Chapitre 3
Renji poussa un énorme soupir en regarda la pile de dossiers qu'il ne parvenait pas à réduire malgré les efforts qu'il fournissait. Et Kami-sama savait qu'il en fournissait parce que, les papiers et lui, ça faisait deux ! Il faut dire aussi que, tandis qu'il en terminait un, deux venait s'ajouter. Il détestait toute cette paperasserie ! Foutue bureaucratie ! Il commençait à avoir des crampes dans le poignet à force d'écrire et ses pauvres petits doigts devenaient tout mous autour du pinceau qui avait tendance à vibrer et déraper. Ce qui causerait encore des remarques de la part de son capitaine. Parce que, bien qu'ils soient amants depuis quelques années maintenant, Kuchiki Taicho mettait un point d'honneur à ne pas mélanger travail et plaisir. Et en tant que fukutaicho de la, Ô combien prestigieuse sixième division, son écrire devait être irréprochable. Et ça, ce n'était pas gagné…
Pff… Y'a bien que lui pour penser cela ! Qu'il faut qu'on garde le secret, je le comprends bien mais lorsque nous sommes tous les deux…
Enfin, il connaissait bien son capitaine et il savait parfaitement qu'il ne pourrait plus le changer pour maintenant.
Il lui jeta un coup d'œil par dessus son dossier. Il avait la tête baissée sur ses propres dossiers et semblait concentré. Quoique, il avait toujours l'air concentré même lorsqu'il ne l'était pas alors, comment savoir ? Son esprit revint quelques semaines en arrière, lorsqu'il lui avait appris l'intention de son clan de le marier. Bien que cette menace plane au-dessus de leurs têtes, les choses s'étaient arrangées entre eux. Renji ne doutait plus des sentiments de son amant mais cela ne réglait en rien le problème. Byakuya avait du assister à deux autres omiai depuis cette fameuse nuit et le lieutenant avait beaucoup de mal à cacher sa colère et sa jalousie. Cette idée lui était tout bonnement insupportable. Bien que le noble lui jurait par tous les saints du monde qu'il se moquait de toutes ces femmes, il ne pouvait s'empêcher d'avoir peur. Et s'il faisait la connaissance d'une jeune femme qui lui plaise ? Après tout, Byakuya était hétérosexuel à la base, il pouvait très bien tomber amoureux d'une femme. Que ferait-il dans un cas pareil ? Comment l'accepter ? Ils s'étaient disputés à ce sujet deux semaines plus tôt. Byakuya avait gagné la bataille bien qu'il comprenait parfaitement le malaise de son partenaire. Mais il ne voulait pas le laisser tomber dans une psychose qui pourrait détruire leur couple. Il avait déjà assez fort à faire à essayer de trouver une solution sans en plus être obligé de batailler pour faire comprendre à son crétin de fukutaicho qu'il ne l'abandonnerait pas. Combien de fois lui avait-il déjà dit au fait ? Il avait perdu le compte depuis longtemps.
Finalement, songea Renji, le réel problème n'était pas le mariage mais la succession. Tout serait si simple s'ils pouvaient avoir un enfant, tous les deux. Franchement, pourquoi n'y avait-il que les bonnes femmes capables de tomber enceintes ? Réalisant la dérive de ses pensées, il secoua la tête. Non mais il devenait complètement fou pour avoir une idée pareille ! Fermant les yeux, il s'imagina un instant enceinte et une grosse goutte apparut sur son front. Il se vit, énorme à n'en plus voir ses pieds, son uniforme tellement serré qu'il n'arriverait plus à bouger. Et pire, incapable de porter Zabimaru dans son obi tant il serait tendu à craquer… Et l'accouchement ?
Ah mais je perds la boule ! Quelle vision de cauchemar…
Pourtant, durant quelques secondes, il se demanda à quoi pourrait bien ressembler un enfant qui serait un mélange de son capitaine et de lui…
Il poussa un énième soupir de frustration qui chassa ses pensées grotesques. Il donnerait n'importe quoi pour sortir de ce bureau et entraîner les nouvelles recrues qui en avaient bien besoin. Mais hélas pour lui, aujourd'hui était son jour de corvée. C'était inscrit dans son contrat qu'il devait s'acquitter d'une journée de travail administratif. Alors il s'y remit sans beaucoup d'enthousiasme.
