin un livre en main se servait de son bras comme oreiller et Ussop était blotti contre la petite brune, son fils avait eu l'idée de se recouvrir d'un plaid pour se donner plus de chaleur. Sanji lui était affalé sur le dossier du canapé et son épaule. Pour finir, il avait Zoro couché par terre à ses pieds. L'homme regardait tranquillement les photos et attendant d'être libre de ses faits et gestes. A la fin il ne restait que Sanji et Cro' dans le salon. Doffy vint le chercher et en profita pour embrasser son homme avant que les autres adultes n'arrivent. Le brun sourit, il aimait cela. Le petit blond bougea, alors son père alla le coucher rapidement. Il aurait plus de temps avec son amant plus tard.

Ce soir-là les adultes non plus ne firent pas long feu et partirent se coucher.


Dring, dring, dring…

- Allo, docteur Shun à l'appareil.

- Pardon de te réveiller.

- Pas de problème, c'est mon heure. Tu as besoin de moi ?

- Oui, j'ai trois petits malades.

- Bien j'arrive.

- Je…

- J'arrive !

Shun regarda l'heure sur son portable, il était sept heures du matin. Il se leva et se prépara rapidement et partit pour la maison de Dracule. Il arriva une demi-heure plus tard. Il sonna et son amant lui ouvrit le portail électrique, avec le temps les hommes avaient trouvé le moyen de le rénover, liant l'ancien au moderne. Il remonta l'allée et alla se garer devant la porte d'entrée. Même s'il était sept heures trente, le soleil illuminait assez pour lui permettre d'observer son environnement. Il trouva le cadre magnifique. C'était la première fois qu'il venait chez son amoureux. Il avait toujours reçu les enfants à son cabinet.

- Shun !

- J'arrive. J'aime bien chez vous.

- Merci ! J'espère que l'intérieur te plaira aussi.

- J'en suis sûr.

Shun suivit son compagnon et alla dans le salon avec lui. Il y découvrit trois corps allongés. En s'approchant il reconnut les enfants. Une tête verte bien reconnaissable, ainsi qu'une blonde, son blond plus éclatant que celui de Sabo. Et un brun avec un livre en main.

- Quels sont les symptômes ? S'informa le médecin.

- Fièvre, toux et maux de ventre. Zoro a eu des nausées cette nuit.

- Où sont les autres ? Se renseigna Shun en auscultant les trois enfants.

- Crocodile les as amenés à l'école avec le minibus. Il le laissera garé sur parking. Doffy les a suivis afin de le récupérer et de faire du covoiturage.

- Quelle organisation ! S'exclama dans un grand sourire le docteur. Ce n'est rien de grave, ils ont un état grippal. Deux-trois jours au chaud et ça ira. Je peux voir ta pharmacie.

Les deux hommes allèrent dans la salle de bain qui abritait l'objet. Shun fouilla dedans et y trouva ce dont il avait besoin. Peu de temps après il soigna les enfants et expliqua les doses à donner et quand le faire. Dracule le remercia et le raccompagna.

- Merci, tu n'étais pas obligé de…

- Hey ! Ça sert à quoi de sortir avec un docteur si tu n'as pas quelques avantages.

- Haha ! Merci. Puis Mihawk si mit à pleurer.

- Hey ! Qu'est-ce qui se passe ? Ils vont bien, le rassura Shun en le prenant dans ses bras.

- Ce n'est pas eux je… Je… Snif, Snif…

- Quoi ? Dis-moi tout, Shun regarda que les enfants étaient toujours allongés sur le canapé et releva le visage de son amant et lui vola un baiser.

- Je devais aller faire des papiers à Tokyo et l'une des administrations où je devais aller n'ouvre que le lundi. Je vais devoir attendre une semaine et c'est assez pressé et… et…

- Calme-toi ! Je comprends, tu as de la chance, susurra Shun à l'oreille de son amour. Je suis en repos aujourd'hui.

- Shun…

- Chut ! Je suis de repos et je vais les garder.

- Non et puis un des garçons devrait rentrer dans la journée.

- Raison de plus. Toi tu vas faire ce que tu as à faire et moi je les garde jusqu'à ce que l'un de tes amis arrive.

Dracule allait encore dire une chose mais Shun le fit taire d'un baiser. Le maître d'arme allait se retirer de l'emprise de son homme, mais une caresse sur sa nuque le dissuada et il approfondit le baiser de lui-même. Les deux hommes se câlinèrent un long moment.

Avant de quitter la maison le maître d'arme informa les enfants que Shun serait leur Baby-Sitter pour un moment. Cela leur fit plaisir. Le docteur lui appela son assistante- infirmière- secrétaire. Il lui expliqua la chose, elle lui promit de s'occuper de tout et de l'appeler si grande nécessité. Et pour elle aussi, un jour de semi-congé lui plaisait bien. Elle irait s'occuper des soins importants mais pour une fois le cabinet serait fermé pour la journée.

Shun revint vers les petits et les installa mieux sur le canapé en leur apportant des coussins et des couvertures. Après il leur mit un dessin animé et leur prépara le petit déjeuner, un bon chocolat chaud avec un chamallow. Les trois étaient ravis de cela. Ils s'étaient blottit sous leurs plaids avec la tasse chaude entre leurs mains. Le docteur en profita pour poser des questions sur le fonctionnement de la maison et quand il eut ses réponses, il les laissa un bon quart d'heure. Il revint avec une panière de linge propre, il venait de lancer celle de linge sale et avait fait la vaisselle du petit déjeuner. Les trois le regardèrent faire. Ils rigolèrent.

- Drac' ne fait pas ainsi ?

- Non, rigola Zoro.

- C'est pas grave, rajouta Law. Au moins vous l'aidez.

- Papa l'aiderait s'il n'était pas trop occupé, plaida Sanji pour Doffy.

- Donc le mien ne fait rien de ses journées ? S'énerva Zoro.

- J'ai pas dit ça… Je…

- Ça suffit ! Siffla Shun. Dracule a fait un choix il y a longtemps et il ne le regrette pas. Mais je reconnais que Law a raison il pourrait être épaulé parfois, mais cela ne tient qu'à vous. Pas forcément à vos pères. Si vous commenciez par ranger vos jouets quand vous avez fini une activité. Ou que vous ameniez vos habits dans la panière de linge sale. Ce serait déjà ça de moins à faire pour lui.

- On peut aussi le ranger si on le fait comme ça, dit Law en montrant le docteur plier sans repasser les affaires.

- Tout à fait, à part les chemises et quelques tissus il n'y a pas besoin de tout repasser.

Les enfants firent « oui » de la tête. Shun termina de tout plier et ranger dans chaque chambre. Les enfants lui avait fait savoir à qui appartenait quoi. Il y a quand même seize personnes dans la maison. Après il lança la machine à sécher le linge et fit une nouvelle machine. Il en ferait le plus possible. Ensuite il passa un coup de balais et la serpillère dans les pièces principales – salon et cuisines. Le temps que cela sèche il s'installa avec les enfants. Ils lui montrèrent alors l'album photo du jour d'avant. Shun sourit et comprit pourquoi les enfants étaient malades. Mais cela valait coup vu les photos. Quand le sol fut sec il partit s'occuper du linge quand il revint les petits s'étaient endormis. Il baissa le son de la télé mais la laissa pour leur laisser un fond sonore, comme une berceuse mais aussi pour celui ou ceux qui se réveillerait avant les autres. Il repartit alors faire le ménage. Il rangea encore du linge propre. Il entreprit de rendre accessible les chambres des triplés. Il jeta un œil aux bibliothéques de Law et Robin et feuilleta quelques pages, il fut à moitié surpris. Il allait avoir une discussion avec leurs pères rapidement. Cela lui rappela quelques souvenirs heureux, qu'il avait parfois tendance à oublier. Puis il repartit dans le salon, Law était le seul réveillé. Le petit brun lisait un livre. Shun lui ébouriffa la tête mais l'enfant ne broncha pas. Le docteur s'inquiéta un peu, mais ne dit rien il alla préparer le repas de midi. Il en profita pour rappeler son assistante et voir comment cela se passait. Elle le rassura mais il prit le parti d'appeler un ou deux de ses patients. Quand il eut fini il sursauta en voyant Law assis sur chaise derrière lui et le regarder bizarrement.

- La chirurgie ne vous manque pas ?

- Law… non je suis bien ici.

- Pourquoi ? Vous aviez tout ! Insista l'enfant.

- Non, il me manquait l'essentiel.

- … Law ne comprenait pas de quoi parlait le médecin.

- L'amour et la vie, expliqua d'une voix lasse Zoro. Il n'y a pas que les études et la médecine, il y a aussi la vie et les sentiments. Il y a les autres. On est là mais tu l'oublies. Doc' j'ai soif.

- Tiens prend ce verre et assied toi là, je vais prendre ta température.

Shun s'absenta quelques minutes et quand il revint dans la cuisine il regarda le brun et le vert. Aucune parole n'était dite mais un long regard parlait pour eux. Shun le comprit. Il alla vers Zoro et allait prendre sa température quand il tendit le thermomètre à Law.

