Chapitre 16
« Je m'appelle Renji, Abarai Renji, se présenta t-il en s'inclinant respectueusement. »
Et il soutient mon regard sans crainte. Je peux dire sans me tromper qu'il a du caractère… C'est une très bonne qualité pour devenir le conjoint du chef du clan…
« Je suis désolé, je ne voulais pas vous espionner, poursuivit-il sans détacher son regard, je voulais juste voir Byakuya. Lorsque j'ai constaté qu'il n'était pas seul, j'allais partir quand j'ai entendu que vous parliez de… notre situation. »
Byakuya observait cette rencontre sans intervenir, l'inquiétude au corps mais le jeune homme s'en sortait bien. Il était fier de lui. Renji avait beaucoup progressé dans son comportement. Certes, il demeurait toujours bravache et même grossier avec ses amis de toujours mais il savait aussi s'adapter à ses interlocuteurs. Il fréquentait la noblesse depuis son intégration dans sa division, même si c'était de loin. Il avait appris à adapter son langage et son comportement. Il n'en fallait pas moins pour rencontrer sa grand-mère. Mais il était ennuyé. Que Renji avait-il vraiment entendu de leur conversation ?
Et en plus, il est plein de confiance… Je le sens tout au fond de moi : cet homme est parfait pour Byakuya. Je n'aurais jamais imaginé mon petit-fils au bras d'un autre homme mais mon instinct me dit que c'est cet homme-là que j'aurais choisi s'il l'avait fallu. De prime abord, ils paraissent tellement différent l'un de l'autre… Les contraires s'attirent et peuvent apporter l'équilibre qu'il manque à l'autre…
La vieille femme inspira discrètement.
Reprends-toi Oya ! Ce n'est pas le moment d'admirer cet homme…
« Je suis enchantée de faire votre connaissance, Abarai-san. Pourquoi ne pas vous joindre à nous et vous asseoir ? Et bien que j'apprécie vos excuses, elles sont inutiles puisqu'il est évident que cette conversation vous concerne aussi.
_Je ne veux pas vous importuner. Je souhaitais juste me présenter c'est ce que vous sembliez vouloir.
_Vous ne nous dérangez en aucune façon. Prenez place, s'il vous plait.
_Arigato, accepta t-il après avoir demandé silencieusement son accord à son amant. »
Lentement, il obtempéra.
« Depuis quand es-tu là, interrogea le chef noble tout en versant le thé à l'attention de son amant.
_Suffisamment longtemps, répondit-il en accrochant les iris anthracite.
_Je vois. »
Byakuya ne savait pas s'il devait s'en réjouir. Un silence un peu pesant s'installa sous le regard de l'aïeule qui ressentait bien la tension entre eux. Elle était celle qui avait le plus d'expérience alors elle se devait de désamorcer la situation et surtout, de comprendre vraiment ce qui se passaient entre les deux hommes, car, d'instinct, à leur comportement, elle devinait que leur problème allait au-delà des projets de mariage du clan.
« Abarai-san, je suis navrée de ce que le clan vous inflige. Je n'ai nul mal à imaginer dans quel état cela vous plonge.
_Appelez-moi Renji, dit-il naturellement, c'était la grand-mère de Byakuya, elle avait le droit de l'appeler par son prénom. Les choses ne sont effectivement pas simples. Mais Byakuya a raison. Je pense que j'ai toujours su que le sujet tomberait un jour sur le tapis. Mais après cinq années de statut quo, nous avions fini par oublier que ça arriverait. »
Un peu de la culpabilité du noble tomba de ses épaules en entendant Renji admettre qu'il savait qu'ils seraient un jour confrontés à ce dilemme.
« Pardonnez ma curiosité mais, comment avez-vous fait connaissance ? Le zanpakuto que vous portez me laisse entrevoir que vous faîtes aussi parti des armées de la cour. Vous êtes donc collègues ? Je vous avoue que je ne m'intéresse pas vraiment au gotei mais, seriez-vous Capitaine ? »
Renji se cala sur le dossier de sa chaise et, posant sa tasse, se passa une main nerveuse sur le menton. Il regarda son amant qui semblait lui aussi se demander comment expliquer cela à sa grand-mère.