Byakuya fit semblant de ne pas remarquer le regard que lui portait Renji. Cela fait partie des petits plaisirs qu'il s'octroyer sans le dire à personne, même pas à lui. Il adorait sentir le regard chaud de son fougueux lieutenant posé sur lui. Il était fort probable que Renji ne s'en rendait pas compte, mais le rayonnement de son réiatsu changeait lorsqu'il l'observait. Oh, c'était à peine perceptible pour quelqu'un qui ne passait pas tout son temps avec lui et qu'il ne le connaissait pas sur le bout des doigts, comme lui. C'était d'ailleurs pour cette raison qu'il ne l'avait jamais repris sur ce point : il était le seul à être capable de percevoir ce flottement dans son réiatsu. C'était flatteur et rassurant, cela signifiait qu'il l'aimait toujours.
En revanche, tous ces soupirs commençaient sérieusement à l'agacer. Il avait parfaitement conscience qu'il n'aimait pas remplir cette partie de ses fonctions mais, tout de même, une journée par semaine, ce n'était pas la mort. Réalisait-il qu'ils passaient ainsi toute la journée ensemble ? Bon, d'accord, pas exactement comme chacun d'eux le voudraient mais ce n'était déjà pas si mal. Du moins en ce qui le concernait.
Tiens, et voilà que ça le reprenait de réfléchir comme une jeune fille en fleur. Après tout ce temps passé à ses côtés, la passion aurait due un peu s'essouffler mais il n'en était rien. Il n'avait jamais expérimenté ce côté de l'amour. Hisana était morte après cinq années de mariage. Et il avait aimé sa femme jusqu'à la fin. Mais après cinq années auprès de Renji, il réalisait que la force de son amour pour sa femme s'était modifié alors qu'il restait le même pour cet homme. Dans de telles conditions, comment pouvait-il parfois penser qu'il pourrait rompre pour une de ces prétendantes sans saveur. Après avoir goûté à l'épicé Renji Abarai, comment se contenter d'un fumet fade ?…
Peut-être est-ce un peu de ta faute. Si tu lui disais clairement ta pensée, il ne se poserait plus de question, il n'aurait plus peur, fit une voix au fond de lui qu'il reconnut très bien mais qu'il ignora superbement. N'est pas noble qui veut. Et son statut lui permettait de snober qui il voulait surtout lorsque ce « il » avait raison. Même s'il s'agissait de Senbonsakura.
Un autre soupir de Renji eut raison de sa patience. Byakuya redressa la tête de son dossier et posa un regard désapprobateur sur son second.
« Ca suffit Renji, je ne supporte plus de t'entendre soupirer depuis ce matin. Je ne te demande qu'une journée par semaine de travail administratif, ce n'est tout de même pas la mer à boire. Et comme tu peux le constater, cette aide n'est pas superflue. Je ne m'en sors plus avec toutes ces nouvelles procédures. Fais un effort et cesse de gémir. »
Renji plongea ses yeux dans ceux de son supérieur et constata qu'il était, encore, en mode Taicho. Il se retint de justesse de rouler des yeux.
« Je sais bien, gomen mais, vraiment, je ne le fais pas exprès. Je me rends bien compte de toute cette masse de travail mais c'est tellement chi… Euh, rasant se rattrapa t-il de justesse parce que Byakuya Kuchiki détestait les grossièretés. Mêmes petites comme le mot « chiant ».
_Il te suffit de voir les choses sous un autre angle dans ce cas.
_Comment ça ? »
Byakuya rompit le contact visuel et se replongea dans sa procédure. Il répondit néanmoins tout en recommençant à écrire.
« Dis-toi que nous passons toute la journée ensemble. »
Renji ouvrit des yeux ronds. C'est qu'il avait totalement raison. Il n'avait jamais envisagé les choses sous cet angle mais… Ils avaient passé la nuit ensemble, une nuit torride soit dit en passant, s'étaient réveillés côté à côte. Ils avaient même refait l'amour ce matin. Bien sûr, Byakuya était parti travailler plus tôt que lui et Renji s'était rendormi. Hina-san avait presque dû le tirer du lit. Et là, ils étaient encore ensemble, jusqu'à la fin de leur poste. Et ils devaient se retrouver ce soir aussi. Donc, en calculant vite et bien, cela faisait même plus de vingt quatre heures rien qu'avec lui. Mais quel idiot ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt sans que son capitaine ne soit dans l'obligation de le lui faire remarquer ? Un large sourire fendit son visage et c'est avec un entrain qu'il découvrait posséder pour la paperasse qu'il se remit à l'ouvrage.
