Titre original : The Dragon's Eye
Auteur : Late4F8
Traduction : Allys-33
Note de la traductrice : Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur !
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The Dragon's Eye
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Chapitre 7
— Je suis désolé, s'excusa Gojyo pour la énième fois. Je ne savais pas quoi faire d'autre.
Le petit dragon semblait fatigué d'entendre ces mots et le mercenaire était fatigué de les répéter, mais il les pensait chaque fois un peu plus.
Après le départ du corbeau, Gojyo s'était empressé de vérifier l'était de Sanzo et l'avait réveillé juste le temps de lui faire avaler une gorgée d'eau. Puis il était retourné s'asseoir à l'extérieur avec le dragon pour manger du poisson face à la mer. Ils regardèrent le soleil traverser le ciel et disparaître dans l'eau pour laisser la nuit s'installer. Gojyo avait fait plusieurs allers-retours à l'intérieur de l'abri pour surveiller Sanzo, avant d'enfin apercevoir au loin un bateau à voiles.
— Là-bas, s'exclama Gojyo, presque effrayé d'espérer. Ca doit être pour nous.
Le petit dragon couina avec encouragements.
Le mercenaire regarda sa lueur d'espoir approcher lentement. Il remarqua que le bateau n'avait qu'une seule voile, mais était tout de même plus grand que le rafiot qui avait déposé Sanzo. Mais quand il fut à une centaine de mètres du rivage, Gojyo céda à sa curiosité et descendit à sa rencontre.
Il pouvait entendre la voix d'un homme donné des directives et un jeune garçon bavarder joyeusement en réponse. Il devait s'agir d'Hakkai et de Goku.
— Héo, héo ! cria Goku en agitant les bras, debout à l'avant du bateau. On est là !
A cet instant, Gojyo pensa qu'il s'agissait des mots les plus doux qu'il n'ait jamais entendus.
La marée était haute et poussa sans mal le bateau sur la rive. Il n'était pas énorme et restait simple à manœuvrer. Gojyo le saisit par l'avant pour le tirer jusqu'à ce qu'il soit en sécurité sur le sable. Hakkai et Goku descendirent pour l'aider.
— J'ose espérer que vous êtes le Gojyo dont nous avons entendu parler et non un simple habitant de l'île, demanda Hakkai en s'essuyant les mains avec un sourire.
— Le seul et unique, déclara joyeusement le roux.
— Où est Sanzo ? interrogea Goku en courant un peu plus loin avec excitation. L'oiseau a dit qu'il était là, poursuivit-il en revenant sur ses pas à toute vitesse. Mais il se stoppa brusquement devant le mercenaire.
De proche Gojyo réalisa que le garçon ressemblait à un singe. Il était légèrement vouté et recouvert de fourrure. Il se souvint alors que Sanzo avait mentionné qu'il pourrait également avoir été maudit. Pauvre enfant.
— Waw, tu es encore plus laid que moi.
— Quoi ? s'étrangla Gojyo dans une grimace de surprise.
— Tu ressembles à cet horrible esprit qui vit dans la rivière ! Pas vrais Hakkai ? demanda-t-il à son ami.
— Goku, surveille tes manières. On ne dit pas…
— Au moins je ne suis pas un singe, salle ouistiti ! interrompit Gojyo.
— Je préfère ça que de ressembler à un esprit des eaux ! Tu sens même le poisson !
— Allons, allons ! calma Hakkai en mettant une main sur la bouche de Goku. Vous aurez davantage de temps pour discuter de votre situation unique un peu plus tard, affirma-t-il en lâchant le jeune garçon. Bien maintenant, où se trouve Sanzo ?
Goku lui tira la langue et le mercenaire les mena à son abri tout en cherchant mentalement un moyen de provoquer cet insupportable gamin.
Le petit habitacle était trop petit pour tous les accueillir, alors Gojyo resta à l'extérieur et laissa Hakkai voire Sanzo. Il ressortit quelques minutes plus tard, le petit dragon dans les bras.
— C'est une bien étrange créature que vous avez là. J'aurais surement quelques questions à vous poser, mais Sanzo doit rester notre priorité. Il est dans un piètre état. J'ai bien peur qu'il ne nous reste plus beaucoup de temps, il ne faut pas s'attarder. Y a-t-il quelque chose que vous voudriez emporter avec vous ?
