Salut la compagnie !

Me revoilà avec un nouveau chapitre, que j'ai vraiment appréciée écrire ! J'espère qu'il vous plaira. Comme d'habitude, n'hésitez pas à me laisser vos impressions bonnes ou mauvaises.

Réponse à la review anonyme :

Guest : Je suis heureuse que mon histoire t'est convaincu ! J'espère que la suite te plaira tout autant !

Bonne lecture à tous !

Chapitre 4 : Promenons-nous dans les bois…

Le soleil était au zénith et cela devait faire déjà une bonne heure que je marchais, sous une chaleur de plomb. Heureusement que l'ombre des arbres apportait un peu de fraicheur, sinon ça aurait été intenable.

Et comble de malchance, nous n'avions toujours aucune trace de la petite Sophia. La ferme du vieux Bob, hier, n'avait rien donné. Celui-ci était décédé dans son lit et était dans un état de décomposition extrême, des larves blanches lui sortant de la bouche et lui mangeant les entrailles. L'odeur de la mort avait envahi sa maison. Avant de partir, j'avais, tout de même, récupéré ses nombreuses boites de médicaments, que Hershel se chargerait de trier, et quelques conserves qu'il lui restait.

Je soupirai en écoutant le chant des oiseaux se mêler au bruit du ruisseau. Mais un cri d'effort me fit arrêter net. Je regardai autour de moi. Il y eut un autre soufflement et une branche bougea sur ma droite. Je reculai d'un pas, sortant mon couteau et m'apprêtant à voir sortir un rôdeur… Rien. Doucement et avec prudence, je m'approchai, écartai quelques branches et me retrouvai face à un à pic. Daryl était accroché à un tronc d'arbre et semblait en mauvais état. Un de ses carreaux lui avait traversé le flanc et il était trempé. Il s'arrêta en me voyant, fronça les sourcils comme pour s'assurer que je n'étais pas un mirage.

Rapidement, je rangeai mon couteau, me cramponnai d'une main à un arbre et lui tendit l'autre.

- Passe-moi ta main ! Lui dis-je.

Il fixa ma main, évaluant la distance. Trop loin… Je me penchai un peu plus, essayant de gagner quelques centimètres. Il souffla, fixant un arbre plus proche, prit de l'élan, s'élança et attrapa la première branche qui lui passait sous la main. Je me baissai un peu plus, ma prise commençant à glisser. Dans un superbe effort, je réussis à lui attraper la main.

- C'est bon, j'te tiens, murmurai-je, le sang me montant à la tête.

Daryl se repositionna, tirant sur la branche. Soudain, il y eut un craquement et je me sentis tomber. Je lui lâchai la main, tentant de freiner ma chute. Impossible, je ne faisais que rouler, rouler, rouler. Et soudain, le trou noir…

Je gémis, et ouvris les yeux. Doucement et avec précaution, je remuai chacun de mes membres. Tout semblait être en ordre, j'avais juste une vilaine bosse à l'arrière de la tête. J'avais dû rester un moment inconsciente car le soleil avait baissé. Je me relevai douloureusement.

L'endroit aurait été magnifique dans d'autres circonstances. Il y avait une petite cascade qui se déversait dans un lac et une plage de terre mouillée. Je cherchai Daryl du regard, il était étendu à quelques mètres de moi. Je m'approchai en titubant, encore un peu sonné et me laissai tomber à genoux à ses côtés. Prudemment, je lui essuyai la boue qu'il avait sur le visage, m'attardant sur ses traits détendu.

Je secouai la tête, revenant à la réalité. Il respirait c'était déjà ça ! Mon regard tomba sur la flèche. Il était toujours inconscient, c'était le moment où jamais. Je me saisis de l'extrémité de celle-ci et la tirai sans précaution. Elle se délogea, rapidement. Daryl ouvrit brusquement les yeux en poussant un gémissement de douleur.

- C'est bon, c'est fini, rassurai-je en levant la flèche en l'air, triomphante.

Il eut un petit sourire.

- Merle ? Demanda-il, les yeux dans le vague.

- Non, moi c'est Gwen. Je sais qu'on a fait une sacrée chute, mais de la à ce que tu me confondes avec un oiseau, répondis-je, inquiète qu'il ne me reconnaisse pas.

- C'est une sale journée frangin ! Murmura-t-il.

Alors que je m'apprêtai à répondre, un grognement m'interrompit. Je me retournai rapidement, un rôdeur à la gueule décharnée arrivait, suivi par un autre noir. Une odeur de putréfaction envahissant immédiatement les lieux.

- Oh merde ! Bordel Daryl, ce serait le bon moment pour se réveiller là ! Chuchotai-je furieusement en le secouant.

- Je t'emmerde, chuchota-t-il, encore dans les vapes.

