Bonsoir,

Ce soir je vous offre un nouvel OS Shun/Mihawk. J'espère que cela vous plaira. Faites le moi savoir. J'aimerais savoir lequel des OS vous avez préféré ? Bonne lecture biz à bientôt pour un autre Peace'.


Justes des baisers et plus si affinité.

OS 7 :

Il soupirait de fatigue. Ces cours de mathématiques l'ennuyaient au possible. Pas qu'il ne comprenait pas, si ça, ça allait. Non, lui il préférait la littérature et surtout écrire. Depuis petit il avait toujours l'esprit vagabond. La lecture d'un bon livre le faisait s'évader, tout comme la rédaction d'un nouveau texte. Mais depuis trois ans une autre chose le distrayait et le rendait assez rêveur. C'était son voisin. Il avait emménagé avec ses parents à ce moment-là. A cette époque il avait treize ans. Il se souviendrait toujours d'avoir comme aujourd'hui passé son regard vers la maison d'en face. Un gros camion de déménagement était devant. La demeure était vide depuis six mois alors cela l'avait intrigué. Il avait passé du temps à observer les déménageurs s'activer pour remettre de la vie dans l'habitat. Puis le soir il avait vu apparaitre une famille de trois personne. Des parents et leur fils, celui-ci avait l'air d'avoir son âge, mais ce qui l'avait le plus marqué était qu'il vivait sur un fauteuil roulant. Tout comme lui, il vivait avec un handicap.

Alors depuis ce jour il avait tendance à le regarder par la fenêtre. Surtout qu'il avait eu la bonne surprise de voir que son voisin était dans la chambre en face de la sienne. Seulement une route les séparait. Pour les gens normaux c'était si anodin et ils pouvaient la traverser tranquillement. Mais pour lui, cela était une barrière infranchissable. Et au vu du peu de fois où le jeune homme sortait de chez lui, cela devait l'être aussi pour lui. Alors il l'observait de loin et s'inventait plein d'anecdotes sur lui. Histoires qu'il avait plaisir à coucher sur le papier soit avec un beau stylo sur une feuille blanche. Soit qu'il tapait sur son ordinateur, cela dépendait de son humeur ou de son temps.

Il soupira de nouveau tout en s'étirant et sourit de le voir si assidu sur son travail. Il aimerait être plus comme lui. Mais peut-être que lui aussi faisait autre chose et s'évadait. Peut-être qu'il dessinait ou écrivait comme lui et non pas qu'il s'embêtait avec des mathématiques qui ne serviraient à rien dans leur avenir. Il rigola, une fois de plus son esprit partait vers une vie ou il le connaissait. Au fond, il ne savait rien de lui, sauf qu'il était brun, que de loin son regard avait l'air envoutant et surtout triste. Qu'il devait avoir seize ans comme lui, qu'il sortait peu et juste en ambulance pour aller à l'hôpital une fois par trimestre et qu'il était bloqué dans un fauteuil roulant. C'est pour cela qu'il avait été des plus surpris que sa chambre soit en face de la sienne car elle était au premier étage, tout comme la sienne.

C'est sûrement pour tout cela que pendant ses temps de pause son regard le cherchait souvent. Avec le temps il voulait en savoir le plus possible sur lui et sa vie. Il sourit, en repensant que quoi qu'il arrive, pendant tout ce temps, jamais ils n'avaient croisé leurs regards et jamais ils n'avaient communiqué ensemble d'une quelconque façon. Il se sentit si bien de le voir là tranquille. Sa mère lui parlait et lui offrait une collation pour le goûter. Au début, il avait été jaloux de cette proximité puis il s'était aperçut que ce n'était qu'un leurre. Effectivement, il ne voyait presque jamais son père et sa mère, même là, le toucher. Aucun contact physique. Cela avait l'air de plus en plus douloureux pour lui. De plus, personne ne venait jamais le voir. Sûrement qu'avant il habitait loin d'ici et qu'aucun de ses anciens camarades ne pouvait venir jusqu'à lui. Ses parents avaient fait le choix de lui faire cours à la maison. Tout comme pour lui. Bon, il l'avait assez regardé pour le moment et il retourna à ses propres devoirs.


Il en avait assez de cette chambre. Cela faisait maintenant trois ans qu'il était cloitré dedans. Pour son « bien », d'après sa mère. Elle lui disait toujours avec un sourire chaleureux mais surtout désolé pour elle. Il avait bien compris, qu'il avait détruit toutes ses illusions pour son avenir. Mais devait-il payer pour une chose qui n'avait même pas été sa faute.

Au début, il avait été en colère, puis la tristesse avait pris place. Tout son monde s'était peu à peu effondré. Ses amis lui avaient tourné le dos et sa famille ne le regardait que parce qu'il le fallait, pour faire bonne figure. Il y avait trois ans de cela, en venant ici on lui avait promis une nouvelle vie et un meilleur environnement. Il y avait cru, avant de voir la réalité. Il était maintenant prisonnier de sa chaise roulante et de sa chambre. Ses parents l'avaient confiné à l'étage comme un paria et le sortait qu'une fois tous les trimestres. Cela devait vraiment être dur pour eux d'avoir un handicapé pour fils. Il était entré doucement dans une dépression quand sur un coup de colère il avait voulu tout foutre en l'air. Il avait ouvert sa fenêtre et avait attrapé un objet mais s'était arrêté. Il l'avait vu par la fenêtre de l'autre côté de la rue. Il chantait et dansait. Son corps se mouvait avec élégance. Il avait l'air si heureux mais lors d'un instant il l'avait vu tousser et s'arrêter en pestant. C'est ce qu'il avait compris de son langage corporel. Puis, il l'avait vu s'asseoir sur une chaise à son bureau et se mettre au bureau. Il avait l'air d'avoir son âge, brun comme lui. Cela l'avait fait rire et il avait refermé sa fenêtre. Tout compte fait peut-être qu'ici il pourrait trouver un nouvel ami.

Avec le temps, il l'avait souvent observé. Au début, il avait été triste de ne jamais le voir sortir. Et un jour tout avait pris sens. Il était sorti pour monter dans une ambulance. Il avait un respirateur, ce qu'il n'avait pas dans sa maison. Alors l'air extérieur devait lui faire du mal et la maison devait avoir un air approprié pour lui. Donc ses illusions de s'en faire un ami tombait à l'eau mais cela n'était pas si gênant. Il s'en voulait même d'être si stupide. Jusque-là il avait été jaloux de le voir bouger devant la fenêtre, alors qu'au fond il devait être encore plus prisonnier que lui dans cette chambre. Il ne pouvait jamais ouvrir la fenêtre et respirait du bon air frais, mais juste de l'air aseptisé. Il soupira. Son ami en rêve était aussi un handicapé.

Il n'avait pas été déprimé pour autant se donnant même du courage. Se disant que peut-être un jour il traverserait cette foutue rue et irait se présenter à lui. Mais en trois ans, il n'y était pas arrivé, remettant à plus tard et toujours à une autre fois. Il en avait inventé des excuses, tout comme des façons de dire bonjour. Pendant tout ce temps il s'était fait plein de films. Il espérait qu'un jour il lui parlerait. Peut-être que les ambulances viendraient le même jour pour eux et à la même heure et l'air de rien il lui dirait « Hey ! bonjour ça va, on se retrouve là-bas ? », ouais un truc cool et sympa. Ou « La prochaine fois on fait le chemin ensemble ? ce sera plus pratique pour tout le monde ». Il pensait cela mais peut-être qu'ils n'allaient pas au même hôpital. Ou qu'il ne voulait pas avoir d'ami comme lui, cloué à un fauteuil. Il soupira, il était juste lâche.

Là, il l'observait encore, il avait l'air concentré. Lui, avait l'air plus courageux. Surtout qu'en plus de son handicap, il avait ses parents. Au début, il les croyait aimants sa mère lui faisant beaucoup de câlins. Mais avec le temps il avait compris une chose, ce n'était pas de l'affection mais des demandes de pardon. Il avait assisté plus d'une fois à son père le frappant. Pas une petite frappe non plus, une bonne correction. Il avait voulu en parler avec ses parents, mais ils lui avaient dit que s'était mal élevé de regarder les autres dans leur vie privée et qu'il ne fallait pas se mêler de ça. A plusieurs reprises il avait voulu prendre le téléphone et appeler la police mais sa mère avait tout fait pour qu'il ne puisse pas y accéder. Alors il priait pour lui en silence et parfois il pleurait pour lui. Un jour il irait, il se le promettait. Il serait son héros.