« Euh, et bien… Non, je ne suis pas capitaine mais je suis officier… haut gradé…
_Haut gradé ? C'est-à-dire ?
_ Fukutaicho… »
Les sourcils d'Oya se levèrent d'une agréable surprise : au moins, s'ils finissaient par informer le conseil, ce serait un bon point que ce jeune homme ne soit pas un illustre inconnu sans aucune position sociale. Pour sa part, elle s'en fichait, mais pour le clan, c'était autre chose. Quoique, en y repensant, cet homme avait bien trop de charisme pour n'être qu'un petit plancton.
« Vice-capitaine, voilà qui est intéressant. De quelle division ? »
Renji se tourna à ce moment-là vers son capitaine.
« S'il vous plait, je ne sais pas trop ce que je dois dire ou pas, là ? »
Byakuya posa un peu bruyamment son thé sur la table et inspira. Il était vraiment las. Tout ce qu'il voulait, c'était aller se coucher et enfin décompresser d'autant qu'il se sentait moins lourd depuis son aveu à sa grand-mère. Autant satisfaire sa curiosité pour écourter la rencontre. Ils auraient le temps de parler des détails plus tard.
« Renji est mon second.
_Ton second ?... Vous êtes le vice-capitaine de la sixième division, s'étonna t-elle.
_Oui, Madame.
_Ton amant est ton subordonné ? N'est-ce pas interdit par les règles militaires ?
_Disons plutôt que ce n'est pas encouragé, admit-il avec lassitude.
_Oh la la… Quelque chose me dit que je ne suis pas au bout de mes surprises… Donc, vous vous êtes rencontrés lors de votre intégration dans la division de mon petit-fils ?
_Euh… Pas exactement.
_Hum ! Pourquoi cela ne m'étonne t-il pas, plaisanta t-elle presque malgré elle. Oserais-je demander des précisions ?... »
Renji demanda encore de l'aide à son amant par le regard.
« Explique-lui seulement si tu en as envie, fit Byakuya. Tu découvriras vite que ma chère Grand-Mère, que je respecte beaucoup, n'en reste pas moins d'une curiosité presque maladive.
_Ce n'est pas une façon de parler de sa grand-mère surtout lorsqu'elle est présente. Et puis, une vielle dame doit pouvoir passer le temps comme elle le peut. »
Les deux Kichiki s'affrontèrent du regard un instant et Renji eut envie de rire. Malgré le drame de la situation, cette petite querelle était… adorable.
« S'il vous plait, ne vous disputez pas, ça n'en vaut pas la peine… Notre histoire est un peu compliquée. Il est un peu tard pour entrer dans les détails.
_Alors faîtes-moi un résumé !
_Un résumé…. »
Renji se massa la nuque. Il savait que Byakuya ne l'aiderait pas. Ce dernier avait trop de mal à parler de sa vie privée. Il allait devoir se débrouiller.
« Très bien mais promettez-moi de ne pas poser, disons trop de questions ce soir. Je ne sais pas si j'aurais la force de répondre à toutes vos interrogations.
_J'accepte vos conditions, Renji-san.
_J'ai grandi avec Rukia, lâcha t-il sans préambule. Nous avons survécu à Inozuri ensemble. Et puis nous sommes parvenus à l'académie. Nous avons fait nos classes et avons finis dans deux sections différentes. Tout allait bien, on s'en sortait. Et puis un jour, tout à basculé : Byakuya est venu la chercher. Nos chemins se sont croisés pour la première fois ce jour où Rukia a accepté d'être adoptée par votre famille. Le jour où elle a gagné une famille, j'ai perdu la mienne car je n'avais qu'elle et j'avais parfaitement compris qu'avec son nouveau statut, je ne pourrais l'approcher. »
Oya en perdit son souffle : Rukia… Il était lié à Rukia.