Frustrée, énervée et apeurée, je lui administrai une bonne gifle, qui n'eut bien entendu aucun effet. Les grognements se faisaient plus proches. Je me levai, pris mon couteau et attirai le rôdeur loin de ce stupide redneck !

Je sautai d'un pied sur l'autre, le manche glissant entre mes doigts moites, ne savant pas exactement comment m'y prendre. Je pris une grande inspiration et lui plantai ma lame jusqu'à la garde dans le crâne. Le rôdeur tomba inerte au sol, m'entraînant avec lui. J'atterris à genoux sur son ventre, lui perforant sa peau pourrie, dans un bruit écœurant. Je me retrouvai empêtrée dans ses tripes, son sang giclant de tous les côtés. L'autre mort commençait à être dangereusement proche. Je tirai sur le manche du poignard, me celui-ci restait obstinément coincé dans le crâne du précédent zombie.

- Bordel, enlève-toi ! Criai-je en tirant de toutes mes forces.

Il se délogea soudainement, me faisant basculer en arrière. Le temps de me relever et le rôdeur était déjà sur moi. Je l'attrapai par les épaules tentant de le repousser, mais mes pieds glissaient affreusement dans la mare de sang. Dans la panique, je ne pus que lui planter, inutilement, mon couteau dans le cou, lui sectionnant la carotide et déversant ainsi tout son sang sur ma tête. A mon grand étonnement, il s'immobilisa et me tomba dessus.

Je fixai mon couteau n'arrivant pas à y croire, c'était un miracle ! D'habitude pour venir à bout d'un rôdeur il fallait détruire le cerveau. Toutes mes illusions tombèrent à l'eau en remarquant des plumes rouges et jaunes à l'arrière de sa tête. La flèche de Daryl. Celui-ci était debout, arbalète en main. Il s'approcha rapidement, et dégagea le corps du rôdeur en grimaçant.

- Merci, soufflai-je en me relevant.

Il me fit un petit signe de tête et s'approcha en boitant des morts, leur coupant les oreilles. C'est à cet instant que je me rendis compte de mon massacre. J'étai couverte d'un sang poisseux et noirâtre et un bout de boyau s'était enroulé autour de ma cheville. J'eu un haut-le-cœur et je tombai à genoux au sol, vomissant tout le contenu de mon estomac.

Une main apparut dans mon champ de vision, je l'attrapai et Daryl me tira sur mes pieds, en gémissant. Il me relâcha et posa sa main sur sa plaie, soufflant un bon coup. Il me fit un petit signe de tête et s'approcha de la corniche.

L'ascension fut périlleuse. J'entendais marmonner Daryl devant moi. Quel sale après-midi ! En tout cas, une chose était sûre : il n'était pas très bavard. Une fois la falaise escaladée, il nous restait encore le problème de la forêt à traverser. Le redneck était passé devant en boitillant, semblant savoir parfaitement où il allait, je le suivis trois mètres derrière. Soudain, il vacilla et se rattrapa à un arbre.

- Attends, je vais t'aider, lui dis-je en m'approchant.

Il se dégagea d'un coup d'épaule, me faisant clairement comprendre de lui foutre la paix. Les mecs et leur caractère de mâle dominant, j'vous jure !

- Ecoute… C'est pas le moment de la jouer solo et une chose est sûre, je ne compte pas dormir dans ces putain de bois ! M'énervai-je.

Il me regarda longuement, avant d'accepter au final mon aide. Je lui pris un bras et le plaçai sur mon épaule, le soutenant. La marche se fit en silence, mais une question me brûlait les lèvres.

- Qu'est-il arrivé à Merle ? Questionnai-je finalement. Il s'arrêta brusquement.

- Comment tu l'connais ? Dit-il furieux.

- Heu… Tu as mentionné son nom quand tu étais dans les vapes. C'est ton frère ? Que s'est-il passé ?

- Ça t'regarde pas, grogna-t-il en se remettant en marche.

- Désolé… Soufflai-je.

On arrivait, enfin, à l'orée de la forêt. Daryl sembla revenir à la réalité et se dégagea brusquement.

- Lâche-moi, bordel ! Cria-t-il

- Putain, c'est quoi ton problème ?

- J'n'ai pas besoin de ton aide !

- Fais pas ton gros dur avec moi Daryl, ça ne marche pas ! Tout le monde a le droit d'avoir des moments de faiblesse, calmai-je, en baissant d'un ton.

- Je ne suis pas faible ! Si j'ai accepté que tu m'aides c'est uniquement pour que tu fermes ta grande gueule ! Cracha-t-il.

Je le regardai avec dégoût.

- Pauvre type ! Sifflai-je.

