L'Avocate du Diable


Bien le bonjour, voici le chapitre 1 de l'histoire. Je n'ai pas vraiment encore de calendrier quand à la publication de mes chapitres... iCe chapitre met un peu en place l'intrigue et différents personnages clés de l'histoire ! N'hésitez pas à laisser des reviews, elles seront très appréciées.

Bonne lecture !


Chapitre 1

- « Ron, enfin, tu peux comprendre ! »

- « Non, Hermione, je ne comprends pas ! Nous sommes fiancés ! »

Molly soupira, avant de touiller la soupe de potiron qu'elle préparait. Le Terrier était calme en ce début d'après-midi d'Août, et une douce chaleur régnait. Puis, une énième dispute sur le sujet épineux du moment avait éclaté. Ronald déboula dans le salon et sortit en claquant la porte, qui menaça de sortir de ses gonds.

Peu après, une Hermione aux joues rouges et aux yeux pétillants s'affala sur une chaise de la cuisine. Molly se retourna et la gratifia d'un regard inquisiteur.

- « Tu as abordé LE sujet n'est-ce-pas ? » demanda-t-elle en haussant un sourcil. Hermione leva ses yeux bruns vers elle, les détournant de la bague qui trônait fièrement à son doigt. Elle soupira.

- « Molly, il ne comprend pas. Non, il ne veut pas comprendre. Ou même entendre ce que j'ai à dire ! Certes nous sommes fiancés mais non, je ne suis pas pressée de me marier et oui, j'ai envie de vivre seule chez moi ! J'ai suffisamment abusé de votre hospitalité durant toutes ces années, et maintenant que je vais pouvoir avoir un métier, je tiens à prendre un endroit pour moi... Il ne veut pas entendre que je veuille habiter seule pour quelques temps. » expliqua-t-elle, avec une pointe de tristesse dans la voix. Molly jeta un rapide sort afin que la soupe se touille toute seule et la rejoignit à table.

- « Ma chérie, tu sais qu'ici, tu es chez toi n'est-ce pas ? » commença Molly. Hermione soupira pour la énième fois. « Oui, bien sûr... Mais... » répondit la jeune femme en passant une main dans ses cheveux. Molly posa une main rassurante sur son épaule. « Je comprends ton point de vue. Tu as envie de prendre ton indépendance et tu es jeune. J'essaierai de parler à Ronald. »

Hermione sourit tristement et remercia Molly. Depuis la fin de la guerre, la sorcière avait représenté ce qu'Hermione avait de plus proche d'une figure maternelle et la chérissait comme telle. Toujours de bons conseils, elle savait reconnaître les tords de son fils, parfois insupportablement têtu, et lui parler.

Et c'est ainsi qu'une semaine plus tard, Hermione bouclait sa valise. Elle regarda autour d'elle, prête à entreprendre cette nouvelle étape de sa vie mais également nostalgique des souvenirs qui habitaient cette chambre qu'elle avait pendant un moment habité avec Harry et Ron, avant de devenir la chambre de son couple. Ron l'observait dans l'encadrement de la porte. Elle sourit.

- « Ron, ne tire pas cette tête, on ne se sépare pas ! » ria-t-elle en observant sa mine bourrue.

- « Ça ne me plaît pas Mione. On habite ensemble depuis des années, je ne comprends pas d'où vient ce besoin de partir. En plus, ici, c'est la campagne, l'air frais, les prairies vertes et le calme ! Tout ça pour aller habiter un appartement minable sur le Chemin de Traverse ! ». Bougonna-t-il. La remarque blessa la jeune femme qui ravala sa tristesse. Le jeune homme prenait très mal la situation et ne s'en cachait pas.

- « Et si tu essayais de comprendre ce que je ressens pour une fois ? Tu n'es même pas venu visiter mon appartement minable. » dit-elle fermement en reprenant les mots du rouquin. Il leva les yeux vers elle et elle sut qu'il regrettait ses propos. Il souffla.

- « Je n'aurai pas dû dire ça. » murmura-t-il.

- « Ce n'est pas grave... » souffla-t-elle en s'avançant vers lui. Elle posa sa main sur sa joue et lui sourit. Puis, elle saisit sa valise mais la main de son fiancé l'en empêcha.

- « Laisse-moi au moins porter tes affaires jusqu'au salon, d'accord ? » dit-il en s'emparant de sa petite valise. Elle sourit. Dans ces moments, elle se rappelait pourquoi elle l'aimait. Elle acquiesça et ils se dirigèrent ensemble en bas, dans le salon où l'attendait la cheminée.

