Salut à tous,
Me revoilà avec un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira ! Je remercie une nouvelle fois tous ceux qui prennent le temps de poster une review, c'est très gentil ! Trêve de bavardage !
Bonne lecture !
Chapitre 3 : Rencontre
Je me réveillai en sursaut, la paille me piquant le dos. Je plissai les yeux, la lumière du jour m'agressant. Je soupirai tristement en me remémorant les évènements de la veille. J'étai allongée dans le box de Cisco, sur un matelas de paille, qui lui servait également de litière. Comment étais-je arrivée là ? Cisco hennit doucement et s'ébroua. Il était dans un coin de sa stalle, semblant veiller sur moi.
Des bruits de moteurs me sortirent de ma léthargie. Je me relevai douloureusement et m'approchai d'une petite fenêtre, recouverte d'une épaisse couche de poussière. J'essuyai le carreau avec un pan de ma chemise, autrefois blanche, mais qui maintenant tournaient plus dans les tons jaunâtres.
Une moto, un camping car et une voiture s'étaient stationné devant la maison. Quatre personnes descendirent des véhicules et s'approchèrent de Hershel qui était sorti sur le perron avec tous les autres.
Sans perdre une seconde, je sortis de l'écurie et traversai le jardin d'un pas rapide. Hershel haussa un sourcil en me voyant arriver comme une furie. Je me stoppai juste derrière les nouveaux arrivants.
- Et voici Gwen, me présenta-t-il, en me désignant d'une main.
Les nouveaux se tournèrent vers moi. Un vieillard avec un visage doux et chapeau du pêcheur du dimanche, me tendit sa main avec un petit sourire amical :
- Enchanté ! Je m'appelle Dale, dit-il.
Je le fixai avec méfiance avant de la lui serrer.
Il se tourna vers les personnes qui l'accompagnaient et les présenta. Carol était une femme aux cheveux courts et gris. Elle avait les yeux rouges et gonflé. Elle semblait bouleversée. Lori et une jeune blonde pulpeuse nommée Andréa, lui frictionnaient gentiment les épaules. Le dernier était Daryl, un redneck pur et dur. Il avait un visage froid, des cheveux bruns qui lui tombaient sur le front et des bras bien musclés.
Il me détailla de bas en haut et eut un petit rictus moqueur.
- Nous allions rendre un dernier hommage à Otis. Voulez-vous vous joindre à nous ? Questionna poliment, mais froidement, Hershel.
De mieux en mieux, depuis quand invitions-nous des étrangers à un enterrement ?!
Hershel prit le bras d'une Patricia sanglotante et se dirigea vers le fond du jardin, suivi de tous les autres. Maggie s'avança vers moi, des grands cernes soulignant ses yeux. Je la pris dans mes bras essayant tant bien que mal de la réconforter.
- Ça va aller ! Lui chuchotai-je.
Elle me regarda et eut un petit rire. Voyant mon air interrogateur, elle enleva la paille restée coincée dans mes cheveux et sur mes vêtements. Voilà qui expliquait le regard du redneck !
- Qui sont ces gens ? Lui demandai-je doucement.
- Des amis de Rick, répondit-elle.
- Eux aussi ! Bon sang ils sont vraiment nombreux !
- J'espère juste qu'ils n'ont pas de mauvaises intentions, murmura Maggie.
- Faut faire confiance à Rick. S'il dit que se sont des gens biens, ils doivent forcément l'être, la rassurai-je.
Nous arrivâmes devant un petit tas de pierres. Hershel prit sa Bible et lut. Aujourd'hui n'était vraiment pas un jour de deuil. Le ciel était bleu, le soleil brillait, les oiseaux chantaient et un petit vent frais chatouillait doucement les feuilles des quelques arbres fruitiers plantés dans la cour de la ferme. Le seul bruit qui nous rappelait cette terrible tragédie était les sanglots de Patricia. Elle était en train de prendre conscience qu'Otis ne reviendrait plus, qu'il ne l'embrasserait plus, qu'il ne lui dirait plus je t'aime. Patricia n'était plus qu'une coquille vide à présent, une âme en peine… un peu comme Carol. Mais elle, qui avait-elle perdu ?
Quand Hershel eut finit ses prières, chacun notre tour, nous allâmes poser une pierre sur le tas. Puis il proposa à Shane de dire quelques mots.
- Désolé, suis pas doué pour ça, répondit-il.