Il alla se coucher, son ami de l'autre côté de la rue venait d'en faire de même. Dans ses rêves ils seraient tous les deux heureux et couraient dans les champs à l'aventure. Ils feraient comme Peter Pan ou Indiana Jones. Qu'est-ce qu'il aimait s'évader dans ses livres. Il aimerait aussi être un détective comme Sherlock Homes et avoir son Watson. Un coéquipier pour élucider les plus grands crimes. Etre un vrai héro. Voir peut-être un Avengers ou un X-men comme dans les bd qu'il lisait. Avoir plein de pouvoirs ou une armure comme Tony Stark qui lui permettrait de marcher, voler et bien d'autres choses. Il s'endormit excité de savoir où son sommeil le mènerait cette nuit. Est-ce que de l'autre côté de la rue l'autre brun aussi aimait lire et voudrait une vie héroïque. Savait-il au moins s'il existait ? Non sûrement pas, pourquoi l'aurait-il aperçu ? Il faudrait vraiment qu'il aille un jour se présenter, mais ce soir il faut qu'il dorme.


- Toc, toc. Je sais que tu es là. Tu vas bien ? Je m'inquiète.

Il avait réussi, on était samedi et il était devant la maison de son voisin. Là il frappait à sa porte. Il était en stress. Le soir d'avant il avait vu par la fenêtre une violente dispute entre lui et son père. Celui-ci l'avait frappé avec une ceinture et l'avait laissé dans le noir le plus complet. Ensuite, il avait attendu un peu mais pas une lumière ne s'était rallumée. Alors, il s'était couché une boule au ventre.

En se levant ce matin, il avait regardé dans la chambre de l'autre. Il ne l'avait pas vu par la fenêtre ce qui l'avait fait se questionner et surtout s'inquiéter encore plus. Sa mère était venue lui amener son petit déjeuner et lui avait rappelé qu'elle et son père partaient pour le week-end. Il en avait soupiré d'aise quand elle avait quitté la pièce, pour une fois il pourrait faire comme il l'entendait. Il allait avoir deux jours de libre. Toute la matinée il l'avait passée à lire en observant la chambre. Mais l'autre n'était pas apparu, même quand ses parents étaient partis vers dix heure du matin une petite valise en main. Cela arrivait souvent mais le jeune homme se mettait près de la fenêtre et tapait frénétiquement sur le clavier de son ordinateur. Vers midi, il descendit manger grâce au système robotisé sur l'escalier. Puis en remontant il ne le voyait toujours pas. Vers quatorze heures cela avait été trop dur pour lui. Il avait sauté le pas. Dans un élan de courage, il était descendu et avait ouvert la porte et s'était débrouillé pour la fermer à clé. Ensuite, il avait pris une grande inspiration et avait traversé cette foutue rue et là ça faisait dix bonnes minutes qu'il était en train de frapper à cette porte et d'attendre que l'autre lui réponde.


- Toc, toc.

Il se réveilla au son de coup sur la porte d'entrée. Il était allongé sur le ventre, sur son lit. Cela le surprit car il se souvenait s'être évanoui sur le sol après la raclée de son père. Dans la nuit il avait dû sûrement bouger dans un semi-coma. Qui pouvait taper ainsi chez lui. Personne ne venait jamais et ses parents n'étaient pas là. Il se releva avec difficulté, attrapa sa bouteille et son masque d'oxygène et descendit tranquillement l'escalier, son corps lui faisait un mal de chien.

- Toc, toc. Je sais que tu es là. Tu vas bien ? Je m'inquiète.

Qui cela pouvait-il être bon sang ? Il ne connaissait personne sauf ses parents et son médecin. Alors qui pouvait s'inquiéter pour lui ? Sans un bruit, il rejoignit la porte et s'assit en son pied. En plus les coups avaient l'air d'être près du sol.


Les deux jeunes hommes étaient assis de chaque côté de la porte. Ils s'écoutaient respirer. Celui dehors avait entendu celui dedans, cela l'avait rassuré mais pas trop. Un long moment passa ainsi et celui dans la maison prit la parole.

- Je vais bien, dit-il entre deux respirations.

- Oh tant mieux ! souffla soulagé le jeune homme. Même s'il trouvait la voix de l'autre un peu bizarre. Tu n'étais pas devant ta fenêtre alors je me suis inquiété surtout après hier soir.

- Tu es qui ? Demanda celui à l'intérieur.

- Oh pardon ! Je suis Dracule Mihawk ton voisin. La fenêtre de ma chambre donne sur la tienne et j'ai l'habitude de te voir assis à ton bureau.

- Tu es le jeune homme en fauteuil roulant ?

- Oui. Pardon je ne voulais pas te faire peur. Dracule se dit qu'il en avait peut-être trop dit. C'est pas que mais… que pouvait penser l'autre de son voyeurisme. Car c'était à ça que cela ressemblait dit ainsi.

- Tu ne me fais pas peur. Je suis Shun Hachiko. Moi aussi je te regarde par ma fenêtre. Dis-moi tu as fait comment pour monter sur mon perron ?

- Je suis descendu de mon fauteuil et je me suis hissé sur les marches. Et toi tu as une drôle de voix ?

- Je respire avec mon masque, je… seule ma chambre a un air filtré. Ça coute trop cher. Tu voulais dire quoi par rapport à hier soir ?

- Pardon, je suis désolé… j'aurais dû… pardon.

- Non j'ai compris. Tu n'as rien à te reprocher. Ta vie non plus n'a pas l'air facile. Shun entendit un bruit. Ne pleure pas. Tout va bien. Je dormais.

- Pardon.

- Non, merci. Drac'… je peux t'appeler ainsi ?

- Oui.

- Tes parents ?

- Ils sont partis comme les tiens.

- Tu veux rentrer ?

- Je peux ?

Shun lui donna quelques instructions et se releva il ouvrit la porte et comme convenu il enjamba le jeune homme qui se traina à l'intérieur. Il alla récupérer le fauteuil au pied des marches du perron et revint à l'intérieur. Il ferma à clé. Il monta le fauteuil dans sa chambre et redescendit rapidement.

Dracule le regarda faire, il était espanté par tant de vigueur et de force, ainsi que d'habilité malgré la bouteille d'oxygène et le masque. Quand il était revenu vers lui, après avoir monté son fauteuil, il avait vu la bouteille d'oxygène accroché dans son dos. Le jeune homme s'était alors accroupi devant lui et l'avait soulevé. Il avait émis un son des plus bizarres de surprise faisant rire son porteur. Il s'était ensuite accroché instinctivement et de honte s'était caché dans le cou de Shun. Celui-ci n'avait rien dit et en silence lui avait fait grimper l'escalier. En haut de celui-ci il y avait une grande toile transparente.

- Dedans il va y avoir un grand souffle qui va nous purifier. A l'intérieur ça sent comme dans les hôpitaux. Mais on s'y fait.

- Il n'y a pas de filtre avec odeur ?

- Ils sont trop cher.

La discussion s'arrêta là, Dracule comprit que ses parents ne faisaient pas cet effort. Shun entra dans la tente et l'air se déclencha. S'était fort et bruyant. Quand se fut fini ils entrèrent dans la chambre et Drac' la découvrit. Elle était immense et faisait tout l'étage. Elle possédait un grand lit deux places et un bureau à la fenêtre. Il y avait une grande bibliothéque, il fut ravi. Mais aussi du matériel sportif et une porte sûrement la salle de bain.

Shun sourit de le voir si curieux alors il fit le tour de la chambre et lui montra aussi la salle d'eau avec les toilettes, la douche et la baignoire. Il l'amena ensuite dans son lit où il le déposa délicatement et l'installa confortablement. Il repartit dans la salle de bain et revint avec un tube dans les mains. Il le tendit à Dracule et le rejoint sur le lit il retira son t-shirt et vint s'agenouiller au-dessus de son bassin dos à lui.

