Bonjour,

Voilà enfin l'OS numéro 10. Je sais il a mit longtemps à arriver et très bientôt il y aura le numéro 11. C'est un OS assez long et avec plusieurs personnages de One Pièce. Bien sûr vous y retrouverez le couple phare Shun/Dracule. J'espère que vous aimerez. Biz à bientôt Peace'.


Juste des baisers et plus si affinités.

OS 10 :

- Sanji livraison pour toi.

- Ok j'avais fini, j'y vais.

Sanji se dépêcha d'attraper le sac et sortit en courant du restaurant. Depuis ses dix-huit ans soit trois ans, il travaillait en tant que cuistot dans un restaurant de Tokyo. Le petit commerce ne payait pas de mine vue de l'extérieur mais la nourriture était bonne, et ce grâce aux efforts de Sanji et de son patron. D'habitude il ne livrait pas les clients, mais il y a de cela deux ans, un des livreurs étant malade il l'avait remplacé. C'est là que tout avait changé dans sa vie.

Pendant tout le trajet, il avait râlé de devoir faire cette course. Mais au moment où le client avait ouvert la porte, son cœur avait battu la chamade. L'homme brun aux yeux noirs était mal rasé et mal réveillé, ou plutôt manquait de sommeil. Sanji l'avait regardé relever son t-shirt sale et se frotter le ventre, des abdos bien dessinés. Le ventre du cuistot s'était serré, il avait passé une main dans ses cheveux blonds de gêne. Le jogging de son vis-à-vis lui tombait bas sur les hanches. L'homme lui avait tendu un billet qu'il avait pris sans réfléchir.

- Gardez la monnaie.

- Je vous aime ! Avait répondu le blond en tendant le sac de nourriture.

L'autre l'avait regardé surpris, et Sanji s'était repris.

- Pardon ! Je viens d'avoir le coup de foudre.

L'homme avait claqué la porte au nez du jeune homme.

Sanji ne s'était pas arrêté là. Il avait décidé de lui faire la cour et pendant un ou deux mois, il avait livré tous les jours. L'homme lui fermait toujours la porte sur le nez. Puis un jour, il l'avait fait entrer chez lui. L'appartement était dans un état catastrophique.

- Tu m'aimes ?

- Oui.

- Tu veux me faire plaisir ?

- Oui.

L'homme avait souri et lui avait proposé un marché.

- Tu es mineur, alors je t'embrasserai à chaque fois que tu rangeras mon appartement et tu me feras à manger.

Sanji avait accepté tout de suite et s'était empressé de nettoyer l'appartement et les habits de l'homme. A la fin, celui-ci lui avait roulé une pelle dont Sanji était resté sans voix tellement il avait aimé. On voyait que l'homme avait du métier dans l'art d'embrasser.

Avec le temps, le blond avait appris à connaître certaines choses sur son coup de cœur. Il s'appelait Shun et était mangaka. Ses œuvres étaient érotiques et faisaient partie de la catégorie Yaoi, donc il traitait de l'homosexualité. Il avait trente-cinq ans et couchait avec toutes personnes pouvant lui donner de l'inspiration. Cela l'avait blessé mais le brun lui avait dit que si cela ne lui allait pas, il n'avait qu'à partir. Qu'au fond c'était lui qui s'était imposé, qu'il pouvait reprendre sa vie sans lui. Sanji s'était alors excusé pour sa crise de jalousie et avait accepté la chose. Depuis, Shun en avait profité pour voir jusqu'où le gamin pourrait aller pour rester à ses côtés. Au début, il avait fait exprès pour que le blond le trouve dans des positions compromettantes. Et un soir, il lui avait demandé de faire à manger pour lui. Sanji en avait été ravi mais avait déchanté quand la sonnerie avait retenti et que le brun avait ouvert à son amant. Shun avait débarqué dans la cuisine et plaqué le nouveau venu sur la table où il cuisinait. Là, il l'avait pris devant lui, l'autre criait de pur plaisir se foutant qu'un autre les observe. Quand tout fut cuit, il avait fini par partir. Le lendemain, Shun lui avait proposé de l'aider plus, en devenant sa muse lui promettant plus de baisers et plus aucune scène de ce genre. Depuis, il posait pour lui dans des positions érotiques, et nu de préférence. Parfois, le brun lui demandait aussi de faire certaines choses sexuelles, mais sans jamais le toucher, même maintenant qu'il était majeur. Oui, depuis un mois il avait vingt et un ans,mais l'autre le voyait toujours comme un gamin.

Il arriva vite chez l'homme et avec la clé qu'il lui avait donnée pour plus de commodité, il passa la porte en soupirant. Il aimerait qu'il le voie enfin comme un adulte car il avait envie de devenir son amant. Il traversa le salon et entra dans le bureau, seule pièce toujours bien rangée par son propriétaire.

- Votre repas, Shun-sama, déclara Sanji en posant le sac venant du restaurant.

Parfois Shun commandait encore au restaurant. Souvent quand il était en manque d'inspiration et avait besoin que Sanji pose pour lui au lieu de cuisiner. C'est pour cela qu'il ne fut pas surpris par la répartie de son aîné.

- Merci, déshabille-toi et assieds-toi sur le fauteuil.

Le blond sourit, l'homme n'avait pas levé les yeux de l'échange. Il se déshabilla, poussa le tabouret sur roulette qui lui servait parfois et alla s'asseoir sur le fauteuil en osier. Le brun lui demanda de prendre une position et se mit à griffonner des dessins en hâte.

- Masturbe-toi.

Le blond s'exécuta et au bout d'un moment il se mit à gémir et appeler le nom du mangaka.

- Tu m'aimes à ce point ? Montre-le moi.

- Comment, Shun-sama ?

Le brun lui demanda de se mettre face à lui et de poser ses jambes sur les accoudoirs. Il lui demanda alors de sucer ses doigts et de se doigter tout en continuant la masturbation. Il lui accorda aussi le droit de gémir son nom s'il le voulait. Sanji le fit, il y prit énormément de plaisir surtout chaque fois que le regard du mangaka se posait sur lui. Il éjacula rapidement. Il entendit Shun rire et lui demander de se rhabiller. Quand il fut vêtu, il alla le retrouver pour comme à chaque fois recevoir son baiser. Le brun voulut jouer un peu plus avec lui et l'embrassa passionnément et lui murmura :

- Masturbe-toi, je t'embrasserais tant que tu n'auras pas joui.

Le blond fut si heureux qu'il le fit sans hésiter. Mais les baisers le firent virevolter et il jouit plus vite que prévu. Les baisers prirent fin et Sanji soupira de frustration pendant que Shun, lui, s'amusa de cette éjaculation précoce juste après la première. Le blond partit rapidement après cela comme à son habitude. Shun, lui, se remit au travail.


Law sonna ; il était encore sous le choc de ce que lui avait révélé son ami d'enfance, Sanji. Le jeune homme avait cinq ans de plus que le blond et pensait tout connaître de lui et l'avoir toujours plus ou moins protégé des autres. Mais là, il était tombé des nues. Le cuistot était amoureux depuis deux ans d'un pervers ! Et aujourd'hui, sur la demande de Sanji, il était devant sa porte, il allait lui dire ce qu'il pensait Oh ! Le blond ne l'avait pas envoyé pour cela mais il allait en profiter. Faire d'une pierre deux coups.

Quand le pan de bois s'ouvrit Law resta sans voix. Sanji lui avait vanté sa beauté mais jamais il n'aurait cru à ça.

- C'est pourquoi ? Je suis pressé.

- Euh ! Pardon, Sanji m'a demandé de vous livrer cela, expliqua-t-il en montrant le sac remplit de Tupperware plein de nourriture.

Devant le regard interdit de l'autre, il rajouta :

- Il est malade et ne doit pas quitter son lit pendant quelques jours.

- Tu travailles avec lui ?

- Non, je suis médecin et son ami d'enfance.

- Quel genre de médecin, plutôt manuel ou scientifique ?

- Les deux. J'aime opérer mais je suis curieux et m'intéresse à toute les recherches.

Il vit l'homme lui sourire et ouvrir encore plus la porte.

- Entre.

Law le fit sans discuter. Il lui indiqua la cuisine et le frigo puis quand il revint dans le salon l'autre le détailla et lui demanda :

- Tu aurais du temps à m'accorder ?

- Oui.

Law se surprit lui-même à vouloir converser avec cet homme qu'il était venu remettre à sa place.

- Tu as quel âge ? Et en quelle année de médecine ?

- Vingt-six ans et je suis en huitième année de médecine. Il me reste les deux dernières années de doctorat et je serai médecin.

- Tu es un homme, toi. Pas un gamin comme Sanji, sourit Shun.

- Tes études ça doit avoir un coût ?

- Effectivement, pourquoi ?

- Suis-moi.

Law rechigna un peu à le faire mais l'homme l'intriguait et Sanji lui avait promis qu'il était quelqu'un de bien. Il entra dans un bureau très bien rangé en rapport à ce qu'il avait vu du reste de l'appartement, même si Sanji avait dit avoir fait le ménage récemment. Il lui tendit une enveloppe et lui fit signe de la tête de l'ouvrir. Dedans se trouvait une liasse de billets.

- C'est le salaire de Sanji. Je ne pouvais pas le payer qu'en baisers. Il cuisine, fait le ménage et me sert de muse. Tu seras aussi payé si tu me sers de muse.

- Pourquoi je ferais ça ?

- Tu es scientifique, tu aimes les expériences ; je t'en offre une nouvelle, tu devrais y trouver ton compte. Et moi aussi. Je serai aussi plus gentil avec Sanji, promit le mangaka.

- Vous tiendrez parole ?

- Toujours.

Law accepta et l'homme lui demanda de se déshabiller et d'aller juste s'asseoir sur le tabouret. Law fut d'abord gêné, puis se détendit quand le brun lui posa des questions en se mettant à dessiner.

- Les cernes sous tes yeux, c'est le manque de sommeil ?

- Non, c'est naturel.

- Elles te vont à merveille. On t'a dit que tu avais un corps bien proportionné ? Il est si agréable à reproduire. Grâce à toi je vais avancer, j'avais un nouveau personnage à faire et j'avais plus trop d'inspiration.

- Sanji …

- Je connais son corps par cœur. Parfois il faut du sang neuf, ou là plutôt un corps neuf. Merci d'être venu.

Law ne répondit pas, réprima comme il put des rougeurs sur le visage et sentit un frisson lui parcourir l'échine. L'homme le regardait, mais pas de façon malsaine, on aurait dit un docteur observant son patient. Il comprit ce que voulait dire Sanji par il est envoûtant et consciencieux. Ils restèrent ainsi un long moment sans parler, seul Shun demandait au futur médecin de changer de position pour pouvoir mieux le dessiner.