« J'étais heureux pour elle et en même temps très peiné de la perdre. Cette peine a finit par se transformer en colère, à en blâmer Byakuya, qui n'avait pourtant pas la moindre idée de la douleur qu'il m'infligeait. Et puis le temps à passé. Je ne voyais plus Rukia que de loin. J'ai fini l'académie, ai fait un bref passage à la cinquième avant d'intégrer la onzième où j'ai fini sixième siège. Et il y a environ dix ans, Byakuya m'a recruté au poste de fukutaicho. Ca, c'est pour la partie la plus simple.
_Rukia… Est-elle informée de votre relation ?
_Non, Byakuya s'y est opposé. »
L'éclat de colère qui passa dans les yeux de Renji indiqua à Oya qu'il en tenait rancœur à son petit-fils.
« La partie la plus simple ? Ce qui veut dire ?
_J'avais un but : pouvoir à nouveau approcher Rukia. J'ai passé des années à observer Byakuya dans l'espoir de trouver une faille qui me rapprocherait de ce but mais je n'aurais jamais imaginé que ce serait par la promotion que j'y parviendrais. Mais je suis arrivé au moment de la traitrise d'Aizen et de l'exécution de Rukia. Je suppose que vous connaissez l'histoire : à ce moment là nous ignorions avoir été manipulés par cet enfoiré mais Taicho était prêt à laisser sa sœur se faire exécuter allant même jusqu'à me dire qu'il le ferait lui-même s'il le fallait car elle avait enfreint les règles. Inutile de vous préciser que j'avais la rage. Je me suis retourné contre mon capitaine et j'ai rejoint Ichigo pour la sauver. Bien sûr, Byakuya et moi avons fini face à face à nous affronter. Je savais que j'avais peu de chance de gagner mais je ne pouvais pas abandonner Rukia. Taicho m'a quasiment laissé mort sur le parvis. »
Devoir se rappeler de ces évènements m'était à mal les deux amants. Mais ils ne pouvaient pas nier leur passé. Sans ce passé, ils n'en seraient pas là aujourd'hui.
Quant à la grand-mère, elle ne savait pas comment réagir à ce récit. Il avait été question de haine avant d'amour entre ces deux-là… Un parcours semé d'embuches… Et ce parcours était encore à l'heure actuelle parsemé de pierres acérées….
« Et le pot aux roses a été dévoilé : Aizen était un traite manipulateur, Rukia était en fait la belle-sœur de Byakuya : il aurait pu l'accueillir direct dans le clan mais il avait promis à sa femme. J'ai vu les évènements différemment, j'ai compris des choses, j'ai réalisé qu'il n'était pas l'être sans cœur et froid que tout le monde s'imaginait. La vie, les galères, les guerres nous ont rapprochés. Je pense pouvoir dire qu'une certaine amitié est née entre nous. Et il y a cinq ans, c'est arrivé.
_C'est arrivé, répéta bêtement Oya.
_Oui, fit-il en en haussant les épaules. »
Le cerveau de la vieille dame fonctionnait à plein régime. Il y avait de nombreux non-dit entre eux qui avaient sans nul doute été réveillés par ce projet de mariage. Rien de surprenant à ce qu'ils soient à couteau tiré. Mais elle ressentait une vraie barrière qui ne pouvait pas s'expliquer uniquement par cette idée d'union arrangée. Mais quoi ? Elle avait promis de ne pas poser trop de question donc, il fallait juste qu'elle pose la bonne question…
« Ce… Résumé de votre histoire m'indique effectivement que votre chemin a été semé d'embuches même s'il me manque les détails. Néanmoins, je sens une énorme tension entre vous. Il suffit de vous observer un peu pour voir les regards remplis de colère, le ton un peu sec avec lequel vous vous adressez l'un à l'autre… Certes, ces projets de mariage qui viennent bousculer votre vie peuvent expliquer en partie ce que je ressens mais il y a là comme une animosité que je ne comprends pas, animosité qui ne devrait pas exister après cinq années de couple. Qu'y a-t-il réellement derrière tout ça ? »
Elle observa Renji qui baissa les yeux, piqua un far monumental avant de se masser la nuque des deux mains. Un regard vers son petit-fils qui pâlit instantanément.
« J'ai vu juste : il y a bien autre chose.
