Salut à tous,
Je suis désolé pour ce retard, mais avec la rentrée pas facile de s'organiser. J'essaierai de faire de mon mieux pour les chapitres à venir, mais je ne vous promets rien. Je remercie tout ceux qui ont prit le temps de poster une review, ça me fait plaisir de voir que mon histoire vous plait.
Emy : Je te remercie de ta review et je suis contente que l'histoire, ainsi que Gwen te plaises. J'espère que tu te régaleras avec ce chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre 7 : Remembers
Je m'affalai sur le canapé, devant l'écran noir de la vieille télévision qui ne servirait, sûrement, plus jamais. La tuerie de la veille était encore bien présente dans les esprits. L'enterrement avait été rapide, et bien que je n'aie pas eu l'occasion de parler avec Carol, pour lui présenter mes plus sincères condoléances, j'espérais que mon petit présent avait parlé pour moi.
Une porte grinça et Maggie pénétra dans la pièce, tenant le plateau de nourriture intact.
- Comment va Beth ? Questionnai-je, en la sortant de ses pensées.
Elle se tourna vers moi.
- Mal ! Elle ne réagit pas, elle est toute pâle et n'a pas touché au son plateau repas, souffla Maggie, désespérée.
- C'est le contrecoup. Hier, elle a vécu un véritable traumatisme. Tout ce qu'on peut faire c'est la tirer vers le haut, pour la faire avancer, dis-je.
La jeune femme hocha tristement la tête, avant de se diriger vers la cuisine. J'étouffai un bâillement et m'allongeai sur le canapé, bien décidé à rattraper ma nuit hantée par des cauchemars incessants. Mais le repos fut de courte durée. La porte d'entrée s'ouvrit et Lori déboula dans la pièce en tenant Carl par la main. Je me redressai rapidement et haussai un sourcil en voyant son air déterminé.
- Gwen ! Je vais chercher les garçons, tu peux surveiller Carl pour moi ? Demanda-t-elle.
- Mais euh… Tu y vas accompagnée ? Questionnai-je, en me frottant les yeux.
Elle secoua la tête.
- Je compte sur toi.
Elle partit en coup de vent avant que je n'ai eut le temps de répondre. Je regardai Carl avec étonnement. J'étais déchirée, je ne pouvais pas la laisser partir seule.
- J'suis un grand garçon, t'sais ! Affirma Carl, devinant surement mes pensées.
J'eus un petit sourire.
Lori ouvrit la voiture et se précipita dans le siège du conducteur.
- Lori ! Criai-je.
Elle se retourna surprise.
- Mais…
- Carl est un grand garçon, il est en sécurité dans la ferme. Par contre je peux pas te laisser partir seule à l'aventure, c'est trop risqué, argumentai-je.
Je lui pris les clefs des mains et pris la place du conducteur, la faisant se décaler sur le siège passager. Je mis le contact, attachai ma ceinture et démarrai, suivant le petit chemin de terre qui menait à l'extérieur de la ferme.
- Tu sais, ça fait un moment, que je voulais m'excuser pour notre petit accrochage lors de votre arrivée à la ferme, dis-je.
- Tu n'as pas à t'excuser. C'était un moment tendu, Carl avait été blessé et on était tous sur les nerfs avec la disparition de Sophia. En tout cas je te remercie de m'accompagner, sourit Lori.
- Y'a pas de quoi. Et puis avec le bébé vaut mieux être prudent. Répondis-je.
Oops ! J'aurai peut-être dû réfléchir avant de parler, en me rendant compte de mon erreur.
- Je suis désolé, je n'aurais…
- Les nouvelles vont vite à ce que je vois… Murmura-t-elle, en baissant la tête honteuse.
- Tu sais… je veux dire, il n'y a pas de honte à avoir un enfant… tentai-je de rattraper.
- Je n'ai pas honte, mais je me demande si mettre au monde un bébé est vraiment la priorité, dit Lori en regardant par la fenêtre.
Je pris la route de droite et débouchai sur une chaussée à deux voies, encadrée par des arbres.
- Ils sont la priorité, les enfants sont l'avenir, lâchai-je, avec un petit pincement au cœur.