- Tu es puceau ? Se renseigna Shun.

- Non, j'ai eu quelques partenaires.

- Femmes ou hommes ?

- Les deux, je voulais expérimenter.

- Actif ?

- Oui.

Shun ne dit plus rien pendant un long moment. Puis il lui demanda de le rejoindre. Sur le bureau, il vit des croquis de son corps. Il se trouva beau sous le coup de crayon de l'autre. Shun continuait de le dessiner. Il lui demanda de mettre ses mains sur le bureau et de reculer son fessier. Le brun le fit et quand la position voulu fut trouvée, le mangaka sur sa chaise à roulettes tourna autour de lui. Le corps de Law bougeait comme le lui demandait l'autre mais quelque chose clochait alors. Shun alla fouiller dans un tiroir et en sortit deux trois objets. Il se plaça dernière Law et à l'aide d'un crayon il toucha son sujet. Il fit glisser la mine sur les fesses de l'homme, l'intérieur de ses cuisses et s'attarda sur le derrière de ses bourses et allant vers son intimité. Law bougea autrement mais cela le dérangeait, on voyait qu'il voulait s'enfuir.

- Je ne fais que t'observer, en bon scientifique tu dois savoir que parfois il faut dépasser quelques limites pour avoir l'excellence.

- Que faite vous ? Hann ! Gémit de plaisir le brun.

Shun venait de toucher sa prostate. Il avait pris un autre crayon non taillé et assez long où il avait mis un gant en plastique et lubrifié avec du gel. Et après avoir joué un peu avec l'anus du médecin, il l'avait pénétré et touché directement la prostate. Il lui indiqua une nouvelle position où il se sentirait encore mieux et Law s'exécuta. Le mangaka lui expliqua ce qu'il avait fait. Law rougit d'être dans cet état, juste avec un crayon dans le cul.

- Parfait ! Tu es magnifique.

- Sanji … Han han … Vous ne lui … Han … Han faites pas çaaaaa …

Law n'en pouvait plus c'était tellement bon comment un simple crayon pouvait lui donner tant de plaisir, il n'en revenait pas.

- Bien sûr que non ! Je te l'ai dit, ce n'est qu'un gamin, pas comme toi, tu es un homme, n'est-ce pas ?

- Mais, Sanji …

- Ça suffit ! Claqua la voix froide de son aîné.

Il se sentit tiré en arrière par les cheveux et mit debout. Son corps se colla contre le torse du mangaka et le crayon bougea plus rapidement en lui. Tout son être était en chaleur.

- Touche-toi ! Lui ordonna l'homme derrière lui.

L'une de ses mains prit son sexe en main et il se masturba. Il cria plus fort.

- Tu aimes, n'est-ce pas ? Alors ne parle plus d'un gamin quand je te fais prendre ton pied, ça me refroidit, compris ? Je n'aime pas les gamins, moi, j'aime les hommes.

- Sanji est un homme …

L'homme coupa sa phrase en l'embrassant puis d'un coup violent, il tapa dans sa prostate et sous l'effet, Law jouit. Puis l'homme les fit tomber en arrière et il se retrouva assis sur les cuisses de l'autre, ses pieds prirent place sur le bureau de son aîné qui joua encore plus avec son corps d'une main ferme ; il le masturba tout en entrant plus rageusement le crayon en lui. Il ne pouvait que crier de plaisir. Il l'entendait lui parler, mais il n'y faisait pas attention. Il était au bord de l'orgasme, qu'il eut rapidement quand les lèvres de l'homme vinrent prendre les siennes avec autorité. Quand tout fut fini, il se dégagea de l'emprise de l'autre et alla se rhabiller tant bien que mal. Il devait partir, et vite ! Il l'entendit bouger derrière lui mais se concentra sur sa fuite. Il allait passer la porte quand celle-ci se referma et qu'un corps vint se plaquer au sien. Une main retenait la porte et l'autre mettait quelque chose dans la poche de son manteau avant d'enlacer sa taille.

- J'ai mis l'enveloppe de Sanji et une pour toi avec l'argent pour ton travail. La fin était un extra, sourit-il.

- Il y a aussi ma carte, reviens me voir quand tu veux. Au fond, tu as aimé.

Law n'osait pas bouger ; « oui » il avait aimé, mais il savait que Sanji aimait cet homme. Il ne pouvait rien dire et juste partir avant de se laisser entraîner. L'homme agrippa son menton et l'embrassa fougueusement.

- Reviens jouer avec moi et je serai vraiment très gentil avec Sanji. Tu l'aimes bien n'est-ce pas ?

- Comme un frère.

- Vraiment ? Donc tu n'as pas pensé à lui en jouissant ?

- Non, cria Law en se dégageant de la prise de l'autre pour le frapper.

- Tu as donc pensé à moi, sourit Shun en empêchant l'autre de le frapper.

Les rougeurs sur le visage du futur médecin lui apprirent qu'il avait raison.

- Tant mieux, murmura-t-il contre les lèvres de son cadet. Je n'aimerais pas devoir me passer de Sanji.

L'homme sourit quand il vit le regard de son vis-à-vis.

- Tu reviendras me voir, n'est-ce pas ?

- Oui, souffla Law.

La prise du plus vieux se desserra et Law partit en courant. Il ne raconterait jamais à Sanji ce qui s'était passé dans l'appartement de l'homme qu'il aimait mais il ferait tout pour qu'il changer d'avis sur lui.


Shun souriait : Law était magnifique. Une muse comme on pouvait en trouver peu. Si docile et si réceptive. Il lui avait fallu du temps pour l'avoir entre ses doigts, mais il ne regrettait pas l'attente.

Le futur médecin n'avait plus rappelé, et n'était pas passé après leur première entrevue. Sanji était revenu et Shun avait fait des efforts pour être gentil avec le blond comme promis, mais Law se fit attendre. Alors, Shun changea de tactique et devint plus dur avec Sanji, assez pour qu'il se plaigne à Law, mais pas assez pour qu'il le quitte. Non, le but était de faire revenir le brun. C'est pour cela qu'un jour Shun prit une broutille comme excuse pour dire à Sanji qu'il ne voulait pas le revoir pendant un temps et la phrase tant attendue avait retenti :

- Mais Shun-sama, qui va s'occuper de vous ? Je m'inquiète pour vous.

- Car tu m'aimes, souffla Shun.

- Oui.

- Bien, alors fais venir celui que tu as envoyé il y a trois mois.

- Law ?

- Oui, tu cuisines pour moi et tu me l'envoies. Si cela peut te rassurer.

- Mais…

- C'est ta punition, tu dois bien l'être tu comprends.

- Oui, Shun-sama, je ne ferai plus rien qui peut vous mettre en colère. Je vous aime.

- Je le sais, et c'est pour ça que j'accepte que tu m'envoies Law.

- Merci, Shun-sama.

Sanji était parti et le lendemain, Law avait débarqué avec un sac plein de Tupperware. Shun avait ouvert en grand la porte d'entrée et le futur médecin avait avancé dans l'appartement. Comme la dernière fois, celui-ci avait tout mis dans le frigo avant de le rejoindre dans son bureau. Il ne l'avait pas attendu, il savait que Law s'était résigné pour le bien-être de Sanji mais aussi car son corps réclamait son attention. En entrant, le cadet n'avait pas attendu sa demande pour se dévêtir. Le mangaka avait souri, satisfait, et lui avait fait signe de venir à lui. Law s'était exécuté et Shun l'avait pris dans ses bras. Il l'avait embrassé doucement tout en l'asseyant sur ses cuisses. Ses mains vinrent glisser sur le corps du plus jeune qui feula rapidement de satisfaction. Shun joua avec son intimité et le prépara à sa venue. De sa bouche, il joua avec sa peau blanche, y laissant des marques. Il releva son cadet et mordilla ses tétons. Quand Law fut à bout, il défit son pantalon et demanda à son futur amant de le masturber. Il attrapa un préservatif et le lui tendit. Il le regarda lui enfiler avec maladresse.

- N'aie pas peur, je ne te ferai pas de mal. Avec toi aussi, j'aurais pu me contenter de baiser, mais tu es un homme têtu alors il faut bien que je te montre qui décide. Tu ne veux pas que Sanji soit triste de ne plus me voir ?

- Il reviendra, je … Je voulais qu'il vous oublie …

- Mais toi-même n'y arrives pas. Tu attends ça depuis la dernière fois. Ne me mens pas ton corps, lui, me donne raison.

Law se mordit la lèvre et vint insérer en lui le sexe de Shun.

- Oui Shun-sama, feula-t-il. Je vous voulais en moi.

- Alors, amuse toi bien ! Sourit Shun en laissant Law leur donner du plaisir à tous les deux. Et il rajouta : J'appellerai Sanji demain pour qu'il revienne.

Law le remercia. Shun prit un temps pour le regarder faire et se mit à dessiner comme il put certains croquis. Law ne s'en offusqua pas, il était là pour ça. Il allait tout faire pour satisfaire le dessinateur sous lui.

Shun sourit quand la porte de son bureau ; s'ouvrit depuis ce jour-là -environ six mois- Law venait le voir assez souvent. Il ne faisait pas l'amour avec lui à chaque fois mais assez souvent. Sinon, il se contentait de simples baisers mais aujourd'hui, il avait une autre idée. Il avait bandé les yeux du brun aux yeux cernés et attaché ses mains derrière sa nuque. Il l'avait assis sur lui posant les jambes sur son bureau il était en train de le sodomiser et là, contre le chambranle de la porte de son bureau, se trouvait le blond, une mine surprise sur le visage. Shun sourit et bougea sur sa chaise en soulevant les jambes de Law et le présenta à Sanji. Celui-ci hésita un instant et vint les rejoindre. Il se mit à genoux devant eux et caressa la verge pulsante de Law. Shun s'amusa de l'entendre feuler de plaisir. Puis il vit le blond le prendre en bouche, mais Shun l'en empêcha et lui tendit un préservatif. Quand le blond l'eut mis à Law, il reprit son geste et le futur médecin cria, mais en comprenant que cela ne pouvait être la bouche que d'une tierce personne, il voulut se dégager mais Shun l'en empêcha.

- Attention ! Tu ne voudrais pas faire de mal à Sanji.

- San … Han … Jiiii…

- Oui, tout va bien Law. Shun-sama avait besoin d'aide, alors il m'a appelé.

- Pardon, chouina Law envers Sanji.