Patricia regarda Shane avec insistance et le supplia de parler, de lui dire qu'Otis n'était pas mort pour rien. Il hésita longuement, le regard fuyant et coupable. Il cachait quelque chose, ça se voyait comme le nez au milieu d'une figure.
Il ne leur restait que quelques munitions, Shane était mal en point et les rôdeurs étaient en train de les rattraper. Otis lui aurait alors passé le sac et lui aurait dit de courir, qu'il couvrait leurs arrières. Bien qu'Otis, fût un grand homme, je ne pense pas qu'il aurait sacrifié sa vie pour un sac ou un étranger. Il se serait battu jusqu'au bout, ne serait-ce que pour revoir Patricia.
Peu à peu chacun retourna à ses occupations. Je m'approchai en silence de la tombe et m'accroupis devant.
- Repose en paix. Crois-moi, tu es dans un monde meilleur… chuchotais-je, caressant du bout des doigts les pierres froides.
Je restai dans cette position un moment, perdue dans mes pensées. Que s'était-il vraiment passé là-bas ?
- Hey, ça va ? Questionna une voix.
Je sursautai violemment, me relevai et vit Andréa.
- Je suis désolée pour votre ami, ça devait un chic type, dit-elle peinée.
- Il l'était, répondis-je.
- Je sais combien c'est difficile, nous avons perdu plusieurs de nos membres, raconta-t-elle, un éclair de douleur traversant ses yeux.
- J'ai bien peur que ce ne soit que le début, dis-je en m'avançant vers la ferme.
- Le monde a bien changé ! Dit Andréa en me suivant.
- Au contraire, rien n'a changé, les gens continuent de s'entretuer. C'est juste plus fréquent qu'avant, argumentai-je.
Au loin, je vis un groupe de quatre personnes se regrouper autour d'une voiture, parlant entre eux. Maggie arriva avec un grand rouleau de papier.
- Que font-ils ? Questionnai-je en les désignant de la tête.
- Ils sont en train d'organiser les recherches pour retrouver Sophia, la fille de Carol. Elle s'est perdue dans la forêt, il ya quelques jours, m'expliqua-t-elle.
Une boule enserra le cœur, il n'y a rien de plus horrible que de perdre un être cher… surtout quand il s'agit d'enfant. J'imaginai très bien le mal que devait ressentir Carol. Nous arrivâmes rapidement à leur hauteur, ils étaient tous penchés sur une carte.
- Je préférais ne pas voir traîner d'armes à feu sur ma propriété. Pour l'instant on a réussi à s'en sortir, sans faire de cet endroit une base militaire, expliqua Hershel.
- Sauf votre respect, si quelques unes de ces créatures s'aventurent par ici… Commença Shane.
- Nous sommes vos invités, c'est votre propriété. Quelles que soient vos règles on les respectera, clôtura Rick, en fixant Shane durement.
Il dégaina son pistolet et le posa de bonne foi sur le capot. Mais Shane n'était apparemment pas du même avis.
- Putain Rick… S'écria-t-il énervé.
- Hey tête à claque ! Le choix est simple, soit tu te plies aux règles, soit tu te barres ! Pigé ! M'écriai-je.
Tous me regardèrent avec étonnement. Il est vrai que d'habitude, je m'énervai moins vite. Mais avec toute la tension nerveuse accumulée, il m'était difficile de garder mon sang-froid. Ça eut au moins le mérite de lui clouer le bec. Il me regarda avec un regard de dégoût et s'apprêta encore à l'ouvrir.
- Shane, s'il te plaît, ajouta Andrea.
Il dégaina son arme et la jeta bruyamment sur le capot. Avant de s'en aller en boitillant.
- S'il arrive un malheur, ce sera de votre faute ! Vous êtes prévenu ! Cria-t-il sans se retourner.
Il y eut un grand silence, chacun se regardant avec étonnement devant la tournure que l'évènement avait prit. Andréa partit à la suite de Shane. Rick, quant à lui semblait gêné de l'attitude de son camarade, seul Daryl arborait un petit rictus.
- Je vais aller vers la maison du vieux Bob. Elle est reculée dans la campagne. Le risque d'y trouver des rôdeurs est moindre. La petite y est peut-être, dis-je en regardant Hershel.
Il acquiesça et fit un petit signe de tête vers l'écurie. Je lui souris et partis.
- Attends ! Gwen ! Cria Maggie au loin.
Je me retournai et la vis courir vers moi, la batte de baseball en main. Cette vision me fit sourire.
- Sois prudente ! Me dit-elle en me la tendant, tout sourire.
Je la pris et hochai la tête.
- Toujours.
