Bonjour à tous et à toutes,
Voici le chapitre 18, toujours en retard. J'ai beaucoup eu de mal à l'écrire donc j'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser vos avis, ça m'intéresse.
Je n'ai plus qu'une chose à dire : Bonne lecture !
Chapitre 18 : Mauvais rêve
J'ouvris lentement les yeux, mes dents s'entrechoquant et mon corps grelotant face au froid qui attaquait ma peau. J'entrouvris mes yeux embrumés par la fatigue et m'empressai d'attraper l'épais duvet qui avait glissé de mon corps nu.
Je me recouchai lentement, mais une curieuse impression de vide m'empêcha de retomber dans les bras de Morphée. Je tendis l'oreille cherchant la respiration régulière et posée de Daryl… rien, seul le silence. Paresseusement, je tâtai du bout du doigt l'autre côté du matelas, avant de sourire doucement en n'y trouvant qu'une place vide et refroidie depuis bien longtemps. Il fallait s'en douter, ce n'était pas du style de Daryl de faire la grasse matinée.
Je me repositionnai correctement dans mon duvet et m'apprêtai à me rendormir, lorsqu'un bruit de respiration, pratiquement imperceptible, m'interpella. Je me soulevai sur un coude et haussai un sourcil en apercevant le zip de la porte ouvert. Bizarre… Daryl ne l'aurait pas laissé ouvert… peut-être avait-il oublié de le fermer… Je m'assis doucement, pas rassurée et tombai nez à nez avec un homme, au visage masqué. Avant même que je n'ai pu crier à l'aide, il m'empoigna par le bras droit et me posa brutalement un chiffon sur le nez.
Un épais brouillard m'envahit presque instantanément et je ne pus qu'observer ses yeux dorés luire dans mes iris, avant que l'inconscience ne m'emporte.
Je me réveillai en sursaut, haletante, le cœur au bord des lèvres et la sueur coulant sur mon front. Juste un mauvais rêve… Je soufflai et tâtai la place vide de Daryl avant de me crisper en entendant un bruit de respiration. Je m'immobilisai et tournai doucement la tête vers l'entrée de la tente… Elle était ouverte ! Je reculai précipitamment dans le coin de la tente, apeurée et tombai sur deux prunelles me fixant. Je retins un cri de terreur en m'apercevant que ce n'était que Lucky, qui attendait visiblement mon réveil.
Il pencha la tête sur le côté, son oreille droite formant un petit pli et gémit plusieurs fois avant de poser sa patte pleine de terre séchée sur le duvet. Je tapotai mes genoux et il ne se fit pas prier pour s'y réfugier, secouant sa queue et sortant la langue, tout heureux que je lui accorde un peu d'attention.
- Mon gros sac à puces… qu'est-ce que tu fais là, hein ? Chuchotai-je, en enfouissant mon visage dans ses poils longs et emmêlés.
Je le caressai doucement, laissant la pression due à ce terrible cauchemar retomber. Cependant, l'image de ces deux prunelles dorées persistait. Tout m'avait semblé si réel : la fatigue, l'air froid et ce chiffon sur ma bouche. Mes poils se hérissèrent à cette pensée et l'idée de rester une seconde de plus seule me fit trembler. Je repoussai lentement Lucky, libérant mes genoux de son poids.
- Allez ouste ! Laisse-moi m'habiller, ordonnai-je, en désignant l'ouverture de la main.
Je soufflai, désespérée, en voyant Lucky s'assoir et pencher la tête sur le côté, ne comprenant visiblement pas mon ordre. Je regardai autour de moi, cherchant un quelconque objet qui pourrait le faire sortir. Je souris en apercevant un sac de sardines rangé dans une des poches de rangements situées sur les côtés de la tente. J'en sortis une et l'agitai devant Lucky, qui la regarda intéressé.
- Tu la veux ? Va chercher ! Ordonnai-je, en la lançant.
La sardine tourna sur elle-même, pivota plusieurs fois en l'air en se dirigeant vers la petite ouverture avant de toucher la toile de la tente et de rebondir sur le matelas. Tes talents de tireuse sont toujours aussi développés, me chuchota ma conscience. Lucky bondit en l'air, faisant trembler toute la tente et s'empressa de me la ramener, la posant sur mes genoux en bavant. Je le regardai d'un air blasé, avant de l'attraper par la peau du cou. Je tins fermement le duvet contre ma poitrine et le fit sortir, le poussant hors de la tente.
Il gémit et tenta de rentrer, mais mon pied l'en empêcha. Il me regarda avec de grands yeux larmoyants et se mit à gémir comme un petit chiot qui appelle sa mère.
- Laisse-moi m'habiller, dis-je avant de fermer le zip de la tente, cachant sa petite frimousse.
