Chapitre 12
Byakuya ne savait pas combien de temps il était resté prostré sur le sol de Renji, ses pensées tourbillonnant tellement fort qu'il ne parvenait pas à les rassembler. Sans bien comprendre comment, il fut debout, marchant dans les rues du Seireitei, ses pas le conduisant, vraisemblablement, vers la division. Il se trouva devant la porte de son bureau et réalisa qu'il était bien incapable de travailler. Il ne s'était pas senti aussi déstabilisé depuis… Depuis la mort d'Hisana. Il avait besoin de calme, de silence, de solitude pour réfléchir. C'est alors que Rikichi passa par là.
« Taicho ! Vous êtes revenu ? Je viens de recevoir ces papiers de la douzième division, il faut absolument qu'Abarai fukutaicho voit cela, c'est hallucinant ! Il doit être rentré aussi ? Vous savez où il est ? »
Non, il ne savait pas où il se trouvait mais il ne pouvait pas le lui dire. Prenant énormément sur lui, il darda un regard froid sur le jeune homme, idole incontesté de son amant.
« Il est toujours occupé. Je ne suis revenu que pour donner mes consignes, des affaires m'attendent. Puisque tu es là, trouve le troisième siège et dis-lui que je lui confie la division jusque demain.
_Euh, d'accord, j'y vais de ce pas. »
Byakuya tourna alors les talons et disparut dans un shunpo. Il arriva dans sa chambre et s'écroula sur son futon, la tête dans son oreiller, le cœur battant si fort qu'il lui faisait mal, sa respiration si saccadée qu'il en manquait de souffle. Kami comme il se sentait mal. ! Plus les choses avançaient et plus elles devenaient désastreuses. Parviendraient-ils à se sortir de cette crise ? Leur couple parviendrait-il à se relever de cette épreuve ? En cet instant précis, il maudissait sa naissance. Etre noble, être né pour devenir l'héritier de ce grand clan était en fait une malédiction. Il avait toujours été fier de sa naissance pourtant, aujourd'hui, ses origines lui empoisonnaient la vie. Il était pris au piège des convenances, du paraitre, du bien faire, des règles. Il devait montrer l'exemple mais il était en fait un prisonnier. Il n'avait jamais réellement eu la liberté de choisir. Toute sa vie n'avait été qu'un combat pour obtenir quelques marges de manœuvres. Il s'était battu pour obtenir le droit d'épouser Hisana, il s'était battu pour faire entrer Rukia dans la famille alors qu'elle y avait sa place de droit étant la sœur de sa défunte épouse. Il n'avait même pas la maîtrise de son avenir puisque le conseil avait le pouvoir de le forcer à se marier contre son gré.
S'il était né roturier comme Renji, leur relation aurait été beaucoup plus facile. Elle se serait faite au grand jour, tout le monde saurait pour eux et tout irait bien. Ca n'aurait aucune importance qu'il n'ait pas d'enfant.
Mais voilà, il était un chef noble devant perpétuer sa lignée, peu importait s'il le voulait, peu importait les conséquences. Peu importait qu'il soit malheureux comme une pierre, à ne pouvoir en exprimer le degré tant il avait mal à l'intérieur.
Il avait du faire quelque chose d'horrible dans sa précédente vie, ça ne pouvait être que cela. Le cycle de la réincarnation lui faisait payer ses actions passées. Avoir revu la jour dans la soie et la richesse pouvait paraitre être une récompense, une consécration mais si on y regardait de plus près, c'était bien le contraire. Mais il avait parfaitement conscience qu'il n'avait pas les moyens de lutter contre.
Il était Byakuya Kuchiki, vingt huitième chef de l'illustre clan Kuchiki, l'une des quatre grandes familles de la noblesse du Seireitei…
Il inspira dans son oreiller et se tourna sur le dos, fixant le plafond de sa chambre. Après quelques instants, il ressentit une gêne et réalisa que son keisenkan tiraillait son cuir chevelu. C'est rageusement qu'il l'ôta et le jeta sans regarder où il tomberait ou s'il risquait de se briser.
