Bonjour à tous,
Voilà deux long mois qui viennent de s'écouler. Mes deux mois préférés ! Adieu vacance ! Adieu soleil ! Heureusement, que la publication des fanfictions redémarre ! De plus étant donné que je n'ai pratiquement pas publié pendant les vacances, j'ai pu m'avancer dans les chapitres. ;)
Le voilà : le fameux chapitre 20. Celui qui clos une partie de ma fiction. Car oui mes amis, vous venez de parcourir la moitié du chemin.
Je me souviens : il y a quelques mois, je n'aurai jamais osé écrire 20 chapitres et encore moins avoir pour ambition d'écrire une fiction aussi longue. Tout ça je le dois à vous : lecteurs, revieweurs, amis. Et pour cela, je tiens à remercier personnellement :
Eponyme Anonyme (ma super correctrice et revieweuse), Nnoxx (qui m'a motivé avant même la publication de la fiction et qui continu à le faire),Laticaa (la fidèle), Saphira15, CathouxXx, Lollie Lovegood, Erienna, xAneurysm, Laurena Price, Neunonska, Innocens et bien sûr tous les autres…
Je n'ai plus qu'une chose à vous dire : Bonne lecture !
Chapitre 20 : L'envolée
J'avançai à grande enjambée dans un petit couloir sombre et vide de tout magasin. Une lumière tressauta au dessus de ma tête, entrainant une réaction en chaîne avec ses voisines. Je me sentis frissonner. Il n'y avait pas un bruit. Pas une once de vie. Tout semblait éteint dans cette partie du centre commercial. La lumière, grésillante, des toilettes apparut enfin au fond du couloir. Si mes souvenirs étaient bons, le bureau du shérif devrait se trouver juste à droite. Bingo ! Je toquai à la porte en bois et passai la tête dans l'entrebâillement. T-Dog sursauta en me voyant apparaître et se leva de son fauteuil, soulevant un gros nuage de poussière derrière lui.
- Gwen ?! Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il, soucieux en se précipitant vers moi.
- Rick t'attend dans la salle de réunion pour débattre du sort du prisonnier, avertis-je.
- Vraiment ? Il m'a pourtant bien ordonné de surveiller Merle, me répondit-il, retissant à laisser le prisonnier sans surveillance.
- Ecoute, si ça peut te dépanner : je peux le surveiller, proposai-je, en souriant.
- J'n'sais pas trop… hésita-t-il, en se frottant l'arrière de son crâne rasé.
- C'est bon T-dog. Il est derrière les barreaux que veux-tu qui se passe ?! Dédramatisai-je, en levant les yeux au ciel.
Il me fixa de son regard onyx et me fit signe d'entrer. La pièce était petite et possédait un mobilier sommaire : un petit bureau où trônait une machine à café qui ne devait sûrement plus marcher, un fauteuil en cuir à l'allure miteuse et un poste radio qui avait cessé de fonctionner depuis bien longtemps. Au fond de la pièce : il y avait une porte métallique qui…
- Sac à merde… 'nfoiré de merde…
J'haussai un sourcil et jetai un coup d'œil à T-Dog, qui arborait un air blasé.
- Ça fait une heure qui s'égosille pour qu'on le laisse sortir, prévint-il en rassemblant ses affaires.
- Il était temps que tu prennes une petite pause alors, plaisantai-je.
Il eut un petit rire et me lança un gros trousseau de clés. Il attrapa sa veste roulée en boule dans un coin, et la déplia dévoilant un pistolet à l'allure futuriste, qu'il me tendit.
- C'est un taser. Si jamais il d'emmerde tu tases, s'il t'insulte tu tases, s'il te menace…
- Je tase ?! Je pense que j'ai compris.
Il hocha la tête et enfila sa veste. Il donna un dernier coup d'œil à la pièce et se dirigea vers la porte.
- Une dernière chose, se rappela-t-il en s'arrêtant, si tu devais quitter ton poste : verrouilles bien le bureau. Ne perds pas le trousseau. Toutes les clés du centre sont entre tes mains, si tu le perds, on risque d'avoir un sérieux problème.
- T'inquiète pas ! Le rassurai-je.