Gojyo savait qu'il ne possédait rien d'important.
— Non, répondit-il simplement. Je vais porter Sanzo.
Peu de temps après, ils furent tous sur le bateau, Hakkai aux commandes après avoir ajusté les voiles, les éloignait lentement du rivage. Gojyo s'était assis près de Sanzo, une main sur son dos.
Soudain, un violent coup sous le bateau le fit tanguer dangereusement.
— Qu'est-ce que c'était que ça ? s'écria Goku en jetant un coup d'œil par-dessus bord.
— Et merde ! Rentre la tête, gamin ! J'avais oublié se sataner serpent de mer ! s'exclama Gojyo en regardant Hakkai d'un air désolé.
Un coup plus puissant faillit renverser le bateau.
Le couturier lui retourna son regard, les yeux ronds de surprise.
— Je vois, se reprit-il, je me demande s'il est possible d'accélérer un peu…
Goku lâcha un hurlement lorsque la tête du serpent géant s'éleva au-dessus du bateau.
Le roux s'était redressé, dague en main, et lui entailla la peau. La plaie ne fut pas aussi grave qu'il l'aurait voulu, mais la créature s'éloigna tout de même.
Goku se saisit d'une rame inutilisée et le frappa avec lorsqu'il vint vers lui. Le serpent disparut sous l'eau et la petite bande regarda la mer avec méfiance, restant aux aguets.
Le serpent réapparut soudainement de l'autre côté du bateau. Goku cria de surprise et, se servant de la rame comme d'une lance, creva l'un des yeux de la créature.
Le serpent se redressa et jeta sa tête en arrière, arrachant le bois des mains du garçon.
Gojyo se précipita vers eux et poignarda férocement le monstre sous la mâchoire, une fois puis deux. Le serpent se propulsa en arrière pour échapper au couteau et retourna sous l'eau.
De nouveau, la petite bande regarda prudemment l'eau silencieuse. Le serpent cogna le bateau sur le côté, et en dessous, puis tout redevint calme.
Le vent s''étaient levé dans la voile et déplaçait le bateau à une vitesse soutenue, mais il fallut encore quelques minutes aux trois hommes avant de pouvoir se détendre.
— Je crois qu'il est parti, dit doucement Hakkai.
— Tu crois que nous l'avons tué ? demanda Goku en regardant le mercenaire les yeux larges.
Le roux haussa les épaules et retourna s'asseoir. Il observa un instant le garçon qui semblait à la fois effrayé et émerveillé par ce qui venait de se passer.
— Hé, tu sais, tu t'es bien débrouillé avec cette rame. Peut-être bien que nous l'avons tué. Et même si ce n'est pas le cas, je doute qu'il veuille encore se frotter à nous.
Goku acquiesça en souriant et partit s'asseoir de l'autre côté du bateau. Il tapota ses genoux pour tenter d'y faire venir le petit dragon caché dans les pieds d'Hakkai. Ce dernier alluma la petite lanterne derrière lui et s'installa au gouvernail.
L'aube n'avait pas encore pointé le bout de son nez et éclairait à peine le ciel d'une fine ligne teinté de vert qui se mêlait parfaitement au bleu obscur timidement éclairé par la pâle lumière d'une lune presque pleine.
— Merci d'être venue, murmura Gojyo.
— J'aurais aimé arriver plutôt, mais il a fallu que le pécheur à qui j'ai loué ce bateau m'apprenne à le manœuvrer et que je lui verse une importante quottions.
— Pour quelqu'un qui vient tout juste d'apprendre à manier ce truc, je vous trouve plutôt doué.
— J'ai l'apprentissage facile, sourit Hakkai, une qualité à mon avis très importante que je dois aux nombreux emplois que j'ai eu à occuper durant de nombreuses années de servitudes.
Le mercenaire hocha la tête, compréhensif.
— J'ai moi-même pratiqué de nombreux métiers et connu beaucoup trop de maitre par le passé, admit-il. Et maintenant vous pouvez rajouter capitaine à votre liste, plaisanta-t-il après un moment de silence.
Hakkai l'observa quelques secondes avant de lâcher un rire profond.