Il ne vit pas le sourire satisfait de son amant. C'était parfois trop facile de le manipuler. Quoique, ce n'était pas vraiment de la manipulation pour le faire travailler parce qu'il pensait vraiment ce qu'il venait de dire.
Mais le nouvel entrain de Renji fut coupé par de légers coups portés contre la porte. De sa voix nette, Byakuya donna l'ordre d'entrer sans pour autant relever la tête de ses papiers. La voix qui s'éleva lui fit brusquement relever cette dernière et un léger froncement de sourcils apparut. Qui s'accentua en réalisant que le visiteur impromptu n'était pas seul. Un rapide coup d'œil pour évaluer la situation. Il ne connaissait pas l'homme qui l'accompagnait ni même la jeune femme qui se tenait de manière discrète à côté de l'inconnu. Qu'était-ce donc que ceci ? Et puis, son cœur s'accéléra tandis qu'une étincelle de compréhension envahissait furtivement ses prunelles grises.
Ah non, ne me dîtes pas que c'est ce que je crois que c'est ?
Son estomac se comprima en songeant que Renji était de l'autre côté du bureau et qu'il allait assister à cela. Une sourde colère monta lentement en lui.
Renji observait les nouveaux arrivés. Deux hommes et une jeune femme, fort jolie d'ailleurs mais qui se tenait dans une attitude réservée. Au premier coup d'œil, il comprit qu'ils étaient nobles et qu'ils ne devaient pas être ici pour une question de travail. Et Renji perçut un changement dans le réiatsu de son capitaine qui le mit immédiatement en alerte. Les visiteurs ne semblaient pas s'apercevoir de sa présence. Il fallait dire que le bureau était agencé de manière à ce que seul le bureau du capitaine soit visible de la porte. Le bureau du vice capitaine se trouvait en retrait dans la pièce et les personnes qui franchissaient le seuil tournaient le dos au fukutaicho. Renji en conclut inconsciemment que ces gens n'avaient jamais mis les pieds dans ce bureau avant ce jour.
L'homme qui était entré en premier pris alors la parole.
« Bonjour Byakuya-dono. Je me permets de venir ici puisque vous étiez trop débordé pour accepter l'invitation à dîner, fit-il avec une ironie tellement évidente que même Renji comprit qu'il venait de faire un reproche à son capitaine. Puisque Mahomet ne vient pas à la montagne, c'est la montagne qui vient à Mahomet. »
Byakuya serra les mâchoires. La métaphore n'avait pas été choisie au hasard. La montagne était bien évidemment le clan qui en l'occurrence se sentait plus puissant que son chef ces derniers temps. Comment son oncle osait-il venir ici, sur son lieu de travail pour ça ? Jamais il n'avait mélangé le travail et les affaires familiales. Il venait dans son bureau, un bureau qu'il partageait avec Renji pour lui présenter une prétendante ! Devant Renji qu'ils n'avaient bien sûr pas vu. Il ne s'était pas senti aussi mal depuis le jour où il avait du lui avouer les projets de mariage de son clan. Il devait empêcher cela avant que Renji ne prenne conscience de la situation. Mais il n'en eut pas le temps.
« Laissez-moi donc vous présenter Haichachi Fuko-dono, chef du clan Haichachi et sa fille, Haichachi Hikari-dono. Je pense vous avoir déjà parlé d'eux. »
Haichachi fit un pas en avant et se penchant humblement pour saluer Byakuya. Bien qu'étant le chef de son clan et ayant une bonne réputation, il n'était rien en comparaison de cet illustre clan des Kuchiki. Et une alliance avec cette famille serait bénéfique. Même pour les Kuchiki car les Haichachi était une famille de commerçants qui pouvait les faire prospérer.
