Salut à tous et à toutes,
Je suis heureuse de vous présenter le dixième chapitre : je me suis vraiment amusée à l'écrire et j'espère qu'il vous plaira.
Cependant, je suis aussi assez déçu de constater que beaucoup viennent lire ma fiction (je peux voir dans les statistiques le nombre des visiteurs) et que très peu laisse une review.
N'oubliez pas mes amis que les reviews sont notre carburant mais aussi une récompense. Nous, écrivains amateurs, nous lançons corps et âmes dans nos fictions et au final nous ne savons pas ce que vous en pensez, ni si ça vous plait. C'est assez ingrat, ne croyez vous pas ?
Je tiens tout de même à remercier ceux qui prennent trente seconde pour laisser leur avis. Merci beaucoup. Et je vous souhaite à tous :
Bonne lecture !
Chapitre 10 : Prisonnière
La mouche s'envola de la commode, décrivant de multiples cercles dans le rayon de soleil qui s'était infiltré à travers les volets mi-clos. Elle disparut dans la pénombre et seul le bruit de ses ailes m'indiqua qu'elle devait sûrement voltiger au-dessus de ma tête. Je soupirai tristement, le temps semblait s'être arrêté depuis la mort de Dale, je n'arrivais plus à rejoindre la rive… le courant était trop fort. Il y avait eu trop de mort en peu de temps. Comment pouvions-nous continuer à vivre dans l'angoisse permanente de perdre tous ses proches un à un ? L'idée de finir seule m'était insupportable.
Je tournai la tête et trouvai la mouche posée sur l'omelette préparée avec soin par Patricia et Beth. Hershel passait souvent me tenir compagnie, ainsi que Maggie qui semblait désemparée par la situation. Le calendrier indiquait le vingt-trois septembre et si je comptais bien ça faisait une semaine que le drame avait eu lieu, une semaine que le goût de vivre m'avait été enlevé.
La porte grinça. Je m'enfonçai dans mes couvertures et fermai les yeux, feignant l'endormissement.
- Me prends pas pour un abruti, j'sais que tu dors pas Gwen !
J'eus un petit sourire et ouvris les yeux, fixant le chasseur posté devant la porte, les bras croisés sur son torse. Avec lui impossible de faire semblant, il nous perçait à jour immédiatement et quelle que ce soit la situation.
- T'as mauvaise mine, on pourrait limite te confondre avec un macchabée, commenta-t-il avec un petit sourire.
- Tant de gentillesse me touche profondément, répliquai-je, sans entrain.
Il traversa la pièce et ouvrit les volets en grand, inondant la pièce de lumière. Je fermai les yeux, éblouie, et grognai de mécontentement.
- J'dois dire que je m'attendais à mieux, tu me déçois. Maintenant debout ! Ordonna Daryl.
- Je déçois tout le monde ces temps-ci… laisse-moi, me lamentai-je en me tournant à l'opposée.
- Hors de question que je te laisse te morfondre plus longtemps. Debout ! Répéta-t-il.
Il s'approcha du pied de mon lit et tira la couette me recouvrant.
- Oh ! Pour qui tu te prends ?! Criai-je en m'asseyant et en tentant de récupérer ma couverture.
Mais Daryl fut plus rapide, l'attrapa et la jeta de l'autre côté de la pièce.
- Sors de cette chambre ! Tout de suite ! Hurlai-je en colère, tout en pointant la porte.
- Ah enfin tu réagis !
- Maintenant écoute-moi bien… menaçai-je avant de me faire couper.
- Non ! Toi écoute-moi bien et ouvre grand tes oreilles car j'me répèterai pas. Tu es faible, on ne peut pas compter sur toi, tu ne vaux strictement rien, attaqua Daryl avec hargne en m'enfonçant son index dans l'épaule.
- Tais-toi, prévins-je.
- Tu n'as même pas été capable de mettre fin aux souffrances de Dale ! Il comptait sur toi et tu as été trop lâche, cracha-t-il.
- Je ne suis pas lâche… démentis-je sans vraiment y croire.
Il haussa un sourcil et secoua la tête.
- Que dirait ta sœur en te voyant aussi lamentable ? Demanda-t-il.
- Tais… Comment sais-tu que j'ai une sœur ? Questionnai-je, interloquée.
- Sarah, c'est ça ? Tu parles beaucoup dans ton sommeil, réattaqua-t-il. Mais où est-elle ? Tu l'as abandonné elle aussi ?