Une fois qu'elle dit au revoir à l'ensemble de la famille Weasley, elle embrassa une dernière fois Ron avec un petit pincement au cœur. Prenait-elle la bonne décision ? Elle chassa cette pensée de sa tête et se positionna au centre de la cheminée.

- « Chemin de Traverse, n'est-ce pas Harry ? » rigola Molly, en adressant un regard rieur à Harry qui rougit, se rappelant de son échec cuisant des années auparavant. Hermione sourit et acquiesça. Elle saisit une bonne poignée de poudre de cheminette et s'élança. « Chemin de Traverse ! ».

L'agitation étourdit la jeune fille. En effet, c'était la ville. Le Chemin de Traverse, fin Août, grouillait de futurs élèves ou élèves de l'école de sorcellerie, s'émerveillant sur les derniers équipements de Quidditch ou sur des nouvelles tenues, animaux, et autres accessoires, ou alors bavant sur les dernières friandises de la boutique des Weasley. La jeune femme sourit avec nostalgie et resserra la poignée de sa valise dans sa main. Elle s'engouffra dans le flot de personne, s'arrêtant chez Fleury et Bott pour acheter quelques livres comme elle en avait l'habitude durant ses années à Poudlard. Quand elle sortit, ses livres sous le bras, sa valise dans l'autre main, elle inspira et traversa la rue pour se rendre sur le côté opposé. Elle avait en effet choisi son appartement de façon incongrue en face de la librairie. Une coïncidence qui avait finir de convaincre la jeune sorcière. Arrivée devant une veille porte en bois, peinte en rouge, elle posa sa valise devant elle et sorti ses clefs de son petit sac ensorcelé qui l'accompagnait depuis des années. Plongeant son bras jusqu'au coude, elle trifouilla dans sa petite bourse, faisant tomber quelques livres et autres accessoires au passage, avant d'entendre le bruit caractéristique d'un trousseau de clés. Elle s'en saisit et les sortit. Satisfaite, elle ouvrit la porte, récupérant sa valise au passage et s'engouffra dans l'immeuble. Son appartement se trouvait au 3ème étage de l'immeuble assez rustre mais accueillant d'une certaine façon, caractéristique au monde magique. Après avoir monté les escaliers tortueux, elle souffla et engagea une seconde clé dans la porte lui faisant face. Elle sourit en sentant la porte s'ouvrir. La jeune femme entra, fermant délicatement la porte derrière elle et soupira. Elle était chez elle. Enfin.

L'appartement qui lui faisait face était simple mais chaleureux. Une petite cuisine, un salon bien éclairé où un canapé rouge semblait appeler à la lecture auprès d'une petite cheminée un jour de pluie. Elle saisit sa valise et traversa le salon pour entrer dans sa chambre. Le sourire au lèvre, elle posa sa mallette sur la couverture épaisse et rouge elle aussi de son lit. D'un coup de baguette magique, les affaires se rangèrent dans les commodes et étagères. Les livres récemment achetés prirent place sur la table de nuit et une photo de Ron et elle s'installa à leurs côtés. La jeune femme sourit tristement. Une fois assise sur son lit, le silence l'encadrant, elle se sentit seule. D'un côté, elle appréciait la quiétude de la solitude mais son fiancé lui manquait. Elle espérait fortement que cette expérience ne saurait qu'entretenir la flamme entre eux et fortifier leur relation. Hermione se racla la gorge et se leva.

- « Allez, on ne se laisse pas abattre ! » se morigéna-t-elle. Hermione poussa une porte qui donnait sur probablement la pièce favorite de cet appartement. Une bibliothèque. Certes, c'était une toute petite pièce avec un petit bureau sous une fenêtre mais cela suffisait à la faire sourire. Elle s'imaginait déjà travailler sur de multiples affaires, entourée de parchemins et de dossiers. Hermione sourit à cette pensée quand un miaulement vint interrompre ses pensées. Elle sursauta presque.