« Je vous présente mes respects, Kuchiki-dono et je suis ravi de faire votre connaissance. »
Mais la vérité, c'est qu'il se sentait très mal à l'aise. Il n'avait pas été d'accord avec le vieil oncle. Il lui avait dit qu'il pensait que c'était une mauvaise idée de se présenter sur son lieu de travail, qu'il comprenait que Kuchiki-dono soit débordé et qu'il saurait attendre qu'il accepte de rencontrer sa fille. Et le regard froid qu'il dardait sur lui en cet instant lui laissait penser qu'il aurait mieux fait d'écouter son instinct et d'attendre patiemment son tour. Mais il enchaîna malgré tout. Advienne que pourra.
« Laissez-moi vous présenter ma fille qui, je vous l'assure, fait une prétendante honorable. Approche Hikari. »
Cette dernière s'approcha et fit à son tour une révérence tandis que le cœur de Byakuya cessait de battre.
Renji…
« Je suis extrêmement honorée de vous rencontrer, Kuchiki-sama. »
A cet instant précis, une vague d'énergie envahit le bureau et les Haichachi ainsi que l'oncle Kuchiki durent prendre appui sur le bureau pour ne pas s'effondrer au sol. Mais malgré leurs efforts, il était évident qu'ils commençaient à ployer sous le poids.
Une colère noire, comme il n'en avait jamais ressenti, pas même lorsque Rukia avait été condamnée à mort, imprégna ses veines tel un poison mortel. C'était un omiai. Ici, dans le bureau, ce lieu qui leur était réservé rien qu'à tous les deux, le seul endroit où Renji s'était toujours cru à l'abri des affaires familiales de son amant qui mettait un point d'honneur à séparer l'armée et la famille. Et ces gens venaient ici pour… Pour… Pour lui présenter une demande en mariage ! Là, sous son nez ! Non ! Byakuya était à lui ! A lui ! Incapable de se contrôler, son réiatsu s'échappa et s'écrasa sur le trio qui venait de lui jeter en pleine face la réalité de ce qu'il tentait d'occulter.
Ce que Byakuya redoutait se produisait : les barrières de Renji venaient de rompre. Il comprenait parfaitement ce qu'il ressentait mais il ne pouvait pas se permettre de le montrer. Il devait l'arrêter. Il se leva donc de sa chaise de capitaine, pas réellement affecté par son réiatsu et lui ordonna fort et clair bien que son cœur criait sa peine.
« Abarai-fukutaicho ! Cela suffit ! Tu outrepasses tes droits. »
La voix était si sèche et le regard tellement froid qu'un milliers de zanpakutôs plantés dans son corps ne l'auraient pas autant fait souffrir. C'est un profond désespoir qui l'envahit. Son réiatsu retomba aussi soudainement qu'il était monté et les trois « invités » purent à nouveau respirer. Ils se tournèrent pour, enfin, découvrir la présence du second bureau placé de l'autre côté de la pièce en vis-à-vis de celui de Byakuya et, par la même occasion, l'homme tatoué qui les regardaient avec… Avec quelque chose qu'ils ne définissaient pas mais dont l'air « pas ravi » était plus que flagrant. L'homme aux cheveux rouges se leva lentement laissant voir sa haute taille qui impressionna Hikari et qui la fit reculer d'un pas.
« Gomen nasai Taicho. Je… Je vais vous laisser à vos affaires, fit-il d'une voix qui paraissait sortir d'outre tombe. »
Et sans lui donner l'opportunité de répondre, Renji disparut dans un shunpo.
Un silence de mort s'abattit dans la pièce jusqu'à ce que l'oncle ne reprenne ses esprits.
« C'était qui ce sauvage ? Et qu'est-ce qu'il faisait dans votre bureau ? »
Et cette fois, ce fut les barrages de Byakuya qui se brisèrent. Il en avait assez de devoir toujours se contrôler. Il ne voulait pas se marier, ne voulait pas que Renji souffre même si c'était plutôt raté, ne voulait pas assister à des omiai. Il n'acceptait pas que son oncle ait délibérément ignoré l'ordre qu'il avait donné et qui faisait foi dans tout le clan depuis sa nomination au poste de capitaine de la sixième division : ne jamais venir au Taicha pour lui soumettre des histoires qui ne regardaient que le clan. Mais surtout, il venait de salir l'intégrité de l'homme qu'il aimait en l'insultant de « sauvage ». Certes, Renji l'était bel et bien mais il était le seul à pouvoir le qualifier ainsi parce que c'était, indéniablement, ce qui l'avait attiré chez son compagnon.