- Mince mon eau bout, tu peux t'en occuper.

- Oui, fit Law dans un grand sourire. L'enfant manipula l'objet et au bip annonça, Trente-sept degrés sept.

- Ok merci, Zoro boit bien tu n'en as pas mais tu n'en es pas loin.

- Bien.

- Law, Zoro à raison il faut savoir parler avec les autres surtout si tu veux être docteur.

- Mais pas chirurgien ! Répondit du tac au tac le petit brun.

- Donc tu comptes ne plus nous parler du tout ! S'exclama Zoro en sautant de sa chaise et venant prendre le col du haut de Law dans sa main, le tirant ainsi à lui.

- Haha ! Zoro calme toi ! Demanda Shun en posant une main douce sur celle de l'enfant. Tu me fais penser à un vieil ami, il avait eu la même réaction à mon encontre.

Shun s'arrêta, les larmes lui montèrent aux yeux cela faisait si longtemps, mais il ne voulait pas pleurer devant les enfants, les deux durent le comprendre car Zoro relâcha Law et vint agripper la jambe du docteur et lui fit un gros câlin. Law lui détourna la tête par pur respect.

- C'est bientôt prêt ? Se renseigna Law.

- Oui, tu peux aller chercher Sanji merci. Réveille-le doucement.

Le brun descendit de sa chaise et alla chercher le blond. Dans la cuisine le vert expliqua au docteur que Law se coupait d'eux. Ils leur parlaient de moins en moins sauf nécessité et qu'il s'enfermait dans les livres de médecine. Le médecin lui promit d'avoir une discussion avec lui.

Les deux autres revinrent et tous se mirent à table. Law parla un peu plus, Shun l'y incitant. Ensuite, les enfants reposés allèrent jouer dans le salon pendant que Shun faisait la vaisselle. En revenant auprès des gamins il assista à l'une des disputes entre le vert et le blond. Il l'arrêta et leur jeu reprit.

Il alla sur le canapé et s'installa avec Law. Il demanda si Dracule avait un ordinateur portable et Law sortit la tablette de son père. Shun en profita pour surfer sur le net et retrouva un de ses cas d'étude chirurgicale. Il le lut avec Law et lui posa des questions. L'enfant avait tout compris et avait ses propres théories. Il essaya de voir l'étendue de ses connaissances. Il chercha une nouvelle chose, quand il la trouva, il demanda à Law de le lire avec lui, ce que le gamin fit avec plaisir. Shun put évaluer l'avancée intellectuelle de l'enfant. Il entendit Zoro bailler, il regarda l'heure il était quinze heure trente. Il sourit aucun des adultes n'étaient revenu alors il décida de mettre les petits aux lits, mais avant il allait leur faire un bain.

- Un bain ça vous dit ?

- Non, firent Sanji et Zoro.

- Pas de non, fit Law qui était ravi d'avoir fait des trucs intéressants avec le docteur. En nous lavant on fera tomber notre début de fièvre. Et comme on a transpiré, on a évacué les toxines, voyant le regard interrogateur des deux autres il se reprit, la maladie, alors on va s'en débarrasser. Shun essaie d'éviter de nous donner des médicaments.

Les deux comprirent leur intérêt là-dedans, alors ils filèrent vers la salle de bain. Shun remercia Law pour son aide. Il prit le temps de faire couler le bain et leur montra comment préparer leurs affaires pendant ce temps pour que leurs pères n'aient plus à le faire. Après ils mirent leurs habits sales dans la panière. Shun les lava et joua avec eux. Il les aida à bien s'essuyer, ainsi que leurs cheveux avec le sèche-cheveux. Ils se mirent en pyjama propre et Shun leur fit un goûter. Quand tout fut fini il leur demanda de faire une sieste mais les trois ne voulaient pas. Mais l'adulte ne se démonta pas et leur proposa un temps calme avec lui dans le lit de Dracule. Il prit un livre de Zoro et leurs lu une histoire mais avant la fin tous dormaient profondément. Shun posa le livre et ferma les yeux à son tour. De toute façon, il ne pouvait pas faire autrement. Il s'était allongé aux milieux du lit et les enfants s'était mis de part et d'autre de lui. Law d'un côté, Sanji de l'autre et Zoro avait trouvé un chemin sur son torse. Il avait mis une couverture sur eux et au chaud tous dormirent tranquillement.

Il était dix-huit heures quand tous arrivèrent à la maison. Dans le salon ils discutèrent un long moment.

- Alors comment vont les petits ? Demanda Dracule.

- … un silence lui répondit et des regards interrogateurs.

- Quoi ? Oh non, ne me dites pas que personne n'est rentré avant maintenant ? S'informa Dracule en devenant blanc.

- Non, on est arrivé cinq minutes avant toi, firent Cro' et Doffy qui avaient récupéré les enfants.

- Nous aussi, firent les trois autres pères.

- Mais où étais-tu ? Demanda Shanks.

- Je suis allé m'occuper de nos papiers à Tokyo comme prévu. C'est pour ça que j'avais gardé la voiture de Cro'. Et j'ai demandé à… il s'arrêta, il se sentait mal à l'aise. Je pensais que l'un de vous rentrerait plus tôt. Tous lui expliquèrent leurs raisons, qui étaient des plus valables. Mais lui… Je les ai laissés à Shun.

- Le docteur ? Demanda surprit Shanks. Il…

- Cool, le coupa Doffy qui connaissait la relation qu'entretenait l'homme avec son ami. Avec un médecin ils ont dû être cocoonés.

- Où sont-ils ? S'écria Shanks qui ne pensait pas pareil.

- C'est bon, c'est même pas tes gosses, sourit Doffy, Cora t'inquiète pas on peut faire confiance au doc'.

- Si tu le dis.

- Bien sûr et Drac' ne lui aurait pas laissé les enfants s'il ne lui faisait pas confiance.

- Ça nous dit pas où ils sont ! S'écria alors Shanks excédé de la façon légère dont le blond prenait la chose.

- Dans la chambre de papa, fit une petite voix derrière eux.

- Pérona ! Tu es sûre ? Demanda son père.

- Oui, ils dorment tous les quatre.

Tous se ruèrent dans la chambre du maître d'arme. Shanks allait rentrer en hurlant quand Cro' le tira en arrière.

- Il a sûrement pris sa journée pour s'occuper des petits qui ne sont pas les siens, alors tu dis merci et tu la ferme, grogna le mécanicien.

- Quelle honte ! Se lamenta Dracule.

- Mais non, il l'a fait pour toi, susurra Doffy à l'oreille du brun. Il t'aime. Alors réveille le doucement et rejoignez-nous.

- Invite-le à manger pour le remercier, dit Cora'.

- Oui.

Tous repartirent vers le salon. Dans la chambre Mihawk alla près du lit et en voyant les quatre ainsi il se sentit serein. Il monta sur le lit et surplomba Sanji et embrassa doucement Shun sur les lèvres. Le médecin releva sa main et la fit glisser sur la nuque de son homme.

- Pardon, je pensais qu'on t'aurait remplacé.

- Ce n'est rien. J'ai passé une très bonne journée. Ces enfants sont un véritable plaisir.

Dracule allait parler mais Law se réveilla. Alors les deux adultes réveillèrent les deux autres. Puis tous allèrent dans le salon. Sur le chemin Shun avait accepté de manger avec eux. Il aida Dracule à la préparation du repas puis pendant qu'ils installaient les couverts les garçons parlèrent de leur journée.

- Shun a fait les lessives et a rangé le linge, expliquait Sanji.

- Ouais, il a dit qu'on pouvait le faire car à part les chemises et certains tissus, y a pas besoin de repasser, rajouta Zoro.

- Oui c'est un gain de temps, en plus il a dit qu'on était assez grand aussi pour mettre nos habits dans la panière à linge quand on se change, dit Law sans sortir la tête de son livre.

- Oui et on l'a fait quand on a pris notre bain pour… Pourquoi déjà ? Demanda Sanji.

- Se laver pour faire tomber la fièvre et enlever notre transpiration qui conservait les toxines de notre maladie, expliqua pour la seconde fois Law. Et il a rajouté qu'on pourrait aussi ranger nos jouets après avoir fini de jouer avec.

- Ouais et après il a aussi balayé et lavé le sol de la cuisine et du salon, raconta Zoro.

- Vraiment ! Tu as fait tout ça, je… murmura Dracule juste pour le médecin.

- C'est bon ! J'aime faire le ménage pendant mes congés, rigola Shun en faisant un clin d'œil à son amant pour le détendre.

Zoro et Sanji eux rigolèrent, les deux petits savaient pourquoi le docteur avait fait tout cela. Le doc' était amoureux de Drac' et cela leur plaisait. Doffy et Cro' aussi rigolaient de tout cela et s'en réjouissaient. Tous se mirent à table et le repas se passa dans la bonne humeur. A la fin Shun et Dracule firent la vaisselle pendant que les autres enfants sauf les malades prenaient leur bain et se mettaient en pyjama. Le temps du coucher arriva.

