Bonjour tout le monde,

Première chose : je souhaite de bonnes vacances à ceux qui ont la chance d'en avoir. Deuxième chose : je m'excuse pour cet immense retard, je n'ai vraiment aucune excuse pour cette absence de plus de deux mois. Ce chapitre m'a vraiment été difficile à écrire, j'avais un gros manque de motivation, et les différents examens que j'avais à passer ne m'ont pas franchement aidé à le boucler. Mais bon me revoilà, c'est l'essentiel.

Pour les autres chapitres, je ne vous promets plus rien (parce que dans tous les cas je n'arrive pas à tenir mes promesses), sachez seulement que la fiction ne sera jamais à l'abandon. J'espère que l'été va me redonner du courage et en attendant…

Bonne lecture !

Chapitre 19 : Un oiseau chanteur

Hershel écouta avec attention le pouls de Lori, deux doigts appuyés contre son fin poignet. Je caressai avec délicatesse ses longs cheveux bruns emmêlés, essayant en vain de la détendre. Trois mois s'étaient écoulés depuis notre installation au centre commercial et malgré le repos, ainsi que les repas réguliers et consistants que prenait Lori, son état ne cessait de se dégrader. Ses traits étaient tirés et son visage arborait une teinte blafarde, qui reflétait sa fatigue, ainsi que son état de faiblesse. Elle restait allongée la plus grande partie de son temps : n'ayant ni la force de se lever, ni de se déplacer.

Mais ce qui me préoccupait le plus c'était de savoir qu'elle avait eu une première grossesse difficile qui avait nécessité une césarienne. A l'heure actuelle, nous n'avions aucun aménagement nous permettant d'intervenir au cas où l'accouchement tournerait mal, et le seul matériel médical que nous avions ne dépassait pas le stade de la bobologie.

Hershel soupira lourdement, ses bronches prises par une grosse bronchite et toussa contre le pli de son bras, évitant ainsi la dispersion de microbes dans la pièce.

- Ton pouls est faible, mais régulier. Gwen ! Passe-moi du gel et le doppler fœtal, tu veux, m'indiqua-t-il, d'une voix enrouée en désignant sa sacoche.

Je lâchai les cheveux de Lori et m'accroupis, farfouillant dans le sac à dos. Ma main zigzagua au travers des bandages et des pansements, avant de tomber sur un petit boitier relié à un casque et sur un tube de gel. Je refermai le sac et lui tendis le doppler rose et blanc.

Je fis un petit sourire rassurant à Lori, après lui avoir soulevé délicatement son pull et son tee-shirt, dévoilant un ventre distendu et couvert de vergetures.

- Ça va être froid, prévins-je en ouvrant le tube de gel et en versant une petite quantité sur son ventre.

Elle frissonna au contact du gel et me regarda l'étaler avec minutie. Hershel s'arma de la paire d'écouteurs et déposa doucement le doppler sur le ventre de la future maman. Il fronça les sourcils et ferma les yeux, se concentrant uniquement sur le battement du cœur du petit être.

- Cette appareil va permettre…

- D'amplifier les battements du cœur du bébé grâce à des ultrasons, je sais, souffla Lori. Elle me fit un petit sourire en voyant mon air surpris. Rick m'en avait acheté un pour ma première grossesse. Mis à part sa taille qui a légèrement évolué depuis l'époque, le système reste le même.

Hershel fut repris d'une quinte de toux, qu'il étouffa derrière sa main, et se redressa en respirant lourdement. Il retira les écouteurs et me tendit l'appareil que je rangeai avec soin dans le sac.

- Bon… Son cœur a un bon battement : régulier et constant. Il bouge bien… D'ailleurs vu les coups de pied qu'il envoie ce sera sûrement un futur footballeur, taquina-t-il, les cordes vocales encombrées par des glaires.

Lori se détendit à cette bonne nouvelle et se permit même d'émettre un petit rire, en posant ses mains sur son gros ventre.

- Reste allongée et repose-toi bien. Il te reste environ deux semaines avant que le bébé n'arrive à terme… essaie de tenir, d'accord ? Dit-il, avec un sourire en lui tapotant affectueusement la jambe.