- « Pattenrond ! » s'exclama-t-elle alors qu'une boule de poil rousse se frottait à ses jambes. La jeune femme se pencha et prit dans ses bras son tendre chat, qui se faisait dorénavant plutôt vieux. D'ailleurs, il se laissa faire, heureux de ne plus à avoir à soutenir son propre poids sur ses pattes fatiguées et se reposa contre sa maîtresse. Arthur l'avait déposé le matin même avant de se rendre au ministère, lui laissant quelques croquettes et Hermione se dit qu'elle lui enverrait un hibou pour le remercier. Elle se dirigea vers le salon et s'assit sur son confortable canapé, son chat dans ses bras. Lui caressant la tête, elle laissa son esprit dériver, songeuse. Dès le lendemain, elle se rendrait sur son lieu de travail. Le cabinet d'avocat de Zachariah Hooch. Hermione avait effectué son stage de fin d'étude dans ce cabinet et s'était tout de suite sentie à l'aise là-bas. Elle avait bien sûr du faire ses preuves tout en respectant son statut de stagiaire mais s'était illustré par ses connaissances et sa logique. Maître Fingal Hooch, le paternel dudit Zachariah Hooch avait tout de suite apprécié la jeune femme et lui avait proposé de rejoindre son humble cabinet une fois ses études terminées. Hermione avait presque immédiatement accepté. Zachariah, avec qui elle avait notamment travaillé, était un sorcier droit, intelligent et un très bon avocat. D'une dizaine d'année de plus que la jeune femme, il l'avait rapidement prise sous son aile, au grand plaisir de Maître Fingal. Zachariah était marié à Loreen, une très belle femme, aussi avocate dans le cabinet, aux cheveux noirs de jais et aux grands yeux expressifs, qui reflétaient son intelligence extrême et sa presque férocité en matière de droit. Loreen n'appréciait pas vraiment Hermione du fait de sa proximité avec son mari. Mais elle restait diplomate, tout en faisant des fois allusions qu'Hermione trouvait ridicules puisqu'elle même était fiancée et amoureuse, et n'aurait jamais eu de vues sur Zachariah. Il était certes très bel homme et devait faire tourner pas mal de têtes mais Hermione n'était pas ce genre de personne, et elle espérait que Loreen s'en rendrait compte rapidement.

Le lendemain, Hermione se leva naturellement très tôt. « L'excitation. » Se rassura la jeune femme. Elle se leva et en profita pour filer sous la douche rapidement. Dormir seule dans un lit depuis des années avait été assez angoissant mais elle se dit qu'elle s'y ferait rapidement. Une fois sortie de la douche, elle revêtit une tenue confortable, à savoir une petite jupe verte pâle arrivant un peu au-dessus de ses genoux, et un chemisier assez léger mais assez couvrant pour ne pas éveiller de soupçons infondés chez Loreen. Elle sourit à cette pensée et finit de se préparer, ramassant son épaisse chevelure en un chignon qui reposait plus ou moins sur sa nuque. Une fois un petit déjeuner avalé, et une dernière étape de lavage de dent. Elle se regarda une dernière fois dans la glace et souffla.

- « Hermione Jane Granger, tu gères. » affirma-t-elle à son reflet dans la glace. S'assurant que son chat n'aurait besoin de rien durant son absence, elle sortit après avoir saisi son sac et ses chaussures aux pieds.

- « Hermione ! » entendit-elle à peine la porte du cabinet d'avocats franchie. Le tintement de la cloche au-dessus d'elle avait alerté la personne en face d'elle de sa présence et un grand sourire illumina son visage.

- « Bonjour Maître Hooch ! » salua la jeune femme.

- « Oh, je t'ai déjà dit tellement de fois de m'appeler Fingal ! » corrigea le vieil homme.

- « Et vous savez donc que je ne peux pas m'y résoudre. » ria-t-elle en le rejoignant.

Le vieil homme sourit. Il tirait sur sa soixantaine et ses cheveux grisonnant et ses yeux bleus pétillants témoignaient d'une vie bien remplie. Avocat de carrière, il avait vu et survécu à un bon nombre de choses et avait à son compte un nombre incalculables d'affaires, la plupart d'entre elles remportées, ce qui lui avait offert une solide réputation dans le milieu du monde magique. Malheureusement, ce-même monde semblait avoir décidé que Maître Hooch était trop âgé pour exercer et quelques affaires récentes perdues l'avaient peu à peu écarté des tribunaux. Mais l'avocat ne semblait pas trop s'en soucier et continuer de pratiquer son métier avec passion, ce dont Hermione était admirative. Elle le détailla. Il portait une toge d'un bleu sombre, qu'il arborait souvent et une cravate noire entourait son cou. Ses cheveux étaient ébouriffés en un joyeux mélange.