Il hocha la tête et referma soigneusement la porte derrière lui après avoir fait un dernier tour d'horizon. J'attendis une bonne trentaine de secondes, n'osant pas bouger dans cette pièce où je n'avais pas ma place. Les ordres de Rick avaient été très clairs : Personne n'approche Merle Dixon sans mon autorisation ! Désolé Rick, mais j'avais besoin de réponses. Ne perdant pas une seconde, je m'approchai de la porte et testai les clés une par une dans la serrure, jusqu'à trouver la bonne. Je déverrouillai la porte et poussai le battant qui grinça, dévoilant une grande pièce équipée de deux cellules. Dès que Merle m'aperçut, ses insultes cessèrent. Il se leva de sa paillasse et s'avança vers les barreaux avec un air charmeur.
- Salut ma mignonne. Tu viens rendre visite à ton vieux copain Merle ? Susurra-t-il, en se passant une main dans ses cheveux courts.
- En fait, non. Je venais voir ton autre colocataire, répondis-je, en scrutant la cellule voisine où un corps en décomposition était allongé par terre.
- J'n'suis pas sur qu'il ait quelque chose d'intéressant à te dire, continua Merle sur le ton de la taquinerie.
Je me tournai lentement vers lui.
- Et toi ? As-tu quelques choses à me dire ?
- Faut voir…
- Que faisais-tu, seul, dans la forêt ? Questionnai-je, en m'approchant de sa cellule.
Je posai discrètement ma main sur le taser coincé à l'arrière de mon jean.
- Je me promenai, répondit-il avec ironie, en haussant les sourcils d'un air provocateur et en s'humidifiant les lèvres avec sa langue.
- Y'a un autre groupe dans les parages ?
- Peut-être que oui, peut-être que non… S'amusa-t-il, en passant ses deux bras à travers les barreaux
- Réponds ! Insistai-je, en plissant les yeux.
- T'sais, c'est pas parce que t'es la nouvelle pétasse de mon frère que t'as le droit de me donner des ordres. Personne ne me donne d'ordre ! Et certainement pas des bouseux comme vous ! Se mit-il à crier en secouant les barreaux, changeant brusquement de comportement.
- Premièrement : je ne suis pas sa pétasse. Deuxièmement : ce qui c'est passé avec le groupe de Rick, je m'en contrefous. Mais je peux t'assurer que si jamais tu essaies de nous monter les uns contre les autres. Si jamais tu essaies de faire du mal encore une fois à l'un d'entre nous… Je m'occuperai personnellement de te couper les vivres, si tu vois de quoi je veux parler, menaçai-je en faisant un signe de tête vers ses bijoux de famille.
Merle eut l'air surpris l'espace d'un instant, mais se ressaisit rapidement, son sourire moqueur refaisant surface. Il alla tranquillement s'assoir sur sa paillasse, me détaillant du regard.
- Tu cherchais Daryl ? Demandai-je, en m'adossant contre les barreaux de l'autre cellule et en croisant les bras.
- Pour tout te dire je pensais qu'il était mort et j'aurai préféré qu'il le soit, au lieu qu'il devienne la pute du Shérif, s'énerva-t-il de nouveau, avant de se racler la gorge et de cracher un gros mollard sur le sol sale de sa cellule.
Je grimaçai de dégout, devant son attitude. C'était impossible que Daryl et lui soient… frères. Ils étaient à l'opposé l'un de l'autre. Autant physiquement, que psychologiquement.
- C'est son bras droit. Daryl est un des piliers du groupe. Il prend les bonnes décisions.
Merle eut un petit ricanement, moqueur.
- Daryl ? Prendre des bonnes décisions ? Ricana-t-il. Daryl n'a jamais pris de bonnes décisions et ce n'est pas demain que ça commencera.
- Tu te trompes. Il en a pris au moins une bonne.
- Laquelle ? Se mettre en couple avec toi ? Excuse-moi…
- Te laisser en haut de cet immeuble seul avec toi-même, le coupai-je, en haussant un sourcil moqueuse.
