Auteur original : KouriArashi que vous pouvait retrouver sur A03 : archiveofourown (point) org (slash) user(slash) KouriArashi

Note de l'auteur : Une histoire dans laquelle Derek et Stiles sont compagnons mais où Derek n'est pas bon pour communiquer.
Il peut être lu comme un bout de mon large univers mais aussi comme un os isolé.

Note de moi-même, traductrice : Bonjour tout le monde ! Voilà une petite traduction qui j'espère vous le plaira. J'ai trouvé l'histoire toute douce. Ca vous permettra de vous changer les idées pendant cette période de confinement !

Un GRAND merci à Sloe Balm pour sa bêta lecture, vous n'avez même pas idée du taf qu'elle a fait. Ca aurait été illisible sinon. C'est d'ailleurs elle qui m'a poussé à en faire une.

Cela était dit, je ne pense pas en refaire, ce n'est pas dans mes capacités disons ahah. Mais il y a bien d'autres auteurs qui vous en traduiront pour notre plus grand plaisir !

Sur ce, avec les conditions actuelles je ne vous dirais que deux choses : Prenez soin de vous et bonne lecture !


Derek n'a jamais dit « je t'aime » à Stiles.

Honnêtement, il n'y pense jamais vraiment. Les actions sont plus parlantes que les mots de toute façon. Il aime Stiles, Stiles le sait, donc il n'y a aucune raison pour eux de commencer à se dire des choses qui rendraient les choses bizarres ou inconfortables. Leur relation ne s'arrête pas à ça, aucun mot ne suffirait à décrire leur relation. C'est de l'amour, de l'engagement, de l'amitié... ils sont comme deux éléments d'un tout qui a bien plus de valeur une fois uni.

Donc, Derek n'a jamais pensé à le dire à Stiles, et si ce dernier y a déjà songé, eh bien Derek ne le sait pas et s'en fiche. Leur relation n'est pas moins importante parce qu'ils ne se disent pas « je t'aime ». C'est juste quelque chose qu'ils ne font pas.

Ou tout du moins c'est ce que se dit Derek quand il y pense. Car il y pense parfois, lorsque Scott et Allison se le disent à peu près huit fois par jour, ou lorsqu'ils regardent une série dans laquelle l'un des personnages est angoissé que son amant ne lui ait jamais dit ces mots. Généralement, à ce moment-là, Stiles lève les yeux au ciel.

C'était donc ce que Derek pensait, jusqu'à cette fois, tard dans la nuit, où Stiles lui prouva qu'il avait tort.

C'est une de ces mauvaises nuits, où Stiles est agité et incapable de dormir, comme trop souvent. Où ses mouvements et ses coups de pieds empêche Derek de dormir. Stiles se sent parfois mal à cause de ça, mais il sait que Derek préfère largement ne pas être seul la nuit et que rester réveillé avec un Stiles agité est un faible prix à payer pour ça. Derek a déjà essayé de l'apaiser plusieurs fois, en frottant son dos ou en caressant ses cheveux. Stiles finit alors par fermer ses yeux et se relaxer quelques minutes avant de s'agiter à nouveau.

Derek est allongé sur le dos, sous sa forme humaine, -il dort souvent en loup, mais pas toujours, des fois il aime juste s'étirer jusqu'à ce que ses orteils pendent en dehors du lit.

Stiles est allongé sur le côté, face à Derek, pour l'instant tout du moins. Puis Stiles lui dit « Derek… ? », sa voix est si douce et étouffée. Et lorsque Derek tourne son visage vers lui, émettant un "Hm ?" interrogaitf, Stiles rajoute « Je.. ».

Et Derek sait. Il va le dire. Il va réellement le dire, les mots qu'ils n'avaient jamais dits avant. Une terreur s'empare alors de lui. Une terreur noire, dure.

« Je t'aime » c'était ce que lui disait sa mère quand elle l'embrassait sur son front avant de le pousser vers sa chambre pour dormir. « Je t'aime » était la dernière chose qu'elle lui avait dite.

« Je t'aime » était ce qu'il avait dit à Kate durant leur dernier rendez-vous, lorsqu'il avait quinze ans, et elle lui avait répondu « Aw, chéri, je t'aime aussi » avec un sourire qui paraissait doux et gentil. Maintenant qu'il n'a plus quinze ans, quand il ferme les yeux et se rappelle ce sourire, il peut y voir la moquerie cachée. « Je t'aime » était ce qu'il avait dit à Kate avant qu'elle ne tue sa famille et ne détruise sa vie.

« Je t'aime » était ce qu'il n'avait plus dit à Laura après ça, jamais, parce que ces mots sont maudits, tellement maudits. Jusqu'à ce qu'elle parte enquêter à Beacon Hills et qu'elle lui dise « Je t'aime » sur le pas de la porte. Et n'avait pas pu réagir, il n'avait pas pu répondre à ça. Et ensuite il s'était senti tellement coupable qu'il lui avait envoyé un SMS « Je t'aime aussi ». Il ne sait même pas si elle avait pu lire le message. Elle était morte juste après et son téléphone n'avait pas été retrouvé avec le corps. Il n'y avait aucun moyen de savoir.

