Salut à tous !

Me revoilà avec un nouveau chapitre, qui j'espère vous plaira ! Je remercie tous ceux qui passe lire la fiction et qui me laisse un commentaire, ça fait chaud au cœur et ça me motive surtout pour écrire !

Je ne remercierai évidemment jamais assez Eponyme Anonyme qui corrige patiemment tous mes chapitres !

Bonne lecture !

Chapitre 6 : Elle !

Maggie rangea les épices avec énervement, attrapa un des gros couteaux et décapita violemment la poule posée sur la table, projetant du sang un peu partout. Elle s'assit, prit la bête par les pattes et commença à la déplumer avec fureur. Les plumes volèrent autour d'elle et formèrent un tapis à ses pieds.

Je la regardai faire de loin avant d'entrai avec assurance, faisant abstraction de sa mauvaise humeur. Elle me fit un petit sourire crispé avant de retourner à sa tâche. J'entreposai les œufs frais dans le frigo, puis vins m'assoir à côté d'elle.

- Alors avec Glenn ? A quand le mariage ? Taquinai-je dans l'espoir de la décrisper.

Elle me jeta un regard noir avant de vider la poule. Tous les tripes et organes s'amassèrent sur la table dans un bruit écœurant.

- Que s'est-il passé ? Questionnai-je, en grimaçant face à son massacre.

- Rien ! Absolument rien ! Hier je suis allé à la pharmacie pour Mme Lori, qui n'a pas daigné lever son gros cul. J'ai failli me faire bouffer par un… rodeur ! Mais bon ce n'était pas pour rien puisque que Mme est enceinte ! Félicitation, une emmerde en plus ! Glenn n'a pas pu garder le secret de la grange, tout son groupe est désormais au courant et mon père menace de les virer ! Mais sinon tout va bien ! Enuméra-t-elle en serrant les dents.

Je me redressai sur ma chaise, surprise.

- Lori est enceinte ? Répétai-je, abasourdie.

- Quelle bonne nouvelle, n'est-ce pas ?!

Cette nouvelle me fit l'effet d'une douche froide, en espérant que tous se passe bien pendant sa grossesse, il y aura bientôt un nouveau petit être fragile dans cet enfer… un bébé ! Maggie se prit la tête dans les mains et s'affala sur la table. Je posai une main réconfortante sur son épaule, perdue dans mes pensées.

- Pourquoi les choses sont si compliquées ? Gémit-elle.

Avant que je puisse répondre quoi que ce soit, Glenn déboula dans la pièce, tandis que Maggie relevait mollement la tête.

- Est-ce que je peux te parler ? Souffla-t-il.

La belle brune me jeta un petit coup d'œil.

- Vas-y, je m'occupe de la poule, dis-je.

Je lui souris et la regardai se lever. Elle me lâcha un merci du bout des lèvres et quitta la pièce derrière l'asiatique. Je soufflai un coup avant de me retrousser les manches et de me mettre au boulot. La préparation de la poule se fit assez vite, et en moins d'une trentaine de minutes elle fut prête à être enfournée. Je réglai le four à la bonne température, et approchai le plat. Mais des cris à l'extérieur me firent stopper net.

Que se passait-il encore ? J'éteignis le four et reposai le plateau sur la table. L'agitation se fit plus forte à l'extérieur et je m'empressai de sortir. Le groupe des survivants était là, armé! Maggie essayait vainement de les calmer, leur rappelant la menace d'expulsion d'Hershel. Cela ne sembla pas perturber Shane plus qu'autre chose, qui continua son grand discours sur la dangerosité de la grange. Il se pencha vers Carl et lui tendit un flingue, et bien que Lori s'interposa, elle semblait dépassée par la situation. Il l'éloigna et insista pour que le petit prenne l'arme.

Personne ne semblait avoir remarqué ma présence, je m'avançai rapidement et m'interposai entre Shane et Carl.

- Tu n'as pas honte de mêler un enfant à cette histoire ? Crachai-je en le poussant. Carl recule-toi et écoute ta mère !