Shun l'embrassa et alla jouer avec les mèches du blond qui se détendit sous la caresse de son aîné.

- Sanji ne t'en veut pas. Il sait combien tu l'aimes. Surtout quand il t'a senti grossir dans sa bouche à l'appellation de son nom. J'avais raison, n'est-ce pas ? Il ne te laisse pas indifférent.

- Shun-sama, chouina Law. Ce n'est pas

- Je t'ai dit que tu ne pouvais pas me mentir, ton corps est trop franc pour cela.

Et il retira le blond de la verge du brun entre ses mains et celui-ci gémit de frustration pendant que son corps s'arquait de façon à revenir dans la bouche du blond.

- Bien trop franc. Alors, dis-le sans détour, que désires-tu ?

Law ne répondit pas ; il rougit et se mit à pleurer de frustration. Oui, il était amoureux depuis un moment de son ami d'enfance mais n'osait le dire, surtout que celui-ci aimait Shun-sama. Même si ce n'était pas la meilleure des relations, le voir si heureux le rendait lui-même heureux.

- Law, appela Sanji qui venait de prendre son visage en main.

- Pardon Sanji, je t'aime et je voulais que tu sois heureux, je

Un baiser du blond lui répondit. Il était doux et il sentit que le blond aussi pleurait.

- Répond à Shun-sama, que désires-tu ?

- Reprends-moi en bouche, s'il te plaît.

Sanji l'embrassa à nouveau et revint à sa place. Il joua avec la verge l'embrassant, la léchant et la gobant. Il entama des va-et-vient lents au début puis peu à peu, il se cala sur ceux de Shun dans l'antre de Law. Le futur médecin hurlait de plaisir sous les attentions de ses amants. Shun vit Sanji se toucher l'entrejambe mais l'en empêcha.

- Sanji, attends ton tour, on n'a pas fini. J'ai besoin de plus de matière pour mon futur manga. Je vais faire un trio et je vais avoir besoin de votre participation. Ne vous inquiétez pas, tout ce que je vous demande, c'est de prendre votre pied.

Les deux ne purent lui dire non. Leurs ébats durèrent encore un peu et Law et Shun jouirent ensemble. Le mangaka le laissa glisser entre les bras du blond à leurs pieds. Celui-ci lui retira son bandeau, détacha ses mains et le câlina doucement. Law se détendit.

Shun lui attrapa de quoi dessiner et pendant que les deux autres reprenaient leurs souffles, il fit des croquis de leur coït. Quand il eut fini, il les leur montra et leur demanda ce qu'ils en pensaient. Ils trouvèrent cela vraiment réaliste et très beau.

- J'aurais pensé que cela serait plus vulgaire, se surprit à dire Law.

- C'est vrai cela est plutôt agréable à voir, cela donne envie, murmura Sanji.

- Ça c'est parce que tu es déjà en érection, s'amusa Shun en l'embrassant fougueusement.

- Ne t'inquiète pas, tu vas être remercié pour ton aide. Je suis très satisfait de toi.

Mais avant cela Shun attrapa une nouvelle feuille et griffonna dessus. Il montra le résultat.

- Là, ça vous parait comment ?

- Plus vulgaire et érotique, mais pas dans le bon sens de terme, déclara Law avec une mine un peu dégoûtée.

- C'est ça, cela dépend du coup de crayon et ce que veut donner comme impression l'artiste. Moi, j'écris des mangas assez sombres et je veux que les scènes de sexe soient le plus réaliste possible et sublimées. Je sublime les protagonistes pour qu'on continue à les aimer quoi qu'il arrive. La beauté dans l'horreur. Notre métier est de pouvoir faire aimer tout au public. La meilleure prouesse d'un mangaka est de faire tout apprécier à son lecteur par la beauté de ses traits. Même une chose horrible.

Il sourit de voir les deux à ses pieds boire ses mots. Il se baissa et les embrassa chacun à leur tour. Il les détailla et les dessina à nouveau.

- C'est comme ça que vous nous voyez ? Demanda d'une voix timide Sanji.

- Cela te déplaît ?

- Non je n'ai jamais été aussi beau.

- Tu as raison, tu n'es jamais aussi beau que quand tu jouis. Un pur régal pour les yeux. Tu veux le montrer à Law ? Car mes dessins ne montrent pas la réalité de ta beauté.

Shun vit le blond rougir et l'aida à se relever. Il l'assit sur l'une de ses jambes et lui murmura quelques phrases à l'oreille. Le jeune homme était écrevisse, mais il se releva et se déshabilla. Pendant ce temps, Shun prit Law sur ses jambes et lui demanda de bien regarder le spectacle. Le blond alla vers le bureau et lécha ses doigts. Il leur tourna le dos et d'une main il se retint au bureau et de l'autre il caressa son anus. Au bout d'un moment, il inséra en lui un doigt puis un second et un troisième arrivèrent. N'en pouvant plus il se retourna, son visage était déformé par la luxure : il était magnifique.

- Law prends-moi, s'il te plaît, fais-moi tien.

- Law, tu ne peux pas lui refuser n'est-ce pas ? Chantonna doucement Shun à l'oreille de l'étudiant en médecine.

- Regarde-le comme il en a envie. Montre-lui quel homme tu es.

Law hésita un instant quand la voix de Sanji l'appelant le fit réagir. Il se leva et se masturba rapidement pour se remettre en forme, même si le spectacle d'avant l'avait déjà bien aidé. Il se présenta à l'entrée de l'intimité de Sanji après avoir pris soin d'enfiler un préservatif donné par son aîné. Après, il voulu être sûr que le blond était bien prêt et Shun venait de lui dire de mieux l'humidifier avec sa langue. C'est pour cela qu'il s'agenouilla devant le fessier du blond et vint jouer avec de sa langue et de ses doigts. Le blond criait de plaisir.

Shun était en transe, il avait un modèle parfait pour ses futures œuvres. Il guidait de quelques mots les gestes du futur médecin pour chauffer encore plus le blond. Shun avait décidé de le remercier de son amour à sa façon. Quand Shun le trouva prêt, il le fit savoir à Law qui se releva et s'insinua dans le blond tout en douceur. Il s'arrêta quand il fut entièrement en lui. Il attendit que le corps du blond lui donne le feu vert. Et quand il sentit le corps de Sanji détendu et prêt à continuer, il se mut en lui.

Shun regardait avec délectation le spectacle. La douceur de Law le fit sourire. Il continua encore un peu le dessin, puis il se releva et vint se coller au second brun de la pièce. Il le caressa et vint jouer avec son intimité afin de revenir en lui. Quand ce fut fait, il donna la cadence à l'ébat. Montrant ainsi à ses deux cadets comment prendre du plaisir à trois. Il prit l'une des mains de Law et enserra leurs doigts ensemble. Là, il alla chercher la verge pulsante de Sanji et y imprima un long va-et-vient. Celui-ci hurla leurs noms, comprenant que les deux hommes le masturbaient ensemble. Très peu de temps après, les trois hommes jouirent presque en même temps. Les deux plus jeunes s'affaissèrent sur le sol, leurs jambes ne les tenant plus. Shun, lui, les regarda s'enlacer au sol, il agrippa leurs têtes et les embrassa fougueusement.

- Dis-moi Law, ça t'a fait quoi de dépuceler Sanji ?

- Que ?... Quoi ? Tu

- Oui, c'est la première fois que je le fais, confessa Sanji en rougissant. Mais je ne regrette rien, déclara-t-il rapidement pour rassurer Law.

- Mais

- Tu n'écoutes rien, s'emporta d'un coup Shun, je ne touche pas les gamins. Toi, tu es ma limite en âge en-dessous du mien. Tu as quand même neuf ans de moins que moi, et Sanji en a quatorze. Quand il naissait, moi je couchais déjà avec mes premiers hommes.

Shun les foudroya du regard ; Sanji se releva, l'embrassa et se blottit dans ses bras, lui demandant pardon pour Law. Celui-là se releva à son tour et vint aussi se blottir dans les bras de l'aîné. Shun sourit et les entraîna dans sa chambre. Ils se douchèrent et allèrent se coucher. Shun sourit, ravi d'avoir plein de nouveaux croquis.

- Merci à vous deux, je vais faire une super œuvre grâce à vous.

Les deux autres ne répondirent pas et se blottirent contre lui.


Quelques mois étaient passés et les trois hommes s'amusaient toujours ensemble, Law étant toujours au milieu, Shun ne voulant pas toucher le blond sauf par des baisers et quelque caresses pour le féliciter sur certaines choses. Les deux faisaient aussi l'amour seuls devant leur aîné, lui donnant plus de matière pour ces œuvres. Œuvres qu'il voulait voir.

Quelques jours avant, il avait entendu le mangaka parler au téléphone avec sa maison d'édition. L'homme ne voulait pas participer au lancement de son nouveau manga, prétextant que la plupart du public était féminin et qu'il valait mieux qu'elle ne voit pas quel genre d'homme il était, et que donc il valait mieux qu'elles le prennent toujours pour une femme. Surtout s'ils voulaient encore qu'il vende. Law trouva ça stupide, mais ne s'en mêla pas. C'est vrai que quand on le voyait ainsi avec sa barbe de trois jours et ses fringues sales que Sanji était en train de lui faire enlever -maintenant qu'il avait raccroché- pour les laver, il ne payait pas de mine, mais s'il faisait un effort, il devait être sublime. Car même comme ça, il l'était déjà.

- Je me demandais, commença Law sans y penser, vous faites un sport ?

- J'en faisais un, mais en ce moment je n'ai pas le temps, mais j'essaie de garder la forme.

- Oui, je comprends mieux, réfléchit Law à voix haute en détaillant de loin le corps musclé de son amant.

- Vous faisiez quoi, Shun-sama ? Se renseigna Sanji qui voulait toujours en savoir plus sur l'homme dont il était fou amoureux.

- De l'escrime.

- C'est vrai ? Nous aussi on en fait ! S'exclama Sanji, ravi d'avoir une chose en commun avec son aîné.

Shun sourit et ne répondit rien, puis il alla s'enfermer dans son bureau. Les deux le trouvèrent bizarre mais ne dirent rien, ils avaient l'habitude.

C'est pour cela qu'aujourd'hui en allant travailler à l'hôpital -ayant un peu de temps devant lui- il s'était arrêté dans ce magasin. C'était un peu gênant, car il était dans un Animate pour fille. Mais au moins, il savait où trouver l'objet qu'il cherchait : le premier volume de la nouvelle Saga de Shun, ou plutôt Yuki Harase. Il se dirigea donc au dernier étage, là où se trouvaient les mangas yaoi. En arrivant, il y avait un tas de jeunes filles devant l'œuvre tant recherchée, il se cacha et les écouta parler.