Je sortis des bois, furieuse, suivie plus loin par Daryl. Cette soudaine luminosité m'aveugla un instant. Ah, ma ferme chérie ! Au loin, je vis un petit groupe arrivant vers nous en courant, je reconnus Rick et Maggie parmi eux. Je souris, quel accueil ! Je ne pensais pas leur avoir autant manqué ! Ce n'est que lorsqu'ils ne furent qu'à quelques mètres de nous, que je remarquais qu'ils étaient armés. Rick s'arrêta à quelques pas de nous et nous prit en joue avec son révolver. Je m'arrêtai, n'osant pas bouger et levai doucement les mains.

- Ola… on se calme, soufflai-je.

Daryl s'approcha de moi en boitillant, fixant Rick.

- C'est la troisième fois que tu pointes un flingue sur moi. Tu vas te décider à tirer ou quoi ?

- Daryl, Gwen ! S'exclamèrent-ils.

Maggie eut un hoquet, s'avança et m'attira contre elle, me serrant dans ses bras.

- Je me suis fait un sang d'encre ! Tu aurais pu nous prévenir que tu partais… Mais, c'est quoi tout ce sang ! Me dit-elle, inquiète, en me prenant à bout de bras.

- C'est une longue histoire, murmurai-je, fatiguée.

- Viens, je vais t'amener à Papa, il va t'ausculter, me dit-elle, en me prenant par les épaules.

Soudain un tir retentit, nous faisant tous sursauter. Je regardai de tous les côtés, cherchant le tireur.

- Non ! Cria Rick, en se précipitant vers un Daryl inconscient.

Je sortis douloureusement de la baignoire, laissant derrière moi une eau noircie par le sang et la crasse. Enveloppée dans une serviette, je m'approchai du lavabo. Il faut dire que j'avais légèrement sous-estimé mes blessures : j'étais recouverte d'hématomes, en plus de ma belle bosse. Je m'habillai doucement, poussant des petits gémissements à chaque mouvement trop brusque, qui me rappelait ce que j'avais fait endurer à mon corps.

Hershel apparut au bout du couloir, armé de sa lourde trousse médicale, au moment même où je sortis de la salle de bain. Nous restâmes immobile en nous fixant, puis il me fit signe de le suivre. Il entra dans la chambre, à la tapisserie vieillie, que je partageais avec Maggie.

Il me désigna le lit et ferma avec précaution la porte. Le vieux vétérinaire me fit subir une série d'examens dans un lourd silence, vérifiant mes signes vitaux et s'assurant que je n'avais aucun traumatisme crânien. Sa mâchoire était contractée et ses yeux durs.

- Je ne veux plus que tu participes aux expéditions pour retrouver la petite, lança Hershel en rangeant son matériel.

- Hershel… C'est bon, il ne…

-NON ! Ce n'est pas bon ! Est-ce que tu te rends compte de ce que tu as risqué en tentant de retrouver une gamine qui est sûrement déjà morte ! Cria-t-il, en se retournant, furieux.

Ses mots me frappèrent de plein fouet. J'avais risqué ma vie pour une cause sûrement perdue d'avance,… mais cette petite ne méritait pas de finir ses jours égarée dans la forêt, dans la peur et loin de l'amour de sa mère. J'avais un devoir moral, comme une dette à rembourser pour mes erreurs passées.

- Si c'était ta fille qui était perdue, tu voudrais qu'on se décarcasse pour la retrouver ! Contrai-je en me levant. Je suis adulte depuis un moment ! Les conséquences de mes actes, c'est mon affaire !

- Oui, mais ce n'est ni ma fille, ni la tienne. Si sa mère n'est pas capable de…

- LA FERME ! Hurlai-je, avant de poser mes deux mains sur ma bouche.

Les larmes dévalèrent mes joues comme un torrent et j'étouffai un sanglot.

- Le métier de mère n'est pas aussi simple que tu le crois. Et malgré toute la bonne volonté du monde, il y a des évènements qu'on ne peut malheureusement pas éviter… Soufflai-je.

Il s'approcha doucement de moi et me prit dans ses bras, dans une étreinte protectrice.

- Chut', chut'… Ne pleure plus… Murmura-t-il.

Il me lâcha et essuya mes larmes.

- Gwen… Aujourd'hui j'ai eu peur… peur que tu te sois fait mordre en te voyant revenir recouverte de sang. Tu es comme une fille pour moi et je ne permettrai pas qu'il t'arrive malheur. Tu comprends ? Me demanda-t-il, en laissant s'échapper une larme.

Je ne pus qu'hocher tristement la tête, résignée après une telle déclaration. Il m'embrassa sur le front, prit ses affaires et sortit.

- Je suis sincèrement désolé, mais ma décision est irrévocable, dit-il avant de fermer la porte, me laissant seule dans la chambre.