J'eus un petit rire attendri en l'entendant gémir et gratter à la porte et me dépêchai de m'habiller. Je remis mon pendentif, déposant au passage un petit baiser sur la photo de mes parents, et attrapai ma veste, faisant apparaître un tissu rouge foncé. Je fronçai les sourcils et l'attrapai délicatement. Son tissu, bien qu'un peu rugueux restait tout de même agréable au toucher, et il avait une odeur spéciale. Une odeur que je connaissais bien et que j'aurais pu reconnaître entre toutes. Je le humai, tendrement, un sourire éclairant mon visage.
…
Je parcourus d'un pas énergique la grande allée du centre commerciale, me dirigeant vers la source de lumière qui traversait la grande façade vitrée de l'entrée. Lucky gambadait tranquillement à côté de moi, s'arrêtant de temps à autre pour renifler une plante fanée ou courir après un rat qui se baladait sous les bancs. Je me stoppai en n'entendant plus les petites griffes du jeune bouvier bernois crisser sur le sol.
- Lucky ? Appelai-je, en le cherchant du regard.
Je revins sur mes pas, vérifiant le dessous des bancs avant de l'apercevoir.
- Non ! Ne lèche pas ça ! C'est pas bon. Viens ici ! Réprimandai-je, en l'attrapant par la peau du cou et en le trainant loin de cette flaque de sang séchée qui semblait avoir si bon goût.
Je le trainai sur quelques mètres avant de le laisser de nouveau gambader. Soudain, une douce odeur sucrée vint m'embaumer les sens, me ramenant des années lumières en arrière, à l'époque où je n'étais encore qu'une petite fille. Lucky aboya et se mit à courir en direction de Carol et de Brittany qui s'affairaient autour d'un petit feu et d'une casserole. Brittany poussa un cri de panique, en voyant le canidé s'élancer vers elle, et courut se réfugier derrière Carol.
- Ne vous inquiétez pas, il est pas méchant ! Rassurai-je, en sifflant afin que Lucky me rejoigne.
- Oui, j'imagine. Je n'ai jamais été très à l'aise avec les animaux, avoua la vieille dame en s'asseyant dans sa chaise de camping, reprenant sa bobine et ses aiguilles, tout en surveillant Lucky du coin de l'œil.
- Bien dormi ? Demanda Carol en me tendant une tasse de… chocolat ?! Et chaud en plus.
Je le humai doucement, je savais bien que cette odeur me rappelait quelque chose. J'en bus une gorgée, et bien que ce ne soit pas un chocolat artisanal son goût m'enivra les sens. Hum… C'était incroyable comme les petites choses insignifiantes de ma vie d'avant, prenaient beaucoup plus d'importance à présent.
- Oui, merci, répondis-je, en souriant. Ça fait longtemps que vous tricotez ?
Brittany eut un petit sourire nostalgique et arrêta son activité, pensive.
- C'est ma grand-mère qui m'a appris quand j'étais petite. Vous savez, à l'époque, l'accès aux vêtements de grandes surfaces étaient surtout réservé aux familles aisées, tout le monde n'avait pas les moyens d'en acheter. Alors nous tricotions. Et entre nous… les tricots sont bien meilleurs que tous ces vêtements que vous portez : ils sont uniques, s'abiment moins vite et tiennent beaucoup plus chaud, m'assura-t-elle, sur le ton de la confidence.
- Mais c'est tout petit ! M'exclamai-je, en détaillant une minuscule paire de chaussettes finies qui faisaient la taille de mon pouce.
- Bien évidemment que c'est petit ! Vous avez déjà vu un nourrisson chaussant du 40 peut-être ? Vous pouvez être sûre qu'avec ça, il n'aura pas froid ! Affirma-t-elle, fière d'elle.
Je baissai la tête comme une enfant ayant dit une bêtise et reposai la paire de chaussettes. Je m'approchai de Carol, qui caressait doucement Lucky et m'accroupis afin d'être au niveau de son oreille.
- Sacré caractère la vieille, chuchotai-je.
- Je vous entends vous savez ! S'exclama la Mamie.
Carol eut un éclat de rire, en me voyant devenir toute rouge. Je secouais la tête, me désespérant moi-même. Elle se reprit vite et son regard fut attiré vers ma queue de cheval.
- Tiens ! C'est nouveau ce foulard rouge, tu ne l'avais pas avant ? Demanda-t-elle, ses yeux pétillants de malice.
- Je … Je l'ai trouvé dans un des rayons et… euh… tentai-je de me justifier.
- C'est marrant Daryl a exactement le même ! Tu n'avais jamais remarqué ? Questionna-t-elle.