- « Viens, je vais te montrer ton bureau. Zachariah et Loreen ne vont pas tarder. Oh, je suis tellement heureux de ton arrivée ! ». Dit-il en s'engouffrant dans le cabinet. La jeune femme le suivit docilement dans cet endroit qu'elle connaissait déjà. Sur les murs, elle observa les nombreux articles, photos et cadres témoignant des plus grandes réussites des Hooch, père et fils. Il y avait aussi quelques photos de famille, sur lesquelles Loreen apparaissaient souvent. Elle sourit en espérant voir un jour un article sur une affaire qu'elle aurait résolu avec brio à son tour. Hermione s'arrêta brusquement derrière Fingal.

- « Voilà, on y est, j'ai fait un peu de rangement pour que tu aies ton espace ! ». dit-il fièrement. Il ouvrit une porte et s'engouffra dans une petite pièce. Celle-ci contenait un simple bureau, assez spacieux et des étagères. Enormément d'étagères. Du sol au plafond. La jeune femme sourit et posa son sac sur le bureau en bois, puis se tourna vers Fingal.

- « J'ai reçu quelques dossiers, des petites affaires à régler. Quand Zachariah et Loreen seront là, ils t'en diront plus. D'ici là, n'hésite pas à t'installer ! J'ai préparé du thé, et il y a quelques biscuits dans les étagères si tu as un petit creux. » dit-il joyeusement. Cela fit sourire intérieurement la sorcière. Cet homme était adorable. Il referma la porte et elle l'entendit s'éloigner. Sa carrière commençait enfin.

Un « toc-toc » sur la porte l'interrompit dans le rangement des quelques livres qu'elle avait emportés pour son premier jour, notamment le Code Magique qu'elle posa sur son bureau et alla ouvrir. Un homme, assez grand, des cheveux bruns élégamment rassemblés en un chignon bas dont quelques mèches s'échappaient et encadrait son visage aux traits fins se détachait devant elle. Ses yeux verts perçant se rétrécirent légèrement alors qu'un sourire venait illuminer son visage, révélant des dents blanches et parfaitement alignées.

- « Hermione ! Tu es déjà là ! » dit l'homme.

- « Bonjour Zach ! Oui, je suis arrivée il y a un moment. » sourit la jeune femme. Elle pencha la tête et avisa la femme qui se tenait à côté de lui. « Oh, bonjour Loreen. » dit-elle poliment.

- « Bonjour Hermione. » répondit simplement Loreen, semblant détailler la tenue de la jeune sorcière. Elle sourit, et Hermione se dit qu'elle avait bien fait d'opter pour ce chemisier ce matin. Loreen lui jeta un dernier regard et se dirigea en direction du bureau qu'elle occupait avec son mari.

Hermione s'effaça et laissa entrer Zach. Elle avait appris à utiliser son diminutif au fil du temps, au plus grand plaisir de l'avocat qui trouvait la version complète de son prénom trop... formelle. Il avisa le Code Magique sur le bureau de la jeune femme et sourit.

- « Ah, Hermione et les livres ! » la taquina-t-il. « Dis-moi, pour ton premier jour, je ne compte pas te confier d'affaires mais j'aimerai que tu m'accompagnes au Ministère, j'ai quelques dossiers à récupérer au Département de la Justice Magique. » expliqua-t-il simplement. La jeune femme acquiesça, partiellement déçue de ne pas se voir confier une affaire en ce premier jour. Mais elle comprenait la situation aisément et répondit. « Oui, bien sûr ! ». Il hocha la tête et montra la porte de son bras, l'incitant à sortir pour se rendre au Ministère. La jeune femme prit son sac et sortit, Zachariah à sa suite.

En cette matinée, le Ministère grouillait. Hermione se faufilait derrière Zach qui connaissait le chemin par cœur. La grandeur du bâtiment étonnait à chaque fois la jeune femme et elle dut se reprendre à plusieurs fois pour ne pas s'arrêter et admirer l'architecture de l'endroit. Ils se dirigèrent vers l'ascenseur et l'empruntèrent. Quelques montées, diagonales, et virages abrupts plus tard, un « ting » distinctif indiqua qu'ils étaient arrivés à destination. Le Département de Justice Magique était calme, comme à son habitude et les mocassins de Zach claquaient sur le sol. Ils arpentèrent les couloirs pendant un moment, Hermione sur les talons de son mentor.

Une voix stridente interrompit le silence des couloirs.

