Salut les amis,
Oui, je sais ça fait longtemps et je m'excuse pour cette longue absence. Avant de débuter le chapitre, je voudrai remercier Eponyme Anonyme, Nnoxx, Niralia, Sephora4, Saphira15, Neunonska, lonesomemortals, laptiteanaelle, emy, Guest qui ont prit le temps de laisser une review. Mais également ceux qui viennent lire, même s'ils ne laissent pas de trace.
Cependant, n'oubliez pas que les reviews sont notre carburant, c'est elles qui nous poussent à continuer d'écrire, qui nous donnent la motivation nécessaire et surtout l'envie de continuer l'histoire, donc n'hésitez surtout pas.
Bonne lecture !
Chapitre 9 : Les mains rougies
J'éloignai Carl à grands pas de la cabane, le trainant derrière moi malgré ses protestations. J'avais honte… honte qu'il m'ait vu dans un tel état d'énervement et de faiblesse. Je m'étais laissé emporter par mes émotions, j'avais perdu le contrôle de mon esprit et de mon corps. Soudain, Carl se détacha brusquement, me fixant avec froideur.
- Pourquoi tu l'as frappé ? S'énerva-t-il.
- Cet homme a mal agi… Il fallait que justice se fasse, répondis-je, les dents serrées.
- Alors c'est ça tes idéaux et ta ligne de conduite ? Questionna Carl, déçu. Un jour tu m'as dit que ce monde ne te changerait pas, et pourtant tu as changé Gwen !
Ses paroles me frappèrent de plein fouet et une boule se forma dans mon estomac. La vérité sort de la bouche des enfants et je savais qu'il avait raison. En à peine quelques semaines j'avais changé. Ce nouveau groupe avait rouvert toutes mes anciennes blessures, que j'avais enfouies au fils des ans.
- Carl reviens… Appelai-je, inutilement.
Celui-ci était déjà loin et se dirigeai, en courant, vers son campement. Il ne se retourna même pas à mon appel. Je le regardai l'estomac noué et rejoignis la ferme.
Des cris s'élevèrent de la fenêtre entrouverte, je montai les marches du perron et entrai. Tout le monde était réuni dans le salon. A mon arrivé, tous se turent et se tournèrent vers moi.
- Gwen ! Tu tombes bien… Nous discutions du sort du prisonnier. Donne-nous ton opinion, tu veux ? Proposa Rick, en s'avançant.
Je m'avançai dans leur cercle, la tête basse.
- J'ai suis allé discuter avec lui…
- Tu l'as torturé ?! Non ! Non ! Non ! Gwen ! Bon sang… Pourquoi ? S'énerva Dale, en se passant une main sur le visage.
Je déglutis péniblement en fixant mes mains rougies par le sang.
- Tu ne comprends pas… Il a regardé deux adolescentes se faire violer et il n'a rien fait. Quand tu entends ça Dale ! Quand c'est dit avec aussi peu d'émotion, je peux t'assurer que même le plus sage des hommes aurait perdu son sang froid, contrai-je, ma voix s'élevant au fur et à mesure du fait énoncé.
- Ce n'est qu'un gamin ! Il était dans un groupe de tyrans, il ne pouvait pas se permettre d'agir sinon c'est lui qui aurait été pris pour cible. Vous le voyez bien, pour moins que ça son groupe l'a laissé pour mort. Il n'avait pas le choix ! Défendit le vieil homme.
- Nous avons toujours le choix, ne serait-ce que de ne pas nous incliner devant ceux qui nous en privent, répliquai-je, calmement.
- Qu'auriez-vous fait à sa place ? Je suis persuadé que la plupart d'entre vous auraient agi comme lui. Il voulait juste sauver sa peau !
- Ouais et là on essaie de sauver la nôtre ! On sait pas de quoi ce gamin est capable, intervint Shane.
- Il m'a par contre assuré, qu'il n'avait commis aucun crime auparavant, indiquai-je.
- Et comment on peut le savoir ? Y'a pas de preuves ! On ne peut pas prendre de risque, condamna l'ancien policier.
- Alors vous allez le condamner pour un crime qu'il n'a peut-être pas l'intention de commettre ! Si vous vous abaissez à ce niveau vous perdrez votre humanité, lança Dale.
- Bon, je pense que le mieux c'est de passer au vote, tempéra Rick.
- Je ne veux pas voter, ne me mêlez pas à cette histoire, déclarai-je, lasse.
