Titre original : The Dragon's Eye

Auteur : Late4F8

Traduction : Allys-33

Note de la traductrice: Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur!

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The Dragon's Eye

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Chapitre 4

Sanzo appréciait le fait d'avoir un endroit sûr où rentrer chaque soir. Cependant, rentrer les mains vides sans être plus près de retrouver ni Gojyo ni Gyokumen le laissait chaque jour un peu plus frustré et maussade. Il se retrouvait à devoir s'excuser plus qu'il ne le souhaiterait pour avoir été trop rude avec Hakkai ou Goku, ou même les deux.

Heureusement les deux hommes le prenaient sans mal. Goku semblait perpétuellement enjoué. Quand il n'assistait pas Hakkai, il voulait aider le mercenaire en le suivant partout ou en tentant d'obtenir des informations utiles auprès des enfants du village. Le jeune garçon était revenu avec des histoires de bois hantés et de créatures étranges.

Sanzo avait fouillé les fameux bois. Le sentier principal avait semblé tourner en rond, alors il avait décidé d'emprunter un autre chemin qui l'avait mené à des lits de ruisseaux et des prairies. Sur sa route, il avait rencontré des créatures rarement vues aux abords du royaume, des gnomes, une nymphe et un esprit qui avait promis de lui révéler où vivait l'enchanteresse s'il acceptait de le suivre dans l'eau. Le mercenaire avait menacé l'esprit, mais ce fut les cris d'un oiseau lointain qui le fit fuir.

Hakkai, de son coté, avait tenté d'obtenir des informations avec les commerçants qu'il connaissait et tous ceux qui visitaient sa boutique. Mais il ne gagna que davantage de rumeurs et de comptes improbables.

Dame Gyokumen serait une déesse, un troll, la sœur de la reine ou même la maîtresse du roi et vivrait soit dans les nuages, soit sous terre.

Sanzo comprit rapidement qu'il lui faudrait attendre jusqu'au retour de l'enchanteresse à la boutique. Installé sur le large comptoir dont Hakkai se servait pour la découpe des tissus et les repas, Sanzo parcourait les nouvelles locales. La pluie torrentielle qui battait à l'extérieur contrastait avec le calme qui régnait à l'intérieur calme que le couturier mit à profit pour faire du travail supplémentaire. Le bruit régulier du métier à tisser sur lequel Goku travaillait résonnait depuis l'arrière-boutique.

Finalement Sanzo abandonna son journal et s'appuya contre le comptoir.

— Encore dix jours. C'est une véritable torture, murmura-t-il. D'ailleurs, qu'est-ce qu'elle a bien pu commander qui nécessite autant de temps ?

— C'est déjà terminé en fait, mais j'aime bien rajouter du temps supplémentaire pour chaque commande, juste au cas où il survenait un problème, répondit Hakkai sans quitter des yeux les mesures qu'il prenait. Elle m'a commandé une robe, ajouta-t-il avant de poser son mètre de couturier et de poursuivie. Elle à été tissée avec son sang et, j'en suis désolé, elle l'aidera à concentrer davantage sa magie.

Sanzo le regarda, incrédule.

— Et quand comptiez-vous me le dire ? s'énerva le blond en se levant d'un coup sec. Où est cette robe ? Etes-vous obligé de lui donner ?

— En fait, oui. La magie ne me permet pas de la lui cacher.

Sanzo fronça les sourcils :

— Expliquez-vous.

Le couturier soupira.

— J'ai fais l'acquisition d'un métier à tisser et d'une aiguille à coudre, tous deux imprégné de magie. Le métier à tisser fonctionne pratiquement tout seul, Goku ne fait que remplacer les files si nécessaire et s'assurer qu'il ne s'emmêle pas. Quant à l'aiguille, une piqure collecte du sang et tout ce qu'elle tisse est empli de ce qu'il faut de magie. Je ne sais pas très bien comment ça fonctionne, c'est magique après tout, expliqua le brun.

Il se leva et sortit un vêtement de l'étagère derrière le plan de travail.

— Mais je peux dire qu'il y a des répercussions en fonction du type de magie. D'une magie innocente, naît des répercussions innocentes, poursuivit-il en laissant le vêtement se dérouler pour révéler une robe en soie décorée de dessin brodé de fils d'or. Et un cœur noir récolte ce qu'il sème ou le cout dans le cas présent.

Un mince sourire se dessina sur son visage, puis il soupira de nouveau et termina :

— Indépendamment de la puissance que cette robe pourrait lui apporter, toutes magies à obligatoirement un point faible.

Sanzo l'avait suivi derrière le comptoir et passa doucement sa main sur la robe. Elle avait été finement réalisée, avec des broderies délicates et embelli de minuscules perles. Il pouvait sentir une puissance sous-jacente s'en échapper.