Le shoji s'ouvrit alors et c'est ainsi qu'Hina le découvrit : allongé sur le dos, les yeux fixant le plafond, le keisenkan négligemment posé sur le bord du futon. Elle l'avait senti revenir au manoir et avait de suite perçu son réiatsu instable. La nuit dernière, elle avait préféré le laisser se calmer seul mais là, elle savait que c'était différent. Hier, sa colère était froide et dangereuse. Aujourd'hui, elle ne percevait que de la douleur derrière cette colère. Il était temps qu'elle obtienne des réponses. Elle s'était renseignée et avait été informée du retour de Renji, ne restait plus qu'à découvrir ce qu'il s'était passé.
« Byakuya ? »
Il tourna lentement le visage vers elle. D'ordinaire, la présence d'Hina lui faisait du bien mais pas cette fois. Il avait juste envie d'être seul, il avait besoin d'un peu de répit.
« Laisse-moi. »
Simple, net et précis. Ces quelques mots prononcés de manière dure et mécanique ne donnaient aucune chance de répliquer ou de refuser. Toutefois, elle n'était pas du genre à se laisser intimider, pas même par le chef du clan. Elle fit donc un pas dans la chambre jusqu'à arriver au pied du futon.
« Non. »
Tout aussi simple, net et précis. Leurs regards s'accrochèrent et se défièrent d'une même intensité, inflexibles tous les deux, c'était à qui cèderait en premier. Elle se savait suffisamment forte pour remporter la bataille.
« Je veux savoir ce qui se passe. Je sais que Renji-san est revenu et je peux comprendre que tu sois en colère. Il est parti un mois entier sans te donner de nouvelles. Tu es resté des semaines à te demander ce qu'il pouvait bien faire. Ce que je ne comprends pas en revanche, c'est l'intensité de ta colère et, aujourd'hui, ton état. Tu es l'ombre de toi-même Byakuya ! Je suis en droit de te demander des explications. »
Il se redressa brusquement, se retrouvant assis et darda un regard noir sur sa gouvernante.
« Ne peux-tu pas comprendre que j'ai besoin d'être seul ? Que faut-il que je fasse pour avoir un semblant de paix ? Cela fait un mois que je suis harcelé par ma grand-mère, des mois par les membres du conseil et voilà que tu t'y mets aussi ! Tu m'as toujours soutenu, j'en ai conscience mais là, tu… tu me pompes l'air, lâcha t-il, à bout. Laisse-moi tranquille ! »
Son réiatsu enfla et elle dut augmenter le sien pour soutenir la pression mais elle ne lâcherait pas le morceau. Elle sentait qu'il avait besoin d'elle. Ses mots durs ne l'atteignirent pas, elle connaissait son fort tempérament si semblable au sien parfois. C'était sa colère et sa frustration qui parlaient et non pas son esprit.
« Alors si tu as conscience que je te soutiens cesse tes enfantillages et parle-moi ! Je ne partirai pas tant que tu ne m'auras pas expliquée la situation ! Tu me connais suffisamment pour savoir que la seule manière de te débarrasser de moi sera de me jeter toi-même dehors ! Tu nous ferais économiser à tous les deux de l'énergie et du temps en stoppant cette bataille inutile ! »
Non mais ! Quel caractère ! Sûr qu'il ne le tenait pas de son père. Et ça lui donna envie de sourire mais ce n'était pas vraiment le moment…
Byakuya ferma les yeux et serra les poings en tentant de regagner son contrôle. Il la savait aussi obstinée que lui, si ce n'était plus. Il plongea son visage dans ses mains et le massa en partant des tempes pour finir sur la ligne de sa mâchoire. Par où commencer ? Que lui dire ?
« Nous nous sommes sévèrement disputés aujourd'hui. Hier aussi mais ce n'était pas la même chose.
_Si tu commençais par me dire ce qu'il a fait ces dernières semaines ? Que tu sois en colère à cause de sa « disparition » est une chose mais à ce point ?
_Tu ferais mieux de t'asseoir. »
Intriguée, elle prit place à côté de lui, sur le futon. Elle le vit inspirer puis se lancer. Diverses émotions s'infiltrèrent en elle au fur et à mesure de son récit : l'incompréhension, l'étonnement, la surprise totale, la sidération. Et la crainte de l'inconnu, des conséquences sur la santé de Renji. Elle comprenait le courroux de Byakuya. Il s'était tellement inquiété pour son amant et il avait découvert « la chose » trop brutalement.
