Salut à tous,

Me revoilà, avec du retard comme d'habitude. A partir de maintenant la fiction prend un nouveau tournant, et étant donné que je vais m'éloigner de la série, attendez-vous à ce que les publications soient assez irrégulières. Je ferai tout mon possible pour être en temps et en heure, mais voilà…

Je dédis ce chapitre à mon amie Nnoxx qui a été la toute première à poster un review sur cette fiction et également à Eponyme Anonyme qui me corrige toujours avec patience.

J'espère que ce chapitre sera à votre goût et n'hésitez pas à me laisser votre avis, c'est important !

Bonne lecture.

Chapitre 13 : Recherche désespérément

Cela faisait bien un mois que nous avions pris la direction du Canada. L'avancée était beaucoup plus lente et pénible que prévu. Nous évitions les grands axes qui n'étaient à présent plus que des cimetières de voitures et de cadavres. Et bien que nous empruntions les routes secondaires, il ne nous était pas rares de tomber sur une horde de zombies ou un nouveau bouchon. Nous devions alors faire demi-tour, des fois sur des dizaines de kilomètres avant de parvenir à nous frayer un chemin.

Il y a quelques jours, nous avions enfin fini par atteindre le Missouri. Quelle belle région ! Cela nous changeait vraiment de la Géorgie, qui avait à mes yeux plus l'apparence d'une grosse cuvette, sans issue. Non, ici les paysages s'alternaient régulièrement : passant de la forêt épaisse aux doux reliefs de la montagne, puis à la plaine verdoyante. Tout était d'une incroyable douceur et beauté.

Nous avions croisé également beaucoup de ruisseaux et rivières, qui continuaient leur cycle sans se soucier le moins du monde de ce qui se déroulait autour d'elles. La nature avait repris ses droits, commençant à reconquérir tous les espaces envahis par les structures des Hommes. Les routes commençaient d'ailleurs à se craqueler sous l'assaut du chiendent. D'ici quelques années tout ceci ne serait plus qu'un lointain souvenir.

Quel dommage que toute cette beauté soit gâchée par des êtres abominables, sans cœur... ni âme avec pour seuls objectifs : rôder, manger … et grogner.

Malgré toute cette vie qui se déroulait devant nos yeux, l'espoir nous quittait chaque jour passant. La faim nous affaiblissait et la fatigue nous terrassait. La perte de nos anciens membres étaient encore bien présente dans nos esprits. Il m'arrivait parfois d'entendre Maggie pleurer dans son sommeil, tentant tant bien que mal d'étouffer les sanglots qui lui enserraient le cœur ou Hershel prier pour sa défunte fille, qui était à présent au côté de sa femme.

Rick avait changé, il s'était renfermé sur lui-même. Il prenait sa place de chef de groupe très au sérieux et faisait de son mieux pour assurer notre survie. Aux dépends de lui-même, de Lori ou même de Carl qui avec le temps avait fini par s'endurcir et devenir un homme.

Assise devant une petite bicoque en bois, une épaisse couverture enveloppée autour de moi, je soufflai d'agacement, formant une fumée blanche devant moi, avant de me lever et de rentrer.

Ce taudis n'avait rien d'agréable pour vivre : de la moisissure s'étendait sur tous les murs et l'odeur de rats crevés était écœurante. La température de cette fin de mois de Novembre était bien trop glaciale pour que nous envisagions de dormir à la belle étoile. Quant aux voitures, l'espace était beaucoup trop restreint pour que nous tentions de nous y allonger.

J'entrai dans le salon et posai délicatement ma couverture sur les épaules de Carol, qui me fit un sourire de remerciement.

- Du nouveau ? Questionna Rick, soucieux.

Je secouai négativement la tête. T-Dog, Glenn et Andréa étaient partis en mission de ravitaillement dans la petite ville la plus proche, il y avait deux jours. Depuis plus rien. Je me saisis de mon sac et le remplis de quelques bouteilles d'eau ainsi que des deux dernières barres de céréales qui nous restaient.

