Salut à tous,
L'histoire avance, à son rythme, mais elle avance. Merci à tous pour vos reviews, c'est-elles qui me fait progresser, mais surtout qui me motivent à vous fournir des chapitres de qualité et surtout dans les temps (ce qui n'est pas toujours le cas. Mea Culpa !)
Encore merci à Eponyme Anonyme qui corrige avec patience tous mes chapitres !
Je n'ais plus qu'une chose à dire : Bonne lecture ! )
Chapitre 16 : Perdu
Chaleur… confort… sécurité… bip… bip… Je fronçai les sourcils, l'alarme me sortant doucement de mon lourd sommeil. Je lâchai un bâillement avant de me repositionner sur mon coussin, me sermonnant intérieurement pour avoir mis le réveil la veille. Mon oreiller se souleva lentement et émit un petit grognement, l'alarme le gênant également. J'écarquillai les yeux et me relevai précipitamment, reprenant conscience de m'entourai. Je me passai une main sur le visage, gênée de m'être ainsi affalée sur Daryl.
Le ciel était peuplé de gros nuages grisâtres, qui ne me permettaient pas de dire avec exactitude si le jour s'était levé ou pas. Je me laissai tomber sur la moquette rose de la chambre d'enfant et aperçus Lucky qui me regardait avec de grands yeux lumineux, dans le noir. Je tapotai le sol, l'invitant à venir me rejoindre. Le jeune chien regarda autour de lui avant de s'approcher la queue entre les pattes en gémissant. Je le caressai calmement, tentant de le rassurer, mais rien à faire. Le museau en l'air et les oreilles en avant, il semblait guetter une menace.
Une deuxième alarme se déclencha, me faisant sursauter. Daryl émit un petit grognement, avant de se réveiller en sursaut, son couteau en main prêt à se défendre. Il se stoppa net en me voyant au sol, Lucky dans les bras et soupira d'agacement.
- C'est quoi cette putain d'alarme ? Grogna-t-il, l'esprit encore embrumé.
- Rien qui vaille, chuchotai-je, en me levant.
Je m'avançai dans le long couloir sombre, tendue comme un arc, tous les sens aux aguets. Je passai devant la chambre de la défunte propriétaire, silence total… de même pour la salle de bain et le salon. Tout dans la maison était en ordre et à sa place, c'était de l'extérieur que les alarmes venaient.
Je me dirigeai, sur la pointe des pieds, dans la cuisine. Je passai devant la table, où la cire des bougies avait dégouliné sur le bois clair, et m'approchai de la fenêtre avant de me figer, mon corps se pétrifiant et mon cœur s'emballant.
Une armée de mort, à l'allure décharnée, défilait dans le lotissement, se dandinant tel des pantins vers un endroit où la chair fraîche serait au rendez-vous. Des morceaux de peaux et d'organes diverses recouvraient le sol enneigé, le teintant de rouge. Quelques uns avaient dû se cogner contre les voitures déclenchant les alarmes et faisant sortir leurs compagnons de leur somnolence, due au froid, éveillant leur envie cannibale et les ameutant dans le lotissement.
Bien que les murs du jardin et de la maison soient solides, une horde d'une telle ampleur raserait tout en un instant et ne ferait qu'une bouchée de nous. Le plancher grinça et je sentis la présence de Daryl près de moi. Tout dans sa posture montrait qu'il était inquiet. Nous avions intérêt à nous faire tout petits durant la traversée de la horde.
A peine eu-je cette pensée, que Lucky lâcha un aboiement sonore, sentant la présence des morts. Daryl se baissa immédiatement lui emprisonnant la mâchoire pour le faire taire. Je retins ma respiration en voyant un rôdeur, le plus proche du portail, se retourner lentement dans notre direction. Je déglutis péniblement, n'osant même plus cligner des yeux. Il suffisait qu'un seul sonne l'heure du repas pour que tout soit fini.
J'entendis Daryl chuchoter à l'oreille du jeune chien, le rassurant, avant de faire un mouvement pour se relever. Je déplaçai ma main discrètement au dessus de sa tête, l'empêchant de se relever et lui faisant comprendre de ne pas bouger.
Le rôdeur semblait être le seul à avoir entendu l'aboiement. Il continua à détailler la maison d'un œil avant que son regard ne finisse par croiser le mien. Mes muscles se crispèrent et ma respiration se bloqua dans ma gorge. Les battements de mon cœur résonnèrent dans mes oreilles tels des tambours, je ne voyais plus que ses yeux morts fixant les miens, sans réellement me voir. Cette âme contrainte à tuer et à errer jusqu'à ce que quelqu'un daigne la libérer. Cet échange silencieux me parut durer une éternité, jusqu'à ce que finalement le rôdeur reprenne sa marche avec ses compagnons d'infortune.