- Vous pouvez me mettre au lit docteur Shun ? Demandèrent ensemble Zoro et Law.

- Law, tu me laisses coucher Zoro en premier.

- A la condition que…

- Accepté. Il vit alors Law trottiner vers sa chambre.

- Vous savez ce que c'est ? demanda Zoro surpris ainsi que les autres autours.

- Oui.

- Moi aussi j'ai une faveur à vous demander.

- Laisse-moi deviner ! Tu voudrais savoir comment garder Law ? Le gamin lui fit « oui » de la tête. Alors Shun s'approcha et s'accroupis devant lui, là il attrapa par le col et le ramena vers lui. Comme tu n'y connais rien en chirurgie, si tu veux son attention, tu dois continuer à lui faire cela, dit-il en resserrant sa prise sur son col et le regarder droit dans les yeux afin de lui rappeler que tu existes et que tu es là pour lui. Force-le à te reconnaitre comme son égal. Et après fait ça. Le doc' embrassa le gamin sur le front.

Zoro sourit et se rua vers le brun. Il fit exactement ce que lui avait conseillé le docteur. Law grommela et Zoro revint en riant auprès du médecin. Shun attrapa le gamin dans ses bras et le mit sur ses épaules.

- Maintenant au lit.

Shun l'entraina dans sa chambre et le coucha. Lui promettant de revenir bientôt. L'enfant lui fit un câlin et le remercia pour son aide avec Law et pour le bonheur de son papa. Shun lui promit de continuer. Ensuite, il traversa la maison souhaitant une bonne nuit à tous les enfants de la maisonnée. Il finit par la chambre de Law où il le coucha en lui racontant l'une de ses chirurgies, avant de le laisser dormir.

Le médecin revenait vers le salon où tous les adultes se trouvaient.

- Merci, fit Doffy.

- De rien, je suis ravi qu'ont soient tous réunis, déclara Shun. Je voulais vous parler de Law et Robin.

- Ils ont quelques choses qui ne va pas ? S'inquiétèrent leurs pères.

- Non, rien de grave. Shun s'assit sur l'un des canapés et les deux hommes le suivirent. Voilà nous voulions vous contacter avec la directrice de l'école, afin de leur faire passer des tests.

- Ne tournez pas autour du pot, s'exclama Shanks qui n'apprécié pas Shun.

- Laisse-le finir idiot ! Fit Cro', tu nous fais perdre du temps. Continuez Shun !

- Merci, voilà ils sont scolairement très en avance pour leur âge et nous supposons qu'ils sont surdoués. C'est pour cela que cet après-midi je me suis permis de faire un début de test sur Law.

- Comment ? Sans l'accord de son père, s'offusqua Shanks.

- Ecoute-le ! Ordonna Doffy.

Le roux se tut et attendit la suite. Shun sourit de l'aide de Crocodile et de Doflamingo. Il savait que Dracule avait encore du mal à parler de leur relation avec Shanks et Corazon. C'est pour cela qu'il ne lui en voulait pas pour son silence.

- Quand je dis test j'entends surtout lire des articles médicaux avec lui et voir ce qu'il comprend. Et je pense sincèrement qu'il est très en avance, je ne peux dire de combien d'années exactement mais assez pour qu'il comprenne des cours de première année de fac de médecine. J'aimerais qu'on en parle avec son instituteur et la directrice de l'école. Pareil pour Robin, ses lectures dans sa chambre et le peu de discussion que j'ai eu avec elle m'ont mis la puce à l'oreille. De plus, en tant que docteur scolaire, la directrice m'appelle pour parler de ce genre de chose.

- Pourquoi ? Se renseigna Kuma un peu inquiet.

- Car certains enfants s'enferment dans leurs études, leur soif de connaissances et en oublient le monde autour. Ils ont l'impression que les autres ne peuvent plus les comprendre et eux-mêmes ne les comprennent plus. Ils ont besoin d'une psychothérapie et d'aide pour garder leur statut social. Au sein de leur famille ou de la société tout court. Cela n'arrive pas à tous mais le plus souvent à ceux qui sont vraiment au-dessus des autres.

- Robin ?

- Non, Kuma pour l'instant votre fille est encore bien intégrée même si elle aime lire.

- Law ?

- Oui, je suis désolé. Zoro m'a confirmé que votre fils était en train de s'éloigner des siens. C'est pour cela qu'il est allé embrasser Law tout à l'heure. Mais ne vous inquiétez pas, il est jeune et Zoro n'est pas le seul à vouloir s'occuper de lui.

- Merci, fit Cora'.

- De rien, la directrice vous recontactera pour un rendez-vous. Bien, il se fait tard, je vais vous laisser.

Shun se leva et serra la main de tous et partit. Mihawk le suivit dehors. Il le raccompagna jusqu'à sa voiture. Dans la matinée, Shun avait pris quelques minutes pour déplacer sa voiture un peu plus loin de l'entrée. C'est pour cela que dans la nuit hivernale Dracule n'avait pas fait attention que le médecin était encore dans sa maison. Il allait parler quand son amant le plaqua contre la carrosserie de son véhicule et l'embrassa avec passion.

- J'ai passé une super journée, alors ne dit rien.

- Je t'aime.

- Ah ça tu peux le dire autant que tu veux. Moi aussi je t'aime.

- Je n'ai pas encore pu le dire à Shanks et Cora'.

- Pas de problème, on a tout notre temps, toute notre vie.

Shun l'embrassa à nouveau et le fit monter en voiture et ouvrant la porte arrière il l'allongea sur la plage arrière et continua de l'embrasser en le surplombant. Dracule s'installa de façon à pouvoir fermer la voiture. C'est qu'il faisait froid dehors on était en Décembre.

- Shun…

- Je sais ! Pas ici, mais cela fait quinze jours que je ne t'ai pas touché et je ne sais pas quand je pourrais à nouveau. Je ne serais pas là à partir de demain. Je rentre dans une semaine. Une formation que je ne veux pas louper.

- Je comprends, tu n'as pas à te justifier.

- Je sais, mais je voulais que tu le saches. Je vais passer la semaine à Nara.

- Bien. Nara, soupira Dracule. C'est de là que vienne les mères des enfants. Oh pardon !

- T'excuse pas. Je ne savais pas. Tu n'en parles jamais et je le respecte mais si un jour tu veux en parler je suis là.

- Je sais. Je devrais rentrer.

Shun n'était pas d'accord et le fit savoir en embrassant son amant et en faisant glisser ses mains sur la peau du torse de l'homme sous lui. Il se dévêtit de son haut et fit de même avec le haut de Dracule. Maintenant, il allait falloir les réchauffer. Il s'activa donc à donner du plaisir à son homme puis il trouva un moyen de le délester de son pantalon et entama une fellation tout en le préparant à sa venue. En un rien de temps la voix de Dracule s'éleva le suppliant d'aller plus vite et de le faire sien. Shun ne se fit pas prier plus longtemps et s'inséra en lui avec douceur et amour. Il les amena lentement vers le bonheur. Quand se fut fini les deux hommes se câlinèrent avant de se séparer pour au moins une semaine.

Dans le salon les cinq autres adultes étaient restés entre eux.

- Je l'aime pas ! S'exclama Shanks.

- Tu ne le connais même pas, fit Cro'.

- Il se mêle de ce qui ne le concerne pas ! Rétorqua le roux.

- Bien sûr que si ! Répliqua Doffy. Il est le médecin de notre famille et il se doit de s'intéresser à notre santé physique et mentale. Tu es juste jaloux car il s'entend bien avec Dracule et qu'il lui fait confiance pour nos enfants.

- Pfff… ce sont des bêtises, je préfère aller me coucher.

Shanks repartit sous les rires du blond. Cora' regarda son frère un long moment. Quand il vit le roux disparaitre il se reprit et posa une question à son aîné.

- Shun, c'est le compagnon de Dracule ?

- Cela n'a pas d'importance ! Fit Kuma. Si Dracule lui fait confiance moi aussi. Et qu'il couche ou non avec lui ou un autre n'a pas d'importance. Il est heureux et c'est ce qui compte.

- Bien parlé, firent Doffy et Cro' à l'unisson.

- Oui, vous avez raison moi aussi je vais me coucher, fit Corazon.

Kuma fit de même après un au revoir. Doflamingo et Crocodile se retrouvèrent seul et le blond vint se blottir contre le torse du brun.

- Que crois-tu qu'ils fassent ? Demanda Doffy en souriant.

- Idiot ! Fit Cro' en le repoussant.

- Moi j'aime bien faire ça dans la voiture et je sais que toi aussi, s'amusa le blond en se plaçant à cheval sur les jambes du brun. Ta chambre ou la mienne ?

- La tienne, ton fils est encore malade, dit Crocodile en caressant les fesses de son futur amant. Oui il aimait le faire dans les voitures avec lui. Mais il aimait aussi le faire dans un bon lit.