- Je vais les chercher. Je reviens bientôt, promis, assurai-je.

- Hors de question, interdit l'ancien shérif, en se levant du fauteuil cassé sur lequel il était assis.

- Il a forcément dû se passer quelque chose. On ne peut pas les laisser dans la merde ! M'énervai-je.

- Je t'ai connue plus raisonnable Gwen. Partir seule, avec ce temps glacial ce n'est pas prudent, intervint Hershel, en rentrant dans la pièce.

Son visage s'était considérablement amaigri et une épaisse barbe lui recouvrait la mâchoire. Nous aurions pu facilement lui donner dix ans de plus. Je fixai Maggie qui dormait sur le sofa. Elle avait les poings serrés sur sa fine couverture et les sourcils froncés. Hors de question qu'elle perde Glenn, sinon c'est nous qui la perdrions.

- Je reviens vite, promis-je avant de me saisir d'un revolver et de sortir rapidement.

Je m'installai confortablement dans la voiture familiale rouge et mis le contact, démarrant le moteur. Soudain, une silhouette surgit devant la fenêtre et ouvrit la porte à la volée. Je sursautai violemment avant de soupirai.

- Je peux savoir ce que tu fais là ? Grognai-je.

Daryl s'assit sur le siège passager, balançant un duvet et son arbalète à l'arrière.

- Je peux savoir où tu vas ? Renvoya-t-il, sachant pertinemment la réponse.

Je soupirai intérieurement. Au cours de ce long mois, un trou s'était peu à peu creusé entre le chasseur et moi… que dis-je un précipice ! Après l'attaque de la ferme, Daryl était devenu un pilier essentiel du groupe. Il était le bras droit de Rick et avait de nouvelles responsabilités.

Quant à moi, je m'occupai principalement de Lori. Son ventre était déjà bien trop gros pour une personne, soi-disant, enceinte d'un mois et demi. Hershel m'apprenait tout ce qu'il savait sur la médecine. Il semblait faire doucement le deuil de Beth, ce qui n'était pas du tout le cas de Maggie qui était souvent absente psychologiquement, à mon plus grand désarroi.

La vie à la ferme me manquait ! Notre petit coin de paradis n'avait pas été épargné très longtemps. Les personnes qui y avaient laissé la vie me manquaient aussi… sauf Shane. L'ancienne Maggie me manquait, celle qui souriait lorsque nous regardions les nuages ou qui riait avec Beth lorsque que je tentai de ramasser les œufs du poulailler. Ma complicité naissante avec Daryl me manquait aussi… énormément.

Je me souvenais encore de ce jour où il était venu dans ma chambre afin de me sortir de ma léthargie. Je me souvenais de ses bras musclés et de ses mains dures sur mes bras. De son souffle chaud sur mon visage, de ses jambes bien… Concentre-toi ma fille ! Tu dérives ! Tu vas finir dans un fossé ou pire encore tu vas te mettre à baver.

- T'étais pas obligé, dis-je au bout d'une bonne heure de route.

- De quoi ? Marmonna-t-il, sans lâcher la forêt que nous traversions des yeux.

- De m'accompagner, répondis-je.

- Bien sûr que si ! Tu n'aurais pas survécu, sinon. De plus vaut mieux ne pas se balader seule ces temps-ci.

- Je sais me battre ! M'indignai-je, offusquée par sa réponse.

Il me jeta un coup d'œil avant de laisser échapper un petit rire moqueur.

- Espèce de sale gros mac…

- Stop ! Arrête-toi ! Ordonna-t-il.

J'appuyai sur le frein le pied au plancher. Les ceintures stoppèrent nos corps, nous épargnant un magnifique vol-plané contre le pare-brise. A peine arrêté, le chasseur sauta hors de la voiture. Je le rejoignis rapidement, la température glaciale traversant ma veste en laine. Nous enlevâmes un tas de branches et de feuilles, découvrant petit à petit une voiture noire familière.

Daryl s'assit sur le siège conducteur et mit le contact.

- Il y a de l'essence et la voiture est en bon état, constata-t-il avant d'enlever la clé et de la remettre à sa place initiale.