Il rassembla son matériel et sortit du magasin de literie Dreama où Lori avait élu domicile depuis notre arrivée. Je posai doucement une main sur son ventre et souris en sentant un coup de pied du bébé. J'avais beau l'écouter jouer dans le ventre de sa mère depuis notre installation, chaque nouveau coup de pied m'étonnait un peu plus.

- Tu as mauvaise mine, tu devrais essayer de te reposer, conseilla-je.

- Je fais que ça me reposer, râla la future maman, avant de gémir et de fermer douloureusement les yeux.

- Souffle lentement. Encore une contraction ? Lori hocha douloureusement la tête. Il faut que tu te détendes et que tu restes au calme. Tout sera bientôt fini, tiens bon, la soutins-je.

Elle hocha la tête, fatiguée et étouffa un bâillement derrière sa main. Je l'aidai à s'allonger correctement sur le lit moelleux et la recouvris d'une épaisse couette, avant de m'éclipser discrètement. Je sortis du magasin et rejoignis la grande allée, avant de m'arrêter en apercevant Hershel et Rick discuter. Le vieil homme posa une main rassurante sur l'épaule de l'ancien shérif, qui lui sourit reconnaissant avant de se diriger vers moi.

- L'équipe de ravitaillement t'attend à l'extérieur pour aller chasser, me prévint-il avec un sourire fatigué avant de disparaître dans le magasin, sans que je n'aie le temps de lui répondre.

Hershel se courba en deux et fut, soudainement, prit d'une nouvelle quinte de toux, me faisant sursauter. Je le rejoignis rapidement et l'aidai à s'assoir sur un banc proche. Je lui massai le dos, soucieuse, en attendant que sa toux se calme et que sa respiration reprenne un rythme normal.

- Toi aussi tu devrais te reposer. Ton état m'inquiète…

- Et moi c'est l'état de Lori qui m'inquiète, souffla-t-il en se redressant, avant de prendre une inspiration bruyamment. Elle est trop faible et j'ai peur que l'enfant n'arrive pas à terme ou pire… qu'il décède dans son ventre…

- … Dans le cas où il décèderait, est-ce qu'il… pourrait… enfin… est-ce que ça serait possible qu'il se transforme ? Hésitai-je, ayant peur d'entendre la réponse.

- Nous sommes tous infectés. Le bébé également, assura Hershel. Si le bébé meurt nous perdrons Lori, si Lori meurt nous perdrons le bébé et si nous arrivons à assurer la naissance, les chances que Lori survive sont faibles. L'accouchement se fera comme à l'ancien temps, et à l'époque les décès pendant l'accouchement ou les fausses couches étaient plus que courants. De plus, le fait qu'elle ait eue une première grossesse difficile nous certifie à 90 % que celle-ci le sera tout autant… Je crains que nous ayons à nous préparer au pire.

Son point de vue de médecin me fit froid dans le dos, mais il avait raison… Les chances que l'accouchement se déroule bien étaient petites… minces… voir même inexistantes. L'état de Lori était déjà bien trop préoccupant à l'heure actuelle…

- Tu as prévenu Rick ? Demandai-je.

- Il le sait déjà, il n'a pas besoin de moi pour voir que sa femme est à bout de forces. Inutile de remuer le couteau dans la plaie, et puis bien que l'état de Lori soit préoccupant ses signes vitaux sont tout de mêmes stables.

- Oui, après tout l'espoir fait vivre, grinçai-je, en colère contre notre incapacité à arranger la situation.

- La nature est très bien faite, il faut savoir lui faire confiance. Ne te rends pas malade : ce qui doit arriver, arrivera. Le sort de Lori est, à présent, entre les mains de Dieu, souffla-t-il en entrecroisant les doigts.

- Dieu ? Dieu ! S'il y avait véritablement quelqu'un là-haut il n'aurait pas plongé notre monde dans l'apocalypse, il n'aurait pas transformé les gens en monstres assoiffés de sang, il ne nous aurait pas abandonné à notre misère, m'énervai-je en me levant pour faire les cents pas.