- Euh… Non… Euh… Désolé, je crois qu'on… m'appelle dehors, mentis-je, en reculant vers l'entrée du centre commercial.
- J'ai rien entendu pourtant, intervint Brittany en regardant autour d'elle.
- … Faut que j'y aille… Marmonnai-je, en m'enfuyant.
- Si tu cherches Daryl il est dans la réserve, précisa Carol avec un petit rire.
Je me stoppai net et fis demi-tour, revenant sur mes pas, les yeux rivés au sol afin de ne pas croiser le regard malicieux de Carol.
- C'est pas pour ça… C'est que je crois que j'ai oublié un truc… me justifiai-je, en m'éloignant rouge de honte.
Lucky ne tarda pas à me rattraper et je filai en petites foulées, prenant le premier couloir afin d'échapper aux regards et insinuations gênantes de Carol. Je m'arrêtai en apercevant un manège pour enfants que je n'avais pas vu hier. Je m'avançai doucement et montai sur la plate forme, caressant un éléphant barrissant. Des toiles d'araignées pendaient sur les chevaux, certains avions avaient des ailes et ailerons brisés et quelques voitures arboraient des taches de sang séché. Un frisson me parcourut l'échine et je me dépêchai de rejoindre l'allée centrale. Le centre commercial n'était pas si petit que ça, tout compte fait.
J'entrai dans la réserve, saluai les deux Français qui inspectaient les cartons et sortis dans la cour. Le soleil m'éblouit et un vent froid me fit frissonner. Une odeur âcre flottait dans l'air et ne tarda pas à venir s'installer sur mon palais, me faisant grimacer. Sasha, Tyreese, Rick et Daryl discutaient dans le fond de la cour, près d'un nouveau feu afin de finir de brûler les corps de rôdeurs restants. Je les rejoingnis mes pieds s'enfonçant dans la neige.
- … Pas seul… OK… Dit Rick, sa voix étouffé par le crépitement du feu.
Son regard accrocha le mien et un sourit crétin rayonna à travers son épaisse barbe.
- Que se passe-t-il ? Questionnai-je, en m'approchant.
Je jetai un coup d'œil discret à Daryl, qui resta de marbre, me regardant avec autant d'intérêt qu'une vache qui regarderait les trains passer.
- Tu tombes bien Gwen ! Ça te dérange d'accompagner Daryl vérifier les alentours du centre commercial, histoire de s'assurer qu'il n'y ait aucun danger imminent ? Demanda-t-il, avec enthousiasme.
Je n'eus pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il me coupa en me posant une main sur l'épaule, ainsi que sur celle de Daryl.
- Super ! Maintenant excusez-moi, il faut que j'aille parler à Hershel, précisa-t-il avant de s'en aller, d'un pas léger.
Je restai figée, stupéfaite. Il avait fumé ou quoi ? Daryl arborait le même air que moi, à la limite de l'ahurissement face à la réaction de Rick. Si seulement je pouvais lui faire cet effet là !
- Si vous n'êtes pas rentrés avant midi, on enverra une équipe à votre recherche. Faites attention, le temps est traitre ici, il se peut que la neige se remette à tomber d'ici peu, prévint Sasha en nous accompagnant jusqu'au portail.
- On fera attention, rassurai-je en lui faisant un petit signe de tête pour la remercier.
Nous marchâmes en silence, écoutant les chants des rares oiseaux qui venaient s'aventurer hors des arbres. Je ne l'avais pas remarqué en arrivant mais le centre commercial était entouré de cinq chantiers en construction, sûrement destinés à faire une zone commerciale. Les engins étaient en place prêts à démarrer pour construire de futurs bâtiments qui auraient pu accueillir du public.
Daryl changea brusquement de cap, me laissant sur place. Il se dirigea vers la forêt comme hypnotisé par les grandes branches qui oscillaient doucement sous la brise froide, à cinq cents mètres. Je le rejoignis d'un pas rapide, marchant à toute vitesse à côté de lui pour tenter de garder son rythme.
- Hey ! Où tu vas ? Questionnai-je, à bout de souffle.
Son regard resta ancré dans celui des branches et il fit un mouvement de tête vers son endroit fétiche.
- La forêt ?! Je croyais qu'on devait faire le tour du propr… Ah… Criai-je, en glissant sur une plaque de verglas dissimulée sous une couche de neige.
Dans un réflexe rapide, Daryl m'attrapa le bras, m'empêchant de me casser le coccyx par terre et me remit habilement sur pied, toujours neutre.
- Je vais t'apprendre à marcher, à chasser et surtout à te défendre, indiqua-t-il en reprenant sa marche.