- Pourquoi ont-ils pris la peine de cacher la voiture, alors qu'ils ont laissé les clés en vue ? Demandai-je.

- La véritable question est pourquoi ont-ils abandonné la voiture ?! Réfléchit Daryl.

Il ouvrit la boite à gant et en sortit une carte routière. Nous la dépliâmes sur le capot. Je scrutai les environs avec attention, ne tenant pas à nous faire surprendre par des individus non désirables. Une petite ville a cinq kilomètre à peine à l'Est était entourée.

- Ils ont dû se rendre là-bas, indiqua Daryl, en pointant du doigt le rond rouge bien voyant.

- Waouh… Mais quel sens de la déduction ! Tu m'impressionnes ! Ironisai-je.

Il me jeta un regard noir, avant d'attraper la carte et de rejoindre notre voiture.

- On ne camoufle pas la voiture ? Demandai-je.

- Je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de trafic par ici. Au fait, je prends le volant ! M'informa-t-il.

- Ça m'étonnerait, vu que c'est moi qui ai les clés.

Il me jeta un regard malicieux, avec toujours ce stupide sourire moqueur aux lèvres, avant de soulever un petit trousseau et de l'agiter dans un petit tintement. Je tâtai la poche arrière de mon pantalon. Vide. Rien. Nada ! Quel sale petit c… voyou !

- Viens te battre si tu y tiens tant, crâna-t-il.

- Abruti, soufflai-je avant de le rejoindre.

Nous reprîmes la route sur quelques kilomètres avant de tomber sur un bon et gros embouteillage. Voila pourquoi nos amis n'avaient pas continué la route, préférant tracer par la forêt. Soudain, la voiture tressauta et le moteur s'éteignit.

- Merde… Murmura Daryl, en essayant de remettre le jus.

- Qu'est-ce qui se passe ? Soupirai-je, lasse.

- Le moteur veut plus redémarrer !

J'eus un petit rire jaune, n'en croyant pas mes yeux.

- Daryl ! Tu crois vraiment que c'est le moment de me faire le coup de la panne ! Grondai-je.

- Quoi ? Non ! Mais ! Tu me prends pour qui… Jamais… Puf… Laisse tomber… S'embrouilla-t-il, avant de donner un coup de poing sur le volant.

Je sortis de la voiture, le laissant pester dans son coin et me dirigeai vers un magnifique pick up rouge. Je me baissai, vérifiant qu'aucun macchabé ne se soit caché dessous. Il m'avait l'air en parfait état de marche. J'essuyai une fenêtre enlevant la crasse : l'intérieur arborait de magnifiques sièges en cuir noir. A première vue, les clefs ne semblaient pas être dans la voiture, mais je comptai bien sur l'aide de Daryl pour nous arranger ça en un instant.

J'approchai ma main de la poignée et tirai. Seule un horrible son strident s'éleva dans l'air, chassant tous les oiseaux qui avaient trouvé refuge dans les arbres alentours, les faisant s'envoler en masse. Je posai mes mains sur mes oreilles et reculai, surprise.

- Putain, mais qu'est-ce tu fous ? Cria Daryl, en s'approchant.

Il s'approcha de la fenêtre, ramassa une grosse pierre et la fracassa contre la vitre. Je fis un bond en arrière quand celle-ci éclata en mille et un morceaux. Il se pencha et tira sur une petite poignée rouge, ouvrant le capot. Sans perdre une seconde, il ouvrit celui-ci et débrancha un fil, ramenant instantanément le silence.

- Bordel ! Pesta-t-il.

- Je suis désolée… Je ne pensais pas…

- Arrête d'être désolée ! Tu sais c'est quoi ton problème Gwen : tu ne penses pas ! Il suffit qu'un de tes proches soit en danger pour que tu fonces tête baissée et que tu négliges tout ! Quitte à risquer ta vie, mais surtout celle des autres ! Donc arrête d'être désolée et réfléchis, bordel ! Nous sommes une équipe, tu n'as pas le droit de la jouer en solo ! Cria-t-il.