- Harase-sama vient de sortir un nouveau livre.

- Wouah, j'adore son style, fit une autre fille en regardant le résumé.

- Moi je l'ai lu hier, et je l'ai trouvé banal pour elle, expliqua une troisième lycéenne.

- Tu te trompes, moi je pense qu'Harase-sama essaie de nous faire croire que ça va être banal, et après il va y avoir un truc. En plus, pour l'instant on n'en est qu'au début. Ses œuvres sont souvent noires mais bonnes car ses personnages sont bien écrits.

- Vous avez vu, elle annonce un trio.

- Oui, cela va être sûrement une bonne œuvre, je suis d'accord avec Himiko, moi Harase-sama ne m'a jamais déçue.

Law soupira ; ces jeunes filles squattaient mais au moins, il savait que Shun avait du succès. Au vu de l'heure, il dut repartir sans pouvoir acheter le bouquin. Il reviendrait plus tard.

En arrivant à l'hôpital, il se changea dans son vestiaire et alla chercher ses élèves de première année dans le leur. Ils étaient un peu en retard et cela n'arrivait jamais. Il les trouva en train de s'amuser à se lancer un livre. L'une des jeunes filles du groupe leur demandait de le lui rendre. Law ne dit rien et attrapa celui-ci au vol. Tous allaient le féliciter quand ils virent que c'était lui. Là, ils se stoppèrent et se turent.

- Pardon, Trafalgar-sensei, fit la jeune femme.

- Ce n'est rien, dit-il en regardant le livre.À chacun ses lectures, personnes n'a le droit de s'en moquer.

Puis, le détaillant plus, il s'aperçut que c'était le manga tant recherché.

- Vous l'avez lu ?

- Oui, je viens de le finir en arrivant.

- Bien, je le garde, je vous le rendrai plus tard, dit-il en le mettant dans sa poche. Disons que comme vous jouez aux enfants, je vous punis comme tels.

Puis il regarda tout le monde et dit :

- Elle, je lui confisque son livre et vous, vous allez aider les infirmières à changer les pots de chambre dans le service Gériatrie.

Law s'amusa de les voir tous souffler.

- Au moins demain,je suis sûr que vous ne serez pas en retard pour le début de votre garde et que vous ne jouerez plus les enfants.

- Oui, Trafalgar-sensei.

Il les entraîna alors dans la visite des patients avant de les laisser en Gériatrie où les infirmières furent ravies d'avoir un peu d'aide. Lui en profita pour faire ses dossiers avec la jeune fille et lire le livre. Quand il l'eut fini, il le lui rendit, elle s'empressa d'aller le remettre dans son sac. Après, la journée se passa sans heurt. Law était ravi d'avoir pu lire le livre. Il avait enfin la vision de Shun sur sa relation avec Sanji. Il avait déjà pu voir que du jour de leur rencontre au moment où il avait débarqué dernière image du bouquin, Shun avait déjà commencé à être plus doux avec Sanji. Même si cela ne se voyait pas dans ses actions, il avait pu le lire dans ses pensées consignées dans le bouquin. Ce manga était autobiographique et Shun allait vraiment être franc. Law devait continuer à le lire, c'est pour cela qu'il avait demandé à son élève de lui prêter la suite quand elle l'aurait lue. La jeune femme avait accepté sans poser plus de question. Lui rentra tranquillement chez lui et se promit d'en parler un jour avec Sanji mais avant, il devait connaître le fond des pensés de Shun.


Sanji sautait de joie sur place. Il avait réussi à avoir un rendez-vous avec Shun. Celui-ci lui avait demandé ce qui lui ferait plaisir pour ses vingt-deux ans. Et il avait répondu qu'il aimerait l'amener voir son dojo. Shun avait un peu râlé, puis, il lui avait promis de venir à l'un de ses cours et après de les amener avec Law au restaurant.

En cet instant, le Blond montrait ses talents d'épéiste. Le Brun un peu plus loin faisait de même, il s'était pris au jeu. Il joutait contre un autre ami d'enfance, un homme aux cheveux Vert. Shun, lui, dans son coin, ne bronchait pas mais contenait sa rage. Le Maître d'armes des garçons était une vieille connaissance de sa famille. Il l'avait reconnu de suite ou plutôt son nom. Quand il avait retenti, Shun avait voulu le tuer sur place mais il s'était contenu et attendait patiemment son heure.

A la fin du cours, Sanji l'appela et le fit venir sur le tatami.

- Mihwak-sensei, je vous présente Shun-san, il est mon second employeur et un ami.

- Bonjour, merci de prendre soin de mon élève.

- C'est naturel ! Claqua la voix froide de Shun.

Il était tellement furieux qu'il n'arrivait plus à faire semblant.

- Shun-san a fait de l'escrime, sourit Sanji qui voulait désamorcer la mauvaise humeur de Shun. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait.

- Vraiment ! Voulez-vous jouter avec moi ? Proposa Mihawk-sensei.

- Avec plaisir, sourit Shun de façon assez malsaine, mais personne n'y fit attention tellement il fit un volte-face rapide en allant chercher une arme.

Il en trouva une accrochée sur le mur en-dessous de la photo d'un homme. Mihawk allait dire quelque chose quand il vit le regard froid et mort de Shun. Cela l'intrigua, mais ne put rien dire : Shun était déjà en position. Une position qu'il connaissait bien. Cela le surprit encore plus.

Les deux se mirent à jouter. Shun se révéla être un très bon escrimeur, même un excellent. Mihawk se retrouva vite surpassé. Ce simple entraînement se transformait en combat à mort. Les gestes de Shun était précis et puissants, Mihawk ressentait la violence de chacun à travers son katana. Àun moment, il fut poussé en arrière et tomba près du mur où se trouvaient la photo et l'arme quelques minutes avant. Il allait parer quand une voix hurla le prénom de Shun dans le dojo, ce qui fit se stopper l'appelé qui, de dépit, détruisit le cadre de la photo au-dessus de Mihawk en hurlant d'une rage non contenue.

- Shun, calme toi !

- La ferme, Garp-sensei ! Comment osez-vous ?

La voix de Shun était froide et intransigeante.

- Comment pouvez-vous me demander de me calmer devant l'un des trois meurtriers de mon père !

Shun tout en disant cela n'avait pas bougé, son regard était ancré sur le corps de Dracule toujours assis à ses pieds. Dans le dojo tous se figèrent, il régnait maintenant un froid glacial et un silence de mort. L'attente des prochaines paroles ou des prochains gestes était insoutenable.

- Tu sais bien que

- La ferme ! Ils ont tué mon père à cause de leur connerie et ont poussé ma mère au suicide à cause du chagrin ! Et vous en laissez un habiter Ma Maison et devenir le Maître de Mon Dojo ? Tuer mes parents n'a pas suffi n'est-ce pas, Garp-Sensei ? Me voler mon héritage était aussi dans le projet ! Je comprends mieux pourquoi moi j'étais en orphelinat pendant qu'eux trois vivaient avec vous ici, c'est ça n'est-ce pas ? Je vois que la mort de mes parents a servi vos intérêts à tous !

- Qui êtes-vous ? Demanda Mihawk d'une voix étranglée.

- Le fils de cet homme, cracha-t-il en montrant la photo accrochée au mur au-dessus de Mhihawk. L'héritier de cette maison, de ce dojo et de cette technique d'escrime. Vous m'aurez vraiment tout pris, grogna-t-il. Mon père, ma mère, mon enfance et mon héritage ! Je comprends mieux pourquoi Garp-Sensei m'a poussé à ne pas revenir et à trouver ma voix ailleurs. Soi-disant pour m'éviter de revivre de mauvais souvenirs.

Shun respira un grand coup et se retourna vers son grand-père. Il le toisa froidement et entreprit de repartir sans un mot. Mais avant de sortir du dojo, il s'arrêta à un endroit précis et leva son bras avec le katana en main.

- Je l'emporte, c'est tout ce que je réclame de mon héritage, l'arme de mon père. Ça, je ne vous laisserai pas me le voler. Et pour finir, sachez que la poutre ici au-dessus de ma tête a servi à ma mère pour se pendre. Je le sais, car c'est moi qui l'aie trouvé ici, du haut de mes six ans. Elle s'est pendue de chagrin car vous avez fait tuer mon père. Merci pour le souvenir.

Shun repartit sans un autre mot.

Dans le dojo, le silence régnait encore. Les élèves se regardaient, ne sachant pas quoi faire ou dire. Cependant, deux adultes regardaient Garp-sensei, un Roux et un Blond qui étaient arrivés en même temps que lui. Mais ce fut Mihawk qui prit la parole.

- Dragon-sensei avait un fils ?

- Oui.

- C'est donc votre petit-fils ? Dit le Blond, ami d'enfance de Mihawk qui faisait partie des trois hommes responsables de la mort de Dragon-sensei aux dires du Brun disparu.

- Oui.

- Pourquoi ne jamais avoir parlé de lui et ne pas l'avoir pris avec nous ? Demanda surprit le Roux aussi ami d'enfance du Maître d'arme et troisième homme mit en cause.

- Et c'est quoi cette histoire…

- La ferme ! Vous croyez que c'est ça l'important ? Hurla Sanji en balançant son arme dans les pieds des hommes.

- Shun … Shun … Avez-vous une idée de la peine qu'il a ?

Sanji n'attendit pas de réponse et courut vers l'extérieur du dojo, suivi de Law. Shun n'était plus là, ni sa voiture. Alors les deux se mirent à courir jusqu'à l'appartement de Shun, n'ayant pas de sous sur eux pour prendre un moyen de locomotion.

Trois quarts d'heure, c'était ce qui leur avait fallut pour arriver à l'appartement. Ils étaient entrés sans s'annoncer. Le salon était sans dessus dessous. Le mangaka était là, debout, en train de reprendre son souffle. Le canapé avait volé de l'autre côté de la pièce, la table avait été explosée comme la plupart des choses autour d'eux. Il y avait du verre partout. Sanji, tout en faisant attention où il mettait ses pieds, se précipita comme il put contre le corps de Shun. Celui-ci ne bougea pas pendant un moment avant d'agripper fermement la mâchoire du Blond et de l'embrasser sauvagement. Il lui mordit même la lèvre jusqu'au sang. Là, il le repoussa.

- Dégage !

- Shun-sama…

- Dégage ou je vais te faire du mal. J'ai envie de tout détruire.