- Si tu veux m'aider, tu peux me passer de la crème là où c'est rouge, s'il te plait ?

- Shun…

- Ouais, je sais il n'y a pas été de main morte. C'est ma faute. Je l'ai énervé.

- Il n'aurait pas dû. Ce n'est pas une raison.

- Ouais t'as raison. Mais il… il a traité ma mère de pute et je lui ai dit que j'avais alors peut-être la chance de ne pas être son fils. Et cela l'a rendu très en colère. Ils sont alcooliques alors c'est vrai que ce n'est pas tous les jours facile.

- Moi, ils sont sobres et pourtant…

Shun se retourna et passa une main sur la joue de l'autre qui sursauta à ce contact. Il fit glisser ses doigts dans le cou et descendit le long du bras. Il prit sa main et l'amena à sa bouche, là il la baisa. Dracule rougit. Shun sourit et alla baiser son front puis son nez et enfin lui donna un chaste baiser sur la bouche.

- Je sais, il ne te touche pas, mais moi je n'ai pas peur de le faire.

- Merci.

Shun sourit et l'embrassa à nouveau sur la main et se retourna une nouvelle fois. Dracule regarda les coups de ceinture sur le dos et les bras il lui étala de la crème dessus. Ensuite il regarda Shun se mettre en caleçon et se crémer à d'autres endroits. Puis il vint s'asseoir à ses côtés. Les deux se regardèrent un long moment en silence.

- J'aime le doré de tes yeux.

- Et moi le bleu des tiens.

Les deux se sourirent et continuèrent de parler. Se posèrent les questions qui leur passaient par la tête depuis le temps qu'ils attendaient cela. La discussion dura des heures. A la nuit tombée, Shun descendit faire le repas et laissa Dracule tranquillement sur son lit. Il lui avait prêté un bon livre de sa bibliothéque que l'autre n'avait pas encore lu. Il était remonté avec la collation au bout d'une grosse demi-heure. Les deux avaient mangés sur la table du salon improvisé de la chambre de Shun. Ils avaient encore continué à parler de tout et de rien. Après avoir débarrassé la table, ils avaient repris la lecture d'un livre et était partit se coucher. Shun avait embrassé sur les lèvres Drac' et l'avait pris dans ses bras.

Dracule s'était laissé faire, ce sentiment d'être choyé et ses baisers doux ranimaient son cœur. Ce soir-là, il s'endormit comme une souche, il ne pensa à rien car il était dans les bras du seul être qui peuplait ses pensées.


Le lendemain matin les deux jeunes hommes se réveillèrent tranquillement. Shun après avoir bien prit ses médicaments, prit Dracule dans ses bras. Il le transporta vers la salle d'eau et l'aida à se déshabiller.

- Tu fais quoi ?

- Hier je t'ai laissé te débrouiller, mais je sais que tu as galéré, alors là, je t'aide.

- Mais tu… je vais… tu…

- Pas de problème pour moi. Alors quand t'as besoin de quoi que ce soit n'hésite pas, même pour ça. Surtout pour ça.

Dracule rougit et se laissa faire. Il se retrouva sur les toilettes et Shun le retenait. Il avait honte et en même temps il se sentait un peu plus à l'aise que le soir. Pour lui certains gestes du quotidien pouvaient devenir un enfer et avoir un peu de soutien le rassurait. Jamais ses parents ne l'auraient aidé comme ça. Au début il se faisait dessus ne sachant pas se gérer et ils le regardaient presque avec dégout et le laissait se changer seul même si cela durait des heures car il n'avait pas encore le coup. Il avait d'abord pensé que c'était pour son bien, pour l'aider à reprendre son autonomie. Jusqu'au soir où il avait entendu son père dire que c'était dégoutant et honteux de voir son fils si pathétique et qu'il aurait mieux valu qu'il ne s'en sorte pas.

- Dracule ça va ? Se renseigna Shun qui le vit se mettre à pleurer.

- Mon père aurait préféré que je meurs dans l'accident.

- Moi non, je n'aurais pas eu la chance de te rencontrer. Tu es mon premier ami et sûrement le seul. Et puis je n'aurais pas eu une si bonne source d'inspiration.

- Tu me laisseras lire tes écris ?

- Oui.

Shun l'aida à se rhabiller et le ramena au lit. Il lui rendit le livre et s'harnacha sur le dos de sa bouteille d'oxygène. Il descendit préparer le petit déjeuner.

Vers onze heure Shun disparut dans la salle d'eau et Dracule entendit de l'eau couler. Il le regarda faire plein d'allers-retours entre la chambre et la salle de bain. Puis le jeune vint le voir.

- On va prendre un bain. Je suis sûr que cela fait un bail que tu n'en as pas pris un.

- Ouais mais…

- C'est bon j'ai dit « on ».

Dracule rougit mais accepta depuis qu'il avait vu la baignoire l'après-midi d'avant il en rêvait. Shun les déshabilla et les mit dans la baignoire. Il fit de son mieux pour ne pas l'incommoder et fit comme si ses jambes pouvaient ressentir de la douleur. Les deux discutèrent un long moment et se détendirent dans l'eau chaude. Shun attrapa le savon et commença par le haut de son corps avant de faire celui de Dracule. Le jeune homme avait chaud et ce n'était pas l'eau. Son ventre le tiraillait dans le bon sens. Il se mordit la lèvre inférieure. C'était la première fois qu'il ressentait cela. Shun tourna sa tête et leur regard se croisèrent. Il l'embrassa doucement tout en glissant ses mains sur son torse. Dracule gémit dans leurs bouches.

- J'ai peur, dit-il après avoir mis fin au baiser.

Shun lui baisa la main en s'excusant. Ensuite il termina de le laver tout en se renseignant sur ses sensations au niveau de ses jambes et son entrejambe. Dracule répondit en rougissant de gêne. Il lui était difficile de dire qu'il était mort, même s'il ressentait encore le désir. Mais les jambes et organes génitaux étaient morts. Ensuite, il lui raconta comment à la sortie du collège il s'était fait faucher par une voiture. Un homme alcoolisé ne s'était pas arrêté à un feu rouge et avait dérapé sur l'abris bus où il était en voulant éviter une autre voiture.

Shun avait soupiré. Il pensa à ses parents. Un jour peut-être feraient-ils cela à un innocent. Il câlina le jeune homme dans ses bras et lui raconta que pour lui c'était une maladie qui avait détruit son système respiratoire et c'est pour cela qu'il devait vivre dans une sorte de bulle.

Les deux garçons sortirent de la baignoire et allèrent manger leur repas de midi. En milieu d'après-midi Dracule avait dû prendre congé de son hôte qui avant de quitter la chambre l'avait embrassé à pleine bouche et jusqu'à avoir une quinte de toux. Mais il ne regrettait rien. Il le remit sur le pas de la porte ou plutôt en bas de l'escalier du perron. Avant que Dracule ne traverse la rue il entendit.

- Juste des baisers, j'aimerais…

- Oui juste des baisers ça m'ira bien.

Les deux garçons rentrèrent chez eux avec le sourire aux lèvres.


Le temps passait et les deux garçons faisaient comme si de rien n'était. Là seule chose qui changeait pour eux été les week-ends ensemble. Ils avaient pris la décision de faire partir leurs parents de plus en plus souvent. Un signal était donné quand l'un des parents quittaient la maison pour les deux jours. Ils collaient un origami de couleur verte à la fenêtre et l'autre répondait avec un vert si les siens faisaient de même, sinon il était rouge. C'est ainsi qu'ils arrivèrent à se voir de plus en plus souvent. Sinon, ils s'écrivaient des mails ou des sms qu'ils effaçaient après lecture et avoir répondu. Ils avaient pris la décision que personne ne devait savoir pour eux. De toute façon qui voudrait savoir. Alors, ils vivaient leur amour en secret. Le mot était bien choisi car les deux avaient eu le coup de foudre l'un pour l'autre et adoraient échanger des baisers ensemble.