- Il nous met à l'épreuve, comme il l'a toujours fait à travers les millénaires, mais si tu penses que blasphémer va arranger les choses, tu te trompes ma chère Gwen, constata-t-il avec un petit sourire amusé. Peut-être que notre civilisation est vouée à l'extinction, tout comme l'ont été autrefois les dinosaures. Tu sais, parfois, quand une espèce devient trop dominante et qu'elle empêche les autres espèces de se développer, il est parfois préférable qu'elle s'éteigne afin que l'évolution continue sont cours.

J'arrêtai de faire les cents pas et fixai, avec mélancolie, ce vieillard qui m'avait autrefois accueilli chez lui. A une époque où le mot rôdeur lui était inconnu, à une époque où le danger était de ne pas se faire pincer par le coq en allant chercher des œufs, à une époque où si j'avais prononcé un tel discours je me serais fait disputer… à une époque lointaine.

- Fais attention à toi en allant chasser, d'accord ? Me demanda-t-il, soucieux.

Je lui fis un sourire rassurant et le pris délicatement dans mes bras, savourant l'étreinte de ce père que je n'avais jamais eu. Après l'avoir rassuré une dernière fois, je tournai les talons et me dépêchai de rejoindre le groupe de réapprovisionnement.

Nos réserves avaient considérablement diminué en un rien de temps, plus vite que nous ne l'avions imaginé. Rick et Sasha avaient alors mis en place un plan de régulation des réserves et instauré une équipe de ravitaillement. Aujourd'hui, c'était ma première sortie, en dehors du périmètre de sécurité que formaient le grillage de la cour et le centre commercial, depuis notre arrivée ici, et l'appréhension était toujours aussi présente.

Je soufflai un bon coup et ouvris la porte menant vers l'extérieur de la réserve, plissant les yeux face à cette brusque arrivée de lumière. Un doux vent annonçant l'arrivée proche du printemps vint me caresser le visage et je pris le temps de m'arrêter pour humer cette odeur du renouveau. Depuis trois semaines le fond de l'air s'était considérablement réchauffé, permettant à une grosse partie de la neige de fondre. Je me frottai les mains et m'avançai vers le groupe.

- Tiens, tiens, tiens… mais qui voilà ? S'amusa Bob, posté à côté de Glenn et Andréa, en me voyant arriver.

Daryl cessa de discuter avec Maggie, et eut un petit sourire moqueur en me voyant m'approcher avec mon gros manteau d'hiver, alors que tous les autres étaient en pull.

- Qu'est-ce qui y a ? L'attaquai-je, en plissant des yeux avec amusement.

- Toujours à l'heure Black. On ne t'a jamais appris la ponctualité ? Répliqua Daryl, en entrant dans mon jeu.

- Depuis quand emploies-tu des mots compliqués Dixon ? Renvoyai-je, un sourire aux lèvres.

- Ouh ! C'était petit ça, commenta Bob en donnant un petit coup de poing dans l'épaule de Daryl.

- Et ne commence pas à me chercher toi, le menaçai-je en le pointant du doigt.

Il leva les mains, et se recula d'un pas, me faisant rire. Daryl ouvrit une caisse et en tira un Berretta 92 noir qu'il me tendit.

- N'oublie pas d'enlever le cran de sécurité avant de tirer, conseilla-t-il avec un clin d'œil.

Je lui tirai la langue, avant de vérifier le chargeur. Discrètement, je m'assurai que le cran de sécurité était bien mis avant de coincer le pistolet à l'arrière de mon jeans.

- Tout le monde est prêt ? Pour une question de sécurité, on m'a demandé de former des binômes, afin que personne ne reste seul dans le cas où nous devions nous séparer. Maggie et Glenn ensemble. Andréa et …

- J'aimerai être avec toi, se manifesta celle-ci, en avançant d'un pas.

Un silence plana sur l'assemblée et tout le monde se tourna vers moi et Daryl attendant nos réactions respectives. Je tournai la tête vers Daryl, les sourcils froncés en attendant une réponse qui mettait du temps à venir. Celui-ci regardait fixement Andréa, la sondant du regard.