- Je reste, je vous aime et

- Je ne t'aime pas, tu n'es qu'un gamin. Un jouet sans importance et maintenant que tu as compris, dégage !

Sanji vint, Law agrippa son ami et l'entraîna vers la sortie.

- On reviendra plus tard.

- Ne revenez jamais ! Ni l'un ni l'autre.

Law s'abstint de répondre, il savait que Shun était bouleversé. Ils allaient attendre qu'il se calme et revenir plus tard. Dans cet état, ils ne pourraient pas communiquer et cela envenimerait les choses. Sanji quant à lui se mit à pleurer silencieusement. Ils laissèrent donc l'homme seul et en proie à ses démons.


- Shun, viens t'entraîner !

- Oui, papa !

Le gamin de six ans trottina vers son père en souriant. Il attrapa son katana pour enfant et se mit à faire des katas. Même quand il entendit des voix dans son dos parler de lui, il continua comme si de rien n'était, se concentrant sur son entraînement.

- Dragon, ton fils est bon mais il est trop jeune pour reprendre la succession ou même pour faire notre vitrine.

- Père, nous avons le temps, sourit Dragon en regardant son fils.

- Et ces trois jeunes dont tu m'as parlé ...

- Dracule Mihawk, Shanks le Roux et Corazon Don Flamingo.

- Oui ceux-là. Tu pourrais les adopter et en faire tes fils. Cela sera plus rapide. Notre dojo a besoin de

- Je sais, père. Mais nous n'allons pas fermer et

- Réfléchis-y ! Ordonna le père.

Quand le père de Dragon, Garp-Sensei repartit, celui-ci rejoint son fils. Les deux joutèrent un moment.


- Robin je t'assure, ces trois gamins sont très bien.

- Ils sont orphelins et traînent dans les rues.

- C'est vrai ! Mais on pourrait les sauver de ça. Donnons-leur une chance.

- Mais nous avons déjà un fils.

- C'est vrai ! Mais on en aura quatre, ce sera mieux. Et toi Shun, tu ne voudrais pas trois grands frères ?

- Si papa, répondit le petit garçon qui se faisait une joie que la famille s'agrandisse.

Les trois mangèrent tranquillement. Puis la mère alla coucher son fils. Elle lui raconta une histoire pour l'endormir.

- Maman, je suis content d'avoir des grands frères.

- Ce n'est pas encore fait. Mon chéri, quoi qu'il arrive tu es mon fils et je t'aime.

- Moi aussi je t'aime, maman.


- N'y va pas ! Ces enfants

- Robin, je viens de les adopter et je dois les aider. Ces voyous veulent leur faire du mal.

- Mais

- Papa ? Maman ?

- Shun il est tard, va te coucher. Tes trois grands frères ont des problèmes, je vais m'occuper de cela et après je les ramènerai à la maison.

Le petit retourna au lit un sourire aux lèvres. Il rêva toute la nuit de sa future vie de famille. Comme des repas en famille avec ses trois frères, ou encore les quatre en train de jouer ensemble, faire leurs devoirs et bien d'autres choses. Tous riaient de bon cœur, il avait hâte.


Des cris réveillèrent Shun. Sa mère hurlait. Il se leva et couru vers elle. Elle était en larmes et quand il arriva, elle cria :

- Shun il est mort ! Ton père est mort !

La femme se remit à crier de douleur. Shun, lui, ne comprenait pas : son père lui avait promis qu'il reviendrait avec ses grands frères. Alors, comment pouvait-il être mort ?


C'était l'enterrement de son père. Il n'y avait que sa mère et lui. Il ne comprenait pas pourquoi son grand-père n'était pas là, ni ses trois grands frères.

- Shun, pardon !

La mère se mit à pleurer.

- Ton grand-père est occupé avec le dojo.

- Maman, je suis là. Je serai toujours là avec toi.

La mère s'accroupit et prit son fils dans ses bras. Les deux pleuraient.


En arrivant dans le dojo, Shun surprit une conversation entre sa mère et son grand-père.

- Vous ne comptez pas amener ces trois enfants ici ? Ils sont la cause de la mort de Dragon.

- Dragon a fait une erreur. Il est responsable de sa mort, et

- C'était votre fils et il y a Shun.

- Shun est trop jeune et ces trois petits sont aussi mes petits-fils. De plus, maintenant j'ai besoin d'aide et d'une devanture pour mon dojo.

- Votre dojo ? Il n'y a que ça dans votre vie

- Si cela ne vous va pas, vous pouvez partir ! Au fond, ici c'est chez moi et pas chez vous.

- Et pour Shun ?

- Prenez-le ! Il m'est inutile.

Shun se jeta dans les bras de sa mère et la rassura.

- Ne t'inquiète pas ! Tu vas vivre heureux ici et ton grand-père sera obligé de s'occuper de toi. Ici, c'est chez toi.


Le lendemain matin au réveil, Shun ne trouva pas sa mère dans la cuisine, comme chaque jour depuis six ans. Inquiet, il la chercha dans toutes les pièces de la maison et la trouva dans le dojo : pendue. Il hurla de toute ses forces. Son grand-père arriva et fit claquer sa langue au palais. Puis tout se mit en mouvement très rapidement.


Quelques jours plus tard, on enterra la mère de Shun. Des hommes murmuraient de partout. Tous disaient que son père avait été tué car il faisait partie des Yakuzas. Et qu'il s'était fait tuer par les siens. Quant à sa mère, elle s'était suicidée car elle avait honte de son mari qui avait terni leur nom. Shun hurla :

- Mon père n'a rien fait de mal et ma mère était triste !

- Tais-toi, tu me fais honte ! Gronda son grand-père.

Le reste de l'enterrement se passa en silence.


Sa mère avait été enterrée il y avait à peine trois jours, et son grand-père l'abandonnait déjà dans un orphelinat.

- Garp-sensei, je promets d'être un gentil garçon ! Gardez-moi !

- Non, ton père et ta mère on fait honte à mon nom. Et je dois le redorer. Mon dojo va en pâtir. Je n'ai pas le temps pour toi.

- Et mes trois frères ?

- Ils ont dix-sept ans, eux m'aideront. Adieu.

Le petit garçon pleura dans le bureau du directeur de l'établissement.


Un garçon était attaqué par des plus grands. Ici à l'orphelinat, c'était la loi du plus fort. Shun trouva un bâton de bois et alla défendre le garçon de son âge et mit en fuite leurs aînés.

- Merci, je suis Ace.

- Moi, Shun.

- Tu es balèze avec un bâton.

- Je suis escrimeur, sourit Shun.

Le jeune Brun devant lui, lui offrit un magnifique sourire. Les deux devinrent de bons amis et firent les quatre cents coups ensemble.


- Tu dessines bien !

- Ouais, j'aime garder une trace de ce que j'aime.

- Qui c'est ?

- Mes parents, et là Vas-y, assieds-toi je vais te dessiner.

- Tu m'aimes alors ?

- Idiot ! Bien sûr que je t'aime.

Shun sourit en disant cela et embrassa Ace pour la première fois et contre toute attente son baiser lui fut rendu.

- Shun, quand on vivra par nous-mêmes, tu pourras être Maître d'Arme ou Dessinateur.

- Tu préfère quoi ?

- Dessinateur ! C'est moins dangereux.

Shun l'embrassa à nouveau et lui promit d'être mangaka.


À leur quinze ans, Shun et Ace s'embrassaient derrière les dortoirs, là où personne ne pouvait les voir. Ils étaient heureux ensemble.


Ace venait d'être adopté et envoyait des lettres à Shun disant que ça ne se passait pas bien dans sa famille. Effectivement, il était brutalisé par le père et la mère ne faisait rien. Shun avait essayé de le faire savoir à l'orphelinat mais on lui répondait toujours :

- Tu te trompes, il a de la chance d'être dans une bonne famille. Alors, arrêtez de dire des bêtises et ta jalousie ne l'aide pas.

Cela n'avait rien avoir avec de la jalousie. Il savait que son amant ne mentait pas. Il avait essayé de fuguer à de nombreuses reprises mais on ne l'avait pas laissé le rejoindre.


Un matin, il avait été convoqué par le directeur de l'orphelinat. Il avait dix-sept ans et il lui restait trois mois avant d'être majeur et pouvoir enfin revoir Ace. L'homme le regardait avec une mine assez triste.

- Ace a eu un accident, il est tombé dans un escalier et il Il est mort.

Shun ne dit rien, se mordit la lèvre inférieure et serra ses poings. Il savait que ce n'était pas un accident mais il ne pouvait rien prouver.

- Puis-je aller à son enterrement ?

- Si tu promets de ne pas faire d'esclandre. C'était un accident.

- Promis.


Shun assistait aux obsèques d'Ace. Comme promis, il se fit discret, même s'il aurait voulu venger son homme. Mais il savait qu'Ace n'aurait pas aimé cela. Alors, il se tut et lui dit adieu en silence. Sur le caveau, il déposa une fleur de lys blanc, une photo de d'eux et un dessin qu'il avait fait d'Ace. Àla fin de la cérémonie il repartit pour l'orphelinat.


Dix-huit ans : il était enfin libre de vivre hors de l'orphelinat. Il retourna chez lui mais son grand-père le mit à la porte.

- Tu ne seras pas bien ici. Refais ta vie ailleurs. Repars de zéro. En plus ici, tu n'auras que de mauvais souvenirs. Epargne-toi ça !

Shun n'insista pas ; il avait fait une promesse à un autre. Il fit demi-tour et alla taper à la première maison d'édition de manga et proposa son travail. Et contre toute attente, on le prit. Il devint vite un grand mangaka sous le nom d'une femme.


Les années étaient passées, Shun avaient eu des récompenses et était devenu un expert dans l'univers des mangas yaoi. Il n'avait jamais ré-aimé qui que ce soit. Mais un jour, Sanji avait tapé à sa porte et avait changé sa vie petit à petit, jusqu'au jour où il retourna chez lui.


Shun était à genoux dans son salon détruit, la nuit était là depuis un bon moment. Sanji et Law devaient être partis depuis des heures et il venait de revivre sa vie. Il se leva et alla se coucher.


Zoro ferma le manga. Il regarda ses deux amis sur le canapé en train de pleurer. Surtout Sanji dans les bras de Law. Il venait de lire les trois tomes racontant l'histoire de Shun, Sanji et Law. Cela faisait maintenant trois mois que l'incident était arrivé et voilà que Shun l'avait fait éditer.