Merle se figea et son visage devint rouge. La colère déforma les traits de son visage, déjà abimé par l'alcool, le rendant terrifiant. Il se leva d'un bond de sa paillasse et passa brusquement ses deux gros bras entre les barreaux, les agitant frénétiquement, en essayant de m'attraper. Je sursautai et serrai ma main autour du taser.
- Espèce de sale pute ! Sale connasse ! Crève !
Je secouai doucement la tête avec désolation en le regardant s'exciter contre les barreaux de sa cellule. Je fis tournai le trousseau autour de mon doigt et après un dernier regard pour Merle, je me dirigeai vers la porte.
- J'espère qu'ils vous crèveront tous ! Avec tous les autres ! Vous méritez que ça bande d'enculés ! Allez-vous faire foutre !
- Profite bien de tes nouveaux quartiers Merle, susurrai-je avant de le plonger dans le noir et de verrouiller la porte.
Ses hurlements de rage et ses menaces de mort résonnèrent dans le bureau malgré la porte métallique. Je m'appuyai contre celle-ci et soupirai, lasse. Je passai une main autour de ma gorge, caressant le pansement fait avec soin par Hershel. Ce mec n'était pas seul dans sa tête. C'était qu'un gros con et une… menace. Pour nous tous, mais surtout pour Daryl.
Je me redressai, frustrée et fermai les bureaux, avant de prendre la direction de la salle de réunion. Cette entrevue avec Merle ne m'avait strictement rien apporté. Cet homme était l'égoïsme incarné. Seul lui et son nombril comptait, tout les autres n'étaient que de la merde. Comment pouvait-on être… J'entrai dans le local des employés et parcourut le long couloir qui menait vers la salle, où la réunion concernant ce personnage qu'était Merle Dixon était en train de se dérouler.
- Et à Gwen ! T'y as pensé ? Entendis-je Glenn s'exclamer.
- Elle comprendra, souffla Daryl.
Je fronçai les sourcils et poussai la porte.
- Qu'est-ce que je dois comprendre ? Questionnai-je, en pénétrant dans la salle, sous le regard surpris de tous.
Un grand silence gagna l'assemblée. Un silence pesant… angoissant. Maggie et Glenn me regardèrent d'un air désolé et Rick évita mon regard, tout comme la moitié de la salle. Je m'avançai d'un pas, le son de mes bottes résonnant sur les dalles abimées.
- Daryl ? Demandai-je avec inquiétude.
Daryl tripota, nerveusement, son foulard rouge avant de finalement le ranger dans sa poche arrière et de s'avancer vers moi. Il me fit un petit signe de tête, me signifiant de le suivre et sortit de la pièce. Mon cœur battait la chamade et je sentis mes mains devenir moites. Mais que se passait-il donc ? Pourquoi tout ce mystère ?
Il me fit entrer dans un petit bureau annexe à la salle de réunion, et ferma doucement la porte derrière moi.
- Daryl ? Qu'est-ce qui se passe, bon sang ? Craquai-je, ne supportant plus tout cette pression.
- Merle part…
-… Oh… Je suis désolée…
- … Et je pars avec lui, lâcha-t-il, en s'approchant.
- Quoi ? M'écriai-je, ahurie.
- Je pars.
- Mais… mais… quand ?
- Maintenant.
Le temps s'était comme suspendu… arrêté. Tout semblait être en apesanteur. J'avais surement dû mal comprendre. Daryl ne pouvait pas partir… pas maintenant… pas comme ça. Ma gorge se serra et mes yeux piquèrent. Mon cœur se contracta douloureusement, tant et si bien, que j'eus l'impression de l'entendre se briser dans mes oreilles. Des larmes silencieuses dévalèrent mes yeux et brulèrent mes joues, sans que je ne puisse rien faire pour les arrêter.
- J'suis désolé Gwen. Je n'imaginais pas que la situation tournerait ainsi. Mais j'peux pas abandonner mon frère… pas une nouvelle fois, s'excusa-t-il, ses yeux bleus désolés.
- Non là c'est moi que tu abandonnes. Tu nous abandonnes tous… Daryl ne fais pas ça, le suppliai-je, en essuyant les larmes qui coulaient en abondance.