- Alors je m'occuperais de tes enfants s'il y a un problème, expliqua Dracule qui venait de revenir à pas de velours. Il tapa la tête du brun. Mais faites ça ailleurs que dans le salon, je ne veux pas que les enfants le voient.

Les deux hommes lui firent « oui » de la tête et après quelques piques, ils se séparèrent et Dracule les regarda quitter le salon. Le blond se lovait dans les bras du brun qui le porter dans ses bras. Il avait l'air heureux. Lui-même était heureux quand Shun le portait ainsi. Alors il fit comme les autres et partit se coucher en pensant à son médecin. Il s'endormit en s'imaginant bientôt, très bientôt dans ses bras.


On était en janvier les fêtes avaient été bien tranquilles pour Shun qui n'avait aucune famille. Il avait été pris par le travail entre formation et patients et les vacances avaient été chargées. Les repas de famille amenaient leurs lots de crises de foie, gastros et bien d'autres maladies. Cela le fit sourire, au moins il n'avait pas eu le temps de s'ennuyer. Mais pour lui c'était presque des vacances, il aimait être sur tous les fronts. Cependant, ce soir on était vendredi et il était dans le supermarché du village à faire quelques emplettes pour ses repas du week-end. Il pensait appeler Darcule pour le voir le lendemain soir. Cela faisait presque un mois qu'il ne l'avait pas vu, juste contacté par sms. Il sourit à cette perspective, mais son sourire s'effaça comme neige au soleil. Devant lui se trouvait un homme qu'il n'avait pas revu depuis dix-huit ans. La moitié de sa vie et cela lui allait. L'homme s'avança d'un pas et lui recula en blêmissant. Il savait qu'il ne risquait rien physiquement du moins, car psychologiquement c'était autre chose. Son cœur se serra il eut un haut le cœur. Il avait la nausée. Des souvenirs pénibles lui revinrent en mémoire. Il se mordit la lèvre inférieure. Il recula encore, il voulait hurler mais resserra sa prise sur ses lèvres. L'autre l'approchait encore. C'était insoutenable pour lui. Un choc le surprit mais vint le rassurer.

- Tu as trouvé les chips super vient on continue.

L'homme prit le paquet des mains de Shun et le poussa dans un autre rayon puis il l'entraina encore à sa suite après avoir posé toute leurs courses sur la première étagère trouvée. Dracule, car s'était lui qui avait sauvé son amant, le mena jusqu'à la sortie. Il attrapa son vélo et le balança dans le coffre de la voiture du médecin il prit le volant et démarra au plus vite. Il venait de faire un bout de chemin quand le doc' parla pour la première fois.

- Arrête-toi je dois vomir.

Mihawk se mit sur le bas-côté et vit son homme sortir en trombe du véhicule et l'entendit vomir. Il n'avait jamais vu Shun dans cet état alors il prit son téléphone.

- Cora' pardon je ne vais pas rentrer ce soir.

- Un problème ?

- Oui et non… je t'expliquerais plus tard je dois aider un ami.

- Ok tant pis on se voit plus tard.

- Oui, tout est prêt dans la cuisine il y aura juste à réchauffer.

- Ok c'est dommage je voulais te présenter mes collègues Aokiji et Smoker.

- Une autre fois, pardon, mais je dois te laisser.

Il raccrocha et alla auprès de Shun il l'aida à se relever et à s'asseoir dans la voiture. Après un moment il reprit le volant et retourna chez le docteur. Ils entrèrent rapidement chez lui.

- Je peux t'aider en quoi ? Se renseigna Dracule.

- En rien, rentre chez toi ! Ordonna et grogna en même temps Shun.

Dracule ne répondit pas. Shun était un autre homme, il le voyait froid et renfermé. Triste. Il voulut le soutenir mais l'autre se dégagea et agrippa son menton et le serra fort. Mihawk avait mal. Shun lui vola un baiser dur, froid de toute émotion et douloureux, il lui faisait très mal il avait peur de cette nouvelle personne et en même temps il voulait la connaître. Il se fit rejeter.

- Je suis pas d'humeur à te baiser alors dégage.

Dracule eut un temps d'arrêt et regarda son amant partir vers la salle de bain. Jamais l'autre ne lui avait parlé ainsi. Il avait peur mais il ne voulait pas le laisser seul. Il voyait bien que l'autre était dans un sale état et qu'il faisait tout pour l'éloigner de lui. Mais lui, il voulait être là pour l'homme qu'il aimait. Le docteur avait toujours été là pour lui. Il lui avait rendu une vie, des émotions. Il voulait faire pareil alors il le rejoignit et le vit se débattre avec ses habits au-dessus de la cuvette des WC. Il vomissait tout en se déshabillant. Il en profita pour l'aider et se dévêtit à son tour. L'autre le repoussait mais il en avait rien à faire, il avait pris sa décision, quoi qu'il arrive il resterait. Alors, pour l'instant il l'aidait à entrer dans la douche. Il fit couler l'eau afin de le laver. Shun ferma les yeux et mit son visage vers la pomme de douche. Des larmes lui vinrent, Dracule le prit dans ses bras en silence. Le docteur eut un réflexe violent et il plaqua son amant contre un mur il le fixa un long moment où le brun ne bougea pas. Shun le souleva et alla prendre d'assaut ses lèvres. Il s'empara avec ses doigts de son postérieur et des doigts entrèrent dans le maître d'arme. C'était un peu plus brutal que d'habitude mais cela ne dérangea pas Dracule pour autant. C'était différent mais pas moins bien.

- Pardon, pardon…

- Ce n'est rien je suis là, je t'aime et je suis là, répondait sans cesse Dracule au pardon de Shun.

A un moment un prénom sortit des lèvres du médecin, le prénom d'un autre homme. Dracule ne s'en offusqua pas. Il resserra sa prise sur son amant. Puis il le força à le regarder.

- Shun c'est moi, c'est Dracule. Regarde-moi ! Je suis là juste devant toi, dans tes bras. Han ! Han ! Shuuun, gémit le brun les doigts de son amant ayant trouvé un endroit si plaisant pour lui. Shun regarde-moi ! Fais-moi l'amour à moi ! Shun pitié je t'aime.

L'espace d'un instant tout s'arrêta. Les deux se fixèrent et comme revenant à la réalité Shun se reprit.

- Dracule ? Pardon je…

Shun sourit à son amant comme à son habitude de façon chaleureuse et il l'embrassa tendrement avant de le pénétrer avec douceur. L'eau coulait sur eux et réchauffait leurs corps. Dracule venait de retrouver son bien aimé.

- Je t'aime Shun.

- Moi aussi je t'aime Dracule. Pardon je ne voulais pas te faire mal, ni te faire peur.

- Ce n'est rien ! Continue c'est trop bon.

Shun ne se le fit pas répéter et s'insinua en lui avec une cadence des plus soutenues menant peu à peu son homme vers le plaisir. Les deux jouirent rapidement. Le docteur les sortit de la douche, les sécha rapidement et les ramena dans son lit. Là ils se câlinèrent un long moment. Puis Shun prit la parole.


- Shun tu viens, on va au restaurant, appela une jeune femme au long cheveux bruns.

- Non, je dois finir un livre et ma valise. Je pars demain.

- Raison de plus pour qu'on fête ton anniversaire. Et puis tu ne vas pas étudier le jour de ta naissance, rigola un jeune homme tout aussi brun que la femme.

- S'il te plait, supplia la brune.

- Vous êtes vraiment stupides, je ne vous comprends pas. C'est un jour comme un autre.

- Alors tu peux faire ça pour ta mère, répondit le père du garçon d'une voix froide avant de rajouter. Comme demain tu seras délivré de tes parents stupides qui ne te comprennent plus.

Shun releva les yeux de son bouquin et regarda ses parents, ils avaient l'air triste mais il ne comprenait pas. Pourquoi était-il si attaché aux choses futiles de l'existence. Alors que lui avait tellement de choses à apprendre.

- Je peux lire dans la voiture.

- Si tu veux mon chéri, fit la mère de Shun en lui caressant la tête.

L'enfant qui fêtait ce jour-là son dixième anniversaire se dégagea de cette prise trop émotionnelle pour lui. Il avait hâte d'aller dans sa nouvelle école pour surdoués, là il pourrait se consacrer exclusivement à ses études et tout le monde le comprendrait. Les deux adultes ne dirent rien du comportement de leurs fils, ils en avaient l'habitude. Ils allèrent donc tous en silence dans la voiture et le père démarra. Shun se replongea dans sa lecture. Sa mère lui posait des questions sans importances à ses yeux. Il lui répondait par grognement. Puis il entendit ses parents hurler. Il ne comprit pas jusqu'à ce qu'un choc vienne percuter la voiture qui se mit à faire plusieurs tonneaux. Ce fut alors le blackout. Quand il rouvrit ses yeux tout était flou au début, ensuite il entendit plein de bruits des sirènes de police et de pompier. Une voix l'appelait.

- Hey tu m'entends c'est quoi ton nom ?

- Shu… Shun…

- Ok ne bouge pas Shun on vient te sortir de là.