— Comment détecter cette faiblesse ? demanda-t-il en tournant la robe pour regarder l'arrière où de minuscules pictogrammes étaient brodés en spirale. Des créatures mi-homme, mi-animal, un village en feu, un corbeau et des arbres affublé de visages. Les dessins s'entremêlaient, devenant de plus en plus larges et prenaient fin avec ce qui semblait être les actions les plus récentes de la sorcière un homme à tête de taureau orné d'une couronne, se tenait debout près de sa reine statufiée et à leurs pieds une caricature d'un homme aux cheveux roux montait un taureau.

— Eh bien, il n'existe pas de méthode à proprement parlé. J'ai conçu de nombreux vêtements aux files du temps, pour des sorciers, des druides et même des membres de la royauté. Certains étaient un peu compliqués et d'autres se montraient parfois même austères, expliqua Hakkai en étalant la robe sur le plan de travail. Mais parfois je pense, bien sur ce ne sont que des suppositions, je pense que l'aiguail ne fait que retracer leurs passés. Mais à présent, je me dis surtout que ces images sont un avertissement pour celui qui porte les vêtements. Et il devrait s'en méfier.

— Ou alors elles pourraient représenter les réponses pour tous ceux qui voudraient les éliminer ? demanda Sanzo en frottant le tissu entre ses doigts. Pourquoi créer des choses capables d'accroitre des pouvoirs malveillants.

Le brun fronça les sourcils en croisant les bras sur sa poitrine.

— Parce que je crois réellement en ce que je disais. Leurs châtiments sont tissés à l'intérieur.

— Vous pensez les punir ainsi ?

— J'en suis certain, dit Hakkai la voix basse et tranchante comme une lame de rasoir.

Sanzo ressentit de nouveau cette once de danger qu'il avait aperçu à leur première rencontre.

— Hn. Est-ce pour cela que vous ne pouvez vous permettre de garder vos créations. Pourraient-elles à long terme révéler votre passé ?

— Je prédire ne pas le savoir, répondit le couturier en souriant légèrement.

Sanzo l'étudia un long moment, puis demanda :

— Que se passerait-il si je gardais la robe ? En seriez-vous affecté ?

— Je l'ignore. Aucun vêtement magique n'a jamais été volé auparavant. Et si par hasard quelqu'un à qui j'en ai donné un l'a égaré, je n'en ai jamais rien ressentit de négatif, expliqua Hakkai légèrement surpris. Il plia délicatement la robe et la remit proprement sur son étagère.

— Quoi qu'il en soit, reprit-il, je doute que ce soit très bon plan d'attaque. Elle me maudira sans aucune hésitation si je n'ai pas de robe à lui remettre.

— Hm, acquiesça Sanzo. Dans ce cas je prendrais votre place quand elle viendra et je lui dirais que vous êtes indisponible. Logiquement elle ne devrait pas savoir que je suis à ses trousses.

— Je n'aime pas non plus cette idée. Mais nous somme bien d'accord, il nous faut un plan.

…..

Par une belle matinée, Lady Gyokumen arriva à l'atelier, un sourire hypocrite dessiné sur le visage et accompagné de quatre serviteurs.

— Tu m'avais assuré que ma commande serait prête, alors j'espère que c'est le cas.

— Bien sûr, affirma Hakkai avec un brusque hochement de tête.

Il se leva et poussa doucement Goku vers l'arrière-boutique, où Sanzo attendait caché derrière l'épais rideau.

Ensemble, ils regardèrent le couturier récupérer la robe et faire le tour du comptoir pour rejoindre l'enchanteresse.

— Il faudrait juste vérifier qu'elle ne requière aucun ajustement supplémentaire, expliqua Hakkai en déroulant la robe devant elle.

— N'approche pas ! cracha-t-elle. J'ai déjà eu affaire à un fou dans cette ville qui a tenté de salir ma peau délicate.

Puis elle leva la main faisant hésiter le couturier.

— Avance lentement !

Sanzo jura silencieusement lorsque Hakkai lui remit la robe et dégaina son couteau. Au final les deux hommes avaient été incapables de trouver un plan qui contenterait tout le monde. Le tailleur se sentait capable de se rapprocher suffisamment pour saisir la sorcière et lui lier les mains pendant que Sanzo et Goku s'occupaient des serviteurs. Mais le mercenaire était décidé à saisir la première opportunité qui s'offrirait pour intervenir.

Gyokumen fit glisser ses doigts sur le tissu et émit un léger son d'approbation. Elle examina les coutures et les garnitures. Puis, semblant satisfaite, elle retourna la robe pour regarder l'arrière. Ses yeux s'élargir d'horreur et elle haleta de stupéfaction. Ses points se serrèrent sur l'étoffe délicate et elle se tourna brusquement vers le couturier.

