Salut à tous !

Tout d'abord désolé pour se léger retard, mais j'ai des problèmes d'internet donc pas facile de poster les chapitres. J'espère que votre rentrée de classe c'est bien déroulé et que ce chapitre vous plaira. Je me répète mais n'hésitez pas à me laisser vos impressions, idées ou autres ça m'aide à écrire.

Bonne lecture !

Chapitre 5 : Merde

Le veau tomba lourdement à terre, les pattes bloquées dans le lasso. Jimmy, le petit ami de Beth, s'approcha rapidement et posa un genou sur son cou, l'empêchant ainsi de se relever et l'immobilisant pour de bon. Le veau beugla de toutes ses forces, appelant sa mère.

Je sortis le fer du four, admirant le sceau de la ferme rougi par les flammes. Je fis signe à Carl de s'approcher, sous le regard attentif de Lori. Il vint timidement et je lui positionnai le manche du fer dans les mains.

- Tu es sûr que ça ne va pas lui faire de mal ? S'assura Carl, soucieux pour le veau.

- Non sa peau est très épaisse. Il ne sentira presque rien, le rassurais-je, en le positionnant correctement.

Nous posâmes le fer brulant sur la croupe du jeune bovin, provoquant une épaisse fumée blanche. J'appliquai le fer une dizaine de secondes, afin que la marque s'imprime bien. Entre temps, Jim lui perça les oreilles et lui accrocha deux boucles oranges.

Je fis reculer Carl par précaution, tandis que le veau était relâché et retournait rejoindre tranquillement sa mère, dans l'enclos adjacent. Je ramassai le lasso et remerciai le petit ami de Beth pour son coup de main.

- Pourquoi vous continuez de les marquer ? Demanda Carl, alors que nous rentrions dans l'atelier déposer les affaires.

- Pourquoi pas ? Répondis-je, en le fixant.

- Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a plus besoin de faire ça. Ça n'a plus d'importance !

- Qu'est-ce qui a de l'importance à présent ?

- Survivre, lâcha-t-il sur un ton banal, en posant les affaires.

- Survivre dans quel but ? Le monde a peut-être changé, mais il est hors de question que moi je change. J'ai des idéaux et une ligne de conduite que je m'assurerai de suivre ! Et j'espère que tu en feras autant, que tu ne te laisseras pas avoir par ce nouveau monde, dis-je, ma voix se durcissant.

Carl baissa les yeux et se tortilla les mains.

- Tu penses qu'on va retrouver Sophia ? Questionna-t-il d'une petite voix.

Mon cœur se serra d'avoir été si dure avec lui, après tout ce n'était qu'un… enfant. Un enfant plongé dans un monde où il sera obligé de se battre pour vivre, que dis-je… survivre. Un monde où il aura toujours peur.

- Je l'espère.

- Cette nuit j'ai rêvé que je la retrouvais et que je la ramenais à Carol. J'espère que ça se réalisera.

Je me mis à genoux devant lui et lui pris les mains.

- C'est peut-être un signe, qui sait ! Nous faisons tout notre possible pour la retrouver, et nous aurons du repos que quand elle sera ici avec nous ! Assurai-je.

Il eut un petit sourire et me sauta au cou. Je restai les bras ballants, surprise par son geste avant de lui rendre l'étreinte, émue.

- Allez file ! Ta maman doit t'attendre, me détachai-je mal à l'aise.

Il sortit en courant et me fit un petit signe de la main avant de disparaître. Je restai là, les yeux dans le vague en regardant la porte. J'avais toujours eu de l'appréhension en étant avec les enfants… c'étaient des êtres si fragiles. C'était bien la première fois qu'un petit m'étreignait. Je secouai la tête et préparai la pâtée pour les cochons.

Je me dirigeai vers la sortie en portant deux seaux remplis à bout de bras, soudain un homme apparut devant moi. Je poussai un petit cri, surprise et lâchai les seaux. La pâtée déborda au choc et éclaboussa tout ce qui se trouvait autour.

- Dale ! Tu m'as fait une de ces peurs ! Soufflai-je en posant une main sur ma poitrine.

- Je m'excuse ! Ce n'était pas mon intention ! Dit-il, en prenant un des seaux.