« Je t'aime » est une malédiction, sa malédiction, parce que Derek sait qu'être amoureux de lui signifie traverser un chemin rempli de ténèbres, de sang et de mort. Il n'a pas peur d'aimer Stiles, mais ils ne doivent jamais le dire, ne jamais en parler ou cette malédiction tombera sur Stiles aussi sûr qu'elle était tombée sur tous ceux qu'il lui sont chers.

Donc sans même y réfléchir, il se retourne vers Stiles et plaque sa main sur sa bouche avant que la moindre syllabe ne puisse en sortir. « Non. » dit-il d'une voix chevrotante. « Ne t'avise pas. Ne le dis jamais. Tu ne peux pas. Tu ne peux pas. »

Stiles le regarde, ses yeux sont écarquillés de surprise et de confusion avant de se baigner de compréhension, puis de douleur. Et Derek sait que Stiles comprend pourquoi il ne doit jamais dire ces mots. Derek voit ce chagrin et cette rage. Il sait que Stiles remontrait le temps pour tuer Kate une centaine de fois, pour avoir fait de ces mots quelque chose qu'il faut craindre plutôt que chérir. à craindre plutôt que quelque chose à chérir.

Puis, Stiles lève sa main pour retirer celle de Derek de sa bouche. « Derek, » il parle lentement, délicatement « j'allais juste te dire « je vais me lever et me faire du thé » est-ce que tu veux venir avec moi ? »

Toute sa respiration, qu'il avait bloquée, s'échappe de lui. Il se recroqueville sur Stiles, incapable de parler pendant une longue minute. Stiles le serre, caresse de sa main l'arrière de sa nuque. Il écoute les bruits si doux et aigus que Derek fait chaque fois que la perte de sa famille se rappelle si brutalement à lui. C'est généralement après avoir rêvé d'eux, mais pas toujours. Des fois c'est juste après avoir senti un parfum, ou vu une femme qui ressemble à sa mère. Cela peut être tout un tas de choses et d'un coup il redevient à nouveau un orphelin de quinze ans.

Quand il se reprend, il frotte ses yeux avec ses mains et dit « Ouais... un thé… Un thé c'est bien. »

Stiles balance ses jambes en dehors du lit et ils descendent. Derek s'assied en silence dans la cuisine, pendant que Stiles chauffe de l'eau et remplit deux tasses avec du thé vert, parce qu'il est tard et qu'ils ne doivent pas prendre de caféine. « Je ne pense pas que je dormirais ce soir » dit-il finalement. « Ça te dit un Scrabble ? »

Ce que veut dire Stiles c'est « aucun de nous ne veut savoir quels genres de cauchemars nous pourrions avoir après ce qu'il vient de se passer ». Et il a 100% raison, donc Derek est d'accord. Il sort le Scrabble pendant que Stiles finit de s'occuper du thé et de prendre des cookies qu'il avait faits plus tôt dans la journée. Ils s'asseyent tous les deux et jouent ensemble.

Stiles commence à s'endormir malgré tous ses efforts, mais il continue de jouer, et Derek le laisse mal écrire ou inventer des mots parce qu'il se fiche du jeu. Il veut juste ne pas dormir. Ils restent éveillés jusqu'à 4h du matin, jusqu'à ce que Stiles finisse par s'endormir. Derek le porte dans les escaliers et le pose sur le lit. Il s'agite mais ne se réveille pas.

Ils ne parlent pas de ça le lendemain matin, eti Derek en est reconnaissant. Il ne veut pas que les choses deviennent bizarres, il ne veut pas que cela devienne un problème.

Il aime Stiles, Stiles le sait. Ils ne peuvent juste pas en parler.

Donc il regarde les autres, regarde Allison dire « je t'aime » à la place de bonjour et Scott dire « je t'aime » à la place d'au revoir. Il regarde Stiles le dire à son père lorsqu'il part pour travailler, parce qu'être le shérif d'une petite ville n'est pas vraiment dangereux, mais cela peut l'être. Il regarde le shérif Stilinski dire « je t'aime aussi, fiston » à chaque fois que Stiles lui dit, peu importe les circonstances ou qui peut les voir.

Il regarde les membres de la meute se le dire, des fois sérieusement, des fois juste pour blaguer. Avec un rire, « oh mon Dieu, je t'aime » d'Erica à Lydia, quand la rousse fait quelque chose de fantastique à ses cheveux. « Je t'aime bro', t'es le meilleur » de Boyd à Isaac, quand ils font équipe contre Scott et qu'ils le font perdre pendant une partie de Lacrosse. « C'est génial, je t'aime ! » de Scott à Erica, quand elle lui apprend une astuce pour leur devoir d'espagnol.

Ils s'aiment tous, et aucun n'a la moindre peur de le dire. Aucun sauf Derek. Mais il n'a pas besoin de le dire. Il aime Stiles. Stiles le sait. Et il sait que Stiles l'aime. Stiles n'a pas besoin de lui dire non plus.

Il met plusieurs mois à réaliser que Stiles lui dit tous les jours.