Depuis six mois ils avaient partagé une dizaine de week-end et en avait apprécié chaque seconde. Se contentant de lire, parler, et s'embrasser. Shun avait aimé les auteurs préférés de Dracule et celui-ci s'était plongé dans la lecture des textes de son petit-ami. Après, ils adoraient débattre sur tout, et surtout les petits détails. Shun s'amusait du perfectionnisme de son bien-aimé. Après chaque lecture il reprenait le texte et l'améliorait. Un jour il les enverrait peut-être à une maison d'édition. Il désirait devenir écrivain.

Dracule lui voulait devenir éditeur. Pour cela il faisait des recherches sur les filières à suivre pour réussir dans ce métier. De plus, maintenant il avait un écrivain à défendre. Ce qu'il aimait chez Shun c'est qu'il savait se renouveler. Il adorait traiter toutes les formes de textes. Historiques, scientifiques, autobiographiques, fantastiques ou encore science-fiction. A la première personne ou à la troisième. D'un point de vue interne ou externe il maniait tout à la perfection. On voyait qu'il faisait des recherches sur tous ces thèmes et cela avait fait de lui un véritable érudit. Il pouvait parler de tout et le faisait avec passion. Le lire était donc devenu pour lui un pur délice et il s'évadait si facilement. Il avait adoré toutes les histoires qu'il avait inventé sur lui quand il était le voisin de la fenêtre d'en face. Mais celle qu'il avait dévoré était celle écrite sur lui-même. Découvrir sa vie à travers ses écrits était aussi bien que l'écouter parler de lui. Grâce à cela, il avait vécu sa maladie, puis son enfermement et bien sûr sa rencontre avec celui d'en face. Lui.

Les deux passaient leurs temps allongés dans leur lit. Depuis six mois, ils en étaient restés aux simples baisers et cela leur suffisait. Ils voulaient prendre leur temps, ils avaient toute leur vie.


Un an qu'ils étaient ensemble. Ces derniers mois ils s'étaient vus plus souvent et avaient approfondis leur relation. Un soir Shun avait voulu faire une expérience et Dracule un peu gêné avait quand même accepté. Il avait d'abord trouvé le moyen de mettre son homme en transe. Pour cela il était parti de son cou et avait baisé tout son torse, jouant longuement avec ses mamelons, endroits très érogènes pour son amant. Ensuite il était allé plus bas sur son bas ventre et son nombril. Enfin, il le délesta de son bas et s'activa sur son bassin, il embrassa son entrejambe. Il vint cajoler son sexe mais rien ne se fit. Shun ne se démoralisa pas et continua. Il releva les jambes inertes de son amoureux et les plaça sur ses épaules. Il continua à baiser l'intérieur de ses cuisses. Puis alla vers son intimité. Il la lécha doucement et tendrement. Il entendit son homme chouiner, ce n'était pas à cause des sensations mais plutôt de l'embarras occasionnée par sa posture. Shun sourit. Il prit son temps pour aller plus loin. Il avait lu beaucoup sur les personnes en handicap moteur. Mais aussi sur la biologie et surtout sur comment satisfaire un homme. Il voulait donc vérifier une hypothèse.

Il introduit peu à peu un doigt en lui. Au début Dracule ne montra aucune réaction puis d'un coup il se tendit. Shun lui parla avec douceur lui expliquant deux/trois de ses lectures et ce à quoi il voulait arriver. Il le sentit se détendre un peu, alors il continua ses va et viens. Son homme émit un léger cri de surprise mêlé de satisfaction. Cela lui plut assez, c'est pour cela qu'il poursuivit son entreprise. Après de longues minutes à entendre son amant gémir de contentement, il entra un second doigt en lui et s'enfonça plus profondément dans son intimité. Shun de sa main libre parcourrait le corps de son amoureux tout offert à lui, jouant avec ses tétons et caressant son torse. Il faisait tout pour que Dracule se sente bien. Shun releva la tête vers son compagnon quand il l'entendit feuler de plaisir, leurs regards se croisèrent un instant où il lut du désir, du vrai désir. Il continua encore un long moment où le corps de Dracule fut mis sous tension avant de se détendre. Il cria quand il eut enfin un orgasme. Il n'éjacula pas mais son corps avait quand même été traversé par le plaisir. Shun était heureux de cela, il avait trouvé la façon d'amener du bien être à son amant. Il se rallongea au-dessus de lui et le câlina. Le jeune homme sous lui pleurait de joie.

Dracule avait été aux anges. Il venait d'avoir un orgasme, il n'en revenait pas. Il avait ressenti une sensation euphorisante. Après son accident il avait fait une croix sur sa sexualité, surtout avec son impuissance. Etant un jeune adolescent à l'époque, il pensait que jamais de sa vie il ne connaitrait le plaisir d'être touché, ni de ressentir ce que tout homme peut ressentir dans sa vie d'homme. Il pensait être puceau toute son existence. Ne jamais être un vrai homme. Mais Shun venait de lui prouver qu'il pourrait quand même avoir une vie sexuelle. Il en pleurait de soulagement et de contentement. Il avait voulu dire « merci » à l'homme qui le câlinait mais rien ne vint, il n'y avait aucun mot pour décrire ses sentiments et surtout pour dire « merci ». Il avait fermé les yeux et laissait son petit ami le bercer de doux mots et de tendres caresses. Il s'était endormi dans les bras de Shun.


Le lendemain matin ils avaient été réveillé par un étrange bruit. La bulle devant la chambre de Shun s'était mise en marche, cela voulait dire que quelqu'un allait entrer dans sa chambre. Il s'était relevé rapidement et avait recouvert son amant avant de se mettre en position de défense. Ses parents ne devaient pas revenir avant le lendemain alors il s'attendait à un cambrioleur, c'est pour cela qu'il fut surpris quand deux hommes entrèrent tranquillement et qu'il y reconnu son médecin.

- Bonjour, je ne te savais pas si protecteur, rigola son docteur en montrant du doigt son lit.

- Docteur Law, que faites-vous ici ? s'insurgea Shun n'aimant pas être moqué.

- Je te présente le docteur Chopper et j'imagine que le jeune homme derrière toi est son patient Dracule Mihawk.

Dracule avait émergé la tête de sous le drap, il était rouge de honte. Il regarda les deux docteurs. Puis Shun vint le prendre dans ses bras après l'avoir bien entouré du drap.

- On va se laver, vous pouvez attendre.

- On va préparer le déjeuner, répondit Law.

Les deux jeunes étaient allés dans la salle d'eau et quand ils en étaient ressortis, ils avaient pu se sustenter d'un bon petit déjeuner.

Les quatre hommes avaient parlé de la venue des médecins. Les deux s'étaient inquiétés de les savoirs seuls.

Chopper voulait voir si son patient avait besoin de quelque chose. Jamais auparavant il ne lui avait dit être seul. Mais à son dernier rendez-vous sa mère avait lâché l'information et il s'était inquiété.

Pour Law ça avait à peu près pareil, sauf que lui avait une autre raison de venir le voir, les bleus sur son corps. Il les avait aperçus lors de leur dernière rencontre.

Law avait aussi expliqué que lui et Chopper se connaissaient depuis un moment. En venant les voir ils s'étaient retrouvés par hasard dans la rue en face de chez eux. Chopper avait expliqué qu'il venait voir l'un de ses patients et d'après la description cela ressemblait au jeune homme dont Shun lui avait parlé. Alors ils étaient allés chez Dracule. Le jeune homme ne répondant pas Law avait soupçonné qu'il serait avec son patient. C'est pour cela qu'ils avaient tous les deux débarqués dans la chambre. Pour rentrer il s'était souvenu que Shun lui avait dit où trouver une clé si le besoin de rentrer se faisait sentir. Pour l'aider s'il avait un malaise seul.

Les deux adolescents l'avaient écouté. Puis Law avait décidé d'ausculter Shun. Le garçon s'était alors déshabillé devant eux tous. Il était couvert d'ecchymose.

- Que s'est-il passé ? s'affola Chopper.

- Mon père, déclara d'une voix neutre Shun.

- Mais il faut vous sortir d'ici, s'écria le médecin.

- Pour aller où ? demanda Shun. Croyez-vous que je puisse aller n'importe où ? Ce n'est pas la peine de penser aux services sociaux.

- Il a raison, coupa Law pour les futurs arguments de son confrère.

- Dans un an je serais majeur et je pourrais vivre ma vie. Tout ira bien, j'ai des projets et je ne suis pas le seul, fit-il en regardant Dracule en souriant.