_Vous êtes très perspicace, souffla Renji de manière quasi inaudible sans la regarder. »
Byakuya ferma les yeux. Sa grand-mère était une femme intelligente et très, voire trop, redoutable. Lui qui voulait écourter cette discussion, voilà qu'elle mettait le doigt là où ça faisait mal. Comme à son habitude. Et maintenant ? Comment pouvait-il lui dire ça ? Il n'arrivait déjà pas lui-même à gérer alors, en parler ?... Et puis, se justifia t-il d'une manière qu'il savait être totalement hypocrite, il s'agissait de l'action de Renji, non la sienne. Qu'il se débrouille…
Quant à Renji, il n'en menait pas plus large. Oui, ce foutu mariage, non, pas ce mariage mais cette procréation avait fichu le bazar entre eux mais c'était sa petite escapade qui avait causé cette débandade. Il savait sans même regarder Byakuya qu'il lui serait d'aucune aide sur ce coup-là et qu'il lui laisserait le choix de la décision. Mais quelle décision ? Il était tellement en colère contre lui même s'il comprenait un peu mieux ses raisons depuis qu'il avait écouté sa conversation avec sa grand-mère. Ne risquait-il pas d'attiser encore plus sa fureur ? Et puis, que penserait la grand-mère de lui en apprenant ce qu'il avait fait ? Il venait à peine de la rencontrer, elle ne savait rien de lui et la réciproque était tout aussi vraie. Que faire ? Que dire ? Il était si fatigué…
Et puis, il se rappela de que qu'avait dit la vieille dame, qu'elle ne pourrait pas aider son petit-fils s'il ne parlait pas. Qu'elle était venue avec des solutions dans la tête qui ne servaient plus désormais mais, son intention était clairement de venir en aide à Byakuya. Elle avait raison, sans toute la vérité, elle ne pouvait pas les aider. Et elle serait en mesure de donner son opinion sur ce que pourrait en penser ce satané conseil des anciens qui leur avait bien pourris la vie…
Oui, il fallait tout lui raconter, même si la honte le mortifié déjà. Mais avant tout, informer son amant, si réticent, de sa décision. Il redressa la tête et planta ses yeux dans ceux de son homme.
« Byakuya, ta grand-mère a raison. Si on ne lui dit rien, elle ne pourra nous être d'aucune aide. Si tant est qu'elle puisse nous aider. Mais nous n'en saurons rien si on persiste à se taire. Ce qui est fait est fait, de toute façon. Pour l'instant, la situation est irréversible. »
Encore ce tutoiement… Et ce regard déterminé. Pourtant…. Maintenant qu'il réalisait que l'action de Renji était de sa faute et de celle de son clan et la honte associée… Comment pouvait-il laisser Renji expliquer ça à sa grand-mère ?...
« Tu n'y penses pas ! Nous n'avons pas encore suffisamment d'éléments pour exposer les choses.
_Et nous n'en aurons peut-être jamais ! Nous sommes à un point où toute aide et conseils sont les bienvenus ! Pourquoi suis-je le seul à en avoir conscience ? C'est pourtant toi le plus avisé de nous deux d'ordinaire ! Nous avons besoin d'aide.
_A qui la faute, renchérit le noble, la mâchoire serrée. »
Et Renji en eut marre. Il se dressa et perdit le contrôle de son réiatsu.
« Non, ça suffit, je ne porterais plus l'intégralité du blâme ! Je ne suis pas le seul fautif dans l'affaire ! Oui, c'est vrai, j'ai pris une décision radicale mais je ne l'aurais pas fait si ta foutue famille à la con n'exigeait pas de toi que tu fasses un gosse ! Je te rappelle que le fond du problème est là ! Ils veulent un gosse ! Et si tu campes sur tes positions c'est par fierté et, franchement, ce n'est pas ta sacro-sainte fierté Kuchiki qui va résoudre nos affaires ! »
Byakuya en eut le souffle coupé. Renji venait d'exprimer à haute voix la conclusion qui s'était imposée à lui un peu plus alors qu'il se croyait seul avec sa grand-mère. Mais il venait aussi d'insulter le nom des Kuchiki devant la vieille dame.
