Titre original : The Dragon's Eye

Auteur : Late4F8

Traduction : Allys-33

Note de la traductrice : Je précise que l'auteur ne m'a pas encore donné son autorisation. Et en cas d'un éventuel désaccord, l'histoire sera évidemment supprimée. Je ne suis que la traductrice, pas l'auteur !

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The Dragon's Eye

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Chapitre 11

Sanzo jurait intérieurement chaque fois qu'un bruit de feuille écrasé ou de branches brisées se faisait entendre derrière lui. Heureusement le son plus imposant d'une rivière à proximité aidait à masquer leur pas.

Après une rapide discussion avec Hakkai, le couturier avait réveillé Goku et c'est ensemble qu'ils avaient décidé de suivre le corbeau dans la forêt. Ayant déjà chassé le gibier par le passé, Sanzo était en tête du groupe, Gojyo sur ses talons. Le roux n'avait pas l'expérience de la chasse, mais il comblait ses lacunes par sa force et, à défaut d'être un idiot par moments, il savait se montrer réfléchis lors des combats. Un peu plus loin devant eux, le corbeau se posa sur une branche, leur lança un regard entendu, et s'élança entre les arbres où il disparut sans un bruit.

Sanzo fit signe aux autres de s'arrêter et Gojyo lui montra silencieusement l'un des hommes de Gyokumen, la capuche baissée et l'hideuse tête de Gobelin exposé, appuyé contre un arbre.

La petite bande s'approcha discrètement. La forêt s'ouvrait sur une vaste étendue d'herbe et ils aperçurent quatre autres ennemis répartis en cercle sous les arbres alentour, semblant tous concentrés sur ce qui se passait devant eux.

Le blond chercha ce qui attirait leurs attentions ; plus loin il vit au bord de la rivière ce qui semblait être une piscine naturelle creusée à même la roche et là, au milieu des pierres, la sorcière Gyokumen prenait son bain. Le démon des eaux que Sanzo avait rencontré lors de ses précédentes recherches était à ses côtés, tressant ses longs cheveux encore mouillés.

Il fronça les sourcils dans la réflexion. Elle était trop exposée, il ne voyait que deux options : soit l'attirer près des arbres soit attendre qu'elle sorte d'elle-même.

Sanzo se tourna pour exposer son plan au roux, mais ce dernier n'était plus derrière lui. Il s'avançait discrètement du gobelin le plus proche et se stoppa à quelques pas de sa cible.

Idiot ! voulut hurler Sanzo.

Une branche craqua quelque part derrière et le gobelin releva brusquement la tête. Son regard scruta avec minutie les arbres autour de lui, mais ne trouvant rien, il retourna son attention sur Gyokumen.

Sanzo relâcha le souffle qu'il avait maintenu jusque-là, mais grimaça lorsqu'un nouveau craquement se fit entendre. Cette fois le gobelin se rapprocha légèrement de la position de Gojyo. Ce dernier prit les devants, il surgit d'un bon près de la créature et lui enfonça violemment sa dague dans la mâchoire jusqu'à la soulever du sol. Le corps hideux tressauta une fois avant de s'affaisser lourdement sur la lame, toujours suspendu dans les airs.

Le mercenaire abaissa doucement le cadavre dans l'herbe et se releva vêtu de la tunique du gobelin.

— Gojyo, appela Sanzo dans un murmure.

Après un dernier regard vers lui, le roux rabattit la capuche sur sa tête et quitta l'abri des arbres pour rejoindre Gyokumen.

— Sanzo, l'interpella Hakkai de derrière, que fait-il ?

— Si seulement je le savais, mais connaissant cet abruti, c'est surement quelque chose de stupide. Surtout restez sur vos gardes, ajouta-il, puis son regard se posa sur Goku. Toi, reste en retrait, à moins que quelqu'un est besoin d'aide.

— Il y est presque, murmura Hakkai.

A cet instant, Gyokumen sortit de l'eau et se vêtit d'une robe. Sanzo la reconnu immédiatement, c'était celle que Hakkai avait cousue pour elle.

Gojyo n'était plus qu'à une dizaine de pas, lorsqu'elle releva la tête vers lui. Mais le mercenaire n'hésita pas.

— As-tu quelque chose à rapporter ? demanda la sorcière en faisant glisser son regard sur le chemin près duquel Sanzo était accroupi.