Law avait souri et en avait profité pour poser des questions sur leur vie sexuelle.

- Law ce n'est pas très poli, murmura Chopper rouge.

- Ça va, c'est mon confident c'est la seule personne à qui je parle en dehors de mes parents et Drac'. Et il m'a donné quelques conseils qui ont très bien marchés merci.

- Merci, avait aussi chuchoté Dracule.

Law lui avait répondu d'un hochement de tête. Puis les deux docteurs avaient laissé leurs patients en amoureux.


On était début mars. Shun regarda sa montre, elle indiquait huit heures du matin. Il souffla de soulagement. Ils auraient tous le temps requis pour la mission du jour. Déménager !

Derrière sa fenêtre il observait un camion de déménagement se garer devant sa maison. Law était là et s'occupait de tout. Depuis le soir d'avant où ses parents étaient partis, ils avaient fait tous ses cartons avec l'aide de Dracule et du Docteur Chopper. Peu avant cinq heures du matin, Chopper et Drac' s'étaient éclipsés pour faire de même chez Dracule. Law était resté avec lui afin d'organiser les derniers détails pour l'emménagement dans le nouvel appartement. C'est pour cela qu'ils avaient tous fait une nuit blanche. Mais c'était nécessaire.

Depuis un bon mois ils avaient tout planifié. Shun avait fêté son dix-huitième anniversaire et avait demandé de l'aide à son docteur qui s'était empressé de dire « oui ». Il lui avait même dit qu'un appartement à côté du sien se libérait. Alors il l'avait aidé dans les démarches à faire. Etant handicapé il avait eu une aide financière de l'état. De plus, il y a quelque mois il avait envoyé un de ses romans à une maison d'édition et cela avait fonctionné. Le livre s'était vraiment bien vendu et il avait empoché une sacrée somme d'argent. Il en avait même profité pour trouver un stage pour Dracule dans la structure. Grâce à un nom de plume et l'ouverture d'un nouveau compte il avait pu cacher cela à ces parents. Cela n'avait pas été facile mais la maison d'édition et Law l'y avait aidé. Donc malgré le fait qu'à l'époque il était mineur, il avait quand même signé un contrat avec la maison d'édition pour ce roman et d'autres à venir et il en avait plein. Avec ce premier chèque il avait pu acheter l'appartement sans problème. Et après sa majorité il avait tout bien remis en règle. Il était donc indépendant.

Law avait profité du mois écoulé pour faire les travaux nécessaires à sa venue. Des filtres avaient été installé dans toutes les pièces de la demeure, ils avaient aussi réagencés l'appartement pour Dracule. Car bien sûr il ne partait pas sans lui. Ils avaient tous été soulagé qu'un mois ait suffit pour tout refaire.

Après lui et son amant avaient tout fait pour que leurs parents partent ce week-end. En effet mardi Dracule avait fêté ses dix-huit ans, alors comme ils étaient enfin majeurs tous les deux ils pouvaient fuir leurs domiciles. On pouvait bien parler de fuite, car leurs parents n'étaient au courant de rien.

Maintenant, il regardait de l'autre côté de la rue le Docteur Chopper et Dracule mettre les affaires de celui-ci dans le camion. Cela fut rapide, il n'y avait que ses vêtements et son bureau à mettre dedans. Pour lui ce serait plus long. Il prend avec lui en plus de ses habits, tous ses accessoires de sport, son lit, son bureau et tous ce qui l'aidait à respirer.

Quand tout fut fini il s'harnacha la bouteille sur le dos et mit son masque. Law vint le chercher et il grimpa à l'arrière de la voiture de celui-ci au côté de son amant. Chopper s'installa devant sur le siège passager. Shun retira sa bouteille pour la placer au sol à ses pieds.

- Prêt pour le grand voyage ? demanda Law.

Shun agrippa la main de son petit-ami et fit « oui » de la tête, tout comme Dracule. Les deux regardèrent en arrière et Drac' se mit à pleurer. Shun resserra sa prise sur la main de son amant et pleura aussi.

- Ça ne va pas ? s'inquiéta Chopper.

- Ils pleurent de joie, ils sont heureux d'enfin partir vivre leur vie, expliqua Law d'un ton neutre.

Dracule se pencha sur l'épaule de Shun et les deux hommes se câlinèrent en silence. Ils arrivèrent une demi-heure plus tard chez eux. Les déménageurs se mirent en action et en quelques heures leur appartement devint vivable. Il était deux heures de l'après-midi et ils n'avaient pas manger. Law leur proposa de venir se restaurer chez lui, en attendant que l'air de l'appartement soit purifié. Le matériel fut mis en route. Le repas se passa dans la bonne humeur. Les deux plus jeunes furent surpris d'apprendre que Chopper vivait avec Law, qu'ils étaient amants. Ils en furent tout aussi ravis. Vers dix-sept heures ils rentrèrent chez eux.


Devant l'appartement Shun se mit à rire et il sortit Dracule de son fauteuil et le prit dans ses bras.

- Idiot tu aurais pu t'asseoir sur moi, chouina Drac' qui n'aimait pas être la femme du couple.

Shun rit de plus belle et accéda à la requête, il ouvrit la porte et s'assit sur son homme. Dracule les fit entrer. Shun referma la porte et déclencha la ventilation. Quand le système se stoppa ils sortirent de sous la tente et arrivèrent enfin dans le salon. Shun retira son matériel respiratoire et en profita pour embrasser son homme. Ensuite, il visita l'appart avec Dracule. C'était la première fois qu'ils pouvaient le détailler. Il était parfait pour eux. Un grand salon décoré d'un canapé en cuir noir pour deux. Il pouvait se mettre en position allongé ce qui serait bien pour les jambes de Dracule. C'était le docteur Chopper qui leur avait choisi. Après il y avait une petite table de salon, un grand écran plat et une vitrine qu'ils pourraient remplir de leurs photos souvenir ou d'objets qui leur tiendraient à cœur. Ils n'avaient rien prit de leur passé, ne désirant se concentrer que sur l'avenir. Il y avait aussi une table à manger pour quatre. Le salon était ouvert sur la cuisine, avec juste un bar pour délimiter les deux. Bien sur tout à niveau de Dracule.

- Shun ça va faire bas pour toi.

- Mais non c'est bon. Et puis faut aussi que je reste le plus souvent assis, je m'épuise facilement.

- Oui c'est vrai, sourit le jeune un peu plus rassuré.

La cuisine était encastrée et organisée de façon que Dracule puisse y évoluer avec son fauteuil. Après il y avait un bureau avec un plan de travail pour chacun d'entre eux, ainsi qu'une grande bibliothéque. Là, ils avaient emmené leurs livres préférés mais il y avait encore plein de place pour tous ceux à avenir. Enfin ils avaient visité leur chambre avec la salle de bain qui se composait d'une douche et d'une baignoire. Elle était vraiment grande pour que Dracule puisse y bouger seul. Même si Shun ne bougerait jamais de la maison. C'était le paradis.

La pièce préférée de Shun était le salon avec sa grande baie vitrée. Ils étaient au second étage et il y avait un parc sous leur fenêtre. Alors pour une fois il pouvait voir le soleil et les fleurs tout en restant tranquillement chez lui. Il était vraiment bien dans son nouvel habitat. Dracule vint se placer à ses cotés et contempla avec lui le jardin en lui tenant la main. Les deux se remirent à pleurer en silence. Le temps passa et Shun s'assit fatigué sur Dracule, les deux se câlinèrent encore un long moment mais ne bougèrent pas de devant la fenêtre. Ils appréciaient le spectacle du printemps. Les couleurs, le soleil, les enfants qui jouaient avec leurs parents.

Au bout d'un moment Shun chuchota une phrase à Dracule et celui-ci rigola en obtempérant à la demande de son homme. Il les amena donc dans la chambre et Shun se releva et prit son amant dans ses bras. Il le déposa délicatement dans le lit, avant de venir le surplomber. Là les deux se câlinèrent et se déshabillèrent l'un l'autre tout en commençant de longs préliminaires comme à chaque fois qu'ils se câlinaient. Jusqu'à présent ils n'avaient pas vraiment fait l'amour jusqu'au bout. Mais avec le temps Shun avait réussi à faire oublier la honte de son corps inerte et rempli de cicatrices à Dracule. Le jeune homme s'offrait plus facilement à sa vue sans détourner les yeux ou rougir. Il avait aussi accepté le fait qu'il n'éjaculerait jamais et que son membre était mort. Tout comme le fait que la sodomie était un moyen pour lui de se sentir bien. Pour cela Shun avait même acheté des « jouets sexuels » pour les aider.