- Mais il n'y a plus d'avenir pour eux. Je ne veux pas que mon bébé ait peur toute sa vie et me maudisse pour l'avoir jeté dans cet enfer, s'écria-t-elle, sa voix se nouant.
- Tu es une bonne mère, la décision te revient et je suis sûre que tu feras le bon choix, rassurai-je.
- Je ne pense pas que je soies une bonne mère. Tu es plus douée pour communiquer avec mon fils que moi…
- Tu sais, Carl est le premier enfant avec qui je parle, vraiment. Ça fait plusieurs années que je n'ose plus approcher d'eux… ils sont si fragiles, avouai-je.
- Que c'est-il passé pour que tu les craignes autant ? Questionna Lori, intriguée.
Je serrai le volant, m'y accrochant comme à une bouée de secours qui m'empêcherait de couler.
- … C'est compliqué… je… je… bafouillai-je, en me remémorant, douloureusement, la scène.
- Pardon, c'était indiscret de ma part, s'excusa-t-elle.
Nous continuâmes de rouler dans un silence pesant. Lori avait touché une corde sensible qui cachait une blessure profondément enfouie et encore à vif. Et bien qu'y penser me fit plus de mal que de bien, le besoin de me confier, pour la première fois de ma vie, m'envahit.
- J'avais vingt-deux ans, j'étais jeune, insouciante, je ne pensais pas à l'avenir. Pourtant le destin ne m'a pas loupé.
J'éteignis le moteur de ma petite voiture bleue et sortis. J'habitai dans un petit appartement dans la banlieue de New York, pas loin du centre ville mais à une bonne vingtaine de kilomètre de la grande ville. Je montai rapidement les escaliers en colimaçon, ouvris la porte et pénétrai dans le salon.
- Chéri ! J'suis rentrée, appelai-je, en fermant derrière moi.
Je posai mon sac sur le buffet du salon et me dirigeai vers la cuisine fraîchement rénovée au gout du jour. Un petit post-it était collé sur le plan de travail noir.
« Je suis de garde au poste de police jusqu'à 23h. Je t'aime !
James.»
Je souris tendrement, avant d'ouvrir le frigo et d'en sortir une bière. Immédiatement, une boule de poil gris arriva en courant et en émettant de longs miaulements. Orly vint se frotter contre mes jambes, réclamant sa pâtée.
- Bah alors mon gros, Papa t'a pas nourri avant de partir ? Demandai-je, en sortant une boite de pâtée pour chat dans un des tiroirs.
Je l'ouvris et versai le contenu dans sa gamelle, transformant ses miaulements incessant en ronronnements. Je bus une gorgée, savourant la fraîcheur de la boisson avant d'aller m'affaler dans le canapé et d'allumer la télé, tombant sans étonnement sur une pub. Le persan ne tarda pas à me rejoindre et se lova sur mes genoux.
- Alors, on se regarde quoi ce soir ?
Une douleur aiguë me réveilla en pleine nuit. Je m'assis difficilement sur mon lit en soufflant fortement et en essayant de faire diminuer la douleur. Je regardai l'horloge : deux heures et demie du matin. Je me levai doucement, faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller James.
A peine debout, la pièce commença à tourner furieusement et une nausée m'assaillit. Je sprintai aux toilettes et m'accrochai aux rebords de la cuvette, vomissant tout mon repas du soir. J'attendis que le dernier haut le cœur me passe avant de m'assoir dos au mur. J'essuyai mon front moite tout en essayant de calmer ma respiration. Une lumière s'éclaira dans le couloir et James arriva, ses cheveux blonds en bataille et les yeux endormis.
Il abaissa le clapet de la cuvette et tira la chasse. Je m'assis sur les toilettes en me tenant fermement le ventre. La douleur était plus qu'abominable, elle était atroce ! Il posa une main fraîche sur mon front, en fronçant les sourcils.
- Tu n'as pas de fièvre, c'est plutôt bon signe. Une journée de repos et tu devrais être d'attaque, rassura James.
Une nouvelle contraction arriva et je serrai les dents, étouffant mon cri de douleur. Quelque chose de chaud coula entre mes jambes, tachant au passage mon short gris. Je regardai la goute de sang faire son chemin le long de ma jambe avant de finir sa course au sol.