Nous nous dirigeâmes vers l'enclos boueux des cochons dans un lourd silence. Je m'approchai de la barrière et déversai le premier seau dans la mangeoire. Les porcs ne se firent pas prier et rappliquèrent dans la seconde qui suivit, en se bousculant. Je me saisis du deuxième seau et le vidai dans un autre bac.

- Je suis au courant pour les rôdeurs dans la grange ! Lâcha Dale soudainement.

Mes mains devinrent moites et je me sentis pâlir d'un coup. Le seau me glissa des mains une seconde fois et vint s'écraser sur le dos de cochons, qui grognèrent de mécontentement. Mais peu importait, il savait… Et il était inutile de nier. Je me retournai lentement.

- Comment ? Demandai-je, la boule au ventre.

- C'est Glenn qui l'a découvert. Pour l'instant, il n'y a que lui et moi au courant, tempéra-t-il.

- Cela doit rester secret, terminai-je avant de m'en aller.

Mais le vieil homme me retint par le bras.

- Gwen ! Ce n'est pas sain d'avoir ces choses, juste à côté de la ferme, même si je suis certain que vous avez une bonne raison de les avoir gardé. Il suffirait qu'ils s'échappent pour provoquer une catastrophe.

- Ce n'est pas moi qui décide ici.

- Je sais, mais si tu pouvais en parler à ton père, il changerait peut-être d'avis, proposa Dale.

- Non, il n'en changera pas… Il est persuadé que ces… êtres sont des personnes malades. Et comme il dit si bien : on ne tue pas les malades, on les soigne, indiquai-je méfiante.

- Ils ne sont pas vivant ! J'ai vu mes proches mourir et revenir à l'état de monstre. Ils ne sont plus rien de ce qu'ils étaient ! Il faut ….

- JE SAIS ! Vous croyez que vous êtes les seuls à avoir souffert. Je sais très bien de quoi ces choses sont capables. Je sais très bien que la solution c'est de leur trouer la tête, encore et encore jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus un ! Je sais ! Moi aussi je viens de l'extérieur, figure-toi. Mais je ne suis pas chez moi ici ! Criai-je en retenant les larmes.

Je ramassai les seaux avec rage et m'éloignai.

- Qui as-tu perdu ? Questionna Dale, sans bouger.

Je m'arrêtai net, la tristesse remplaçant instantanément la colère.

- Ma sœur…. Je suis désolée, mais je ne peux rien pour vous. Il faudra que tu ailles en parler à Hershel toi-même, terminai-je sans me retourner.

Qu'allait-il se passer ? A présent que le secret de la grange avait été dévoilé, la tranquillité de la ferme était en péril. Le groupe de Rick était plus nombreux que nous et bien que certains soient des personnes de principe, il ne leur serait pas difficile de nous écraser. Je jetai les seaux avec rage dans l'atelier et donnai un coup de pied dans la porte en la fermant. Merde !

Je posai mon front contre le bois du cabanon, nous étions dans la merde ! Putain de merde ! Du coin de l'œil j'aperçus la grange. Je vérifiai les alentours et m'en approchai d'un pas vif. Au fur et à mesure que les grognements augmentaient, mon pas ralentissait. Je finis par m'arrêter à une dizaine de mètres de la vieille bâtisse.

Dans le passé, je ne m'étais jamais autant approchée. Je soufflai un bon coup et pris mon courage à deux mains. La porte en bois avait été scellée avec un gros cadenas et une planche. A deux mètres, l'odeur de putréfaction devint abominable, à la limite du supportable.

Je posai une main tremblante sur la grande porte et m'approchai d'un petit trou. A l'intérieur plus d'une dizaine de rôdeurs tournait en rond. La plupart méconnaissable à cause de leur état de décomposition. Et dire que ça avait été des humains : des personnes qui savaient rire, aimer, penser…

Un rôdeur se jeta soudainement sur la porte, sentant ma présence. Je reculai brusquement et trébuchai, tombant sur mes fesses. Je mis une main sur ma bouche étouffant mon cri de frayeur. J'avais dû respirer trop fort et à présent ils étaient tous en train de pousser sur la porte. Deux doigts noircis s'infiltrèrent dans le trou où s'était trouvé mon œil il y avait une dizaine de secondes. Je reculai précipitamment avant de me relever et de prendre la poudre d'escampette.

Nous étions vraiment dans la merde.