« Modères tes paroles devant ma grand-mère. Je connais parfaitement ta position vis-à-vis des règles et coutumes de mon clan mais tu deviens indécent ! »
Le ton était dangereusement monté. Oya ne voulais pas engendrer une dispute même si, elle devait bien l'admettre, les mots durs et grossiers du jeune homme la perturbaient. Il était vraiment très remonté contre la famille.
« Je suis désolée si j'ai choqué ta grand-mère mais je ne peux pas faire semblant d'éprouver quelque chose que je ne ressens pas. Et pour le coup, c'est moi qui ai raison : les raisons de ta famille pour avoir un enfant sont mauvaises… Et finalement, les miennes aussi. Je ne vaux pas mieux, réalisa t-il dans un hoquet tandis que son réiatsu retombait tout aussi brusquement qu'il était monté. »
L'horreur se peignit sur les traits de Byakuya : comment pouvait-il penser une telle chose ? Là où le conseil ne pensait qu'à l'intérêt du clan, Renji avait fait ses choix par amour…
« Ne dis pas cela, ça n'a rien à voir. Tes motivations sont liées à tes sentiments et pas à la nécessité.
_Bien sûr que si, parce que c'est nécessaire. »
Byakuya ferma les yeux et plaque une main sur sa bouche : ça allait de mal en pis…
Bien que gênée d'avoir assisté à cette scène des plus intimes, Oya se devait de crever l'abcès et de connaitre la partie dissimulée derrière les demi-mots de cette dispute qu'elle ne parvenait pas à comprendre.
« Renji-san, Byakuya, je suis une femme d'expérience et je pense avoir toujours été de bons conseils. J'ai entendu, vu et vécu beaucoup de choses. Je peux entendre ce que vous avez à me dire. »
Renji inspira.
« Ah je ne pense pas que vous puissiez imaginer ne serait-ce qu'un instant ce que j'ai fait. Si mes précédentes paroles vous ont choquée, ça, ça risque de vous déconnecter.
_Me déconnecter ? Ca ne peut pas être si grave ?
_Si, ça l'est. Préparez-vous, installez-vous bien sur votre chaise er inspirez. »
Oya le vit prendre courage mais pour la première fois depuis leur rencontre, il ne la regarda pas droit dans les yeux et ça ne présageait effectivement rien de bon.
« Nous sommes tous les trois conscients que ce mariage n'est destiné qu'à avoir un héritier au clan. Et deux hommes ne peuvent pas avoir d'enfant. Byakuya ne cessait de me dire qu'il trouverait une solution mais, quelle solution ? Il allait sortir de son chapeau un lapin miracle pour qu'on puisse avoir un enfant ensemble ? Plus le temps avançait et moins c'était probable alors quand ce gars est venu au bureau pour lui présenter une femme, j'ai craqué. J'ai bu comme un trou et j'ai surpris une conversation entre deux types au bar. Quand les vapeurs d'alcool ont quittées mon corps, j'ai voulu juger si c'était possible. J'ai quasiment déserté pour me rendre dans le monde humain pour vérifier cette information. Qui s'est avérée exacte. Si les choses vont si mal entre Byakuya et moi c'est parce que j'ai pris la décision sans lui en parler d'abord. Mais si je l'avais fait, il aurait refusé. Alors j'ai fait comme à mon habitude : foncer sans réfléchir… »
Le récit était un peu confus. Oya ne voyait pas trop où il voulait en venir surtout lorsqu'il se cacha le visage dans les mains. Elle dût tendre l'oreille pour entendre la suite.
« J'ai… J'ai trouvé un moyen de devenir une femme… »
La bouche d'Oya s'ouvrit de consternation. Avait-elle bien compris ?
« Plait-il, s'entendit-elle demander. »
Il leva alors la tête, révélant un visage cramoisi de honte, et la regardant cette fois bien en face, répéta.
« J'ai trouvé un moyen de devenir une femme. »
Oya posa une main sur son cœur et en perdit son souffle. Elle dut se faire violence pour se remettre à respirer. Elle se tourna vers son petit-fils qui avait posé les coudes sur la table afin de cacher son visage dans ses paumes.
« Kami-sama, murmura t-elle, Kami-sama… »