Pourtant son cœur se mit à battre lorsqu'elle réalisa que Renji avait agit par amour. Il aimait tellement Byakuya qu'il n'avait pas hésité à se mettre potentiellement en danger pour sauver leur couple. Une telle abnégation était magnifique. Lorsqu'elle avait découvert leur relation, elle avait craint que le fukutaicho ne s'en serve contre le noble, qu'il ne fasse que l'utiliser pour assouvir ses désirs physiques, de conquête du pouvoir, qu'il ne fut question que « d'une promotion canapé ». Et puis, le temps aidant, l'amour qu'il éprouvait pour l'héritier du clan n'avait plus fait de doute. Mais là, c'était bien plus profond que tout ce qu'elle avait pu imaginer. Renji était prêt à tout pour lui, à tout ! Elle ne put s'empêcher de formuler sa pensée.
« Kami… Réalises-tu la force des sentiments qu'il éprouve à ton égard ? Ce qu'il a fait est complètement fou et somme toute inconscient, je te l'accorde mais si l'on regarde les choses sous un autre angle, c'est le plus beau geste d'amour qu'il m'ait été donnée de voir. En choisissant de renoncer à ce que la nature a fait de lui, il te prouve par là qu'il est prêt à tous les sacrifices pour toi. Et ce sacrifice est… magnifique. »
Hina baissa le visage et posa les mains sur ses joues, les yeux brillants de larmes contenues. Ce jeune homme était incroyable, quelle dévotion. Il aimait vraiment Byakuya.
En entendant ces mots prononcés par Hina, Byakuya sentit son cœur se lacérer. La douleur dans sa poitrine fut si forte qu'il ne sentit pas les larmes glisser le long de son visage. Hina, perdue dans sa joie, fut soudainement saisit par la voix vibrante de son chef. Elle redressa la tête pour voir les longues larmes s'échouer sur ses genoux.
« Alors si ce qu'il a fait est si magnifique, pourquoi je ne parviens pas à la voir avec les yeux de Renji ou les tiens ? Pourquoi je persiste à penser que rien ne valait ce sacrifice ? C'est pour cela que nous nous sommes violemment disputés, parce que lui est persuadé qu'il a fait ce qu'il fallait. Qu'est-ce que cela signifie vraiment ? Cela veut-il dire qu'il m'aime plus que je ne l'aime ? Si, moi, je me sens totalement incapable de faire une telle chose, dois-je me questionner sur la profondeur de mes sentiments ? Vois-tu, si nous nous étions tous les deux retrouvés devant cette source, je suis certain que je n'aurais pas sauté. Jusqu'à présent, j'étais persuadé que, moi aussi, j'étais prêt à tout pour notre couple mais je dois admettre que je me trompais. Dans de telles conditions, quel avenir avons-nous vraiment ? Il était tellement en colère. Il a dit des choses… horribles. Que… que je m'étais servi de lui, que j'étais bien heureux de l'ultimatum du conseil, que ça me donnait une bonne excuse pour me débarrasser de lui. Je n'ai pas su quoi lui répondre. Je crois que je me suis menti à moi-même ces cinq dernières années. C'était voué à l'échec. Je savais que ce jour viendrait. Peut-être que c'est un signe du destin qui essaie de me dire de… d'abandonner, de laisser Renji se détacher de moi, de lui rendre la possibilité de se bâtir une vie simple, avec une personne qu'il pourrait aimer au grand jour. Je devrais saisir cette opportunité pour lui rendre sa liberté. »
Si la vérité était dans ce qu'il venait de dire alors, pourquoi est-ce que cela faisait aussi mal ? S'il était temps de renoncer à son amour alors, pourquoi cette douleur qui lui donnait envie d'hurler ? Pourquoi ?...
Hina n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. Byakuya avait déjà connu des moments de doutes mais pas à ce point. Elle ne pouvait pas le laisser croire que c'était fini. Il ne s'agissait qu'une d'une crise. Elle savait à quel point ces deux là s'aimaient. Il avait fallu trop de temps à Byakuya pour retrouver le bonheur, il était de son devoir de lui remettre les idées en place.
Elle se déplace pour se retrouver à genoux face à lui. Ce n'est que lorsqu'elle passa ses mains sur ses joues pour essuyer ses larmes qu'il prit conscience de leur présence sur sa peau.