Je me jetai sur lui et lui envoyai mon poing de toute la force dont j'étais capable, mais il arrêta ma main juste avant qu'elle ne le touche. Il m'attira contre son torse musclé, nos têtes se retrouvant à quelques centimètres l'une de l'autre. Je le regardai avec colère et me débattit essayant de me défaire de sa poigne, en vain !
- Je ne me fais jamais avoir deux fois ! J'ai retenu la leçon ma belle, sourit-il en faisant référence à la mémorable baffe que je lui avais administrée dans la forêt.
- Lâche-moi ! Et arrête de parler de choses que tu ne sais pas ! C'est elle qui m'a abandonnée et c'est moi qui ai dû m'assurer qu'elle ne revienne pas. J'ai vu trop de morts … je ne veux plus… je ne peux plus…
- Mais réveille-toi ma fille ! Des morts il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Et t'enfermer dans ta chambre n'arrangera pas les choses, bien au contraire. Tu vas perdre le peu de temps que tu as à te morfondre au lieu de profiter de ta famille, de tes amis, dit-il en me secouant. Que dirait Sarah ?
- Laisse ma sœur en paix ! Crachai-je en le poussant en arrière. Je t'en pose des questions sur Merle ? Egoïste comme tu es, tu as dû le laisser crever !
A son tour, il me poussa, en arrière avec force. Déséquilibrée, j'attrapai sa chemise et l'entrainai dans ma chute. Nous tombâmes sur le lit, faisant grincer les lattes. J'essayai de le frapper mais il m'attrapa les deux mains et les bloqua aux dessus de ma tête, avant d'immobiliser mes jambes avec ses pieds et tibias.
- Je t'interdis de parler de mon frère ! Avertit-il, en approchant son visage du mien.
- Pareil pour ma sœur, sinon ça va barder ! Menaçai-je, en collant mon front contre le sien.
Il haussa un sourcil avant d'avoir un petit rire moqueur. C'est alors que je me rendis compte de la situation. Daryl était à califourchon sur moi. Dans notre petite guéguerre, sa chemise s'était ouverte dévoilant une partie de son torse musclé. Je ressentais sa force dans ses poignets, dans son torse, et dans ses jambes…. L'impression d'être devant un loup prêt à l'attaque était d'autant plus impressionnant.
Je m'aperçus alors que la grande chemise bleu nuit qui me servait de pyjama, était remonté jusqu'au bas de mon ventre, dévoilant mes jambes et mon sous-vêtement. Le rouge me monta aux joues, cette scène portait vraiment à confusion.
S'apercevant sûrement de ma gêne, Daryl me relâcha et se releva en faisant attention à ne pas m'écraser. Je m'empressai de réajuster ma chemise et baissai la tête, laissant mes cheveux cacher mon visage rouge.
- Là, je te reconnais, lâcha Daryl avant de fermer la porte derrière lui.
Je restai là, les bras ballants tout en regardant la chambre en pagaille. Que s'était-il passé ? En quelques instants Daryl avait réussi à me faire regagner la berge. Il m'avait poussé dans mes retranchements afin de me faire réagir et prendre conscience. Il avait réussi là où tous les autres avaient échoué…
Quel sale emmerdeur, quand même ! Pensai-je avec un petit sourire aux lèvres. Soudain, quelque chose me revint à l'esprit et je me pris la tête dans les mains, la gêne revenant. J'y crois pas… Non… il ne m'a quand même pas regardé dormir ?!
…
La nuit venait juste de tomber. J'étais attablée à la cuisine avec une tisane dans les mains, parlant des nouveautés avec Maggie et Beth, bien décidé à suivre le conseil de Daryl. Après tout il avait raison, c'était bête de se priver des personnes que l'on aime en ressassant le passé. Et puis, ce n'était pas parce que je voulais vivre ma vie et profiter de mes proches que j'oubliais ceux qui les avaient précédés : Maman, Papa, Sarah, Sophia, Dale… Ils auraient toujours une place bien particulière dans mon cœur et leur souvenir ne s'effacerait jamais.
J'avalai une gorgée, savourant cet instant magique, qui ne dura malheureusement pas bien longtemps. Il y eut tout à coup de l'agitation dans le salon. Apparemment Randall s'était transformé en rôdeur, mais n'avait pas été mordu. Etait-ce possible ? Le mystère restait entier. Je pénétrai dans la pièce suivie de Maggie et sa petite sœur.
- Tu veux bien y retourner, mettre la main sur Rick et Shane et leur demander ce qui se passe ? Demanda Lori, inquiète.