- « C'est inadmissible ! Et vous le savez ! ».

Zach et Hermione se jetèrent un regard curieux. Une porte s'ouvrit et une femme sortie en trombe. Le cœur d'Hermione eut un raté. Devant elle, dans toute sa splendeur, se tenait la tristement célèbre Narcissa Malfoy. Ses cheveux caractéristiques, blancs et bruns, étaient remontés en un chignon savant dont elle seule avait le secret. Actuellement, quelques mèches s'en échappaient que l'élégante femme s'empressa de remettre en place. Elle avisa les deux protagonistes en face d'elle et son regard s'arrêta sur Hermione. Celle-ci n'avait pas oublié le rôle stratégique qu'elle avait joué dans la guerre, permettant à Harry de tromper le Maître des Ténèbres. Mais elle n'avait aussi pas oublié les tortures qu'elle avait subi dans le salon de la femme qui se tenait devant elle. Un frisson parcouru son bras où Bellatrix Lestrange l'avait marquée à vie.

- « Miss Granger ? » demanda Madame Malfoy, s'approchant de la jeune femme.

Instinctivement, Zachariah se positionna devant Hermione mais celle-ci prit la parole.

- « Elle-même. »

- « Vous travaillez ici ? » questionna-t-elle.

- « Non, elle travaille avec moi. » Zach prit Hermione de court, lançant un regard inquisiteur à Hermione.

« Vous vous connaissez ? » lui demanda-t-il. Il n'ignorait pas l'identité de la femme se tenant devant lui mais ne connaissait pas le lien reliant les deux femmes. En effet, Hermione avait préféré ne pas s'étendre sur cette sombre partie de son passé quand elle avait passé son entretien d'embauche auprès du cabinet. Narcissa reprit la parole.

- « Je suis la mère d'un ancien camarade de Miss Granger. » affirma-t-elle avec un aplomb qui donna envie et Hermione dut retenir un rire moqueur. Le mot camarade était assez ironique. « Miss Granger, vous êtes avocate. » reprit Narcissa. « Si vous ne travaillez pas ici, vous êtes avocate indépendante, j'ai besoin de vous. »

Cette annonce choqua presque Hermione qui regarda nerveusement en direction de Zach, qui suivait l'échange avec une curiosité grandissante.

- « B-besoin de moi ? » demanda la jeune femme.

- « Je souhaiterai m'entretenir avec vous... en privé. » Elle avait prononcé ces derniers mots en jetant un regard dédaigneux en direction de Zachariah, intimant qu'elle souhaitait qu'il s'éloigne.

- « Hermione travaille pour moi. Si vous avez besoin de ses services, vous avez besoin des miens et par conséquent, je dois être mis au courant. » affirma l'avocat avec un aplomb qui rassura la jeune femme qui n'avait aucune envie de se retrouver seule à seule avec Madame Malfoy. Celle-ci sembla évaluer la situation puis acquiesça.

- « D'accord, mais pas ici. » finit-elle.

L'échange avait troublé la jeune femme pour le reste de la journée. Pourquoi Narcissa Malfoy avait besoin de ses services, à elle. Elle avait beau retourner la situation dans sa tête, elle ne comprenait pas. Ce n'était sûrement pas pour son mari. Le cas de Lucius Malfoy était perdu. Il purgeait sa peine dans la partie la plus sécurisée de la prison d'Azkaban, attendant patiemment de recevoir le baiser du détraqueur. Quant au fils, son cas n'était guère mieux. Il n'avait même pas purgé la moitié de sa peine avant de pouvoir faire appel. Peut-être avait-elle un souci personnel ? Mais à ce moment-là, pourquoi aurait-elle besoin d'Hermione précisément ?

- « Hermione ! Tu m'écoutes quand je te parle ? »

La phrase fit sursauter la jeune femme. Installée confortablement dans les bras de son fiancé, elle s'excusa timidement. « Pardon, reprends Ron. »

- « Je disais, tu te rends compte ? En prenant Héléna Fizzle à la place de Ginny, les Harpies de Holyhead n'ont aucune chance, c'est une grave erreur ! Tout ça à cause de cette foutue Rita Skeeter et de ses foutues rumeurs ! ». S'emporta le rouquin. Ginny avait reçu le jour même les résultats des sélections pour la nouvelle composition de l'équipe des Harpies pour cette saison et la place de poursuiveuse. Officiellement, les résultats aux essais n'étaient pas satisfaisant mais tout le monde savait que c'était faux. En vérité, Ginny avait été recalée suite aux rumeurs que Rita Skeeter avait publié dans son infâme rubrique dans la Gazette du Sorcier, il y a de cela quelques semaines. Selon l'article, Ginny et Harry essayaient d'avoir un enfant et Ginny serait enceinte. Rumeur évidemment fausse mais qui avait fini par dissuader les Harpies de sélectionner la rouquine, probablement ne voulant pas s'encombrer d'une joueuse qui ne pourrait pas faire la moitié de la saison. Cela énervait profondément Hermione mais la situation était ainsi.