Je le pris dans une étreinte, m'accrochant à lui comme si ma vie en dépendait. Je fermai les yeux, me laissant bercer par sa respiration. Il referma ses bras autour de moi avec hésitation et je sentis son nez venir se promener dans mes cheveux.
- Viens avec moi, chuchota-t-il dans mon oreille.
Je baissai la tête et ouvris les yeux, me reculant lentement. Je secouai la tête, désolée.
- Je… Je ne peux pas… Daryl. Ma vie est ici avec les autres. Avec Maggie, Hershel, Glenn, Carol et tous les autres. Avec ma famille. Ta famille.
- C'est nous deux ou rien. Je n'ai jamais eu que Merle avant…
- Daryl… Il n'a pas de bonnes intentions envers toi… Il va te tirer vers le…
- C'est mon frangin Gwen ! Et tu es la mieux placée pour comprendre. J'suis désolé mais je ne l'abandonnerai pas… pas une nouvelle fois, assura-t-il fermement.
- Daryl…
- Il faut peut-être mieux… qu'on en reste là tous les deux, cassa-t-il en baissant la tête.
Sa dernière phrase me paralysa. Le ciel était en train de me tomber sur la tête. Daryl se passa une main dans ses cheveux longs et fis volte-face, se dirigeant vers la sortie.
- Redis-le !
Ma voix fendit le silence de la pièce comme une supplication. Et à ma propre surprise, elle résonna forte et puissante.
- Regarde-moi comme un homme et dis-moi clairement : c'est fini entre nous, défiai-je avec froideur.
Il se figea un instant, avant de se retourner déterminé. Il ancra ses yeux de glace dans les miens et ouvrit la bouche.
- C'est fini entre nous, récita-t-il avant de quitter la pièce sans demander son reste.
La porte claqua me faisant sursauter et prendre conscience de ce qui venait de se passer. C'était fini… Tout était allé beaucoup trop vite… Je ne savais même pas si tout cela était la réalité ou seulement un terrible cauchemar. Ça ressemblait à un cauchemar. Mon souffle se fit court et je m'appuyai sur le bureau derrière moi, me laissant glisser au sol. C'est fini entre nous. Une goutte salée dévala ma joue. Je posai ma main dessus, mais à peine l'eu-je essuyé, qu'une autre la remplaça laissant une trace brulante et amère sur mes joues.
…
Une heure s'était écoulée… peut-être deux… L'horloge accrochée au mur s'était arrêtée sur midi et n'avait plus jamais bougé. La notion du temps avait disparu. La tête posée sur les genoux, mes yeux détaillant une tache de sang séchée sur le mur. Je retraçai le contour irrégulier de cette salissure, imaginant la fin horrible de son propriétaire… Cela faisait un moment que j'avais cessé de pleurer. J'étais juste vidée. Vidée de mes forces. J'avais l'impression de n'être plus qu'une coquille vide. De n'être plus rien.
La porte grinça et des petits bruits de pas se firent entendre. Une paire de bottes sales et usées par le temps entrèrent dans mon champ de vision. La personne se baissa et s'assit délicatement à côté de moi, faisant disparaître la tache de sang. Un bras fin serpenta le long de mes épaules, m'attirant dans une douce étreinte. L'étreinte d'une mère. Je me laissai faire. N'ayant de toute manière : ni la force, ni l'envie de me dégager.
- Il est parti, m'informa Carol avec douceur. Je suis désolée.
- Lucky ? Questionnai-je.
- Il l'a pris avec lui.
- Il a bien fait.
Carol resta silencieuse. Quoi de plus à dire… Je me retrouvai décidemment bien seule. Nous restâmes dans les bras l'une de l'autre. Simplement. Je ne pus m'empêcher de me demander où Daryl se trouvait en cet instant même ? S'il avait croisé des rôdeurs ? Et s'il serait en sécurité ? Non ! Je ne devais plus y penser !
- Je lui en veux de m'avoir abandonnée. De nous avoir abandonnées, confessai-je à Carol.
- Tu ne devrais pas. Daryl obéit à ses principes et…
- Je sais, coupai-je en me dégageant doucement.
Un soupir m'échappa, alors que je posai ma tête contre le bureau.