- Y a un malaise avec l'un des membres de l'équipe ? Si c'est le cas, il faut…

- Non, du tout ! Mais il me semble qui faut former des groupes homogènes, avec des partenaires ayant le même état d'esprit. Je suis une personne d'action tout comme toi, je pense donc qu'il serait plus judicieux de se mettre ensemble, sans vouloir t'offenser Bob.

Celui-ci secoua la tête, signifiant qu'il n'y avait aucun mal. Je sentis mes tripes remuer et une boule de rage se former au fond de ma gorge. Qu'est-ce que ça voulait dire ? Que moi et Bob étions incapables de courir, que nous n'étions pas réactifs ?

- C'n'est pas une compétition. Le but de cette sortie n'est pas de savoir qui va courir le plus vite ou qui va ramener la plus grosse bestiole… M'énervai-je.

- Je n'ai pas dit ça, cependant…

- Stop ! On n'va pas y passer trois heures, s'écria Maggie, nous coupant dans notre altercation. On essaie avec ces binômes et si ça ne colle pas, on les changera à la prochaine sortie. Maintenant que vous avez fini vos enfantillages, on y va !

Je fixai Andréa avec énervement, la fusillant une centaine de fois du regard sans parvenir à tuer son petit sourire triomphant. Une main se posa sur mon épaule, la serrant doucement.

- C'est juste pour cette fois, tempéra Daryl.

Je donnai un coup d'épaule, lui signifiant de retirer sa main et partis à la suite du groupe, le laissant avec Bob à l'arrière.

Andréa et moi… c'était une longue histoire. Depuis notre installation au camp, je ne pouvais plus la supporter, plus la voir, plus la sentir. Je ne savais pas ce qui m'énervais le plus : le fait qu'elle me regardait comme une sous-merde, une incapable ou le fait qu'elle n'arrêtait pas de tourner autour de Daryl tel un vautour. Ce n'était pas une question de jalousie, car je faisais entièrement confiance à Daryl. Depuis que j'étais avec lui, j'avais l'impression de revivre, d'avoir trouvé l'équilibre parfait pour garder un esprit sain dans ce monde cauchemardesque. Mais sa présence à elle… me pourrissait la vie.

- Daryl n'y est pour rien Gwen, dit Maggie à voix basse, en se mettant à ma hauteur.

- Il sait très bien ce que je pense d'elle. Il n'a rien dit, et toi, t'as enfoncé le clou. Pourquoi t'as fait ça ?! Chuchotai-je avec fureur, en prenant appui sur un rocher pour monter la petite côte.

- C'est juste pour une sortie. La fois prochaine, tu te mettras avec Daryl et…

- Y aura pas de fois prochaine. Je commence sérieusement à en avoir marre que tous mettent leur nez dans notre relation. Merde. J'ai pas le droit de…

- Les filles, stop ! Appela Bob.

Notre conversation coupa court et je m'aperçus que nous avions déjà fait un bon bout de chemin. Les arbres de la forêt obscurcissaient le ciel, nous cachant des quelques rayons de soleil qui parvenaient à percer les nuages grisâtres et épais.

Daryl et Andréa étaient accroupis, chuchotant à voix basse tandis que Bob montait la garde. Je fis demi-tour, profitant de la descente pour le rejoindre plus rapidement. Des traces de petits sabots avaient été imprimées dans la terre humide, partant en direction du nord. Daryl posa deux de ses doigts dessus, caressant la courbure du sabot et analysant la terre.

- Une biche. Elle est passée par là il n'y a pas longtemps : une heure grand maximum. Si elle cherche à bouffer, elle ne devrait pas être trop loin, indiqua-t-il en se redressant et en armant son arbalète.

- Faut qu'on se sépare, intervint Andréa en bombant la poitrine.

- Pardon ?! Demandai-je, en haussant un sourcil.

- Il est évident que l'on ne peut pas pourchasser une biche à six. C'est peine perdue, ajouta-t-elle.