Celui-ci me regarda avec de grands yeux et hésita avant d'aller rejoindre les bras de sa mère.

- Tu tiens vraiment à ce que Hershel vous foute à la porte dès ce soir ! Tu n'es pas chez toi ici, donc soit tu te plies au règles, soit tu dégages ! Pigeais ! Sifflai-je avec hargne.

Shane se redressa de toute sa taille, soufflant comme un taureau sur le point de charger. Il m'attrapa violement par le col et me souleva à quelques centimètres du sol.

- Oh merde ! S'exclama T-Dog qui regardait l'horizon.

Nous vîmes passer Rick et Hershel tenant en laisse deux rôdeurs. Shane me relâcha et se mit à courir comme un fou dans leur direction. Je titubai en arrière sous sa force et vint m'étaler au sol. Carol et Maggie m'aidèrent à me relever.

- Ça va pas se passer comme ça ! Grognai-je. Rejoignez-les ! J'arrive.

Les deux femmes rejoignirent le groupe en courant, quant à moi j'entrai dans la maison et ouvris le placard à balai. Un amas d'objets y était entreposé, si bien que je me demandai par quel miracle tout ce bordel ne m'était pas tombé sur la tête. Je m'emparai de ma précieuse batte, claquai la porte et partis rejoindre les autres.

Soudain il y eu plusieurs coups de feu, les cris de Shane raisonnèrent dans tous les recoins de la ferme avant d'être emportés par le vent. Hershel était en état de choc, agenouillé, il fixait sans y croire le rôdeur mort au bout de son lasso.

- On n'a pas à risquer nos vies pour une petite fille qui est morte ! On n'a pas à vivre à côté d'une grange remplie de monstres qui veulent nous tuer ! Ça suffit ! Ça suffit ! Vous voulez survivre ? Vous devez vous battre pour exister ! Tout de suite ! Maintenant ! Cria-t-il, enragé.

Il se précipita vers la porte et frappa sur les battants pour attirer tous les pensionnaires de la grange. Cet homme avait définitivement perdu la raison ! Je me précipitai à sa suite, levai la batte et frappai de toutes mes forces. Mais mon ombre me trahissant, il se retourna soudainement et attrapa la batte au dernier moment. Il me l'arracha des mains, la jetant au loin avant de me saisir le cou et de me cogner contre la porte. Des cris retentirent autour de nous mais personne n'intervint.

- Ça t'a pas suffi la leçon de tout à l'heure ? Siffla-t-il en serrant un peu plus.

J'ouvris la bouche accueillant le peu d'air qui arrivait à se faire un passage jusqu'à mes poumons.

- Je suis une élève lente ! Soufflai-je avec toute la hargne dont j'étais capable.

Il m'enfonça un peu plus dans la porte et je sentis des mains agripper ma chemise. J'émis une petite plainte et essayai de me dégager. Les rôdeurs grognèrent de plus belle sentant la chair fraiche juste sous leur nez. Le monde commença à tourner et tout devint flou. Alors que des petits points noirs tachaient ma vision, la pression se relâcha soudainement et je tombai mollement au sol, incapable de rester debout. L'air me piqua douloureusement la gorge et les poumons, me faisant tousser.

Une grande ombre me surmonta et je me recroquevillai, me préparant à encaisser un nouveau coup. Mais rien ne vint, seule une main rude et bienveillant se posa sur mon épaule. Il me bascula sur le dos et vérifia ma respiration.

- Ça va aller ! Rassura-t-il, en passant une main sous mes épaules et une autre sous mes genoux avant de me soulever.

- Daryl ? Questionnai-je, en fronçant le sourcil. Ma vision n'était pas encore tout à fait nette mais je pus tout de même deviner son petit sourire en coin.

Nous étions à mi-chemin du groupe, lorsqu'il y eut un grand tapage. Tous levèrent leurs armes simultanément dans notre direction.

- Daryl baisse-toi ! Ordonna T-Dog.