- J'en ai marre…
- De quoi ?
- De tout ça ! De cette vie de merde. Des rôdeurs. Des morts. Des tarés qui veulent notre peau. De cette pression. Des choix que nous devons faire. Avant aussi j'obéissais à mes principes. Avant aussi j'avais une ligne de conduite que je m'assurai de suivre. Mais plus maintenant… Tout a changé. J'ai changé. Avant je n'aurai jamais frappé un homme. Maintenant je serai prête à le faire souffrir pour obtenir des informations… Des fois… quand je commence à y réfléchir : je me dégoûte ! Avouai-je, les nerfs à vif.
- On a tous changé… J'étais avec un homme avant : Ed. C'était quelqu'un de violent, d'insultant, qui n'avait aucun respect pour moi et les autres. Si un jour, une situation comme celle-ci se reproduisait : j'aimerais avoir le courage de me rebiffer. Nous vivons dans un autre monde. Nos choix et nos actions doivent s'adapter à ce nouvel environnement pour…
- Survivre, la coupai-je, lasse.
- Pour vivre, Gwen. Tu dois penser : je veux vivre, pas : je dois survivre. Ma mère me disait souvent : « La vie est un grand merdier, mais c'est ce qui en fait sa beauté ». Je ne l'ai jamais vraiment comprise, jusqu'à ce que le monde déraille. La vie est si courte, si fragile que tu dois en apprécier chaque instant. Même dans les moments difficiles, dans les coups durs ou dans les déceptions amoureuses. Tu ne peux pas t'attarder trop longtemps sur des détails. Il faut que tu vives et que tu avances.
Je regardai Carol avec admiration. Elle avait raison sur toute la ligne, mais pour l'instant je ne pouvais pas avancer. J'avais besoin de temps.
- Depuis quand es-tu aussi philosophique ? La questionnai-je, me forçant à faire apparaître un petit sourire sur mon visage dévasté.
Elle rigola et se releva, époussetant son pantalon. Elle me tendit sa main et m'aida à me relever.
- Depuis que je traîne avec Hershel. Il a une vision de la vie très particulière. Ça lui permet d'avancer après la mort de… enfin bref. Tu devrais aller te reposer, conseilla Carol en posant sa main sur mon épaule.
J'hochai la tête et lui fit un petit sourire, avant de prendre la direction du magasin de sport où nous… j'avais élu domicile. Je traversai les dédales de couloirs et rasai les murs de l'allée principale, déserte. Il n'y avait personne. J'accélérai le pas. Je n'avais pas vraiment envie de rencontrer du monde.
Je pénétrai dans le magasin de sport avec soulagement. J'avais besoin de m'isoler. Je m'avançai vers le fond du magasin, évitant les rayons qui avaient été renversés durant le début de l'épidémie. Je coupai par le rayon randonnée et me stoppai en apercevant la tente. Une multitude de souvenirs m'assaillirent l'esprit. C'était notre endroit de vie : là où nous avions partagé la plupart de nos repas, où nous nous retrouvions le soir, là où nous faisions l'amour la nuit… là où une nouvelle vie avait commencé pour nous… jusqu'à ce que tout parte en fumée !
Une boule de nerfs m'enserra la gorge et je sentis la colère m'envahir. Je m'avançai doucement vers la tente, scannant chaque endroit qui me rappelait un souvenir. Je t'ai entendu… Tu n'as pas à me remercier. Le son de sa voix résonnait dans mes oreilles. Prise d'un violent excès de rage, je sortis mon couteau et le plantai dans la tente, l'éventrant de haut en bas. Je me laissai tomber à genoux et m'attaquai au matelas, le poignardant de toutes parts et faisant voler les plumes. Toute la colère, la rancœur, la tristesse et la déception que j'avais ressentie. Toutes ces émotions que je détestai tant se déversèrent dans ce foutu matelas. Je jetai mon couteau et finis le travail à mains nues. La housse du matelas se déchira et toutes les plumes volèrent autour de moi.
- On était heureux… Et tu as tout gâché ! Tu m'entends, Daryl !? Tu as tout gâché ! Criai-je enragée, dans le magasin vide.