Ron et Hermione restèrent ainsi une bonne partie de la soirée, celle-ci se laissant dériver dans ses pensées. Le lendemain, Narcissa Malfoy se présenterait au cabinet Hooch et elle en saurait plus sur toute cette mystérieuse affaire. En fin de soirée, Ron se décidé à quitter sa fiancée non sans une remarque sur le fait qu'il voulait qu'elle rentre avec lui et que cette situation était parfaitement ridicule. Un pincement au cœur, la jeune femme l'embrassa et lui souhaita bonne nuit. Bien décidée à se reposer avant la journée qui l'attendait, elle s'empressa de se glisser sous se couvertures et sombra dans les bras de Morphée.

Ce matin-là, lorsque Narcissa Malfoy franchit les portes du cabinet, elle se demanda si elle avait fait le bon choix. Elle observa ses alentours et nota que ce cabinet d'avocats n'avait rien à voir avec les cabinets luxueux qu'elle avait pu fréquenter. « Mais ceux-ci n'ont rien pu faire. » se rappela-t-elle avant de se présenter à l'Homme qui lui faisait face. Celui-ci la jugea un instant et elle n'eut pas le temps de prononcer un mot qu'il annonça.

- « Miss Granger et mon fils vous attendent. Deuxième porte sur la gauche. »

Dans le bureau, Hermione se rongeait les ongles. Zachariah faisait face à la fenêtre et passa une main dans ses cheveux bruns, aujourd'hui lâchés mais coiffés en arrière.

- « Ça va aller Hermione, on ne sait pas ce que nous veut cette femme, alors il ne sert à rien de s'inquiéter. » dit-il calmement. On toqua sur la porte et il se retourna. Hermione leva les yeux et posa son regard sur Madame Malfoy, très classe, comme à son habitude. Hermione prit place à son bureau et Zach s'appuya sur le devant du bureau.

- « Bonjour Madame, asseyez-vous, je vous en prie. » reprit-il d'un ton poli. Narcissa l'observa un instant puis consentit à s'asseoir sur un siège en face d'Hermione, de l'autre côté du bureau. La jeune femme sentait son cœur battre dans sa poitrine et elle essaya d'adopter une position qui se voulait confiante.

- « Qu'est-ce qu'on peut faire pour vous, Madame Malfoy ? » dit-elle simplement, essayant de contenir le tremblement dans sa voix. Malgré les années, cette femme, et notamment ce qu'elle représentait, l'impressionnait. Narcissa hésita un moment, puis baissa les yeux, chose qui étonna Hermione, avant de replonger ses yeux noirs dans les yeux chocolats de la jeune femme.

- « Comme je vous le disais hier, j'ai besoin de vous et plus précisément de vos services. Vous êtes tombée à pic et votre position me serait de la plus grande aide. Evidemment, avec une compensation financière correcte. Quel que soit votre prix, j'en serai. ». Annonça-t-elle calmement.

Hermione jeta un coup d'œil hésitant à Zach. Celui-ci prit la parole.

- « Plus clairement, de quel service avez-vous besoin ? Je crains que le cas de votre mari soit désespéré. » affirma-t-il, désinvolte. Il était évident que Zachiariah ne portait pas la famille Malfoy dans son cœur et Hermione nota mentalement de se renseigner sur cette animosité un peu plus tard.

- « Je ne suis pas là pour mon ...mari. Ni pour moi. » reprit-elle calmement. Elle avait dit cette dernière phrase en vrillant son regard sur Hermione et celle-ci sentit son sang se glacer. Elle fit une pause et annonça :

- « Je suis là pour mon fils, Drago Malfoy. Je veux le faire sortir de prison. Et je crois savoir comment faire. ».


J'espère que ce chapitre vous aura plu, n'hésitez pas à laisser vos avis et critiques !

Merci d'avoir pris le temps de me lire,

The-Sycamore.