Je baissai la tête comme une enfant prise en faute. Il n'y a que la vérité qui blesse, pensai-je, avant de me crisper. Il me semblait avoir entendu un grognement… Daryl semblait lui aussi avoir perçu quelque chose car il se retourna lentement vers la sombre forêt, retenant sa respiration tel un loup aux aguets. Il m'attrapa par le bras et m'entraîna à la voiture.

Nous verrouillâmes toutes les portes et camouflâmes toutes les vitres. Tout y passa, autant les vieux vêtements que nous stockions à l'arrière, que le cuir des sièges, tout afin que les vitres deviennent opaques. Les grognements s'intensifièrent. Nous étendîmes les sièges et nous allongeâmes, n'osant plus bouger, ni même respirer.

Les grognements furent de plus en plus présents, et soudain la voiture bougea. Daryl me posa une main sur la bouche, étouffant un possible cri de surprise avant de poser un doigt sur ses lèvres. Je posai une main sur la sienne, les faisant glisser doucement avant de la lui serrer.

Je soufflai doucement, laissant échapper un nuage blanc de ma bouche. Mon corps entier semblait s'être rigidifié tant j'avais froid. Je ne sentais plus rien… seulement la morsure agressive du froid sur ma peau et son air glacial dans mes poumons. Chaque inspiration était une véritable épreuve et l'envie de fermer les yeux pour m'endormir devenait de plus en plus tentante.

Ça devait bien faire quatre heures que nous étions là, à attendre que la horde passe son chemin et en priant pour qu'elle nous laisse en paix. Celle-ci avait tourné un moment dans les environs, allant et venant à chaque bruit qui se faisait entendre. La nuit avait sûrement dû prendre place, la température était si… glaciale. Je pestai contre moi-même, n'ayant pas pensé à prendre quelque chose de suffisamment chaud, mon blouson noir n'avait pas été équipé pour me protéger de telles vagues de froid.

- C'est calme… Soufflai-je, du bout des lèvres.

Mes paroles flottèrent dans l'air un instant, tout semblait être ralenti. Je me tournai lentement, mes vêtements crissant comme s'ils étaient sur le point de se casser. Emmitouflé dans son duvet, Daryl fixait le plafond, perdu dans ses pensées, frissonnant de temps à autre.

- On repartira demain, murmura-t-il en formant à son tour un nuage blanc.

J'eus un faible rire.

- Si… on… survit à la nuit, grelotai-je en claquant des dents.

Il tourna la tête vers moi en fronçant les sourcils, ses yeux bleus détaillant mon visage. Il s'appuya sur son coude droit avant d'avancer doucement son autre main vers ma tête. Je fermai les yeux en sentant ses doigts effleurer mes lèvres, comme dans un rêve. Je n'en croyais pas mes yeux.

- Gwen t'endors pas, me secoua-t-il.

Je sursautai. Je n'avais même pas remarqué que je m'endormais. Daryl enleva son blouson et sa chemise dévoilant un débardeur gris sale. Il s'approcha de moi et ouvrit mon manteau, ainsi que ma veste, laissant apparaître un chemisier. J'étais pétrifiée, mais que faisait-il ? Mon dieu ! Je n'arrivai pas à bouger, tout semblait aller trop vite pour moi. Il s'approcha et me prit dans ses bras, collant son torse musclé contre ma poitrine, avant de nous recouvrir de son duvet.

Une immense chaleur m'envahit, me faisant revivre. Je posai mes mains sur son corps brulant. Quel bonheur d'avoir un radiateur à ses côtés.

- Oh ! Bon sang… t'es glacée, s'écria Daryl sous le coup la surprise.

- Désolée, chuchotai-je rapidement, en les retirant.

- Pas grave… Réchauffes-toi, marmonna-t-il.

Je posai doucement ma tête sur son torse, me laissant bercer par son cœur battant à un rythme régulier, avant de me laisser glisser dans un sommeil réparateur, le froid ne pouvant plus m'atteindre.