Le premier tome racontait la rencontre de Sanji et Shun. Le second de Law et Shun et de son retour chez lui. Et le troisième de sa vie avant Sanji. Il y avait l'air d'y avoir une suite à l'histoire, et au vu de ses deux amis, il comprenait qu'ils n'en faisaient pas partie. Il posa sur la table devant lui le livre et se mordit la lèvre inférieure. Il s'avança lentement dans leurs directions et s'accroupit devant eux. Il y avait tellement de choses qu'il voulait leur dire. Sur Shun, sur … Non, il voulait surtout leur dire une chose importante. Il les enlaça tendrement dans ses bras.

- Je suis désolé. Tellement, je ne savais pas combien il était important pour vous et vous l'étiez aussi pour lui.

- Alors, pourquoi il a déménagé sans rien nous dire ? Demanda Sanji. Je Je l'aime tellement.

- Je pense qu'il ne veut pas te faire de mal. Il Il doit être déboussolé. Je ne sais pas s'il reviendra mais moi, je suis là.

Il se détacha d'eux et les regarda fixement pendant de longues minutes en cherchant ses mots.

- Je ne sais pas comment le dire. Vous savez, parfois on croit que tout est simple. On est heureux et on veut que ça reste ainsi, alors on ne dit rien pour ne pas changer les choses.

Les deux le regardèrent de façon perplexe.

- Je veux dire, je vous aime tous les deux mais J'aimerais que vous me laissiez le temps de vous aider à guérir. Je sais qu'il vous est précieux mais

- Zoro, merci, soupira doucement Law.

Sanji lui se baissa et l'embrassa sur le coin des lèvres.

- Merci de ta patience, dit-il en souriant et avant de se remettre à pleurer dans les bras de Law.

Zoro s'assit à côté du Blond et posa l'une de ses mains dans ses cheveux et le caressa, pendant que son autre main vint se mettre sur son épaule. Les trois restèrent ainsi pendant un long moment.


Shun était dans son bureau et dessinait comme un forcené. Il ne voulait rien oublier et était un peu pressé ; Dracule Mihawk allait bientôt arriver. Il se souvint comment tout avait commencé il y a six mois.

Le lendemain de sa prise de bec avec son grand-père et Dracule Mihawk, Shun avait dormi toute la journée. Deux jours entiers s'était écoulés quand Sanji et Law étaient venus le voir. Ils avaient tapé de longues minutes à la porte. Shun n'avait pas répondu et comme il avait fait changer la serrure de celle-ci le jour d'avant, les garçons ne purent rentrer. Après, tous les jours, les deux venaient mais ils repartaient toujours après une heure d'attente. Il entendait les pleurs de Sanji, mais Shun était persuadé que c'était mieux pour le Blond. Lui, était trop aigri et n'avait rien à donner à ses deux jeunes hommes à qui la vie avait tout à offrir. Ils l'oublieraient et referaient leur vie ensemble. Ils n'étaient pas seul.

Au bout d'une semaine, il avait reçu une autre visite. Là, il avait ouvert.

- Pardon de vous déranger.

- Mihawk-san, que me vautl'honneur de votre visite ? J'ai bien compris que je n'étais pas le bienvenu dans ma propre maison.

- Pardon, nous n'étions pas au courant.

- Facile à dire ! Je ne me souviens pas vous avoir vu le jour de son enterrement.

- On nous a déconseillé d'y aller, murmura Mihawk.

- Mon grand-père, j'imagine ?Et vous l'avez écouté, car du haut de vos dix-sept ans vous n'avez pas pris en compte que vous pouviez décider seul d'y aller. Juste pour dire adieu et merci à l'homme qui vous avez adopté et donné un toit. De plus, vous êtes seul ! Cela veut-il dire que vous êtes le seul à culpabiliser ?

Le Brun aux yeux dorés baissa la tête et fit « non », mais il ne savait pas vraiment. Il avait trouvé l'adresse grâce à Law, mais il n'avait rien dit à personne sur sa venue ici.

- Pour dire vrai, je suis venu sans le dire. Je voulais vous parler de Sanji et Law. Votre refus de les voir les affectent. Je le vois bien même s'ils ne disent rien. Sanji a les yeux rouges tous les jours.

- Vous les voyez si souvent ?

Shun rigola et alla chercher le tome un de sa nouvelle fiction. Il le mit dans les mains de Dracule.

- Vous devriez le lire.

Mihawk s'exécuta sans un mot. Une demi-heure plus tard, il referma le livre. Il était rouge de gêne. Cette réaction plut à Shun, qui attendait les prochains mots de son aîné avec impatience.

- Vous

- Oh, nous faisons bien pire maintenant.

Shun montra un dessin entre ses mains : dessus, Shun, Law et Sanji étaient dans une position des plus compromettantes. Mihawk paraissait choqué et cela amusa Shun. Il avait réussi à déstabiliser l'homme devant lui.

- Vous ne pouvez pas, ce sont des enfants

- Bien sûr que non ! Coupa Shun.

Il prit la nuque du brun et se mit à quelque centimètre de son visage.

- Law est un homme, un vrai, et au lit il est magnifique.Pour Sanji, c'est autre chose. Je vous le confirme, c'est un gamin. C'est pour cela que seul Law le touche et que je ne fais que l'embrasser.

- Je ne veux plus que vous les voyiez ! Claqua la voix furieuse de Mihawk en se dégageant de la prise de Shun.

- Et comment ! Shun sourit, il voyait là une façon d'humilier l'homme.

C'est pour cela qu'il garda secret sa décision de ne plus les voir et le fait qu'il avait déjà tout organisé pour.

- Si je les appelle maintenant, ils viendront tout de suite. Et on sait qu'ils me choisiront à vous. Alors dites-moi, comment allez-vous m'en empêcher ?

- Je Je ferai ce que vous voulez, mais ne continuez pas à les voir.

- Bien et si vous les remplaciez ? Shun était arrivé là où il voulait en toute simplicité.

Dracule hésita un long moment.

- Oui, mais vous ne devez pas les revoir.

- Bien ! Maintenant, vous allez rentrer chez vous. Je vous rappellerai quand j'aurai besoin de vous. Et ne vous inquiétez pas, je ne les reverrais pas. Je vais déménager. Mais je garde leur numéro pour leur donner ma nouvelle adresse, si vous trahissez votre engagement.

- Je ne le ferai pas.

Shun regarda l'homme sortir de son appartement et appela les déménageurs pour le surlendemain. Il avait déjà tout préparé pour quitter l'appartement. Au fond, c'était le mieux pour que les garçons l'oublient.

Shun avait ensuite emménagé et avait contacté Dracule. L'homme était venu comme prévu. Les deux avaient discuté pendant un long moment et avaient mis des règles en places. Ils avaient aussi décidé de se tutoyer. Il avait aimé voir Dracule imposer ses règles et surtout défendre les deux gamins. Il était heureux qu'un adulte les protège autant.

- Je te propose de faire comme avec Sanji. Tu poses pour moi et je t'embrasse en récompense.

- Tu n'as pas besoin de me récompenser.

- C'est en attendant que tu sois prêt.

- Prêt à quoi ? Avait demandé Mihawk tout en appréhendant la réponse.

- À remplacer Law dans mon lit. Je dois me passer des deux, donc tu vas les remplacer tous les deux. Je me passe déjà d'un cuisiner et d'un homme au foyer. Alors tu peux au moins faire ça ? Tu es un homme, non ? Tu vas prendre la responsabilité de ta décision. Sinon, je peux les rappeler.

- Non, je le ferai.

Le brun aux yeux dorés avait sursauté, il ne voulait pas qu'il recontacte les enfants.

- Je ferai le ménage et la cuisine pour toi et je poserai aussi. Mais

- Prenons le temps, sourit Shun avant d'embrasser le Maître épéiste.

Dracule se recula d'un geste vif ; il ne s'attendait pas à ça, mais il ne dit rien. Shun, quant à lui, sourit de satisfaction.

Après, les deux étaient entrés dans une certaine routine.

Comme prévu, Mihawk s'occupait de l'appartement : ménage et cuisine. Il en avait profité - tout comme Sanji avant – pour s'immiscer dans sa vie de tous les jours. Mais lui ne le fit pas que par la cuisine, il avait aussi insisté auprès de Shun pour lui faire reprendre une activité physique. Le mangaka s'était laissé prendre au jeu.

C'est pour cela que depuis quelques mois, Dracule avait laissé des affaires chez le dessinateur : une brosse à dents dans la salle d'eau pour les nuits où il restait dormir, mais aussi des habits de rechange. Ceux-là avaient tous une raison d'être là, il y avait ceux pour après le ménage, ou encore après le sport. Mihawk lui faisait faire des abdos sur un tapis qu'il avait ramené. Deux fois par semaine, il lui faisait faire un footing dans le quartier. Puis il avait aussi laissé deux bokken pour s'entraîner ensemble : dans ses moments-là, le salon de Shun devenait un Dojo accueillant leurs duels. Shun était pour Mihawk un excellent adversaire, il avait repris ses marques après quelques heures de Katas et quelques rappels des règles de base.

Enfin, Mihawk posait pour Shun, et dans ses moments-là, le mangaka faisait ce qu'il voulait de lui, parfois même devant un appareil photo ou une caméra. Au début, Dracule avait eu du mal à se mettre nu devant l'homme. Son regard le gênait. Mais avec le temps, Shun l'avait vu accepté la chose plus facilement. Il l'avait alors poussé à faire des choses plus gênantes mais le Brun aux yeux dorés s'y était fait. Shun avait eu le plaisir de voir l'homme s'épanouir dans les plaisirs charnels en solitaire, car il respectait toujours la règle : que des baisers et rien d'autre en attendant que Dracule soit prêt à aller plus loin avec lui.

Shun était peu à peu tombé sous le charme de Dracule et celui-ci l'avait inspiré. Tellement qu'il en avait créé une nouvelle histoire, voire deux. Il continuait encore à respecter sa promesse et en six mois il s'était contenté de baisers, pas forcément que sur la bouche, mais rien d'autre.

La sonnerie retentit dans l'appartement, Shun alla ouvrir. C'était l'un de ses nombreux amants. Il sourit de satisfaction et le fit entrer. Dans le salon, les deux s'embrassèrent et le maître de maison allongea l'homme sur le canapé afin de mieux le déshabiller. Ils étaient en plein coït quand la clé tourna dans la serrure. Shun sourit un peu plus, il releva l'homme entre ses bras et le positionna dos à la porte d'entrée. Il le fit aussi crier un peu plus fort. Dracule, surpris de la scène, s'était arrêté un instant dans le salon et les regardait.

- Dracule, tu nous rejoins ? Susurra-t-il à l'homme.