Shun tourna la tête pour voir ses parents mais il tomba sur deux corps inertes baignant dans leur sang. Il en avait assez vu dans les livres pour comprendre.

- Ne regarde pas par-là, fit la voix du jeune homme.

- Ils sont morts, déclara Shun d'une voix neutre.

- Oui, fit l'homme. Je m'appelle Aokiji Kuzan et je suis policier. J'ai vingt et un ans. Les pompiers ne sont pas loin.

- Je suis Shun, j'ai dix ans aujourd'hui, et vous ne devriez pas rester si près si vous êtes que policier. C'est contraire à la procédure.

- Tu à l'air de t'y connaître, sourit Aokiji.

- Je veux devenir médecin et j'apprends toutes les choses à savoir sur les diverses branches de la médecine, comme la médecine d'urgence ou les ambulances. Et là, ni eux ni toi ne devriez venir sans le consentement d'un pompier. La voiture pourrait exploser.

- Il s'y connait mieux que toi, rigola un homme derrière Aokiji en le tirant plus loin de l'habitacle.

- Hey je…

- Faites-le ! Fit Shun d'une voix autoritaire.

- Tu m'as l'air d'un petit génie, fit le second homme.

- Demain je rentre dans une école pour surdoué. Je veux devenir médecin.

- Bonjour, fit une troisième voix. Je suis ambulancier et j'aimerais savoir si tu peux t'auto-diagnostiquer.

Shun le fit sans problème. L'ambulancier le remercia et le policier reprit la conversation avec lui jusqu'à l'arrivée des pompiers. Là, ils le dégagèrent rapidement et l'amenèrent dans l'ambulance. Avant de partir, il vit ses parents se faire extirper de la carcasse du véhicule et être mis sur une civière et sous un drap blanc. En arrivant à l'hôpital, il fut rapidement pris en charge et tout s'enchaina rapidement. Il ne revit le policier qu'une ou deux fois. Celui-ci lui promis que tout irait bien et cela avait rassuré le jeune Shun.

Quelques mois étaient passés et Shun pensait aller dans l'école pour surdoué mais il ne put. Ils lui envoyèrent une lettre lui faisant comprendre que ses parents n'étant plus là pour subvenir à ses besoins il ne pouvait le prendre. Shun grogna de mécontentement mais se dit qu'au fond ce n'était pas grave, il était assez intelligent pour se débrouiller et avoir des bourses. Alors il accepta mieux le fait d'aller dans un orphelinat. Mais il déchanta vite. L'endroit était dirigé par des êtres vils et sans scrupules, qui ne connaissait que le châtiment corporel. Avec le temps il comprit qu'il y avait plus. Un mois plus tard, il fit la connaissance d'un jeune homme de son âge. Lui aussi avait tout perdu. Depuis le début Shun ne faisait attention à personne, mais lui avait attisé sa curiosité. Il était là depuis quelques jours et déjà il se faisait remarquer. Il avait pris la défense d'un autre enfant et avait récolté les coups à sa place. Shun ne sut pourquoi mais il était allé auprès de lui lors de l'extinction des feux, il lui avait fait signe de se taire. L'autre avait accepté et il l'avait soigné avec ce qu'il pouvait. D'abord, il l'avait lavé, et après, lui avait administré une pommade cicatrisante qu'il avait réussi à voler dans la pharmacie. Cela se reproduisit souvent, les deux n'échangeaient jamais de parole ni là, ni le reste du temps. Ils connaissaient leurs noms par les autres mais ne s'était jamais présentés. Le jeune homme regardait toujours Shun avant de d'intervenir. Comme pour demander si le soir il viendrait encore le soigner. Le brun ne répondait jamais, il détournait le regard revenant dans l'un des livres qu'il avait trouvé. Et l'autre, brun aussi mais aux yeux bleu turquoise, souriait et voyait là-dedans un « oui » et faisait ce qu'il avait à faire pour protéger un plus faible. Lui aussi avait son protecteur. Un soir alors qu'il était allongé sur le ventre et que Shun soignait son dos, le jeune dérogea à l'accord tacite entre eux.

- Je m'appelle Adam, je ne me suis jamais présenté.

Shun ne répondit rien, il le retourna et le plaqua au lit. Adam sursauta de douleur puis de surprise quand les lèvres de Shun l'embrassèrent sauvagement.

- Tu aurais pu juste me dire de me taire ou me dire « moi c'est Shun », rigola l'autre maintenant caché dans le cou de Shun.

Ledit Shun sourit à son tour. Il câlina l'autre et repartit dans son lit. Le temps passa ainsi pendant deux ans. Shun l'aidait mais ne parlait pas. Le futur médecin n'en voyait pas l'intérêt, il ne comprenait même pas son intérêt pour l'autre enfant. Il savait juste qu'il appréciait sa présence, sa voix quand elle retentissait à ses côtés et surtout qu'il aimait l'embrasser. Il avait mis cela sur le besoin de chaleur que ressent parfois le corps humain, ainsi que sur leur future puberté. Ils faisaient aussi front ensemble à tous les problèmes, même si personne ne savait qu'ils s'entendaient bien.

Un matin pourtant tout changea, Adam se réveilla en sursaut, ses draps étaient un peu mouillés. Il regarda de plus près et vit un liquide blanchâtre dessus il s'inquiéta et alla voir Shun. Il savait que son ami avait de bonnes connaissances en médecine. Celui-ci s'éveillait doucement quand son « ami » se plaça devant lui et lui montra la chose qui l'inquiétait.

- Tu sais ce que c'est ?

- …

- Réponds-moi je suis malade ?

- …

Adam l'agrippa par le col de son t-shirt qui lui servait de pyjama et le toisa de haut.

- Ça suffit ! Cette fois-ci je veux entendre ta voix. Tu peux te retrancher dans tes livres ou ton monde quand tu veux mais là je suis inquiet, alors dis-moi ! Bordel Shun tu comptes ne plus jamais parler à personne même à moi. Tu ne me parleras jamais. Je veux entendre ta voix, je…

- Ferme là ! Tu vas attirer l'attention, fit l'enfant avec une voix enrouée de ne pas avoir parlé depuis deux ans. Ce n'est rien tu viens d'éjaculer, tu es un homme.

Shun vit qu'Adam ne comprenait rien. Personne ne lui avait expliqué la chose, alors il lui fit signe de s'asseoir et lui expliqua tout. Les autres enfants entendant la discussion et surtout Shun parler pour la première fois, écoutèrent l'explication médicale que le futur médecin donnait.

- Merci pour cette explication, fit un adulte de l'orphelinat. Que tous ceux qui sont comme Adam vienne me voir ce soir.

- Oui, firent tous les enfants.

Chacun alla faire sa journée. Mais Shun lui blanchit. Adam le vit et l'interrogea du regard.

- Mauvais pressentiment j'aurais préféré que tu te taises.

- Pourquoi ?

Shun caressa sa joue et lui vola un baiser après avoir vu que tout le monde avait disparu du dortoir.

Le soir les enfants qui était devenu des hommes furent habillés de façon classe et amenés dans une soirée. Lors du trajet on leur expliqua de faire exactement ce qu'on leur demandait, sinon cela irait mal pour eux. Shun comprit tout de suite qu'il ne s'était pas trompé dans certaines de ses suppositions. Dans le camion qui les mena à la soirée, il prit Adam à parti.

- Adam on… ils vont nous prostituer.

- …

- Merde t'es vraiment si innocent.

Shun lui expliqua les rudiments de la sexualité.

- Tu te trompes ! S'exclama le jeune dégouté par la chose.

- Je l'espère vraiment.

Mais il ne s'était pas trompé et ils entrèrent dans une nouvelle spirale de violence et de honte. Les deux se soutenaient et se soignaient mutuellement que ce soit de façon physique ou mentale. Ils étaient vendus assez souvent et ils avaient réussi à faire en sorte qu'on les veuille toujours tous les deux.

Adam était un garçon très ouvert du point de vue social et grâce à cela ils avaient réussi à garder des clients réguliers qui s'occupaient bien d'eux. Une fois ou deux ils avaient même dû soigner des gens. Un yakuza les avait achetés pour la nuit mais avant de passer à l'acte avec lui le téléphone avait sonné. Ses subordonnées avaient été pris dans une fusillade et beaucoup avaient été blessés. Adam avait vu là une occasion de servir à autre chose que de jouets sexuels.

- Monsieur, mon ami n'en a pas l'air mais il est médecin. Regardez toute mes cicatrices c'est lui qui les a soignées et avec rien. Alors si vous lui procurez du bon matériel il pourrait aider gratuitement et sans rien dire vos hommes.

- Tu t'en sens capable ? demanda-t-il à Shun.

- Oui je suis né pour être médecin et lui mon infirmier.

L'homme les toisa et les entraîna à sa suite. Toute la nuit les deux s'affairèrent à soigner les blessés fermant les yeux sur les meurtres des criminels ayant attaqué après leur interrogatoire musclé. L'homme refit appel à eux sous couvert de vouloir coucher avec eux. Mais en fin de compte, il ne les toucha jamais.