- Elle a raison, ne nous mêlez pas à cette histoire. Je ne veux pas avoir à décider de la mort de quelqu'un, ajouta Carol.
- Ne pas se prononcer ou le tuer de ses propres mains, c'est exactement la même chose, attaqua Dale.
- Bon ça suffit, il faut…
- Que veux-tu que je te dise Dale ! Le choix est trop dur. Si on le garde et qu'il attaque ou tue quelqu'un, on l'aura sur la conscience, mais il est également clair qu'on ne peut pas l'abattre comme un vulgaire gibier… Je ne sais pas, je ne sais pas…
- Si on tue ce gamin vous l'aurez également tous sur la conscience. Tu me déçois… Je te pensais plus apte que ça à prendre une décision, m'avoua Dale avec un regard de déception.
Je baissai le regard, le cœur brisé. Je me décevais aussi, mais le choix était trop dur. Les larmes montèrent et je me dépêchai de sortir de la ferme, courant le plus loin possible de toute cette tension.
…
Daryl s'approcha de son campement, une lampe de poche à la main. Il alluma son feu de camp et vérifia les alentours. La nuit était paisible, bien que fraîche. Il s'approcha de l'arbre et décrocha un écureuil pendu à une des branches les plus basses.
- Vous l'avez tué ? Questionnai-je, d'une voix sans émotion.
Le chasseur sursauta et pointa sa lampe de poche dans l'arbre feuillu. J'eus un petit rire, amusée d'avoir réussi à faire sursauter le grand Daryl.
- Qu'est-ce tu fous là-haut ? Grogna-t-il.
- Je… réfléchis, dis-je tout en descendant avec prudence. Alors qu'est-ce que vous avez fait ?
Daryl ramassa son écureuil tombé à terre et s'assit près de son feu, ouvrant le ventre de son gibier et le vidant de tous ses organes.
- Rick le garde prisonnier, il n'a pas réussit à le tuer, annonça-t-il.
Je soupirai soulagée, c'est Dale qui sera heureux. Je continuai de regarder Daryl préparer son repas : il scalpa la bête avant de prendre un bâton et de l'embrocher. Il avança le bout de bois dans le feu, faisant cuire l'écureuil.
Solitaire, le chasseur n'avait pratiquement jamais partagé de repas avec nous et préférait dormir loin de son groupe. Et bien que se comportement correspondait parfaitement au caractère du chasseur, ça m'intriguait.
- Pourquoi t'isoles-tu ? Demandai-je en m'appuyant contre le tronc d'arbre.
- Putain… t'es encore là toi ! Pour justement pas voir vos tronches, donc maintenant dégage, ordonna-t-il.
- Non, répondis-je d'une voix ferme.
Il souffla d'agacement et sortit son écureuil rôti du feu. Il l'enleva du bout de bois et le dégusta.
- Alors comme ça t'as frappé le prisonnier. J'te pensais pas aussi cruelle, attaqua Daryl avec un rictus, en se léchant les doigts.
- Je te retourne le compliment… et puis je ne l'ai pas à proprement frappé… mentis-je.
Le redneck eut un petit rire et secoua la tête.
- Vu la gueule de tes jointures, t'as pas du y aller de main morte, fit-il remarquer, en faisant un petit signe vers celle-ci.
C'était le cas de le dire… Mes mains étaient recouvertes d'une couche de sang séché et étaient très douloureuses.
Daryl se leva et revint avec un bassin d'eau trouble. Il me fit signe d'approcher, m'attrapa les mains avec une délicatesse qui ne lui correspondait pas et les trempa dans l'eau. Je pris une grande inspiration et gémit de douleur. Je posai, par pur réflexe, ma main sur la sienne. Il me regarda avant de la prendre et de frottai doucement mes jointures, enlevant le sang séché et révélant un entaille sur la jointure droite.
- La prochaine fois frappe moins fort. La plaie n'a pas l'air bien profonde, j'pense pas qu'il y ait besoin de points de suture, examina-t-il avant de me rendre ma main.
- Tu ferais une très bonne infirmière, tu sais ! Taquinai-je.
- Puff… se vexa Daryl.
- Tu faisais quoi avant tout ça ?
Il me toisa un instant, hésitant. Mal à l' aise, il se leva et vida le seau d'eau rougie dans l'herbe.
- J'étais quelqu'un d'autre, une personne peu fréquentable… dit-il simplement, et toi ?
