Titre original : The Dragon's Eye
Auteur : Late4F8
Traduction : Allys-33
Note de la traductrice : Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur !
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The Dragon's Eye
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Chapitre 10
Il était tard lorsque les quatre hommes partirent se coucher ce soir-là. La pâle lueur de la pleine lune glissait par les différentes fenêtres. Hakkai escorta un Goku épuisé jusqu'à son lit. Gojyo avait emmené le garçon joué à l'extérieur ; il l'avait enroulé dans de longs morceaux de tissu pour ensuite le dérouler et lui donner le vertige, ils avaient aussi joué à la bagarre. Leur brouhaha était presque intolérable.
Sanzo se sentait mieux à l'approche de la nuit et les effets du poison semblaient s'estomper. Il se prépara pour dormir, se rinça le visage et sortit ses vêtements pour le lendemain. Les deux mercenaires avaient décidé de commencer de nouvelles recherches demain. Gojyo porterait une capuche assez large pour cacher ce qu'il fallait.
La première fois que Sanzo l'avait vu sur l'île, il avait trouvé la malédiction plus surprenante que monstrueuse et il ne lui avait fallu que quelques heures pour s'y habituer. Il avait remarqué que depuis leur arrivé, le beau visage toujours souriant du roux n'était jamais bien loin de lui.
Il était conscient que Gojyo le fixait depuis le pas de la porte. Il posa près de l'armoire le petit couteau et le fourreau qu'Hakkai avait trouvé et nettoyé pour lui, puis fit face au roux :
— Quand as-tu décidé de protéger mon honneur en montant la garde devant ma porte toute la nuit ?
— Je ne t'ai pas vu depuis plus d'un mois et quand enfin je te retrouve, tu es mourant. Je veux être sûr que tu vas bien, déclara Gojyo appuyé contre l'encadrement de la porte, les bras croisés. Et je m'imagine encore tout ce que je pourrais te faire quand cette satanée malédiction sera levée.
— Hm, sourit Sanzo en s'asseyant au bord du lit. Si cette malédiction te dérange tant que ça, il te suffit de fermer la porte et d'éteindre la lampe A ces mots, Gojyo se redressa, le regard intense.
— Ça ne te dégoûte pas ?
— Pas plus que n'importe quelle autre partie de ton corps.
Sanzo eut à peine le temps de terminer sa phrase, que déjà Gojyo avait déverrouillé la porte et s'était installé à ses côtés, réclamant sa bouche d'un baiser prudent. Le lit s'affaissait et grinçait sous son poids.
— Je veux juste me coucher avec toi, nous ne sommes pas obligés de faire quoi que ce soit.
— C'est tout ce que tu as pu imaginer tout ce temps ?
Gojyo se pressa contre lui. Leurs mains couraient sur le corps de l'autre. C'était différent de tout ce qu'ils avaient pu faire auparavant ; moins rapide, moins rude, moins désespérément guidé par leurs instincts primitifs, mais ça leur semblait tellement mieux.
Le mercenaire gloussa, son souffle chatouillant le cou de Sanzo.
— J'aurais effectivement pu me coucher et dormir, commenta-t-il en massant le fessier offert. Mais la vue était trop belle pour résister.
Sa main remonta explorer le torse du blond qui frissonna sous l'attention.
Un bruit brusque vint soudain interrompre la quiétude de la pièce et les deux hommes se figèrent dans la surprise. Après un rapide coup d'œil l'un à l'autre, ils se déplacèrent vers la porte. Lorsque le bruit se répéta une seconde fois, ils tournèrent leurs attentions vers la fenêtre.
— Encore se satané corbeau, maugréa Gojyo.
Il rampa vers la fenêtre et tenta de faire fuir l'importun :
— Va-t'en.
L'animal étira son coup pour tenter de voir à l'intérieur et battit brusquement des ailes.
— La lune éclaire la sorcière de sa douce lumière se soir !
Gojyo lança un rapide coup d'œil au blond par-dessus son épaule et se décida à ouvrir la fenêtre en soupirant.
— Que sais-tu exactement ?
— Gyokumen est vulnérable les nuits comme celle-ci. Je peux vous conduire à elle, déclara le corbeau en faisant un bon sur le cadre de la fenêtre.
La lumière des lampes se reflétaient dans ses iris noires, résolument posé sur Sanzo.
— Vous avez survécu. Et vous voilà, frais comme la rosée du matin.
— Et qu'est-ce que ça va me coûter cette fois ? demanda Gojyo.
Le corbeau sauta dans la pièce et il claqua la fenêtre derrière lui.
— C'est une excellente question. Que pourrais-je bien vouloir, je me le demande. Peut-être quelque chose de la sorcière, enfin si vous pouvez l'attraper, monologua-t-il en volant jusqu'au petit lavabo. Il se pencha vers le miroir et tapota son reflet.
Sanzo se leva et commença à s'habiller.
— Qu'importe ce qu'il veut, nous la capturerons. Mais nous devons savoir comment faire taire sa magie. Que peux-tu nous dire à ce sujet ?
Le corbeau déploya ses ailes pour se donner un air dramatique.
— Coupez-lui la langue.
— A t'entendre ça semble facile, se moqua le roux, mais que sommes-nous censés faire des sorts qu'elle nous aura lancé d'ici là.
— Je ne peux que vous guider, le reste ne dépend que de vous.
— Tch.
Sanzo termina de se vêtir, récupéra ses armes et pointa sa dague en direction du corbeau :
— Ça me semble évasif comme réponse. Peut-être nous mènes-tu droit dans un piège.
— Effectivement, je ne perdrais rien si vous veniez à mourir, admit l'oiseau en ignorant la dague, puis il tourna son attention vers Gojyo. Par ailleurs, ai-je menti lorsque je vous ai donné le remède, ai-je...
— Et pour lui ? interrompit Sanzo en désignant son compagnon, comment rompre sa malédiction ?
— Tant de question ! Elle l'a maudit de son sang, que son sang le touche à nouveau, déclara le corbeau en retournant à la fenêtre.
Gojyo l'ouvrit, le laissant s'envoler avec un dernier avertissement :
— Le temps passe et ne se rattrape pas.
Gajyo regarda son compagnon d'armes et lui demanda s'il se sentait suffisamment bien pour affronter la sorcière.
Sanzo acquiesça et comme pour prouver sa détermination, se saisit de la lampe et sortit le premier de la pièce.
Dans le couloir, ils trouvèrent Hakkai.
— Ho, je me disais bien que j'avais entendu des voix.
— Le corbeau va nous mener à Gyokumen, déclara Gojyo juste derrière le blond, mais vous l'avez probablement déjà entendu. Les joues du couturier rougirent dans la pénombre.
— Je serais ravi de vous aider.
A SUIVRE