« Byakuya, écoute-moi. Tu as tort de penser que tu l'aimes moins qu'il ne t'aime. Chacun à sa manière de réagir et de penser les sacrifices à faire ou non. Ce n'est pas parce que, toi, tu n'aurais pas plongé dans cette eau que ça signifie que ton amour est moins fort. C'est juste que tu le penses différemment. Tu ne dois pas oublier que Renji est plus jeune que toi, il n'a pas ta maturité ni tes connaissances. Parfois, il me fait un peu penser à toi, dans ton jeune âge. Tu agissais avant de réfléchir. Ce qu'il a fait. Moi-même je n'aurais pas pris le risque de plonger dans une eau supportant un si étrange kido. En revanche, tu es prêt à d'autres sacrifices. Imagine une minute que tu romps avec Renji, accepterais-tu de te marier selon les désirs du clan ?
_Non, je ne me remarierai pas.
_Pourquoi ? Si tu es libre, rien ne t'empêcherait de choisir une prétendante acceptable et ainsi répondre à tes devoirs d'héritier. Tu connais la réponse à cette question : parce que tu aimes Renji et que tu ne te vois pas partager ta vie avec une autre personne que lui. Pourtant, en t'obstinant à refuser, tu encoures de perdre ta place de leader et de te faire répudier. En dépit de cela, tu persistes. Tu es tellement fier de ce que tu es. N'est-ce pas le plus grands des sacrifices que tu pourrais faire à ton niveau ? Ouvre les yeux mon ange, fit-elle en lui prenant le visage en coupe et en plongeant son regard anthracite dans celui si semblable de son vis-à-vis, comme elle le faisait lorsqu'il était enfant et qu'il avait besoin d'être remis sur les rails, tu aimes cet homme d'un véritable amour. Tu ne l'exprimes pas de la même manière mais ça ne signifie pas qu'il est moins intense. Certes, vous traversez actuellement une grave crise mais ça n'est que cela, une crise de couple. Tu vas me faire le plaisir de sécher tes larmes et d'aller le retrouver pour mettre un terme à cette querelle. Vous allez avoir beaucoup de choses à régler mais je suis sûre que rien n'est insurmontable lorsque l'on s'aime. Si tu as des doutes à ce sujet alors, pense à ce que j'ai traversé comme épreuve. Pense à ton père et tu comprendras ce que j'essaie de te dire. Et puis, franchement, un enfant qui serait une moitié de Renji, n'est-ce pas tentant ? Un enfant, c'est la consécration de l'amour. Et cela mettrait un terme aux exigences du conseil. »
Byakuya essaya d'imaginer à quoi pourrait bien ressembler un enfant à demie Renji et à demie lui. Il soupira tout à coup vidé de ses forces.
« Je suis fatigué, Hina san, si fatigué.
_Tu dormiras plus tard. Pour le moment, tu dois retrouver Renji. Je n'ose imaginer dans quel état il se trouve. »
Aveuglé par les larmes qu'il ne parvenait pas à maîtriser, Renji ne savait pas bien où son shunpo était en train de l'emmener. Il se contentait d'avancer droit devant lui en évitant du mieux possible les obstacles qui se dressaient de temps en temps devant lui.
Tout était foutu. Il s'était mis dans une merde pas possible pour rien. Voilà qu'il était « à moitié » femme et que ça ne servait plus à rien. Après ce qui venait de se passer avec son capitaine, il n'y avait plus d'espoir. Cinq ans de sa vie venaient de voler en éclat. Il avait fait tant d'efforts pour que son histoire d'amour avec son capitaine puisse exister sans lui causer de problème. Il s'était tu, ne disant rien à personne, cachant son bonheur alors qu'il n'avait qu'une seule envie : le hurler à la face du monde. Il avait même menti à Rukia tout ça pour sauvegarder l'honneur de son compagnon.
Pour rien.
Égaré dans ses sombres pensées, sa jambe frôla de trop près un arbre et il perdit son équilibre. Il se retrouva à quatre pattes près d'un cours d'eau dont les rives étaient aménagées de pierres. Il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait et il n'en avait strictement rien à faire. La seule chose qu'il ressentait était cette douleur au fond de lui et cette voix qui criait que ça ne pouvait pas se terminer ainsi. Que ce n'était pas possible, que ce n'était qu'un cauchemar, qu'il allait se réveiller et que tout serait rentré dans l'ordre.