Je lui fis un sourire hypocrite, tout en serrant les dents. Elle me toisa du regard et partit à droite, suivant les traces. Daryl donna les dernières instructions à Glenn avant de s'avancer vers moi. Il attrapa une mèche de cheveux qui s'était échappée de ma tresse et la replaça derrière mon oreille.

- Aie confiance, rassura Daryl en me caressant la joue.

- C'est en elle que je n'ai pas confiance, grondai-je, en secouant la tête.

- Daryl ! Appela la blonde, qui avait disparu de notre champ de vision.

Il m'embrassa tendrement et fila à la suite d'Andréa. Je le regardai s'éloigner et disparaître à la suite de mon ennemie avec frustration.

- Gwen, appela tranquillement Bob.

Je finis par lâcher des yeux l'endroit où il avait disparu et rejoignis mon coéquipier. Bob m'attrapa par l'épaule et passa sa main dans mes cheveux, les ébouriffant.

- Arrête de faire la tête. Daryl n'est pas le genre de type à sauter sur n'importe qu'elle nana, sourit-il en détendant l'atmosphère.

- Je sais mais par contre c'est tout à fait le style d'Andréa, répliquai-je en me détendant face à ses pitreries.

- Ne te focalise pas sur elle. Cette fille est prête à tout pour attirer l'attention. Par contre souviens-toi bien de ça : Il t'aime !

- … Ouais, soufflai-je en levant les yeux au ciel.

- Ça crève les yeux. Il te regarde comme s'il allait te bouffer, d'ailleurs ça me fait un peu flipper. Tu es son steak ma vieille.

Je lui jetai un coup d'œil et me mis à rire avec lui de bon cœur. Bob avait le don pour détendre l'atmosphère et de désamorcer les situations conflictuelles. Faire rire les gens était une seconde nature chez lui. C'était un don rare et précieux, surtout par les temps qui couraient.

Nous continuâmes de marcher, cherchant du regard Maggie et Glenn qui s'étaient un peu trop éloigné. Prendre le risque de crier risquerait de faire fuir de potentielles proies, voire d'attirer des rôdeurs. Pour avoir l'avantage en forêt, il n'y avait qu'une règle à appliquer : être le plus silencieux possible. Enfin c'est ce que disait Daryl.

Alors que je passai près d'un maquis, je sentis un bras m'attraper et me tirer vers le sol. Je n'eus pas le temps de crier qu'une main se poser sur ma bouche. Bob me regarda avec de grands yeux, et mit son doigt sur sa bouche avant de me faire signe d'écouter.

Je laissai le temps à mon cœur de se calmer et me redressai douloureuse avant de tendre l'oreille. Juste le chant des oiseaux me parvint, ainsi que le bruissement des feuilles. Je fermai les yeux et retins ma respiration… un léger cri étouffé. A peine audible. Le même bruit que fait le sac de boxe quand nous tapons dedans.

D'un commun accord, nous nous avançâmes discrètement sur une centaine de mètres, à quatre pattes. Nous nous cachâmes derrière des gros buissons, observant la scène qui se déroulait sous nos yeux.

J'écarquillai les yeux en reconnaissant Glenn, le visage bouffi et couvert de sang, étendu à terre dans un piteux état. Maggie était à genoux à ses côtés, pleurant toutes les larmes de son corps au dessus de ce corps inerte. A quelques mètres d'eux, un homme grand et chauve les regardait avec un sourire malsain, se pavanant comme le ferait un coq.

- Va chercher Daryl, murmurai-je à Bob.

Il me regarda avec sérieux et hocha la tête avant de disparaître discrètement. L'homme s'approcha tua un rôdeur qui passait trop près, et essuyant sa lame sur sa chemise sale et trouée avant de s'avancer tranquillement vers le couple.

- T'es plus rien maintenant que ton pote le shérif n'est plus là, hein le chinetoque ! T'es aussi mauvais que les autres, t'es de la sous-merde, insulta-t-il en lui crachant sur le visage avant de lui donner un coup de pied dans les côtes, faisant gémir de douleur Glenn.