En une fraction de seconde Gojyo fut sur elle, les propulsant tous les deux dans la piscine en pierre. Il lui enfonça férocement la tête sous l'eau avant qu'elle n'ait eu la chance d'émettre le moindre son.

Dans une scène de chaos soudaine, les gobelins se précipitèrent en hurlant vers eux, tandis que le démon des eaux disparaissait dans la rivière.

— Maintenant, cria Sanzo.

Il n'aurait jamais parié que son compagnon réussirait un coup aussi stupide qu'audacieux, mais après tout, c'était ceux pourquoi il était le plus doué.

En se servant de sa longue tresse, Gojyo tira la tête de Gyokumen hors de l'eau pour la laisser respirer. Dès qu'elle eut pris une grande bouffée d'air, les yeux larges de choc et la bouche ouverte comme un poisson, il replongea sa tête sous la surface.

L'un des gobelins s'apprêta à sauter sur Gojyo, mais Sanzo se jeta sur lui et le bouscula d'un coup d'épaule, les faisant tomber à la renverse. Le blond roula sur le sol avant de se relever d'un bon pour trouver la créature debout près à lui sauter dessus. Mais Sanzo fut plus rapide, lui asséna un coup de poing en pleine face et le poignarda quand il tomba au sol.

— Gojyo ! appela-t-il en rejoignant le roux.

La sorcière toussait, s'étouffait et se débattait violemment pour tenter de libérer sa chevelure de la prise du mercenaire, qu'elle finit par renverser. La tête hors de l'eau, elle prit une profonde inspiration et tenta de crier :

— Soi...

Sanzo lui sauta dessus, les envoyant sous l'eau. Là, il lui saisit violemment le visage, appuya fermement sa main contre sa bouche et la sortit enfin de la rivière.

Elle se débattait encore, griffant ses doigts, essayant de lui crever les yeux. Pour y échapper, Sanzo s'écarta, les déséquilibrant légèrement.

Gyokumen hurla contre ses mains, cherchant désespérément à le mordre, alors le mercenaire enfonça quatre doigts dans sa bouche. Elle les mordit férocement en gesticulant dans tous les sens et le blond cru qu'elle allait les lui arracher quand elle se laissa tomber.

— Merde ! jura-t-il.

Il s'en voulut immédiatement de lui avoir offert cette brèche. La sorcière se redressa d'un bon peu gracieux et, tenant sa robe pour l'empêcher de s'ouvrir, se tourna vers ses deux bourreaux.

Sanzo la tira par le bras et enroula ses mains autour de sa gorge. Elle s'appétait à hurler une malédiction, mais il y eut comme un mouvement derrière elle, puis elle s'écroula, inconsciente.

Gojyo était là, une pierre d'une taille considérable à la main et la respiration lourde.

— Tout va bien ? demanda-t-il à Sanzo.

Ce dernier jeta un coup d'œil autour de lui pour apercevoir les autres gobelins au sol et Hakkai et Goku qui marchaient vers eux.

— Ça va, mais toi, tu n'es qu'un idiot ! Putain, tu n'aurais pas pu me prévenir ? s'insurgea Sanzo.

Il tenta de bouger les doigts que la sorcière avait voulu lui arracher et grimaça silencieusement. Il se tourna vers son corps inconscient, juste au moment où leurs deux autres compagnons arrivaient.

— Il faut lui couper la langue.

Gojyo s'agenouilla près du corps, saisit la tête de Gyokumen et lui força à ouvrir la bouche.

— Dépêches-toi, avant qu'elle ne se réveille !

Gojyo dégaina son couteau et le posa sur son ventre le temps de réussir à lui attraper la langue.

Elle gémit

— Plus vite !

— Ce n'est pas aussi facile que ça en a l'air !

Il réussit enfin à lui saisir la langue en s'aidant de ses deux mains et la tira le plus loin possible hors de sa bouche.

— Je vais la tenir pendant que tu la coupes.

Sanzo jura sous son souffle et récupéra la lame. Soudain, un éclair de plumes noires s'interposa entre eux. Le corbeau passa à toute vitesse sans s'arrêter, sectionnant la langue d'un coup sec avec son bec. Il se posa un peu plus loins, lança le bout de chaire dans les aires et l'avaler en une bouchée.

En un éclair, le corbeau disparut pour laisser sa place à un grand brun ténébreux vêtu de noir. Il écarta ses bras pour mieux observer son corps et quand il releva la tête, son sourire était large :

— J'ai parié sur votre victoire et il semblerait que j'ai encore gagné.