Mais jamais Shun n'était allé en lui. Ils n'avaient jamais fait qu'un. Attendant toujours le bon moment. Se disant qu'ils avaient le temps.

Dracule s'était parfois sentit un peu mal à l'aise par rapport à son amant. Effectivement ils faisaient tout pour découvrir sa sexualité et Shun restait en plan ou plutôt devait se satisfaire de fellation ou de masturbation, mais jamais de pénétration.

- Shun, murmura Dracule. J'aimerais…

- Oui, tout ce que tu voudras, sourit Shun afin de le rassurer et de l'inciter à continuer.

- On est enfin chez nous et… on va vivre ensemble comme un vrai couple… On est des adultes…

- Oui bien sûr ! Qu'y a-t-il ? Tu regrettes ? s'inquiéta d'un coup Shun.

- Non, non bien sûr que non. Je suis l'homme le plus heureux au monde. Je… Dracule inspira un grand coup et prit son courage à deux mains et continua, justement je voudrais qu'aujourd'hui on ne se contente pas de baisers et de caresses. Quand on s'est mis ensemble on avait dit « juste des baisers et plus si affinité ». On a commencé « le plus » avec moi mais pas avec toi. Shun… fais-moi l'amour. Viens en moi.

Shun ne répondit rien, regardant son amant un long moment en analysant les mots qui lui faisaient plaisir. Des larmes de joie coulèrent silencieusement sur ses joues, elles étaient venues contre sa volonté. Il était tellement heureux, mais en même temps il avait peur. Avec le temps, le désir pour son homme était monté et il s'était aperçut que celui-ci le dévorait. Il avait peur de devenir trop brusque et avait reporté cet instant le plus longtemps possible mais il ne pourrait pas le faire indéfiniment.

- Dracule je… dis-moi si je deviens trop brusque… j'ai… j'ai tellement envie de cet instant que…

- Haha ! le rire de Dracule coupa Shun. Tu ne seras jamais trop brusque et tu ne me feras pas de mal j'en suis sûr. Mais je suis ravi de t'entendre dire que tu me désire si passionnément.

- Tu n'as pas idée à quel point ! s'exclama Shun très sérieusement.

Pour prouver ses dires il agrippa la nuque de Dracule et releva sa tête vers lui afin de lui voler un baiser osé et goulu. Il ne s'arrêta que quand les deux ne purent plus respirer. Leurs langues avaient valsé sur un rythme endiablé, leurs bouches s'étaient touchées puis repoussées avant de revenir se mélanger. On aurait dit qu'elles ne voulaient faire plus qu'une. Les deux étaient à bout de souffles mais surtout très excités. De plus, leurs mains libres avaient continué leurs caresses sur tout leur corps. Shun délaissa un instant son homme et alla chercher des « jouets » dans la table de nuit. Il les y avait mis en rangeant la chambre en fin de matinée. Il revint vers son homme et à l'aide d'un gel lubrificateur il alla jouer avec l'anus de son homme. Il y introduit rapidement un doigt puis deux et en très peu de temps celui-ci réagit très favorablement au massage de sa prostate. Shun glissa sur le pénis de son homme un anneau vibromasseur qui n'allait rien faire pour lui, mais ils s'étaient aperçut que les ondes traversaient son corps et éveillaient plus les sensations au niveau de sa prostate. Dracule gémit et son souffle devint chaotique. Ses mains vinrent agripper la nuque de Shun et les ramena à ses lèvres. Un long baiser se fit avant que des paroles n'en sorte.

- Je suis prêt, ne me fais pas plus attendre. Shun ne… ne te retire pas à la fin, soupira Dracule en rougissant.

Shun l'embrassa avec passion tout en venant mieux s'installer entre ses jambes. Il se présenta devant son intimité et se masturba doucement avec le gel lubrifiant. Ses lèvres en profitèrent pour descendre sur son lobe d'oreille qu'il suçota, son cou, ses clavicules, ses tétons qu'il mordilla. Faisant pousser de légers cris de satisfaction à son homme. Il connaissait toutes ses zones érogènes, ayant pris le temps de les trouver et de les habituer à lui et à leurs désirs à tous les deux. Quand il s'immisça en lui, Dracule feula son nom et il repoussa légèrement sa tête en arrière en gémissant de plaisir. Shun continua son chemin en lui et s'arrêta quand il le sentit se tendre. Il reprit quand le regard de son homme le supplia de bouger. Il fit de lents et longs va et vient qui firent un bien fou à l'homme de sa vie. C'était tellement bon. Lui-même pour une fois feula de bien-être. C'était encore mieux qu'il ne l'imaginait. Shun vint se placer le plus possible au-dessus de son amoureux pour qu'il le caresse. Les deux hommes étaient en transe. Dracule fessa Shun afin de le faire accentuer ses mouvements en lui. Ce qu'il fit avec plaisir. Puis il sentit les deux mains de son homme venir enserrer son fessier. Il le laissa alors donner la cadence. Dracule le remercia d'un baiser et de quelques larmes au bord des yeux. Ils essayaient de tout faire pour que l'autre se sente aussi bien qu'ils se sentaient. Après un bon moment de partage et de tendresse les deux se déchainèrent une dernière fois et eurent un orgasme mutuel. Shun remplit l'intimité de son homme qui en ressenti de l'honneur.

- Maintenant c'est réel, han ! han ! on ne fait qu'un, haleta Dracule en pleurant de joie.

- Pas tout à fait mais j'aimerais y pallier si tu es encore en forme.

Dracule sourit, il aimait quand Shun avait ce regard qui disait « j'ai un nouveau jeu que tu vas adorer ». D'accord, il faisait aussi peur mais jamais il n'avait été déçu par les idées même farfelues de son amant. Il répondit donc « oui » de la tête.

Shun alla chercher un paquet cadeau qu'il tendit à Dracule. C'est vrai qu'il lui avait dit l'autre fois que son cadeau l'attendrait dans leur nouvel appart'. Il s'empressa de l'ouvrit et fut des plus surpris. Un nouveau gode et un gode ceinture. Ses yeux questionnèrent silencieusement son amant.

Shun sourit en lui retirant les objets des mains. Ensuite, il expliqua à son homme qu'il avait fait une commande un peu spéciale. Un gode adapté à lui. L'intérieur était vide, et avec la fonction vibromasseur. Dracule restait sceptique. Alors, pour plus de compréhension Shun se décida de se mettre en action. Tout d'abord, il lui retira l'anneau vibro du pénis qu'il lui avait mis un peu plus tôt. Après, il entra la verge de Dracule dans l'objet et le lui attacha autour de la taille. Il mit la fonction vibromasseur en marche. Cela ne fit rien à son pénis mais tout comme l'anneau auparavant cela stimula un peu sa prostate. Ensuite, il le suréleva et l'aida à venir le surplomber. Torse contre torse les deux s'embrassèrent encore et encore de nombreuses fois. Shun passa les jambes de son amant de chaque côté de son bassin et écarta les siennes. Puis, il s'empara du gel et en mit sur ses deux mains, avant que chacune des deux viennent détendre leurs deux intimités.

Dracule le laissa faire et le regarda assez surprit, mais confiant. Il savait que Shun allait encore une fois l'amener dans les méandres du plaisir. Quand il fut assez détendu Shun attrapa le nouveau vibromasseur qu'il mit aussi en marche et vint le mettre en lui avec douceur. Il se contracta un peu avant de feuler de contentement. Les deux vibros lui donnaient de bonnes sensations dans tout le corps. Son amoureux savait y faire pour le contenter au lit et en dehors. Il l'embrassa pour le remercier de tant d'attention.

