Titre original : The Dragon's Eye
Auteur : Late4F8
Traduction : Allys-33
Note de la traductrice: Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur!
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The Dragon's Eye
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Chapitre 6
Gojyo se réveilla à la lumière du jour et au désagréable bruit de grattement et de tapotement. Il se redressa pour vérifier le petit coin de l'abri où dormait habituellement le dragon, mais il n'y vit personne. Il retourna rapidement son attention vers Sanzo. Si les lèvres bleutées et le teint blafard du blond l'inquiétaient, sa respiration sifflante était au moins le signe qu'il vivait encore.
— Sanzo, appela-t-il.
N'obtenant pas de réponse, Gojyo lui toucha encore une fois le front, puis lui secoua doucement les épaules en essayant de nouveau :
— Hey, Sanzo.
Le blond cligna des yeux à plusieurs reprises sans vraiment voir quoi que ce soit et les referma après quelques secondes, se laissant emporter dans l'inconscience.
— Tu n'as pas intérêt à crever maintenant. J'ai encore besoin de temps pour trouver une solution.
Gojyo se rallongea, remonta les couvertures sur leurs deux corps et se passa nerveusement les doigts dans les cheveux. De nouveau il entendit ce tapotement agaçant, mais cette fois couplé aux bruissements des plumes. Des oiseaux de mer tentaient de lui voler ses poissons.
Le mercenaire se leva d'un bon et se précipita à l'extérieur, mais il n'y avait qu'un seul oiseau. Un grand corbeau perché sur le toit de l'abri tirait sur le fil qui retenait l'œil du dragon.
— Hey ! Oust ! Laisse ça ! cria-t-il en agitant les bras pour tenter de faire fuir l'animal indésirable.
Le corbeau s'écarta et baissa la tête, comme pour regarder le mercenaire.
— Vous êtes victime d'une malédiction bien laide, déclara le corbeau.
Gojyo regarda, les yeux ronds, l'oiseau qui venait tout simplement de parler et décida à cet instant qu'il en avait assez de la magie.
— J'ai entendu dire que les oiseaux étaient des créatures particulièrement intelligentes, mais toi, tu es d'une évidence extraordinaire.
Le corbeau laissa échapper un ricanement - le mot gloussement serait plus approprié – gonfla ses plumes et se rapprocha de l'extrémité du toit.
— Où as-tu trouvé une si jolie chose ? demanda-t-il avant de saisir à nouveau le fil pour tenter de le décrocher.
— Sur l'île.
— Vraiment ? Serait-il possible d'en trouver davantage ? Une deuxième peut-être ? questionna encore le corbeau.
Il avait réussi à détacher le fil de l'abri et entreprenait désormais de libérer l'œil brillant qu'il emprisonnait.
— Il n'y a que celle-ci, indiqua Gojyo avec méfiance. Et tu ne l'auras pas. Sauf si…
L'oiseau cessa son acharnement sur le fil et leva la tête, à l'écoute du mercenaire.
— Sauf si ?
Le mercenaire hésita. Il n'était pas certain des réelles intentions du dragon, ni même si l'œil avait été placé là dans ce but précis. Il appréciait mal l'idée de donner quelque chose qui ne lui appartenait pas, cependant il était désespéré.
— Sauf si tu m'offres ton aide.
Le corbeau ricana à nouveau et le roux se surprit à détester ce son.
— A ton avis, pourquoi suis-je ici ? Même en volant le continent reste encore à bonne distance de cette île.
L'agaçante sensation d'être moqué disparut, remplacé par le soulagement d'un sauvetage prochain.
— Comment comptes-tu t'y prendre ? pria le mercenaire.
— Comment vais-je m'y prendre, je me le demande, murmura l'oiseau en battant des ailles comme pour mimer une intense réflexion. Je l'ignore. Et vous, que voudriez-vous que je fasse ? interrogea-t-il en s'élançant en direction du mercenaire.
Golyo tenta de le saisir en vol, mais l'oiseau évita sa main, se posa sur le sable et continua en sautillant à l'intérieur de l'abri.
Gojyo le suivit jusqu'à la porte d'entrée et observa le corbeau s'approcher de Sanzo.
— Peux-tu le soigner ? implora-t-il.
Le corbeau sautilla plus près du blond et se pencha dangereusement sur on visage. Puis il pencha la tête et réalisa un bon en arrière pour atterrir sur son bras.