Je soupirai de soulagement, mes muscles se relâchant. Ce n'était pas passé loin.
- Il est parti ? Souffla Daryl.
- Oui, je pense que…
Je n'eus pas le temps de finir ma phrase qu'un feulement retentit dans la rue. Un mouvement d'agitation gagna le troupeau de rôdeurs et ils se retournèrent tous vers la maison suivant des yeux le chat qui sauta par-dessus le portail, évitant habilement les piques. Il y eut un instant de flottement avant qu'un premier rôdeur ne se jette sur le portail, suivi par tous les autres.
- Faut qu'on se barre, pressai-je en attrapant le col de la chemise de Daryl et en le tirant vers le haut.
Nous récupérâmes toutes nos affaires en catastrophe. Heureusement pour nous, nous avions pensé à préparer les sacs et armes au cas où nous aurions à faire face à une situation comme celle-ci. J'enfilai mon manteau, avant prendre le sac à dos et de dégainer mon revolver.
Daryl me jeta un coup d'œil, vérifiant que j'étais prête, avant d'ouvrir la porte de la salle à manger, laissant l'air glacial pénétrer dans la maison. Nous passâmes devant le corps de la petite fille recouverte d'une fine couche de neige, qui lui faisait office de linceul et nous précipitâmes jusqu'au fond du jardin où le mur délimitant la propriété nous arrêta. Cette maison qui m'était apparue comme une forteresse imprenable, se transformait peu à peu en prison.
J'attrapai Lucky, qui poussa un long gémissement, et le calai sur mes épaules, avant de m'approcher d'un gros arbre, dont les branches passaient par-dessus le mur. J'escaladai le tronc avec difficulté, le poids du chien et du sac m'entraînant vers le bas, avant d'avancer, en équilibre, sur une de ces grosses branches. Je regardai par-dessus le mur, vérifiant qu'une autre horde ne nous prendrait pas par surprise, puis m'assis à califourchon sur le mur. Je libérai Lucky et le fit sauter de l'autre côté de la paroi avant de le rejoindre, mes pieds s'enfonçant dans la neige fraîche.
Le spectacle était à couper le souffle : une magnifique plaine enneigée s'étendait sous mes yeux, balayée par des bourrasques de vent qui emportaient la neige fraîche par nuages. Une centaine de mètres plus loin, le paysage changeait complètement passant de la plaine à la forêt épaisse. Daryl atterrit à mes côtés, l'arbalète prête à éliminer une éventuelle menace.
- Le portail vient de céder… Faut qu'on dégage, la forêt est notre meilleure option, conseilla Daryl.
J'enfonçai ma tête dans le col de ma veste, avant de le suivre. Les quelques rôdeurs présents étaient repérable de loin avec leur longue silhouette titubante. Un nuage de neige se souleva m'aveuglant momentanément et me gelant la figure. Je poussai un gémissement en sentant un point de côté apparaître sur mon flanc droit, me coupant momentanément la respiration. Avancer dans la poudreuse était un vrai calvaire, surtout lorsque celle-ci nous arrivait aux genoux. Chaque pas demandait un effort considérable et une endurance incroyable.
Daryl souffla bruyamment, en s'enfonçant jusqu'à mi-cuisse dans la poudreuse, perdant l'équilibre. Je m'approchai pour l'aider à le relever, quand soudain une main crochue m'attrapa le blouson, avant de se jeter sur moi. Mon cri se perdit dans une bourrasque de vent et je tombai à la renverse, m'enfonçant profondément dans la poudreuse. Le rôdeur n'eut pas le temps de m'atteindre que le détonateur résonna dans toute la plaine et une balla se logea entre ses deux yeux.
Je me relevai péniblement avant de me figer, tétanisée.
- Merde, chuchotai-je.
Le mur de la maison venait de céder et une marée de morts se déversait dans la plaine, se déplaçant à un rythme constant, sans jamais s'arrêter, ni faiblir. Daryl m'attrapa par la veste et me traina en direction de la forêt. La neige se fit moins conséquente à mesure que nous nous approchâmes des arbres, jusqu'à ne former qu'une fine couche, rendant la traversée moins compliqués.
La différence entre nous et les morts étaient qu'eux ne se fatiguaient jamais, contrairement à nous. Si la neige les retardait, elle nous retardait également, mais dans tous les cas ils nous auraient à l'usure.
Des grognements et claquements de mâchoires se firent entendre devant nous. Je ralentis le pas, avant de reculer précipitamment en tombant nez à nez, au détour d'un rocher, avec une dizaine de rôdeurs affamés.
- Suis-moi ! Ordonnai-je à Daryl, en bifurquant vers l'Est, évitant le troupeau de morts.