- Et bien j'e…
Un cri déchira le silence noir de la nuit. Nous regardâmes simultanément en direction du champ, pétrifiés. Un deuxième cri, plus fort se fit entendre. Je sortis mon canif de son étui et m'enfonçai dans la pénombre sans réfléchir. Daryl ne tarda pas à me dépasser, armé de sa lampe torche et de son couteau.
Je le suivis de loin, mais un instant d'inattention me le fit perdre de vue. La lueur de la lampe avait disparu. Je m'arrêtai de courir, j'étais seule et dans le noir. Terrifiée, je tournai sur moi-même essayant de voir une quelconque lumière.
- Daryl ? Appelai-je, la respiration saccadée.
- A l'aide ! Cria celui-ci, me faisant faire un bond.
Je me remis à courir à l'aveuglette, allant dans la direction de l'appel. Une lueur apparut enfin.
- Qu'est-ce qui se pas… Oh mon Dieu ! Non ! Dale !
Je m'effondrai à ses côtés. Il eut un gémissement et me regarda avec des yeux apeurés. Je posai mes mains dans l'herbe mouillée, m'équilibrant.
- Ça va aller, ne t'inquiète pas, rassurai-je en levant ma main droite.
Je m'arrêtai net et me mis à trembler. Ma main était rouge de sang, le sol en était d'ailleurs imbibé. J'attrapai la lampe de poche qui avait été jetée un peu plus loin et constatai les dégâts. Dale avait été éventré, une grande marque rouge s'étendait sur tout son ventre et des bouts de boyaux s'échappaient de la plaie béante. Le rôdeur responsable était étendu un peu plus loin, mort.
- Tu vas voir Hershel va te soigner, tout se passera bien, chuchotai-je, en lui caressant doucement la joue.
Je fermai les yeux, laissant mes larmes couler sur mes joues et s'écraser sur le visage de l'agonisant. Il leva lentement sa main et vint la poser sur ma joue. Je la recouvris de la mienne.
- Je suis désolée, pleurai-je, tellement désolée…
Il secoua doucement la tête avant d'avoir une nouvelle plainte. Il y eut de l'agitation et Daryl arriva accompagné de Rick et Shane.
- Oh putain ! Non! Hershel! Hershel! Hurla Rick.
Hershel rappliqua rapidement suivi de tout le monde. Il se posta à mes côtés et regarda la plaie. L'examen ne dura que quelques secondes, et je compris dans le regard que me lança Hershel que c'était trop tard. Mes larmes redoublèrent et Andréa vint me rejoindre.
- Vite il faut le transporter, s'affola Rick.
- Il ne survivra pas au voyage, informa Hershel.
- Alors on va l'opérer ici, Glenn va cherch…
- Rick ! C'est trop tard, annonça Hershel, avec un regard de pitié. Ce n'était jamais facile d'annoncer d'aussi terrible nouvelle aux proches.
Andréa vint à me côté et scruta celui qu'elle considérait comme son père, ne semblant pas y croire.
- Il souffre, constata-t-elle d'une voix tremblante.
Rick se passa une main nerveuse dans les cheveux avant de sortir son revolver. Je relâchai la main de mon ami et la tendis vers l'ancien Shérif. Il me fixa longuement avant de finalement me le tendre.
Je l'avais bien fait une fois, je pouvais le refaire ! Je m'en saisis et la posai sur le front de l'agonisant, actionnant dans un petit clic le chien du revolver.
- Ne t'inquiète pas, ce sera rapide… Bientôt tu n'auras plus mal… lui soufflai-je à l'oreille.
Dale me fit un doux sourire, m'encourageant. Soudain, l'image de Sarah vint le remplacer… le regard qu'elle m'avait lancé avant de s'éteindre était exactement le même.
Je me mis à trembler, les larmes me faisant suffoquer. Je ne voyais qu'elle ! Elle, me suppliant de ne pas la laisser revenir. La main froide de la mort frôla la mienne et je la regardai s'emparer du revolver. Je levai la tête et aperçu Daryl qui armait le pistolet.
- Non… Non… Non, pleurai-je.
Il s'agenouilla à mes côté et posa une main à l'arrière de ma tête, l'emmenant contre son torse musclé. Je me saisis de la main de Dale, la serrant avec force et tentant de me calmer en me concentrant sur ses mouvements respiratoires.
Il y eut un petit clic. Je me tendis et serrai sa chemise de toutes mes forces, attendant le coup fatal. Une unique larme coula sur ma joue, Dale me donna une dernière pression et je fermai les yeux.
Bam !
Je laissai la main inerte de mon ami retombait au sol… Ça y est… il était parti à jamais…