- Non, je vais faire à manger.

Après ce refus catégorique qui ne montrait aucune émotion particulière dans sa voix, Dracule disparut dans la cuisine. Shun quant à lui, ne comptait pas en rester là. Il agrippa l'homme et le porta dans la cuisine. Là, il plaqua son amant sur la table et lui fit l'amour tout en regardant Dracule cuisiner tranquillement. Quand le coït fut fini, Shun raccompagna son amant hors de l'appartement. Ensuite, il rejoignit le Maître d'Armes dans la cuisine, s'installa à table en face de lui et le fixa attendant sa réaction.

- J'ai lu ton manga. Je t'ai vu faire de même avec Sanji. Je ne te ferai pas de crise mais je ne veux plus voir cela ! Je ferai ce que tu veux, mais ça je ne veux plus le voir !

La voix de Dracule était sans appel. Il était hors de question que Shun refasse cela devant lui.

- Bien ! Shun était aux anges malgré la voix posée de Dracule on entendait quand même sa colère dans son ton sec. Alors, le Maître d'Armes était touché par ce qui venait d'arriver. On mange ?

- Oui.

- Dis-moi, ça t'a un peu excité quand même ?

Après réflexion,Shun voulait encore jouer avec Dracule, alors il le questionna pour l'acculer plus et le forcer à dire ce qu'il ressentait.

- Pour cela il aurait fallu que ça soit Je ne sais pas comment dire.

Shun griffonna un dessin sur un papier laissé là à l'abandon.

- Plus comme cela ?

- C'est magnifique !

Mihawk prit le dessin en main. Il le regarda un long moment.

- J'ai encore un peu de mal avec ton choix d'univers. Avant toi, je ne connaissais pas de Gay. En fait, si ! Mais je ne le savais pas. Mais je ne suis pas homophobe et tes baisers ne me laissent pas indifférent. Je le suis peut-être

Il réfléchit encore un peu.

- Mais je dois reconnaître que quand je vois tes dessins ... Tu es un très bon dessinateur. Ace avait raison.

- Et cela te laisse le dojo ! Claqua la voix froide de Shun.

Là, il ne voulait plus jouer.

- Non. Et tu …

- Quoi ? Coupa Shun. Je pourrais revenir, c'est ça ? Je pourrais revoir Sanji et Law ?

- Arrête de jouer au con ! S'énerva Dracule en se relevant et en tapant du poing sur la table. Pardon, je n'aurais pas dû parler d'Ace, mais j'essaie de te dire une chose importante.

- Tu es si viril, cela m'excite ! S'amusa le mangaka.

- Shun !

- Déshabille-toi ! Je te veux !

- Tu m'énerves, je reviendrai demain.

Mihawk allait entamer sa sortie quand Shun l'agrippa par le poignet afin de l'embrasser sauvagement et de le tirer à sa suite. Les deux hommes se retrouvèrent rapidement dans la chambre de Shun. Celui-ci poussa le Maître d'Armes sur le lit avant de l'y rejoindre. Il vint le surplomber et l'embrasser à de nombreuse reprise.

- Tu aimes mes baisers ?

- Oui, mais .

- Tu m'aimes ?

- Sois sérieux.

- Je le suis. Tu m'aimes ?

- Je crois Mais ce soir Je ne veux plus te voir avec un autre homme !

- Tu m'imposes de nouvelles règles ?

- Arrête de jouer au con, j'ai dit. Si tu me veux pour partenaire, je veux être le seul et unique. Je veux que tu ne regardes plus que moi.

- Cela fait six mois que c'est le cas, murmura Shun à l'oreille de Dracule.

- Alors écoute-moi bien. Je ne sais pas trop si Tu es le seul homme qui me fait ressentir cela et je suis en phase avec cela. Mais je veux vivre avec quelqu'un d'honnête et de fiable. Je ne veux pas d'un homme qui va voir ailleurs. Alors, soit tu es mon homme, soit tu me laisses partir.

- Je vois. Et tu seras à moi ?

- Oui. Je veux aussi que tu reviennes chez toi, chez nous.

- Je vais y réfléchir.

Shun l'embrassa à nouveau. Il fit glisser une main sur son cou et déboutonna sa chemise. Il embrassa son cou, son torse, ses mamelons. Une main ferme le repoussa. Mihawk le regarda intensément.

- Shun tu me fais de l'effet mais je ne te céderai pas tant que tu ne seras pas réglo avec moi.

- Vas-y dis-moi ce que tu veux ?

- Ton téléphone, donne-le-moi !

Shun se leva pour le lui donner. Mihawk s'assit sur le lit et le prit. Il alla dans le carnet d'adresse. Il fit signe à Shun de s'asseoir à ses côtés. Là, il montra le numéro de Law et tapa sur « supprimer ». Le téléphone demanda « confirmation ». Shun se mit à rire et tapa sur « oui ». Il prit le portable en main et effaça aussi celui de Sanji et encore cinq ou six autres numéros.

- Tous les autres numéros sont pour le travail, expliqua Shun.

Ensuite, il effaça toutes les photos de Dracule le montrant dans des positions compromettantes ainsi que des vidéos. Il quitta la pièce un instant et revint avec son ordinateur portable. Là encore, il vida son disque dur de tous les dossiers concernant le Maître d'Arme. Dracule le regarda faire en souriant et quand le mangaka eut fini de tout détruire, il l'embrassa.

- C'est la première fois que tu m'embrasses par toi-même.

- On pourrait faire d'autres choses pour la première fois, susurra Mihawk.

- Serais-tu un pervers ?

- La faute à qui ? Shun, j'aimerais que tu me laisses faire, après que tu aies pris une douche.

Devant le regard interrogateur de Shun, il rajouta :

- Tu viens de prendre un autre homme il y moins d'une heure. Je ne passe pas après lui. En fait, je devrais te faire attendre vingt-quatre heures.

Shun rigola de voir l'homme si sûr de lui et de s'imposer dans leur relation. Cela lui plaisait. Depuis six mois même si Dracule s'était montré docile, parfois, il conservait cette attitude de dominant. Shun aimait le voir lui tenir tête et s'imposer peu à peu à lui. Alors, il se leva et alla se doucher après avoir volé un dernier baiser à l'homme. Il revint vingt minutes plus tard une serviette autour de la taille. Il réinstalla Dracule sur le lit et reprit ses baisers.

- Tu as raison ! Ce soir, je vais juste te faire te sentir bien. Et demain je te ferai l'amour, murmura Shun à l'oreille de son amant. Je pense pouvoir encore attendre vingt-quatre heures.

Shun prit plaisir à caresser et embrasser le corps offert et détendu de Dracule. Lentement mais sûrement, ses lèvres descendirent vers l'entrejambe du Maître d'Arme. En même temps, il profitait de tant de docilité pour le délester de ses vêtements. Ensuite, Shun s'occupa de l'érection naissante de l'homme sous lui à l'aide d'une fellation. Le résultat ravit le mangaka qui changea de méthode pour donner plus de plaisir à son amant. Il lécha ses bourses à l'aide de petit coup de langue doux et bien placés, tout en le masturbant.

Au bout d'un long moment, Shun descendit afin de s'occuper de son intimité. Il lui demanda de prendre une nouvelle position pour faciliter la suite. Dracule ne se fit pas prier et se retourna. Cela permit à son amant d'avoir son anus bien en vue. Shun posa ses deux mains sur les fesses rebondies de l'homme et alla humidifier l'antre à coup de langue. Le Brun aux yeux dorés se trémoussait de plaisir entre ses doigts. Les mains du dessinateur glissèrent sur son corps et à certain moment, elles revenaient s'occuper de sa verge. Quand Shun l'estima assez détendu, il entra un doigt en lui, lentement et doucement. L'intrusion avait fait se crisper un peu le Maître d'Arme qui s'était rapidement décontracté sous les baisers de Shun. Celui-ci avait remonté son dos et mordillait sa nuque. Il en profita pour insérer un second doigt. Mihawk se mit à bouger en cadence avec les doigts, se donnant plus de plaisir. Shun en fut ravi et redescendit vers l'anus de son amant. Une nouvelle idée lui vint et étant donné que son amant le laissait faire, il la mit en action. Après avoir retiré ses doigts, il passa sous le bassin de l'homme et reprit en bouche la verge tendue de Dracule avant de remettre ses doigts en lui. Le Brun aux yeux dorés hurla de plaisir, il ne lui fallut pas longtemps pour jouir dans la bouche de Shun. Le mangaka remonta le long du torse de son homme et le prit dans ses bras. Mihawk s'installa mieux sur le torse de Shun et s'y reposa. Mais celui-ci ne le laissa pas tranquille. Il agrippa son visage afin de l'embrasser fougueusement. Après cela, il le laissa réellement se reposer, tout en le câlinant et en le caressant dans le dos et sur le cuir chevelu.

- Tu es magnifique et je crois que tu es gay.

- Sûrement ! S'exclama en rigolant Dracule. Mais ne t'inquiète pas, je n'irai pas voir ailleurs. Je doute qu'un autre homme me rende si heureux.

- Pourtant je suis un connard !

- Oui, mais… Shun je t'aime.

- Moi aussi je t'aime. Et demain promis, je te ferai encore plus de bien.

- Qui te dit que tu m'en as fait ?

- Oh ! Alors, il faut que je recommence ?

- Non je rigole. Shun c'était parfait, promis ! J'ai pris énormément de plaisir. J'ai hâte d'être à demain.

Shun se mit à rire et les installa tous les deux mieux dans le lit après un dernier câlin ils s'endormirent.


Cela faisait un an qu'ils vivaient ensemble et les deux hommes avaient trouvé leur équilibre, que ce soit dans leur vie privée ou dans leur vie professionnelle. Mihawk servait toujours de modèle à Shun dès qu'il le pouvait et le mangaka restait toujours enfermé dans son appartement où maintenant le seul homme à rentrer était Dracule.

Le maître d'armes se battait pour faire sortir parfois son petit ami qui avait accepté de le faire pour deux footings par semaine et très tôt le matin. C'est pour cela que ce soir, Mihawk fut surpris de voir Shun bien habillé et désireux de le voir lui aussi sur son trente et un.

- Ce soir on sort ! Avait lancé d'un ton chantant le mangaka, surprenant son amant.

- Où ?

- Surprise.

Dracule n'avait pas insisté, avait enfilé un costume après une douche et avait suivi son petit ami.