Je zigzaguai entre les arbres, sautant par-dessus les racines apparentes et évitant les branches basses, le vent sifflant dans mes oreilles et balayant mes cheveux. Je courus, encore et toujours jusqu'à avoir le souffle court et les jambes flageolantes. Je repérai une petite clairière, avec au milieu un tronc d'arbre couché dans lequel était gravé de toutes parts des initiales et des cœurs. Je m'arrêtai, scrutant les alentours, avant de m'octroyer une pause.
- Pas trop fatigué ? Questionnai-je, en reprenant mon souffle.
Aucune réponse ne vint. Je me tournai vers Daryl, avant de me figer, le cœur me remontant dans la gorge. Il n'était pas là, plus là ! Je me relevai précipitamment tournant autour de moi, en espérant que ça soit une blague de mauvais goût. Un tas de questions se bousculaient dans ma tête. Depuis combien de temps avait-il arrêté de me suivre ? Pourquoi ne m'avait-il pas arrêtée ?
- Daryl ! Criai-je, de toutes mes forces, son nom résonnant dans toute la forêt.
Je me passai une main sur la figure, avant de sursauter en entendant plusieurs coups de feu retentir au loin. Je me mis à courir comme si ma vie en dépendait, rebroussant chemin. Je dévalai la petite côte que j'avais empruntée un peu plus tôt. J'évitai les quelques rôdeurs qui passaient par là, ne m'arrêtant même pas pour les tuer. Plus rien ne m'importait, seul Daryl comptait.
Je repassai au pas en arrivant devant une bifurcation, hésitant sur le chemin à prendre. Le vent avait balayé mes traces les rendant invisibles. Je me fis violence pour me rappeler, avant de m'avancer sur le chemin de gauche. Je parcouru quelques mètres avant de m'arrêter net. Une grande silhouette féminine, encapuchonnée, était postée au milieu du chemin, le manche de son épée dépassant de son dos. La seule chose qui pouvait être pire que les rôdeurs étaient des humains ayant perdu toute leur humanité.
L'image de cette femme n'était pas du tout rassurante. Elle me faisait penser aux malades mentaux dans les films d'horreur armé de tronçonneuse ou de couteau aiguisé. Un frisson me parcourut l'échine à cette pensée… Une chose était sure, je ne me jetterai pas dans la gueule du loup.
Elle avança d'un pas et tendit la main vers le pommeau de son épée. Il ne m'en fallut pas plus pour détaler dans le sens inverse, la peur au ventre. Ma vie était un véritable film d'horreur ! Je pris l'autre chemin, dérapant dans le tournant, puis me remis à courir comme une dératée. Des bruits de pas se firent entendre derrière moi, se rapprochant de plus en plus. Je tentai d'accélérer le rythme, mais les pas se faisant de plus en plus présents. Je la sentis attraper la capuche de ma veste, avant de me jeter au sol dans un magnifique plongeon. Dans son élan, elle me dépassa de quelques mètres et le temps qu'elle se retourne, se retrouva nez à nez avec mon revolver.
Je me relevai douloureusement tout en la tenant en joue, la respiration saccadée. Elle leva les mains en l'air et fit glisser sa capuche, dévoilant un visage noir aux traits fins, encadré par des dreadlocks.
- Qu'est-ce tu m'veux ? Questionnai-je.
Elle fit un pas en avant, mais s'arrêta en entendant le chien de mon revolver s'actionner.
- Reste où tu es ! Un pas de plus et je n'hésiterai pas ! Criai-je en m'énervant.
- Je ne veux aucun souci, Gwen ! Dit-elle, d'une voix grave.
A l'entente de mon prénom, je baissai l'arme de quelques centimètres, décontenancée, avant de me reprendre.
- Comment sais-tu qui je suis ?
- On me l'a dit.
- Qui ça on ? Réponds ! M'énervai-je.
- Gwen ! Baisse ton arme ! Ordonna une voix calme et familière, derrière moi.
Cette voix… je la connaissais, elle me revenait en mémoire comme un ancien rêve. Une voix que je ne croyais jamais réentendre, que je croyais perdue. Je baissai mon arme et fis volte-face, me retrouvant face à Glenn. Je le pris dans mes bras, le serrant aussi fort que je le pouvais, des larmes de soulagement dévalant sur mes joues.
- Gwen, j'te présente Michonne. Nous avons croisé leur groupe durant notre ravitaillement, des personnes très charmantes et elle s'est proposée pour venir vous chercher, expliqua Glenn.
Je me retournai et tendis la main à la femme noire, avec un petit sourire gênée.
- Désolée, pour tout cela, m'excusai-je.
Elle eut un petit sourire et secoua la tête avec amusement.
- C'est bien la première fois que je vois quelqu'un courir aussi vite, rit-elle en serrant ma main tendue.
J'eus un petit rire avant de me retourner vers Glenn, un air grave sur le visage.