— Comment oses-tu ? Qu'essaies-tu de faire ainsi ? hurla-t-elle en claquant son point contre le plan de travail. Est-ce une plaisanterie ? Je ne suis absolument pas amusée !

Hakkai resta calme.

— Connaitre sa force, sa sagesse et sa vertu, c'est aussi connaitre sa faiblesse, sa folie et sa méchanceté.

Les yeux de l'enchanteresse brillèrent de colère. Elle prit une profonde respiration et lâcha un hurlement aigu.

— Tu aurais pu transmettre ses informations à n'importe qui, mais tu as choisi de ne pas le faire ! Et maintenant tu viens te moquer de moi avec des leçons cryptées ?

— Elle va le maudire ! murmura Goku avant de se précipita vers eux avant même que Sanzo ne puisse réagir.

— Arrêtez ! cria le jeune garçon en courant vers les serviteurs.

Il donna un coup de pied au premier, glissa sous le second et bondit sur Gyokumen. Mais l'un des serviteurs se rua entre eux, dague en main.

— Goku ! hurla Hakkai en se précipitant pour l'aider.

Gyolumen ricana méchamment.

— Tu es aussi agile qu'un singe ! s'exclama-t-elle avec un bref geste de la main et instantanément Goku se transforma et une fine couche de fourrure se développa sur toute la surface de sa peau. Puis sans plus attendre, la sorcière se tourna vers la porte.

— Merde ! jura Sanzo en lui courant après. Il poignarda un serviteur sur son chemin et contourna les corps au sol. Avant qu'elle ne puisse s'échapper, Il la saisit par le col de sa robe pou la jeta violemment à terre.

Sanzo la retourna face à lui, l'épinglant de son poids et appuya dangereusement son couteau sur sa gorge.

— Reste tranquille ! Ou je te tranche la gorge ! menaça-t-il en pressant sa lame un peu plus fort. C'est clair ?

Elle plissa les yeux en haussant légèrement la tête.

Le mercenaire était vaguement conscient que ses deux compagnons se battaient encore, mais ne se risqua pas à détourner les yeux de la sorcière pour s'en assurer.

— Où est se fou aux cheveux rouges que tu as maudit il y un mois de cela ?

Les yeux de la sorcière s'élargirent de compréhension, lui indiquant qu'elle se souvenait parfaitement de ce dont il parlait, et un sourire narquois étira ses lèvres.

— Je te préviens, pas de tour de magie. Réponds juste.-

Du coin de l'œil, Sanzo vit un corps tomber vers lui. Il leva un bras dans une tentative de se protéger, mais le poids le déstabilisa et il dut se redresser rapidement pour ne pas perdre l'avantage.

Cependant, il sentit plus qu'il n'entendit le sort foudroyant que Gyokumen aboya et brusquement il fut propulsé jusqu'au mur derrière lui. Il s'écroula lentement, des étoiles dansaient devait ses yeux. Il tenta vainement de lever la tête, mais ne parvint qu'à la tourner péniblement.

Il aperçut Hakkai et Goku couché à proximité. Le couturier gémissait en se tenant douloureusement la tête et le gamin demeurait beaucoup trop immobile. Plus loin il vit le serviteur qu'il avait poignardé qui gisait au sol. Sa capuche était tombée, révélant le visage hideux d'un gobelin.

Des pieds délicatement vêtus entrèrent dans son champ de vision.

— Tu as mis ma vie en danger, déclara calmement Gyokumen au-dessus de lui. Et tu as tué quelqu'un à qui je tenais beaucoup.

Elle s'accroupit pour lui montrer son visage et la fine ligne de sang où la lame lui avait entaillé la gorge.

Sa tête palpitait, mais Sanzo ravala sa douleur et expira un souffle tremblant :

— Tu es recherché pour avoir détruit de nombreuses vies.

Il tâtonna sa hanche à la recherche de son couteau, mais se rappela l'avoir laissé tomber plutôt quand il fut jeté au mur.

Gyokumen lâcha un soupir de désapprobation.

— Je suis généreuse envers ceux qui me sont dévoués. Seuls ceux qui entravent mon chemin s'attirent mes foudres. Comme toi à l'instant, déclara-t-elle froidement.

L'enchanteresse trempa l'un de ses doigts dans le sang sur son cou et le fit glissée sous le menton du mercenaire.

— Ta vie pour la sienne.

Sanzo tenta de l'arrêter, mais ses mouvements étaient encore trop lents et elle fut rapidement hors d'atteinte.

— Même maintenant je suis généreuse. Tu pourras revoir ton ami… Juste à temps pour lui dire adieu, dit-elle en se levant, du venin dans la voix. Emmenez-le.

Sanzo tenta à nouveau de se lever, mais fut encore trop lent et ne put éviter le violent cou qui le fit tomber dans l'inconscience.

A SUIVRE