- Je croyais qu'il fallait que…
- Si j'attends que tu m'atteignes avec une boule de neige, tu n'apprendras jamais rien. Le centre commercial est un bon endroit pour se poser, mais c'est aussi un piège. Tu vas rapidement perdre le peu de réflexes de survie que tu as et au moment où tu t'y attendras le moins les macchabés ou un groupe de salopards te tombera dessus, expliqua-t-il, en se tournant vers moi, ses yeux bleus me transperçant de mille parts.
Je déglutis et hochai doucement la tête, n'osant rien dire. Il me fit signe de continuer d'avancer et nous pénétrâmes dans la forêt dépourvue de feuilles. Nous nous avançâmes jusqu'à ce que l'orée disparaisse.
- Règle numéro un : silence absolu, ordonna-t-il sans s'arrêter, ni même se retourner.
Son attitude froide et distante me décontenança. Un pas en avant et trois pas en arrière tel était son éternelle devise. Je soupirai, lasse et continuai mon chemin perdue dans mes réflexions. Soudain, je percutai un bloc de béton, me faisant tomber les fesses les premières dans la neige. Je gémis douloureusement, tandis que Daryl grognait de mécontentement. Il se tourna vers moi, m'attrapa par le haut de ma veste et me tira sans efforts sur mes pieds.
- Règle numéro 2 : être toujours attentif à son environnement, grogna-t-il avant de reprendre sa route bougon.
Je le regardai s'éloigner avec tristesse. Il ne se retourna même pas pour savoir si je le suivais. Alors c'était ça ? Un boule de colère se forma dans mon estomac et remonta jusque dans ma gorge en un clin d'œil. Je le rattrapai d'un pas vif et le fis se retourner, le prenant par surprise.
- Alors c'est ça ?! T'as tiré ton coup et tout redevient comme avant. Tu fais la gueule, me parles comme un chien et refermes ta carapace. Bravo ! Ton comportement est digne de celui d'un adolescent, m'énervai-je en enfonçant mon doigt dans ses pectoraux. Ecoute-moi bien Dixon, je ne suis ni un objet, ni une petite chose dont tu peux te servir quand tu en as besoin…
Ma tirade fut coupée par ses lèvres qui vinrent se poser tendrement sur les miennes, presque timidement, me faisant taire. Il s'éloigna lentement un petit sourire aux lèvres.
- C'est bon t'as fini ? On peut aller chasser maintenant ? Questionna-t-il, en levant un sourcil.
Je restai stoïque, déboussolée.
- Euh… Non, non, je n'ai pas fini ! Pourquoi…
- Pourquoi je suis distant avec toi devant les autres ? Et bien peut-être tout simplement parce que je n'ai pas envie qu'ils soient au courant. Rick s'en doute déjà, vu sa réaction… j'ai pas envie que ça se propage. Ma bonne mère disant souvent : Cachons nous et vivons heureux …
- Vivons heureux, vivons caché, rectifiai-je.
- En s'en fout, c'est la même chose. Est-ce que tu comprends, ce que je veux dire ?!
- Tu es heureux avec moi, donc ?! Demandai-je, avec malice, toute colère envolée.
- Euh… et bien… Putain tu me fais chier avec tes questions à la con. Tu veux que je t'apprenne à chasser ou pas ? Alors on y va, s'énerva-t-il en fuyant la conversation et en reprenant la route.
J'eus un rire joyeux devant sa réaction enfantine et le suivis un grand sourire aux lèvres. Soudain les deux yeux dorés me revinrent un mémoire, me faisant perdre toute joie.
- Dis ! Est-ce que tu as laissé le zip de la porte ouvert en te levant ? Questionnai-je, en le rattrapant.
Il s'arrêta et fronça les sourcils, réfléchissant.
- Non, j'ai tout fermé. Pourquoi ? Demanda-t-il, curieux.
Je me sentir pâlir et un frisson de terreur me parcourut le corps. Si tout avait été fermé… alors… comment ? Non, non arrête de te faire des nœuds au cerveau, c'est sûrement Lucky qui a dû réussir à l'ouvrir… c'est forcément lui.
- … Gwen ? Appela Daryl.
Je tournai lentement la tête vers lui, sortant de mes sombres pensées.
- Pardon ?
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Pour rien… euh… Lucky a réussi à rentrer dans la tente, rien de grave, sûrement un défaut qui n'a pas échapper à son flair, riais-je d'une voix tendue.
- C'est un chien intelligent. Bon on y va ? … Et, au fait Gwen, sympa ton foulard rouge, taquina-t-il, en me faisant un clin d'œil.
- Merci…
Je me forçai à sourire, le visage tendu par les doutes et l'angoisse qui m'assaillaient. C'est Lucky, c'est forcément Lucky.