- Et les autres ? Et Daryl ? Dis-moi que tu l'as croisé, il était juste derrière moi et quand je me suis retournée, je l'avais perdu… Expliquai-je, angoissée.
- Et bien…
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, qu'une grosse masse toute excitée déboula, sautant hors des fourrés. Lucky aboya gaiement, avant de se secouer les poils faisant tomber la neige qui y était resté accrochée. Il y eut de nouveaux mouvements dans les fourrés et deux personnes apparurent. Mon cœur fit un bond dans ma poitrine et le soulagement m'envahit en voyant apparaître Daryl. Je m'approchai et le pris dans mes bras, le cœur étrangement plus léger.
- Bon sang, chuchotai-je, avant de le relâcher.
Je me raclai la gorge, gênée en remarquant que nous étions le centre de l'attention et rougis lorsque Glenn me fit un clin d'œil, significatif. Daryl se gratta l'arrière de la tête, mal à l'aise, et prétexta devoir s'occuper du chien.
Je m'approchai d'Andréa, hésitant quant à la démarche à suivre, avant de finalement lui tendre la main.
- Heureuse de te revoir, dis-je avec un petit sourire, crispée.
- J'n'irai pas jusqu'à dire que tu m'as manqué… mais presque, plaisanta la blonde.
- Je propose qu'on se dirige vers la voiture avant que les geeks rappliquent, et puis je suis sûr que vous avez hâte de découvrir notre nouvel emplacement, sourit Glenn.
- Nouvel emplacement ? Qu'est-ce tu nous as pas dit ? Demanda Daryl, en caressant Lucky qui avait fini par se coucher sur le sol, calmé par les caresses.
- Pourquoi crois-tu qu'on ait mis autant de temps ?
…
- On est bientôt arrivé ? Questionnai-je, en tentant de bouger mes jambes ankylosées par le poids de Lucky.
- Patience, dit Glenn.
- C'n'est pas toi qui a un chien de soixante kilos sur les jambes, et puis ça fait deux heures qu'on roule, me plaignis-je.
Le trajet avait été long, très long. Nous avions bien dû faire une centaine de kilomètres, sur des routes étrangement désertes et sans embouteillages. Daryl tendit les bras par-dessus Andréa et attrapa Lucky, permettant à mes jambes de recevoir un afflux sanguin suffisamment important pour qu'elles retrouvent leur sensation. Je lui souris reconnaissante, avant de me renfrogner en captant le regard suspicieux d'Andréa.
Quelques bâtiments apparurent au loin et nous passâmes devant le panneau d'entrée de la ville Pasco. Glenn accéléra empêchant les groupes de rôdeurs traînant dans les rues de s'accrocher à la voiture. Nous traversâmes la ville morte et abandonnée, continuant notre chemin en dehors de ses frontières, jusqu'à arriver devant un haut grillage. A l'approche de la voiture, un grand black tout en muscle avec un bonnet sur la tête vint ouvrir le portail et nous salua d'un grand sourire. Glenn gara la voiture au centre de la cours et se tourna vers nous avec un grand sourire.
- Terminus, tout le monde descend.
J'ouvris la porte et descendis, étirant mes jambes après ce long voyage. Le bâtiment ressemblait à un immense hangar. Des camions étaient stationnés un peu partout, ainsi que des élévateurs, et divers outil pour transporter la marchandise. Le grand black s'approcha de nous, tout sourire, une aura chaleureuse émanant de lui.
- Tyreese, je te présente Gwen et Daryl. Gwen, Daryl voici Tyreese, présenta Glenn.
Je lui serrai la main, un peu intimidée.
- C'est quoi cet endroit ? Questionnai-je.
- Nous sommes dans la réserve d'un ancien centre commercial. On a pu sécuriser que l'arrière boutique du magasin, tout le reste est encore à faire, expliqua Glenn.
Je sentis mon cœur s'arrêter et des sueurs froides me glacèrent la colonne vertébrale.
- Un centre commercial ? Répétai-je, en sentant mon cœur palpiter et des sueurs froides couler dans mon dos.
- Venez, vous êtes attendus avec impatience, sourit Tyreese, en se dirigeant vers la porte du hangar.
Je regardai avec angoisse l'immense centre commercial, des flashs me revenant à l'esprit.
- Ça ne va pas ? Questionna Glenn, inquiet en remarquant mon état.
- Pas d'inquiétude, tout va bien, rassura Daryl avant de poser une main chaude dans mon dos, m'incitant à avancer.
Il me regarda, déterminé. C'était le moment ou jamais de passer à autre chose, c'était le moment de tourner la page et de commencer un nouveau chapitre.
- Tout ira bien, chuchota-t-il.
Je me laissai porter par sa main, me dirigeant, déterminée, vers la porte de la réserve.