Quand Derek râle lorsque Stiles fait des recherches sur d'obscurs groupes de rock, qu'il met leurs musiques pendant quatre heures, et que Stiles rigole et dit « Je sais que tu aimes quand je fais ce genre de choses », c'est sa manière de dire « je t'aime ».

Quand ils sont réveillés tard dans la nuit, regardant des films en noir et blanc, et que Derek dit qu'il est content que quelqu'un veuille bien regarder ça avec lui - parce que le reste de la meute trouve ça stupide - et que Stiles lui répond « J'aime faire ça avec toi », c'est sa manière de dire « je t'aime ».

Quand Stiles dit quelque chose de stupide et que Derek fait cette chose avec ses sourcils que Stiles appelle les « sourcils du jugement » et que Stiles dit solennellement « Je chéris ces moments entre nous », c'est sa manière de dire « je t'aime ».

Quand Stiles débarque au loft de Derek un mardi, en milieu de journée avec un plateau rempli de biscuits au gingembre et qu'il dit « Je sais que tu m'as dit que tu manquais d'inspiration en ce moment, alors je t'ai apporté des cookies pour te motiver ! », c'est sa manière de dire « je t'aime ».

Une nuit, Stiles est allongé sur le dos, ses pieds appuyés contre le mur, tapant sur son ordinateur posé sur son ventre. Derek, lui, est à son bureau, dessinant, et Stiles lui dit « Oh, hey, regarde ça ! » et il tourne son ordinateur vers Derek pour qu'il puisse y voir un gif adorablement stupide d'un chat qui tombe.

Derek lui dit « Tu es un idiot. »

« Tu ne saurais pas quoi faire sans moi. » dit Stiles gaiement.

Et sans même réaliser ce qu'il fait, sans même avoir le temps d'avoir peur en y pensant, Derek le regarde et lui dit « Je t'aime ».

Et Stiles le regarde, mais il ne dit pas « mon Dieu » ou « tu en as mis du temps » ou quelque chose dans le genre. Il sourit juste et lui dit « je t'aime aussi » puis il se met sur ses pieds de manière à pouvoir poser un bisou sur le front de Derek. Puis il se réinstalle et se remet à glousser devant des gif et c'est comme si cet échange n'avait jamais eu lieu.

Le jour d'après, Derek ne quitte pas Stiles des yeux. Et à chaque fois qu'il est hors de son champ de vision, il sent une main froide et glacée lui serrer l'estomac. Il a la certitude que c'est la fin, que maintenant qu'il a dit ces mots, la malédiction va s'abattre sur eux.

Sauf que c'est stupide, parce que si « je t'aime » doivent être leurs derniers mots, Stiles a dû annuler le sort cinquante-cinq secondes plus tard en disant « Mon Dieu, regarde ça ! » en tapant Derek jusqu'à ce qu'il vienne voir des photos du nouveau film d'Iron Man qui doit bientôt sortir. Ils ont ensuite une conversation sur à quel point Robert Downey Junior est la personne la plus incroyable de l'univers et Stiles continue de parler pendant plus de deux heures des différents univers Marvel.

Derek écoute tout cela avec joie, il ne peut s'en désintéresser tant il est heureux que ces mots n'aient rien changé.

Mais la logique ne peut rien face à la terreur permanente. Stiles ne dit rien quand Derek le stalke, ou qu'il ne laisse pas plus de quatre pas d'écart entre eux quand ils rejoignent la meute en forêt pour courir et jouer à des jeux de loups idiots. Stiles ne dit rien quand Derek ne le laisse pas conduire. Stiles ne dit rien quand Derek vient avec lui, anxieux, alors qu'il rend visite à son père pour lui amener un sandwich turc extrêmement sain avec des carottes pour le repas.

C'est juste un jour normal. Rien qui sort de l'ordinaire ne se passe. La meute s'assied ensemble le soir, jouant à des jeux vidéos. Stiles fait à manger et ils dorment en pile, les uns sur les autres, dans le salon, chose qu'ils ont l'habitude de faire vu qu'ils n'entrent pas dans un lit. Stiles dort, entouré d'Erica et Lydia et Derek le regarde dormir et respirer. Il se glisse alors entre Stiles et Lydia de manière à pouvoir poser sa tête sur l'épaule de Stiles, et ainsi sentir la chaleur de son corps et son thorax qui gonfle à chaque respiration.

Le lendemain matin, rien n'a changé, excepté que maintenant, Stiles va dire « Je t'aime » à Derek aussi facilement qu'il le dit à son père, que la meute lui dira également et qu'il le dirait lui aussi. Il aime Stiles. Stiles le sait. Donc pourquoi ne serait-il pas capable de lui dire ?

Ils s'aiment tous les deux, et Derek n'est plus effrayé de le dire à présent.


Merci à KouriArashi pour ce beau petit texte. Si jamais vous parlez anglais, n'hésitez pas à passer sur son profil pour lire d'autre de ses histoires et lui donner votre avis sur ce petit texte !

De mon côté, j'essaie d'écrire pour vous sortir une histoire à ma sauce dans les prochains temps... Même si je suis en difficulté à ce niveau. Mais sait-on jamais. Bonne journée!