— Voulez-vous un remède pour lui ? Ou pour vous ? demanda le corbeau en observant les lieux. Ou peut-être désirez-vous quelque chose de totalement différent ?
L'oiseau s'éloigna du jeune homme endormi et s'envola par la porte.
— Il est triste que vous ne possédiez qu'un seul œil de dragon, mais aucun dragon.
— Que veux-tu dire ? se renfrogna Gojyo.
— Je dis juste que, avec le dragon lui-même, vous auriez pu accomplir davantage de choses.
Sur ces paroles, l'oiseau changea brusquement de direction et retourna tout droit dans l'abri.
— Par exemple, quelques gouttes fraîches de sang de dragon pourrait sans mal guérir ce poison.
Gojyo résista à l'envie de regarder autour de lui à la recherche du petit dragon qui, visiblement, semblait absent.
— Même si j'avais le luxe de posséder un dragon, en quoi du sang pourrait être un remède ? Et de toute façon je n'en ai pas, alors y aurait-il un autre antidote ?
Le corbeau inclina la tête et lui lança un regard sournois.
— La magie empoisonnée des sorciers et sorcières ne peut être vaincue que par la magie d'un sorcier encore plus puissant. Un œil de dragon comme celui-ci ne peut appartenir qu'à un sorcier très puissant. Ces dragons sont faits de cires, de files, de quelques autres petites choses et d'infimes gouttes de sang de sorciers, expliqua-t-il comme à un enfant. Puis il remonta sur le bras de Sanzo.
— A en juger par cet œil, celui qui a conçu ce dragon doit être extrêmement puissant. Bien plus que cette malédiction.
Gojyo le dévisagea en essayant tant bien que mal d'assimiler tout ce qu'il venait de lui expliquer. Puis le corbeau se mis à grignoter les cheveux du blond.
— Hey ! s'énerva Gojyo en se précipitant vers lui et l'oiseau bondit sur la couverture.
Une plainte s'échappa de sous les couvertures et un léger mouvement indiqua au mercenaire où s'était caché le dragon. Et au corbeau aussi.
L'oiseau rebondit plusieurs fois sur la bosse sous lui jusqu'à ce que le pauvre dragon se mette à gémir plaintivement. Alors le corbeau déploya ses ailes et s'enfuit par la porte.
— Comme c'est commode ! Vous possédez soudainement un dragon !
Gojyo regarda le petit animal siffler furieusement contre le cordeau.
— Je ne te crois pas ! Je ne tuerai pas le dragon, alors donne-moi un autre remède.
L'oiseau claqua du bec avec colère :
— Vous refusez de tuer le dragon d'un sorcier. Dans ce cas servez-vous en à d'autres fins. Je vous l'ai dit…
— Non, je refuse, interrompit Gojyo,
Il pouvait presque sentir les rouages de son cerveau fumer tellement il réfléchissait vite. Il se souvint que le blond lui avait parlé de deux personnes qui avaient tenté de l'aider.
— Tu ne veux plus de remède ? s'inquiéta le corbeau en reculant de quelques pas.
— Vu que tu sais parler, j'aimerais que tu délivres un message pour moi.
L'oiseau voltigea autour de lui, semblant évaluer la situation, puis déclara :
— Vous semblez plus intelligent que vous en avez l'air.
— Tch. On me le dit souvent. Alors, vas-tu délivrer mon message ?
— En échange de l'œil du dragon ?
Le mercenaire hésita. Il jeta un coup d'œil au dragon à la porte de l'abri et à l'orbite vide sur son petit visage. Soudain il y eut comme un flash et Gojyo sut que le dragon lui avait donné son accord.
— Oui, accepta finalement Gojyo le cœur lourd de culpabilité. Dans un village portuaire tout au sud du continent, il y a un atelier de couture où tu trouveras un homme nommé Hakkai, dit lui qu'il pourra trouver Sanzo et deux compagnons à lui sur cette île.
Le corbeau prit son élan pour s'envola. Il feignit un plongeant sur le dragon, mais se redressa in extremis pour venir se poser sur le toit de l'abri. Avec son bec il saisit le fil qui maintenait toujours l'œil et s'élança dans le ciel vers le continent. La petite bille brillante se balançait comme un phare dans la nuit.
A SUIVRE