Daryl hocha la tête, mais ma présence le fit s'arrêter net, je lui souris, reconnaissante et il me fit un petit clin d'œil avant partir à leur recherche. Nous attendîmes des nouvelles dans le salon, en nous rongeant les sangs. Soudain, Lori déboula dans la pièce mi-affolée, mi-hystérique.
- Je ne trouve plus Carl ! S'écria-t-elle.
Je me sentis pâlir d'un coup et une grosse tension s'installa dans la pièce. Comment ça elle ne le trouvait plus ? Il n'avait quand même pas disparu. Carol se leva et posa une main rassurante sur l'épaule de son amie.
- Tu es sûre qu'il ne joue pas à cache-cache ? Questionna-t-elle, soucieuse.
- Non ! Je l'ai appelé plusieurs fois, il ne répond pas, s'angoissa-t-elle en posant une main devant sa bouche.
La pauvre était au bord des larmes, traversant la pièce de long en large. Tout le monde se dispersa aux quatre coins de la maison pour chercher le petit garçon. Je me pris la tête dans les mains, si j'étais Carl, où serais-je allé me réfugier ? Le déclic se fit dans ma tête. Je me levai d'un coup sous le regard surpris des quelque uns restés dans la pièce.
- Je vais voir à l'écurie…
- Non, coupa Hershel, tu es encore faible.
- Je ne suis pas en sucre et je te promets que je fais l'aller-retour, jurai-je.
Hershel me regarda dans les yeux avant de soupirer, résigné. Il me fit signe d'attendre et disparut. Il revint quelques secondes plus tard avec un revolver.
- Fais vite, ordonna-t-il en me le plaçant dans les mains.
J'hochai la tête et le plaçai à l'arrière de mon jean, avant de sortir au pas de course. La nuit noire était seulement éclairée par les rayons blanchâtres de la pleine lune et une petite brise secouait doucement les branches des arbres, donnant à la scène un air assez lugubre. Je resserrai mon gilet, me frottai les bras essayant de me réchauffer et accélérai le pas.
- Gwen…
Je sursautai en entendant mon prénom et regardai les habitants qui me faisaient de grand signe. Je me retournai rapidement reprenant ma marche avec un petit sourire aux lèvres, qu'ils étaient bêtes !
- … 'viens vite… deurs…
La moitié du message fut emporté par le vent, je levai un bras pour les rassurer. L'écurie était juste devant moi. J'enlevai la planche et ouvris le verrou du haut. L'ambiance se fit tout de suite plus chaleureuse. L'odeur de foin m'envahit les narines et plusieurs chevaux passèrent la tête par-dessus la porte de leur box, curieux. Chaque fois que je pénétrai ici j'avais l'impression de me retrouver dans un lieu sacré, tout était si serein.
Je commençai les recherches, retournant de fond en comble toute l'écurie, même le tas de foin fut fouillé. Personne… Aucune trace de Carl et rien qui ne m'indiquait qu'il s'était trouvé ici. Un coup de feu me fit sursauter, je me figeai sur place. Deux, puis trois, puis quatre… les tirs ne s'arrêtaient plus et des bruits de moteur s'y étaient ajoutés.
Je m'approchai de l'entrée regardant l'extérieur. Deux voitures faisaient des allers-retours devant la ferme. Une silhouette se dessina dans la pénombre, se dandinant vers moi.
- Maggie ? Demandai-je en plissant les yeux.
Une affreuse odeur de pourriture m'envahit alors les narines et des râles s'élevèrent dans l'air. J'écarquillai les yeux, comprenant la situation et le message envoyé par les autres. Je repoussai le rôdeur qui alla s'écraser au sol et fermai la porte, actionnant le verrou du haut.
Je m'éloignai le plus loin possible, m'appuyant contre la porte du fond. Pitié, faites qu'il n'y en ait qu'un ! Pensai-je, les larmes perlant mes yeux.
Les battants derrière moi bougèrent soudainement et de forts grognements se firent entendre. Je poussai un petit cri en m'éloignant avant de poser la main sur ma bouche. Les chevaux commençaient à devenir très nerveux, sentant sûrement la menace. Je m'approchai de la petite fenêtre et me figeai. Il n'y avait pas un rôdeur, ou deux… non c'était des dizaines et des dizaines de morts qui affluaient de tous les côtés. Je me reculai au centre de l'écurie et essayai de garder mon calme.
Bon, résumons la situation : J'étais prisonnière dans une écurie encerclée de zombies et personne ne pouvait me venir en aide. Mes seules armes étaient un petit revolver d'une dizaine de balles et un stupide canif qui ne servirait pas énormément vu leur nombre. Que pouvait-il arriver de pire ?