Shun sourit de voir Dracule faire. Il attendit que les deux objets fassent assez d'effet sur le désir de son petit-ami avant de continuer. Quand cela fut fait, il les installa de façon que Dracule puisse le pénétrer et bien entendu qu'il puisse le faire se mouvoir en lui. C'est pour cela que tout comme Drac' un peu plutôt il agrippa les fesses de celui-ci et l'aida à le pénétrer. Il s'était assez bien préparé pour que le gode ne lui fasse pas trop mal. De plus, sachant qu'il allait faire cette expérience, il avait pris le temps ce mois-ci de se préparer souvent à la venue d'un objet comme celui-là. Il avait même essayé l'ancien ou une deux fois. Il serra quand même les dents quelques secondes et les lèvres de Dracule vinrent le réconforter. Son homme malgré la difficulté de se mouvoir dans cette position, n'ayant aucun appui sur ses jambes et laissant à Shun l'effort de le porter à bout de bras pendant tout l'acte. Essaya de le caresser avec ses mains afin de le détendre plus. Il l'en remercia d'un nouveau baiser. Puis quand il fut prêt il mit le postérieur de son homme en mouvement. Au début cela le brula un peu, mais peu à peu cela devint de mieux en mieux. Il se cambra et les positionna d'une meilleure façon afin de leur donner plus de plaisir. Il feula de contentement et agrippa mieux le postérieur de son homme, il accentua les mouvements, rapprocha ses mains du gode dans Dracule, monta la fréquence de vibromasseur et le fit bouger du bout des doigts. C'était sportif mais au cri de bonheur de son homme cela en valait la peine. Au bout d'un long moment les deux eurent un orgasme et Shun éjacula entre leur torse. Dracule s'affala sur lui et les deux se câlinèrent. Ils étaient exténués.

- Shun merci mais…

- Ça va et cela m'a donnée plein d'idées pour les prochaines fois.

- Oui, la prochaine fois.

Shun rigola les installa mieux dans le lit. Les deux s'endormirent épuisés.


La sonnerie retentit dans l'appartement. Dracule avait du mal à bouger. Il était là aux côtés de son homme qui debout devant la fenêtre pleurait en silence. La sonnerie retentit une nouvelle fois. Il trouva cela bizarre, seuls leurs voisins leurs rendaient visite et d'habitude ceux-là rentraient d'eux-mêmes. Il ne voulait pas lâcher la main de son homme, mais celui-ci le fit. Alors comprenant le message il alla ouvrir la porte. Il sursauta de surprise en voyant devant lui ses collègues de travail.

- Surprise, fit un roux un grand sourire aux lèvres.

- Shanks… Que… ?

- Tu as dit que c'était l'anniversaire de ton homme ce soir alors on s'est dit qu'on pourrait tous le fêter ensemble et nous voilà.

- Merci, cela me touche, mais…

- Un problème ? fit une nouvelle voix derrière le groupe.

- Aucun Law, Dracule fait les rentrer ça ira. Explique-leur pour l'entrée, cria Shun à travers la planche de bois qui servait de porte d'entrée.

Dracule sourit tristement et accéda à la requête. Il expliqua rapidement promettant plus de détails à l'intérieur. Tous entrèrent assez surpris. A l'intérieur, ils rencontrèrent pour la première fois Shun.

- Shun je te présente mes collègues Shanks, Crocodile, Doflamingo et son frère Rossinante.

- Enchanté, moi c'est Shun et derrière je vous présente nos docteurs et voisins Law et Chopper.

Tous se saluèrent et des discussions s'engagèrent. Shun fit signe à Shanks de le suivre. Le maître de maisons entraina son invité dans la cuisine. Dans la pièce ils mirent les bouteilles d'alcool au frigo ainsi que la nourriture que le groupe avait apportée.

- Merci, fit Shun. Même si c'est pour Drac'.

- Non…

- Shanks ! le coupa d'un ton sec Shun. Aujourd'hui j'ai trente ans et je viens d'apprendre qu'il me reste deux mois à vivre. Alors tu comprendras que je n'ais pas le temps de me voiler la face. Je vois bien comment tu le regardes et il me parle souvent de toi. Il suffit de décrypter tes actions pour savoir que tu l'aimes, pas la peine de le nier. Je suis sûr que tu es venu ici ce soir car tu voulais voir quel monstre je suis pour le contraindre à vivre en reclus. J'espère que tu es satisfait.

- Je…

- Pardon je ne voulais pas être cassant, c'est pas vraiment le bon soir pour me montrer sous mon meilleur jour, mais moi aussi je voulais te rencontrer. Shun attrapa les mains de Shanks. Je sais que c'est pas facile de sortir avec un paraplégique. Mais je dois dire que Dracule est facile à vivre. S'il te plait quand je serais mort prend soin de lui. Fait qu'il m'oublie et…

Shun s'arrêta, une main qu'il connaissait bien vint agripper l'une des siennes. Il lâcha Shanks et se recula afin de faire face à son homme. Il lui sourit chaleureusement, il savait que Drac' ne lui en voudrait pas pour ses paroles. Ils en avaient déjà souvent parlé. Il lui avait dit de refaire sa vie avec un homme bien. Les deux savaient que sa vie avait une courte échéance. Il aurait déjà dû mourir il y a un bon moment. Dracule vint loger sa main dans celle de Shun avant de prendre la parole à son tour.

- Shanks pardonne à Shun de te mettre la pression comme ça il… Shun on nous attend dans le salon, tu es l'invité d'honneur. Je… Cela fait quatorze ans qu'on est ensemble et douze ans qu'on vit ici alors si tu crois que je vais en aimer un autre aussi facilement par ce que tu es mort tu me connais mal.

- Je n'ai pas dit ça… je veux juste que tu ai une bonne option.

Les deux hommes se regardèrent amoureusement, on voyait bien qu'il se comprenait. Shanks se rendit compte que jamais il ne pourrait ravir totalement le cœur de son collègue. C'est vrai qu'il avait entendu parler de Shun et que le fait que Dracule rentre toujours le retrouver et ne sorte jamais avec eux, il s'était fait une idée négative de lui. En effet, il l'avait pris pour un monstre, un homme autoritaire et casanier, mais cela avait l'air plus compliqué que cela.

- Promis je le soutiendrais, en ami, fit Shanks.

Les deux autres lui sourirent et ils retournèrent avec des boissons et des amuses gueule dans le salon. Tous s'assirent autour de la table. Un long silence s'installa, que Law se fit un plaisir de couper. Il expliqua alors la maladie de Shun et le fait qu'il ne puisse pas sortir de son appartement.

- Cela doit être dur, murmura Rossinante.

- Pas tant que ça. Grâce à Dracule j'ai un bon foyer où exprimer mon art. J'écris mes livres et vous me les éditez. Je vous remercie tous pour les efforts que vous faites pour vendre mon travail.

- De rien, firent-ils tous.

- Vous faites le plus gros, rigola Doflamingo.

Shun sourit, Dracule lui disait toujours ça sur lui et les autres auteurs. « C'est vous qui faites le plus gros du travail, nous on ne fait que le vendre. Si c'était mauvais on ne pourrait rien faire. »

Le groupe arrêta de parler de travail, pas ce soir, aujourd'hui était jour de fête. Les bouteilles d'alcool s'ouvraient et se vidaient rapidement.

- Et sinon comment se sont passées vos vacances ? se renseigna Dracule en questionnant les médecins.

- Très bien, on a en a profité pour nous reposer, sourit Chopper.

- Vous reprenez quand ? demanda Shun.

- Demain, répondit Law.

- Oh ! Je… Ton remplaçant est sympa, expliqua Shun.

- Tu l'as rencontré, il s'est passé quelque chose ? s'inquiéta le docteur.

Un silence gêné s'installa à nouveau. Shun et Dracule se regardèrent sans un mot, mais leurs yeux se comprenaient. Ils se mirent donc d'accord sur le fait qu'il valait mieux que Law soit au courant avant de revenir au travail le lendemain.

- Ouais j'ai craché du sang et on a fait des examens. On a eu les résultats ce matin.

- Et ? insista Law qui s'inquiétait encore plus.

- Jusqu'à présent j'ai eu de la chance mais elle vient de tourner. J'ai pas à me plaindre je suis celui qui aura vécu le plus longtemps avec ce problème.

- Shun, murmura Chopper.