Dans la rue le bouche à oreille se fit. C'est comme ça qu'une jeune femme les acheta une journée. Elle les amena dans un dispensaire. Là, elle demanda aux garçons de l'aider à soigner des SDF. Elle leur expliqua qu'elle avait besoin d'eux. Elle leur promit quelques heures de répit par semaine contre des soins pour les plus démunis. Ils acceptèrent heureux de pouvoir aider et de se tirer de leur enfer. C'est comme ça qu'ils se mirent à faire de plus en plus de soins et que Shun appris réellement la médecine.

Toute leur adolescence se passa ainsi. Entre prostitution, opérations et orphelinat.

Pour leur dix- sept ans la jeune femme les amena à la fête foraine sur la demande de Shun. Les deux étaient nés mi-février à trois jours d'intervalle. Alors le futur médecin voulait les fêter. Ils avaient fait un tour de Grande Roue puis Shun avait été jouer à une sorte de Gatchapon. Il avait gagné une boule contenant deux bagues. Il l'ouvrit et rigola de voir qu'elles étaient vraiment pour fille. Elles étaient l'une rose et verte et l'autre rose et bleue. Il sourit et entraina son homme dans un endroit un peu plus romantique, un lac artificiel, il monta sur l'une des barques. Adam le suivis. Shun le regarda longuement.

- Adam, je t'aime. Je sais que je ne te le dis jamais, mais je crois que dès que je t'ai rencontré j'ai eu ce qu'on appelle le coup de foudre. Et même si on se fait prendre et massacrer par la suite, j'adore faire l'amour avec toi.

- Moi aussi et on s'en fout d'être battu après, surtout que j'aime tes soins.

- Idiot et ne m'interromps pas j'essaie de te dire quelque chose d'important.

- Alors fait comme ça ! Adam le prit par le col et le toisa. Je t'aime beau brun.

- Ha, ha ! Shun rigola, il agrippa lui aussi le col de son homme. Je te vois, je ne vois que toi et je ne veux voir que toi. Epouse-moi ? Demanda-t-il en montrant les bagues dans leur étui en boule.

- Oui.

Les deux s'embrassèrent et Shun lui passa au doigt la bague rose et verte. Adam prit celle rose et bleue et la lui mit au doigt. Puis ils retournèrent dans le parc. Là, Shun vit un photomaton et s'y dirigea avec lui. Ils y entrèrent et prirent plusieurs photos. La dernière montrant leurs mains avec les bagues de fiançailles.

- Bonjour, fit un homme en approchant d'eux.

Les deux sursautèrent et la directrice du dispensaire arriva.

- Les enfants je vous présente l'inspecteur Aokiji.

- Bonjour, fit Adam.

- On se connait, rigola Shun. Tu ne te souviens pas de moi. Il y a sept ans, j'étais un enfant que tu as aidé. Mes parents et moi on était dans un accident de voiture.

- Je me…

- Pas grave, j'étais le surdoué en médecine.

- Oui, je me souvins maintenant tu devais aller dans une école pour surdoués.

- Ouais ils ne m'ont pas pris, j'avais plus de parent pour me payer l'école.

- Ah ouais ! De vrais salauds.

- Oui, vous voulez quoi ? Demanda Shun.

- Pour une enquête, il doit entrer dans votre orphelinat, expliqua la dame.

- Je veux faire tomber le réseau de prostitution. Vous savez de quoi je parle ?

- Qu'est-ce qu'on y gagne ? Se renseigna le futur médecin.

- Votre liberté ! Affirma l'homme.

Les deux sourirent et lui expliquèrent comment rentrer dans le trafic avant de rentrer à l'orphelinat. Ils retrouvèrent le flic quelques semaines plus tard et l'aidèrent dans son infiltration.

Shun venait d'avoir dix-huit ans, il lui aura fallu un an avec Adam et Aokiji pour démanteler le réseau et bien d'autre chose. Ils avaient été surpris d'apprendre que même des juges de tutelle faisait partie du complot. Là, il était deux heures du matin et ils étaient dans le commissariat à faire leurs dépositions. Plus que quelques papiers à signer et à eux la liberté.

- Vous allez faire quoi ? Demanda Aokiji.

- On va se marier, montra sa bague Adam.

- Ouais je vais surtout l'adopter, sourit Shun.

- Et après on ira chercher mon frère, j'ai appris que ma mère n'était pas morte d'overdose et elle a eu un nouveau fils. Il a cinq ans.

- Oui, on en fera notre fils, fanfaronna Shun. Un père médecin et un autre infirmier. Ça c'est le pied non.

- Oui et vous serez de très bons pères.

- Oui je sais malgré notre âge mais ça ira et je doute que sa mère nous dise non.

- On aura de bons arguments, rigola Adam.

Aokiji sourit de voir les deux hommes faire des projets sur leur avenir. Un homme entra dans la salle et dit à Adam de le suivre.

- Où voulez-vous l'amenez ? Demanda Shun suspicieux.

- Dans un orphelinat, répondit le policier.

- Comment ça ! S'exclamèrent les deux jeunes.

- Il est mineur, expliqua le policier.

- Mais il est avec moi et je suis majeur depuis vingt-quatre heures et il le sera dans quarante-huit heure, déclara Shun.

- Oui, mais vous n'êtes pas son tuteur légal alors pour l'instant il est sous la tutelle de l'état, fit remarquer le policier.

- Appelez sa mère, demanda Shun.

- On le fera demain, là il est deux heures du matin. On ne va pas la réveiller pour une nuit, dit le policier.

- Mais… vous ne pouvez pas le prendre, il reste avec moi.

L'homme s'approcha et agrippa Adam, Shun fit de même. Aokiji lui alla vers Shun.

- Il a raison on verra ça demain matin.

- Non il reste avec moi, s'énerva Shun.

- Shun… Shun… chouina son cadet.

- Adam, lâchez-le !

- Shun, je vais devoir t'arrêter pour…

- Je m'en fiche, Adam reste avec moi.

Une bagarre pour récupérer Adam s'en suivis mais Aokiji arrêta Shun. Les deux se lâchèrent la main et Shun se mit à hurler le nom de son amant. Adam hurlait aussi son nom encore et encore. Aokiji plaça Shun en détention.

- Aokiji ne fait pas ça ! Réfléchit, il est deux heures du matin. Quel juge ferait un papier à une heure aussi tardive ? Vous ne réveillez pas la mère d'Adam mais vous réveillez un juge et il vous fait un papier sans rire ça sent mauvais. Réfléchis !

Shun suppliait à genoux Aokiji, il avait un mauvais pressentiment. L'autre lui promit que le lendemain matin ils seraient à l'orphelinat et qu'ils récupéreraient Adam. Shun voulut croire en Aokiji, une fois de plus mais ce fut la fois de trop. Il dormit alors dans une pièce de dégrisement.

Le lendemain, ils arrivèrent à la première heure devant l'orphelinat. Une ambulance était là, Shun et Aokiji se mirent à courir et là ils le virent. Sur une civière un corps sous le drap blanc. Shun l'enleva et vit le visage d'Adam. Il hurla, un cri à déchirer les tympans et le cœur. Il se jeta sur le corps inerte de son amant et l'appela mais aucun son, ne sortit de la bouche du jeune homme. Aokiji l'aida à se reprendre en le retirant du corps de son compagnon. Shun se figea et sa main retombante entraîna le drap en son entier. Le policier montra son badge aux ambulanciers. Il posa quelques questions. Shun lui était ailleurs, son esprit vagabondait sur corps peu vêtu d'Adam. Mais une phrase le ramena à la réalité.

- Désolé, il est mort. Un terrible accident. Il est tombé dans l'escalier, expliqua l'ambulancier.

- Vous rigolez ! S'exclama haut et fort Shun d'une voix froide de tous sentiments. Vous ne voyez pas ces marques sur son corps. Shun continuait de détailler chaque morceau de peau. L'ecchymose sur son cou montre la strangulation et celles sur ses poignets et ses chevilles montre qu'on l'a maintenu. Ils l'ont assassiné ! Affirma-t-il. Il se tourna vers Aokiji et le toisa avec froideur. Vous les avez aidés à l'assassiner. On vous a aidé et vous nous remerciez ainsi.

L'ambulancier ne dit rien. Le gamin n'avait pas tort, il le savait et comptait le dire dans son rapport. Mais pour l'instant il n'avait fait que relater les explications du directeur de l'orphelinat. Ce serait au médecin légiste de le confirmer. Shun tremblait de colère. L'ambulancier laissa Shun monter dans l'ambulance avec eux et le cadavre sur la demande expresse du policier. Celui-ci alla dans l'orphelinat pour avoir des réponses.

Dans l'ambulance plus aucun mot ne se fit pendant une bonne partie du chemin. L'homme mit une main apaisante sur l'épaule de Shun qui lui s'était à moitié couché sur le corps de son âme sœur.

- Pardon, vous ne faites que votre travail. Je veux être médecin et je sais comment sont vos procédures. Je sais que vous pensez comme moi. Merci.