Il darda un regard à congeler un iceberg sur son oncle. Il s'occuperait de ce Haichachi dans un second temps.
« Oji-sama, je suis extrêmement, mais alors extrêmement contrarié par ce qui vient de se produire. Vous avez ignoré la principale consigne : ne jamais, jamais, venir dans ce bureau pour exposer des questions familiales. Vous savez pourtant que je déteste plus que tout devoir me répéter. Je vous avais dit que j'étais débordé et si vous regardez bien mon bureau, vous constaterez que je disais vrai. Vous avez mis en doute ma parole ce qui est proprement inacceptable. La décision que le conseil des anciens a prise ne vous donne en aucun cas le droit de faire ce que vous voulez. Oublieriez-vous qui je suis ? Venir dans mon bureau pour me soumettre à un omiai de cette manière ! Mais où aviez-vous la tête ? Quel manque de tact et de respect. Et vous me demandez qui est « ce sauvage » ? Qui est le sauvage dans cette pièce à imposer une telle réunion à vos invités et à cette jeune femme ? Où sont donc passées vos manières ? Vous êtes venu ici en ignorant que les capitaines partagent leur bureau avec leur fukutaicho. « Ce sauvage » est mon second. Et bien que je n'admette pas la réaction qu'il ait eue, je peux néanmoins la comprendre. Cet espace est notre lieu de travail, il n'aurait jamais dû assister à cela. De quoi vais-je avoir l'air face à lui à présent ? Félicitez-vous Oji-sama, vous venez de mettre votre chef dans l'embarras. »
Et tu ne sais pas à quel point tu viens de me mettre dans l'embarras, vieil imbécile, ne put s'empêcher de jurer mentalement Byakuya.
Il se tut un instant dans l'espoir de reprendre contenance. Peine perdue. Il regarda alors Haichachi et sa fille. Ils avaient le visage pâle et l'inquiétude, voire la crainte, pouvait se lire sur leurs traits. Mais il n'en avait cure.
« Quant à vous, j'ai vaguement entendu parler de votre famille mais je crains fort que vous veniez de perdre la chance de faire affaire avec mon clan. Comment avez-vous pu accepter de venir ici sans y être invité ? Je me doute parfaitement que mon cher oncle a dû se montrer très persuasif mais vous auriez dû être suffisamment intelligent pour refuser et passer par les voies classiques. Qu'espériez-vous en venant me présenter votre fille de cette manière ? C'est tellement indécent. »
Il inspira et se tourna vers son oncle.
« Oji-sama, je ne vous félicite pas. Soyez certain que ceci sera exposé au clan et que vous devrez répondre de vos actes. Je crois qu'il est plus que temps de faire une mise au point sur certains sujets qui deviennent plus que problématiques. A présent, veuillez quitter ce bureau avant que je ne perde vraiment mes nerfs. Au moins pourrez-vous vous vanter de m'avoir fait sortir de mes gonds. »
L'oncle réprima un frisson. Aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais senti cette colère à peine contenue chez son neveu. Jugea t-il par conséquent bon de ne pas s'attarder en ce lieu. Sans rien répondre, et d'un simple geste de la main, il invita Haichachi et sa fille à le suivre. Il venait de rater une belle occasion.
Les Haichachi suivirent l'homme un énorme nœud à l'estomac. Dieu que ce Kuchiki-sama était effrayant. Finalement, décida le chef de ce clan, ce qui venait d'arriver n'était pas un mal. Hors de question que sa fille épouse un tel homme.
Dès qu'ils furent sortis, Byakuya inspira plusieurs fois pour tenter de faire tomber la pression puis s'approcha de la fenêtre. Il ferma les yeux et se concentra sur le réiatsu de Renji mais il ne le décela pas. Renji était devenu très bon à ce jeu là. Il avait du apprendre à masquer correctement son énergie spirituelle pour ne pas éveiller de soupçons quant à leur relation. Résultat : il était bien incapable de le retrouver. Et ça ne le rassura pas du tout : Dieu seul sait ce qu'il était capable de faire dans un tel état…