— En effet, oui. Quant à vous, vous êtes peut-être bien désormais le propriétaire d'un dragon.
— Non, rétorqua le roux en jetant un coup d'œil au petit animal roulé en boule sur les genoux de Goku. Le garçon s'était pratiquement assoupi, il sursautait un peu par moments dans de veines tentative de rester éveiller.
Gojyo tourna alors son attention vers Sanzo, mais à vue d'œil il ne pouvait pas dire si son était s'était dégradé ou pas. Il posa une main sur sa poitrine et fut rassuré de le sentir respirer.
— Le dragon ne m'appartient pas. Je l'ai trouvé et l'ai nourri, c'est tout, dit-il en regardant de nouveau le petit animal. Il est tout de même étrange. Il s'est arraché un œil sans douleur ni blessure. C'est grâce à cela que le corbeau est venu et à accepter de vous transmettre mon message.
Gojyo omit volontairement de mentionner que le dragon l'avait déjà fait des semaines auparavant. Il aurait probablement pu être secouru bien plutôt et si Sanzo venait à le découvrir il ne cesserait jamais de lui rappeler sa stupidité. Mais avant tout il devait s'assurer de sa survie, pensa-t-il en fronçant les sourcils.
— Ha oui, ce corbeau. Il était assez prétentieux je dois dire, à taper sans cesse sur ma fenêtre.
— Je n'ai pas non plus aimé sa façon d'être, admit le roux en secouant la tête, puis il regarda Hakkai et poursuivit d'un air sérieux. Il m'a dit qu'il fallait du sang de dragon pour soigner Sanzo.
— Vraiment ? murmura Hakkai, semblant y réfléchir un moment. C'est bien ce que je pensais, vous avez trouvé le dragon d'un sorcier.
— Oui, c'est aussi ce qu'a dit le corbeau et apparemment c'était un sorcier puissant.
— S'y connaît-il vraiment ? questionna le couturier, les sourcils levés dans l'interrogation. Saurait-il si le sorcier est plus puissant que Gyokumen ?
Gojyo haussa les épaules.
— Je ne me souviens pas exactement de ses propos, mais il l'a peut-être suggéré.
— Se serait vraiment une aubaine pour nous. Et si le corbeau a dit la vérité, nous avons le remède à portée de main. Lorsque nous retournerons à…
Gojyo sentit la colère montée en lui et se mit sur ses gardes. Il se sentait impuissant, incapable de sauver qui que ce soit.
— Je veux sauver Sanzo, mais je refuse de tuer le dragon pour cela !
— Bien sûr que non ! s'exclama Hakkai, visiblement outré à cette idée. Nous avons juste besoin d'un peu de sang. Tirer du sang de la cire n'est pas une chose facile, mais ça reste faisable.
— Vous êtes sérieux ? demanda Gojyo en désignant le petit animal. Comment pourrait-il être fait de cire ? Il mange, bois et défèque comme n'importe quel être vivant.
— Parce que c'est un être vivant. Le sang magique à l'intérieur de lui à besoin d'être nourri.
Gojyo dévisagea le brun, combattant intérieurement les doutes et la colère face à un raisonnement qui semblait tout à fait plausible. Finalement, il leva les mains en signe de redditions.
— Tch. Très bien. J'en ai assez de la magie. Je veux juste en finir avec toutes ces malédictions.
— Moi aussi, ajouta Goku à moitié endormie.
— Moi aussi, répéta Sanzo dans un léger murmure.
— Sanzo ?
Gojyo se pencha pour voir son visage, mais les yeux du blond demeuraient fermés.
Goku l'imita :
— Sanzo ? He Sanzo ! Nous sommes sur un bateau.
— Ca lui est bien égal, ça, le taquina Gojyo.
— Je trouve ça important moi, alors pourquoi pas lui ?
Le blond prit une profonde inspiration et Gojyo pensa qu'il souffrait.
— Taisez-vous tous les deux.
— C'est une bonne chose que vous ayez encore la force de parler, intervint Hakkai. Nous arriverons au port dans une petite heure.
Goku lui tira la langue, mais Gojyo l'ignora.
Entendre la voix de Sanzo lui redonnait espoir. Peut-être qu'ils auraient assez de temps pour briser la malédiction.
A SUIVRE