- Ça va, on s'y est préparé, fit Dracule en prenant la main de Shun.

- Combien de temps ? questionna Law.

- Deux mois peut-être moins, dans deux mois je serais mort. Au moins on pourra fêter les trente ans de Dracule.

Les deux docteurs firent « oui » de la tête mais se serrèrent la main pour se donner du courage. Avec le temps les quatre hommes étaient devenus les meilleurs amis du monde. Les deux docteurs passaient le plus clair de leur temps libre avec leurs deux patients.

- Pardon j'ai plombé la soirée. Mais je voulais que tu l'apprennes de ma bouche et pas de celle de ton remplaçant. Ou juste le lire dans mon dossier.

- Merci tu as bien fait, le remercia Law.

Shun et Dracule lui sourirent et reprient les discussions comme si de rien n'était. A un moment Shun se leva et alla mettre de la musique. Il prit une bière et se mit à danser. Il entraina ensuite son amant dans sa danse. Il tournait autour e lui puis faisait tournoyer le fauteuil. Au bout de trois ou quatre chansons Shun posa sa bouteille et attrapa son homme, il le mit debout sur ses pieds et firent quelques pas de danse. Dracule se maintenant à la force de ses bras sur la nuque de Shun pendant que celui-ci l'encerclait fortement autour du bassin. Les deux dansaient sur un slow comme si personne d'autres n'étaient là. S'embrassant et se câlinant. Ils avaient beaucoup bu et seuls eux deux comptaient. Law et Chopper les rejoignit tout comme Crocodile et Doflamingo. Les trois couples s'amusaient bien. Rossinante se moquait de son frère et son beau-frère. Les deux possédant deux pieds gauches. Shanks lui observait son ami Dracule et le trouvait magnifique. Shun le rendait heureux et cela l'embellissait. A un moment, il vit une faiblesse dans le corps de Drac' mais Shun l'attrapa et le souleva dans ses bras. Il bloqua ses jambes autour de sa taille et les deux continuèrent ainsi de danser jusqu'à l'épuisement. Shun remit son amant dans son fauteuil et ils vinrent parler avec le roux et Rossinante. Tous s'amusèrent ainsi un long moment puis les invités repartirent comme ils étaient venus. Shun et Dracule se couchèrent tranquillement et s'endormirent. Ce soir ils avaient quand même passé une bonne soirée et s'était un peu changé les idées.


Quand il ouvrit les yeux, il regarda comme tous les matins le réveil. Il annonçait huit heures du matin le neuf mars. C'était l'anniversaire de Dracule. Il était heureux et triste à la fois. Ses poumons le faisaient souffrir. Il savait que c'était pour lui le moment de partir. D'une main un peu lourde il attrapa trois lettres dans la table de nuit et son téléphone portable. Il essaya de ne pas réveiller son homme. Il tapa un message sur son portable qu'il envoya et le reposa. Maintenant tout doucement il alla se coller contre son amant. Il l'enserra et Dacule s'éveilla entre ses bras. Celui-ci se retourna et embrassa son homme.

- Bon anniversaire mon amour, fit Shun. Il bougea difficilement sa main et vint cajoler le visage de Dracule qui sursauta de la froideur de Shun. Pardon mon chéri je… va falloir me pardonner.

- Je t'aime, répondit Dracule des larmes plein les yeux comprenant que c'était des adieux.

- Moi aussi je t'aime, déclara Shun un doux sourire sur les lèvres.

Les deux s'embrassèrent à perdre haleine et se câlinèrent puis Shun embrassa une dernière fois Dracule avant de fermer les yeux pour un long sommeil dont il ne se réveillerait jamais.

Drac' pleura un long moment contre le corps de son amant qui se refroidissait. Il bougea un peu et lui aussi sortit trois lettres de sa table de nuit. Il prit aussi son téléphone et envoya aussi un message. Ensuite, il attrapa une boite dans l'un des tiroirs de la table de nuit et avala l'un des médicaments dedans. Il se recoucha dans les bras de son homme et ferma les yeux sereinement.


Au levé Law et Chopper avaient reçu un message de leurs amis Shun et Dracule leur demandant de les rejoindre dans une heure. Alors après avoir déjeuné et s'être habillés ils étaient allés dans leurs appartements. Aujourd'hui c'était l'anniversaire de Dracule alors Chopper avait pris son cadeau avec lui. Ils étaient entrés tranquillement dans l'appart' et avaient été surpris de ne voir personne. Ils en avaient fait le tour et avait ouvert la porte de la chambre. Au début, ils avaient été surpris de les trouver dans le lit puis le regard de Law avait été attiré par les lettres sur la table de nuit de Shun la première portait son nom. Un mauvais pressentiment le prit il courut sur le lit et Chopper le voyant faire fit de même. Chacun prit le pouls de son patient et ami et quand se fut fait releva la tête les larmes aux yeux. Chopper regarda la boite au côté de Dracule.

- Shun est mort, murmura Law plus pour lui-même que pour son compagnon. Il donnait ainsi réalité à la chose.

- Et Dracule l'a suivi, expliqua Chopper en montrant les médicaments qui avaient empoisonné leur ami.

Le reste de la matinée ils la passèrent à s'occuper de tous les préparatifs concernant la conservation de leur corps mais aussi leurs enterrements.


Le jour de l'enterrement était arrivé rapidement. Les deux médecins avaient été très occupés. Tous d'abord ils avaient tout fait pour que leurs amis soient enterrés ensemble. Ensuite, ils avaient informé toute leurs connaissances de leurs décès et les avaient invités pour le service funéraire. En fait, cela fut assez rapide car Dracule était le seul à avoir des amis en dehors de leur appartement. Ils n'avaient pas informé leurs parents comme demandé dans leurs lettres. Enfin ils avaient préparé la collation qui serait servie après l'éloge funèbre.

Devant le caveau des deux hommes Shanks était là à pleurer en silence. Il relisait les lettres que Shun et Dracule lui avait laissé. Si le premier lui demandait de bien s'occuper de Dracule, celui-là lui demandait pardon d'être parti sans dire au revoir. Il était tout de même soulagé de savoir que jusqu'au bout Shun espérait le meilleur pour son époux. Car on pouvait les considérer ainsi, mais aussi triste de savoir que Dracule était parti, même s'il comprenait. Dans son écrit il expliquait que Shun l'avait fait vivre, que depuis ses treize ans, il lui avait donné le courage d'affronter chaque jour. De façon poétique il lui faisait comprendre que l'homme comblait sa vie à chaque moment de son existence. Qu'il ne pourrait plus aimer personne et encore moins laisser un autre le toucher. Même un être aussi gentil que lui. Shanks sourit de cette remarque. Il terminait sa lettre en écrivant, que pour lui suivre Shun c'était continuer sa vie et être heureux, qu'il n'avait aucun regret.

Shanks sourit une dernière fois et lâcha les deux papiers dans le caveau avant qu'il ne soit fermé. Law et Chopper vinrent le soutenir. Ils savaient ce que Shanks représentait pour Shun et Dracule. Tout le monde partit après la collation Shanks resta un peu plus longtemps avec les docteurs à leur demande.

- Vous désiriez me parler ?

- Shun et Dracule ont laissés leurs héritages à votre maison d'édition et à la recherche médicale. On voulait que vous le sachiez en premier.

Law tendit deux papiers, c'étaient les testaments des deux hommes. Il se remit à pleurer. En plus des sous Dracule lui léguait personnellement toutes leurs collections de livres. De Shun par le biais de Dracule, il récupérait tous les écrits non publiés de Shun et l'argent qui en découlerait. Cette partie il la partagerait avec les deux médecins. Ils avaient pensé à tout et mettaient leurs amis à l'abris de tout.

- Merci.

Shanks pleura encore et encore avant de laisser les deux médecins seuls. Ceux-ci aussi se mirent à pleurer. Ils avaient perdu leurs amis mais ils étaient ravis de les savoir heureux ensemble pour leur nouvelle vie. Ils les imaginaient courant à l'air libre main dans la main jusqu'à tomber de fatigue. Là, ils sourirent et décidèrent de continuer leur vie en attendant le jour où ils les rejoindraient à leurs tours. Ils pourront tous les quatre continuer leur amitié.