- C'n'est pas possible… murmurai-je, mon regard de décrochant pas de la tache.
- T'as tes…
- Non, je les ai eues la semaine dernière, coupai-je, avant de me courber de douleur. Ahhh !
- J'appelle une ambulance, avertit James en sortant précipitament.
Les minutes furent incroyablement longues et la douleur ne cessa d'augmenter, me clouant au sol. Les secours finirent pas arriver et je fus prise en charge.
- Tout va bien se passer. Je te retrouve à l'hôpital, d'accord ma chérie ! Rassura mon petit ami, en me tenant la main, jusqu'à l'entrée du véhicule.
Les médecins firent monter le brancard dans le véhicule, fermèrent le porte et démarrèrent rapidement. Je fus auscultée sous toutes les coutures, et au vu de leur tête le résultat de devait pas être rassurant. L'un d'eux prit le téléphone, appelant son supérieur, tandis que l'autre, une femme, me rassurait.
Ma respiration devint laborieuse et une nouvelle contraction bien plus forte que les précédentes me poignarda le corps, me faisant pousser un cri de douleur.
- Ahh ! Qu'est-ce qui se passe? Soufflai-je, en serrant les dents.
Le véhicule ralentit et finit par s'immobiliser.
- Je sais que ça va être sûrement difficile à croire, mais vous êtes sur le point d'accoucher, m'informa l'homme.
- Nous n'aurons pas le temps t'atteindre l'hôpital.
- Enceinte ? Comment ça ? C'est impossible ! M'affolai-je.
- S'il vous plaît, vous devez garder votre calme. On va vous aider, d'accord ? Tempéra la femme.
J'hochai la tête, déjà à bout de souffle. L'ambulancière me prit la main gauche et passa son bras sous ma tête, tandis que l'homme se plaçait entre mes jambes.
- Le col est suffisamment dilaté, il ne faut pas perdre de temps. Dès que vous avez une contraction vous poussez.
Je suivis les instructions à la lettre avant de pousser de toutes mes forces, sous les encouragements des deux médecins. Le temps sembla ralentir et mes forces me quittèrent rapidement.
- Je vois la tête, encore un dernier effort ! S'exclama le médecin.
Je broyai la main de la femme, rassemblant mes dernières forces dans cette ultime poussée. La tête me tourna et ma vision s'assombrit. Je sentis la femme me lâcher et je sombrai dans l'inconscience.
- Quand je me suis réveillée, le médecin de l'hôpital m'a annoncé que j'avais fait un déni de grossesse. Pendant l'accouchement, j'ai fait une hémorragie et pour plus de précaution ils m'ont retiré les ovaires.
- Et le bébé ? Demanda Lori, toute retournée par mon histoire.
Je lui jetai un coup d'œil, avant de me concentré sur la route fixant sans ciller un point dans le lointain.
- C'était un garçon. Il a été déclaré mort né, cause principale : insuffisance alimentaire. Quant à James… Il a cru que je l'avais trompé et m'a demandé quelques jours pour réfléchir. Deux jours plus tard, je recevais une lettre m'annonçant qu'il me quittait et qu'il ne souhaitait plus jamais me revoir. Je suis allé me réfugier à Atlanta, chez ma sœur. Cette nuit-là j'ai vraiment tout perdu.
Lori me regardait les larmes perlant au coin de ses yeux.
- C'est tellement injuste, s'indigna-t-elle.
- Tu es loin d'être une mauvaise mère. Toi au moins, tu n'as pas ignoré ton enfant pendant neuf mois. C'est comme si c'était moi qui l'avait tué.
- Ne dis pas ça ! Ce n'est en aucun cas de ta faute ! Contredit la mère de famille.
J'eus un petit sourire triste.
- Tu es la première à qui je me confie, donc si tu pouvais le garder pour toi...
- Ne t'inquiète pas, je ne dirai rien. Ce n'est pas…. Attention ! Cria Lori.
J'heurtai de plein fouet le rodeur, fissurant le pare-brise et éclaboussant du sang sur tout le capot. Par réflexe je donnai un brusque coup de volant à droite. La voiture fit plusieurs tonneaux avant de s'immobiliser dans le fossé.