Il lui avait pourtant juré qu'il l'aimait alors pourquoi il ne comprenait pas ? Où était le vrai, où était le faux ?
Non ! Non ! Ca ne pouvait pas finir comme ça !
Ses poings se serrèrent et il commença à frapper les pierres, de plus en plus fort. Le sang se mit à couler mais il ne le sentait pas. Il s'explosait les mains et il ne le percevait pas. La douleur était bien moins forte que celle dans son cœur. La réalité disparaissait tandis qu'il se molestait.
Et puis, il entendit des voix dans son brouillard, des bras l'encerclèrent et d'autres mains le saisirent pour l'empêcher de frapper le sol. Il se débattit avant de reconnaître la voix d'Ukitake Taicho. Un flash de lucidité traversa son esprit. Il ne voulait pas blesser cet homme à la santé fragile, celui qui l'avait si gentiment aidé. Il n'y était pour rien. Alors il cessa de se défendre et regarda le treizième capitaine qui se tenait face à lui et qui lui retenait les mains. Alors, qui était celui qui le maintenait ? Il tourna la tête et reconnut à travers ses yeux brouillés Kyoraku Taicho.
« Oh la, Abarai, tu m'entends ?
_Ukitake Taicho ?... Qu'est-ce que… Où est-ce que je suis ?
_Chez moi, au manoir Kyoraku, lui répondit le capitaine de la huitième division.
_Chez vous…
_Yare yare, il faut vraiment que tu sois bouleversé pour ne pas savoir où tu es.
_Regarde dans quel état tu t'es mis, enchaîna Ukitake. J'en conclus que les choses se sont mal passées avec Byakuya ?
_Byakuya ? Que vient faire Byakuya dans cette histoire ? »
Shunsui ne comprenait pas ce qui se passait. Tout le monde savait que Byakuya n'était pas facile à vivre et qu'avec le tempérament de feu de Renji, il y avait parfois des heurts mais de là à mettre le fukutaicho dans cet état ?! Il avait forcément raté un épisode quelque part.
« Ce n'est pas le moment, fit Juushiro, il faut le soigner.
_Non, merci, ça ira, je vais rentrer et…
_Et rien du tout ! Tu n'es pas pour le moment capable d'aller où que ce soit. Viens, lève-toi. »
A ce moment précis, Byakuya apparut devant eux, les surprenant tous les trois.
« Byakuya ! Non mais ça ne va pas ! Tu veux me faire mourir ou quoi ?! »
Le pauvre capitaine malade sentait son cœur sur le point de sortir de sa poitrine. Le nouvel arrivant ne prit pas la peine de lui répondre mais ses yeux s'ouvrirent en grand lorsqu'il avisa le visage ravagé de Renji et le sang sur ses mains. Il s'accroupit face à son amant.
« Qu'as-tu fait, Renji ?
_Il a tenté d'exploser les pierres à mains nues, lança Shunsui un brin sarcastique. »
Renji, lui, n'osait pas regarder l'homme qu'il aimait, c'était trop difficile. Le silence devenant lourd, Ukitake reprit la parole.
« Nous allions rentrer pour le soigner.
_Inutile, répliqua la voix profonde du noble, je vais m'en occuper.
_Je ne sais pas si c'est une bonne idée, Byakuya, rétorqua Kyoraku. »
Mais avant qu'il ne puisse terminer sa phrase, la main de Juushiro se posa sur son bras et le serra un peu. Il porta alors son attention sur l'homme aux cheveux blancs qui lui fit un signe de négation de la tête, lui intimant par là de ne pas intervenir. De plus en plus troublé, il consentit à relâcher Renji.
« Viens Renji, réitéra Byakuya. »
Lentement, le tatoué se mit debout et, sous les yeux ébahis de Kyoraku, Byakuya lui passa un bras autour des épaules pour le soutenir et ils se volatilisèrent dans un shunpo.
« Euh, tu peux me dire ce qui vient de se passer là ? »
Juushiro soupira.
« A ton avis ?
_Bah, j'ai bien une idée qui me vient mais c'est tellement hallucinant que je ne parviens pas à y croire.
_Et bien, c'est que tu as raison. Ca m'a fait le même effet lorsque je l'ai découvert.
_La vache ! J'ai besoin d'un verre !
_Tu as toujours besoin d'un verre… »
Oui, mais là, ça s'imposait vraiment !...