Je soufflai de soulagement, au moins je savais que Glenn était vivant. Maggie lui lança un regard meurtrier et le repoussa au moment où il se préparait à lui envoyer un nouveau coup de pied.

- Arrêtez ! Cria-t-elle, en se dressant entre Glenn et son agresseur.

- Comme elle est mignonne, cette p'tite. C'est la femme qui protège l'homme maintenant... C'est tellement pathétique !

Maggie ne broncha pas, ni ne bougea, son visage restant de marbre malgré les traces de larmes qui avaient sillonné ses joues. L'homme approcha la main gauche de son visage et lui caressa doucement la joue avant de la gifler si fortement qu'elle s'écroula par terre. Maggie gémit et regarda fixement son pistolet qui était près du cadavre du rodeur.

- C'est ça que tu veux ? Et ben, tu l'auras pas, délira l'homme en donnant un coup de pied dans le pistolet l'éloignant encore plus d'elle.

Il passa près de l'endroit où j'étais cachée, me tournant le dos. C'était ma chance. Je me levai lentement, dégainai mon pistolet et lui posai l'arme dans la nuque. Il se figea immédiatement et se retourna avec précaution.

- C'est une manie dans votre groupe de tout faire dans le dos des gens. A qui ai-je l'honneur ? Ironisa-t-il, son haleine, empestant l'alcool, venant me fouetter les narines.

- A ton pire cauchemar, menaçai-je, sur le qui-vive.

- Et bien, si seulement tous mes cauchemars pouvaient être aussi mignonnes que toi, mon chou…

Je lui donnai un coup de crosse dans la poitrine, le faisant reculer et enlevai le cran de sécurité. Je jetai un coup d'œil à Maggie qui aidait Glenn à se relever. Il était bien amoché, mais vivant c'était l'essentiel.

Soudain, une forte douleur me frappa à la tempe me projetant à terre. Je mis quelques secondes à retrouver mes esprits, des étoiles dansant dans mes yeux. Je rampai jusqu'à mon pistolet qui avait atterrit un peu plus loin, mais une main me saisit la cheville avant de m'attraper par le col de mon manteau. Je me cognai contre le torse de l'homme et n'eus pas le temps de faire le moindre geste qui lame vint se poser près de ma gorge.

- Glennichounet, si je peux te donner un conseil : pose ton arme, se moqua l'homme, en me mettant face à mes amis.

Glenn resta immobile, son pistolet braqué en direction de l'homme, Maggie en retrait derrière lui. Sa main était sûre, mais son regard hésitait.

- Pose ton arme ! S'énerva l'homme, un appuyant la lame sur mon cou.

Mon cœur s'accéléra quand je sentis un filet de sang couler le long de mon cou. Glenn leva les mains, se baissa lentement et fis glisser le pistolet au pied de l'homme.

- C'est bien, c'est bien, murmura-t-il.

- Toi pose ton arme ! Ordonna une voix grave, derrière nous.

Je sentis l'agresseur se tendre et la lame s'enfoncer un peu plus. Je pris une grande bouffée d'air, la panique me gagnant au fil des secondes.

- Ecarte-toi d'elle, ordonna Daryl, menaçant. Maintenant !

J'entendis l'homme grogner avant que la lame ne se retire et qu'il me jette au sol. Maggie m'attrapa par la manche et me fit reculer jusque derrière Glenn.

- Retourne-toi et pose ton arme, répéta Daryl.

L'homme eut un petit sourire amusé. Il leva les deux mains en l'air et approcha doucement la gauche de la droite. Il se saisit de la manche droite et la fit descendre vers son épaule, dévoilant une prothèse avec au bout une lame tâchée de sang. Il se retourna lentement, faisant face à Daryl et Andréa, qui avaient leurs armes braquées sur lui.

- J'voudrais bien mais je crains que ça ne soit pas possible frangin, ricana-t-il, en se retournant lentement face à Daryl et Andréa.

Les yeux de Daryl s'écarquillèrent et son arme flancha.

- Merle !? S'étonna-t-il.

- En chair et en os mon pote…