Ils avaient été d'abord dans un magnifique restaurant. Où ils avaient dégusté des plats délicieux. Après le repas, Shun l'avait amené dans un endroit particulier : un aquarium ouvert de nuit. Les deux l'avaient visité et Mihawk s'était émerveillé devant le spectacle qu'offrait un des bassins. Ils contemplaient assis sur un banc l'arche au-dessus d'eux et le ballet des poissons de toutes tailles et races. Shun appréciait de voir le sourire béat de son amant qui lui pointait tout ce qu'il voyait et aimait. Le mangaka, heureux, mit sa main dans l'une des poches intérieures de sa veste et en sortit un paquet. Une toute petite boîte. Il se laissa doucement tomber un genou à terre devant son homme et ouvrit la boîte avant d'attirer l'attention de son compagnon d'une main sur l'une de ces cuisses.

Dracule sursauta à ce contact en public et sursauta encore plus quand il vit l'écrin devant lui et que Shun lui posa une question.

- Dracule Mihawk, depuis un an tu remplis ma vie de tout le bonheur que je n'ai pas eu depuis mon enfance. J'aimerais que cela dure jusqu'à la fin de ma vie. Alors si tu penses pouvoir me supporter et être aussi heureux que moi je le serai, me ferais-tu le plaisir de devenir mon époux ? Dracule, veux-tu m'épouser ?

L'homme prit au dépourvu se raidit un instant avant de se jeter dans les bras de Shun, les faisant tomber tous les deux au sol.

- Oui. J'accepte, je serai l'homme le plus heureux au monde à tes côtés.

- Merci.

Shun passa au doigt de l'homme la bague puis hésita et reprit :

- Moi aussi, je serai l'homme le plus heureux au monde, mais c'est un engagement, je veux dire…

- Je sais, on ne se mariera pas tout de suite. Mais cette bague est la preuve qu'on est liés à vie, je comprends.

Dracule savait bien que le grand-père de Shun s'y opposerait et puis ils avaient le temps. Ils venaient de se faire une promesse.

- Demain, on ira t'en acheter une aussi.

- Tout ce que tu voudras.

Les deux hommes se mirent à rire et repartirent tranquillement chez eux pour fêter leur futur mariage.


Zoro avait entendu sans le voir une discussion téléphonique entre Dracule et Shun. Le mangaka rappelait au Maître d'Arme qu'il désirait sa présence lors d'une journée promotionnelle, où il devrait signer des autographes. Dracule avait promis d'être là. Zoro se promit qu'il y serait aussi.

Après de nombreuses recherches sur le net, le Vert avait découvert le lieu, la date et l'heure de cette journée. Et maintenant il était là, dans la queue, pour faire signer le dernier tome de la biographie non officielle du mangaka. Zoro soupira en voyant une femme assise à la place du dessinateur. Il comprit que Shun avait demandé à cette demoiselle de prendre sa place. Il se fit la remarque que le mangaka l'avait bien choisie, c'était une jeune fille dans la vingtaine, avec des cheveux roses et un style d'habit gothique. Ce style pouvait concorder avec l'univers de ses œuvres. Zoro le savait car il avait lu d'autres mangas écrits par Shun, cela l'avait un peu aidé à appréhender sa relation avec Sanji et Law.

Car au début pour lui, le fait d'avoir des sentiments pour d'autres hommes lui était incompréhensible. Il devait reconnaître qu'il avait mit un sacré paquet d'années à se comprendre et comprendre les véritables sentiments qu'il éprouvait pour ses deux amis d'enfance. C'est pour cela qu'il reconnaissait que les œuvres de Shun l'avaient bien aidé. De plus, il n'en voulait pas à son aîné pour tout ce qui s'était passé, cela aurait été injuste. Et il devait admettre qu'il remerciait l'homme d'avoir protégé ses deux amants de lui-même. Pour finir, dans ce dernier tome il avait pu voir que l'homme et son Maître d'Arme étaient heureux. Cela s'était soldé par une demande en mariage accepté. Il avait même pu voir l'anneau au doigt de Dracule. Il en avait profité pour féliciter son Maître sans rentrer dans les détails. Le brun aux yeux dorées l'avait remercié aussi du bout des lèvres. Ils ne parlaient jamais ouvertement de Shun dans le dojo même si les quatre étaient conscients de tout. C'est pour cela que Zoro était là aujourd'hui, pour tendre une main et recommencer à zéro sans non-dit, ni gêne.

Il allait rebrousser chemin quand il les vit un peu plus loin. Il quitta la file d'attente et se dirigea vers eux. Il allait être refoulé quand Shun et Dracule demandèrent à le laisser passer. Le Vert tendit un livre à Shun.

- Je vous félicite aussi pour votre futur mariage et j'aimerais que vous me dédicaciez ce livre.

- Bien sûr, merci.

Shun savait qui c'était, Dracule lui avait parlé de lui en tant qu'excellent apprenti mais aussi comme soutien pour Law et Sanji.

- Que désires-tu que j'inscrive ?

- Pour Sanji et Law, nos deux amours partagés, de la part de Zoro et Shun.

- Je vois, intéressante formulation, sourit Shun.

Le mangaka se retourna avec un sourire aux lèvres et s'appuya sur une table. Il griffonna rapidement dans le livre quelques phrases avant de le rendre à Zoro.

- Dis-moi ce que tu en pense ?

Zoro l'ouvrit et découvrit sur l'intérieur de la couverture qu'un premier message était écrit :

Pour mon très cher Sanj,

MERCI d'avoir pris soin de moi et d'avoir été le rayon de soleil qui m'a réappris à être aimé et à aimer. Tu auras toujours une place importante dans mon cœur et ma vie.

Sois heureux.

Shun.

En face, il vit qu'un autre mot était écrit :

Pour mon très cher Law,

MERCI de ton soutien envers Sanji et moi-même. MERCI de ne m'avoir jamais jugé et de m'avoir accepté.

Tu seras un excellent médecin et peut-être un jour j'aurais besoin de toi. (Pour me guérir bien sûr). MERCI d'avoir guéri mon cœur et celui de Sanji.

Tu seras toujours dans mes pensées.

Bonne continuation.

Shun.

Shun fit signe au Vert de tourner la page. Zoro s'exécuta et tomba sur deux autres mots. Le premier lui était adressé et l'autre était la phrase qu'il avait demandée à Shun. Il prit le temps de lire son mot.

Zoro,

MERCI de prendre soin de mes deux anges. Je n'étais pas à la hauteur mais je sais que toi, oui. Alors je peux continuer l'âme en paix de les savoir entre de bonnes mains. Je m'occupe de Dracule et toi de Law et Sanji, ok ?.

Shun.

- J'aime beaucoup. On vous voit bientôt au dojo ?

- J'y réfléchis. Embrasse-les pour moi.

- Je n'y manquerai pas. Mihawk-sensei, à lundi.

Zoro repartit avec son trésor dans les bras. Il avait passé son message et il avait l'air d'avoir été entendu.

Dans le magasin, Shun reporta son regard vers la jeune Pérona qui signait à sa place.

- Tu vas revenir ? Dracule aussi voulait connaître la réponse.

- Peut être à la mort de mon grand-père.

Dracule ne dit rien sur le moment, il comprenait et l'acceptait.


Trois ans qu'il n'était pas revenu.

Le jour d'avant, il venait d'enterrer son grand-père. Il était resté loin de la foule. Il avait aperçu Sanji et Law avec Zoro. Les trois avaient l'air d'être en forme cela lui avait fait plaisir.

A la fin, quand tout le monde ou presque était parti, il avait fait un saut sur la tombe de son grand-père - plus pour celle de ses parents que lui - avant de visiter une autre tombe. Celle d'Ace. Il y déposa un gros bouquet de fleurs et lui parla un long moment. Il venait souvent ici, au fond jusqu'à présent c'était sûrement sa seule sortie.

Là, Dracule l'avait rejoint. Un peu gêné de le déranger, il en avait profité pour lui présenter Cora et Shanks officiellement. Ils avaient même mangé au restaurant ensemble. Les quatre s'étaient bien entendus, et en plein repas Shun avait éclaté de rire jusqu'aux larmes. Les autres avaient attendu patiemment qu'il se calme.

- Pardon, je suis juste heureux. Le jour où mon père est mort, ses derniers mots étaient : « Shun il est tard, va te coucher. Tes trois grands frères ont des problèmes, je vais m'occuper de cela et après je les ramènerai à la maison. ». Je suis parti me coucher en rêvant d'un moment comme celui-là : mes grands frères et moi mangeant ensemble autour d'une même table. Il aura fallu trente ans pour que ses paroles se réalisent.

- Pas tout à fait, murmura Dracule. Il a dit « à la maison » et tu n'y es plus.

Shun n'avait pas répondu mais avait réfléchi et c'est pour ça que ce soir il était là dans le dojo de sa famille. Debout au milieu des tatamis, il leva la tête et regarda la poutre. Tout le monde autour de lui parlait sauf trois d'entre eux qui savaient pourquoi il faisait cela.

Un Vert poussa un Blond à aller vers lui. Alors, c'est avec un grand sourire que Sanji vint prendre le bras de Shun qu'il enserra de ses deux bras. Le mangaka embrassa le jeune homme sur le front et lui sourit à son tour. Law se planta devant eux et Shun lui tapota l'épaule avant de le prendre dans ses bras et de l'embrasser sur le haut de sa tête. Il serra la main de Zoro.

- Ça va aller ? Se renseigna Sanji.

- Oui, elle me protège, sourit Shun en regardant encore l'endroit où il avait retrouvé le cadavre de sa mère.

- Et je suis sûr qu'elle est fière de vous, murmura Law.

Tous sourirent. Shun l'espérait vraiment.

Dracule prit la parole et demanda à tous de prendre place dans le dojo avant de présenter un nouveau venu dans le cours.

- Ce soir, on accueille Shun, vous allez le voir souvent et pas forcément dans les cours car il vit ici. C'est sa maison.

- Mais Sensei, c'est chez vous ici, déclara une jeune femme.

- Oui c'est chez nous, à Shun et moi-même.

Zoro et Law se mirent à chanter un chant de mariage pour bien faire passer le message. Et tous purent voir Dracule rougir. Shun lui rigola sous cape avec Sanji à ses côtés. Le Maître passa à autre chose en demandant de se mettre par deux pour commencer les échauffements pour les duels. Dracule fit signe à son fiancé de venir le voir. Ils se mirent face à face et joutèrent un moment. Tout le monde s'arrêta pour les regarder. Zoro sourit, il les avait vus dans le livre, mais là, en réel c'était parfait.

Tout le monde reprenait sa vie et avait l'air heureux. Tout irait bien maintenant. Cora et Shanks les rejoignirent. La vie de tous allait changer en bien.