— Tu étais sous l'emprise d'une malédiction toi aussi, devina Goku.

— Malheureusement, oui, admit-il. Voyez-vous, la reine des gobelins - une amante dévouée et excellente élève - à appris et maîtrisé mes sortilèges à une vitesse fulgurante.

Il poussa un soupir las et reprit.

— Mais un gobelin n'est pas digne de confiance, même pas une reine. Maintenant, il me semble que vous avez des affaires à régler, tout comme moi d'ailleurs. Alors, adieu messieurs.

— Excusez-moi, l'interpella Hakkai, mais étant donné qu'elle n'a plus de langue pour le faire elle-même, comment pouvons-nous inverser le sors qu'elle a lancé à Goku.

— Et celui qu'elle a jeté à la reine d'Ox-King.

L'homme posa un regard froid et calculateur sur la petite bande.

— Je suppose que j'ai eu ce pour quoi je suis venue, déclara-t-il en enfonçant légèrement la pointe de sa botte dans le côté du corps mou de l'enchanteresse Vous avez déjà tissé un sort capable de bien des choses rappelez-moi de ne jamais faire affaire avec vous.

— Il y a donc bien quelque chose dans ce que j'ai créé J'en étais sûr, mais comment...

— Comment, en effet, le coupa le jeune homme d'un geste nonchalant de la main. Souillez-la de nouveau du sang du malheureux et il devrait réparer tous les torts.

— Tch, tu as entendu, il faut que tu saignes là-dessus, dis Sazon au second mercenaire.

Ce dernier lui lança un regard noir :

— Sauf que, vois-tu, là je ne saigne pas !

Sans rien dire, le blond lui tendit la dague.

En grimaçant, Gojyo prit le petit couteau et s'entailla la main avec. Il secoua la plaie au-dessus de Gyokumen pour l'éclabousser de sang. Comme la première fois, sa peau sembla brûler, de la fumée s'éleva et un léger sifflement se fit entendre. Mais rien d'autre.

— Soyez un peu plus généreux, déclara l'homme en partant, plus il y aura de sang et plus vite le sort se consumera.

Gojyo exerça une pression sur la plaie pour la faire saigner plus abondamment et l'essuya grossièrement sur la robe de la sorcière. La fumée s'éleva davantage et les taches de sang enflammèrent la robe.

— Attendez, appela Gojyo en se levant.

— Oui ?

— L'œil du dragon, qu'allez-vous en faire ?

— Que peut-on faire d'un œil de dragon ? Je me le demande, réinterrogea-t-il avec un grand sourire. Absolument rien. Il est parfaitement inutile sans le dragon lui-même. Ce n'est rien d'autre qu'une jolie petite bille brillante.

Goku se précipita au côté de Gojyo.

— S'il ne te sert à rien, tu dois nous le rendre !

L'homme observa Goku un moment, puis sembla se décider. Il sortit de sa poche l'œil brillant encore suspendu à son fil, se pencha à la hauteur du garçon et le lui remit en souriant :

— Une chose si ennuyeuse pour un garçon tellement intéressant.

Goku accepta la perle brillante avec un regard méfiant et un murmure de reconnaissance.

— Bon, il me faut partir à présent. Assurez-vous de couper ses cheveux ou elle enverra des hordes de gobelin à vos trousses, déclara-t-il en désignant l'enchanteresse.

L'homme ouvrit large ses bras et les referma en se courbant dans une révérence grossière. Ensuite il reprit le chemin de la forêt en sautillant légèrement, avant de disparaître dans l'obscurité.

— Je ne l'aime pas beaucoup celui-là, déclara Gojyo, mais il faut l'admettre que tout ce qu'il nous a dit s'est avéré vrai, alors...

— Coupe ses cheveux.

— Pourquoi est-ce toujours à moi de faire le sale boulot ? se plaignit le roux.

Mais tout en soupirant, il se baissa sur la sorcière et coupa sa longue tresse, le plus près possible de son crâne. A l'instant précis où ses cheveux se détachèrent de sa tête, Gyokumen se réveilla en crachant des paroles sans mots. Et juste là, sous leurs yeux, le corps de la jeune femme laissa place celui d'une petite souris. Elle émit un léger couinement et s'enfuit dans l'herbe.

La robe abandonnée sur le sol se s'embrasa rapidement.

A SUIVRE