- Pas de problème. Mes condoléances pour…

- Mon fiancé. Demain il aurait eu dix-huit ans moi je les ais depuis deux jours. Nous aurions attendu un jour pour confirmer sa majorité et je l'aurais adopté. Dans deux jours il aurait dû être mon mari.

- Je suis sincèrement désolé.

- Pas autant que moi, il était toute ma vie.

L'homme ne put rien dire de plus, la voix de Shun lui fit comprendre que ce n'était pas qu'une phrase mais bien sa réalité.

Deux jours plus tard au lieu d'épouser Adam Shun l'enterra. Aokiji avait fait accélérer les choses pour le bien être de Shun. Lors de la mise en terre – ayant refusé toute bénédiction avant- Shun était seul. Aokiji était plus loin et un regard froid de Shun l'avait dissuadé de venir. Shun alla quand même vers lui afin de lui faire ses adieux.

- Vous avez suivi la procédure, mais elle était encore pourrie.

- Oui, la juge et mon collègue faisait partie du réseau.

- Je vois, si j'étais sorti du commissariat je serais sûrement avec Adam.

Aokiji ne put répondre mais c'était sûrement vrai. Il lui tendit la main et un papier.

- C'est l'adresse de la mère d'Adam. Fais-en ce que tu en veux. Je l'ai prévenue j'aurais pensé qu'elle serait là.

- Merci et adieux.

Shun n'attendit rien d'autre et partit.

Il avait mis ses affaires en ordre dit au revoir à certaines personnes et récupéré son argent. Avec le temps certains de ses patients l'avaient payé. Comme le Yakusa ou la directrice du dispensaire. Adam aussi avait été payé pour quelques services. Quand tout fut fait il se paya un billet de train et partit voir la famille d'Adam. Là-bas, il arriva tranquillement, il avait hâte de rencontrer son petit frère. Il tapa à la porte mais personne ne répondit. Une voisine sortit et le regarda étrangement. C'était une vieille femme.

- Bonjour, je suis Shun un ami du fils ainé de madame…

- Je vous attendais, fit la femme. Elle lui fit signe de venir et rentra à nouveau chez elle le temps d'attraper une enveloppe. Pardon, mon enfant. Vous arrivez trop tard. Je…

- Elle est partie vivre ailleurs ?

- Elle est morte. Il y a quelques jours, elle est venue me voir et elle m'a raconté pour Adam. On se connaissait bien car je lui gardais le petit, un si bon petit. Snif… Snif… Elle était déboussolée, elle m'a donné une lettre et m'a promis de vous la faire parvenir si vous veniez ici. Elle vous demandait pardon pour sa lâcheté. Je croyais qu'elle allait partir pour vous éviter. Mais hier… oh si j'avais su. Elle… elle a tué le petit et s'est suicidée, avec du poison. L'ambulancier a dit qu'elle l'avait sûrement fait après être sortie de chez moi. Personne ne s'en est aperçu avant… hier.

Shun ne put rien dire. Il regarda la vieille pleurer. Il la prit dans ses bras quelques instants et récupéra la lettre avant de partir.

Il lut la lettre. La dame s'excusait d'avoir abandonné Adam et de s'être fait portée morte. Elle lui demandait aussi pardon de cesser de se battre mais que c'était mieux pour elle et le petit de rejoindre Adam. Qu'elle ferait mieux dans l'autre monde pour les deux. L'espace d'un instant il voulut y croire aussi. Il rangea la lettre dans sa veste et marcha un long moment dans la ville avant de prendre la décision de quitter le pays. Plus rien ne le retenait ici.

Le premier pays où il était allé était l'Angleterre. Pendant deux ans, il se remit à niveau, apprit mieux la langue ainsi que d'autres, passa tous ses diplômes et entra en fac de médecine. Il fut si doué qu'il fit en cinq ans un cursus de dix. A vingt-cinq ans, il devint chirurgien, l'un des meilleurs. Pendant des années, il vagabonda de pays en pays. Faisant les plus prisés des chirurgies mais ayant son pied à terre en Angleterre. Puis un jour il se retrouva face à un cas spécial. Deux jeunes prostitués dont l'un était mort et l'autre hurlant sur son corps. Il prit une claque en plein visage et décida de rentrer chez lui. Il avait d'abord pris un job de chirurgie à Tokyo mais cela ne lui allait plus. Alors, il avait entendu parler d'un boulot dans un village et l'avait pris, il voulait se reposer. Il voulait vivre.


Shun avait cessé de parler. Dracule ne dit rien pendant un moment observant son amant.

- Je ne suis pas l'homme que tu croyais.

- Si, tu es fort, fit Dracule en l'embrassant. Merci.

- Non, merci à toi et pardon je ne te ferais jamais de mal.

- Je sais et… il hésita. Tu n'as pas à me demander pardon ni à Adam. Je suis sûr qu'il ne t'en a jamais voulu alors ne t'en veux pas.

- Tu as raison il n'était pas homme à en vouloir à qui que ce soit.

- Il avait l'air bien.

Shun l'embrassa pour réponse et sourit chaleureusement.

- Tu l'es tout autant. Toi et tes amis vous avez fait quelque chose de bien pour les enfants.

- Mes amis se sont tous connus dans un orphelinat. Ce n'était pas comme le tien mais eux aussi n'en ont pas de bons souvenirs et on ne pouvait pas les laisser tomber.

- Tu es fort, sourit Shun. Dormons un peu, je dois te raccompagner plus tard.

- Aokiji… c'était lui n'est-ce pas ?

- Oui.

- Pardon, je… c'est un collègue à Cora' il venait manger à la maison. Il a dû s'arrêter pour prendre une bouteille ou autre chose, sourit sans le vouloir Dracule de la gentillesse de l'homme.

- Oui il est très gentil, fit Shun comprenant son homme. Il est attentionné mais parfois, son travail lui impose certaines règles contre lesquelles lui-même ne peux rien faire. Ne crois pas que je le hais. C'est vrai que je l'ai traité d'une certaine façon d'assassin mais je sais que c'est faux. C'est juste que quand je l'ai vu… je me suis sentit malade je ne peux pas encore lui faire face. J'ai trop fui mon passé pour le voir ressurgir comme ça.

- Je comprends. Tu ne devrais pas le revoir.

- Merci.

Les deux se câlinèrent encore un peu avant de s'endormir du sommeil du juste.


C'était l'anniversaire de Law. Il faisait ses huit ans. Cora' avait invité plein de monde, toute l'après-midi il y avait eu des enfants de leur classe. Le soir, il devait y avoir un repas plus adulte. Law avait demandé à faire venir le docteur Shun avec le soutien de Sanji et Zoro. Mihawk avait été ravi que celui-ci accepte. Cette année la vie des deux avait été mouvementée. Ils avaient eu plein de formations et de congrès. Dracule avait même reprit sous les encouragements de Shun les compétitions. Et certains week-ends il partait pour cela. Il s'entrainait aussi beaucoup mais le docteur le massait divinement bien quand ils pouvaient se voir. Alors ce soir, il était très heureux de pouvoir passer une soirée avec lui, même si ce n'était pas en tête à tête. Là il cuisinait finissant les derniers préparatifs. Shun n'allait pas tarder. Il entendit sonner et Cora' cria qu'il allait ouvrir, alors il ne se pressa pas, tout le monde était là. En fait, tous en avaient profité pour inviter des amis, mais aucun ne vint. Alors Shun était le seul invité. Il sortit tout souriant de la cuisine pensant trouver son amant et à la place dans son salon il découvrit une personne qu'il espérait ne jamais revoir surtout pas dans cette situation.

- Drac' je te présente mes collègues Aokiji et Smoker.

- Bonjour, fit Dracule blanc comme un linge. Je croyais que vous ne pouviez pas venir, déclara-t-il d'une voix froide et plutôt accusatrice.

- Drac' tu n'es pas très poli, le sermonna Cora' qui ne comprenait pas son ami.

- Ce n'est rien je comprends, fit Aokiji, je suis désolé la dernière fois je n'ai pas pu me présenter.

- Je sais qui vous êtes ! Tonna la voix de Dracule, il voulait être plus gentil mais là dans sa tête la seule chose à laquelle il pensait était l'arrivée imminente de Shun. Et lui avait plus ou moins promis qu'il ne le reverrait pas. Et cette année il avait réussi. Pardon je… je ne vais pas pouvoir rester.

- Shun doit venir ? Questionna le policier.

- Oui, et il ne souhaite pas vous voir. Il… il ne vous en veut pas mais quand il vous voit ça le rend malade. Réellement.

- Je peux comprendre, merci de prendre soin de lui. Vous devriez le rejoindre. Pourriez-vous lui dire que je lui demande pardon pour tout. Je n'ai pas eu le temps la dernière fois.

- Je… je lui dirais quand il sera prêt à l'entendre.

- Merci.

Dracule recula de quelques pas et puis fit volteface en courant jusqu'au dehors.

- Tu connais Shun ? Demanda Cora'.

- Oui. Il est médecin ?