Le sol dur ne tarda pas à venir. J'eus une petite plainte. C'était affreux, j'avais l'impression d'avoir été vidée de mes forces, le moindre effort me semblait insurmontable.

- Désolé, grogna Daryl.

- Vient ! J'ai besoin de toi ! Ordonna Shane.

Il l'attrapa par le bras et l'entraîna vers le groupe, me laissant seule devant une nuée de rodeurs qui se précipitèrent vers moi.

- Non ! Hurlai-je, impuissante.

Mais à peine furent ils sorti qu'une volée de balles virent les percuter. Ils tombèrent les uns, après les autres dans des râles morbides. Le calme ne tarda pas à revenir, entrecoupé par les sanglots de Beth. Quel massacre ! Comment voulez-vous, qu'après ça, nous puissions consoler une famille qui a vu ses proches se faire décimer… des proches qu'elle croyait malades !

La porte grinça, et un petit râle s'échappa de la grange. Il en restait encore un ! Un pied apparut et une jeune fille blonde, mordue à l'épaule, fit son apparition. Il y eut un grand blanc, puis vint ensuite le cri d'une mère.

- Non ! Sophia ! Cria Carol en se précipitant vers ce qui, autrefois, avait été sa fille.

Des larmes s'échappèrent de mes yeux, dévalant mes joues et venant terminer leur course sur mon menton. Ce n'était pas possible, pas elle ! Pas depuis tout ce temps ! Quand une femme perd son mari, elle devient veuve, quand un enfant perd ses parents, il devient orphelin, mais quand une mère perd son enfant… que devient-elle ? Il n'y a pas de nom pour le décrire et seul le temps pourra la faire avancer.

Sophia s'avança doucement vers le groupe. Elle enjamba tous les cadavres : chacun de ses pas était ponctué d'un petit grognement. Elle n'était plus qu'à deux mètres de moi, un mètre. Il y eut un clic et une balle lui transperça le front. Elle s'affaissa et me tomba dessus. Je tendis les bras, la réceptionnai et la serrai dans un au revoir.

- Je suis désolé… Lui murmurai-je.

Il y eu un clapotis et une grenouille sauta dans l'eau, éclaboussant tout ce qui était aux alentours. Je ne sais depuis combien de temps j'étais là, assise, à écouter le chant des cigales tout en essayant de faire tarir mes larmes. Le soleil avait peu à peu décliné, jusqu'à ne laisser qu'un horizon orangé. Malgré l'évènement qui venait de se produire, le cours du temps ne s'était pas arrêté, la vie continuait son cours comme si rien ne s'était passé.

J'attrapai délicatement les deux tiges et les nouai ensemble, terminant une couronne de fleurs blanches. Un raclement de gorge me fit sursauter, je me retournai rapidement.

- C'est toi ! Soufflai-je avec soulagement.

Daryl acquiesça puis vint s'assoir à mes côtés.

- Au fait, merci pour tout à l'heure, dis-je, en arrachant les brindilles d'herbes qui se trouvaient à ma portée.

- J'avais une dette, je me devais de la rembourser, marmonna-t-il. En tout cas, il ne t'a pas loupé !

Il effleura l'énorme bleu qui venait encercler mon cou. Je déglutis péniblement en repensant à ce mauvais moment. Il se racla la gorge en se redressant.

- L'enterrement va bientôt avoir lieu… euh… M'informa-t-il, mal à l'aise.

- Je vais y aller, j'avais juste besoin de m'isoler un peu… pour faire le point, le coupai-je.

Je lui tendis la couronne, il la regarda sans la prendre pendant quelques secondes, puis la saisit doucement.

- Tu penses qu'elle aurait apprécié ? Demandai-je les larmes aux yeux.

Il hocha la tête.

- Oui j'en suis certain. Et je suis sûr que ton geste touchera également beaucoup Carol, me rassura-t-il.

Il se leva et me tendit la main, j'essuyai rapidement la larme qui venait de couler sur ma joue. Il me releva facilement et me rendit la couronne. Nous nous sourîmes mutuellement avant de rejoindre les autres.