- Oui, c'est celui du village.

- Bien, il a réussi.

- Il a eu des problèmes ? Questionna Shanks. Il…

- C'est la meilleure personne que j'ai rencontrée, fit Aokiji. Et je lui ai fait beaucoup de tort sans le vouloir. Je lui ai tout prit. Mais il a réussi et votre ami est là pour lui, tant mieux. Il doit être heureux pour lui de là où il est, murmura-t-il plus pour lui que pour les autres.

Personne ne posa de question pour savoir qui était ce « il » et le « là où il est ». Doffy proposa d'aller prendre un verre pour l'apéritif. Shanks râla. Cro' lui s'inquiéta il n'avait pas vu souvent son ami aussi blanc. Kuma partit chercher les enfants. Cora' entraina ses collègues vers la table à manger lui aussi se souciait de son ami, mais aussi de son collègue et même un peu du médecin.

Dehors Dracule courrait jusqu'au portail. Il ne savait pas quoi dire ni quoi faire. En sortant il tomba nez à nez avec la voiture de Shun. Celui-ci s'arrêta et le brun aux yeux dorés s'engouffra dans l'habitacle.

- Allons ailleurs !

Shun le regarda et rigola. L'homme était sorti sans prendre de veste et il avait l'air d'avoir couru. Il caressa sa joue et l'embrassa tendrement.

- Je t'aime Dracule Mihawk et si tu es avec moi je peux tout affronter.

- Shun, tu n'es pas obligé.

- Si. Dracule je… je veux avancer pour toi. Pour pouvoir t'aimer correctement et aussi… Shun sortit un objet de sa poche de veste. Cela fait un moment que je l'ai mais je n'avais pas trouvé le bon moment. Mais en y réfléchissant il n'y a pas de moment ou d'endroit idéal alors… il le fixa un moment ouvrit la boite et un magnifique anneau doré trônait dedans. Veux tu m'épouser ? Je t'aime. Après Adam je pensais que… je veux fonder une famille avec toi. Je veux vivre avec toi et les enfants, même ici cela me va. Et je veux adopter Zoro et Pérona et les autres si tu veux. Je…

- Oui, le coupa-t-il d'un baiser, moi aussi je veux tous cela. Mais… faut d'abord que j'en parle à Shanks et aux autres. Il regarda Shun lui sourire. Ok on s'en fout, passe-moi l'anneau au doigt.

Shun sourit un peu plus et le lui mis. Il était enfin à lui.

- Maintenant allons affronter nos démons les uns après les autres.

Mihawk fit « oui » de la tête. Shun amena la voiture près de l'entrée. Ils en descendirent et entrèrent ensemble dans la demeure de Dracule. Les deux vinrent dans la salle à manger. Il y eut un gros blanc et les enfants sautèrent sur le docteur. Celui-ci les prit chacun dans ses bras avec plaisir. Ensuite, il vit Cora' revenir un peu triste.

- Law est dans sa chambre, il ne veut pas venir. Il…

- Trouve cela stupide et préfère finir son livre ? Demanda Shun.

- Oui.

- Puis-je lui parler ?

- Vas-y, fit Dracule en se souvenant du premier souvenir que lui avait raconté Shun.

Le docteur se dirigea vers la chambre du brun.

- Ça va pas, râla Shanks.

- Shanks faut qu'on parle ! Tonna la voix de Dracule. Il leva la main gauche et montra l'anneau à son doigt. Ça fait deux ans maintenant que je suis avec Shun et il vient de me demander en mariage. J'ai dit oui. Il va sûrement venir habiter ici. Il va aussi adopter Zoro et Pérona. Pour finir, tu vas venir écouter ce que Shun va dire à Law. Les enfants, allez jouer au salon on vous appelle quand on passe à table.

Zoro entraina les autres enfants dans le salon et Dracule entraina les adultes vers la chambre de Law.

Shun arriva devant la chambre de Law, il le regarda lire un moment. Il sentit un mouvement dans son dos. Il savait que les adultes allaient venir, alors il les avait un peu attendu. Il entra doucement dans la chambre, il prit le livre des mains du gamin.

- Peut-on parler ? J'aurais une histoire à te raconter.

- Une chirurgie ?

- Oui, celle de ma vie. Shun prit l'enfant dans ses bras et l'assit sur ses genoux. Il lui raconta la même histoire qu'à Dracule presque un an avant. Tu vois Zoro à raison, la vie est le plus important.

- Vous allez épouser oncle Dracule ? Zoro et Sanji ont dit que vous étiez ensemble.

- C'est en projet, il a dit « oui » à ma demande.

- Super, Zoro va être content.

- Je l'espère.

- La chirurgie ne vous manque pas ?

- Si, parfois… mais quand je suis avec Dracule ou vous les enfants je… je me dis que la vie vaut d'être vécue. Tu sais les dix-huit premières années de ma vie j'étais seul. Seul Adam a compté pour moi. Les dix-sept d'après j'ai fuis mon passé. J'ai toujours regretté mes derniers mots à mes parents, je ne veux pas que cela t'arrive. Mais heureusement pour moi, ces deux dernières années, j'ai compris ce que cela veut dire d'être vivant, d'aimer et de faire confiance à autrui. Je n'ai jamais été aussi heureux et je veux que cela continue.

- Moi aussi. Je… c'est dur de dire je t'aime.

- Non, Adam et Zoro m'ont appris, tu prends par le col la personne avec qui tu veux parler et tu lui dis je t'aime. Tu peux rajouter un bisou sur le front.

- Ok allons-y ! Fit Law en souriant.

Les deux sortirent, les adultes étaient repartis dans le salon. Law arriva devant Zoro et le toisa un long moment. Sanji se mit à côté de Shun.

- Il fait quoi Law ?

- Il essaie de faire passer un message à Zoro. Mais pour lui c'est dur de dire je t'aime.

- Oui, c'est vrai.

Shun s'accroupit par terre à ses côtés et lui expliqua ce qu'il lui avait conseillé de faire sur le ton de la confidence. Le blond rigola de son cousin.

- Sanji, Law m'a dit que toi et Zoro vous avez parlé de moi et Dracule. Ça n'a pas l'air de te déranger ? demanda-t-il toujours encore sur le ton de la confidence.

- Non.

- Tu sais pour ton père et…

- Oui.

- Tu sais Dracule m'a dit que tous vos pères vous avez adoptés, donc tu es déjà son fils.

Sanji sourit et alla voir Crocodile et le tira à sa suite. Il le fit se mettre à genoux à côté de Zoro et le prit par le col et le fixa intensément.

- Je t'aime papa, dit-il avant de l'embrasser sur le front. Tu vois c'est facile fit le blond au brun.

- Zoro, fit Law. Merci et je te vois, je te verrais toujours. Je t'aime ! rajouta-t-il avant de l'embrasser sur le front.

Zoro ne dit rien et alla se cacher dans les bras de Dracule étant légèrement ému. Crocodile lui aussi était ému par la déclaration de Sanji. Il repartit vers les autres adultes. Shun lui leva ses deux pouces en signe de victoire et fit un clin d'œil à un brun et un blond qui pour une fois avait dit le plus profond de leurs sentiments.

Ils passèrent ensuite tous à table. Law prit son père dans ses bras et s'excusa pour tout à l'heure et lui dit qu'il l'aimait aussi. De nombreuses discussions se firent puis Law posa une question à Shun.

- Pardon de demander cela mais vous… non pardon.

- Si, vas-y ?

- J'aurais aimé savoir si vous aviez une photo d'Adam.

Shun se leva et partit dans le vestibule. Tous crurent qu'il partait mais il revint avec son porte-monnaie. Il en sortit trois objets.

- Tiens, c'est les seules photos de lui. On les a prises le jour de ma demande en mariage.

- Oui je vois vos bagues. Il avait l'air gentil.

- Oui très gentil. Et pour les bagues, si tu veux les voir de plus près, elles sont là. C'est tous ce qui me reste de lui. Shun les pris en main et sourit. Je n'avais que ça à l'époque.

- C'est sûr, celle-là est mieux, fit Sanji en montrant celle au doigt de Dracule. Dit papa tu comptes faire le même cadeau à Cro' ?

- De quoi tu parles ? fit Shanks.

- Et bien depuis trois ans papa et Cro' sont ensemble à ma connaissance.

- Ça fait au moins six ans qu'on est ensemble, expliqua Doffy.

Tous les regardèrent estomaqués pendant que Dracule et Shun se mirent à rire.

- Au fait, merci pour le film de l'an dernier, sourit Shun.

- Tais-toi ! Fit Dracule rouge de honte.

Shun rigola et les deux autres aussi comprenant l'allusion. La soirée se passa tranquillement et se termina quand les policiers et Shun rentrèrent chez eux. Shun était heureux, après avoir couché les enfants il avait réussi à parler avec Aokiji, sans être malade. Il avait même apprécié de discuter avec lui. Il rentra donc serein pour la première fois de sa vie. Il allait épouser Dracule et fonder une famille avec lui et ses enfants. Il était des plus heureux.